Merci à mes fidèles revieweuse Maxine3482 et Delphine03 qui me poussent à vous offrir la suite toujours plus vite ;)
Partie 6 : Le lendemain.
Hermione se réveilla un peu groggy, elle avait passé la nuit à faire des cauchemars. Il faisait déjà soleil, l'heure des cours allait bientôt commencer. La jeune fille soupira et rejeta ses couvertures mollement. Elle n'avait vraiment pas envie d'affronter une nouvelle journée...
Lorsqu'elle arriva aussi discrètement que possible à la table des Gryffondor, Ron se leva et s'éclipsa, comme la veille.
— Il me fait toujours la tête à ce que je vois...
— Ça va lui passer Hermione, nous avons eu une longue conversation hier soir, et déjà, il était soulagé de savoir que ce n'était pas toi dans l'infirmerie, même s'il a blêmi en réalisant qu'il avait fait une déclaration à Pansy.
Hermione sourit malgré elle, en effet, connaissant le rouquin, elle imaginait bien sa réaction.
— Et... pour le reste...
Harry redevint sérieux, et Hermione savait qu'il faisait illusion à ses sentiments pour Drago.
— Naturellement, il ne l'a pas très bien pris, comme tu t'en doutes. D'après lui, c'est impossible. Il est persuadé que la potion de Polynectar était coupée avec du philtre d'amour.
Une fois de plus, les deux amis sourires de l'attitude de Ron.
— Tu sais que c'est les sélections ce soir, pour le Quidditch, tu devrais venir le voir, je pense que ça lui fera plaisir. Au pire, passe avant dans les vestiaires pour l'encourager personnellement, et peut-être que vous parlerez un peu. Il sera tellement stressé par ses prouesses lors de la représentation qu'il sera plus enclin à ce que tu le réconfortes. Ça ne pourra que vous être bénéfique.
Hermione serra la main de Harry avec affection. Il était vraiment un ami exceptionnel.
oOo
— Alors Malefoy, ça fait quoi de sortir avec une Sang-de-Bourbe ? ricana un élève de Poufsouffle.
— Je croyais que les si nobles Malefoy seraient à même de reconnaître l'odeur immonde d'une née-Moldu, n'est-ce pas ! renchérit son ami.
Avant que Drago ait pu les assassiner dans les règles, les deux garçons de troisième année s'enfuirent en riant.
Le blond en avait plus qu'assez de ces débiles ! Ils prenaient un malin plaisir à lui rappeler que l'idéologie qu'il défendait depuis toujours était ridicule.
— Le pauvre, tout ça c'est de ma faute ! dit Hermione en se mordant anxieusement la lèvre supérieure. Je vais aller le voir, lui parler...
— Ne fais pas ça Hermione, dit Harry tout en la retenant par le bras. Il est bien trop énervé là, il ne fera que s'en prendre à toi pour se calmer. Et il te remettra tout sur le dos, ça ne fera qu'empirer les choses.
Hermione dut reconnaître qu'une fois de plus, Harry avait raison. Mais voir Drago en proie aux moqueries, lui brisait le cœur. Elle se sentait responsable de ça, et avait de la peine de le voir si contrarié et touché par ces insultes.
Discrètement, elle finit par suivre Harry à travers la foule d'élèves qui s'étaient agglutinés à proximité de Drago pour profiter des échanges houleux qui n'avaient finalement pas eu lieu.
— J'ai oublié mon livre d'enchantements, tu m'accompagnes ?
Hermione acquiesça, elle n'avait pas envie d'être seule. Accompagnée d'Harry, elle se sentait en sécurité, peut-être parce qu'il jetait des regards noirs à quiconque ouvrait la bouche pour se moquer d'elle. Elle n'avait pas l'habitude de le voir tant s'affirmer, mais elle devait bien reconnaître que c'était parfaitement rassurant.
Il leur avait fallu dix minutes pour retourner à la salle de classe, mais par bonheur, ils étaient même un peu en avance. Et puis, le professeur Flitwick avait depuis toujours l'habitude d'arriver quelques minutes en retard.
Lorsqu'Hermione vit la tête de Pansy, elle ferma les yeux un cours instant. Comment avait-elle pu oublier que le cours était en commun avec les Serpentard ? Cela dit, si elle s'en était souvenue, rien ne disait qu'elle y aurait assisté...
— Je t'avais dit au fait, Daphnée, ce que j'avais entendu...
Hermione fixa Pansy, qui lui avait adressé un sourire fielleux et parlait assez fort, pour que tout le monde l'entende.
