Bonjour !

Je n'ai pas reçu autant de menaces de mort que ce à quoi je m'attendais au dernier chapitre, et je vous en remercie !
Un grand merci également aux nouvelles revieweuses, n'hésitez pas à continuer !

Bonne lecture !


Je me réveillai avec une drôle de sensation.

Je n'étais pas dans ma chambre.

Pourquoi ?

Steve bougea à côté de moi, et son bras vint naturellement m'emprisonner pour me serrer contre lui, très tendrement. Tournant le visage vers lui, je remarquai ses yeux gonflés, ses joues encore rouges, les traces de larmes séchées sur ses pommettes, et tout me revint d'un coup.

L'audience.

La mission.

L'annulation de la procédure d'adoption.

Voilà pourquoi nous n'étions pas dans notre chambre. Ni Steve ni moi n'avions envie de passer la nuit à côté de celle de Peter, aussi nous avions dormi dans les appartements de Thor –il était sur Asgard, et les draps seraient changés le jour même, hop, ni vu ni connu, il ne se douterait de rien.

Je me collai davantage contre mon mari et déposai une multitude de baisers sur son visage –ses joues, son nez, ses paupières closes, son front. Je voulais effacer les traces de larmes –il avait sûrement pleuré jusque tard dans la nuit, silencieusement, tout comme moi.

La décoration très nordique –normal– de la chambre me plaisait bien, même si je préférais le style scandinave moderne aux gravures alambiquées et aux boucliers ronds accrochés sur le mur.

Me concentrant sur mon mari, j'entrepris de caresser son visage du bout des doigts, et il se réveilla doucement.

-Bonjour mon cœur, murmura-t-il d'une voix tendre.

-Bonjour Steve, répondis-je sur le même ton.

En faisant comme si rien ne s'était passé, nous nous protégions l'un l'autre. Et je savais que nous en avions grand besoin.

-Petit déjeuner ? proposai-je. Et après j'irais bien taper sur du sac de sable, si tu veux te joindre à moi.

-Oui, pourquoi pas, répondit mon mari. On pourrait faire le concours de celui qui en détruit le plus.

J'eus un petit rire :

-J'ai le droit de mettre l'armure alors.

-Pas question, répliqua Steve, tu risques de démolir toute la salle. Oublie le concours, je te laisserai gagner de toutes manières.

-Genre. Mais tu n'as pas tout à fait tort quand tu dis que je pourrais réduire la salle en poussière.

Il me sourit tendrement et leva les yeux au ciel, avant de me demander :

-On va manger ?

-Je te suis.

Nous nous levâmes pour nous habiller –enfiler un bas de jogging pour ma part, Steve rajoutait un tee-shirt, malgré mes protestations énergiques pour tenter de le dissuader de dissimuler son corps parfait– et Friday nous indiqua que malgré l'heure –il était à peine sept heures du matin–, Natasha et Clint étaient déjà dans la cuisine.

En train de préparer le petit déjeuner, apparemment.

Lorsque nous entrâmes dans la cuisine de l'étage commun, l'archer était en train de faire cuire les pancakes avec application, pendant que l'espionne s'occupait des œufs et du bacon.

-Salut vous deux ! nous salua-t-elle d'un ton qui se voulait enjoué. Petit déjeuner sucré-salé ce matin, ça vous tente ?

-Pourquoi pas, répondit mon mari d'une voix douce.

-Seulement si tu rajoutes des galettes de pommes de terre avec ce bacon, Natasha, ajoutai-je.

Elle plissa les yeux :

-Si tu peux t'en occuper, on les aura en même temps que le reste, je peux pas gérer trois poêles à la fois, j'ai que deux mains. Mais je les ai vues, elles sont dans le congélateur, m'indiqua-t-elle presque gentiment.

J'eus un petit sourire et allai chercher le paquet qui m'intéressait, avant de sortir une autre poêle d'un placard et de les faire cuire avec une légère dose d'huile d'olive –rien n'était jamais aussi bon que cuisiné à l'huile d'olive, c'était ma mère qui m'avait appris ça un jour.

