Bonjour à toutes et à tous !
Voici enfin le deuxième chapitre de cette modeste fanfiction ! J'espère que cette deuxième partie vous plaira !
Le disclaimer reste le même que celui du premier chapitre :)
Merci beaucoup aux trois guests qui ont laissé des reviews: guest, Charlie et Petitponey. Merci pour vos commentaires qui font chaud au coeur ! Petitponey, oui, une suite était prévue dès le début, et il y aura aussi une troisième partie.
Sur ce... enjoy !
Partie II
La boîte
Liam ne savait pas trop comment cela avait pu se produire, mais le fait était qu'au beau milieu d'une réunion de meute importante dont le sujet était « Comment diable allons-nous survivre à cette nouvelle catastrophe ? », un débat avait éclaté précisément sur le thème qui l'intéressait.
Liam ne savait même pas comment. C'était simplement arrivé.
− Personnellement, je trouverais ça franchement flippant que quelqu'un collectionne mes affaires ! assura Scott.
Liam jeta un coup d'œil à Theo. Il n'aurait pas pu en jurer, mais on aurait dit qu'il s'était raidi sur sa chaise, et ses lèvres demeuraient si fermées, qu'on ne les voyait plus qu'à peine.
− Mec, tu déconnes ? s'étonna Stiles. Tu te souviens d'Allison ? Première petite-amie de toute ta vie ? A laissé sa brosse à cheveux dans ta chambre par accident et tu as voué un culte à cette pauvre brosse ?
− Je n'ai pas voué à un culte à cette brosse ! protesta Scott.
− Tu l'as conservée dans le tiroir de ta table de chevet et c'était la première chose que tu regardais le matin !
− Techniquement, elle est toujours dans ce tiroir, intervint Malia. A côté d'un rouge à lèvres à moitié usé, d'un bracelet qui est là depuis tellement de temps que l'argent a noirci, et d'une flèche bourrée d'aconit.
Mason ouvrit grand la bouche, stupéfait.
− Scott ? Sérieux ?
− Ce sont des souvenirs, plaida Scott. Ils veulent dire beaucoup pour moi !
− Tu ne fais pas ça pour Malia, nota Peter, qui aimait appuyer là où ça faisait mal. Pourquoi tu ne fais pas ça pour ta petite-amie actuelle ?
− Je suis dans son lit, il préfère me tripoter moi plutôt que tripoter mes affaires, répondit la coyote.
Peter manqua s'étouffer avec ses chips.
− Et puis tu peux parler ! s'emporta Scott en se tournant vers son meilleur ami. Tu as collectionné les affaires de Lydia pendant huit ans !
− C'est vrai ? demanda Lydia, tous sourires. Oh, Stiles, c'est chou ! Lesquelles de mes affaires, au juste ?
− Je te montrerai, répondit l'humain avec un clin d'œil.
− Je trouve ça un peu flippant, intervint Mason. Je veux dire, ça revient à voler des affaires à la personne que vous aimez pour lui vouer un culte en secret ? Je trouve ça un peu obsessionnel.
Cette fois-ci, Liam en était sûr: Theo évitait sciemment de participer à la conversation. Il regardait fixement le mur en face de lui en prenant un air ennuyé, mais Liam le connaissait assez pour voir son embarras. Bien sûr, maintenant qu'il savait que Theo collectionnait ses affaires, ça expliquait pas mal de choses, mais…
Une seconde. Ça voulait donc dire que Theo collectionnait bel et bien ses affaires pour lui vouer un culte en secret ?
Liam sentit sa mâchoire se décrocher.
Corey avait l'air gêné.
− Tu sais, Mason, j'aime bien conserver tes affaires, moi.
− Oui, mais on est ensemble. Ce qui est à moi est à toi.
− Mais qu'est-ce que tu fais lorsque tu es fou amoureux et que la personne ne t'aimera jamais en retour et que c'est la seule chose que tu peux avoir d'elle ? demanda Corey.
Liam sentit son cœur manquer un battement. Theo, lui, n'avait pas bougé, et son rythme cardiaque demeurait parfaitement calme. Très calme. Trop calme.
