[Ce chapitre est ultra-rapide, dans tous les sens du terme. D'abord, parce qu'il arrive à la vitesse de la lumière alors que le précédent a pris six mois (mea culpa), ensuite parce qu'il sera court. Simplement, j'ai toujours trouvé que ce superbe jeu de Dragon Quest IX était divisé en quatre parties distinctes, et, devinez quoi, nous arrivons à la fin de la première partie. Ce chapitre sera donc la conclusion de la partie un. Pourquoi faire cela ? Parce que laisser une fanfic en plan, comme cela, me dérange sérieusement, d'autant plus quand elle est proche d'une certaine finalité (même si je le fais avec toutes mes fanfics, mea culpa, mea culpa). Ainsi donc (et je souligne pour vous encourager à lire ce monologue qui est le mien à chaque début de chapitre, histoire de vous épargner une angoisse inutile), après ce chapitre, cette fanfic affichera le statut "complete". Mais pas de panique. La suite viendra ailleurs, c'est-à-dire, comme si c'était une nouvelle fanfic, en quelque sorte. Tout ça pour avoir une impression de fini après deux ans et demi (nom de Dieu !) de, eh bien, non fini. Et puis le long délai d'attente, tout ça. Enfin, j'espère que ça vous conviendra.
Innommable : (je ne voudrais pas être désagréable, mais j'ai constaté une faute de français dans ton commentaire. "Quand bien même" veut dire "même si", donc ta phrase n'a pas de sens. Désolée, désolée ! Mais tu me connais; les fautes me donnent des boutons. Même si je dois en faire quelques unes -dépression-). Eh oui, je savais depuis le début que tes espoirs ne seraient pas comblés. Pas de résurrection pour Agrippa, elle meurt et c'est comme ça. Mais ça a apporté quelque chose à son mari, donc bon. Mm, mm, tu m'a reconnue, je parie x3 Mais comme je te l'ai déjà dit, je veux que cette fic ait un minimum de profondeur. Oui, qui sait x3 En tout cas, merci beaucoup pour le compliment ! Et on verra bien quand la motivation se manifestera à nouveau.
Loyiens : Wouah, merci ! Déchirant, à ce point ? Je suis plus qu'heureuse si j'ai réussi à rendre ce chapitre comme tu le décris, c'est un accomplissement en soi ! Ne t'en fais pas, je ne vais pas laisser tomber mes personnages comme cela. Ils reviendront. Ca me fait plaisir, déjà que je parvienne à complexifier le personnage de Daisy, et ensuite qu'elle te plaise (je redoutais une vague d'indignation pour cette vision de l'amour que je lui ai donnée) ! Faire du bon travail avec mes personnages est un de mes objectifs. Eh bien, surprise !, le voici, même s'il est extrêmement court. Mais il faut bien ça par rapport au délai d'attente de ceux qui vont suivre.
radiant : Merci beaucoup ! Je suis d'autant plus heureuse que tu me dises ça que j'ai parfois l'impression de perdre l'emprise sur mes personnages, comme si je ne les maîtrisais pas vraiment Me voici soulagée que tu penses que leurs relations sont réalistes !
Sombrelame : Heureuse d'apporter un peu de joie avec ma fanfic ^-^ Oui, je me doute bien que le changement de décision de Bram n'était pas très prévisible, mais ça rajoute un peu de piment, n'est-ce pas ? Pas d'inquiétude, ils reviendront. Merci encore !
DaraenFEA : Merci, le compliment me touche beaucoup ! Je fais mon possible pour que ce soit la meilleure, entre nous :3 Mais toi, comptes-tu poster ce que tu écris sur ce site ? Merci pour ta compréhension concernant les délais entre chapitres, je sais à quel point ça peut être décourageant. J'espère que la suite te plaira aussi !]
Daisy marchait d'un bon pas sous la voûte verdoyante des grands arbres. Elle devait presque se retenir de courir sur le sentier de terre qui serpentait dans la végétation tant elle avait hâte de rentrer chez elle. C'était comme si un jour nouveau fait d'accomplissement et d'espoir se profilait devant elle, comme si en courant elle pouvait retrouver tout ce qu'elle avait laissé derrière elle et qui lui manquait, et qui la rendait heureuse lorsqu'elle y pensait.
Et pourtant, je me sens différente du temps où je vivais à l'Observatoire. Ca me semble si loin -presque comme si j'étais tombée il y a deux ans- alors que ça ne fait que quelques semaines.
C'était, simplement, le bonheur limpide de rentrer à la maison. Comme elle s'y attendait, la locomotive de l'Orion Express était toujours à l'abri dans le renfoncement végétal qu'elle avait créé en s'écrasant sur le Protectorat, entourée d'arbres abattus.
Etrange... L'éclat doré de l'Orion Express est aussi terne que lorsque je l'ai trouvé la première fois. J'espère que ça ne signifie pas qu'il ne démarrera pas cette fois non plus. Oh, ce serait insupportable.