Cette pensée m'entraîna aussitôt vers Peter, et je fermai brusquement les paupières en serrant les dents, ne voulant pas me laisse submerger par la tristesse. Pas maintenant.

Il fallait que je me reprenne

-Qui d'autre veut des galettes ? demandai-je d'un ton faussement joyeux.

-Tu peux en faire pour tout le monde je pense, répondit mon mari. S'il en reste, je finirai, ou tu t'en chargeras, plus probablement.

Il n'avait pas totalement tort. Au petit déjeuner, je jurais par deux choses : les pancakes de Steve et les galettes de pommes de terre. Et j'étais le premier à me porter volontaire pour finir les restes s'il y en avait.

Nous prîmes le petit déjeuner en équipe –Friday avait réveillé Bruce, Sam et Rhodey, qui étaient descendus de manière quasi immédiate en entendant les mots « pancakes » et « bacon »–, dans une ambiance mitigée, semblable à celle du repas de la veille au soir.

Mais encore une fois, j'étais heureux de voir que notre équipe nous soutenait, envers et contre tout.

Si Steve était mon mari, ils étaient ma famille, les frères et sœurs que je n'avais jamais eus, et je leur étais reconnaissant d'être là, simplement.

D'être présents.


Une fois le petit déjeuner terminé, je descendis avec Steve, Natasha et Clint à l'étage d'entraînement –Sam et Rhodey avait une réunion avec de hauts responsables de l'armée américaine, pour discuter d'une possible coordination de notre équipe avec leurs hommes en cas d'attaque massive du type Loki. Ce qui était une très bonne idée, de mon point de vue.

A ma grande surprise, Clint ne se dirigea pas dans la salle de tir –tous types de tir, carabine, flingue, flèches, même hache et marteau, ça c'était pour Thor même s'il n'avait pas vraiment besoin d'entraînement–, mais nous suivit dans l'une des salles de boxe.

Natasha et lui commencèrent pas s'échauffer rapidement, avant de monter sur l'un des deux rings de la salle et de se mettre à se taper dessus.

Steve me fit m'échauffer également, en même temps que lui –enfin, nous commençâmes en même temps, mais il allait à peu près six fois plus vite que moi donc il termina en premier–, puis accrocha deux sacs de sable non loin l'un de l'autre et me donna mes consignes.

La dernière fois que j'étais venu boxer un coup, c'était après mon « après-midi philanthropique » qui s'était terminé par un foutage de gueule sans précédent dans l'histoire de Stark Industries, et j'avais imaginé le visage de Lloyd sur le punching-ball –j'avais été d'une efficacité redoutable–, mais cette fois j'allais casser la gueule au connard de juge qui m'avait enlevé mon fils.

Plusieurs fois au cours de la première heure, Steve dut m'ordonner de me calmer et de faire un tour de salle en courant.

Il fallait dire que j'avais la rage au cœur, et que je cognais plus fort que jamais, lui faisant craindre que je me blesse sérieusement. Et si je ne parvins pas à détruire un sac de sable à la manière de Steve, je réussis tout de même à rendre inutilisables deux paires de gants de boxe de la meilleure qualité.

Non, je n'avais pas envie d'y aller de main morte. J'étais plein de rage, de colère et d'exaspération.

Au bout d'une heure, Clint se retira –il avait promis à Laura de l'appeler à dix heures et demie, et il voulait prendre une douche d'abord. Natasha me proposa alors de laisser tomber mon punching-ball et de monter sur le ring pour voir comment réagissait une cible en mouvement.

Et bien qu'ayant, à de nombreuses reprises, pris des cours de boxe avec Happy par le passé, je devais avouer que la leçon qu'elle me donna en l'espace d'une grosse heure et demie fut des plus marquantes –tant au niveau apprentissage qu'au niveau bleus et contusions.

A midi trente, Steve décréta la fin de l'entraînement, et nous ordonna à tous d'aller nous doucher.

