*sort un drapeau blanc*
Bonjour !
*sort la tête de son bunker*
C'est bon ? Je peux sortir ?

Je tiens à remercier Chrome-chan96 qui a l'amabilité de ne pas vouloir me tuer (pour avoir la suite), et julie91 pour sa review même si elle veut m'envoyer le Hulk :P

Ce chapitre est plus long que les autres, pour me faire pardonner haha !

Bonne lecture :)


Un bip strident et régulier retentissait à mes oreilles.

Je gémis.

C'était quoi ce bruit insupportable ?

La douleur me vrillait la poitrine. Je toussai, gêné par un tube dans ma gorge, avant que la souffrance ne s'intensifie à cause du mouvement. J'avais un mal de crâne atroce, et l'impression que mon cœur avait fait un petit séjour dans un broyeur, accompagné de mes poumons, puis qu'ils étaient tous les trois joyeusement partis se faire hacher menu.

Bon sang, mais il se passait quoi là ?

Une odeur bizarre, que je n'arrivais pas à identifier, flottait dans l'air. Définitivement, je n'étais pas chez moi.

Pourquoi ?

J'esquissai un mouvement, mais la douleur me vrilla le torse.

Et puis, tout me revint en mémoire d'un coup. La conférence. La journaliste –je la connaissais, mais d'où ?– et son revolver. La détonation. Le choc dans ma poitrine. La douleur. Le regard paniqué de Steve.

Steve. Où était-il ?

Je tentai d'ouvrir les yeux, pour essayer d'identifier l'endroit où je me trouvais, mais la lumière était trop forte. Alors je les refermai, et plongeai de nouveau dans l'obscurité bienvenue de l'inconscience.


-C'est tout simplement inadmissible ! Comment peuvent-ils être assez stupides pour négliger à ce point la sécurité de la salle de conférence de leur propre bâtiment ?!

-Steve, calme-toi, s'il te plaît. Tout le monde n'a pas JARVIS à sa disposition pour gérer la sécurité. Ce sont des êtres humains, et les êtres humains font des erreurs. Comme tout le monde.

Natasha, je crois. Ou Pepper ? Difficile à dire, j'avais tellement mal à la tête… Sans tenter d'ouvrir les yeux, j'essayai de comprendre ce qui se disait. Bon point, je n'avais plus de tube dans la gorge. Mauvais point, vu l'odeur d'antiseptique, je n'étais toujours pas à la maison.

-Mademoiselle Potts, je suis désolé mais je ne me calmerai pas, répondit mon amant d'un ton qui frôlait le zéro absolu.

Ah, Pepper donc.

Steve continua sur le même ton glacial :

-Mon fiancé a failli mourir il y a deux jours suite à une négligence de sécurité de la part du New York Times dans leurs propres locaux, je suis aussi calme qu'il m'est possible de l'être actuellement.

Un soupir. Typiquement Pepper. Elle en poussait beaucoup lorsque je rechignais à prendre mes responsabilités vis-à-vis de Stark Industries, c'est-à-dire très, très souvent –pas de commentaires, merci.

-Bon, très bien, tant que tu ne détruis pas cet hôpital. En ce qui concerne l'attaque, justement, JARVIS s'est introduit dans le serveur central de la police de New York pour me donner accès à tous les éléments du dossier de l'interrogatoire de cette femme.

-Et ?

Le ton de Steve était sec et dur –je l'imaginais très bien à cet instant, mâchoire serrée, visage fermé, regard glacial. Pepper soupira de nouveau, et je l'entendis allumer son StarkPad –elle devait sûrement montrer les documents de la police de New York à mon fiancé.

-Il s'avère qu'elle fait partie des anciennes amantes de Tony, et qu'elle n'a pas supporté de le voir se fiancer, et encore moins avec un homme. Elle a tenté de se rapprocher de lui, insistant pour assister à toutes les soirées qu'il organisait, toutes ses conférences de presse. Elle espérait obtenir plus qu'une seule nuit avec lui, voire toutes les nuits d'après ce qu'elle a révélé lors de l'interrogatoire –elle a aussi insisté sur le fait que si elle ne peut pas l'avoir, personne ne peut, ou quelque chose d'approchant.

