Partie 3 : Dimanche


Hermione avait passé une nuit affreuse. Déjà, elle avait craint que malgré son sort de scelle-rideaux, quelqu'un l'ait vue dans son lit, avec sa vraie apparence. Ensuite, elle avait rêvé de Blaise et son regard inquisiteur, qui la démasquait et la jetait en pâture aux Scroutt à pétard.

Elle devait à tout prix parler à Pansy. Déjà, parce que la Serpentard trépignait certainement d'avoir des nouvelles et surtout parce qu'il fallait qu'elle ait une alliée contre Blaise ! Et puisqu'il semblait détester la jeune fille, elle était toute désignée pour lui rendre la pareille.

La jeune fille s'étira paresseusement sur son lit, elle était fourbue. Alors qu'elle baillait, elle sentit quelque chose glisser le long de sa jambe. D'abord perplexe, elle finit par détailler une forme dans le noir. Une forme qui se mouvait tel un serpent !

— Haaaa !

— Qu'est-ce que tu as Pansy ?! bougonna Millicent.

— J'ai qu'il y a un serpent qui me monte dessus ! paniqua Hermione.

— Et alors ? Depuis quand es-tu effrayée par le serpent de Drago ? demanda sèchement Tracey.

Hermione se força à respirer calmement. Elle avait une sainte horreur de ces saletés de bestioles ! Mais elle ne devait pas se faire suspecter... Il y avait déjà assez de Blaise pour ça !

— Oui heu... Non, je ne suis pas effrayée par lui, j'ai juste été surprise, voilà tout, je rêvais et...

Hermione préféra ne pas insister avant de dire quelque chose qu'il ne fallait pas.

— Et d'ailleurs, pourquoi tu t'es enfermée dans ton lit, tu n'es pas seule ? demanda soudain Daphnée qui s'était levée, et tentait de voir à travers les épais rideaux.

— Bien sûr que si ! J'avais envie d'être seule, voilà tout, répondit brièvement Hermione avant de s'emparer de sa fiole de potion et d'en boire une grande lampée.

Elle devait à présent jongler entre le serpent qui continuait à prendre un malin plaisir à lui monter dessus, et les convulsions que provoquait la potion. À peine les effets furent estompés qu'Hermione ouvrit les rideaux, afin de prouver à Daphnée qu'elle était seule. Il ne manquerait plus qu'elle fasse courir le bruit dans toute l'école qu'elle dormait avec un garçon ! Et plus encore si ce garçon n'était pas Drago !

Daphnée semblait déçue de ne pas l'avoir pris sur le fait, et finit par retourner dans son lit. Décidément, être une Serpentard n'était pas de tout repos !

Avec d'extrêmes précautions, Hermione finit par s'emparer du reptile et détacha la missive qui était accrochée à un harnais, lui-même accroché au serpent.

Dès que ce fut fait, le serpent émit un sifflement et repartit tranquillement.

Hermione était curieuse, elle se demandait ce que contenait le mot de Drago. Elle hésita quelques secondes puis le décacheta.

« Pansy,

Je suis désolé pour hier, je sais que tu ne voulais plus jamais entendre parler de cette histoire. Mais je te le redis, Daphnée et moi, ce n'était rien, je te le promets.

Je sais que tu dois être fâchée, mais je te demande d'accepter de me rejoindre sous notre arbre, après que tu aies pris ton petit-déjeuner.

Et promis, cette fois, nous serons absolument seuls.

Drago ».

Pansy était donc au courant pour cette affaire... Hermione mourait d'envie de connaître le fin mot de l'histoire, mais il ne fallait plus y compter maintenant.

Bizarrement, ce n'est qu'en ressentant un soulagement de revoir rapidement Drago qu'Hermione prit réellement conscience qu'elle avait craint qu'ils ne se séparent. C'était ridicule, elle n'était pas réellement avec lui, c'était ce qu'il fallait qu'elle se rentre dans le crâne !

Avant tout, elle devait se rendre auprès de Pansy, il fallait vraiment qu'elle lui parle ! Hermione s'habilla en quatrième vitesse et se rendit à l'infirmerie. Pansy était toujours camouflée par le rideau, ce qui était bon signe.

— Pansy ! Je suis là.

— Eh bien tu en as mis du temps ! Où est-ce que tu étais passée ! Figure-toi que je n'apprécie pas des masses que tu te permettes de m'ignorer !

— Désolée Pansy, mais j'ai été très prise...

— Oui, avec mon petit ami je te signale !