Oh, bon sang.
Mason eut l'air de sincèrement réfléchir à la question.
− C'est sentimental, je suppose ? proposa Scott.
− Très « j'ai onze ans et demi », si vous voulez mon avis… glissa Peter, un peu remis de ses émotions.
− Avec les petits cœurs dans les marges du cahier de maths et le journal intime débordant de tracas de pré-adolescente ? ajouta Lydia, un fin sourire aux lèvres.
Liam faillit éclater de rire en surprenant une moue boudeuse sur le visage de Theo.
− Je t'en prie ! s'exclama Stiles. Ce n'était pas comme ça et tu le sais bien!
− A cette époque, tu embrassais pratiquement le sol sous mes pieds!
− J'étais jeune et idiot !
− Peut-être que si je ne pouvais pas marquer mon territoire, je ferais en sorte que l'autre marque le mien ? réfléchit Peter, pensif.
− Trop philosophique pour moi, grogna Malia.
− Donc, ce serait une façon de faire entrer l'être aimé en secret dans sa vie ? demanda Mason, tout aussi songeur.
Malia haussa les épaules.
− Ou alors, c'est juste le comportement d'un psychopathe maladivement obsédé par sa victime.
− Il y a pire que collectionner les affaires de quelqu'un ! plaida Scott.
− Comme ? demanda Corey.
− Suivre cette personne jusque chez elle ? L'espionner par la fenêtre ? Prendre des photos d'elle en cachette ? L'agresser en pleine rue ? suggéra Scott.
− Vu comme ça, être fétichiste, c'est la version super soft, admit Mason.
− Moi, je trouve juste ça triste, lâcha Liam sans y penser.
Toutes les têtes se tournèrent vers lui – y compris celle de Theo, nota-t-il, qui l'observait avec intensité – ou peut-être que c'était juste l'impression que Liam en avait ?
− Je veux dire, reprit-il en s'éclaircissant la voix, que ça signifie que vous êtes vraiment, vraiment amoureux, et que c'est la seule façon que vous avez pour exprimer votre affection, et pour entrer dans sa vie, et pour avoir un peu de la personne que vous aimez ? Non ?
Scott prit la peine de réfléchir.
− Je ne sais pas, dit-il finalement. C'était peut-être juste que j'étais fou amoureux et que tout ce qui venait d'Allison était… comment dire…
− Estampillé « perfection sur cette terre » ? suggéra Stiles.
− Oui, admit Scott. Oui, je suppose.
− Oh, bon sang, dire que j'ai mordu ça, gémit Peter.
Tout le monde éclata de rire, y compris Liam. Néanmoins, il ne pouvait s'empêcher de se demander ce dont il retournait vraiment avec Theo. Est-ce que c'était ça ? Etait-ce la seule façon que Theo avait pour se sentir proche de lui, pour obtenir quelque chose de lui ? Est-ce que c'était une forme de désespoir ? Ou une obsession qu'il était incapable de réfréner ? Est-ce que Theo était comme Scott et Stiles, et pensait-il que tout ce que Liam touchait était sacré ?
Liam se sentit rougir à cette idée. Oh, bon sang. Se pouvait-il qu'il soit capable de générer ce genre de sentiments ? Lui, Liam Dunbar ?
Bien sûr, ça n'avait pas été comme ça avec Hayden… Il avait aimé Hayden de tout son cœur, mais il n'avait jamais ressenti ce genre de choses, et elle non plus, d'ailleurs…
C'était tout nouveau, et c'était impressionnant. Theo pouvait-il sincèrement ressentir ce genre de choses à son égard ? Peut-être bien, si Liam en croyait son attitude. Theo avait été atteint par les commentaires des autres… parce que ça le concernait.
Mais Liam avait beau faire: même si les autres en riaient à gorge déployée ou en frémissaient de dégoût, et peu importe à quel point lui-même essayait, il n'arrivait pas à trouver ça ridicule, ni à trouver ça vraiment effrayant.
Non. Flatté, c'était plutôt le mot.
Ce n'était pas qu'il y pensait. Pas du tout.
Absolument pas.