Mon associée reprit son souffle et continua :

-Natasha lui a logé une balle dans l'épaule et une dans le genou au moment où vous êtes tous rentrés dans la salle : la première pour lui faire lâcher son arme, la deuxième pour l'empêcher de fuir, d'après ce qu'elle a dit à la police. La journaliste se trouve actuellement menottée à un lit dans un hôpital de la ville, et ne le quittera que pour aller en prison. Elle n'a bien entendu aucune chance de s'en tirer lors du procès, étant donné la masse de témoins présents lors de la conférence de presse. On est tranquilles de ce côté-là.

-Je veux suivre chaque étape du procès, l'interrompit mon amant. Et rencontrer les avocats le plus tôt possible.

-Bien entendu, répondit Pepper. Nous avons déjà porté plainte contre elle, et trois des meilleurs avocats du service juridique sont sur le coup. Une trentaine de témoins se sont manifestés auprès de Stark Industries pour défendre Tony, avant même que l'on ne demande quoi que ce soit.

Je sentis mon fiancé se détendre imperceptiblement, avant de poser la question qui le taraudait –et moi aussi d'ailleurs :

-Son nom ?

Il y eut un petit silence –Pepper devait se mordre la lèvre, elle faisait souvent ça aussi, quand elle était sur le point de me dire quelque chose que je n'allais pas aimer. Puis elle lâcha l'information comme une bombe :

-Christine Everhart.

Et merde. Je ne pensais pas qu'elle était aussi cinglée. En même temps, elle me suivait partout depuis quelque temps –longtemps– j'aurais pu me douter de quelque chose. Enfin quand même ! Je savais que j'avais une certaine tendance à mal choisir mes coups d'un soir, mais là c'était vraiment un mauvais retour de karma !

-Elle est journaliste à Vanity Fait Magazine, précisa Pepper. Tu l'as sûrement rencontrée au gala de charité pour la Fondation de Secours Stark.

Steve resta silencieux, mais je sentis la main qui tenait l'une des miennes se raidir brusquement et broyer mes doigts.

-Aïe, grognai-je sans ouvrir les yeux.

La prise se détendit instantanément autour de ma main, sans pour autant que mon amant ne me relâche complètement.

-Tony ? Tony, tu m'entends ?

La voix de mon fiancé était inquiète et soulagée à la fois. Je voulus le rassurer mais ne pus que tousser, et les spasmes me firent gémir, avant que la douleur ne me terrasse et que je ne sombre à nouveau dans l'inconscience.


J'avais mal. Genre très, très mal.

-D'après son dernier examen de routine, sa tension est toujours basse, et son abdomen est rigide, ce qui peut indiquer une hémorragie interne. On va lui refaire passer un scan en urgence. Ne vous inquiétez pas, Capitaine Rogers, nous allons prendre soin de votre fiancé.

-Merci docteur.

Steve lâcha ma main, et je sentis le lit bouger. Les vibrations de la structure se répercutèrent dans mon corps, m'arrachant un gémissement de douleur lorsqu'elles se propagèrent dans mon torse.

-Tony ? appela Steve d'une voix tremblante. Tony, je suis là. Tout va bien, tu vas juste faire des radios, ça va aller, ça…

Sa voix se brisa dans un sanglot.

Je savais que ça n'allait pas.

J'avais trop mal. Pas dans le torse cette fois, juste en dessous des côtes, et la douleur se diffusait par vagues dans mon ventre dès que j'inspirais. J'entendis vaguement Natasha murmurer des paroles rassurantes à mon fiancé, mais le médecin devait m'avoir injecté un truc parce que je me sentis partir.


-Tony… Tony, je…

La voix de Steve était basse. Fatiguée.

Je luttai pour m'accrocher à ses mots, alors que l'inconscience m'appelait encore. Mais j'avais besoin d'entendre mon fiancé. Encore un peu, négociai-je avec la brume qui avait envahi mon cerveau. Encore quelques minutes…

-Je ne sais pas trop quoi te dire…

Je tentai de bouger, mais aucun des membres de mon corps ne réagit. J'avais l'esprit embrumé, pâteux, comme après une cuite. Et pourtant, les derniers souvenirs que j'avais étaient la douleur dans mon ventre, la voix inquiète mais professionnelle d'un médecin, et la voix terrifiée de mon amant qui tentait de me rassurer. Aucun verre d'alcool au compteur.