Mais il ne servait à rien de rester là à écouter son coeur s'emballer d'appréhension. La jeune Gardienne s'avançait vers la petite porte à l'arrière de la locomotive pour y entrer lorsqu'elle sentit une présence derrière elle. Une présence à la fois prenante et légère, une présence scrutatrice et détachée du monde, une présence bizarrement et pesamment familière. Interpelée, Daisy se retourna. Une silhouette pâle et très légèrement phosphorescente se tenait à quelques pas d'elle. La silhouette d'un fantôme.
Qu'est-ce que cette morte fait donc par ici ? Il n'y a rien dans les environs.
C'était le fantôme d'une jeune femme, d'apparence un peu plus âgée que Daisy, mais pas encore totalement une adulte sans toutefois être une jeune fille. Peut-être était-ce dû à l'expression sur le visage de la jeune femme et de l'éclat terne et las dans ses yeux bleus, comme si elle n'appartenait plus à ce monde mais continuait de le parcourir en spectatrice, avec lassitude mais aussi avec constance, comme si elle cherchait quelque chose sans savoir précisément ce que c'était. Elle avait un visage de jeune femme mais le regard et l'expression de quelqu'un qui est là depuis des dizaines et des dizaines d'années. D'ailleurs, en parlant de ça, ses vêtements défraichis étaient très différents de ceux que Daisy avait déjà vus, même au tout début de ses expéditions sur le Protectorat : elle était vêtue d'une robe blanche dont on voyait la doublure rose en bas du vêtement, serré sur sa poitrine par un corsage bleu attaché par des lanières en lin. Mais le plus étrange était la longue cape à capuchon bleue qu'elle portait attachée sous son menton, la grande capuche si amplement rabattue sur sa tête qu'on ne devinait de ses cheveux que les mèches châtains éparses qui s'en échappaient sur son front ou ses tempes. Sous cette capuche sombre, ses yeux bleus magnétiques ressortaient avec encore plus de force.
Lorsqu'elle se fut arrêtée près de Daisy, la morte se figea et ne bougea plus, totalement imperméable au monde autour d'elle.
"Mazette ! Elle a l'air d'avoir besoin qu'on lui remonte le moral, remarqua une Stella éberluée en avisant son expression."
C'est vrai... Mais elle a l'air comme... inatteignable...
Tout en la scrutant, Daisy ne pouvait s'empêcher d'éprouver un sentiment étrange, de familiarité lointaine, comme si elle connaissait cette inconnue. Comme si elle l'avait vue auparavant sans s'en souvenir, mais qu'elle était encore environnée de ces lointains souvenirs défraichis, tantôt joyeux, tantôt dramatiques, mais tous empreints de passion et de la longueur du temps.
Comme c'est... bizarre... Et quel sentiment étrange me donne cette fille... Comment est-ce possible ?
"Daisy, ça doit être un fantôme, disait Stella sans remarquer que son amie ne l'écoutait presque pas. Pourquoi tu ne lui demandes pas ce qui cloche ? On dirait qu'elle a besoin de parler."
La petite fée semblait tout à fait disposée à aider quelqu'un, pour une fois, alors qu'elle avait si souvent protesté contre la manie de Daisy de vouloir aider tout le monde même quand elle ne pouvait rien faire. Mais la morte ne leur en laissa pas le temps :
"Il n'est pas là..., murmura-t-elle pour elle-même, d'une voix égale et lointaine.
-Quoi ? sursauta Stella, qui ne s'attendait pas à l'entendre parler.
-Il n'est pas là non plus, souffla la morte en secouant tristement la tête, mais sans répondre à la fée, seulement pour elle-même."
Et, sans prêter la moindre attention aux deux être surnaturels qui se tenaient près d'elle, comme si elle ne savait pas qu'elles étaient là, la morte se remit en marche et disparut. Daisy et Stella regardèrent un instant l'endroit où elle s'était évaporée, perplexes de cette apparition incongrue.
"Charmant ! C'est ce qu'on appelle battre à froid, commenta la fée. Nom d'une météorite, certaines personnes sont vraiment malpolies !"
-On aurait dit qu'elle ne faisait pas exprès de nous ignorer..., remarqua son amie. Comme si elle était tellement détachée du monde qu'elle n'avait pas remarqué que nous étions là...
-Tss, laisse tomber, lui conseilla la fée. On a mieux à faire. Tous à bord de l'Orion Express !"
Aussi pressée que d'habitude, Stella la précéda à toute vitesse à bord de l'attelage céleste.
"Allez ! On se bouge ! la pressa-t-elle depuis l'intérieur plongé dans l'obscurité, si ce n'était la légère lumière qui entrait par les fenêtres. Ce tas de ferraille n'ira nulle part si tu ne l'aides pas à décoller !
-Oui, oui, j'arrive."
