Dans cet OS, Clara est un des échos croisant la 10ème incarnation ( David Tennant ). J'ai essayé de trouver quelque chose qui pourrait faire un peu comme les épisodes spéciaux ou juste la compagne d'un épisode (comme Astrid, Lady Christina De Souza, Reinette, ou Adelaide ).

Dans cette fiction, Clara est connue sous le nom de Clara Oswin.

Je reprends une événement assez marquant qui s'est déroulé aux Etats-Unis ( peut-être pas celui auquel vous pensez mais il suffit de lire pour savoir ), la musique qui m'a inspiré est Doomsday. Bref, tout ça pour dire que c'est un sujet triste. Je reprends aussi des éléments 'un film que j'ai adoré et qui se nomme Elephant de Gus Van Sant.


LE DERNIER JOUR


L'aube s'était levé depuis deux heures sur Littleton, l'herbe était encore humide mais un soleil timide se dévoilait de plus en plus en ce 20 avril 1999. Quelques passants marchaient en direction de leur lieu de travail mais la plupart des rues étaient encore désertes. Les lumières des maisons s'allumaient peu à peu, redonnant de la vie à cette ville en plein éveil.

Dans la maison numérotée 221, une jeune femme préparait son thé accompagné de tartine de beurre pour le petit-déjeuner. Elle portait encore un peignoir sur son pyjama, ses cheveux bruns mi-longs étaient en bataille et elle avait des yeux encore endormis. Elle se laissa tomber sur une chaise en attendant que l'eau bouille en cachant un bâillement de la main. Elle s'était levée très tôt ce matin-là, non pas pour préparer un cours mais parce qu'elle attendait un appel. Cette jeune femme du nom de Clara Oswin était une jeune professeur de littérature au lycée. Elle vivait seul, avait très peu d'amis à part quelques collègues proches et ne vivait que pour son emploi. En ce qui concerne le dernier point, il n'était valable qu'avant le coup de fil qu'elle avait passé le 17 pour résoudre un problème de connexion internet. L'homme à l'autre bout du téléphone avait une belle voix très particulière mais elle avait senti que quelque chose n'allait pas. Il se sentait seul, il en était triste. Ils avaient donc commencés à discuter après qu'il lui ai montré comment se débrouiller avec son ordinateur. Ils avaient sympathisé assez rapidement, ce qui était très étonnant pour Clara.

Maintenant, il lui téléphonait chaque matin. Enfin, à part le matin précédent et elle ne savait pas pourquoi il n'avait pas appelé. Elle s'était attachée à cet homme inconnu, ce « Docteur » comme il prétendait s'appeler. Elle attendait donc avec impatience son appel.

Mais il ne vint pas. Elle avait fini son petit-déjeuner, avait prit sa douche, s'était brossée les dents, avait préparé son sac mais son portable n'avait pas sonné. Peut-être que ce Docteur s'était lassé ou alors il avait un empêchement. Clara ne voulait pas y penser. Elle mit son manteau, prit son parapluie au cas où et sortit de chez elle. Elle referma sa porte à clé en regardant sa voisine sortir son chien et regarder le courrier du coin de l'œil.

- Bonjour Mrs Harris ! Salua Clara en souriant et en sortant de son allée.

- Bonjour, lui répondit Mrs Harris avec une ébauche de sourire.

Clara avait remarqué que la femme avait les traits de plus en plus tirés, sa peau était pale et des cernes sombres soulignaient ses yeux. Elle avait souvent l'air maussade et elle entendait les cris et les pleurs parfois le soir. Clara y faisait attention car elle avait le fils de Mrs Harris, Eric, dans sa classe. Lui aussi, semblait malade et triste. Mais il avait refusé de lui confier ce qui se passait. Clara ne pouvait donc rien faire.

Clara verrouilla sa barrière et se mit à marcher d'un pas dynamique vers l'école qui se trouvait à l'autre bout de la ville. Elle aimait beaucoup marcher, surtout avec ce temps. Le ciel était dégagé et le petit air frais était confortable. Elle arriva devant le grand bâtiment et rejoignit une de ses collègue pour discuter un peu. Le lycée Columbine n'était pas beaucoup plus grand qu'un autre, ni plus prestigieux mais c'était un endroit où elle se sentait bien, à l'aise, au contraire de ses collègues. Elle avait cette impression que quelque chose d'important allait lui arriver et que ce serait ici.