— Non, quoi ? demanda Daphnée, parfaitement consciente du petit jeu de Pansy.
— Eh bien, j'ai entendu Granger dire à Drago qu'elle l'aimait, si c'est pas ridicule ! Tu te rends compte, tomber bêtement amoureuse en si peu de temps, c'est pathétique !
Quelques gloussements résonnèrent aux oreilles d'Hermione, ainsi que les rires francs de Pansy et Daphnée. Elle regarda autour d'elle et croisa les regards moqueurs de certains, et gênés d'autres, ainsi que le regard impassible de Drago, et ce fut trop pour elle. Malgré la présence bienfaitrice de Harry, elle ne pouvait plus lutter. Ses yeux se remplirent de larmes et elle s'enfuit en courant.
— Bouh ! La pauvre petite, c'est tellement triste..., continua de se moquer Pansy, fière d'elle.
— Ferme là Parkinson ! Si tu n'avais pas voulu camoufler ta tête de troll avec une potion ratée, tu n'aurais pas eu besoin d'Hermione !
Blaise ricana sans aucune discrétion et Pansy devint écarlate.
— Potter ! Qu'est-ce que...
— Et pourquoi tu te moques de l'amour d'Hermione, la coupa-t-il sans vergogne, alors que tu ne connais pas la signification de ce mot. Si tu avais vraiment été amoureuse de Malefoy, jamais tu ne l'aurais humilié de cette façon devant tout le monde !
Pansy resta coite, comme la plupart des élèves groupés devant la salle de classe. Reprenant ses esprits, et ne supportant plus d'être la risée des autres, la Serpentard bouscula Harry et disparut à l'angle du couloir.
— Et toi, enchaîna Harry en s'adressant directement à Drago, si tu n'étais pas si bête, tu laisserais la vérité te sauter aux yeux. Demande à tes amis de te rafraîchir la mémoire, qu'ils te rappellent à quel point vous aviez l'air heureux ensemble.
— Je n'ai pas de conseil à recevoir de toi Potter ! Et puis... vous me faites tous chier !
À son tour, Drago quitta le couloir, furibond, ce qui laissa un froid parmi les élèves présents. Tous posaient sur Harry un nouveau regard. Jamais encore ils ne l'avaient vu si impressionnant de charisme.
Lorsque le professeur arriva enfin, il fut étonné de voir autant d'élèves absents, et s'inquiéta d'une possible épidémie...
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C'en était trop ! Si même maintenant Potter se permettait de lui donner des conseils sur sa vie sentimentale, il était foutu ! Tant pis pour les cours, il avait besoin de se retrouver seul, dans son endroit favori.
Alors qu'il était sur le point de monter la dernière volée de marches, Drago s'arrêta net. Il entendait quelqu'un sangloter.
Priant Merlin pour que ce soit un premier année qu'il puisse éjecter de son sanctuaire sans difficulté, il gravit les dernières marches.
Quand il vit que la personne en question n'était autre qu'Hermione, une kyrielle d'émotions le traversa. Il fut surpris, chamboulé, indécis et furieux.
Alors qu'il s'était décidé à repartir, Hermione avait levé la tête et essuyait ses yeux, tout en le suppliant de rester.
— Et pourquoi je resterais ? demanda-t-il d'un ton dur. Je refuse d'entendre tes jérémiades.
— Parce que, que tu le veuilles ou non, on doit parler de ce qu'il s'est passé ! répondit-elle en faisant fi de sa remarque peu amène.
— Je ne vois pas pourquoi ! dit-il en croisant les bras sur sa poitrine, dans une attitude butée. Il n'y a rien à dire, tu es une sale petite vipère, tout comme Pansy, un point c'est tout !
Hermione ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Elle ne savait pas si elle devait s'offusquer ou se moquer de l'insulte de Drago.
— À cause de toi, je suis la risée de tout le collège ! reprit-il en ayant l'air de vouloir en parler finalement...
— Ne t'en prends pas à moi pour ça ! Ce n'est pas moi qui me suis vengée en dévoilant l'affaire aux yeux de tous ! Et qu'est-ce que tu crois ? Tu n'es pas le seul à subir les moqueries ! Je passe pour une briseuse de couple, une fourbe manipulatrice, et les filles de ma chambre ne laissent plus trainer leurs touffes de cheveux de peur que je ne prenne leur identité !
— Et alors ? C'est le cas non ?! dit Drago le plus naturellement du monde. Moi je passe pour un abruti incapable de voir que celle qui lui court après depuis des années n'est plus la même personne ! Alors inutile de te plaindre, et assume tes actes !