Hermione se mordit la lèvre. Elle s'en voulait, et en même temps, elle ressentait une jalousie qu'elle n'avait jamais éprouvée.

— Ne me dis pas que tu as tout fichu en l'air ! dit Pansy d'un ton catastrophé en voyant l'air coupable d'Hermione.

— Non je... Non, tout se passe bien avec Drago, il est très amoureux de toi, dit Hermione pour que la brune retrouve le sourire et qu'elle soit si flattée qu'elle ne pense pas à poser plus de questions sur leurs activités ensemble. Par contre, Blaise et Daphnée ne sont pas tendres avec toi...

— Qu'est-ce qu'il se passe ?! demanda-t-elle avec empressement, en fronçant les sourcils.

Hermione lui raconta alors tout des soupçons de Blaise, et des pics de Daphnée, visant à les faire rompre, elle et Drago. Il s'avéra que seul le fait que Pansy ait encore des boutons sur le visage l'empêchait de se lever et de partir à leur recherche sur l'instant pour les assassiner.

Cette garce ! Elle ne rate pas une occasion de me rappeler sa minable aventure avec mon copain ! En même temps, nous avions rompus, enfin, comme tu le sais, nous n'avons pas encore été officiellement ensemble (Hermione tenta de maîtriser l'expression de son visage pour ne pas contredire Pansy), mais c'était tout comme. Sauf que l'année dernière, Drago s'est vraiment fâché à propos de quelque chose... Et du coup, pour se venger, il est sorti avec cette cruche, mais dès qu'il s'est rendu compte de son erreur, il l'a plaquée !

Hermione avait bien vu que Pansy n'avait pas voulu s'étendre sur les détails de ce qui l'avait fâché, et elle avait vu aussi à quel point Pansy se voilait la face. Est-ce que pour elle, mettre trois mois à se rendre compte d'une erreur n'est pas le signe qu'il ne s'agissait pas forcément que de vengeance ?...

Enfin, elle n'allait pas lui expliquer sa vision des choses, elle n'était pas suicidaire !

— Et pour Blaise alors ? Est-ce que tu comprends pourquoi il agit comme ça ?

— Oui, il a le béguin pour moi depuis des années, sauf que je le repousse depuis toujours, alors il est jaloux, et veut se venger en me faisant mal par tous les moyens. Ça ne m'étonne pas de lui.

Pansy avait dit ça sans animosité, comme si c'était normal. Soit elle se faisait encore des idées sur une supposée vengeance, soit, si Blaise éprouvait effectivement des sentiments pour elle, il avait une manière sacrément tordue de lui montrer...

— En tout cas, c'est étonnant qu'il me soupçonne, je n'ai pourtant rien fait qui puisse le faire douter, se plaignit Hermione.

— Ça ne m'étonne pas de lui, il a toujours été effroyablement perspicace ! C'est un don, ou une malédiction. Il en devient parano à force de voir le mal partout, il le sent, c'est plus fort que lui.

Pansy en parlait presque avec le sourire, comme si elle l'admirait.

— D'accord, mais je fais quoi pour qu'il arrête ? Parce qu'il a l'air de vouloir à tout prix éloigner Drago de toi...

— Tu n'as qu'à le faire chanter, il y a que ça qui marche avec lui ! Tu n'es pas sans savoir que sa mère s'est remariée il y a trois mois, et que son mari est décédé peu de temps après... Eh bien, mon père connaît très bien sa mère, et elle lui a avoué qu'elle l'avait bien assassiné. Donc si mon père est au courant, moi aussi, ça va de soit. Il suffit de lui rappeler qu'il peut te prendre l'envie de le dire à quelqu'un pour que sa mère finisse ses jours à Azkaban. Elle y a échappé de justesse la dernière fois, grâce à l'affection du juge. Juge qu'elle a épousé et finit par tuer d'ailleurs...

Cette fois-ci, il y a des chances pour que le juge qui s'occupe de l'affaire veuille venger le magistrat...

Hermione était effarée d'entendre ça. Surtout que Pansy n'avait pas l'air ému du tout. Pour elle, ça avait l'air normal. Et de tuer son mari, et de couvrir un meurtre, et de faire chanter un camarade de classe...

— Bref, s'il te cherche encore des noises après ça, viens m'en parler, on passera à la vitesse supérieure !

Hermione espérait ne pas avoir à connaître ce que la brune entendait par « vitesse supérieure ». Elle n'allait tout de même pas aller jusqu'à assassiner un élève pour continuer à être dans la peau de Pansy...