Elle se dirigea vers la salle des professeurs. Elle y laissa quelques affaires, se fit un café pour tenir la journée, et prit des copies dans son casier. Elle attendit ensuite que la sonnerie retentissent en commençant à boire son café pour se rendre dans la salle qu'on lui avait attribué. Ses élèves étaient déjà quasiment tous présents dans le couloir, discutant joyeusement et racontant leur passionnant week-end. Clara leur dit bonjour et ouvrit la porte, laissant entrer tout le monde dans la salle. Ce fut dans un grand grabuge habituel qu'elle commença son cours. Elle haussa le ton pour réclamer le silence et ils cessèrent quasiment tous leurs bavardages, pour le moment. Elle fit l'appel et constata que le fils de Mrs Harris était absent. Elle ne s'en formalisa pas vraiment, elle en avait l'habitude. Elle commença donc son cours sur Shakespeare et une des ses œuvres, Much Ado About Nothing. Le langage de Shakespeare était vieux et assez compliqué mais elle pensait que la plupart de ses élèves s'en sortirait. Ils passèrent la première heure du cours à passer chacun leur tour par groupe pour parler des personnages de la pièce. Quand la sonnerie retentit, elle les laissa sortir pour faire une pause tandis qu'elle relisait ses notes sur les passages. Ils rentrèrent tous de nouveau dans la classe et reprirent la place.

- Pour cette deuxième heure, nous parlerons du rôle des femmes dans la pièce. Prenez bien les notes, je vous rappelles que votre épreuve de français est dans quatre mois !

La plupart des élèves bougonnèrent et grognèrent. Elle savait qu'ils n'aimaient pas qu'on leur rappelle le Bac, surtout que tous les professeurs le faisaient.

- Très bien ... Nous allons donc commencer par le personnage de Béatrice. Quelqu'un veut en parler ?

Deux mains se levèrent dans la salle. Clara interrogea Mary McFarland mais elle fut interrompu par l'ouverture de la porte. Eric Harris entra dans la salle et s'assit à une place au fond.

- On frappe avant d'entrer et la politesse est de dire bonjour et de s'excuser pour le retard, signala Clara.

- 'Jour, grogna Eric.

- Tu es passé voir les surveillants, tu as une heure de retard quand même !

- J'fais ce que j'veux pov' coche, tu comprends pas ça ?!

Clara n'avait jamais vu Eric dans cet état. Il avait les yeux explosés et vides, son corps étaient absolument détendu et sa bouche était ouverte. Et il ne lui avait jamais parlé comme ç s'approcha de lui et posa ses mains sur la table d'Eric.

- Je suis ton professeur, pas ton pote alors ne me parle pas de cette manière Eric.

- J'te parle comme j'veux m'dame...

- Chez le principal maintenant, fit Clara énervée en frappant ses mains contre la table.

Erik se leva et lui fit face. La jeune femme n'était pas très grande, il la dominait donc.

- Non, lui souffla t-il en approchant son visage du celui de Clara.

- Maintenant. Sinon, j'en parle à tes parents. C'est parfait, je la vois tous les jours.

- Si tu me menaces encore, tu vas le payer cher, très cher.

- Je me fiche de tes menaces Eric, tu vas chez le directeur maintenant et je convoquerai ta mère.

Eric s'éloigna, l'air contrit. Il traversa la salle et en sortant, il se retourna, un sourire aux lèvres. Ce sourire n'avait rien de doux ni de joyeux. Il était sadique et malfaisant. Il lui faisait peur, même si elle ne devait pas le montrer, surtout pas devant ses élèves. Elle retourna à son bureau, sentant son portable vibrer dans la poche de sa veste. Elle tenta de garder un visage impassible et regarda ses élèves. Ils semblaient aussi stupéfait qu'elle. Eric avait toujours était un garçon timide et discret, toujours dans son coin. Il était souvent seul, ne se liant pas facilement avec les autres. Il n'avait qu'un seul véritable ami, Dylan Klebold, qui se trouvait en Première ES. Elle tenta de reprendre son cours mais elle avait envie d'en finir au plus tintement de la sonnerie se répercuta dans les couloirs et tout les élèves sortirent pour les quinze minutes de pause. Clara sortit en dehors du bâtiment. Elle avait essayé de ralentir la cigarette mais cette fois elle ne pouvait pas se retenir. Un thé ne suffirait pas. Elle s'assit sur un banc à l'écart et sortit son paquet de cigarette et son briquet de la poche de son manteau. Un de ses collègue la rejoignit, Paul Braxton et lui demanda une cigarette. Il s'assit à ses côtés tranquillement. Il avait essayé de la séduire quelques mois plus tôt mais elle l'avait repoussé, ne supportant pas son caractère. C'était le genre d'homme qu'elle qualifiait de « chieur nombriliste de première ».