-Les médecins disent qu'il faut te parler, que tu entends ce qu'on te dit malgré le fait que tu sois dans le coma, alors…

J'essayai de toutes mes forces d'ouvrir les yeux. Je voulais le voir, lui montrer que je l'entendais, tenter de le rassurer –sa voix était toujours tremblante, épuisée, anxieuse aussi.

Mais mon corps ne m'obéissait pas.

-Je suis tellement inquiet pour toi. Ils disent que tu vas t'en tirer, mais cela fait déjà trois jours que tu ne te réveilles pas. Je ne peux pas te perdre, je n'y survivrai pas. Alors, s'il te plaît, je t'en supplie, reviens-moi…

Mon cœur se brisa sur ses derniers mots, tant la douleur qui émanait de la voix de mon fiancé était intense. Je ne voulais pas le blesser, je ne voulais pas qu'il souffre, je ne voulais pas qu'il vive ce que j'avais enduré lorsqu'il était blessé.

Il prit ma main dans la sienne, et je voulus serrer ses doigts.

Encore un échec.

Malgré toute ma volonté, je ne parvins pas à imposer le moindre mouvement à ma main. Steve appuya ses lèvres sur mes doigts, et je pus sentir des larmes couler sur ma peau.

Non !

-Je t'en prie… Tony… je ne peux pas… s'il te plaît… je ne suis rien sans toi… reviens… ne me laisse pas… je t'en supplie.

Je voulus hurler.

« STEVE ! »

Mon cri silencieux résonna dans mon crâne, sans que son écho n'atteigne ni la pièce, ni mon fiancé.

Le désespoir m'arracha à la conscience, et je basculai à nouveau dans l'obscurité.


-Il ouvre les yeux !

-Merci, Romanoff, j'avais pas remarqué, grognai-je en tentant de me redresser tant bien que mal.

Un soupir soulagé assorti d'un immense sourire fut ma seule réponse, quelques secondes avant que Steve ne déboule dans la pièce, alerté par Natasha qui avait bondi dans le couloir :

-Tony !

Ses mains s'emparèrent des miennes immédiatement, et il s'assit sur le lit, se collant contre moi, un sourire incertain mais tendre sur le visage. Sa voix se voulait assurée lorsqu'il me demanda :

-Comment tu te sens ?

-Comme si un quinze tonnes m'avait roulé dessus avant qu'on me jette dans un broyeur industriel.

Le sourire disparut instantanément des lèvres de Steve, remplacé par un regard inquiet. En vérité, j'avais moins mal que les autres fois où j'avais presque réussi à reprendre totalement conscience. Je n'avais plus de tube dans la gorge, ce qui voulait dire que je pouvais respirer –et parler !– à ma guise, mon sens de l'ironie était de retour donc mon cerveau ne devait pas être trop amoché, et je pouvais enfin ouvrir les yeux sans que la douleur me vrille la tête.

-En vrai ça va hein Stevie, tentai-je de le rassurer d'une voix douce en serrant sa main dans la mienne.

Le soulagement se peignit sur ses traits, et il caressa ma joue du bout des doigts, très tendrement.

-Tony… J'ai eu tellement peur pour toi, si tu savais. Quand j'ai entendu les coups de feu, quand j'ai bondi dans la salle et que tu t'es effondré, quand j'ai cru que tu étais… Que tu étais…

Il inspira vivement :

-J'ai compris ce que tu avais dû vivre quand je suis tombé après l'assaut contre HYDRA, ce que tu avais ressenti lorsque je ne reprenais pas conscience.

Il eut un petit sourire :

-Toutefois, je t'ai fait attendre une quinzaine d'heures seulement, alors que ça fait huit jours que tu oscilles entre la vie et la mort. Tu parles d'une vengeance, espèce de sadique.

Je lui souris tendrement, et m'apprêtais à lui répondre, mais fus pris de court par un médecin :

-Bonjour, monsieur Stark.

Steve se retourna instantanément vers l'homme en blouse blanche qui venait d'entrer dans la pièce. Il arborait un sourire rassurant.