Mais voilà, Liam voulait… eh bien, se livrer à des expériences scientifiques ?
Pourquoi ne l'aurait-il pas fait ? C'était normal qu'il soit curieux, non ? Il se trouvait dans une situation unique au monde, qu'il ne comprenait pas très bien, et la meilleure façon de comprendre quelque chose, c'est d'expérimenter jusqu'au bout, c'est bien connu.
Voilà.
Sinon, plus simplement, il se retrouvait face à un demi-milliard de questions auxquelles il n'était pas capable de répondre. Par exemple : qu'est-ce que Theo lui trouvait ? Comment ça avait pu arriver ? Pourquoi Theo lui prenait-il ses affaires, au juste? Comment choisissait-il ses affaires ? Pourquoi celles-ci en particulier ? Est-ce que c'était vraiment précieux pour lui ? Est-ce que cette boîte servait uniquement à planquer ses méfaits ou est-ce qu'il regardait souvent son contenu ? Quand ? Avec quelle émotion ?
Finalement, Liam avait trouvé une stratégie simple et efficace pour répondre à certaines de ses questions. Il suffisait d'inviter Theo chez lui, de le laisser seul dans sa chambre assez longtemps pour qu'il puisse lui voler à peu près n'importe quoi, et ensuite de découvrir ce qu'il lui avait volé, et peut-être que l'objet du délit lui fournirait quelques réponses ?
Ce qui ajoutait une question supplémentaire à sa liste déjà bien longue : était-il devenu complètement frappadingue pour tout mettre en œuvre pour qu'on lui vole ses affaires ? Pire : était-il complètement taré au point qu'il voulait qu'on lui vole ses affaires ? Pour les cacher dans une boîte sous le siège conducteur de la voiture d'un garçon manifestement complètement obsédé par lui ?
Après une longue réflexion (de quelques secondes), Liam décida qu'il avait déjà assez de questions pour en rajouter ainsi à sa liste, et poussa toute interrogation inutile de côté.
Réussir à attirer Theo chez lui ne fut pas une mince affaire. Après-midi jeux vidéo ? Refusé. Après-midi jeux de société ? Refusé. Après-midi goûter ? Refusé. Après-midi « ne faisons rien du tout » ? Refusé. Après-midi « un wendigo m'attaque, argh, viens me sauver » ? Bon, Theo était venu, il y avait du progrès, mais il était reparti aussi sec en découvrant la supercherie, non sans avoir tenté de passer Liam par la fenêtre et de lui envoyer son bureau dans la figure.
Liam aurait presque pu affirmer que Theo l'évitait.
Peut-être que c'était le cas, en fait. Peut-être que cette conversation de meute l'avait vraiment mis à l'aise ? Peut-être qu'il essayait d'établir une distance car il sentait qu'il faisait quelque chose de mal ?
Parce que oui, bien sûr. C'était mal. Très mal. Vraiment mal, mais Liam s'en moquait éperdument. En fait, que Theo s'éloigne était frustrant. Liam en concevait une certaine irritation. Franchement, est-ce que c'était si dur que ça d'accepter de venir chez lui et de lui voler un foutu objet ?!
Aux grands maux, les grands remèdes : Liam décida finalement de sortir son dernier atout, le seul et unique qu'il avait espéré ne pas avoir à employer. Mais Theo l'aidait toujours, toujours… il viendrait, à coup sûr…
Hey, Theo, tu t'y connais en ARN polymérase, en ribosomes et en glycosylation ? Liam avait bien choisi son sujet. La biologie, ça, c'était le domaine de Theo. Lorsqu'il était lancé là-dessus, c'était impossible de l'arrêter.
Theo s'ennuyait ce jour-là (il n'avait aucune mission, bien sûr qu'il s'ennuyait, par pitié, Liam avait vu l'intérieur de sa voiture, c'était Azkaban sans les Détraqueurs), et il répondit rapidement à son SMS. Pourquoi je sens que je vais jouer les professeurs, aujourd'hui ?
Liam sourit. S'il te plaît ? Je serais très heureux si tu m'aidais ? J'ai des cookies tout chauds ? Et je ferai en sorte que Scott ne t'attribue pas la prochaine mission suicide ?