— Bien... Je vais te laisser avant que quelqu'un ne se doute de quelque chose. Oh et au fait, Pansy... Drago a fait allusion à votre arbre dans le parc, en disant que vous y aviez passé de fabuleux moments. Je voudrais savoir, par pure curiosité... Où est-ce qu'il est ?

Pansy étudia fixement l'expression du visage d'Hermione, qui fit en sorte qu'elle reste neutre, et finit par lui indiquer l'endroit, en étant persuadée que c'était bien par curiosité que la Gryffondor avait demandé ça.

Hermione se sentit coupable de l'utiliser ainsi, mais après tout, Pansy ne voudrait certainement pas que Drago lui reproche de lui avoir posé un lapin...

À peine cette pensée eut traversé son esprit qu'Hermione se détesta. Elle trouverait n'importe quelle excuse pour pouvoir retrouver Drago...

En sortant de l'infirmerie, elle se dirigea directement vers le parc. Drago l'y attendait déjà sûrement. Elle était restée plus longtemps que prévu auprès de Pansy.

À mi-chemin, elle avala une nouvelle gorgée de potion et continua avec bonne humeur. Hermione avait vraiment envie de se retrouver seule avec Drago.

Lorsqu'elle souleva les longues branches du saule pleureur, elle aperçut Drago qui l'attendait sur un banc. Il lui sourit anxieusement, avant de lui montrer qu'il avait emporté une couverture chaude rien que pour eux. Hermione ne put s'empêcher de lui sourire en retour, pour avoir eu une attention si touchante. C'est vrai qu'il faisait froid à cette époque, et rien n'était plus agréable que d'être blottie dans les bras de son amoureux, et recouvert d'une couverture épaisse et douillette.

Drago écarta le bras pour qu'elle se faufile sous la couverture et se blottisse contre lui, ce qu'elle n'hésita pas à faire. Dès qu'elle se reposa contre lui, elle se laissant envahir par la sérénité.

— Je suis content que tu sois venue, à vrai dire, j'avais un peu peur que tu refuses. Tu peux être parfois très emportée et...

— Il n'y a pas de raison, je suis contente que tu m'aies proposé de venir te rejoindre. J'avais vraiment envie de me retrouver seule avec toi.

Drago lui répondit par un radieux sourire et l'embrassa tendrement, avant de déposer sa tête sur les genoux de la jeune fille.

Hermione leva les yeux au ciel, elle avait suffisamment vu Drago couché sur les genoux de Pansy afin qu'elle lui caresse les cheveux pour savoir ce qu'elle devait faire...

Avec un sourire attendri, elle commença les papouilles tout en discutant avec lui.

Hermione et Drago passèrent un agréable moment à parler de tout et de rien. Ils s'étaient embrassés à plusieurs reprises, et ni l'un ni l'autre ne voulait mettre un terme à ce moment, mais il le fallait... L'heure avançait, et les devoirs de potions et de métamorphose ne se feraient pas tous seuls.

La mort dans l'âme, le couple d'amoureux rangea la couverture et se dirigea vers le château.

La salle commune était presque vide à cette heure-ci. Seuls les élèves de dernière année se trouvaient là. Les devoirs étaient de plus en plus fréquents et compliqués, et les révisions pour les ASPIC étaient vraiment nécessaires, alors ils se retrouvaient souvent durant leur temps libre pour réviser. Hermione était positivement étonnée par cette organisation. En ce qui concernait les devoirs, les Serpentard étaient très solidaires, contrairement aux Gryffondor qui faisaient chacun ce qui leur plaisait. À l'inverse, quand il s'agissait de se soutenir entre eux, les Serpentard faisaient preuve d'une incomparable méchanceté. Il suffisait de voir comment le couple Drago/Pansy était perçu...

— Tiens ! Voilà les tourtereaux !

Drago et Hermione, qui entraient main dans la main et heureux, perdirent leur sourire.

— Ne commence pas Blaise, dit Drago, les mâchoires serrées.

Contrairement aux autres fois, Drago ne lâcha pas Hermione, bien au contraire, il raffermit la prise qu'il avait sur sa main et la conduisit à la table de lecture, à sa suite. Hermione vit que ce geste n'avait pas échappé à Blaise, qui la fusillait du regard maintenant. Avec un sourire arrogant à l'intention de Blaise, elle prit place à côté de Drago. Elle savait qu'elle aurait dû ne pas jouer avec le feu avec Zabini, mais elle en avait assez de son comportement. Sans compter que maintenant, elle avait le soutien de Drago, et un moyen de le faire chanter...