Hermione n'en revenait pas du toupet qu'il avait !
— Écoute, je n'ai jamais voulu te nuire, d'ailleurs, j'étais contre au début, mais au final, ce n'était l'histoire que de quelques heures, juste pour le bal et...
— Le bal ? Parlons-en du bal ! Je te rappelle que je t'ai embrassée et tu t'es laissé faire ! Quel genre de personne es-tu pour te jeter au cou des garçons de cette façon ?!
Hermione rougit violemment. Dit comme ça, ça paraissait effectivement rapide...
— Je l'ignore... Je... Je ne sais pas ce qui m'a pris. Tu étais si charmant, si gentil avec moi.
— Avec Pansy, nuance, corrigea-t-il d'une voix dure.
— Oui... Justement, je crois que le fait de ne pas être moi a fait que je me suis laissée emporter plus facilement. Tu étais si...
— Ça ne t'était pas réservé ! Rentre-le toi dans le crâne une bonne fois pour toutes !
— Je sais ça ! Mais tu peux te voiler la face autant que tu veux Drago, mais c'est moi que tu as aimé au final, pas Pansy. À moins que tu ne sois qu'un sale type qui fait le charmeur juste pour coucher avec une fille, sans éprouver le moindre sentiment pour elle ! Tu peux dire ce que tu veux, mais tu ne me feras pas croire que nous n'étions pas bien ensemble !
Hermione se tut, elle se sentait terriblement exposée sous le regard froid de Drago. Depuis qu'elle avait repris son apparence, elle avait du mal à le regarder dans les yeux. L'image qu'il lui renvoyait n'avait plus rien de romantique, et elle prenait la mesure de son erreur. Elle était tombée amoureuse de lui de façon illégitime. Et lui ne partageait pas du tout ce sentiment, et ne l'éprouverait sans doute jamais.
Drago fronça les sourcils et redressa le menton, visiblement affecté par les dires de la jeune fille.
— Ça ne change rien au fait que tu sois une...
— Eh bien dis-le, vas-y, une Sang-de-Bourbe !
Hermione avait presque crié cette insulte et avait maintenant les yeux brouillés de larmes. Drago lui, regardait le sol, les sourcils froncés.
— Si c'est ce que tu veux entendre, alors oui, tu es une Sang-de-Bourbe, dit-il d'une voix impassible. Rien que pour ça, je ne pourrai jamais rien éprouver pour toi.
Hermione ravala ses larmes, elle éprouvait de plus en plus de colère pour son attitude immature.
— Tu ne crois pas vraiment à ces choses-là ! J'en suis certaine ! Dépasse les mauvais idéaux que t'a inculqués ta famille et essaye de me voir autrement, de nous voir...
— Je vais mettre les choses au clair Granger, reprit-il sèchement. Il n'y a pas, et n'y aura jamais de « nous » !
Le silence retomba d'un coup. Aucun des deux ne parlait, mais aucun ne bougeait.
Hermione tentait tant bien que mal de contrôler sa voix chevrotante. Elle était blessée par les paroles du Serpentard, mais elle devait aller jusqu'au bout, pour n'avoir aucun regret.
— C'est moi Drago ! Tout ce que tu as vécu ces derniers jours, c'était avec moi, je n'ai pas changé. Je suis tombée amoureuse de toi Drago, et peu importe la façon dont tu te comportes avec moi maintenant, je sais que tu peux être bien différent du garçon que tu montres aux personnes que tu détestes.
Un voile de douleur traversa le regard d'Hermione quand elle se rendit compte qu'elle disait vrai. Il la détestait. À quoi bon lutter...
— Désolé, pour moi, c'était Pansy. Je suis incapable de t'associer aux quatre jours qu'on a passés ensemble. C'est au-dessus de mes forces, dès que je vois ta tête...
Hermione sembla extrêmement blessée, et Drago crut bon de s'expliquer :
— Je veux dire que même si je sais maintenant que c'était toi, tu n'avais pas cette apparence, et là, j'ai seulement l'impression de me retrouver devant toi, uniquement toi, la Granger que je ne supporte pas...
— On pourrait faire un essai, qu'est-ce que tu as à perdre ?! dit-elle d'une voix presque suppliante, voyant qu'elle perdait la partie.
— Je suis désolé pour toi, parce que la seule chance pour que je ressente la même chose que toi serait de ne pas voir qui j'embrasse...