Finalement, Theo était venu, et Liam avait passé un long, long moment à essayer de comprendre les méandres de la biologie. A part cet aspect-là, c'était plutôt cool. Liam passait toujours des bons moments avec Theo, les cookies étaient délicieux, et deux jours plus tard, il obtint un A à son examen de bio. Une bonne journée, en somme.
Mais Liam était déçu, et furieux. Bon sang, il s'était absenté un foutu quart d'heure de sa chambre pour chercher un manuel qu'il avait habilement dissimulé dans un recoin sombre de sa maison, et pourtant – pourtant – ça faisait deux heures qu'il retournait fébrilement sa chambre, et pas un objet ne manquait ! Pas un !
− Ne me dites pas qu'il n'a rien trouvé de chouette à voler dans ma chambre ! pesta-t-il tout haut. Ou pire, qu'il s'est trouvé une conscience !
Où allait le monde si même les voleurs à tendance obsessionnelle compulsive n'étaient plus capables de voler quoi que ce soit quand on leur offrait cette chance sur un plateau ? Hein ?
Enfin, tenta-t-il de se rasséréner. Ce n'était pas si grave. En fait, c'était même fantastique. Theo n'avait plus cette manie flippante de lui chaparder ses affaires, et il n'avait plus cette obsession bizarre pour lui. C'était bien. Franchement, c'était bien. Ce n'était jamais bon d'avoir quelqu'un à vos fesses, obsédé par vous.
Que Theo ait tourné la page était excellent, détermina Liam. Ils pourraient être parfaitement amis sans cette ombre très, très gênante qui planait sur eux deux. Fantastique, vraiment.
Après une nuit passée à se tourner et à se retourner dans son lit en tentant de s'en convaincre, Liam décida qu'il n'en pouvait plus. Il devait en avoir le cœur net.
Peut-être bien que Theo avait volé quelque chose ! Peut-être que c'était juste que Liam ne l'avait pas vu ! Et dans ce cas, il devait le savoir, c'étaient ses affaires après tout !
Liam se retrouva donc à forcer une deuxième fois la voiture de Theo après s'être assuré que la chimère n'était pas dans les parages. Cette fois-ci, au moins, il savait où chercher. Ce n'était pas comme si quoi que ce soit avait changé, de toute façon.
Ah, si. Sa veste était étendue sur la banquette arrière. La fameuse veste qui avait commencé toute cette foutue histoire.
Liam se demandait si cette veste était sur cette banquette parce que Theo avait dormi avec.
C'était bizarre.
Non, c'était attendrissant, en fait.
Mais bizarre.
Mais attendrissant.
Et c'était lui qui était vraiment, vraiment bizarre de trouver ça attendrissant. Ou d'imaginer la scène. Ou d'imaginer que Theo puisse dormir avec cette veste en premier lieu. Ou d'espérer que ça fasse du bien à Theo.
Liam décida d'en revenir à la raison première de sa visite avant que les choses n'aillent beaucoup trop loin.
Il ne s'aperçut qu'il avait de grands qu'au moment où il ouvrit la boîte, et où tous lesdits espoirs s'écroulèrent si violemment que Liam jurait les avoir entendus. Il n'y avait rien. Rien de neuf, en tout cas. Toujours les mêmes objets. Theo n'avait rien rajouté. Il n'avait rien volé à Liam, il n'éprouvait donc plus le besoin d'avoir ses affaires pour… pour quelles que soient les raisons qui l'avaient poussé à procéder ainsi en premier lieu. Il n'avait plus envie ou besoin de quoi que ce soit en rapport avec Liam, pour dire la vérité.
Ça signifiait que… eh bien, si Theo avait bel et bien ressenti un petit quelque chose pour lui, c'était fini.
Liam aurait bien aimé se convaincre que c'était tant mieux, qu'il devrait se réjouir, ou qu'au pire du pire, il s'en moquait éperdument, il ne pouvait pas s'empêcher d'être mortellement déçu.
