Il ne s'agit que de ça
Disclaimer : Les personnages de l'univers de Marvel et des Avengers ne sont pas à moi, je ne fais que les emprunter.
Couple : Natasha Romanoff - Steven Rogers
Note : Cette histoire commence après Civil War et tout les autres films en rapport avec l'univers Avengers.
Musique
Sans vraiment comprendre comment, Natasha a quittée la pièce après sa séance d'exercice, perdue dans ses pensées. En quelques minutes elle est remontée dans sa chambre pour s'y laver et s'y changer dans des gestes seconds. C'est alors vêtue d'un jean bleu foncé et d'un teeshirt près du corps aux manches longues noires qu'elle gagne la salle de musique.
Un peu plus de deux mois plus tôt, elle a découvert cette pièce totalement pas hasard alors qu'elle errait dans les couloirs perdue dans ses pensées, une fois de plus. Des pensées noires tournées vers Banner qui a ce moment là n'était toujours pas réapparut malgré le déchirement entre Steve et Tony. Elle avait espérée au fond qu'il reviendrait pour aider, apporter son soutien, calmer les tensions. Mais non.
Et c'est à travers une porte entrouverte qu'elle a découvert ce jour là un piano à queue noir laqué sublimé par la lumière rasante d'un couché de soleil de fin d'été. Et si sur le moment elle avait vu l'absence de poussière uniquement sur cet instrument. Depuis elle a minutieusement nettoyée chacun des trésors musicaux que peut contenir cette salle. Sous des toiles blanches elle avait découvert des merveilles et elle avait longuement étudiée le pan de mur en étagère intégralement remplit de toutes sortes de musiques.
L'ancienne assassin avance près de ces mêmes étagères en faisant glisser ses doigts sur les diverses boites ou pochettes. Sous sa pulpe, les titres imprimés défilent lentement jusqu'à ce qu'elle ne s'arrête, la main en suspend. Le soleil filtre à travers les baies aussi larges et grandes que partout ailleurs dans le bâtiment et les rideaux blancs légers qui les couvrent comme pour cacher au yeux du monde le secret de cette étrange pièce. Une salle à l'allure irréelle et enchanteresse, presque magique.
Du bout de l'index elle extirpe un vieille album de chansons françaises qu'elle vient placer dans le lecteur de l'imposante chaîne Hi-fi dont les haut-parleurs sont positionnés un peu partout dans la pièce. Après avoir appuyée sur "Play", les premières notes de "Magnolias For Ever" de Claude François s'élève dans la pièce. Et presque aussitôt son souffle s'accorde avec la musique pour s'échapper de ses lèvres, un tout petit peu plus et se serait un sifflement. Mais non elle se contente de reprendre le rythme dans un souffle alors qu'elle s'approche de nouveau du piano qu'elle frôle des doigts.
Pourtant quand son regard se promène sur la pièce, elle fronce les sourcils en réalisant qu'il manque une chose dans cette pièce pour qu'elle soit définitivement géniale. Elle farfouille alors dans les placards sans trouver son bonheur.
Alors ni une ni deux, elle quitte la pièce pour traverser le couloirs de manière rapide jusqu'au salon. Son regard arpente la pièce vide et sans perdre de temps elle gagne le secteur scientifique du quartier général. Arrivée devant la porte de l'atelier de Tony elle demande à l'Ia de l'informer de sa présence alors qu'elle tape du poing avec fermeté mais sans violence contre la porte en verre. Elle sait que c'est inutile mais elle est pressée, après tout la musique là haut continue de tourner alors qu'elle a oubliée de la couper.
Ce n'est qu'une bonne minute plus tard que la porte mécanique s'ouvre devant elle et elle rentre d'un pas impérieux pour trouver l'ingénieur penchée sur un moteur de la taille d'une main.
"- Tony faut qu'on parle."
Le concerné relève la tête et dans le reflet de son écran elle le voit froncer les sourcils.
"- Qu'est-ce que j'ai encore fait, murmure-t-il de mauvaise grâce alors qu'une grimace tord son visage."
Elle étire un sourire en s'approchant. C'est vrai qu'à la voir débarquer comme ça, et lâcher ce genre de phrase, n'importe qui penserait avoir fait une bêtise.
"- Tu as oublier l'espace confort dans la salle de musique, continue-t-elle d'une voix plus douce."
Et comme si elle avait dit la pire chose qui soit, Stark pose ses outils pour se tourner vers elle les yeux écarquillés.
"- Comment tu... ?"
