Partie 4 : Lundi
Ce matin-là, Hermione se réveilla avec un papier froissé serré dans la main gauche. Lorsqu'elle le sentit, elle sourit immédiatement. Avec plaisir, elle l'ouvrit et le relut :
« Tu me manques déjà.
J'espère que tu rêveras de moi cette nuit.
Je t'embrasse tendrement,
Drago »
La veille, alors qu'ils s'étaient quittés depuis dix minutes seulement, Silver, le serpent de Drago, avait de nouveau joué le messager pour son maître. Et bien qu'Hermione détestât les serpents, elle devait bien avouer qu'elle attendait celui-ci impatiemment. Drago lui faisait parvenir des mots doux sans arrêt, ce qui était, d'après elle, absolument romantique !
Son sourire s'évanouit lorsqu'elle pensa avec nostalgie que c'était le dernier jour... Pansy sortait ce soir de l'infirmerie, et après, elle reprendrait sa vie, sans que personne ne sache quel rôle avait joué dedans. Hermione avait beau se dire que c'était normal, qu'elle le savait depuis le début, elle n'arrivait pas à garder le sourire. Ne plus être avec Drago lui déchirait le cœur. Comment avait-elle pu tomber amoureuse de lui en trois petits jours seulement ? C'était absolument incroyable.
La seule chose qui pouvait la consoler un minimum, c'était qu'au moins, elle n'aurait plus à subir les regards et reproches acerbes de Blaise Zabini...
D'un geste lent, elle sécha les larmes qui avaient coulé le long de ses joues et se força à sourire. C'était le dernier jour, alors il était hors de question de le gâcher en pensant à la séparation. Elle devait profiter de ces tous derniers moments avec le Serpentard qui avait élu domicile dans son cœur.
Hermione s'habilla en quatrième vitesse et se rendit à la Grande Salle. À force de penser à Drago et tout ce qui allait prendre fin pour elle d'ici quelques heures, elle avait failli rater l'heure des cours. Il ne lui restait plus que dix minutes pour prendre son petit-déjeuner.
— Bonjour Drago ! dit-elle en s'asseyant à ses côtés.
— Salut toi ! répondit-il en l'embrassant. Tu es un peu en retard, qu'est-ce que tu faisais ?
— Oh heu... rien, j'étais dans la lune, voilà tout.
Hermione avait essayé de prendre un air joyeux, mais elle n'avait jamais eu de don pour la comédie.
— Tu es sûre que ça va Pansy ? Je te trouve... je ne sais pas, tu as l'air triste, s'inquiéta Drago en tournant le visage de la jeune fille vers lui.
Hermione plongea son regard dans les grands yeux gris de Drago et se sentit immédiatement bien. Il lui suffisait de le regarder pour avoir des papillons plein le ventre.
— Du moment que je suis près de toi, tout va pour le mieux, répondit-elle en l'embrassant à son tour.
Le baiser, qui commençait à devenir très passionné, prit fin lorsque les tourtereaux furent interrompus par Crabbe et Goyle.
— Ça fait plaisir de voir que vous êtes si amoureux, ricana Goyle, mais j'ai l'impression que votre démonstration d'affection n'est pas au goût du professeur McGonagall.
Hermione et Drago regardèrent en direction de leur professeur de métamorphose qui leur jetait un regard polaire, avant de se retourner pour rire peu discrètement.
Après avoir fait une réserve de petits pains au lait, Hermione et Drago, accompagnés d'autres Serpentard, se rendirent au cours de potion, main dans la main.
Lorsqu'ils arrivèrent devant la salle, un petit groupe d'élèves de la maison Gryffondor attendait également devant. C'est un cours en commun.
Hermione repéra directement Harry et Ron, qui attendaient, entourés de Seamus et Dean, et se rendit compte avec étonnement qu'elle n'avait pas une seule fois pensé à eux depuis qu'elle était « Pansy »... Elle s'en voulut immédiatement, même si, en pleine conversation animée et joyeuse sur le Quidditch avec Dean et Seamus, ils n'avaient pas l'air perdus sans elle...
— Votre attention ! vociféra le professeur Rogue lorsqu'ils furent tous installés en classe. Un petit malin a trouvé intelligent de venir voler quelque chose dans ma réserve !