Pour une fois, mon mari et moi nous tînmes tranquilles dans les douches des vestiaires –en même temps, en étant chacun dans une cabine, c'était dur de faire des choses–, et je laissai l'eau brûlante détendre mes muscles endoloris.

Steve me rappela, juste avant que je ne sorte de ma cabine, que rien ne valait un jet d'eau froide sur les muscles qui avaient été le plus sollicités pour finir et ainsi éviter les courbatures, aussi je serrai les dents et m'exécutai.

Je savais qu'il avait raison.

Néanmoins, cela ne rendait pas la chose plus agréable.

Nous remontâmes ensuite pour manger, et trouvâmes Sam, Rhodey et Hill déjà installés dans le salon.

-Ah, on vous attendait ! s'exclama le Faucon. On a ramené des pizzas, elles sont dans le four pour le moment. Vous avez faim ?

Je hochai la tête. Les trois heures d'entraînement intensif desquelles je sortais m'avaient ouvert l'appétit. Et quoi de mieux qu'une ou deux –ou trois ou quatre– pizzas pour se remettre d'une séance de sport ?

Une salade.

Oui, mais j'avais envie d'une pizza.

Steve avait une fois –une seule– tenté de me faire manger des légumes –salade, tomates, oignons et concombre– après un entraînement, mais je m'étais commandé des plats chinois dès qu'il avait eu le dos tourné –j'avais faim. Bien entendu, il l'avait su, et n'avait plus jamais tenté de me donner de la nourriture pour lapins. Ou du moins, sans l'accompagner de féculents.

-Vous avez pris l'Hawaïenne ? demandai-je.

-Oui, avec supplément ananas, répondit mon meilleur ami –décidément, il me connaissait trop bien.

-Super, le remerciai-je en m'installant à ma place favorite, au milieu du canapé qui faisait face à la cuisine.

Steve s'assit à ma droite et Clint –qui venait de nous rejoindre– se posa à ma gauche, comme d'habitude, alors que Natasha et Bruce –qui nous avait rejoints– partageaient le petit canapé.

-Alors, cette réunion ? interrogea Steve.

-Ils sont plutôt intéressés, répondit Rhodey. Il faut qu'ils en discutent avec le gouvernement, mais nous avons prévu une autre rencontre d'ici un mois pour convenir de la marche à suivre en cas d'attaque : à quel moment ils nous appellent, à quel moment on les appelle, les rôles de chacun dans la bataille, tout ça quoi.

-C'est intéressant, fis-je. N'oublie pas de discuter de l'évacuation des civils, est ce qu'elle est à leur charge ou à la nôtre, c'est un point important.

Sam hocha la tête :

-Oui, je suis d'accord, il faudra définir ça aussi.

-Les gars, on peut parler boulot plus tard ? J'ai faim moi ! protesta Clint d'un ton plaintif. Et puis, les pizzas vont refroidir.

Je ne pus retenir un petit rire, avant de lui donner raison :

-Bien parlé, Legolas ! Bon, où est ma pizza ?

-Là, répondit Natasha en me tendant la boîte marquée de la mention Hawaïenne.

-Merci ! m'exclamai-je en la prenant, avant de prendre une part et de mordre dedans avec enthousiasme.

Nous fîmes honneur au repas, dans une ambiance déjà plus détendue que celle du petit déjeuner.


Il était près de quinze heures lorsque Friday nous annonça une visiteuse à l'entrée du domaine :

-Maggie Johnson souhaite entrer, boss.

Je fronçai les sourcils. Pourquoi ? Steve m'interrogea du regard, mais je haussai les épaules, complètement perdu. Je n'en savais pas plus que lui. Je me doutais qu'elle ne venait pas dans le but de nous narguer, ce n'était vraiment pas son genre. Peut-être pour nous confirmer la sentence du juge ? Et, dans ce cas, nous rendre le dossier d'adoption de Peter, et puisque nous n'avions plus aucune chance d'adopter, elle venait aussi récupérer les affaires du petit bonhomme et sa peluche préférée.