-Bonjour, docteur, répondit mon fiancé.

-Monsieur Stark, je suis le docteur William Spencer. C'est moi qui vous ai opéré lorsque vous avez fait votre hémorragie interne. Le docteur Henry Greyson, qui s'est occupé de votre blessure par balles, va nous rejoindre dans quelques instants.

Je hochai la tête, essayant d'assimiler ce qui se passait. Hémorragie interne ?

Je n'eus pas le loisir de m'interroger plus avant, puisqu'un autre médecin en blouse blanche pénétra dans ma chambre :

-Docteur Henry Greyson. Monsieur Stark, vous nous avez fait une belle frayeur ! La première balle a frôlé votre cœur pour traverser votre poumon gauche, et la deuxième a déchiré le muscle cardiaque avant de vous fêler une côte. Fort heureusement, nous avons réussi à tout réparer, même s'il vous faudra trois semaines de repos complet pour que votre côte se répare correctement.

Le docteur –euh, c'était quoi son nom déjà ? ben l'autre du coup– renchérit :

-Vous avez également fait une hémorragie de la rate –sans doute due au contrecoup du stress causé à votre organisme par les blessures par balles, et à vos années de débauche.

Je grognai.

Ouais, pas besoin de me rappeler que je ne prenais pas du tout soin de moi avant de commencer à fréquenter Steve, merci.

-Nous avons dû vous retirer la rate, mais nous avons pu stopper l'hémorragie avant que vous ne soyez dans un état trop critique. Vous avez ensuite été placé en coma artificiel pendant deux jours, le temps que votre corps récupère, mais vous avez mis trois jours de plus à vous réveiller –votre organisme avait sans doute besoin de plus de temps pour se remettre totalement. On va vous garder ici pendant trois semaines encore.

-Non.

-Non ? me répondit le chirurgien en haussant un sourcil.

Je soupirai. Il était sourd ou quoi ?

-Non. Je veux rentrer. Il y a un étage médical tout équipé à la Tour Avengers. Je veux être transféré là-bas dans la journée. J'y serai mieux qu'ici.

-Monsieur Stark, je…

-Ecoutez, docteur, euh, Spencer c'est ça ? J'ai envie de rentrer chez moi. Vous aurez tout le loisir de venir m'examiner là-bas, de me faire passer autant d'IRM et de scanners que vous voulez parce qu'il y a ce qu'il faut à la Tour, et même de m'opérer encore si c'est nécessaire. Mais je veux rentrer chez moi. Ne serait-ce que pour ma propre sécurité.

-Vous êtes parfaitement en sécurité ici, monsieur Stark, répliqua l'autre, euh, Greyson si je ne me trompais pas.

J'eus un rire jaune :

-Excusez-moi, franchement, mais la seule et unique fois où la conférence de presse ne se passe pas à la Tour, je me fais tirer dessus. Alors je suis désolé d'être devenu un peu parano, mais dans l'éventualité malheureusement non négligeable où d'autres folles furieuses veulent s'en prendre à moi –ou à Steve– je ne serai pas en sécurité ici. JARVIS ne peut pas contrôler tous ceux qui entrent ou sortent de l'hôpital, que ce soit le personnel ou les visiteurs. Alors qu'il peut le faire à la Tour. Je rentre cet après-midi.

Les deux médecins se regardèrent et soupirèrent de concert –ah, ils commençaient un peu à cerner ma personnalité–, avant que Spencer ne se tourne vers moi et accepte dans un hochement d'épaules.

-Très bien. Vous serez transféré aujourd'hui, je vous apporte les papiers à signer pour qu'on puisse vous laisser sortir d'ici. Mais nous vous surveillerons de près, et nous viendrons tous les jours vous examiner.

-Ou alors vous pouvez laisser le docteur Bruce Banner le faire, répliquai-je. Il a les qualifications nécessaires pour m'ausculter, non ?

-Nous lui demanderons des comptes-rendus, monsieur Stark. Si vous tentez de vous soustraire à un examen, nous le saurons. Et nous viendrons faire touts les examens suivants, sans négociation possible.

Ils quittèrent la salle, me laissant seul avec mon fiancé. Qui me regardait comme si j'étais la chose la plus fragile du monde.