Natasha fronce les sourcils en observant la réaction du génie qu'elle ne comprend pas puis soudain la lumière se fait dans son esprit en repensant au piano entretenue. Elle n'aurait jamais pensée au génie mais tout bien réfléchit ce n'est pas totalement improbable.
"- Ce piano, il est à toi pas vrai, le questionne-t-elle d'une voix douce."
Elle le voit se mordre la lèvre en cherchant du regard quelque chose qui pourrait l'aider. Elle sait qu'il n'est pas à l'aise. Pourtant il hoche la tête avant de se lever de sa chaise pour s'approcher d'elle à son tour. Il danse d'un pied sur l'autre avant de se frotter la nuque puis il lui fait signe de la suivre d'un mouvement de tête.
Il la guide vers un coin un peu reculé dans l'atelier où une photo en noir et blanc d'une femme jouant de ce même piano à queue trône sur un mur en béton lisse. Non loin une deuxième photo elle aussi en noir et blanc dévoile un homme qu'elle reconnaît comme étant Howard Stark appuyé sur l'instrument musical.
Alors en voici la raison, se dit-elle en observant les photos qui sont cachées lorsqu'on se trouve à l'entrée de l'atelier. Une vague d'attendrissement fait surface pour ce milliardaire qui a bien trop souffert près d'elle et elle s'approche de lui avec un sourire doux.
"- Sais-tu donc en jouer ?"
Tony qui jusque là trouvait ses baskets noires incroyablement intéressantes sûrement, remonte le regard sur elle avec surprise. Puis il hoche la tête, semblant soudain à court de voix. Elle est surprise de le voir comme ça, lui qui est toujours si bavard habituellement.
"- Géniale, je ne savais pas que tu savais en jouer. Tu m'en joueras un jour ?
- Bien sur que je sais en jouer, je suis un génie après tout, répond-il à demi-vexé en détournant le regard une seconde pour le reporter sur elle avant de sourire malicieusement. Tu es curieuse d'entendre le grand Tony Stark à l'œuvre c'est ça ?"
Et le revoilà. Le Tony qu'elle connaît avec cet ego surdimensionné et ces airs qu'il se donne à tout bout de champ. Tout à coup elle le voit s'éloigner pour retourner à son bureau et reprendre son activité avec le mini-moteur. Il joue un instant avec son tournevis, le faisant tourner entre les doigts avant de la pointer avec.
"- Je sais bien que je suis génial et que personne ne peut se passer de moi, mais sinon qu'est-ce qui t'amène ? Parce que, comme tu le vois, j'suis occupé."
Elle étire un sourire avant de se diriger vers la porte sans oublier de passer près de lui pour lui ébouriffer les cheveux. Elle pouffe quand elle l'entend pousser un grognement.
"- J'ai besoin que tu installe un petit quelque chose comme une méridienne dans la salle de musique. J'aime bien me détendre là bas. Je compte sur toi Ton', termine-t-elle en lui faisant un petite signe de la main de dos avant que la porte de l'atelier ne se referme derrière elle."
Tandis qu'elle marche dans les couloirs elle repense à la femme de la photo et la dévotion avec laquelle Tony a toujours entretenue ce piano. Il n'est pas très compliqué de comprendre qu'il s'agit de sa mère. Elle songe un instant que c'était une très belle femme. En fait les parents de Tony avaient tout les deux beaucoup de charme, de charisme. Elle n'est pas plus étonnée que ça du coup de voir que le génie est alors à ce point charismatique.
En fait quand elle y songe même quand il n'ouvre pas la bouche, Anthony attire l'attention. Elle ne peut le nier, lui aussi il est beau. Et même si il ne prend pas particulièrement soin de son corps, il se maintient toujours d'une manière ou d'une autre. Elle ne comprend même pas comme il y parvient. Il doit sûrement avoir un secret.
Avant qu'elle ne le réalise elle est de nouveau devant la porte de la salle de musique. Ses pas se stoppent brutalement sur le pas de la porte alors que dans la pièce elle découvre une silhouette qu'elle connaît bien.
La lumière qui décline dans le ciel et filtre à travers les rideaux rend les cheveux blonds si brillants, presque étincelants. Le corps musclé se dessine en contre-jour à la manière d'une ombre et les rayons de lumière qui le contourne, chargés d'une poussière fine, sont visibles à l'œil nu.
Le tableau qui se dévoile devant elle lui coupe presque le souffle tant il parait irréel. Voir le Captain immobile au milieu de cette salle donne l'impression à l'espionne d'une scène imaginée de toute pièce.
