Bonjour les gens ! :D
J'espère que les vacances se passent bien, les miennes sont dans trois semaines T-T
Bonne lecture !
Je soupirai.
Une fois n'est pas coutume, je n'étais pas dans mon atelier, mais sur un banc public, quelque part dans Central Park.
J'observais les gamins qui couraient dans l'herbe, jouant, criant, riant.
Et je me sentais de plus en plus coupable.
Cela faisait deux mois que Steve m'avait proposé qu'on adopte et que je lui avais dit que je ne pouvais pas. Et pourtant, la question me travaillait toujours. Mon mari avait-il raison, quand il disait que je ferais un très bon père ? Avait-il raison de croire que je n'étais en rien comme mon géniteur ? Steve n'avait pas ramené la question sur le tapis, et je lui en étais reconnaissant.
Cependant, je le soupçonnais de me laisser tranquille avec ça pour que je rumine sa proposition seul.
J'étais donc venu à Central Park en ce mercredi après-midi pour me faire une idée plus précise des mœurs de l'espèce étrange constituée des humains miniatures. Autrement dit, les enfants.
Steve méritait plus que n'importe qui d'être heureux, entouré d'une famille qu'il aimait, et je m'en voulais atrocement de le priver de ça. Mais face à son assurance tranquille, mes doutes et mes angoisses ressurgissaient de plus belle, et je me trouvais totalement démuni.
Encore une fois, le fantôme de mon père revenait me hanter.
Merde quoi !
Je détestais mon père, encore plus depuis que le spectre de celui-ci m'empêchait de rendre le bonheur de mon mari absolument parfait.
Le cri d'un gamin à quelques pas de moi me sortit de mes pensées. Il était tombé de tout son long sur les gravillons du chemin, et pleurait, immobile. Je jetai un coup d'œil autour de moi, mais personne ne semblait venir le chercher.
Je faillis rester sur mon banc, mais le gosse pleurait toujours. Vaguement inquiet, je me levai et marchai à sa rencontre.
Je l'aidai à se relever et à s'asseoir sur l'herbe, puis entrepris de le débarrasser des graviers sur ses genoux et la paume de ses mains, avant d'essuyer le sang avec un mouchoir que j'avais tiré de ma poche de veste. Il pleurait toujours. Je me souvins de chutes similaires lorsque j'avais son âge, et serrai les dents –je me rappelais combien j'avais eu mal.
-Hé, mon grand, ça va aller, ne t'inquiète pas. Ta maman est là ?
-Je… Je sais pas… J'ai joué avec Mickael et on est allés loin et j'ai perdu ma maman, m'expliqua-t-il en reniflant.
Je tentai de contrôler la crise de panique qui montait –moi, seul avec un gosse de, quoi, cinq ans, sans aucune expérience de paternité à part l'échec total de l'éducation de mon père, la catastrophe assurée !– et aidai plutôt mon nouvel ami à se relever du bord du trottoir où je l'avais assis :
-On va la retrouver, ta maman.
-Merci, m'sieur…
-Appelle-moi Tony. Et toi, c'est quoi ton nom ? demandai-je alors que nous nous mettions en route dans la direction qu'il avait suivie avant de tomber.
Il renifla :
-J'm'appelle… J'm'appelle Chris.
-OK Chris, maintenant dis-moi, tu te rappelles de l'endroit où tu étais avec ta maman ? Il y avait un lac, une fontaine, des arbres ?
Il fronça les sourcils, puis répondis d'une voix incertaine :
-Y'avait… y'avait une fontaine et un lac, mais on est allés de l'autre côté, maman elle veut pas que j'm'approche de l'eau, elle dit qu'c'est dangereux même si j'sais nager, papa m'a appris.
Nous continuâmes à marcher le long du chemin, jusqu'à ce qu'un cri de femme retentisse :
-Chris !
Une jeune femme aux cheveux aussi blonds que ceux du gamin déboula de la pelouse vers nous, et l'interpellé courut vers elle pour se jeter dans ses bras en se remettant à sangloter :
-Maman, maman, j'suis tombé, j'voulais pas partir aussi loin, mais Mickael il avait son ballon, et le monsieur il m'a nettoyé et il m'a ramené ici.