Rogue fit courir son regard terrifiant sur toute l'assemblée, qui se demandait qui pouvait être assez fou pour oser s'en prendre aux réserves du professeur de potions...
— Croyez bien que lorsque j'aurais mis la main sur ce voleur, il regrettera son geste !
Rogue foudroya Harry du regard bien plus longtemps que les autres. Harry, quant à lui, soutint son regard. Pour une fois, il n'avait rien à voir là-dedans, Hermione était bien placée pour le savoir. Elle fut d'ailleurs désolée qu'Harry ait encore à subir les foudres du professeur honni par sa faute.
— D'ailleurs, je prépare à l'instant même où je vous parle une potion qui annule instantanément les effets de la potion Polynectar. Elle sera prête dans la journée. Qui sait, j'en verserais peut-être quelques gouttes dans votre jus de citrouille du matin... Alors, prenez garde !
Hermione avait un peu de mal à respirer. Heureusement, dans quelques heures, elle ne serait plus sous l'emprise du Polynectar, et n'aurait plus jamais à en utiliser. Alors qu'elle imaginait à quoi elle avait échappé, quelque chose attira son attention. Il s'agissait de Blaise, qui la regardait fixement, et qui arborait un air indéchiffrable, comme s'il avait enfin trouvé la solution. La jeune fille détourna aussitôt les yeux, mal à l'aise.
Tout au long du cours, Hermione avait senti le regard du métis sur elle, mais elle s'était forcée à y faire abstraction. La meilleure solution pour elle était de faire ce qu'elle faisait toujours : être une élève modèle.
— Qui peut me dire la différence entre la potion de Gürt et le filtre de Libellios ?
Comme depuis le début de l'heure du cours, Hermione levait la main à chaque question du professeur, et cette fois-ci n'échappa pas à la règle.
— Tu profites du fait que Granger est absente pour essayer de lui ravir la place de miss-je-sais-tout ? glissa Drago à son oreille d'un ton amusé.
Hermione leva les yeux au ciel et lui répondit en lui tirant la langue. Qui avait-il de mal à avoir réponse à tout ? Elle n'avait jamais compris pourquoi on lui reprochait sans arrêt...
— Très bien. 20 points pour miss Parkinson, dit Rogue, fier d'ajouter des points à la maison Serpentard.
D'ailleurs, Hermione trouvait qu'il était plus que partial, et qu'il faudrait qu'elle redouble d'efforts pour faire rattraper l'écart creusé entre les Gryffondor et les Serpentard par sa faute.
Une fois le cours fini, Drago proposa à Hermione d'aller réviser pour le cours de métamorphose de l'après-midi dans leur salle commune qui se trouvait tout près. Et bien qu'elle acceptât avec le sourire, Hermione dut s'avouer qu'elle aurait préféré une tout autre proposition venant de Drago. C'était bien la première fois que réviser ne l'enchantait pas. Comme quoi, les autres filles avaient raison, l'amour vous changeait.
En entrant dans la salle, ils virent que Blaise les y avait précédés, ce qui ne les enchanta pas, ni l'un, ni l'autre.
— On pourrait peut-être monter dans ton dortoir ? dit Hermione pleine d'espoir d'échapper à Blaise.
— Si tu veux, sourit Drago qui pensa soudain à tout autre chose qu'aux révisions.
Une fois seuls dans le dortoir, Drago se jeta sur son lit et invita Hermione à l'y rejoindre. C'est avec un sourire complice qu'elle se laissa convaincre.
Il ne lui fallut pas plus d'une seconde pour se retrouver blottie contre lui. Elle se sentait si bien, entourée de ses bras, la tête sur son torse, à sentir son parfum. Le lit en était imprégné, et la jeune fille se prit à souhaiter avoir un vêtement de Drago pour dormir avec, afin que son odeur ne la quitte jamais. Il y a une semaine, elle aurait trouvé ça stupide. D'ailleurs, c'est ce qu'elle avait fait comprendre à Parvati qui dormait avec le T-shirt de Dean, en boule contre elle.
La jeune fille se laissait bercer par la douce étreinte de Drago. Elle aimait la sensation d'appartenir à quelqu'un, et que ce quelqu'un lui appartienne en retour. Même si tout ceci n'était pas vraiment vrai...