- J'ai vu ton élève là euh ... Eric Harris passer en furie, pas commode le gars dis donc !

- On a tous nos mauvais jour, dit Clara en expirant la fumée. Elle ne savait pas ce qui était arrivé à Eric mais elle était sûr que ce n'était pas vraiment de sa faute.

- Il a failli frapper un surveillant et il est sorti du lycée en bousculant tout le monde.

Clara souffla. Elle aurait aimé pouvoir discuter avec Eric mais il ne reviendrait certainment pas maintenant. Elle repensa d'un coup à son portable qui avait vibré dans sa poche et se leva d'un bout en jetant sa cigarette. Elle l'écrasa avec sa bottine et se dirigea vers le lycée sans un regard en arrière. Elle se dirigea vers les premiers toilettes qu'elle trouva, passa de l'eau sur son visage et s'enferma dans une cabine. Elle n'aurait pas cours avant une bonne heure et elle avait besoin d'une pause. Elle sortit son portable et regarda le numéro qui avait essayé de la joindre. Son cœur rata un battement. C'était lui. Obligatoirement. Elle ne connaissait qu'une personne qui l'appelait en inconnu et lui laissait un message sur le répondeur. Ce « Docteur » était un vrai mystère. Elle l'avait comprit dès le départ et avait subi ses mystères et ses bizarreries la dernière fois qu'il l'avait appelé. Leur conversation avait été plus qu'étrange cette fois-là.

- Je ne vous ai pas demandé ce que vous faites dans la vie au fait ! Je n'ai pas l'habitude de m'intéresser à vos passe-temps mais si je suis sûr qu'ils sont très intéressant.

- Je suis professeur au lycée.

- Hum, intéressant ... J'ai très peu croisé de professeurs. Tous des égoïstes et des intellectuels un peu trop sûrs d'eux ! Je crois que je déteste les professeurs autant que les archéologues.

- Certains de mes collègues agissent comme ça mais votre point de vue ne s'étend pas à tout le monde.

- Vous savez très bien que j'ai raison. Vous voulez juste ne pas être considéré comme tel.

- Et pourquoi je ferais ça ?

- Parce que vous voulez que j'ai une bonne opinion de vous.

- Je me fiche de votre opinion, avait-elle rétorqué.

- Oh que non !

- Oh que si !

Le rire du Docteur s'était répercuté dans le combiner et Clara ne pû pas s'empêcher de rire elle aussi.

- Quand sommes-nous ? avait-il demandé peu après.

- Mercredi.

- La date complète.

- Mercredi 20 avril 1999.

- Sombre date ... Funèbre même.

- Comment vous pouvez savoir ça ?

- Je suis le Docteur !

- Docteur qui ?

- Juste ... le Docteur.

- Vous m'intriguez énormément, Monsieur juste le Docteur.

- J'intrigue énormément de monde Clara Oswin ... Où enseignez-vous ?

- Lycée Columbine, à Littleton, comté de Jefferson, état du Colorado, États-Unis. Dans les détails.

Un silence s'était fait à ce stade de la discussion et Clara avait cru qu'il avait raccroché.

- Je vais devoir raccrocher, j'ai ... j'ai des choses à faire.

- D'accord, pas de problème ! Moi aussi j'ai des choses à faire comme ma propre bibliographie qui montrera ma magnificence suprême et mon don de l'enseignement.

Il n'y avait eut aucune réaction de la part du Docteur.

- Bonne journée Clara, faites bien attention à vous.

Clara avait froncé les sourcils. Sa voix était devenue triste et elle ne comprenait pas pourquoi.

- Vous aussi Docteur.

C'était les derniers mots qu'ils s'étaient dit. Il ne l'avait pas rappelé. Jusqu'à maintenant. Elle actionna le répondeur et attendit d'entendre le message de son « Docteur ».

