Il ne s'agit que de ça
Disclaimer : Les personnages de l'univers de Marvel et des Avengers ne sont pas à moi, je ne fais que les emprunter.
Couple : Natasha Romanoff - Steven Rogers
Note : Cette histoire commence après Civil War et tout les autres films en rapport avec l'univers Avengers.
Merci à "Inconnue" qui comme toujours me motive avec ses reviews.
Colère
Natasha et Clint passent le reste de la journée ensemble. Ainsi que les deux jours suivant. Ils renouent, ils rigolent, ils parlent, ils écoutent, ils profitent. De l'un, de l'autre. Ou simplement de être avec ensembles. A nouveau.
Tout le monde est rassuré de voir ça. Les choses se sont arrangées. La tension s'est un peu dissipée au sein de l'aile de Avengers. Les repas se font avec plus de facilité maintenant que Clint est à nouveau de bonne humeur.
Mais alors, pourquoi Natasha a-t-elle si mal au creux de la poitrine alors qu'elle traîne dans les couloirs ? Elle est perdue au fin fond de ses pensées, les yeux perdus dans le vide à quelques mètres devant elle. Ses pas bien que discret frottent légèrement sur le sol toujours aussi brillant.
Aujourd'hui c'est vendredi et Clint est retourné chez lui voir sa famille, tout comme Peter est retourné voir May au Queens. Wanda et Vision qui sont enfin ensembles officiellement sont partis en week end. Scott est avec sa fille en camping apparemment, Natasha ne sait plus trop. Elle n'y a pas vraiment fait attention. Sam a été invité par Rhodey et Stark pour une rencontre officielle avec des hauts gradés de l'armée.
Tout à coup l'aile des Avengers - sa maison - semblent particulièrement vide.
Pourtant lorsque l'espionne débarque dans la cuisine elle découvre Bruce Banner penché sur une liasse de documents, un stylo dans une main une tasse de café dans l'autre. Si sur le moment Romanoff pense à faire demi-tour, elle se reprend en songeant que ça ne pourra pas rester éternellement ainsi entre eux. Qu'un jour il va bien falloir retrouver un semblant de relation amicale et mettre les choses à plat.
Alors prudemment elle s'approche jusqu'à parvenir près de lui.
"- Bonjour."
Elle a parlée doucement mais le docteur devant elle sursaute malgré tout. Il tourne vivement son visage vers elle les yeux exorbités. Natasha le voit avaler difficilement. Il finit par se reprendre mais c'est une seconde trop tard. Une seconde qui suffit à Natasha pour voir qu'il n'a pas envie de lui faire face. Une seconde qui lui suffit pour voir l'éclair de douleur qui habite le regard du docteur.
Il hoche la tête en guise de salut et entreprend déjà de rassembler ses affaires.
"- Je te dérange ?"
Elle parvient à cacher l'agacement quand elle voit son comportement. Elle fronce les sourcils alors qu'elle parle une nouvelle fois calmement. Elle n'a pas envie de lancer les hostilités. Pas maintenant. Pas alors qu'elle fait un pas vers lui pour arranger les choses. Mais elle ne comprend pas ce qu'elle a bien pu faire pour le blesser. Ou alors elle ne se rappelle pas.
Pourtant ça suffit à faire s'immobiliser Banner qui se tourne vers elle en se pinçant les lèvres. A nouveau elle voix cette douleur mélangée à de l'agacement dans les yeux marrons habituellement teintés de gentillesse.
"- N-non non, répond-il de manière précipité alors qu'il reprend de nouveau le rangement de ses affaires.
- Tu vas m'éviter encore longtemps ? Lâche abruptement l'espionne après avoir soupirée."
Mince.
Elle aurait aimer que les choses se passent plus calmement. Elle aurait aimée ne pas se sentir agacée à ce point. Mais voir l'homme qu'elle aimait l'éviter comme si elle était la peste elle même la blesse.
Alors cette fois elle ne parvient pas à cacher l'acidité et l'agacement dans sa voix. Les mots sortent trop vite trop tôt.
Elle fait un effort pour venir lui parler alors qu'il semble lui en vouloir. Mais ce devrait plutôt être l'inverse. C'est à elle de lui en vouloir. Elle se rappelle de la manière dont il l'a ignorée. Elle se rappelle le sentiment d'impuissance qu'elle a eu. Le sentiment d'abandon.
Comme elle s'en doutait, ses mots figent le scientifique une nouvelle fois qui baisse la tête en soupirant fortement.
"- Et qu'est-ce que ça peut faire si je t'évite effectivement ?"