Je levai une main tremblante et m'accrochai à sa nuque pour l'attirer vers moi. J'avais besoin de sentir ses lèvres sur les miennes, de respirer son odeur, de me nourrir des battements de son cœur contre mon torse.

Ce baiser avait un goût de désespoir, de passion et de miracle, tout à la fois. Steve se pressait contre moi, faisant toutefois attention de ne pas me faire mal, et je respirai sa peau avec délices.

-Je t'aime tellement, Tony. Je t'interdis de mourir, tu as compris ?

J'eus un rire que je voulais léger :

-Je vais faire de mon mieux, Capsicle.

Puis je l'attirai à moi pour un nouveau baiser.


Cela faisait maintenant dix jours que j'étais sorti de l'hôpital –i.e. retourné dans la Tour Avengers, à l'étage de l'unité médicale–, et je m'ennuyais ferme.

Je n'avais le droit de rien faire, à part dormir, manger et regarder la télé, puisque j'étais coincé au lit sur ordre formel de mes médecins –j'avais d'abord eu l'intention de désobéir, évidemment, mais Steve, Bruce et JARVIS s'étaient ligués contre moi et me surveillaient en permanence. Et pour un homme comme moi qui avait l'habitude de dormir moins de six heures par nuit, de sauver le monde une ou deux fois par semaine et de bosser sur des inventions plus géniales les unes que les autres, c'était une torture.

Les autres étaient partis en mission le matin même, avec Rhodey qui me remplaçait depuis que j'étais coincé dans un lit d'hôpital. Pepper passait en général me voir lorsque les Avengers s'absentaient, mais elle avait un conseil d'administration de Stark Industries toute la journée.

J'étais donc seul.

Et horriblement désœuvré.

-JARVIS ?

-Oui monsieur ?

-Ca avance ?

-Le Capitaine Rogers m'a expressément demandé de ne vous donner aucune information sur le déroulement de la mission tant que celle-ci ne sera pas achevée, monsieur.

Je grognai. Oui, je savais, c'était comme ça à chaque fois, secret absolu pour ne pas que je m'inquiète, et blablabla, mais j'en avais vraiment ras le cul d'être là à rien faire. Surtout que je me sentais parfaitement bien ! Et terriblement frustré. Parce que mon repos complet incluait une absence totale de sexe. Et bordel, qu'est ce que j'avais envie de mon fiancé ! Sauf que lui, bien trop inquiet pour moi, refusait obstinément de faire quoi que ce soit avant la fin des trois semaines de repos absolu prescrites par mes médecins.

RAAAAH !

J'étais donc doublement frustré. Par mon inactivité forcée en général, et par mon inactivité forcée côté sexe en particulier.

-Monsieur ?

-Oui JARVIS ?

-Le Capitaine Rogers vous fait dire que la mission est terminée, et que les Avengers seront à la Tour d'ici une petite heure.

Parfait. J'avais besoin de compagnie –ils étaient partis depuis plus de six heures.

-Mets-moi en liaison vidéo avec le Cap'.

L'écran face à moi s'alluma, et je pus voir le visage fatigué de Steve, mais il ne semblait pas être blessé. Bien.

-Bonjour mon cœur, murmura-t-il. Comment tu te sens ?

-Frustré. J'ai envie de toi. Sinon, euh, reposé, et soulagé que tu ailles bien. Tu vas bien, pas vrai ?

Un sourire se dessina sur ses lèvres, et il leva les yeux au ciel –encore un truc que je lui avais appris, décidément, au lit ou dans la vie, c'était un élève attentif et doué– avant de répondre :

-Je vais bien. Aucune blessure sérieuse, quelques hématomes, c'est tout. Clint par contre s'est pris une balle dans la jambe, mais Bruce l'a retirée.

Après l'épisode de la presque-mort de Steve, j'avais rajouté tout un tas de matériel médical dans le Quinjet, du type défibrillateur, bombonnes d'oxygène, électrocardiogramme, échographe portable, en plus du kit de base –antibiotiques, fil, aiguilles, bandages, poches de sang.

-Ca va mieux, mais il va pouvoir te tenir compagnie pendant quelques jours, ajouta mon fiancé avec un sourire moqueur. Bruce ne veut pas qu'il sollicite sa jambe pendant une semaine complète.