Par réflexe, elle le serra davantage. Elle ne voulait pas le perdre. Elle s'accrochait à lui comme à une bouée de secours.
Drago la regarda tendrement et caressa ses cheveux de son pouce, avant de lui poser un baiser sur le front. À son tour, Hermione releva la tête et fondit sur les lèvres du Serpentard. Elle l'embrassa comme si sa vie en dépendait. Loin de déplaire à Drago, il pressa davantage le visage d'Hermione près du sien avant de faire rouler la jeune fille sur lui.
Hermione ne voulait penser à rien, elle se laissait porter par les émotions, et par ses envies. Elle était obnubilée par les mains de Drago qui caressaient délicatement sa taille fine.
— Attends, sourit Drago, qui peinait à reprendre son souffle.
Hermione fronça les sourcils, surprise et troublée par l'interruption de Drago.
— D'abord tu sembles triste, puis tu me donnes un baiser passionné ce matin, puis là... Pourquoi ai-je la drôle d'impression que tout ça sonne comme des adieux ?
Hermione plongea son regard dans celui de Drago. Il avait l'air inquiet, et Hermione eut envie de pleurer, et de tout lui avouer. Mais c'était impossible.
— Je t'aime Drago.
Le blond examina son regard, peut-être pour vérifier l'exactitude des propos d'Hermione, puis finit par diminuer la distance qui séparait leur visage afin de l'embrasser de nouveau.
Hermione approfondit leur baiser et se retrouva bientôt couchée sous Drago qui semblait de plus en plus en proie à ses pulsions.
Hermione gémit lorsqu'il embrassa son cou, et frissonna lorsqu'il effleura sa poitrine. Elle se mordit la langue pour ne pas soupirer lorsqu'il glissa sa main entre ses cuisses.
Elle passait ses mains dans les cheveux soyeux de Drago, et ondulait le bassin sous ses caresses répétées. Les battements de son cœur devinrent sporadiques lorsqu'il la débarrassa de sa chemise, et qu'elle se retrouva en soutien-gorge devant lui.
La jeune fille ferma les yeux lorsqu'il prit son temps pour l'étudier. Elle ne voulait pas voir le désir dans ses yeux, parce qu'elle n'était pas elle-même, ce n'était pas son corps à elle qu'il regardait avec envie. Quelque chose en elle lui criait de tout arrêter, qu'elle n'avait pas le droit, mais ses sens lui criaient de se laisser aller, de se libérer.
— Pansy ? Quelqu'un a vu Pansy ?!
Hermione mit quelques secondes à réaliser que quelqu'un la cherchait ! D'un coup, elle réalisa qu'elle était à moitié nue sur le lit de Drago.
Avec une exclamation horrifiée, elle se dépêcha de se rhabiller avant que quelqu'un ne débarque dans la chambre pour la trouver, tandis que Drago grognait de frustration et s'était dirigé dans la salle de bain.
— Pansy je... il faudrait que tu viennes, quelqu'un est en train de jeter des sorts dans le couloir, vite, c'est important !
La jeune élève de première année qu'Hermione ne connaissait pas semblait affolée. Pour le coup, Hermione pensait à tout sauf à faire son devoir de préfète... Les battements de son cœur reprenaient petit à petit un rythme normal, bien qu'elle sentît toujours son sang battre violemment dans ses veines, et dans une certaine partie de son anatomie.
Qu'est-ce qu'elle avait failli faire ? Hermione n'en revenait pas de la tournure des évènements. Elle n'avait jamais pensé qu'elle se donnerait à un garçon en si peu de temps. Elle avait vraiment du mal à se reconnaître. L'interruption de la jeune Serpentard était sans doute pour le mieux au final...
— Où est-il ? demanda Hermione à la jeune fille qui était venue la chercher en urgence. Je ne vois personne dans ce couloir ?
— Si, va plus loin, c'est juste derrière.
Hermione fronça les sourcils quand elle vit la fillette faire demi-tour rapidement. Mais peut-être qu'elle avait peur de prendre un sortilège perdu après tout. La préfète continua son chemin, sur ses gardes. Mais apparemment, pas assez, puisque quelqu'un lui lança un sort d'immobilité avant de la pousser dans un recoin sombre.