Elle leva le visage vers moi avec un grand sourire :
-Merci beaucoup, monsieur, euh…
-Tony, c'est Tony. Je suis heureux d'avoir pu aider ce petit bonhomme.
-Hé, protesta Chris en me regardant d'un air bravache, j'suis pas petit m'sieur, j'suis un grand, j'ai cinq ans !
Je frottai affectueusement le dessus de sa tête, ébouriffant ses cheveux blonds, et répondis avec un demi-sourire :
-Mais oui bonhomme.
Je m'excusai auprès de la mère et repartis vers l'entrée du parc où j'avais laissé ma voiture. Il fallait que je rentre si je ne voulais pas que mon mari se pose des questions –j'avais prétexté un passage express à Stark Industries pour dissimuler mon escapade au royaume des bambins.
Pas que je veuille mentir à Steve, non –après le savon qu'il m'avait passé pour Ultron, je n'avais pas envie de me farcir une deuxième fois mon mari dans une colère froide, merci bien–, mais j'avais besoin de réfléchir à la possibilité qu'une troisième tête rejoigne notre famille, et j'avais besoin de le faire seul. Mon délicieux mari avait déjà effectué sa réflexion, sûrement depuis très longtemps d'ailleurs.
Je montai dans la voiture et songeai à ma rencontre avec ce gamin.
Finalement, ça ne s'était pas trop mal passé, j'avais réussi –un véritable miracle !– à ne pas l'effrayer et il m'avait même fait un câlin assorti d'un grand sourire avant que je ne reparte.
Peut-être que je pouvais reconsidérer l'idée d'adopter…
Et puis, Steve ferait un père parfait, il serait là pour me guider.
Ce fut donc moi qui ramena l'idée sur le tapis.
Nous venions de rentrer de mission, et après une très longue douche prise en amoureux pour nous débarrasser autant de la sueur que de la poussière –et plus si affinités, évidemment–, Steve s'était installé sur le lit, calé dans les oreillers, alors que je m'étais lové contre lui.
C'était le moment où jamais.
-Steve ?
-Mmm ?
Je pris une grande inspiration, avant de continuer :
-Tu sais, pour cette histoire d'adoption…
La main qui se baladait dans mes cheveux se figea, et je notai que mon mari avait cessé de respirer. Il me répondit d'une voix incertaine :
-Oui ?
-Je pense qu'on peut en rediscuter.
Il passa un doigt sous mon menton pour relever mon visage vers lui, et fronça les sourcils, interrogateur :
-Qu'est ce qui t'a fait changer d'avis ?
Je soupirai et m'autorisai un sourire. C'était le moment de me jeter à l'eau. Je lui contai donc par le menu mon aventure à Central Park, l'angoisse de tout faire foirer du début, puis le soulagement quand j'avais retrouvé la mère, et enfin la satisfaction du devoir accompli.
Le contentement d'avoir géré la situation comme l'aurait fait un adulte responsable, surtout.
Le sourire tendre sur les lèvres de mon mari s'agrandissait de minute en minute, au fur et à mesure du récit de l'aventure que j'avais vécue une quinzaine de jours auparavant. Lorsque j'eus fini, il m'embrassa avec passion.
-Tu vois, je te l'avais dit Tony. Tu es fait pour être papa.
-Peut-être que tu as raison, murmurai-je en fichant mon regard dans ses yeux remplis d'espoir.
-Tu es d'accord alors ?
Sa voix était douce, presque timide, comme s'il n'osait pas vraiment y croire. Caressant délicatement sa joue du bout des doigts, je plongeai mon regard dans ses yeux si bleus et entrepris de le rassurer :
-Oui. Agrandissons notre famille.
Ses yeux se remplirent de larmes, et il murmura d'une voix chargée d'émotion :
-C'est le plus beau cadeau que tu m'aies jamais fait, Tony.
-Hé, c'est un cadeau pour moi aussi, protestai-je. Ce gosse ne sera pas que le tien. Je tiens à avoir ma part de responsabilité dans son éducation. Hors de question que tu sois le seul à t'investir. Ce gosse aura une formation en électronique dès le plus jeune âge –je me charge de cette partie de son éducation–, pas seulement des cours de dessin –dispensés par toi, je suppose.
Un rire tendre s'échappa des lèvres de mon mari avant qu'il ne dépose une ribambelle de baisers sur mon visage :
-Tu sais, je comptais bien t'impliquer dans son éducation, ne t'inquiète pas pour ça mon cœur.
