Il ne s'agit que de ça

Disclaimer : Les personnages de l'univers de Marvel et des Avengers ne sont pas à moi, je ne fais que les emprunter.

Couple : Natasha Romanoff - Steven Rogers

Note : Cette histoire commence après Civil War et tout les autres films en rapport avec l'univers Avengers.


Merci à "Inconnue" encore une fois. Oui il le sait maintenant. Mais les choses ne sont jamais simples. Surtout pas avec moi. J'espère que ce chapitre te plaira du coup.


Défaillance

Steve pousse un soupire grognon en passant la porte d'entrée du quartier générale. Devant lui Peter se chamaille avec Scott. Et dans son dos Wanda discute gaiement avec Sam. Ils gagnent tous la grande pièce à vivre qui sert à la fois de salon, de cuisine et de salle à manger. Dedans ils y retrouvent Stark en train de regarder dieu seul sait quoi sur sa tablette ainsi que Clint qui essaye d'expliquer comment on joue a Mario à un Vision dubitatif et pas vraiment concentré.

Si certains prennent le temps de se poser avec les autres, Steve se contente de répondre un "Bonjour à tous" quand Tony le salut avant de s'échapper de la pièce. En quelques poignées de secondes il rejoint ses appartements où il laisse tomber son sac de sport à l'entrée. Ce dernier, dont le bouclier dépasse légèrement et qui contient son uniforme, s'écrase au sol dans un bruit grave et étouffé.

Sans perdre de temps le Captain retire sa veste en cuir marron qu'il jette sur le lit avant de se rendre dans sa salle de bain. Étrangement ses mains sont gelées. Il prend garde à retirer ses vêtements en touchant sa peau le moins possible mais il ne peut empêcher les frissons désagréables qui le parcourent quand ça arrive forcément.

D'un geste habile du poignet, il ouvre l'eau et la règle à 36 degrés. Il écoute l'eau couler en débouclant sa ceinture alors que pour une fois il choisit le bain plutôt que la douche. Puis le grand blond regagne sa chambre le temps de quelques secondes pour récupérer un boxer, un pantalon et un t-shirt gris clair avant de revenir dans la salle de bain.

Lorsque son dernier vêtement passe ses chevilles, il se glisse dans l'eau chaude avec un soupire de soulagement. Steve a la sensation que tout son corps se rétracte avant de se détendre petit à petit alors qu'il se réchauffe.

Dans un nouveau soupire, sa tête bascule en arrière pour venir reposer sur le rebord. La baignoire faite exprès pour son corps imposant lui permet d'être entièrement immergé. Seuls sa tête et le haut de ses épaules percent la surface.

Du bout du pied il coupe le robinet pour ensuite fermer les yeux.

Combien de temps il passe là ? Il n'en sait rien, il n'y fait même pas attention. Régulièrement il porte ses grandes mains réchauffées par l'eau à son visage avant de soupirer de bien être.

Mais lorsque la faim se fait ressentir Steve se motive à bouger. Il entreprend alors de se savonner et de se shampouiner avant de se rincer en plongeant la tête sous l'eau. La chaleur liquide autour de son crane lui fait un bien fou et lui qui a été congelé y reste jusqu'à ce que le manque d'air se fasse sentir. A cet instant il a l'impression qu'il n'y a pas meilleur confort qu'un bain chaud comme le sien après trois longues semaines de mission à travers la Sibérie.

Pourtant et malgré tout, vient l'heure de sortir. Rogers s'extirpe à regret de cette eau en se disant qu'elle ne restera pas éternellement agréable. Qu'à un moment elle refroidira et que ça en sera encore plus désagréable. Fort de cette idée, il se motive en se disant que c'est mieux de sortir maintenant.

Il prend une serviette moelleuse pour se sécher rapidement avant de s'habiller. Le boxer lui colle aux jambes et le fait grogner alors qu'il se débat avec pour le remonter jusqu'à ses fesses.

Mission accomplit.

Au pantalon maintenant avec lequel - Captain América le sait - il va se battre tout autant. Secouant sa jambe dans l'étau de tissu, il pousse un souffle vif quand le premier pied est passé. Son corps se révolte contre lui, lui faisant comprendre qu'il est tant de se reposer. Que super-sérum ou pas, il y a toujours une limite et que trois semaines sans prendre le temps de se reposer pour laisser cette chance à ses camarades c'est beaucoup trop. Son corps à la limite de la défaillance le tiraille. Deuxième victoire quand l'autre pied trouve sa place et que le tissu en jean couvre celui en coton du boxer noir.