Cette fois c'est la voix de Bruce qui est acide. Il pose sa main sur la liasse de feuilles qu'il lisait en fusillant l'espionne du regard. Et cette dernière s'attend à tout sauf à ça. Pourtant elle garde un visage impassible, un regard sérieux. Elle sait que la douleur qui vient de la tirailler comme une brûlure ne s'est pas vu dans son regard. Elle s'en félicite.
"- Ce n'est pas comme si je t'importais."
Cette fois Natasha a du mal à cacher sa peine et sa douleur. Se sent-il obligé d'en rajouter une couche avec ce genre de phrases ?
Et si la rousse est une seconde étonnée, très vite c'est la colère qui prend place au creux de sa poitrine. Une colère suffisamment grande pour mettre la douleur amère au second plan.
"- Mais qu'est-ce que vous avez tous à dire ça ?! S'énerve-t-elle en avançant vers l'un des fauteuils pour se laisser tomber dedans. J'suis aussi horrible que ça ?"
Dans sa dernière phrase, prononcée plusieurs poignées de secondes après la première, elle passe une main dans ses cheveux en soupirant. Immédiatement Banner se radoucit en la voyant faire et s'approche. Natasha semble vraiment blessée par ses mots bien qu'elle fasse tout pour le cacher. Mais il la côtoie depuis trop longtemps pour se laisser duper.
Il tend une main tremblante vers elle alors que deux bons mètres les séparent encore. Mais ne la touche pas. Ses doigts restent tendus vers la silhouette féminine en suspend.
"- Non bien sur que non. Excuses-moi. Bruce semble alors se rendre compte de ses gestes et il s'immobilise brusquement debout au milieu de la pièce en détournant le regard. Ses bras retombent mollement le long de son corps. Pendant quelques secondes seul le bruit du vent meuble le lourd silence qui s'est emparé de la salle de vie avant qu'il ne reprenne. C'est juste que je ne sais pas comment me comporter avec toi. J'ai bien compris qu'il y aurait pu y avoir un "toi et moi" mais j'ai mit trop de temps à l'admettre. Puis aujourd'hui au final, je ne suis même plus sure de ça. Je ne suis plus sure de rien."
Natasha soupire encore en passant une main dans ses cheveux roux laissés ondulés. Tout à coup elle ne sait plus quoi faire. Elle ne sait plus quoi dire pendant quelques secondes qui lui paraissent longues, beaucoup trop longues. Pourtant elle finit par redresser la tête pour poser son regard dans celui du scientifique.
"- Parce que tu pense que moi je sais ? Je t'ai attendu Bruce. Je t'ai cherché. Je ne sais même plus combien de fois j'ai essayée de te joindre. De te rejoindre. J'espérai... Elle s'interrompt, son regard parcourt la pièce comme à la recherche d'une réponse. Je ne sais même pas ce que j'espérai ! Mais peu importe puisque ça n'a jamais servit à rien. As-tu ne serait-ce que pensé à ce que moi je pouvais ressentir ? A ce que j'ai pu en déduire ?! Sa voix se fait de plus en plus tremblante et Natasha songe un instant qu'elle devrait s'arrêter. Se taire et reprendre son calme. Mais elle ne peut pas elle n'y arrive pas. Il faut que ça sorte, ça lui fait autant de bien que de mal lorsque les mots sortent. J'ai cru que je m'étais trompée Bruce, continue-t-elle en se relevant vivement du fauteuil pour s'écarter de lui quand il fait un pas vers elle. J'ai cru que tu ne m'aimais pas. J'ai cru que..."
Mais Romanoff s'interrompt en se mordant la lèvre cette fois. Elle est à court de mot. Comment finir sa phrase ? A-t-elle même vraiment besoin de la finir ?
Elle sent les larmes lui monter aux yeux. Tout comme elle sent les tremblements parcourent ses bras et ses jambes. Au creux de sa poitrine son cœur bat à un rythme bien trop rapide pour qu'elle ne se sente pas bien. Et son estomac est noué.
"- J'ai cru que c'était moi qui t'avait fait fuir."
Finalement oui, il semble qu'il fallait qu'elle finisse sa phrase car les mots passent ses lèvres dans une voix cassée tremblante.
Et le sanglot qui transparaît dans sa voix n'échappe pas au Docteur. Pas plus qu'à Steve qui vient d'arriver dans le couloir à quelques mètres de l'entrée de la pièce de vie. Le Captain est caché aux yeux des deux autres grâce au mur mais son ouïe boostée au super-sérum lui permet d'entendre la conversation malgré la distance.
