WONDERLAND
Clara buvait tranquillement son thé, assise dans le Tardis. Elle entendait les grognements du Docteur mais ne s'en souciait pas. Depuis quelques minutes déjà, il était accroupi sur le sol et fouillait dans une grande malle où traînaient des objets plus ou moins originaux. Il avait par exemple balancé au loin une cuillère, un casque de pompier, une pipe, un Fez ( qu'il reprit immédiatement pour le mettre sur sa tête ), une longue écharpe colorée et très longue, un sachet de bonbons et une arbalète. Il trouva enfin ce qu'il cherchait car il poussa un cri de joie. Clara se leva et regarda sa trouvaille par dessus son épaule. C'était une vieille boite toute poussiéreuse. Le Docteur passa sa main sur la boite pour enlever la poussière. Un dessin apparut alors, c'était un lapin. Clara fronça les sourcils et se pencha un peu plus. Le Docteur ouvrit la boite. A l'intérieur, il y avait plusieurs fioles différentes. Le Docteur en prit deux et referma la boite. Il se leva et se plaça face à Clara. Cette dernière fut très intriguée lorsque le Docteur lui tendit une fiole.
- Je vous aime bien Docteur mais je ne suis pas prête à dire : « Ô Roméo ! Roméo ! Pourquoi es-tu Roméo ? Renie ton père et abdique ton nom ou, si tu ne le veux pas, jure de m'aimer, et je ne serai plus une Capulet. », dit elle théâtralement. Nous avons fait de très bons voyages mais je n'ai pas l'intention de me suicider.
Le Docteur leva les yeux au ciel et sourit. Il s'approcha de la porte du Tardis et l'ouvrit.
- Allez voir à l'extérieur.
Clara obéit et sortit du Tardis. Elle se retrouva dans une pièce ovale. Il y avait au centre une table avec une fiole et une clé minuscule. Et tout autour, il y avait des portes. Des portes de toutes tailles. Clara écarquilla les yeux, émerveillée.
- Vous vous foutez de moi Docteur ! C'est pas possible !
Le Docteur arriva en rigolant.
- Clara, rien n'est impossible quand on voyage à mes cotés. Tu l'apprendras à tes dépends.
- Alors c'est vraiment ... On est vraiment au Pays des Merveilles ?!
- Bien sûr ! s'exclama le Docteur.
Il prit la clé posée sur la table, ouvrit sa fiole et la but cul-sec. Clara fit de même. Ils rapetissèrent doucement et ils devinrent aussi petits que des souris. Leurs vêtements s'étaient eux aussi adapté à leur nouvelle taille. Le Docteur replaça son nœud de papillon et joua avec la clé. Il s'approcha de la plus petite porte et enfonça la clé dans le verrou. Il la tourna, se retourna vers Clara et poussa la porte avec un sourire.
Le lieu était magnifique, on aurait dit une vieille forêt tropicale. Mais tout était dix fois plus grand qu'eux. Clara regarda dans tous les sens avec un air ébahie sur le visage. Le Docteur souriait en voyant les yeux brillants de Clara. Il adorait toujours voir les réactions de ces compagnes lorsqu'elles voyaient quelque chose de nouveau et de spectaculaire. Il la prit par le bras et la fit avancer. Le Docteur poussa quelques branches pour leur tracer un passage. Clara poussa un cri de joie et pointa du doigt vers la gauche.
- C'est le lapin blanc ! Regardez, il sort sa montre !
Clara se dirigea alors vers lui. Le lapin fut prit de frayeur et se mit à courir en s'enfonçant dans la forêt. Clara le poursuivit, le Docteur derrière elle. Mais la forêt était dense et le Docteur perdit toute trace de Clara. Il s'arrêta et sortit son tournevis sonique. Il vit des traces de pas au sol et les suivit. Il appelait régulièrement Clara mais personne ne lui répondait. La lumière commençait à baisser car il s'enfonçait de plus en plus dans le cœur de la forêt. Une brume se forma au-dessus de sa tête. Le Docteur pointa son tournevis sonique sur la brume et la scanna. Un sourire apparut puis un chat qui volait dans le ciel se forma autour du sourire. Le chat de Cheshire. Le Docteur soupira de soulagement et sourit au chat.