-Génial, grommelai-je en levant les yeux au ciel –personne ne faisait ça mieux que moi, décidément.

-Je te rejoins dès qu'on arrive. On passe en mode furtif, je dois couper les communications. A tout à l'heure mon cœur.

-A tout à l'heure, Steve.

Je tolérai les surnoms gnian-gnian de la part de mon fiancé –bon, OK, je ne faisais pas que le tolérer, j'adorais quand il m'appelait comme ça, mais chut–, mais ne pouvais me résoudre à les utiliser à son encontre. Et ça ne semblait pas le déranger, alors tant mieux.

JARVIS éteignit l'écran, et je me renfonçai dans mes oreillers, fermant les yeux pour tenter de dormir –encore. Je n'avais que ça à faire, après tout. Les programmes télé en journée étaient principalement constitués de feuilletons à l'eau de rose pour grand-mères, et je n'avais pas envie de regarder un film pour le moment.

Steve arriva une cinquantaine de minutes plus tard, toujours en uniforme, couvert de poussière, et je lui tendis les bras mais JARVIS verrouilla la chambre avant que mon fiancé n'ait passé la porte.

-JARVIS ! Qu'est ce que tu fais ?!

-Les docteurs Spencer et Greyson ont précisé que votre chambre devait rester la plus propre et stérile possible, et je crois que la tenue du Capitaine Rogers ne remplit aucun de ces critères. Il est souhaitable qu'il prenne une douche et se change avant de vous rejoindre.

J'allais protester vivement –je m'en foutais de rester stérile, je voulais juste serrer mon fiancé dans mes bras–, mais j'entendis un soupir de l'autre côté de la porte, et Steve abdiqua :

-Très bien, je vais me laver. Je reviens très vite, Tony.

Effectivement, il ne lui fallut qu'une dizaine de minutes pour se présenter à nouveau à la porte de ma chambre, frais et propre. Cette fois, JARVIS le laissa entrer et mon fiancé franchit l'espace qui nous séparait en trois enjambées, avant de m'embrasser tendrement.

J'accrochai mes mains derrière sa nuque pour le coller contre moi, et ma langue quémanda l'accès à sa bouche pour approfondir le baiser. Il ne se fit pas prier, et m'embrassa avec fougue, alors que ses doigts jouaient dans mes cheveux, tirant les mèches pour rapprocher encore plus nos visages.

-Tu sais, j'ai envie de toi aussi, murmura-t-il contre mes lèvres lorsque nous nous séparâmes pour reprendre notre souffle.

Je me cambrai en poussant un gémissement, alors que le désir enflait dans le creux de mon ventre.

-Mais ta convalescence n'est pas terminée, il faut que tu te reposes encore. Et que tu arrêtes de m'aguicher quand je suis dans le Quinjet. J'ai passé le trajet à penser à toi. Nu.

Ouuuuuh, Captain Pureté avait des pensées salaces ? Graou.

-Tu sais, si ça peut te rassurer, répondis-je d'un ton lubrique, je pense à toi nu tout le temps.

Ce fut à son tour de gémir en tirant dans mes cheveux. Un point pour moi. Il se recula pour me regarder dans les yeux :

-Arrête tout de suite de m'aguicher comme ça. Ton corps n'est pas encore prêt pour que je te prenne sauvagement contre un mur –et c'est ce que je ferai dès que j'aurai le feu vert.

Je répondis sur un ton des plus lubriques :

-Je te donne le feu vert.

Je mordis ma lèvre de manière tout à fait suggestive en lui adressant un regard de prédateur, espérant le faire craquer, mais il poussa un grand soupir et ferma très fort les yeux en se pinçant l'arête du nez pour se contrôler, avant de me répondre d'une voix douce :

-J'attends celui de tes médecins, mon cœur.

Saloperie.

Il déposa un baiser tendre sur mon front, puis se redressa :

-Je vais voir comment va Clint, je reviens vite.

-Mmmm.

Il s'éclipsa vers la chambre voisine, où je pouvais entendre les voix de mes coéquipiers, en particulier celle de Clint qui martelait qu'il allait bien. Tant mieux. Un Avenger cloué au lit, c'était déjà trop.