"- Natasha..., fait la voix elle aussi tremblante du Médecin."
Steve n'a pas besoin de la voir pour savoir que l'espionne n'arrive plus à cacher ses émotions. Et visiblement il n'est pas le seul à se sentir mal à ce constat. Ses poings se serrent le long de ses jambes. Le blond a envie d'avancer pour aller consoler la jeune femme, de la prendre dans ses bras et de lui dire que tout ira bien. Mais à la place il ne bouge pas. A l'inverse du brun dont il entend le froissement des vêtements.
"- Je suis désolé, s'élève à nouveau la voix de Bruce. Je ne pensais pas t'avoir blessée autant."
Cette fois quand Banner s'approche la jeune femme ne s'éloigne pas. Elle a réussit à ravaler ses larmes et calmer un peu ses tremblements. A travers ses mèches rousses elle regarde l'homme devant elle s'approcher sans savoir comment réagir.
"- Nan c'est sure. Je suis insensible. C'est ce que tout le monde se dit. Alors pourquoi je souffrirai ? Répond-elle d'une voix ironique en fronçant à nouveau les sourcils."
la remarque fait grimacer de scientifique mais ne le décourage pas pour autant. Il continue d'avancer vers elle. Immédiatement elle se tend quand la main du docteur se pose sur le haut de son bras.
Steve a présent appuyé contre le mur qui le cache toujours bouillonne de rage. Il est en colère contre l'équipe au complet mais aussi contre lui même. Natasha a se ressenti à cause d'eux.
"- Je suis tellement désolé. Je n'y ai jamais pensé. Pardonne moi d'avoir été si égoïste."
La voix du brun est elle aussi tremblante. Voyant que l'espionne ne le repousse pas il se rapproche d'elle jusqu'à la prendre dans ses bras. Avec une fermeté désespérée il la sert contre lui.
"- Pardonne moi... Chuchote-t-il dans une litanie chevrotante. Il sent le corps de la jeune femme tendue contre son épaule qui ne réagit pas et il se sent encore plus minable. Laisse moi réparer mes erreurs, donne moi une autre chance."
Contre lui la jeune femme cesse de respirer dans une inspiration surprise. De son coté Steve serre les dents et fait demi-tour. Il n'a rien à faire là. Il ne sait même pas pourquoi il est resté là tout ce temps à espionner comme un mal-propre. Il est tellement tenté d'intervenir. De se mettre en colère contre Bruce pour son égoïsme. Mais ça n'arrangerait rien. Bien au contraire, il en est sure.
Alors silencieusement et aussi rapidement que possible le blond fait demi tour et il regagne sa chambre. Dedans, installé sur une méridienne près de la fenêtre il prend son carnet à dessin et un crayon et commence à noircir la page immaculée.
Natasha quant à elle ne sait absolument pas comment réagir. Mais le scientifique ne lui en laisse même pas le temps quand il l'éloigne de lui pour la fixer dans les yeux.
"- Tu veux bien, dis ? Bien sur que tu veux bien, après tout tu m'aime. Essaie-t-il de se persuader ou de la persuader elle ?"
Mais Romanoff bouge la tête dans un non muet. Les mots lui paraissent si cruels à ses oreilles qu'ils lui rendent tout à coup la faculté de bouger. Au fond d'elle l'attachement qu'elle a pour le médecin se terni. Comment peut-il dire ça ? Comment peut-il lui demander ça ? Non en fait ce qui la choque le plus c'est la manière dont il parle. Comme si c'était gagné d'avance.
Elle le sent bouger contre elle alors qu'il attrape son visage entre ses mains pour l'empêcher de s'éloigner. Il se penche vers elle pour l'embrasser. Et tout à coup elle a peur. Si maintenant il réagit comme ça elle ne peut imaginer la suite. Ou plutôt elle ne le veut pas. L'homme qu'elle voit devant lui semble tout à coup différent du Bruce Banner qu'elle connaît. Ou qu'elle croyait connaître.
Alors encore une fois elle fait non de la tête en baissant les yeux. La lueur blessée dans le regard chocolat lui écorche le cœur mais elle ne veut pas y faire attention. Pas alors qu'il retient son visage entre ses mains.
Pourtant il semble si blessé qu'un instant elle doute. N'a-t-elle pas peur pour rien ? C'est peut être un des effets secondaires de son emprisonnement. Peut être qu'elle se fait simplement des films et que l'attitude de Bruce est normale.
"- Je ne sais pas, dit elle en se levant après s'être dégagée avec douceur."
