Un pas après l'autre - saison 7 - épisode 7 - Une épaule

L'affaire du bébé congelé était résolue. Le violeur de Louise allait passer un bon bout de temps derrière les barreaux. Et le fait que justice lui ait été rendue allait permettre à la jeune fille de se reconstruire. Adèle aurait dû avoir le sentiment du devoir accompli. Mais ce qui la préoccupait personnellement depuis la veille reprit le dessus. A chaque fin d'enquête c'était comme ça… Les ténèbres de sa vie privée et de son passé la privaient de ces petits moments de gloire.

Il fallait qu'elle s'occupe sa sœur. Mais elle ne se sentait pas les épaules de le faire toute seule. Elle ne voulait pas prendre le risque de la perdre pour toujours. Alors elle demanda de l'aide à la personne en laquelle elle avait le plus confiance au monde… Thomas… parce qu'en dépit de leurs désaccords du début, il avait toujours été là pour elle.

Alors avant qu'il s'en aille, elle le héla pour le retenir. "Thomas… Je pourrais avoir besoin de votre aide ce soir". "Oui pourquoi?" Elle était presque gênée de le forcer à se mêler de ça… elle avait peur aussi. La dernière fois, pour la sauver, il n'avait pas hésité à tirer sur Camille.

"Parce que… Parce que parfois il faut savoir aider les gens malgré eux". Elle lui expliqua que Camille était réveillée, qu'elle avait brisé la main de l'infirmier qui voulait la violer, et qu'elle attendait une opportunité pour s'enfuir et rejoindre Argos. Cette opportunité, elle le savait parce qu'elle s'était mise à la place de sa sœur et avait pensé comme elle, c'était de piquer la blouse d'un médecin et de profiter du changement de service à l'hôpital pour prendre la tangente.

Thomas accepta évidemment de l'aider sans poser plus de questions.

Camille avait donc réussi à manipuler tout le monde. Cela faisait plusieurs jours qu'elle était réveillée et qu'elle entendait Adèle se lamenter… Elle avait fini par trouver le moyen de sortir de cet hôpital. Mais sa sœur avait vu clair dans son jeu.

Alors qu'elle allait monter dans une ambulance pour rejoindre son ravisseur, Adèle arriva derrière elle. "Camille". Elle comprit aussitôt que sa tentative de fuite était vouée à l'échec. Une rage folle s'empara d'elle. Elle se retourna, prit sa sœur par le cou et la plaqua violemment contre le véhicule.

Adèle ne voulait pas se débattre. Elle savait le commandant tout près. Mais elle espérait pouvoir raisonner sa sœur et la faire abdiquer avant qu'il n'intervienne.

"Je suis désolée Camille. Tu m'avais laissé des indices. Je n'ai pas eu beaucoup de mal à retrouver Julien. Il m'a dit ce qui s'était passé. Il ne fera plus de mal à personne. Il a dit aussi que tu étais réveillée. On va te soigner maintenant…" La criminologue commençait à manquer d'air.

Rocher décida d'intervenir. "STOP! Camille. Pas cette fois Camille, pas cette fois. Lâche-la. LACHE-LA". Un cri guttural et plein de haine sortit du fin fond de la gorge de Camille qui avait perdu cette bataille. "Nooooooon"!

Deux médecins en blouse blanche arrivèrent derrière elle. Elle se laissa faire parce qu'elle se disait qu'elle allait avoir une nouvelle occasion de gagner la guerre… Ils prirent chacun fermement un bras de la jeune femme et l'emmenèrent à l'intérieur. Une chambre dans l'hôpital psychiatrique non loin de là l'attendait déjà.

Adèle se laissa glisser au sol en gardant le dos appuyé sur l'ambulance. Elle enfonça sa tête dans ses genoux et sanglota doucement. Rocher resta là interdit quelques secondes puis s'agenouilla devant elle.

"Adèle", lui dit-il doucement. Elle ne broncha pas. Il posa doucement une main sur son bras. "Adèle". Là elle releva doucement la tête. "Ils vont bien s'occuper d'elle ne vous inquiétez pas. Elle n'est pas elle-même… Elle ne voulait pas vous faire du mal". "J'aimerais en être aussi sûre que vous". "Eh" fit-il en lui relevant le menton. "Il va falloir accepter que vous n'avez pas la main sur ça… Il faut lui laisser du temps pour se désintoxiquer d'Argos… Vous ne pouvez qu'être présente pour elle… pour Ulysse. Il faut lâcher prise Adèle".

La jeune femme se passa les mains sur le visage comme pour chasser ses mauvaises pensées et se releva en même temps que le commandant. Elle se disait qu'elle ne méritait pas son soutien ni son amitié. Pourtant elle sentait qu'il ferait n'importe quoi pour elle. Il lui étreignit doucement l'épaule. "Je… je suis là moi vous savez… Si vous avez besoin d'une épaule pour vous reposer, de quelqu'un pour parler ou juste d'une épaule pour… Enfin si vous avez besoin de moi, je suis là". Ça la fit sourire.

Son regard resta plongé dans le sien quelques secondes puis elle se risqua à s'avancer doucement vers lui… et il la prit dans ses bras. Pour l'instant, elle avait juste besoin d'un peu de réconfort et d'affection. Mais elle le savait… elle savait depuis plusieurs semaines déjà que bientôt juste de l'affection de la part de "son" commandant, ça ne suffirait plus…