Il m'embrassa le plus tendrement du monde.
-Mmm, Steve ?
-Oui ? répondit-il alors que ses lèvres traçaient un chemin de baisers le long de ma mâchoire pour descendre dans mon cou.
-Je ne sais pas si tu y as déjà réfléchi, mais… Je ne veux pas un bébé. Si on doit adopter, je voudrais au moins que cet enfant puisse communiquer avec nous tout de suite. Les bllll et les gaaaah, je comprends pas, et Friday non plus, donc impossible pour elle de me traduire.
Mon mari eut un petit rire.
-Je n'y avais pas encore pensé, mais si c'est ce que tu veux, c'est bon pour moi. A condition qu'il ait moins de cinq ans.
-Je suis d'accord, répondis-je d'un ton songeur. Je pense qu'un enfant de deux ou trois ans serait l'idéal.
Il acquiesça et resserra sa prise autour de moi.
J'entourai son torse de mes bras et lovai ma tête dans le creux de son cou –oui, décidément, j'adorais cette position. Je pouvais respirer son odeur à loisirs et mordiller la peau tendre de sa gorge sans aucun problème –deux activités que j'adorais plus que tout.
-J'ai commencé à faire des recherches sur les orphelinats du coin, murmurai-je. Il y en a un dans le Queens qui m'a proposé de rencontrer les gamins demain après-midi, il faut que je rappelle si c'est bon pour toi.
L'émotion dans la voix de mon mari était palpable lorsqu'il me répondit :
-Oui, c'est parfait.
Il me serra très fort contre lui, et murmura :
-Oh Tony, si tu savais comme je t'aime !
-Moi aussi je t'aime, Capsicle.
Je me lovai davantage contre lui, le regard perdu au loin, alors qu'il reprenait ses caresses dans mes cheveux.
Nous y étions. C'était le jour de la visite de l'orphelinat. Steve avait insisté pour que je m'habille décontracté –bon, j'avais quand même eu droit à un blazer par-dessus mon tee-shirt, mais il m'avait obligé à mettre un jean. Il était également vêtu d'un jean, mais lui avait mis une chemise et sa sempiternelle veste en cuir brun.
Une jeune femme d'une trentaine d'années nous accueillit, tout sourire, et nous proposa un café, que j'acceptai avec plaisir –si un jour je refusais un café, il serait temps de s'inquiéter pour ma santé mentale. Elle nous guida dans son bureau, et nous invita à nous asseoir en face d'elle.
-Eh bien, messieurs Stark-Rogers, j'ai là votre dossier préliminaire. Je l'ai rapidement étudié, mais nous allons le parcourir ensemble.
Steve posa sur moi un regard interloqué. J'avais commencé les démarches sans lui en parler, pour lui faire la surprise. Je me penchai vers lui alors que la jeune femme –Maggie Johnson– feuilletait notre dossier :
-J'ai rempli les formulaires préliminaires, et tu les as signés, enfin Friday l'a fait pour toi. Je voulais que tu aies la surprise.
Il plissa les yeux un instant, mais un sourire tendre se dessina sur ses lèvres et il serra ma main plus fort.
-Tous les documents demandés sont là, mais il semble cependant que vous n'ayez pas rempli certains critères. L'âge de préférence, par exemple. Est-ce volontaire ou un oubli de votre part ?
-Volontaire, répondis-je d'un ton assuré. Nous voulons un bambin –pardon, un enfant– qui sache parler mais qui ne soit pas trop âgé quand même, alors nous pensions y aller au feeling, étant donné que votre orphelinat propose des visites pour les futurs parents.
Elle hocha la tête et continua à tourner les pages.
-Garçon ou fille ?
-Eh bien, nous n'en avons pas vraiment discuté. Je penche plutôt pour un garçon, personnellement. Stevie ?
-Je suis d'accord. Mais encore une fois, j'aimerais nous laisser le choix, dans le cas où nous aurions un coup de cœur pour une petite fille.
Un sourire apparut sur le visage de Maggie, et elle cocha une case sur la feuille qu'elle tenait entre les mains.