Son regard retombe sur le visage du médecin. Tout à coup il semble sur le point de pleurer, à la regarder comme ça avec un mélange d'espoir et de douleur.
Il est encore près du sol, un genou contre le carrelage froid. Ses bras sont toujours ouvert, les paumes tournées vers elle alors que l'incompréhension marque ses traits.
Il amorce un mouvement pour se lever et s'approcher de nouveau mais elle recule une fois de plus. Elle n'y peut rien. Elle n'aime pas le voir comme ça mais elle est perdue.
Elle sent alors les tremblements reparcourirent ses veines une nouvelle fois et son cœur prend une cadence qui la rend à bout de souffle un instant. Autour d'elle le monde se met à tanguer dangereusement.
"- Je n'en sais rien ! S'exclame alors l'espionne en secouant la tête avant de s'enfuir de la pièce."
Elle laisse Bruce derrière elle au milieu du coin salon, entre la table basse et le fauteuil. Et il la regarde partir complètement désemparé mais aussi profondément blessé. A quoi s'attendait-il au juste ? Malgré tout il ne comprend pas. Elle l'aime pourtant non ?
Il fronce les sourcils en songeant qu'il prend peut être se fait pour un acquit encore d'actualité. Mais au final peut être que les choses ont changées. Après tout il la voit agir avec Clint a passer ses journées avec lui depuis qu'ils se sont réconcilier, ou avec Steve avec qui elle est semble-t-il devenue proche.
Des mois plus tôt quand tout aurait été plus simple, quand tout aurait été logique c'était lui qui avait prit la fuite. C'est lui qui a parcourut le monde en prenant toujours grand soin de garder ses distances même quand il savait qu'elle le cherchait, qu'elle voulait le voir.
Il n'a que ce qu'il mérite. Alors il se retourne vers la table, regroupe ses affaires et retourne dans son laboratoire pour s'y enfermer.
Lorsque Natasha arrive dans sa chambre, elle s'effondre contre le mur à l'entrée.
Son corps rouspète violemment. Elle sait ce qui lui arrive. Elle fait que crise de panique. Ce n'est pas la première. Elle en a déjà fait. Mais celle-ci lui retourne l'estomac. Elle a envie de vomir. Alors lentement elle tente de ralentir sa respiration. Mais les minutes filent et rien n'y fait peu importe combien elle se concentre.
"- Fri-friday."
Sa voix est toujours cassée et sa respiration laborieuse n'aide en rien. Elle agrippe son haut d'une main pour l'empoigner comme si ça allait aider.
"- Mademoiselle Romanoff ? Répond la voix de l'IA.
- Où... où est... Ste-v ?"
Un geignement de douleur passe les lèvres de la jeune femme alors qu'elle se redresse péniblement. Le monde autour d'elle tangue. Mais elle force. Elle doit s'accrocher. Elle sait que l'IA va lui répondre.
"- Dans sa chambre Madame."
Alors immédiatement Natasha entreprend d'avancer. Elle tangue tellement qu'elle manque de tomber. Une main crispée sur son front, elle pose l'autre contre le mur pour se raccrocher à quelque chose alors qu'elle franchit la porte de sa chambre pour revenir dans le couloir.
Très lentement, trop lentement, et dans des soupirs de douleurs la rousse parvient à la porte du blond qui s'ouvre d'elle même.
"- Friday qu'est-q'... fait le blond râleur en se redressant mais il s'interrompt en découvrant l'espionne. Natasha !"
Aussitôt le carnet vole avec le crayon pour atterrir vers le bout de la méridienne alors qu'il se précipite vers la jeune femme. Il l'a rattrape in-extremis quand il la voit basculer vers l'avant et manquer de s'écraser au sol. Mais le soupire de soulagement est de courte durée. Natasha au creux de ses bras a déjà perdu connaissance.
La colère refait surface au creux du torse du Captain alors qu'il avait réussit à l'oublier en griffonnant. Elle est mélangée à une peur fébrile. Mais cette fois cette colère est dirigée contre lui même et il se traite d'idiot. Il aurait du rester près d'elle.
Au final lui aussi il la fait souffrir. Parce qu'il ne s'agit que de ça n'est-ce pas ? La souffrance d'une distance et d'un manque. Sinon pourquoi d'autre serait-elle venu le trouver ? Simplement parce qu'ils ne sont plus que trois dans le quartier "A" ? Égoïstement il espère que ce n'est pas l'unique raison.
Voici le chapitre 16.
Avec un peu de retard cette fois ci. Les choses s'équilibrent.
Enjoy !