Peluche qui était toujours sur notre lit.

Mon cœur se serra brusquement à cette pensée.

-Boss ?

La voix de mon I.A. me sortit de mes pensées.

-Oui Friday, pardon, laisse-la entrer. Dis-lui de se garer sur le parking des agents du SHIELD, et indique-lui le chemin pour prendre l'ascenseur. Fais-la monter ici, je l'autorise à entrer dans l'étage commun.

-Tout de suite boss.

Le silence le plus total régna dans le salon –nous venions à peine de finir de manger, tout le monde était encore là– jusqu'au moment où les portes de l'ascenseur s'ouvrirent sur Maggie.

Qui tenait Peter dans ses bras.

Steve et moi sautâmes sur nos pieds d'un même mouvement, complètement abasourdis, alors que le petit bonhomme nous adressait un grand sourire en tendant les bras vers nous :

-Papa ! Papa !

Je restai immobile, n'osant pas y croire.

Est ce que notre petit garçon était bien là ?

Je serrai la main de mon mari de toutes mes forces, et nous restâmes figés une poignée de secondes, alors que notre petit bonhomme nous appelait toujours.

Steve se ressaisit le premier, et avança vers Maggie, qui avait fait deux pas hésitants dans la pièce, pour soulever Peter et le prendre dans ses bras. Et le bambin entoura la nuque de Steve de ses petites mains, lui faisant un câlin en riant.

Si mon mari pouvait voir et tenir Peter, le serrer contre lui, ça voulait dire qu'il était réel, que ce n'était pas une illusion, pas un rêve qui ressemblait à ceux qui m'avaient hanté toute la nuit.

Je me précipitai donc vers eux –en réussissant par miracle à éviter les meubles– et les entourai de mes bras avec force, embrassant le sommet du crâne du petit bonhomme qui me souriait de toutes ses dents.

Je tournai le regard vers Maggie sans me détacher de mon mari et de Peter, et l'interrogeai d'une voix hésitante :

-Qu'est-ce que… Pourquoi ?

Un immense sourire se dessina sur le visage de la jeune femme avant qu'elle ne me réponde :

-Nous sommes venues le chercher avec Helen pour le ramener devant le juge, pour qu'il puisse lui dire que vous étiez ses papas. Mais il était déjà parti. Il a donc fallu trouver un autre juge pour enfants, le convaincre de nous recevoir et d'écouter les enregistrements sonores pris pendant votre audience. L'écoute a eu lieu ce matin à dix heures, aucun juge n'était disponible hier.

Elle reprit son souffle, alors que Steve et moi étions suspendus à ses lèvres, légèrement tendus malgré tout, et acheva :

-Et après l'audition des enregistrements, votre petit Peter a fait le reste, en clamant haut et fort que vous étiez ses papas et qu'il voulait rentrer chez vous. Le juge a tranché positivement.

Je n'osais pas y croire. Vraiment ?

Mon mari demanda d'une voix incertaine :

-Alors… C'est officiel ?

Maggie hocha la tête :

-Oui. Votre demande d'adoption a été acceptée, vous êtes désormais officiellement les parents de Peter Stark-Rogers.

Je me retins de hurler de joie –je ne voulais pas rendre mon mari et mon fils sourds–, mais ne pus empêcher les larmes de me monter aux yeux. Quelques larmes coulèrent sur les joues de Steve.

Derrière nous, quelqu'un commença à applaudir, et nous nous tournâmes instantanément vers nos amis.

C'était Natasha qui avait lancé le mouvement, un air ravi sur le visage, et elle fut bientôt suivie par tous les autres, qui affichaient de larges sourires victorieux. Peter se mit également à frapper dans ses mains en riant.

C'était le petit garçon le plus adorable de la Terre.

Et j'en étais complètement gaga.

Nous remerciâmes Maggie encore et encore pour tout ce qu'elle avait fait, puis elle se retira après avoir ébouriffé les cheveux de Peter une dernière fois, en nous souhaitant une excellente fin de journée, ainsi que tout le bonheur du monde avec notre petit garçon.