Une sonnerie retentit, et la jeune femme se leva :
-C'est l'heure des jeux pour les enfants, c'est-à-dire le moment idéal pour que vous puissiez faire connaissance avec eux –nous reprendrons la vérification de votre dossier plus tard. Suivez-moi.
Elle nous précéda dans une grande salle de jeux, où une vingtaine de gamins piaillaient en continu.
-Les enfants qui sont ici ont entre un et trois ans, nous informa-t-elle. Ils ont l'habitude de voir de nouvelles têtes, alors n'hésitez pas à aller à leur rencontre ! Je dois vous laisser, je repasse dans une heure. Si vous avez le moindre souci, Helen est là, ajouta-t-elle en nous désignant une femme d'âge moyen qui lisait une histoire à trois fillettes.
Nous allions rejoindre le groupe qui jouait aux petites voitures –j'adorais les voitures, même les modèles miniatures– lorsqu'un petit brun haut comme trois pommes se planta face à nous, une moue adorable sur le visage. Steve serra ma main, et je n'eus pas besoin de regarder vers lui pour savoir qu'il avait un sourire attendri sur les lèvres.
Le bambin nous sourit timidement, avant de tendre ses petites mains potelées vers nous. Mon mari me lâcha instantanément –hé !– pour prendre le petit garçon dans ses bras et le soulever de terre, alors qu'il poussait un cri joyeux.
La dénommée Helen leva le regard vers nous en entendant le cri du bambin et un grand sourire apparut sur son visage, avant qu'elle ne repose le livre qu'elle tenait dans ses mains pour venir vers nous.
-Bonjour messieurs ! Hé bien, c'est la première fois que je vois ça ! Peter est un enfant plutôt timide d'habitude, il ne vient jamais vers les gens, mais on dirait qu'il vous aime bien.
-Et quel âge a-t'il, ce grand gaillard ? demandai-je alors que Steve faisait un concours du sourire le plus rayonnant avec le bambin.
-Il a un an et demi, répondit la jeune femme.
Je regardai mon mari, qui hocha légèrement la tête. Il avait l'âge idéal ! Les démarches administratives étant longues, il fallait compter entre six et huit mois pour finaliser une adoption, même si dans la plupart des cas le bambin venait habiter dans sa nouvelle famille au bout de quatre ou cinq mois, pour donner une dernière possibilité aux parents de voir s'il se plaisait dans sa nouvelle maison. Et au personnel de l'orphelinat de juger des capacités des adoptants.
Ainsi, si nous arrêtions notre choix sur ce charmant gamin –il avait commencé un concours de grimaces avec Steve, et il gagnait actuellement haut la main–, il aurait deux ans lorsque les démarches seraient terminées. Il serait donc capable de communiquer, et à ce que j'avais pu voir, il savait également marcher.
Trois fillettes s'étaient approchées de nous, et réclamaient Helen, qui nous quitta avec un sourire d'excuse.
Le bonhomme qui se trouvait toujours dans les bras de mon mari demanda à descendre, avant de nous prendre chacun par une main pour nous emmener dans le coin des Duplos. Il s'installa à côté de la pile et commença à construire un… truc. Probablement.
Une tour en fait –moins racée que la Tour Avengers, mais je lui apprendrai à construire des bâtiments élégants et design plus tard–, qui fut rapidement plus grande que lui.
Puis il me donna une pièce, et me désigna le haut de sa tour. Il devenait trop petit pour rajouter de la hauteur, alors je plaçai la pièce au sommet. Il frappa dans ses mains, ravi, et tendit une pièce d'une autre couleur à mon mari, qui sourit en la mettant sur le haut de la construction.
Ce petit manège continua pendant une dizaine de minutes, après quoi Peter se lassa et nous emmena vers les peluches, pour nous présenter sa préférée, une araignée noire et bleue d'une trentaine de centimètres de diamètre, parfaitement terrifiante mais très douce au toucher.
Steve s'était installé en tailleur à côté de l'épais tapis où se trouvaient les peluches, et je l'imitai, m'asseyant à côté de mon mari. Le bambin se cala sur ses jambes pour jouer avec son araignée –cette bestiole était vraiment effrayante–, comme si nous n'existions plus que pour lui servir d'accoudoir –et de terrain de jeu, puisqu'il adorait balader sa peluche sur nos genoux.
Adorable, vraiment.