— Surprise de me voir Granger ?!
Hermione écarquilla les yeux lorsqu'elle se retrouva nez à nez avec Pansy, qui semblait hors d'elle.
— Tu ne t'attendais pas à me trouver là j'imagine... Le remède a agi plus vite que prévu, alors, toute contente d'être enfin libre, je me suis lancée à ta recherche, afin de te relever de ta mission, et qu'elle ne fut pas ma surprise lorsque je t'ai vu, couchée sur Drago, à lui dit des mots doux !
Le visage de Pansy avait pris une expression encore plus terrifiante et Hermione grimaça de sentir la pointe de la baguette que la brune avait posée contre son cou, s'enfoncer un peu plus.
— Qu'est ce que tu imagines petite sotte ! C'est moi que Drago aime ! C'est à moi qui allait faire l'amour. Il n'a aucune idée que tu étais à ma place ! S'il l'avait su, jamais il n'aurait posé ses lèvres sur une Sang-de-Bourbe !
Hermione retint difficilement ses larmes. Même si elle essayait de se convaincre du contraire, elle savait au fond d'elle que c'était la stricte vérité, ce qui lui faisait vraiment mal.
— Dire que je te faisais confiance ! Tu m'avais juré que tu ne l'embrasserais pas ! Tu me dégoûtes ! Et dire que tout le monde croit que tu es une sainte. J'aimerais bien voir ce qu'ils penseraient tous de toi s'ils savaient que je t'avais retrouvée à califourchon sur mon copain après seulement trois jours !
Ce fut trop pour Hermione qui laissa finalement couler ses larmes. Pansy eut un sourire mauvais de voir les dommages que causaient ses paroles sur la Gryffondor.
— Maintenant, je vais aller retrouver Drago, et je ne veux plus te voir rôder autour de lui, c'est bien clair ? Sinon, je ne donne pas cher de ta peau ! Comme tu l'as sans doute remarqué, les Serpentard ne sont pas les meilleurs amis du monde, mais quand il s'agit de faire du mal à quelqu'un, ils sont d'une unité effrayante. Imagine-toi contre moi, Blaise, Daphnée et bon nombre d'autres Serpentard. Tu ne t'en tireras pas indemne, crois-moi !
Pansy accompagna sa menace d'une ultime pression sur sa baguette qui fit émettre un son de douleur à Hermione.
Satisfaite de l'air terrorisé de la Gryffondor, Pansy leva l'enchantement et Hermione put de nouveau bouger et parler.
Seule, Hermione se laissa glisser le long du mur et mit sa tête sur ses genoux, tout en laissant éclater ses sanglots. Elle avait eu terriblement peur, et elle risquait de se retrouver menacée par les pires Serpentard du collège, mais dans tout ça, ce qui lui faisait le plus de mal, c'était imaginer Drago continuer sa vie avec Pansy, comme si de rien n'était, comme s'ils n'avaient jamais rien vécu tous les deux. C'était trop dur pour elle de continuer à le voir dans les couloirs en tenant la main de Pansy, de l'imaginer en train de la caresser, ou de lui faire l'amour...
Quelque chose ne tournait pas rond chez elle, elle était ridicule ! Tout ça, c'était de sa faute, se disait-elle, elle avait été stupide de s'être laissée embarquer dans cette histoire, mais surtout, d'avoir succombé à Drago. Qu'est-ce qui lui avait pris, par Merlin !
Hermione sécha ses larmes au bout d'un long moment, et lorsqu'elle sentit les effets de la potion se dissiper, elle sut que tout était bel et bien fini. Elle n'avait plus qu'à reprendre son ancienne vie. Celle dans laquelle Drago la haïssait...
La jeune fille faisait peur à voir. Elle était remontée aussi discrètement que possible dans le dortoir des Gryffondor, et avait enfilé son uniforme aux couleurs de sa maison, avant de jeter un sort sur celui de la maison Serpentard pour le faire disparaître à tout jamais.
Debout devant le miroir de la salle de bain, elle s'aspergeait le visage d'eau, mais ses yeux restaient irrémédiablement bouffis d'avoir tant pleuré.
Elle jeta un dernier regard à son reflet et l'image qu'elle vit n'était pas flatteuse. Elle avait l'air d'être la personne la plus malheureuse du monde, ce qui n'était pas loin d'être le cas d'après elle.