-Au 'evoi' Maddie, murmura mon fils.

-Au revoir Peter, répondit-elle d'un ton doux.

Discrètement, tous nos amis filèrent vers l'ascenseur et ils descendirent avec la jeune femme, nous laissant seuls tous les trois au milieu du grand salon. Je n'osais pas lâcher la main de mon fils, craignant encore que ce qui venait de se passer ne soit qu'un rêve.

Et pourtant, le rire cristallin de Peter, le regard attendri de Steve, le bras de mon mari passé autour de ma taille, ma main dans les cheveux ébouriffés de mon fils, tout cela était bien réel.

Au bout d'un long moment à simplement profiter du retour de mon fils à la maison, je lui proposai :

-Tu veux qu'on aille chercher Aignée, Pete ?

-Vi ! me répondit-il d'un ton enthousiaste, avec un grand sourire.

Je savais qu'il ne pouvait pas vivre sans sa peluche préférée –il avait déjà passé une nuit sans, autant abréger leur séparation.

-Allez, viens-là, on va la chercher, fis-je en prenant mon fils dans mes bras. Tu viens, Steve ?

Mon mari hocha la tête et nous nous dirigeâmes tous les trois vers l'ascenseur pour monter d'un étage et rendre son araignée à Peter.

J'étais l'homme le plus heureux de la Terre.


Lorsque nous montâmes nous coucher ce soir-là, après un repas cuisiné par Steve pour fêter l'officialisation de l'adoption –une grande salade, puis trois poulets rôtis avec des patates sautées, et deux gâteaux commandés dans la meilleure boulangerie de la ville–, je n'eus pas le cœur de laisser Peter dans son lit.

Ce fut donc d'un ton enjoué que je lui proposai :

-Hey Pete, tu veux dormir avec papa et papa ?

-Vi ! Et avet Aignée aussi ?

-Bien sûr, acquiesçai-je même si la peluche me terrifiait toujours autant.

Peter s'installa au milieu du grand lit, et je me glissai à sa gauche. Steve –qui était passé prendre une douche rapide– nous rejoignit alors que le petit bonhomme commençait à s'endormir.

-Bonne nuit Peter, murmura mon mari en déposant un baiser sur son front.

-Bonne nuit papa, répondit celui-ci avec un sourire.

Steve m'embrassa tendrement, puis s'allongea à droite de notre fils, un sourire comblé sur le visage, exact reflet de celui qui s'était installé sur mes lèvres lorsque Peter était revenu, et qui ne m'avait pas quitté depuis.

Ce fut donc un petit garçon heureux, entouré de papas tout aussi heureux, qui s'endormit dans le Complexe Avengers ce soir-là.


Je me réveillai doucement lorsqu'une petite main commença à tirer dans mes cheveux pour jouer avec.

-Hey Pete, murmurai-je avec un sourire heureux, avant d'ouvrir les yeux et de poser le regard sur mon fils. Tu as bien dormi ?

-Vi, t'ès bien ! Papa il fait des tâlins quand il fait dodo, tu sais. Alo's z'ai fait des tâlins à papa aussi.

J'eus un petit rire :

-Et moi, j'ai droit à un câlin ?

Mon fils hocha la tête et me réfugia dans mes bras, posant sa tête dans le creux de mon épaule. Sa respiration légère me chatouillait le torse, mais je ne dis rien, savourant le moment en le serrant contre moi.

J'étais infiniment heureux qu'il soit là.

Un grognement endormi plus tard, le bras de Steve nous entoura et il se colla contre nous dans une étreinte douce et rassurante.

Et chaude.

Peter protesta d'une voix fluette :

-Hé papa, z'ai s'aud !

Un petit rire m'échappa alors que Steve ouvrait les yeux dans un sourire attendri, avant de faire un bisou sur le front à notre fils :

-Bonjour à toi aussi, Peter.