- Vous n'auriez pas vu une jeune femme brune, assez petite et portant une robe rouge avec une veste en cuir s'il vous plaît ?
- Il vaut mieux savoir où l'on va plutôt que de se perdre, alors demande. Le Lapin sait deux ou trois choses. Et moi je n'ai pas besoin d'une girouette pour savoir d'où vient le vent. Laisse ton besoin guider ta conduite. Réprime ton instinct de meneur. Poursuis le Lapin, annonça le chat.
- Mais justement, mon amie suivait elle aussi le lapin et je l'ai perdu. Le lapin est loin maintenant.
- Je peux tenter de te montrer le chemin mais tu as intérêt à te dépêcher car je ne ralentirai pas.
Le Docteur suivit le chat. Ce dernier disparaissait souvent puis réapparaissait non loin de lui. Le chat chantait une chanson qui permettait au Docteur de savoir où il se trouvait :
« Fleurpageons Les rhododendroves
Gyrait et vomblait dans les vabes,
On frimait vers les pétunias
et les momerates embradent . »
Il n'arrivait toujours pas à croire qu'il avait perdu Clara. Il se sentait mal et nauséeux. Son corps était comme engourdis. Il n'arrivait plus à réfléchir comme avant. Tout ce qu'il savait c'était que leurs réactions avaient été disproportionnés. Une sorte de lumière se fit dans son esprit mais elle disparue aussitôt. Il n'arrivait pas à savoir ce qu'il se passait. Le chat réussit enfin à le faire sortir de la forêt. Ils arrivèrent enfin devant une bâtisse toute tarabiscotée et bancale. Elle lui faisait beaucoup penser à la maison de la famille Weasley, le Terrier. Mais ce n'était pas le même univers.
« Tiens après je devrais aller rendre visite aux Weasley ! Cela fait longtemps que je ne les ai pas vus. Ils doivent avoir mit d'autres enfants au monde maintenant. Et il faut aussi que je vois le petit Tommy Jedusor, il doit avoir bien changé depuis ! » se dit-il.
Ses pensées étaient embrouillés et il ne pouvait pas empêcher un sourire joyeux d'apparaître sur son visage. A vrai dire, il avait un sourire niais et aussi grand que celui du chat de Cheshire. Il arriva dans le jardin où les herbes hautes poussaient dans tous les sens et s'installa au bout d'une longue table. Le Chapelier Fou se trouvait à l'autre bout aussi. Ils rigolèrent tout les deux en même temps et frappèrent des poings sur la table sans comprendre pourquoi. Le Docteur avait totalement oublié Clara. Mais il s'en fichait car c'était l'heure du thé.
Clara courrait toujours dans la forêt. Le lapin était devant elle. Elle rigolait en poussant les branchages. Elle était griffée de partout mais elle ne s'en souciait pas. L'euphorie avait prit le dessus, comme pour le Docteur. Elle arriva elle aussi à la lisière de la grande forêt mais pas au même endroit. Elle se trouvait face à un immense château. Il était disproportionné et sombre mais Clara n'y fit pas attention. Elle oublia totalement le lapin et se précipita à l'intérieur du château. Tout le monde s'écarta sur son passage. Elle traversa un couloir et une petite table la fit se stopper.
- Oh un gâteau ! J'adore les gâteaux, s'exclama t-elle avec les yeux pétillants et légèrement dilatés.
Elle l'avala d'une traite sans le mâcher. Son corps se mit à grandir, grandir, grandir. Elle devînt extrêmement grande, jusqu'à toucher le plafond. Elle rigola et frappa dans ses mains. Les gardes en forme de cartes arrivèrent et pointèrent leurs lances sur Clara. Son rire augmenta et elle ne put plus s'arrêter. Il était tellement fort que la Reine de Cœur arriva pour s'enquérir de la situation.
- Qui ose faire autant de chahut dans ma maison ?! demanda t-elle de sa voix perchée.
Clara s'écroula sur le sol et répondit toujours en riant.
- Vous avez une grosse tête !
- Qu'on lui coupe la tête ! s'exclama la Reine de Cœur.
- Oh mais il ne faut pas s'énerver comme ça Madame Grosse Tête, s'exclama Clara et rigolant toujours.