Pourtant elle doit se rendre à l'évidence quand il tourne les yeux vers elle, la scène est réelle. Le soleil à contre-jour crée des jeux d'ombres sur le visage qui font ressortir ses yeux bleus. Elle est capable de garder le contrôle en faisant face aux pires horreurs, mais lorsqu'il la fixe comme ça elle ne peut s'empêcher d'avaler sa salive avec difficulté. Une boule de nervosité dont elle ne comprend ni l'origine ni la signification fait son apparition dans son ventre.
En arrière plan la musique "Eve lève toi" emplit la pièce. L'atmosphère se charge un peu plus d'une sensation de liberté, d'un goût d'ailleurs et là face à Steve, Natasha se sent transportée dans un autre monde.
Elle fait un pas dans la pièce en s'approchant du Soldat qui la regarde faire sans ouvrir les lèvres. Comme au ralenti les mètres diminuent entre eux à chaque nouveau pas qu'elle fait. Lorsqu'elle est suffisamment près, elle relève la main entre eux sans réaliser son geste. Sa paume vient alors se poser sur les abdominaux face à elle. Ils sont si bien dessinés qu'elle peut les voir mouler le t-shirt noir que porte la bannière étoilée.
Les doigts de la Veuve Noire se crispent sur les muscles alors qu'elle relève le regard vers celui bleu qui l'observe avec curiosité. Un nouveau pas la rapproche encore et la sensation qu'il n'existe plus rien d'autre que cette pièce, tout ce qu'elle contient et cette musique qui continue de se diffuser, l'enveloppe doucement comme dans un cocon.
Ni l'un ni l'autre ne saurait dire combien de temps ils restent là à s'observer, les lèvres hermétiquement closes, essayant de décrypter le regard de l'autre. Pourtant derrière eux, la musique s'est éteinte, et une autre à prit le relais. Des haut-parleurs s'échappent le premier couplet d' "Ela elle L'a".
Lorsque la phrase "Ce je ne sais quoi, que d'autres n'ont pas" parvient aux oreilles de la jeune femme, elle ne peut que songer à la véracité de tels mots. Et même si la chanteuse parle d'une femme dans sa musique, Natasha, elle, rapporte ces quelques mots à l'homme devant elle. Et là alors qu'ils sont seuls dans cette pièce, elle prend bien plus le temps que jamais d'observer cet homme si droit et poli qui lui fait face.
Définitivement oui, Steve a quelque chose que les autres n'ont pas. Mais si on lui demande elle serait bien incapable de dire quoi. C'est là c'est tout, presque palpable, presque nommable, mais totalement Steve.
Sans réaliser à nouveau son geste elle s'approche d'un nouveau pas et il répond à son mouvement lui aussi de manière inconsciente en baissant lentement la tête sans la lâcher des yeux.
Pourtant une sonnerie stridente se fait entendre de la poche du Captain. Immédiatement ils s'écartent l'un de l'autre les yeux écarquillés. Le soldat de l'Amérique se détourne pour décrocher alors que la sonnerie se fait entendre de plus belle.
C'est en avalant sa salive que Natasha s'approche de la chaîne hi-fi pour baisser le son afin de facilité la conversation de Steve. Malgré tout une fois fait elle ne fait plus un seul geste. La main toujours sur la molette du volume elle tente de calmer les battements de son cœur beaucoup trop rapide.
La réalité de la situation lui revient en pleine face et elle se pince les lèvres d'embarras. Elle réalise alors ses gestes et ce qu'on peut en comprendre. La boule de nervosité dans son ventre qui semblait avoir disparut jusqu'à présent semble alors se faire plus violente que jamais, lui tordant l'estomac. Dans son dos elle peut entendre la conversation de l'icône américaine. Elle imagine que c'est Sam au bout de la ligne.
L'espionne ferme les yeux dans un soupire avant de faire un travail de respiration pour calmer sa nervosité et son rythme cardiaque. Elle entend des bruits de tissus mais elle est trop concentrée pour y faire réellement attention.
"- Je... je dois y aller, fait la voix mal à l'aise de Steve en la faisant sursauter alors qu'elle réaliser que son appel est terminé."
Elle se tourne légèrement vers lui, prenant soin à être dos à la lumière afin de cacher son trouble sûrement visible sur son visage. Ses doigts lâchent enfin le bouton volume et elle hocha la tête sans parvenir à parler.