Dans un même geste, Steve pose la serviette sur l'étendoir avant de prendre son t-shirt et de sortir de la petite salle en l'enfilant. Alors que le tissu passe autour de sa tête, il ne remarque pas la silhouette assise contre la baie vitré de sa chambre à même le sol. Il lui tourne plutôt le dos en ajustant le tissu sur sa peau afin d'aller prendre une ceinture qu'il passe autour de sa taille dans les boucles du pantalon.

Les yeux baissés sur la boucle où il passe le fer dans le trou, il s'avance vers son lit pour y prendre sa veste et la ranger. Mais ses pas se stoppent brutalement.

Son regard vient de trouver la forme au sol. Il lui faut malgré tout un court instant pour réaliser qui est devant lui.

Ses yeux s'écarquillent lorsqu'il reconnaît Natasha. Elle est assise sur le sol le dos contre la vitre. Les jambes étendues devant elle, un bras mollement laissé entre ces derniers alors que l'autre est posé contre la vitre paume de main vers le haut. Elle a le visage tournée vers l'extérieur. Sa tête penche vers le bas et ses cheveux roux cachent une partie de son visage.

Il n'ose pas faire un pas vers elle bien qu'il en ai envie. Il n'arrive pas à détacher ses yeux bleus du visage vide de la jeune femme.

"- Natasha ? Souffle-t-il à peine plus fort qu'une respiration."

Et la jeune femme ne réagit pas. Elle ne bouge même pas. Avec un pincement au cœur, Steve s'accroupit sans s'avancer. Il se met à sa hauteur en espérant attirer son attention.

"- Natasha... ? Prononce-t-il un peu plus fort."

Mais alors qu'il espère un signe de la jeune femme c'est le bruit de la porte de ses appartements qui retenti à ses oreilles. D'un mouvement de la tête il découvre Tony qui s'avance vers lui mais en reportant son regard sur l'espionne. Steve remarque que même ça ça n'attire pas l'attention de l'espionne. Elle ressemble à une coquille vide.

"- Depuis combien de temps, perce la voix du blond.

- Depuis son réveil. Elle est totalement imperméable à ce qui se passe autour d'elle ou à qui. Elle ne réagit même pas quand on la touche ou quand on lui parle."

Le brun vient s'asseoir près du blond en tailleur à même le sol. Il joue avec son Starkphone du bout des doigts, pas tout à fait à l'aise.

"- Elle a vécu un traumatisme et les médecins ne savent même pas si un jour elle arrivera à redevenir la femme que l'on connaissait. Ils ont observés l'information qu'il était peut être déjà trop tard vu là où tu l'as retrouvé.

- Elle est forte elle ira mieux, lâche le blond d'un voix qu'il veut affirmé."

Mais quand le génie observe le visage de Captain América avec attention il remarque sans surprise cet éclat vacillant d'inquiétude dans ses yeux, ou ses sourcils légèrement froncés dans une moue triste. Il se fait un instant la remarque que Steve a l'air de vouloir se persuader tout autant lui même que de persuader Tony. Il se pince les lèvres en reposant son regard sur la jeune femme qui ressemble plus à un mannequin abandonné là qu'autre chose.

"- C'est ce qu'on espère tous."

Mais un détail fait froncer les sourcils de Stark.

"- Elle était déjà dans ta chambre quand tu es entré ? Ou c'est toi qui l'a amené ?"

Deux questions, deux signes négatifs de la tête de la part du blond dont les lèvres sont pincées. Alors Stark se relève en posant une main ferme d'encouragement sur l'épaule du Soldat dans un sourire mi-triste mi-soulagé.

"- Alors on a une chance. Fais de ton mieux, termine le milliardaire en s'éloignant déjà.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? Demande Steve en se redressant alors qu'il se tourne vers lui les sourcils froncés plus durement.

- Elle est venu ici d'elle même visiblement. Pourquoi ici ? Pourquoi maintenant ? Énonce le génie près de la porte en rangeant son Starkphone dans la poche de son pantalon. Elle ne l'a jamais fait avant. Mais maintenant si. Parce que tu es là ! Parce que tu es revenu !"

La lumière semble se faire dans la tête de l'icône américaine qui ouvre plus grand les yeux dans une expression béate. Puis dans un mouvement décousu, il se tourne vers la jeune femme pour la fixer avec incrédulité pendant quelques secondes.

"- C'est toi qu'elle est venue trouver Capsicle. Elle n'a agit comme ça avec personne d'autre. Même si là elle ne réagit pas, tu es probablement le seul avec avoir une chance de la ramener, de ramené la Natasha qu'on connaît, termine Tony la voit plus basse, plus douce mais aussi plus triste. Son visage est éclairé par un sourire contrit et un voile de tristesse obscurcit ses yeux. C'est une lourde charge. Il n'y a que Captain América qui puisse accomplir un tel miracle. Malgré ça si tu as besoin, tu n'as qu'à venir me trouver."