Les paroles de Drago étaient vraiment blessantes, et même si elle voyait qu'il avait tenté de se maîtriser pour ne pas être trop cruel, c'était trop dur pour elle.
Hermione s'excusa une dernière fois pour le tort qu'elle lui avait causé et s'éclipsa en pleurant.
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Hermione avait passé le reste de la journée à déprimer dans son lit. Elle ne faisait que ressasser la conversation qu'elle avait eue avec Drago, et le bilan était le même à chaque fois : il n'y avait plus aucun espoir...
Il allait bientôt être dix-sept heures, et bien qu'elle n'eût aucune envie de sortir, elle se devait d'aller voir Ron aux sélections, elle l'avait promis à Harry. De plus, il devait s'inquiéter pour elle.
Elle parcourut le très long chemin qui séparait le dortoir des filles de Gryffondor du stade de Quidditch, tête baissée. Elle ne voulait croiser le regard de personne.
Manque de chance pour elle, il y avait vraiment foule. En plus des sélections, un entrainement entre deux équipes avait lieu.
Après avoir croisé Harry, qui lui apprit que Ron finissait de se changer, Hermione se fraya un chemin parmi les joueurs qui sortaient des vestiaires.
Lorsqu'il la vit, ses joues se colorèrent de rouges. Hermione voyait bien qu'il était tenté de continuer à lui faire la tête, tout en étant heureux de voir qu'elle était venue pour lui.
— Ron…
— Hermione…
Merlin que les premiers pas étaient difficiles.
— Je suis venue pour te souhaiter bonne chance, je suis sûre que tu vas réussir tes sélections, se força-t-elle à dire avec enthousiasme.
— Merci, c'est gentil. Je ne suis pas aussi sûr que toi, mais on verra bien ! Et heu…
Ron sembla soudain chercher ses mots.
— Je voulais te dire que, je suis désolé d'avoir réagi comme ça… J'étais terriblement jaloux, mais quand j'ai vu à quel point les autres étaient méchants avec toi, ça m'a fait bouillir. D'ailleurs, tu aurais été très fière de Harry, quand Parkinson s'est moquée de toi avant le cours d'enchantement, il a su la remettre à sa place, bien comme il faut ! Tu n'en serais pas revenue !
Hermione eut un sourire triste. Elle n'avait plus envie de penser à ce qui s'était passé plus tôt.
— Je te remercie Ron, je ne sais pas ce que je deviendrais sans vous deux, dit-elle simplement en le serrant fort dans ses bras.
Ron lui tapota maladroitement le dos, sans doute gêné par la proximité d'Hermione, et finit par lui dire qu'il devait y aller s'il ne voulait pas être en retard pour les sélections.
Hermione lui dit qu'elle comprenait et qu'elle arriverait bientôt, et le regarda partir en direction du stade.
Seule dans les vestiaires, elle prit le temps de réfléchir à ce qui venait de se passer. Ron avait beau avoir des défauts exaspérants, il n'était pas moins quelqu'un d'extraordinaire à ses yeux.
Alors qu'elle était assise sur un banc, Hermione entendit du bruit provenir d'un des casiers qui se trouvaient derrière elle. En tendant l'oreille, elle détermina que ça venait du casier qui était entrouvert. Avec curiosité, elle l'ouvrit et vit avec stupeur qu'il s'agissait de Silver, le serpent de Drago. Il était en boule dans le sac de sport du Serpentard, qui devait être l'un des joueurs s'affrontant sur le terrain.
Lové au milieu des affaires de Drago, le serpent semblait aux anges. Hermione savait qu'il adorait ça. Drago lui avait réservé un tiroir entier dans sa chambre, où il dormait parmi certains des habits qu'il avait portés.
Hermione se sentit envieuse envers le serpent qui lui, avait la chance de dormir entouré de l'odeur de Drago, et soudain, elle fit un geste qu'elle aurait cru impossible quelques jours auparavant… Après avoir vérifié qu'elle était bien seule, elle récupéra l'un des T-shirts mis en boule et le mit rapidement dans la poche intérieure de sa cape. Ne souhaitant pas rester plus longtemps sur le lieu du crime, elle se hâta de prendre place dans les gradins pour encourager Ronald.
Heureusement, les nombreuses heures d'entraînement de Ron ne furent pas vaines, il avait réussi à passer les sélections et était maintenant le gardien officiel de l'équipe des Gryffondor, ce qui permit au trio de rentrer au château de fort bonne humeur, contrairement à la toute première partie de la journée.
A la prochaine pour la dernière partie !