Franchement, il y avait des moments où Theo ne comprenait plus rien à sa vie. Parfois, il songeait que finalement, il y avait peut-être une entité là-haut qui s'amusait avec sa vie. C'était stupide, car il était le plus athée des athées, mais il lui semblait par moments que c'était ça. Comment expliquer sinon toute l'ironie du destin dont il était victime ?
Il songeait à ça, ce soir-là, blotti sous sa couverture. Les nuits devenaient de plus en plus fraîches. Il détestait ça. Pour une fois, il aurait aimé appeler Liam et répondre positivement à ses innombrables invitations à dormir chez lui, à venir, à rester. Il aimait aller chez Liam et y passer du temps. Il aimait passer du temps avec Liam.
Mais ce n'était pas raisonnable, pas vrai ?
Avec un soupir à fendre l'âme, Theo s'empara de la veste du Bêta et la posa au-dessus de la couverture. Ça le réchauffait un peu, et ça lui faisait penser à Liam. Malheureusement, ça faisait belle lurette que l'odeur de Liam s'était évanouie, remplacée par celle de Theo, à force de la porter, mais peu importe, c'était tout de même une trace de Liam, quelque chose qui avait été à lui… C'était le maximum qu'il pouvait s'offrir.
De toute manière, c'était fini. Il ne devait pas continuer, il ne pouvait pas continuer non plus. Voler les affaires de Liam ? C'était derrière lui à présent.
Il aurait aimé mettre Liam tout entier derrière lui – ne plus le regarder à la dérobée, ne plus renifler son odeur discrètement, ne plus avoir le cœur qui bondissait comme un traître dans sa poitrine quand il était là… ce cœur n'avait jamais été qu'un traître, un cœur qui n'était même pas à lui, après tout, pourquoi s'étonner qu'il lui joue encore des tours ?
Mais bon, c'était impossible. Au moins, Theo pouvait s'empêcher de jouer les psychopathes.
Pour une fois que la foutue meute McCall était d'une quelconque utilité. Toute leur conversation sur les amoureux transis volant leurs affaires à ceux qu'ils aimaient… ça lui avait ouvert les yeux.
Déjà, sur ce qu'il était. Soit une midinette pathétiquement obsédée, folle d'amour et dotée d'une demi cervelle (exemple : Scott Crétin McCall), soit un psychopathe vraiment flippant et malsain. Quant à Liam, il avait simplement eu l'air de trouver ça triste. « Triste », dans le sens de « complètement désespéré et sacrément minable ». Joie. Theo n'avait aucune envie d'être quoi que ce soit dans cette liste-là. Donc, ça devait s'arrêter.
Et ensuite, c'était dangereux pour lui. Ils en avaient parlé, ils s'étaient questionnés… Combien de temps avant qu'ils ne s'en rendent compte ? Avant que Theo ne se trahisse d'une façon ou d'une autre, ou que quelqu'un trouve cette boîte dans sa voiture, ou que quelqu'un comprenne ? Avant que Liam comprenne ? Et qui sait ce qui lui arriverait à ce moment-là ? Il pourrait être viré de Beacon Hills. Renvoyé en Enfer. Etre conservé comme l'appel de secours, la dernière option, et être plus humilié, plus critiqué qu'il ne l'était déjà. Et qu'est-ce que Liam en penserait ? Pourrait-il seulement le revoir ? Ou est-ce que Theo perdrait tout : son intégrité, sa fierté, sa position, sa vie, et Liam par-dessus le marché ?
Mais bien sûr, le destin s'acharnait contre lui. Parce que ça ne pouvait pas être un hasard. Il prenait la ferme résolution d'éviter Liam autant que possible – ne pas montrer ses sentiments, ne pas céder à la sensation, et être loin de lui, peut-être que ce qu'il ressentait finirait par partir tout seul ? – et voilà, Liam décidait brusquement que Theo devait être avec lui, tout le temps. Theo ne comptait plus le nombre d'invitations qu'il avait reçues, et rejetées en se sentant chaque fois céder un peu plus, être un peu moins déterminé.