Le petit bonhomme se dégagea de l'étreinte brûlante de mon mari –elle ne me dérangeait plus, j'avais appris à m'y faire en presque deux ans, et puis j'adorais coller mes pieds glacés contre lui pour les réchauffer– et sauta du lit en tenant fermement son araignée en peluche contre lui :

-Papa, papa, z'ai faim. On va manzer ?

-Oui Pete, répondis-je dans un sourire. Tu as raison, c'est l'heure du petit déjeuner ! Qu'est-ce que tu dirais si papa faisait des pancakes ?

Il frappa dans ses mains, ravi :

-Vi, des pantates, des pantates !

Steve se redressa et adressa à notre petit bonhomme un sourire tendre, avant de réclamer d'un ton espiègle :

-Si tu veux des pancakes, il faut faire un bisou à papa.

L'estomac sur pattes qui se trouvait être notre fils ne le fit pas dire deux fois, et grimpa sur le lit à la vitesse de l'éclair pour venir donner son bisou à mon mari. Celui-ci en profita pour l'attraper et tenter de lui faire un câlin, mais le petit bonhomme ne perdait pas le nord :

-Allez, on va manzer maintenant, z'ai fait le bisou !

J'éclatai de rire devant le visage déconfit de mon mari.

Qui me fusilla du regard –ou du moins, essaya. Ben quoi, j'étais le roi du regard noir, et avec ses yeux bleu clair c'était vraiment dur pour lui, il n'avait aucune chance de m'arriver un jour à la cheville.

Je me levai et arrachai la couette à Steve, qui grommela pour la forme mais ne tarda pas à sortir du lit à son tour. J'enfilai un jogging et un tee-shirt, imité par mon mari, et nous descendîmes à la cuisine de l'étage commun avec Peter, qui nous tenait chacun par une main, comme à son habitude.

Contrairement à la veille, il n'y avait personne en train de préparer le petit déjeuner –on reprenait les bonnes vieilles habitudes, seuls tous les trois pour le premier repas de la journée.

J'appréciai ce petit déjeuner plus que tous les autres, puisqu'il marquait le début d'une série qui durerait un certain paquet d'années.

Peter déchirait toujours ses pancakes avec beaucoup de concentration, essayant de faire des morceaux de tailles égales, puis Steve rajoutait un peu de confiture sur les parts que mon fils lui tendait, avant qu'il ne les mettre dans sa bouche avec application et contentement.

Et je les couvais du regard, les deux hommes de ma vie.

Je devenais encore plus gnian gnian que jamais, mais je m'en avais strictement rien à foutre.

Mon bonheur était total.

Et pour la première fois de ma vie, je me sentais réellement complet. Je n'avais plus besoin de rien, puisque j'avais tout.

J'eus une pensée pour Yinsen –qui m'avait fait réfléchir à l'époque, en me disant que tout ce que j'avais n'était rien en comparaison d'une famille, qui était tout–, mais me secouai la tête pour revenir très vite au présent, et aux deux hommes qui se trouvaient dans la cuisine.

Ma famille.

Mon tout.


J'espère que vous m'avez pardonnée !

Petit Peter est de retour (et pour de bon cette fois) alors je peux maintenant sortir de mon bunker sans avoir peur de me prendre une ogive nucléaire sur la figure :D

Une petite review pour me donner votre avis ? :3

Réponse aux reviews :

julie91 : Mon bunker m'a quand même protégée de ton attaque haha :P
Si ça peut te rassurer, Bruce a eu toutes les difficultés du monde à retenir le Hulk d'aller aplatir le juge haha ;)
Ils dépriment moins maintenant, t'as vu ? :D Et ils n'ont même pas eu besoin d'un kidnapping !

Lululili : Euh, tant que tu ne mets pas tes menaces à exécution... Haha ;)
HA ! Tu commences à me connaître toi, t'as compris que si ça allait trop bien trop longtemps je leur faisait tomber une merde sur la figure \o/
J'espère que ce chapitre t'a plu ! ;)