Le génie quitte la pièce sans attendre de réponse. Il n'y en a pas besoin. Le bruit de la porte résonne de nouveau aux oreilles du Capitaine Rogers qui se retourne vers la seule autre présence dans sa chambre.

Natasha n'a toujours pas bougée. Pas un seul mouvement. Sur la vitre contre laquelle elle est appuyé, de la buée marque les contours de son corps, soulageant Steve qui se fait fort de cette observation. C'est une preuve qu'elle est bien vivante. De même que sa respiration qui soulève de manière à peine visible sa poitrine.

Le blond baisse la tête sur ses pieds dans un soupire avant de s'accroupir de nouveau. Il ne sait pas quoi faire. Sa large main passe sur son crane, mettant le désordre dans ses cheveux alors qu'il relève le regard pour le poser sur la jeune femme. Finalement il finit par se relever et aller se cherche une paire de chaussettes. Puis dans des pas lents et calmes il s'approche de Black Widow pour s'installer contre la vitre près d'elle à sa gauche.

Une fois de plus elle ne bouge pas. Mais de là où il est, il peut observer son visage plus attentivement. Elle fixe l'extérieur, quelque chose qu'elle seule voit probablement. Sans la quitter des yeux il sépare ses chaussettes pour en mettre une dans un geste second. Il bouge à coté d'elle pour se faire et la tristesse empoigne son cœur quand il réalise que même ça - aussi - ça ne la fait pas réagir. Où est-donc passé la femme si observatrice qu'il connaît ?

Sans parvenir à résister, Steve tend la main vers l'espionne. Délicatement, avec une lenteur incroyable afin de lui laisser le temps de le repousser, il vient prendre son menton pour lui relever la tête.

Le regard vert de la jeune femme devant lui ne change pas d'angle, pas plus qu'il ne se pose sur lui alors qu'il la manipule doucement. Il a presque peur de lui faire mal tant à cet instant elle semble fragile. Elle ressemble à une poupée défaillante.

"- Oh Natasha..."

Il se sent triste. Il se sent mal. Il s'en veut. Si il avait réagit plus tôt. Si ils avaient prit moins de temps à la retrouver. Si il l'avait accompagné. Ou encore si elle n'y était pas allée. Tellement de si qui brouilles ses pensées tout ça pour venir à une même conclusion : "elle n'aurait pas eu à vivre ça. Elle n'aurait pas souffert comme ça."

"- Je suis désolé, lui souffle-t-il la gorge nouée de remords. Je suis désolée de ne pas être venu avant."

Steve baisse la tête en la relâchant. La tête de la jeune femme retombe vers le bas comme le membre d'un pantin cassé. Lorsque le bruit sourd du choc de la tête de la jeune femme contre la vitre perce le silence de la chambre, le blond ne peut contenir le couinement misérable qui franchit ses lèvres.

Silencieusement les larmes se mettent à couler. Dans l'espoir pathétique de se cacher mais aussi de se calmer, le soldat porte sa main libre à son front. L'autre serre avec force la chaussette dans sa main, celle qu'il n'a toujours pas mise.

Il a l'impression d'être redevenu ce gamin inutile de Brooklyn. Celui qui n'arrive jamais à rien. Celui qui ne sert à rien. Le gars qui n'est même pas capable de protéger ou d'aider les gens auxquels il tient. Ce gamin au corps défaillant.

Un sanglot étouffé secoue ses épaules et le fait avaler difficilement sa salive.

Le silence, mordant, froid, déprimant, résonne à lui en déchirer les tympans dans la pièce. Il peine même à entendre la respiration de Natasha.

Un peu plus encore, sa gorge se noue. Son estomac se contracte, lui donnant la nausée.

Nouveau sanglot. Mais cette fois, un son franchit ses lèvres. Rogers ne s'en trouve que plus misérable encore. Ce n'est pas à lui de pleurer. Il n'a pas le droit. Mais il ne peut empêcher les larmes de dévaler cruellement son visage pour venir s'écraser sur le tissu de son jean.

Mais si pour lui ce n'est que plus pathétique, ça semble être la seule chose capable de faire réagir Natasha.

L'homme imposant ne s'en rend pas compte. Mais à coté de lui, les yeux perdus dans le vide, Les paupières de Natasha papillonnent. Les pupilles vertes semblent chercher un instant où elles sont. Elle semble tant bien que mal analyser la situation, comprendre où elle est avant de fixer son regard - où le vide a été remplacé par un voile de douleur et de fatigue - sur Steve.