Des moues toutes plus mignonnes les unes que les autres, un rire qui ressemblait à un carillon, et des sourires radieux pour Steve et moi.
Définitivement, j'avais fait mon choix.
Et lorsque je posai le regard sur mon mari, je sus qu'il l'avait fait aussi.
Nous avions passé deux heures à jouer avec Peter –les Duplos, les peluches, une ou deux histoires, encore les Duplos– avant de retourner dans le bureau de Maggie, qui nous accueillit avec un grand sourire :
-Alors, il paraît que le petit Parker a passé l'après-midi avec vous ?
-Le petit Parker ? demanda Steve.
-Pardon, Peter. Parker est son nom de famille.
-Ah ! Oui, c'est exact. C'est lui qui nous a choisis, en fait, répondit mon mari. Nous n'avons rien fait.
-C'est ce que j'ai cru comprendre, acquiesça Maggie. Helen m'a dit que c'était la première fois qu'elle le voyait venir de son plein gré vers des inconnus, il est plutôt du genre à se cacher et à hurler dès que de potentiels parents essayent de le prendre dans leurs bras d'habitude.
-On ne dirait pas, ris-je. Parce que même si nous n'avions pas voulu le suivre, je doute que quiconque aurait pu se mettre entre lui et nous !
Steve rit également, et me jeta un regard tendre.
Maggie sortit un dossier de son tiroir, l'air d'hésiter un peu. Puis elle se jeta finalement à l'eau :
-Je me doute que c'est rapide, et que vous voulez peut-être rencontrer d'autres enfants, potentiellement dans d'autres orphelinats, mais…
-Non, l'interrompit mon mari, je pense que Peter est le bon. En tous cas, c'est comme ça que je le sens.
-Moi aussi, ajoutai-je en prenant la main de Steve. Je ne m'imagine pas avec un autre bambin que Peter, il est parfait pour nous. Quand pouvons-nous commencer les démarches ?
Un immense sourire apparut sur les lèvres de la jeune femme, et le soulagement se peignit instantanément sur ses traits, alors qu'elle nous répondait :
-Nous pouvons commencer tout de suite.
Je tournai un regard ravi vers Steve, radieux.
-Bien sûr, ajouta-t-elle, il faudra du temps pour que votre demande soit acceptée, entre six et huit mois comme vous le savez sûrement, mais commencer les démarches tout de suite vous permettra d'avoir un droit de visite quotidien pour voir Peter. Dans le cas contraire, si vous voulez vous donner le temps de choisir, vous ne pourrez le voir qu'une fois par semaine.
Je hochai la tête, imité par mon mari. Ce dossier allait être complété dans la seconde où nous mettrions un pied au Complexe, et ramené sur le bureau de Maggie le lendemain à la première heure !
Elle nous tendit le dossier en répondant :
-Complétez-moi ça le plus rapidement possible. Sachez que vous ne pouvez pas revoir Peter avant mercredi prochain tant que je n'ai pas ce dossier dûment complété entre les mains. Mais vous aurez un droit de visite quotidien dès la seconde où vous me remettrez les papiers.
Je me saisis de la pochette, puis Maggie se leva et nous souhaita une bonne journée. Nous sortîmes du bâtiment main dans la main, souriant comme des gosses, et rejoignîmes la voiture.
-Hé bien, me fit mon mari une fois installé, ce fut une affaire rondement menée ! Peter est tout à fait adorable.
J'acquiesçai :
-Et il a de l'autorité aussi, ris-je. Je n'ai pas envisagé une seule fois de lui désobéir de tout l'après-midi.
-Mmm, il faudra qu'il me donne des cours alors, me taquina Steve. Parce que pour ce qui est de l'autorité sur le terrain, je sens que j'ai quelques petites choses à apprendre de lui…
Je lui tirai la langue, mais il ne me prêtait plus aucune attention : il avait déjà commencé à parcourir la –longue– liste des documents à fournir pour pouvoir prétendre à l'adoption.