« Clara, Clara ? Répondez s'il vous plaît ! Il faut que vous partiez. Maintenant. Vous êtes en danger dans le lycée, comme les autres étudiants et professeur. Certains élèves ont été infectés par ... vous vous souvenez de l'accident de Cardiff où il y avait une sorte de gros diable qui aspirait la vie des gens ? Bien sûr que non puisque Torchwood c'est chargé de tout faire oublier à tout le monde ! Mais qu'est-ce que je peux être bête parfois ! Heureusement que je ne suis pas professeur, personne ne pourrait me suivre ... Bon bon, vous oubliez tout ce que je viens de dire. Là où je voulais en venir c'est que ce diable sortait en fait d'une faille se trouvant SOUS Cardiff. Et il est arrivé la même chose à Littleton. Non non aucun diable ne sortira de sous terre. Là, c'est du gaz. Un gaz mélangé à tout un tas de sortes de fluides étranges transformés à cause d'un méli-mélo temporel ! Ce gaz est extrêmement nocif et toxique mais pour le moment, il n'atteint que deux ou trois personnes. Je m'en suis déjà occupé, enfin non, je m'en occuperai plus tard. Je ne devrais même pas vous en parler, je vais contre ce qui devrait arriver. Mais vous n'avez pas le droit de mourir. Pas maintenant alors que je vous connais à peine.
Deux des infectés se trouvent dans le lycée et ils seront prêts à tout croyez-moi. Leur unique but : tuer. Par tous les moyens. Alors s'il vous plaît, fuyez ! ».

Clara sortit immédiatement de la cabine de toilette. Maintenant elle en était sûr, le Docteur était fou. Tout ce qu'il avait dit n'avait aucun sens. Une faille sous Littleton ? Du gaz capable de changer les gens en tueurs ? Un méli-mélo temporel ? Le Docteur avait vraiment perdu une case.

Clara sortit des toilettes et fut bousculé par un élève qui courrait vers la sortie, suivit d'autres élèves.
Clara en arrêta un.

- Qu'est-ce qui se passe ? Demanda t-elle à l'élève paniqué.

- Il y a eu une explosion juste devant le lycée !

L'élève se remit à courir et Clara le suivit immédiatement pour aller voir, elle aussi était intriguée. Surtout après ce que le Docteur lui avait dit. Et si c'était vrai ? Elle se souvint du comportement d'Éric et stoppa net. C'était lui. Mais oui ! C'est pour ça qu'il avait eut un comportement si étrange ! Clara reprit sa course vers l'extérieur mais ne put pas aller très loin. Une dizaine d'élèves s'étaient stoppés dans le hall d'entrée et reculaient petit à petit, l'air paniqués. Clara remarqua alors qu'un élève se tenait dans l'encadrement de la porte d'entrée. Un élève armé. Dylan Klebold. Le meilleur ami d'Éric. Il commença à tirer et les élèves crièrent et tentèrent de s'enfuir. Clara fit de même et fonça vers une salle de classe avec quelques élèves. Elle tenta d'ouvrir les fenêtre mais il y avait un système de sécurité. Elle n'eut pas le temps de réfléchir plus car des pas lents approchaient de la porte de la classe. Ils ouvrirent la porte menant à la classe d'à côté et y entrèrent pendant que Dylan entrait dans la précédente salle. Ils sortirent immédiatement dans le couloir et montèrent au second étage. Clara pouvait entendre les pas et les cris des élèves dans le bâtiment. Elle sentit son téléphone vibrer et le prit immédiatement. C'était lui de nouveau.

- Docteur, vous aviez raison. Il est là. Il a une arme.

- Il n'est pas seul Clara. Il faut que vous vous dirigiez vers le réfectoire. J'arrive d'accord ?

- D'accord.