Et puis il avait cédé, finalement. C'était inévitable. Et il avait passé un des meilleurs après-midis de sa vie. A part que ce crétin de Liam avait eu la bonne idée d'égarer un de ses bouquins, et qu'il avait laissé Theo seul dans sa chambre, seul face à la tentation, sans rien pour le retenir – aucune personne, aucune limite, aucune raison. Et Theo en avait eu envie, si envie. Ses doigts l'avaient brûlé. Il aurait pu emporter un souvenir de cet après-midi là, un souvenir qu'il aurait pu chérir, une preuve que ce merveilleux après-midi existait.
Mais il avait résisté, et il se demandait encore pourquoi – ou comment, tout simplement, il avait fait.
Autre chose qu'il n'avait pas comprise. Liam l'avait boudé pendant les trois jours suivants, sans la moindre raison. Il avait passé ses journées à ignorer ses textos ou à le fusiller du regard comme si Theo l'avait personnellement blessé.
Ça, c'était franchement vexant. Et bizarre. A croire qu'il recevait une punition pour ne pas avoir volé les affaires de Liam. Comme si c'était une bonne chose de le faire.
Puis tout était redevenu comme avant – sans raison non plus, car Liam était vraiment bizarre, mais Theo mentirait s'il disait qu'il n'aimait pas ça chez lui. Comme avant, sauf que maintenant, Liam passait quotidiennement du temps avec lui. Et que Theo ne parvenait plus à refuser.
C'était devenu une obsession. Dès que Liam avait la certitude que Theo ne s'y trouvait pas, et qu'il ne reviendrait pas avant plusieurs heures, il allait forcer la serrure de la voiture de Theo, et il vérifiait l'intérieur de la boîte.
Il devenait de plus en plus doué à ce jeu-là. Forcer des serrures, ne pas se faire voir, tout remettre en place et camoufler son odeur. Liam n'oserait pas dire que c'était devenu son quotidien, car il ne le faisait pas tous les jours (non qu'il n'en ait pas envie, mais il n'en était pas non plus arrivé à ce stade d'obsession ! Pas encore, du moins). Mais c'était tout de même souvent.
Mais la boîte ne se remplissait pas. Aucun objet supplémentaire ne venait s'ajouter au petit monticule bien rangé. Jamais.
Liam avait parfois l'impression que Theo lui labourait le cœur et s'amusait à le décevoir, mais c'était absurde. Il ne savait même pas pourquoi il continuait de s'en soucier, ou pourquoi ça le souciait tant que ça. Mais savoir que Theo lui était désormais indifférent… c'était vexant, et douloureux. Liam se sentait triste sans même savoir pourquoi. Peut-être parce qu'il aimait l'idée d'être quelqu'un pour Theo, de compter pour lui. Peut-être qu'il avait aimé l'idée que Theo ait un petit quelque chose pour lui. Un petit béguin, un petit faible ?
Ou alors, il s'était trompé, et Liam se savait pas s'il devait se sentir mortifié (d'avoir envisagé cette possibilité) ou triste. Parce que c'était tout de même triste. Parce que… Theo, voilà, il était loin d'être… et puis… Bon, Liam ne savait pas exactement ce qu'il aurait répondu si Theo lui avait demandé un rendez-vous, mais à force d'envisager cette éventualité (pour s'y préparer, bien entendu, pour s''y préparer), il était quasiment convaincu qu'il ne l'aurait pas envoyé sur les roses. Pas tout de suite, du moins. Il aurait réfléchi d'abord. Et peut-être bien qu'il aurait dit oui.
De toute façon, quelle importance maintenant ? Theo ne montrait pas le plus petit signe d'intérêt, et le seul indice que Liam possédait sur son possible béguin pour lui… était presque aussi mort que Gerard Argent. Que pouvait-il faire avec ça, à part faire son deuil de quelque chose qui n'avait peut-être jamais existé et qui n'existerait de toute façon jamais ?
Il y avait de l'espoir pourtant… Par exemple, Liam voyait bien que les affaires dans la boîte n'étaient jamais exactement mises de la même façon. Ça voulait bien dire que Theo les touchait, les sortait de leur boîte… Non ?