-J'espère que tu es prêt à faire de la paperasse, m'annonça-t-il sans détacher son regard de la feuille. Il faut une photocopie du livret de famille –c'est évident, ils demandent à ce que les demandeurs soient mariés–, une déclaration d'impôts, un certificat délivré par une agence immobilière comme quoi notre lieu de vie convient pour un enfant –là j'ai un peu peur que ça ne passe pas, le Complexe est immense et potentiellement dangereux–, tout un tas de formulaires à remplir en quatre exemplaires –quatre, tu imagines ?–, des extraits d'actes de naissance –là on va avoir un problème avec le mien, je le sens gros comme une maison–, un bilan de santé complet des deux futurs parents… La vache !
C'était toujours aussi rare d'entendre Steve jurer, même aussi innocemment, alors j'éclatai de rire.
Avant de faire rugir le moteur pour nous ramener au Complexe.
Nous avions, comme dirait mon mari, de la paperasse à faire.
Réunir tous les documents nous prit une semaine –la visite du Complexe par l'agence immobilière s'était plutôt bien passée, si on excluait que la femme mandatée par l'agence était une fan absolue de Captain America et qu'elle avait porté plus d'attention à mon mari qu'à nos appartements.
Nous portâmes le dossier à l'orphelinat le mercredi suivant, sans avoir pu revoir Peter depuis notre première visite donc.
Nous étions dans le bureau de Maggie, et elle était en train de vérifier chacune des pièces du dossier avec attention. Je n'avais qu'une envie –et Steve aussi, je pense– c'était d'aller voir Peter.
La jeune femme nous posa encore quelques questions –entre autres pour fixer les horaires de visites, de manière à ne pas trop perturber Peter–, nous fit signet encore deux ou trois formulaires, et finit par nous libérer :
-Vous pouvez rejoindre Peter dans la salle de jeux, vous vous rappelez comment vous y rendre ?
-Oui ! répondis-je dans un grand sourire.
Nous nous levâmes et filâmes vers la pièce où nous avions rencontré notre –je l'espérais de toutes mes forces– futur enfant. Il était en train de jouer avec ses Duplos, et lorsque nous ouvrîmes la porte, il leva la tête vers nous. Un cri de joie et un grand sourire plus tard, il cavalait dans notre direction.
Je m'accroupis et tendis les bras, et le bambin se jeta contre moi avant que je ne le soulève de terre. Il frappa dans ses mains, un air ravi sur le visage, tout en riant de bon cœur.
-Bonjour Peter, le salua Steve. Comment vas-tu aujourd'hui ?
-Ava bien ! Va zouer ?
Décidément, ce gamin était tout à fait adorable. Je lui répondis avant de le poser par terre :
-Oui, on va jouer. Tu nous montres quoi aujourd'hui ?
-'Oitu'es.
Je levai un regard interrogatif vers mon mari, qui eut un petit rire, mais haussa les épaules pour me faire signe qu'il ne savait pas non plus ce que Peter voulait dire.
Ouais, il faudrait travailler un peu la communication, enfin surtout l'articulation à mon avis. Le petit bonhomme nous prit une main à chacun et nous guida vers un tapis sur lequel des routes étaient tracées.
-Ah, les voitures !
Ce gamin était mon fils. Définitivement. Il avait déjà ma passion pour les voitures alors qu'il savait à peine communiquer !
J'adressai un sourire de gosse surexcité à mon mari, qui leva les yeux au ciel sans pouvoir s'empêcher de sourire à son tour, attendri –et vaguement désespéré aussi, probablement– par mon attitude enfantine.
Peter me donna une voiturette rouge, une bleue à Steve, et s'empara d'une verte, puis il nous fit participer à la poursuite en voiture la plus folle de ma vie. Décidément, ce gosse était parfait.
J'espère que ce chapitre vous aura plu ! :D
Tony a finalement accepté haha, en même temps il ne peut rien refuser à son Capsicle :P
Une petite review pour me donner votre avis ? :D
Réponse aux reviews :
julie91 : Merci ! :D
Oui, je suis en déni total de Civil War ici donc je devais trouver un moyen de désamorcer la bombe, même si Tony a déclenché une mini-guerre dans son salon haha !
J'espère que le changement d'avis de notre milliardaire préféré t'a plu ;)
Yue Stark-Rogers : Merci merci merci ! :D J'avais légèrement la flemme de refaire AoU du coup j'ai passé rapidement dessus, et comme je REFUSE absolument CACW, je devais empêcher ce gâchis ^^
Point délicat, mais Tony ne peut pas dire non indéfiniment à Steve, il l'aime trop pour ça !
