Hey ! Je verrais en fonctions des com's si je dois continuer l'histoire ou bien la laisser en OS. :D Voilàà bonne lecture !
On aurait dit une danse.
Une danse mortelle, effrénée.
Un effleurement de la peau, la déchirant comme du papier, droite, gauche, le sang qui gicle de la plaie. Un corps qui s'effondre, la vie qui quitte lentement le corps, qui laisse l'âme s'échapper. Et rebelote. Un sifflement dans l'air, dans le silence calme. Trop calme. Pas une hésitation, après tout il n'a pas à en avoir n'est-ce pas ? Il n'a pas le choix. Enfin, plutôt, il l'a déjà fait. Il ne peut plus s'arrêter, il en a déjà trop fait.
Tant pis, après tout, n'a-t-il pas fait tout ça exactement pour lui ?
Ses yeux rouges brillent dans la nuit. Le sharingan est activé. Il sait que la lune est pleine ce soir, peut-être est-ce un hasard, peut-être non ? La nouvelle fera le tour du village demain.
Un katana dégainé, un shuriken lancé, un kunai envoyé. Les corps s'amoncellent, il n'en a cure. De toute façon, c'est trop tard, alors pourquoi laisser les regrets envahir son coeur maintenant ? Il aura tout le temps demain... Tout le temps possible vraiment. Jusqu'à ce qu'on vienne le tuer.
Il saute de maison en maison. Tout le quartier est silencieux. On n'entend pas les cris, il est trop rapide pour ça. Ils sont tous tellement pris au dépourvus... Comment auraient-il pu deviner ?
La lumière s'allume, le sang éclabousse les fenêtres, puis tout redevient noir. N'est-il pas un professionnel, un génie ? Comme on l'appelait... Le prodige. Des ombres sur les murs, il voit sa silhouette assassiner sans pitié.
Ou plutôt sans la montrer.
Mais il y prend goût. Il ressent une sorte de satisfaction à voir leurs corps s'écrouler un à un, eux qui se croyaient si protégés, eux qui avaient si confiance en leur clan. Ce clan... Un frisson de dégoût le prend. Ils ramenaient tout à lui. Il passait avant tout.
Le clan, le clan, le clan. Ils n'ont que ce mot à la bouche. Le résultat est là, ils ne pourront plus jamais le dire. Il prend plaisir à asséner de plus en plus violemment les coups, enfonçant plus profondément la lame à chaque fois qu'elle transperçait un corps. Des éclats rouges, des reflets métalliques qui scintillent dans la lumière lunaire.
Et lui qui sourit à chaque fois qu'il barre d'un croix la maison pour passer à une autre.
Il décide de rendre " visite " à ses géniteurs en dernier. Il refuse de les appeler "parents". Ceux qu'il aperçoit dans les rues, il passe d'un seul geste à leurs côtés, tombants morts en une seconde. Inutile de s'apitoyer sur eux. Il ne le veut pas, et il s'en moque.
Un, deux. Un, deux, Un deux. La cadence continue comme sur un rythme de chanson. Un, il arrive. Deux, ils s'effondrent et lui repart. On ne le distingue que lorsqu'on meurt.
Une danse ou une musique ? Peut-être un peu des deux. Quelque chose de destructeur, de magnifique mais de mortel. Une contrepartie à cette beauté fulgurante. Une valse funèbre.
Il virevoltait, il se tournait, il plongeait. Le tout en quelques secondes, d'un effet éphémère. Encore ces choses qui ne duraient qu'un instant. Mais le tout se répétait quelques instants plus tard dans une autre maison, dans une autre danse.
Un imperceptible sourire affiché sur le visage, un sourire effrayant. Quiconque qui l'aurait vu en ce moment, l'aurait incontestablement pris pour un fou. Et pourtant, il se sentait plus lucide que jamais. Il accomplissait son travail comme un vrai ninja. Sans émotions. Sans hésiter. Sanslaisser ses sentiments prendre le dessus. Quoique... Sa joie malsaine le faisait tuer avec plus d'ardeur.