-Je pense que c'est bon, monsieur Stark, fit le docteur Spencer. Votre corps a parfaitement récupéré. Si vous étiez à l'hôpital, je signerais votre permission de sortie tout de suite, mais comme vous êtes chez vous, disons que vous pouvez reprendre vos activités de super-héros.

-C'est bon pour moi aussi, renchérit le docteur Greyson –à force de les voir tous les jours, j'avais fini par apprendre leurs noms. Veillez tout de même à reprendre une activité physique régulière, pas trop intense au début, pour que votre cœur se réhabitue à l'effort. Ménagez-vous. Vous avez subi un important traumatisme cardiaque et pulmonaire, allez-y en douceur.

Je retins un soupir –décidément, ils n'avaient absolument pas compris comment je fonctionnais– et répondis d'un ton qui se voulait conciliant :

-Très bien, docteurs.

J'affichai un sourire satisfait, alors que mes médecins se retiraient.

Enfin ! Les trois semaines que j'avais passées cloué au lit avaient semblé ne jamais vouloir finir, et pourtant, c'était terminé.

Bon, cloué au lit était peut-être un peu exagéré : j'avais le droit de marcher jusqu'à la salle de bain attenante à ma chambre pour me doucher et aller aux toilettes, et de me rendre jusqu'au salon de l'étage deux fois par jour –sous le regard attentif de Steve– pour ne pas que mes muscles ne s'étiolent trop.

Mais ce n'était pas suffisant. Comme d'habitude, je voulais plus –le beurre, l'argent du beurre et la crémière, qui dans mon imagination ressemblait de très près à un super soldat blond aux yeux bleus.

Bien évidemment, la première activité à laquelle j'allais me consacrer n'avait rien à voir avec mon occupation de super-héros, mais concernait mon fiancé –la crémière donc– ainsi qu'un mur de douche.

Qu'est-ce que Greyson avait dit, déjà ? Pas d'activité trop intense pour commencer ? Pfff, comme si j'allais obéir ! J'avais envie de mon amant, et rien ni personne n'allait nous empêcher de nous retrouver pour la partie de jambes en l'air la plus torride du siècle.

Je sortis de mon lit, enfilai un jean et un tee-shirt que Steve avait montés en prévision de ma sortie de l'unité médicale, et courus vers l'ascenseur afin de rejoindre l'étage que je partageais avec mon fiancé. Les portes s'ouvrirent instantanément, à croire que mon majordome lisait dans mes pensées.

-JARVIS ! Mon étage, vite !

-Oui monsieur.

Bon sang, cet ascenseur était vraiment d'une lenteur horripilante, il faudrait vraiment que je songe à trouver une solution pour qu'il aille plus vite. Dès que les portes s'ouvrirent, je me dirigeai à toute vitesse vers notre chambre, en appelant mon amant :

-Steve !

-Tony ?

Il sortait de la douche, une serviette nouée autour des reins, pas encore totalement sec, des gouttes tombant de ses cheveux mouillés.

-Oh, tu as déjà fini ? demandai-je d'un ton légèrement déçu.

Un sourire lubrique se dessina sur son visage alors qu'il laissait négligemment tomber sa serviette sur le sol en se mordant la lèvre :

-On peut y retourner si tu veux, ce n'est pas un problème…

Oh mon dieu, qu'il était bandant.

Je sautai sur mon amant, enroulant mes jambes autour de sa taille pendant qu'il m'attrapait sous les cuisses et m'embrassait à pleine bouche, me portant vers la salle de bains.

Il me posa juste le temps de m'enlever mon jean et de jeter mon tee-shirt à l'autre bout de la pièce avant de me soulever de nouveau pour me plaquer sauvagement contre le mur de la douche, ainsi qu'il me l'avait promis une dizaine de jours auparavant.

J'avais vraiment envie de lui, et d'après ce que je voyais –et sentais !– il avait aussi très envie de moi. J'étais vraiment heureux d'être enfin sorti de l'unité médicale, parce que la suite promettait d'être vraiment torride.


Et voilàààààààà !

J'espère que vous m'avez pardonnée, et que vous avez aimé ce chapitre !

Le prochain sera presque aussi long :D

Une petite review pour me donner votre avis ? :3