Et puis, à présent, Theo répondait à toutes ses invitations. Il venait chez lui, ils traînaient en ville, faisaient de nouveau des missions ensemble – ils formaient une équipe du tonnerre, et il fallait bien lutter contre les farfadets qui sévissaient en ville.
Theo ne lui volait plus aucun objet. Il ne montrait aucun indice qu'il pourrait, peut-être, y avoir quelque chose de son côté… mais il portait la veste de Liam, il passait du temps avec Liam, et Liam n'arrivait plus à savoir ce qu'il pouvait bien se passer dans la tête et dans le cœur de Theo.
Finalement, un beau jour, la boîte se remplit à nouveau.
Liam était venu un après-midi. Theo ne serait pas là, il était parti dans la ville voisine avec Scott pour obtenir des informations de la part de Deaton, parti pour en trouver – essentiellement car Scott et Theo étaient les seuls qui étaient disponibles ce jour-là. Liam savait qu'ils étaient partis en autobus, pour gagner du temps et ne pas se faire repérer par ces foutus farfadets.
Liam avait réussi à ne pas venir voir cette boîte pendant deux semaines, et il était assez satisfait de lui-même. Il avait été fier de tenir aussi longtemps, mais maintenant que Theo s'absentait et que sa voiture restait là, à la pleine disposition du Bêta, c'était comme si elle l'appelait. Il ne pouvait plus résister. Il avait séché son cours d'algèbre – encore – et il était venu en se demandant à moitié pourquoi il continuait à se faire souffrir.
Il ne s'attendait pas à grand-chose, à part peut-être à être déçu une fois de plus. Son cœur battait plus fort et il se sentait fébrile, mais son côté le plus rationnel lui assurait qu'il n'y avait rien à attendre de ce côté-là. Theo ne ressentait certainement rien du tout. Rien. Plus rien, depuis un bon moment.
Parfois, Liam se disait que s'il avait compris plus tôt, s'il avait fait un signe à Theo, alors peut-être que Theo aurait toujours ce petit crush pour lui, ou peut-être…
Liam interrompit ses pensées avant qu'elles n'atteignent des zones trop troubles, et il souleva le couvercle de la boîte, frissonnant d'expectative et d'espoirs déjà déçus.
Mais il y avait de nouveaux objets dans la boîte.
Liam mit un moment avant de s'en rendre compte. Emerveillé, il s'assit à même le bitume du parking, et il commença une inspection en règle.
Il y avait les tickets de cinéma des films qu'ils étaient allés voir ensemble, et une serviette du snack-bar auquel ils avaient mangé. Rien que très innocent, pour l'instant, rien qui n'ait été volé à Liam, rien d'illégal, mais quelque chose de spécial tout de même, quelque chose de sentimental. Liam sentit son cœur se gonfler et un sourire se dessiner sur ses lèvres, et il continua sa recherche.
Il y avait les photos du Photomaton de la galerie marchande du centre commercial, des photos qu'ils s'étaient amusés à prendre simplement parce que c'était fun, stupide et inutile en même temps. Liam ne savait même pas que Theo en avait fait imprimer un exemplaire. Et puis il y avait une minuscule figurine de Yoda qui était censée être exposée sur le rebord de sa fenêtre… mais qui, réalisa Liam, devait ne plus y être depuis ce jour où ils avaient regardé les Star Wars ensemble chez le Bêta. Et enfin, dernier mais non des moindres, il y avait ce minuscule ours en peluche que Liam lui avait gagné à la fête foraine, dans l'unique but de l'embarrasser (le vendeur les avait regardés pendant une demi-heure, complètement ahuri, pendant que Liam affublait Theo des noms tendres les plus ridicules qui lui passaient par la tête et lui récitait les compliments les plus sirupeux auxquels il pouvait penser, pendant que Theo se retenait à grand-peine de rire). Liam ne pensait même pas qu'il avait conservé ce ridicule petit ours en peluche, et pourtant si.
Liam sentit des petites bulles de joie éclater dans sa poitrine. Finalement, Theo avait toujours le béguin pour lui, Theo était vraiment amoureux de lui, il n'y avait plus aucun doute possible.
A suivre...
UNE PETITE REVIEW POUR ME LAISSER VOTRE AVIS ?