A l'instant où Daisy franchit le seuil de la porte, un flash de lumière illumina la locomotive plongée dans le noir et un ronronnement se fit entendre tandis que la machine se mettait en marche. Les lieux s'éclairèrent d'un coup, le tableau de bord s'alluma et la locomotive se mit à fumer et à vrombir sous les pieds de la Gardienne.
Ca a fonctionné ! Béni soit le Tout-Puissant ! J'ai craint un instant que l'Orion Express refuserait de décoller cette fois encore !
"Wahou ! On dirait qu'il s'est enfin décidé à comprendre que tu es une Célestellienne, Daisy ! s'enthousiasma Stella, faisant écho à sa propre joie. Ca y est ! Il ne nous reste plus qu'à... euh... nous ramener à la maison... Du gâteau pour une cheminote chevronnée comme moi !"
Sa voix s'éteignit de plus en plus sur la fin. Daisy lui lança un regard aigu.
"Tu ne sembles pas très sûre de toi, Stella, remarqua-t-elle. Es-tu sûre que tu sais piloter cette machine ?
-Bien sûr que oui ! s'indigna la fée sans conviction. Je vais... euh... programmer les... coordinateurs dans le tableau de bord et on sera en l'air en un rien de temps !
-Si possible, j'aimerais autant qu'on y reste, fit valoir la Célestellienne, maintenant certaine que son amie ne savait pas très bien comment manipuler cet engin. Ce ne sera pas très beau à voir si l'Orion Express s'écrase de nouveau."
La Gardienne et la fée se postèrent devant le tableau de bord. Cette dernière l'examina avec de grands yeux incertains, prétendant :
"Ok, heu... Je n'ai normalement plus qu'à bouger ces commandes et on se retrouve à l'Observatoire... Mais, heu... on a le temps. Si tu as encore quelques courses à faire, je peux attendre. Alors ?
-Des courses à faire ? répéta Daisy, peu dupe. N'était-ce pas toi qui me pressais pour que nous rentrions à l'Observatoire, pas plus tard qu'il y a une minute ?
-Eh bien, je me suis simplement dit que... ce n'était pas une très bonne idée de se presser sans... réfléchir. Oui, c'est ça !
-Malheureusement pour toi, non, je n'ai pas de courses à faire avant de rentrer.
- Ah oui ?, fit la fée d'une petite voix. Oh... entendu... A vos ordres, capitaine ! C'est parti ! A toute vapeur ! Trop tard pour changer d'avis !
-Stella ! s'impatienta Daisy sans colère.
-Oui, oui, oui... Allez, c'est parti... On va DEEECOLLER ! s'exclama la fée en brandissant haut sa main bronzée et manucurée en en l'abattant sur un voyant du tableau de bord de toutes ses forces."
Etrangement, cela fonctionna. La locomotive de l'Orion Express se mit à monter légèrement à l'horizontal, jusqu'à atteindre le dessus de la cime des arbres. Alors qu'il se figeait dans les airs, Stella continua d'appuyer sans aucune logique sur les boutons, tandis que Daisy la regardait faire avec curiosité.
"Voyons voir..., marmonnait la fée. Un petit coup ici... Et puis là... Bidouillons ça et puis encore ça... Et..."
Avant qu'elle n'ait eu le temps de finir sa phrase, l'Orion Express se mit à luire comme une petite étoile, même en plein jour, et deux wagons se déplièrent comme par magie derrière la locomotive.
"Haha ! J'ai réussi ! J'ai réussi ! s'extasia Stella, une expression de joie radieuse et surprise sur le visage.
-Pourquoi, tu en doutais ? la taquina Daisy, qui sentait monter en elle une vague d'euphorie et de bonheur pur comme du cristal qu'elle n'avait pas ressenti depuis longtemps.
-Hum, non, se rattrapa la fée en prenant un air sérieux. C'est logique, en fait. J'ai réussi. Après tout, c'est moi le tip-top capitaine de l'Orion Express !"
La Célestellienne était maintenant certaine que ce n'était pas le cas, mais elle ne prit pas la peine de le faire savoir. Stella lui lança un grand sourire complice, puis elle leva le bras en l'air et insista pour que son amie fasse de même. Lorsque ce fut fait, la petite fée s'exclama :
"Parfait ! Observatoire, nous voilà ! Wouhou !"
Et elle abattit de nouveau sa main sur un bouton avec beaucoup plus de certitude. Les roues de l'Orion Express se mirent alors en marche et la cheminée cracha un nuage de vapeur dorée. Avançant d'abord lentement pour réchauffer ses rouages non utilisés depuis trop longtemps, le véhicule tourna quelques instants au-dessus des arbres, puis il prit de la vitesse et, sur un crachotement triomphant, fila à toute allure dans le ciel bleu, à la verticale, droit vers l'Observatoire.
Daisy, enfin, rentrait à la maison.