Elle raccrocha et se dirigea vers la cantine, comme il le lui avait demandé. Les élèves la suivirent. Pour y aller, il fallait redescendre. Clara décida donc d'emprunter d'autres escaliers. Mais pour cela, il fallait traverser le long couloir du deuxième étage. Si Eric se trouvait de l'autre coté, ils n'auraient pas d'autres endroits où se cacher, à part les salles de cours. Elle prit tout de même le risque et demanda à tout le monde de faire le moins de bruits possibles et de regarder partout. Ils traversèrent donc le couloir silencieusement et discrètement et eurent la chance de ne croiser personne. Clara ouvrit la porte qui menait sur les escaliers et écouta attentivement le moindre bruit. Rien. Le silence absolu. Elle s'y aventura donc et commença à monter les marches. Un bruit la fit se stopper et elle regarda vers le bas puis vers le haut. Dylan venait de monter un étage supplémentaire et maintenant il allait emprunter le couloir du quatrième étage. Clara attendit et fit signe aux autres de venir. Ils montèrent les escaliers et arrivèrent au troisième étage. Clara entrebâilla la porte et regarda de l'autre côté d'un œil. Il n'y avait aucun mouvement ni aucun bruit. Elle ouvrit donc la porte et ils sortirent tous de la cage d'escalier. D'ici, elle pouvait voir la porte de la cantine. Ils s'y dirigèrent donc. Le couloir n'avait jamais paru aussi long à Clara. Elle s'apprêtait à ouvrir la porte quand elle entendit un bruit à sa gauche. Elle sursauta et se retourna. Ce n'était que Paul Braxton avec d'autres élèves. Elle en fut immédiatement soulagée. Ils entrèrent dans le réfectoire vide et attendirent. Certains élèves barricadèrent la porte mais Clara était obnubilée par l'écran de son portable et n'arrêtait pas de se répéter « il va venir, il va nous sauver » comme un long mantra rassurant. Paul la regardait du coin de l'œil mais ne dit rien sur son attitude étrange. Son téléphone vibra et elle y répondit immédiatement.

- Je suis là, baissez-vous tous !

Clara donna l'ordre aux autres. Une vitre explosa et une échelle de pompier apparut. Les élèves se ruèrent dessus et commencèrent à descendre, un par un. Braxton tentait de mettre de l'ordre pour éviter les bousculades.

Clara, elle, avait peur. Car ils faisaient beaucoup de bruits et que ça risquaient d'attirer Dylan et Eric au réfectoire. Elle regardait donc la porte avec l'espoir qu'ils auraient tous le temps de sortir.

Une dizaine d'élèves étaient déjà descendus quand elle entendit des pas de l'autre côté. Quelqu'un tenta d'ouvrir la porte, en vain. Clara s'en approcha, se disant que ce pouvait être des élèves cherchant aussi un refuge, un endroit pour s'enfuir. Elle colla son oreille contre la porte et écouta attentivement. Elle n'entendit qu'un souffle rapide. On cogna ensuite fort sur la porte, ce qui la fit sursauter et se reculer. Elle fit quelques pas vers l'arrière. C'était lui. C'était Eric de l'autre côté. Il venait pour se venger, pour lui faire du mal. Les coups contre la porte continuaient, accompagné d'un mot : « Am ».
Clara continuait de reculer, tout le monde n'était pas encore descendu. Il restait encore une quinzaine d'élèves et Braxton dans la salle. Des larmes coulaient le long de ses joues.
« Stram » accompagna le coup de feu tiré sur la poignet. La porte s'entrouvrit, suivit d'un « Gram ».

Eric entra, l'arme au poing, les yeux sombres et terrifiant.

« Pic »

Clara recula encore tandis que les élèves descendaient plus rapidement.

« et Pic »

Son cœur battait la chamade.

« et Colegram »

Les larmes inondèrent ses joues, elle y voyait flou à présent.

« Bour »

Elle regardait Eric droit dans les yeux. Ses mains tremblaient. L'arme d'Eric était pointée droit sur elle. Personne d'autre.

« et Bour »

Elle tenta de se calmer et essaya d'apaiser Eric.

- Tu ne sais pas ce que tu fais Eric... Tu n'es pas toi-même. Je t'en supplie, pose cette arme et tout sera oublié.

« et Ratatam »

La voix grave d'Éric lui glaça le sang. Elle entendit Braxton pousser tout le monde pour pouvoir descendre.

« Am »

Les élèves étaient quasiment tous descendus. Mais Eric ne faisait pas attention à eux, il n'avait d'yeux que pour elle.

« Stram »

Elle entendit quelqu'un monter l'échelle de pompier et supplier Clara de descendre. Le Docteur. Elle eut un sourire sur les lèvres. Tout le monde étaient descendus à présent. Mais lui montait. Il essayait de la rejoindre. Elle savait qu'elle n'aurait pas le temps de rejoindre la fenêtre et de descendre. Elle affronterai la mort de face, comme elle avait affronté la vie.

- Fuyez Docteur ! cria t-elle. Emmenez-les tous loin ! Sauvez-les. Vivez pour moi. Fuyez espèce de petit malin et souvenez vous ...

« Gram »

La répercussion du tir, Clara ne l'entendit pas. Elle n'entendait plus rien, n'apercevait plus rien, ne sentait plus rien. Elle partait, elle s'envolait, elle tombait. Elle tombait encore et encore ...