Je suis très contente de vous présenter ce prompt qui contient une partie d'une histoire que j'ai depuis longtemps dans la tête et c'est une façon pour moi de la partager. L'histoire d'un personnage ayant perdu son coeur et dont on suit les aventures de son simili. J'ai dû avoir cette idée il y a 5-6 ans environ et ce n'est que maintenant qu'elle se concrétise ! Comme quoi parfois, c'est bien de garder les idées dans un coin de sa tête !

Demain, le thème sera Neige, afin de vous faire fondre... peut-être ?


Quand une personne au cœur puissant est changé en sans-cœur, un simili est également créé, porteur de souvenirs. Les plus puissants ont la chance de conserver une forme humaine, pour les autres, ils deviennent un monstre, les plus faibles étant les reflets. Ces informations sont connues de quiconque effectue des études sur les cœurs.

Ce qu'on sait moins, c'est que même les similis sans forme humaines possèdent une conscience. Elle est plus ou moins développée mais elle existe. Bien peu de recherches s'intéressaient à cette faculté cela dit car pour beaucoup, les créatures blanches n'étaient rien que des monstres.

Une chimère errait dans un bois sombre, par une fin d'après-midi extrêmement froide. Il s'agissait d'un simili en forme de dragon à la silhouette allongée et humanoïde, pourvu d'ailes. Des lignes rosâtres courraient à certains endroits de sa chair blanche. En apparence, la créature errait simplement en ces lieux. En réalité, elle cherchait quelque chose.

La conscience de la créature était limitée, mais elle existait pourtant. La chimère se souvenait de son passé, du temps où elle était un humain. Un homme. Le dragon regardait partout dans les bois, désespérant de voir ce pourquoi il était venu ici. Il trouva ce qu'il cherchait au détour d'une clairière.

Une petite maison se dressait entre deux grands chênes, mignonne et coquette. Elle lui évoquait tant de souvenirs. Juste devant la porte d'entrée, dans ce qui constituait la cours, une petite fille jouait tranquillement. La chimère n'avait plus de cœur mais une chaleur l'envahie néanmoins. Il reconnaissait l'enfant, tout son être savait bien à qui il faisait face.

« Ma fille ! »

Sans réfléchir, il s'avança vers elle, oubliant que son apparence avait changé et qu'il ne pouvait plus parler. Quand la petite le vit, elle ne se jeta pas à son cou comme il l'avait souhaité mais se mit à hurler. La chimère s'arrêta net, sans comprendre ce qui se passait.

« Va t'en, vilain ! » s'exclama la fillette.

Pour appuyer ses mots, elle lui jeta des cailloux, tout en continuant d'appeler à l'aide et de lui dire de partir. Il tenta de s'avancer un peu mais les projectiles le gênaient. Comment lui expliquer ? Comment lui faire comprendre qui il était ? Alors, la porte s'ouvrit et une autre personne apparut : la mère de l'enfant, également sa femme. Son cœur fit un nouveau bond, jusqu'à ce qu'il se rappelle qu'il n'en avait plus, de cœur.

« Sale monstre ! Disparais ! Vous m'avez pris mon mari, vous ne me prendrez pas ma fille ! »

La femme mit la petite fille derrière elle et avança vers le simili, une épée à la main. Elle avait toujours été si forte. La chimère recula lentement, comprenant que c'était inutile d'insister. Au moins, elles étaient heureuses et en sécurité. Du moins pour le moment…

« Disparais ! Disparais ! »

Quand sa femme s'élança vers lui avec l'épée, il battit en retrait précipitamment et s'enfonça dans les bois. La chimère, meurtrie dans sa conscience, se jura pourtant de les protéger, toujours. Après tout, il s'agissait de sa famille, tant pis si on ne le reconnaissait pas. Et même si les similis n'ont pas de cœur, on aurait vraiment dit que celui-ci ressentait des émotions.


Challenge coché : faire un prompt centré sur les sans coeurs ou similis ou nescients ou avales-rêves.