Il la fixe une seconde avant de détourner le regard. Elle le voit hésiter en lui jetant des coups d'œil et se pincer les lèvres. Finalement il semble laisser tomber et fait demi-tour avant de quitter la pièce. L'espionne le regarde faire et quelques minutes après son départ elle pousse un soupire qui semble alléger son état. Elle sent sa nervosité retomber comme elle est venue alors qu'elle remonte le volume pour entendre la musique "Sous le sunlight des tropiques" déjà entamée emplir agréablement la pièce.
Dans des pas lents elle s'approche d'une baie vitrée pour s'y laisser glisser en relevant la tête vers le plafond. Cette fois c'est sa silhouette à elle que les rayons du soleil redessinent. Les jambes étendues devant elle, légèrement écartés et les mains posées entres l'une contre l'autre, Natasha assise à même le sol, se laisse bercer pas la musique qui la calme petit à petit.
Dans une inspiration de bien-être elle ferme les yeux. Et immédiatement elle revoit ce regard bleu la fixer. A nouveau son ventre se contracte. Mais cette fois ce n'est pas la nervosité. Une étrange euphorie fait son chemin dans ses veines et vient étirer ses lèvres en un sourire à peine visible mais sincère.
La Veuve Noire ne saurait pas dire ce qu'il s'est réellement passé mais pourtant elle ne regrette pas. Elle s'applique à enregistrer chaque détail de ce moment dans sa mémoire. Elle peut même encore sentir la fermeté des abdominaux de Steve sur la pulpe de ses doigts ou la chaleur de son corps contre sa paume.
Elle ne peut s'empêcher de songer à ce qu'il se serait passé si son téléphone n'avait pas sonné. L'aurait-il laissé s'approcher encore ? Et elle, qu'aurait-elle fait au juste ? Jusqu'où ses gestes inconscients l'auraient-ils poussée ? Qu'aurait-elle été capable de faire finalement ? Qu'aurait-il laissé faire ? Et surtout comment aurait-il agit ensuite ?
Elle n'arrive pas à savoir si Steve est homme à prendre les choses en mains ou non dans ce genre de cas. Quand elle connaît sa retenue sur ce sujet et sa timidité elle se dit que non. Pourtant elle sait aussi qu'il est capable d'être droit, ferme et direct. Et elle elle ne sait même pas ce qu'elle aimerait le plus dans tout ça.
Elle rouvre brusquement les yeux en les écarquillant quand elle réalise ce qu'elle est en train d'imaginer. Depuis quand a-t-elle ce genre de pensées pour le Captain ?
Elle se pince les lèvres alors que la musique "S'il suffisait d'aimer" semble la narguer avec le premier couplet. Tournant la tête vers l'extérieur elle observe le paysage quelques secondes dans l'espoir de se changer les idées. Pourtant comme un automatisme son regard se pose sur la silhouette qu'elle voit à l'entrée du bâtiment à l'autre bout. Accompagné de Sam et Scott, Natasha voit Steve avancer vers un crossover bleu marine métallisé.
Le refrain parvient aux oreilles de la rousse et elle songe à Banner en se disant avec amertume qu'aimer ne suffit pas. Loin de là. Surtout pas pour des personnes comme eux.
Pourtant son cœur s'accélère de nouveau quand elle pourrait jurer que Steve est actuellement en train de la regarder. Que pourrait-il regarder d'autre dans sa direction ? Mais la voit-il vraiment ? Pour ça elle n'en ai pas sure.
Mais au fond d'elle elle ne peut empêcher cet espoir qui naît. Elle aimerait vraiment qu'il l'a regarde. Encore. Juste encore une fois. Juste une nouvelle fois. Parce qu'au fond il ne s'agit que de ça n'est-ce pas ? Elle veut qu'il la regarde. Elle aime qu'il la regarde. De cette manière unique qu'il a de la regarder. Elle a appréciée voir ces yeux bleus la fixer en ne voyant qu'elle, même si il ne s'agissait que de quelques secondes volés au reste du monde dans cette salle de musique.
Mais elle le voit détourner la tête quand Sam le rappel à l'ordre. Et d'où elle est, elle voit la chevelure blonde s'engouffrer dans le véhicule qui s'éloigne quelques secondes plus tard sur la route goudronnée.
Et elle elle reste la les yeux perdus dans le paysage et l'esprit perdu dans les musiques qui défilent une à une.
Voici le chapitre 7.
J'espère qu'il vous aura plus comme les autres jusqu'à présent.
Enjoy les amis !