— Il paraît que tu as peur du gros vilain serpent, Pansy, attaqua Blaise avec un regard mauvais.

— Zab', ferme-là si tu ne veux pas le regretter !

— Mais ouvre les yeux Drago ! lâcha Blaise qui avait fini par craquer. Elle te manipule ! Tout ce qu'elle veut, c'est ton nom et ta fortune ! Tu ne peux pas n'avoir rien vu !

— Je t'interdis de dire des choses pareilles Blaise ! Pansy n'est pas du tout comme tu le crois !

— Faut-il vraiment que je te rappelle que toi aussi tu pensais la même chose ?! Tu me disais que jamais tu ne sortirais avec elle, qu'elle n'était pas faite pour toi !

Drago fulminait. Son meilleur ami était en train de gâcher le parfait moment qu'ils avaient eu sous le saule pleureur en insinuant le doute dans son esprit. Malgré lui, il jeta un regard vers Pansy, craignant qu'elle n'ait très mal pris les paroles de Zabini. Mais elle semblait juste inquiète, et le regardait avec compassion. Oui, il avait pensé ça d'elle, mais il lui suffisait de croiser son regard pour voir qu'elle avait totalement changé, qu'elle l'aimait pour lui, et non pour son nom ou sa fortune.

— Tu es allé trop loin Zab' !

Drago avait sorti sa baguette, et Blaise l'avait imité. Ils semblaient vouloir en découdre une bonne fois pour toutes.

— Non ! Arrêtez, s'il vous plaît ! Ne soyez pas stupides, ça va mal se terminer, et ça ne sert à rien ! Drago, range ta baguette, intervint Hermione, bouleversée par la tournure des évènements.

Les deux garçons se regardaient en chiens de faïence, prêts à se sauter à la gorge. Soudain, Blaise laissa un rictus méprisant fleurir sur ses lèvres et quitta la salle commune.

— Est-ce que d'autres personnes ont quelque chose à dire à propose de Pansy et moi ? Parce que c'est maintenant ou jamais. Je ne tolérerai plus aucune remarque désobligeante nous concernant. Si ça arrive, je ne réponds plus de moi !

Drago semblait hors de lui, et même Hermione avait envie de se recroqueviller sous un fauteuil pour éviter de croiser son regard furibond. Les autres avaient bien compris que pour leur santé, ils devaient garder le silence, même s'ils mouraient d'envie d'imiter Blaise qui était le seul apparemment à ne pas craindre Drago.

Ils continuèrent de faire leurs devoirs durant une heure, mais il leur était impossible à tous les deux de se concentrer. Drago ne décolérait pas, et Hermione se sentait de plus en plus fautive. Tout était de sa faute. Si elle n'avait pas échangé sa place avec Pansy, les deux garçons n'en seraient pas arrivés à une telle extrémité.

Drago finit par déclarer qu'il était fatigué, et qu'il avait besoin d'être seul. Il monta alors dans son dortoir après s'être assuré que Pansy irait bien. Elle lui avait certifié qu'elle comprenait son besoin de solitude, et qu'elle ne lui en voulait pas. Il l'avait embrassé brièvement sur le front et était parti.

Hermione avait beau avoir juré à Drago qu'elle se sentait bien, se retrouver au milieu de Serpentard hostiles ne la rassurait pas des masses. Elle prétexta donc devoir se rendre à la bibliothèque pour faire des recherches plus poussées. Elle pourrait au moins profiter du calme des lieux pour se reposer mentalement. Toute cette tension commençait à lui nouer l'estomac.

Lorsqu'elle passa l'ouverture du mur menant au couloir des cachots, Hermione fut immédiatement attrapée par le bras.

— Lâche-moi immédiatement Blaise ! couina-t-elle, affolée de voir que le Serpentard avait l'air fou furieux.

— Sinon quoi ? répondit-il avec un calme effrayant.

— Sinon... je ferais part des aveux de ta mère, concernant le meurtre de son dernier mari. J'ai gardé les souvenirs de la Pensine de mon père. Si tu me pousses, ils pourront par miracle se retrouver en première page de la Gazette !

Hermione voulait avoir l'air sûr d'elle, mais elle en était loin. Blaise, quant à lui, sembla avoir avalé une boîte entière de suçacides vu la grimace qu'il fit.

— Tu te crois forte ? Attends que Drago se soit lassé de toi, et tu joueras moins la maline ! Je ferai tout pour qu'il retrouve la raison !

— Pour le moment, vous êtes en froid il me semble, tu vas avoir du mal à le convaincre, dit Hermione en donnant un coup sec pour libérer son avant-bras de l'emprise du Serpentard.