Ses habits d'Anbu étaient tâchés de sang. Mais pas le sien. Il n'avait même pas reçu un seul coup offensif. Sa discrétion et son agilité, tant louées, jouaient à présent en sa faveur. Le seul bémol était sa tenue. Ses cheveux teints de rouge qui n'avait rien à voir avec une quelconque peinture, ses vêtements constellés de tâches écarlates. Son visage... Il n'avait pas été épargné lui non plus.
Deviens la mort personnifiée. Ne laisse personne t'atteindre, deviens ce que tu as toujours redouté. Deviens ce qui fait trembler les autres, ce qui fait pleurer les veuves, ce qui fait craindre la vie elle-même. Deviens ce que tu n'as jamais voulu être, ce qui te correspond finalement. Ce que tu deviens lentement, peu à peu, sans même en prendre compte, ce qui a toujours été toi. Ce que tu ne voulais pas avouer.
Deviens la destruction. Voilà-même ce qu'est un ninja.
Mais au final qu'est-ce donc ? Une arme. Une machine de guerre. Que ce soit pour les missions, pour protéger, dans une guerre ou même comme il le faisait en ce moment, un ninja avait toujours été programmé pour tuer.
Dès leurs jeunes âges, on le plaçait un kunai dans les mains avec pour seuls ordres : Vas-y sers t'en.
Mais lui n'a jamais été un enfant. L'a-t-on déjà vu se comporter comme tel ? Un adulte dans son esprit, un corps enfantin.
Ses cicatrices ne s'effaceront jamais à lui. Il a toujours été l'espoir, l'héritier. Celui qui perpétuerait la lignée, sans qu'on lui ait demandé ce qu'il voulait. Il le savait, il n'était qu'un pantin, et c'est pour ça que la flamme de haine sans ses yeux redouble d'intensité.
Son bras virevolte à nouveau, vacille, tourne, se baisse et enfin frappe. Les gouttes d'hémoglobines s'envolent dans l'air comme une mince pluie de gouttelettes d'eau. Sauf que ce n'est pas de l'eau, et que le sang finit par retomber.
Vise, esquive, tranche, abat, rencontre une lame comme adversaire, déjoue et enfin touche son but. Car il finit toujours par le toucher, toujours, après tout comment ne le pourrait-il pas ? C'est son ordre, c'est son devoir et de plus en plus son envie. Il s'en moque de ses choses stupides appelées regrets. Non, non, il n'en éprouve pas.
Ressentir quelque chose pour ces gens ? Ces gens qui l'ont toujours utilisé, et allaient le continuer, s'il n'avait pas fait ce massacre ? Il saute, il bondit et tente d'échapper à cette atmosphère oppressante. Il se réfugie dans l'air frais de la nuit. Cette nuit noire, baignée seulement par la lumière de la lune et quelques étoiles. Il a toujours aimé la nuit, cette sensation de liberté qu'il ne ressens pas la journée, de se dire qu'il est enfin libre, que plus personne jamais ne pourra tirer les fils de ses actions. Une marionnette. Déjà tout petit, il n'aimait pas les marionnettes. Elles lui ressemblaient trop pour qu'il puisse les apprécier. Et pas forcément en bien. Comme quelque chose de faible, qui n'a pas de droits sur sa propre vie. Non, vraiment, il n'a jamais pu tolérer ces jouets.
Et il continue son chef-d'oeuvre de destruction, bondissant de plus belle. Il sait ce qui lui reste à faire. Il n'est pas encore allé voir la dernière demeure. La dernière... Celle où il est né, celle où il a grandi, celle où son frère a vu le jour. Son frère... Il secoue la tête de droite à gauche. Inutile de penser à ça. Il verra plus tard.