Si elle s'était écoutée, elle n'aurait plus jamais remis les pieds en dehors du dortoir pour ne plus jamais croiser Drago et Pansy, mais elle ne devait pas se laisser aller. Il fallait mettre tout ça derrière elle, et ne pas se laisser abattre. Maintenant que la Serpentard avait repris sa place, elle n'avait plus aucun alibi pour manquer les cours. Madame Pomfresh avait été d'accord pour ne rien dire de leur petit arrangement, si Hermione lui promettait de ne pas manquer plus de cours que nécessaire. C'est donc la mort dans l'âme qu'elle se prépara à aller en cours de runes.
Elle était en retard, les couloirs étaient quasiment déserts, mais pour être honnête, Hermione s'en fichait royalement. Plus rien n'avait d'importance pour le moment...
— Ron ?!
Alors qu'elle se pensait seule, elle croisa Ron. Hermione sentit soudain son moral remonter. Maintenant qu'elle était de nouveau elle, elle pourrait être de nouveau entourée par ses amis, et ça, ça lui réchauffait le cœur.
— Ron, où vas-tu ?
Hermione fronça les sourcils. Elle avait espéré que Ron lui fasse un accueil plus chaleureux. Après tout, elle était censée être sortie de l'infirmerie après plusieurs jours d'une mystérieuse maladie...
Au lieu de ça, il avait semblé être contrarié de la voir, et faisait demi-tour sans lui adresser la parole.
— Tu pourrais au moins me répondre ! s'énerva-t-elle.
— Écoute Hermione, dit-il en se retournant, l'air furieux. J'estime avoir fait tous les efforts du monde, et si tu n'es pas capable de l'apprécier, alors ce n'est plus la peine qu'on soit amis !
Sans rien ajouter de plus, il se retourna de nouveau et déguerpit à grandes enjambées furibondes.
Hermione se considérait comme forte, mais là, entre Drago qu'elle avait perdu, Pansy qui la menaçait des pires horreurs, et Ron qui semblait la haïr pour une raison inconnue, elle avait furieusement envie de craquer de nouveau et de pleurer comme une madeleine. Elle se sentait soudain seule au monde. Mais elle ne l'était pas, du moins, elle espérait qu'Harry n'ait pas lui aussi quelque chose à lui reprocher. Tant pis pour le cours de runes, elle devait le trouver, déjà, pour vérifier qu'il ne la détestait pas pour une raison mystérieuse, mais aussi pour essayer de comprendre la réaction de Ron.
— Harry ! Je te cherchais partout !
Hermione avait couru dans tout le château pour retrouver son ami, et heureusement, il n'était pas en présence de Ron, et il semblait heureux de la voir, ce qui était bon signe.
— Hermione ! Tu es enfin sortie de l'infirmerie ! Ça fait plaisir de te voir.
Hermione sourit en retour, émue de se sentir soutenue après cette dure journée, et se précipita dans ses bras.
Comme toujours lorsqu'il s'agissait de marques d'affection, Harry restait empoté, aussi, il lui tapota le dos, ne sachant pas trop quoi faire d'autre, ce qui fit sourire Hermione.
— Dis, j'ai croisé Ron tout à l'heure et...
— Ah...
Harry perdit soudain son sourire et devint silencieux. Il avait l'air embêté.
— J'imagine qu'il n'a pas été aimable, dit-il avec un rire gêné.
— En effet, c'est le moins qu'on puisse dire, répondit Hermione.
— En même temps, à quoi t'attendais-tu ? Tu sais qu'il a fait beaucoup d'efforts pour réussir à te parler, et toi... Je pense que j'aurais réagi pareil Hermione. Je ne sais pas ce qui t'a pris, pour être honnête.
Harry se grattait vaguement l'arrière du crâne et semblait trouver ses chaussures fascinantes, puisqu'il les fixait depuis qu'il avait pris la parole. Hermione était de plus en plus perplexe. Qu'avait-il bien pu se passer ? Et d'un coup, la lumière se fit ! Pansy ! Ça devait être elle ! Elle avait dû dire quelque chose à Ron qui l'avait mis hors de lui, et maintenant, elle récoltait ce que la brune avait semé !