Sa tête se relève doucement et elle observe l'homme d'ordinaire si fort pleurer en silence. Les sourcils roux se froncent, très légèrement, de manière à peine visible. Comme si ce simple geste était déjà trop fatiguant.

Natasha essai de comprendre.

Pourquoi cet homme pleure-t-il ? Pourquoi est-il assit à coté d'elle ? Pourquoi est-elle ici au lieu d'être dans la salle où elle est toujours ? Pourquoi a-t-elle aussi mal au fond d'elle quand elle voit les sanglots silencieux secouer la large carrure masculine? Pourquoi n'arrive-t-elle pas à observer autre chose que cet homme ? Qui est-il ? Qui est-il pour elle ? Et elle qui est-elle ?

Trop de questions qui assaillent son cerveau qui vient à peine de sortir des méandres vides dans lesquels elle s'était réfugiée.

Elle a mal.

Sa main se détache du sol entre ses jambes pour remonter vers sa tête. Un souffle franchit ses lèvres dans une plainte à peine audible alors qu'elle crispe ses doigts sur ses cheveux roux ondulés.

Une plainte suffisamment audible pourtant pour faire se figer le Captain. Il rouvre en grand ses yeux qu'il avait fermer pour se calmer et ses orbes bleus glissent vers la silhouette près de lui.

Elle a bougée.

Pendant quelques secondes il n'ose pas faire le moindre geste pour une raison obscure qu'il ignore lui même.

"- Natasha, appelle-t-il doucement."

Mais une nouvelle fois elle ne réagit pas. Il voit sa main crispée sur sa tête trembler alors qu'elle tire sur ses mèches rousses dans des soupires de douleurs.

Aussitôt Steve se met en mouvement et sa main, bien plus grande, vient attraper le petit poignet pour l'immobiliser avec douceur mais fermeté. Avec l'autre il ouvre ses doigts un à un pour lui faire lâcher prise. Il la sent résister. Elle force pour rester accrochée. Son souffle se fait plus court, plus irrégulier. De nombreuse fois il entend sa respiration se bloquer.

Mais malgré tout il y parvient. Cependant il ne s'attend pas au coup qu'elle lui destine. L'ongle du pouce de Natasha lui égratigne le visage sous l'œil. Elle est toujours rapide bien qu'elle semble plus vide qu'autre chose. Elle est brisée.

Elle porte ensuite sa main à son propre visage. Vue de la position de ses doigts et l'expression du visage féminin, Steve comprend qu'il doit agir. Une nouvelle fois il empoigne son poignet de sa main libre, sans avoir lâcher l'autre pour autant, juste avant qu'elle ne se fasse mal. Une nouvelle fois elle résiste et tente de se griffer le visage.

Steve pousse un grognement en la voyant faire. Il l'attire contre elle facilement grâce au sérum et la bloque contre son torse en la faisant se tourner. Elle se retrouve dos à lui, ses bras croisés sur son propre corps alors qu'il la tient fermement contre lui en l'entourant lui aussi de ses bras plus imposants, plus forts.

Elle tape des pieds contre la moquette au sol de la chambre. Sa respiration se bloque régulièrement dans des bruits de protestations.

Mais le blond tient bon même si son corps bien trop fatigué se rebelle avec des vagues de douleurs musculaires. Après tout il a toujours été têtue. Alors quand elle se débat trop il raffermie sa prise. Il attend doucement qu'elle se calme.

Il fait abstraction du mieux possible du corps de la jeune femme contre le sien. Ce n'est pas le moment. Absolument pas. Il doit se concentrer.

Pourtant il ne peut cacher cette satisfaction de la sentir comme ça près de lui. Contre lui. Il se sent rassuré de la revoir, de la sentir vivante. La manière dont elle se débat montre qu'elle a encore de la combativité et il se sent ragaillardi.

Les mots de Tony lui reviennent en tête.

Elle est venu dans la - SA - chambre parce qu'il y est. Tout comme lui il est allé jusqu'au Kenya pour elle. Parce qu'elle y était. Alors il n'est pas question qu'il la laisse. Surtout pas alors qu'elle a besoin de lui plus que jamais.

"- Natasha..."

Il murmure son nom en caressant légèrement son poignet du pouce afin de l'apaiser. Elle a besoin de lui et lui il sera toujours là pour elle. Toujours. Peu importe la situation. Parce qu'au fond il ne s'agit que de ça. Être là pour l'autre. Elle l'a été quand il avait besoin pour Bucky. Aujourd'hui c'est son tour.


Voici le chapitre 12.

Un petit plaisir ou un gros flop ?

Enjoy !