— Tu es stupide, vénale, arrogante et tu as une tête de canidé ! Ce n'est qu'une question de jours pour qu'il te laisse tomber !

Malgré le fait que ces paroles blessantes ne s'adressaient pas réellement à elle, Hermione se retint de fondre en larmes.

— Et réfléchis un instant espèce de gourde ! Si ma mère tombe, alors ton père aussi ! Il est complice puisqu'il est au courant et n'a rien dit à personne ! La prochaine fois que tu veux me faire chanter, je te conseille d'avoir une preuve en béton, et si possible, qui ne fasse pas tomber quelqu'un de ta famille en même temps !

Hermione ne répondit rien, pour le coup, il n'avait pas tort... Il faudrait qu'elle en avise Pansy. En tout cas, elle était maintenant certaine que Blaise ne faisait pas simplement une crise de jalousie parce qu'il l'aimait mais qu'elle se refusait à lui. Ou alors, il était encore plus atteint qu'elle pensait qu'il était humainement possible de l'être.

La jeune fille respira mieux lorsqu'elle le vit s'éloigner. Cependant, elle vérifiait régulièrement derrière elle pour voir s'il ne la suivait pas. Il était terrifiant. Il devrait consulter un Psycomage !

oOo

— Hermione, je sais que tu as dit pas de visites, mais tu me manquais vraiment alors...

Pansy se camoufla du mieux qu'elle put sous ses couvertures. Malgré le rideau qui la cachait aux yeux des autres, elle ne voulait prendre aucun risque.

— File, je t'en prie !

— Hermione, tu te sens bien ? Je ne reconnais pas ta voix...

— C'est parce que... c'est à cause de ma maladie ! C'est pour ça que je ne voulais pas que vous me voyiez, mais une fois de plus, tu n'en fais qu'à ta tête !

Si Pansy avait pu voir l'air pathétique qu'arborait Ron, elle aurait éclaté de rire.

— C'est que... je voulais m'excuser, tu sais, pour l'autre soir.

— Non, je ne sais pas, rafraichis-moi la mémoire ? dit Pansy, toute excitée à l'idée de découvrir des secrets honteux !

— Eh bien, tu sais, pour le bal. Je veux dire... j'aurais dû t'inviter au lieu de cette maudite Lavande. Si tu avais vu... Elle m'a repoussé devant tout le monde, juste parce que je parlais de toi, et je suis tombé sur la table qui s'est renversée. J'étais couvert de ponch et complètement humilié, comme tu t'en doutes.

Pansy était en train de suffoquer sous ses couvertures. Elle se mordait la langue pour ne pas éclater de rire, mais c'était vraiment dur. C'est bien pour conserver son propre secret qu'elle faisait l'effort de se maîtriser. Elle finit par retrouver son souffle et dit d'une voix dure et claire :

— Et ? Pourquoi est-ce que tu viens te plaindre auprès de moi ? Après tout, tu as choisi Lavande, alors ce n'est pas parce que finalement, elle, elle ne veut plus de toi, qu'il faut venir me faire de pitoyables excuses !

Ron rougit des pieds à la tête. Il connaissait Hermione et savait qu'elle devait être fâchée contre lui, mais jamais elle n'était méchante, surtout quand il faisait mine de s'excuser.

— Je... Non, ce n'est pas... enfin...

— Heu.. Ah... Oh... Tu as fini de bégayer ?!

— Bien, reprit Ron qui trouvait Hermione vraiment bizarre. Je voulais te dire que je me suis rendu compte que je tenais plus à toi qu'un simple ami et...

— C'est pas trop tôt ! lâcha Pansy malgré elle.

— Et..., reprit Ron qui avait de plus en plus de difficulté à aller au bout de ses sentiments, et, je voudrais, si tu es d'accord, qu'on sorte ensemble, officiellement quoi... Qu'est-ce que tu en dis ?

— Beurk ! s'esclaffa Pansy qui n'avait pas pu se retenir davantage.

Il était inconcevable pour elle d'assister à une demande si pitoyable sans mourir de rire.

— Bien ! N'en dis pas plus, je crois que j'ai compris Hermione ! Je ne vais pas te déranger plus longtemps !

Ron sortit furieux de l'infirmerie en claquant les portes. Granger regretterait sans doute de n'avoir pas assisté à cette lamentable tentative de séduction de la part du rouquin, mais pour rien au monde Pansy n'aurait voulu être ailleurs à ce moment-là !


Merci d'avoir lu, j'espère que ça vous plait :)