Se concentrer sur Fugaku et Mikoto. Rien de plus que des noms. Eux aussi ont voulu l'utiliser. Une haine sans nom prend place dans son coeur. Ses propres parents... l'ont jugés comme une simple machine. Un génie. Un surdoué. Mais un instrument aussi. Et ça il ne peut le supporter. Le goût du sang prend place dans sa bouche. Un goût acre, métallique. Salé. Inutile d'y penser.
Il balance son katana sur son épaule et saute adroitement sur le sol. Il s'y rendra à pied. Lentement avec grâce. Il marche dans les ruelles menant à sa demeure, les cadavres jonchant le sol. Des déchets. Rien de plus que des êtres inutiles. Shisui avait été le seul qui méritait un peu de respect. Et c'est pour ça qu'il restera à jamais dans sa mémoire. Un héros.
Il jette un coup de pied à un corps qui barre son passage. Il ne leur fera même pas le privilège de les enjamber. Qu'ils s'écartent de sa route, de son chemin déjà tout tracé. Les femmes, les enfants, les adultes, les vieillards. Aucune considération. De toute façon, une dernière fois, le choix ne lui appartenait pas. Le reste ne sera plus qu'à lui. C'est lui qui dirige le jeu, qui fixe les règles. Aucun écart ne sera toléré. Tout se passera selon ses plans.
Il sait qu'il arrive lentement mais sûrement à son ancienne maison. Ancienne car après tout ce massacre, il ne peut plus l'envisager comme la sienne. Il n'a pas encore fini, mais sitôt les corps des parents tombés, il partira. Il ne sait pas où, après tout il verra bien où ses pas le mèneront. Nunekin... de Rang S sûrement.
Peu importe. C'était son choix.
Il aperçoit de la lumière à l'intérieur. Son père, armé, katana en main. Il esquissa un sourire. Cela lui prendrait une minute ou deux, rien de plus. Sasuke était encore à son entraînement, il le savait. De plus, cela permettrait à son cher petit frère d'améliorer ses capacités, et surtout de rester en vie.
Reste en vie. Surtout fais-le...
- Je savais que ça arriverait un jour, murmure doucement son père.
Il ne fait qu'esquisser un sourire. Mélange d'amusement et de mépris. S'il avait tout prévu alors pourquoi laisser les évènements s'enchaîner ? Tout n'était que bluff avec lui.
A côté, Mikoto pleure. Grand bien lui fasse. Elle n'avait qu'à pleurer avant, les regrets c'était trop tard.
- I.. Ils sont t-t-tous mm-mort ? bafouille-t-elle entre deux sanglots.
Il lui jette un regard impassible. Froid. Le sang sur tes vêtements et ta chevelure est-il inventé ? Il décide de lui ôter la vie la première. Rien n'est plus facile. Il s'élance, et sans que son père n'ait le temps de le contrer, voici la lame enfoncée dans le ventre de sa génitrice. Elle s'effondre, les mains pressées contre celui-ci.
Plus une seule parole du côté de son père, celui-ci ne fait que le fixer avec haine, espérant secrètement que le clan n'ait pas été décimé entièrement. Il réalise - trop tard - qu'il aurait du fonder ses espoirs avec son cadet.
Son tour est venu. Le jeune Uchiha ne lui laisse pas une seule chance et lui tranche la gorge dans un seul mouvement. Exactement comme il l'avait prévu. Sauf que quelque chose est venu bouleverser ses plans. Il entend les cris apeurés de son frère, il entend les larmes de Sasuke. Il songe à s'enfuir avant de rester tranquillement là, à attendre que son frère vienne à lui. Il nettoie consciencieusement son arme avant de retirer son bandeau. Son arme trace lentement un signe horizontal sur ledit bandeau.
Le symbole des déserteurs.
Mais n'est-ce pas ce qu'il est désormais ?