— En même temps, il est assez susceptible, dit Hermione d'un ton léger, pour prêcher le vrai du faux.
— Je veux bien l'admettre, mais lui dire beurk alors qu'il vient de t'avouer ses sentiments, tu avoueras que ce n'était pas très gentil, Hermione, dit Harry d'un ton un peu brusque, considérant certainement que le comportement désinvolte d'Hermione à ce sujet n'était pas approprié.
Hermione, quant à elle, fit de son mieux pour ne pas écarquiller les yeux. Ainsi, Ron lui avait fait une déclaration. Alors qu'elle l'attendait depuis plusieurs années, il avait choisi le seul moment où elle n'était pas elle !...
Elle n'en revenait pas. Il y a encore une semaine, elle aurait été émue aux larmes et se serait jetée au cou de Ron pour l'embrasser, tout en lui disant qu'elle aussi l'aimait. Mais maintenant, il y avait Drago. Et même si elle savait qu'il n'y avait plus aucun espoir pour eux deux, elle ne pouvait plus considérer le béguin qu'elle avait pour Ron comme de l'amour. Pas maintenant qu'elle connaissait la différence...
Alors elle fut triste. Triste pour elle, et pour Ron. Parce qu'en plus de connaître l'amour, elle connaissait maintenant la douleur de n'en recevoir aucun en retour.
— Pour être honnête, je ne sais pas ce qui m'a pris. Tu sais, j'étais malade, j'avais de la fièvre, alors...
Harry ne semblait pas convaincu. Ronald lui avait bien expliqué qu'elle avait l'air parfaitement consciente...
— Je veux juste qu'on oublie cette histoire, et qu'on redevienne amis, comme avant. Tu lui en parleras Harry ?
Hermione avait l'air sur le point de craquer, à tel point qu'Harry ne put faire autrement que de lui donner sa parole. Elle le remercia sincèrement et en voyant l'heure, ils se dépêchèrent de se rendre en métamorphose.
Ron était déjà là, et il prit de nouveau l'air énervé lorsqu'il vit qu'Hermione accompagnait Harry. Hermione, quant à elle, n'avait d'yeux que pour Drago, qui était adossé contre le mur, un bras entourant Pansy, qui se blottissait exagérément contre lui.
D'ailleurs, lorsqu'elle vit la jeune fille, Pansy eut un rictus cruel, et sourit de façon presque diabolique.
— Granger ! Sortie de l'infirmerie à ce que je vois... Tu ne trouves pas qu'elle est encore plus moche que d'habitude, Drago ? s'esclaffa Pansy, l'air mauvais.
Drago jeta un vague coup d'œil à Hermione et sourit à Pansy, sans rien dire, il avait plutôt l'air interloqué par le comportement de sa petite amie.
Hermione, elle, n'avait pas osé affronter le regard de Drago. Elle avait trop peur d'y voir à nouveau la haine qu'il éprouvait pour elle.
— En tout cas, elle est bien moins laide que toi Parkinson ! intervint Ron, les oreilles écarlates.
Malgré toute la rancœur qu'il éprouvait pour Hermione, il prenait encore sa défense. Elle en fut émue.
— Répète ça la Belette ?! intervint à son tour Drago qui ne rigolait plus du tout à présent. Sa baguette était fermement tendue devant Ron qui peinait à sortir la sienne.
— Recule Malefoy, ou tu vas le regretter ! dit alors Harry qui tenait Drago en joue avec sa baguette.
— Jeunes gens, je ne vous dérange pas j'espère ? intervint Minerva McGonagall, en jetant un regard polaire aux garçons.
Ron et Harry s'excusèrent vaguement et ils rangèrent leur baguette, tout comme Drago.
En entrant dans la salle, Hermione fit en sorte d'être à côté de Ron, afin de lui souffler un remerciement à l'oreille.
Ce dernier fit une piètre tentative de sourire, mais Hermione le connaissait suffisamment pour savoir qu'à cet instant, il était très fier de lui, et de sa réaction chevaleresque. Il ne faudrait pas longtemps pour qu'ils retrouvent leur amitié intacte, et ça, ça fit vraiment du bien à Hermione.
N'hésitez pas à commenter pour me dire ce que vous en avez pensé :)