Des cordes furent envoyés sur l'immense corps de Clara et elle fut tirée jusque dans le jardin. Les gardes l'attachèrent à plusieurs poteaux et préparèrent son exécution. Toute la cour était présente. Clara continuait de sourire en ne s'apercevant de rien. Un coup s'abattit sur elle mais elle ne sentit rien.
- Nos armes sont trop petites Madame. Elles la touchent à peine, prévint le Roi de Cœur.
- Qu'on lui coupe la tête ! s'exclama de nouveau la Reine de Cœur.
Clara se défit de ses liens sans difficultés, se releva et salua la cour avant de partir. Elle était toujours aussi grande. Elle écrasa donc la moitié de la forêt. Elle atteignit la maison du Chapelier Fou et failli l'écraser.
- Docteur ! s'exclama Clara en lui donnant un grand coup d'épaule.
Sauf que Clara avait la force d'un géant. Le Docteur fut donc projeté au loin.
Les effets de la potion cessèrent et Clara retrouva sa taille normale. Elle rigola et se moqua du Docteur.
- Vous n'avez pas de force ! Vous êtes aussi fin qu'une brindille ou qu'votre Tournevis !
Elle se mit ensuite à chanter avec les autres en faisant le tour de la table.
« Mon beau sapin,
Roi des forêts
Que j'aime ta verdure.
Quand par l'hiver
Bois et guérêts
Sont dépouillés
De leurs attraits
Mon beau sapin,
Roi des forêts
Tu gardes ta parure. »
Le Docteur se releva et reprit tous ses esprits. Il regarda Clara et les autres.
- Il faut un choc, chuchota le Docteur. Mais je peux pas la frapper !
Il s'avança et prit le bras de Clara.
- Clara, tu sais qui je suis ? lui demanda t-il.
- Oui ! Vous êtes le Docteur ! Le sexy Docteur ! dit-elle en s'approchant du Docteur avec un grand sourire.
- D'accord ...
- Docteur, suis-je folle ?
- Oui, je crois bien que tu es totalement déboussolée, mais je vais te confier un secret, Clara, la plupart des gens bien le sont ...
Elle le regarda avec quelque chose d'étrange dans le regard. Pas de la folie. Non quelque chose de plus profond, de plus intense. Quelque chose qui fit peur au Docteur. Quelque chose qui ressemblait à de l'amour.
Le Docteur s'éloigna un peu, prit de panique. Puis il eut une idée. Un choc, il fallait un choc alors elle allait en avoir un. Il la rapprocha de lui et l'embrassa. Le baiser était au départ simple et impassible mais il devint rapidement tendre et sensuel. Clara s'éloigna un peu puis reprit les lèvres du Docteur. Ce dernier ne s'y attendait pas et rouvrit instantanément les yeux. Elle s'éloigna et ouvrit les yeux, choquée par son geste. Elle rougit et repoussa le Docteur.
Ils laissèrent les autres et retraversèrent la forêt moins sombre et moins intraversable grâce au passage de Clara. Les deux compagnons ne se regardèrent pas et gardèrent une distance entre eux. Clara était toujours aussi rouge. Elle avait honte mais elle ne regrettait pas. Ils arrivèrent au Tardis. Le Docteur ouvrit la porte et fit entrer Clara. Elle se faufila à l'intérieur à toute vitesse. Le Docteur resta à l'extérieur et se toucha les lèvres des doigts. Il se souvenait de la douceur des lèvres de Clara sur les siennes. Ses cœurs battaient rapidement, trop rapidement. Il reprit son souffle, se racla la gorge et entra à l'intérieur en faisant abstraction de son désir de recommencer. Le Tardis se dématérialisa en laissant ce pays de folie derrière lui.
oOo
" Il était une fois une jeune fille impossible. Elle rencontra un homme nommé le Docteur. Ils voyagèrent ensemble longtemps et ils vècurent de merveilleuses aventures. Mais qui aurait cru que cette aventure des plus loufoques puisse être celle qui les rapprocherait et leur ferait se rendre compte de leurs sentiments. Personne. Ou tout du moins pas moi. "
Absolem, la chenille bleue tronant sur son champignon et fumant sa pipe à longueur de journée.