Des kunais sont plantés un peu partout dans les murs au-dehors. Il sait que Sasuke va bientôt les remarquer. Peu importe. Il se fera une raison. Ou alors non... Mais son pacte avec Danzo est toujours valable il en conscient. Un peu trop conscient même.
Il ressent la présence de son frère derrière les grandes portes en bois, celui-ci tremble. Il les ouvre avec effort et en grand. Le regard de Sasuke tombe en premier sur les corps avachis de son père et de sa mère. Il entre en courant presque, son visage exprimant un désarroi, une frayeur insoupçonnable. La tristesse, la peur. Tout ce qui n'est pas chez Itachi est représenté sur sa face à lui.
Ses yeux s'écarquillent lorsqu'il voit s'approcher les pas de son grand frère, qui quitte peu à peu la pénombre. Ses yeux expriment une question bien particulière, se demandant que s'est-il passé. Question qui trouve rapidement sa réponse lorsqu'il comprend peu à peu, se reculant de frayeur.
La visage d'Itachi se tourne lentement vers son frère. Son sharingan brille dans la nuit, lui faisant ressembler à un animal enragé. A un assassin.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Papa et Maman ? crie Sasuke, mélangé entre peur et haine. Il ne comprend pas. Il ne peut pas comprendre de toute façon. Personne à part lui et le conseil ne peut comprendre.
Un shuriken est rapidement lancé dans l'air, lui effleurant l'épaule et va se ficher dans le mur. Ses yeux sont ornés du Mangekyou Sharingan. Il peut dire merci à Shisui. Il ne l'avait jamais estimé à sa réelle valeur auparavant. Erreur... Erreur.
Le visage de son frère exprime une vive surprise avant de se presser l'épaule. Ses yeux demandent la même litanie. Pourquoi ? Pourquoi ?
- Pourquoi tu as tué Papa et Maman ? Et le clan ? Itachi ! hurle-t-il presque dégoûté.
Il répond d'une voix égale. Presque comme s'il s'en moquait. Peut-être parce qu'il veut se persuader que c'est le cas...
- Pour tester mes capacités.
- Nii-san ? Pour...Te tester ? Mais... Bredouilla le cadet, les larmes dévalant le long de ses joues.
- Regarde moi, lança Itachi toujours aussi fermé et impassible.
Il plongea alors ses orbes rougeoyantes dans celles noires et paniquées de son frère, le précipitant dans un genjutsu. Il le fit participer à chaque action, à chaque coup donné, à chaque échange de lames, à chaque sang giclé. Il entendait les cris stridents de Sasuke, le suppliant d'arrêter. Non, il devait continuer, il devait être sûr qu'il le déteste, qu'il le haïsse du plus profond de son être.
Sasuke s'effondra d'un coup, les mains pressées sur ses oreilles tandis qu'Itachi sortait lentement de la propriété. Il savait que son frère viendrait le retrouver. Ce n'était plus qu'une question de secondes.
En effet, quelques instants plus tard, il entendit une voix l'appeler en pleurant et en courant. Il se stoppa, se tournant lentement afin de faire face à son cadet. Celui-ci avaient des larmes dégoulinants de ses joues, le fixant d'un air si triste si malheureux qu'il eut du mal à garder son expression impassible et froide. Ils se fixèrent dans les yeux un instant tandis que le vent se levait, et que les nuages noirs venaient couvrir la lune.
- Stupide petit frère, si tu veux me tuer, maudis moi, haïs moi, fuis comme le lâche que tu es... fuis, accroche toi à la vie, et un jour, quand tu auras les même yeux que moi, vient me retrouver.
Sur ce, il fixa de nouveau son frère droit dans les yeux, le faisant sombrer dans un profond sommeil.
Et tandis qu'il s'écartait, qu'il reprenait son chemin, et qu'une larme venait perler le coin de son oeil gauche, il se disait que oui- peut-être.
Peut-être qu'en fin de compte, il avait quelques regrets.
