Bonjouuuur !
Désolée pour le retard, je galère un peu pour avoir accès à un ordi ET à internet en même temps dans mon trou paumé (très peu voire pas de wifi, et les données fonctionnent une fois sur quarante, c'est pas beaucoup). Je tiens donc à vous informer tout de suite qu'il n'y aura pas de chapitre vendredi, mais que j'essayerai de poster le suivant avant de partir jeudi prochain (vraisemblablement mardi ou mercredi prochain).
Bonne lecture !
J'avais mal.
Très, très mal.
Encore plus mal que lorsque je m'étais fait tirer dessus.
Je me réveillai alors que quelqu'un appuyait fermement sur mon abdomen, déclenchant de puissantes vagues de douleur dans tout mon corps à chacun de ses mouvements.
Je gémis.
Bordel, il se passait quoi, là ?
J'ouvris les yeux sur une salle aux murs d'un gris sombre, seulement éclairée par une ampoule diffusant une vague lueur orangée, à peine suffisante pour que je puisse distinguer le visage anxieux de Natasha.
Bon sang, mais j'étais où, là ?
-Tony ? Tony, tu m'entends ?
Je bégayai :
-Nat… Natasha ?
Un soupir de soulagement s'échappa des lèvres de l'espionne, avant qu'elle ne me réponde d'une voix anxieuse :
-Dieu soit loué, j'ai pensé qu'ils étaient allés trop loin cette fois. Ne bouge pas, ajouta-t-elle lorsque je tentai de me redresser. J'essaye de comprimer les plaies, mais ça ne servira à rien si tu bouges.
De quoi parlait…
Oh.
Merde.
Tout me revint d'un coup.
Nous avions été capturés –combien de temps auparavant, je ne savais pas, j'étais incapable d'estimer le nombre de jours étant donné que nous n'avions pas vu le soleil depuis notre capture– par l'AIM, au cours d'une mission pour démanteler l'un de leurs bâtiments. A priori, ils n'avaient pas trop apprécié ce que j'avais fait –enfin, ce que Pepper avait fait, pour être précis, rendons à César ce qui est à César, c'était elle qui l'avait fait exploser– à leur ancien chef –Aldrich Killian.
Je savais que les autres avaient réussi à leur échapper, seuls Natasha et moi avions été pris par leurs combattants.
Steve était en sécurité, c'était tout ce qui importait.
Sauf que, non contents de nous avoir capturés, les sous-fifres de l'AIM s'amusaient à nous torturer l'un après l'autre, nous laissant à peine le temps de récupérer entre deux « séances ». Pas pour nous soustraire des informations, juste pour le plaisir de nous voir souffrir.
Ah, et aussi pour envoyer des vidéos au Complexe.
J'avais résisté, longtemps, plus longtemps que je ne m'en croyais capable, commençant à supplier qu'ils arrêtent seulement au bout de la quatrième séance. Je sortais de la onzième.
Natasha n'avait pas encore craqué.
Ma dernière « séance » avait été la pire, j'avais commencé à hurler avant même que mon bourreau ne me touche. J'étais à bout, psychologiquement et physiquement. J'avais besoin de mon mari, de mon fils, de mes amis.
J'avais besoin que ça s'arrête.
-Qu'est ce… qui s'est… passé ? balbutiai-je.
-Tu t'es évanoui très rapidement, il ne t'a pas fallu dix minutes, et le type s'est énervé sur toi, y allant plus fort que d'habitude parce que tu étais inconscient. Vu tout le sang que tu as perdu avant qu'ils nous ramènent ici, j'ai cru que tu y étais passé, cette fois.
Ah oui, dernier détail de leur cruauté : ils nous forçaient à regarder l'autre se faire torturer. Et surtout à l'entendre hurler.
Je n'arrivais pas à décider quel passage était le pire. La douleur vive des lames sur ma peau accompagnée de mes hurlements, ou l'impassibilité glaciale de Natasha qui serrait à peine la mâchoire lorsqu'elle était torturée, faisant ressortir ma faiblesse.
-Ah, t'es enfin réveillé, Iron Man !
Je ne pus m'empêcher de sursauter lorsque notre bourreau entra dans la petite pièce. Priant pour qu'il ne me ramène pas sur la table, je fermai les yeux de toutes mes forces en serrant les dents.
Natasha s'interposa :
-Non, il n'a pas encore récupéré.
J'entendis le bruit d'une claque, et ouvrit brusquement les yeux pour voir mon amie projetée par terre, alors que le bourreau ricanait :
-Je ne t'ai pas demandé ton avis, Veuve Noire, il me semble. Alors tu la fermes et tu me laisses tranquille, sinon tu auras droit à la même chose. On l'emmène, ajouta-t-il vers la porte.
Deux gorilles entrèrent à leur tour dans la salle, et me soulevèrent par les épaules pour me porter jusqu'à la pièce adjacente. Ils m'allongèrent sur la table sans aucune délicatesse, rouvrant les blessures que Natasha avait essayé de soigner comme elle pouvait. Puis ils ramenèrent également l'espionne, qu'ils attachèrent à une chaise, de manière à ce qu'elle soit obligée de regarder dans ma direction.
Je tremblais.
Ma respiration était saccadée, alors que mon bourreau s'approchait lentement de moi, soignant son entrée.
Il frôla mon ventre de la paume de sa main, arrachant quelques croûtes encore fraîches au passage, et étala le sang qu'il avait sur les doigts.
-Alors, Tony Stark, comment on se sent aujourd'hui ? Tu sais qu'on a vu ton cher mari à la télévision hier ? Il s'inquiète pour toi le pauvre. Il faudrait lui envoyer un message pour lui dire que tu es toujours en vie, tu ne penses pas ?
Je m'obligeai à serrer les dents et à ne pas répondre.
J'avais réussi, jusque-là, à ne pas appeler Steve à mon secours lorsqu'ils me torturaient, parce que je savais qu'ils envoyaient toutes les vidéos au Complexe, et que je ne voulais pas briser mon mari comme ils m'avaient brisé.
Mais lorsque la lame finement aiguisée dessina une ligne brûlante sur la peau de mon torse, je ne pus m'empêcher de hurler son nom :
-STEEEEEEVE !
-Tu aimerais qu'il vienne te chercher, hein ? Dis-le.
Fichant mes yeux dans ceux de mon bourreau, je fis lentement non de la tête, la mâchoire crispée. Hors de question de donner plus d'armes à l'AIM pour détruire l'homme que j'aimais.
Un rictus déforma son visage alors qu'il positionnait la lame sur ma peau :
-Ce n'est pas très gentil ça…
Il enfonça la pointe du couteau sous ma peau, lentement, tout en continuant de parler de sa voix de serpent :
-Allez, je suis sûr que tu peux te montrer coopératif…
D'un mouvement du poignet, il fit tourner la lame, et je ne pus retenir un hurlement de souffrance.
-Si tu demandes à ton cher mari de venir te chercher, je te remets immédiatement dans ta cellule. Sinon…
Je serrai les paupières le plus fort que je pouvais. Je ne voulais pas céder, je devais être fort, il fallait que je…
-AAAAAAAAAAAAHHHH !
Il venait de faire courir la lame de part en part de mon ventre.
Je craquai malgré moi, malgré ma volonté qui s'était peu à peu étiolée, malgré mon obstination à vouloir faire croire que rien ne m'atteignait :
-Steve, Steve je t'en supplie, sauve-moi…
Ce n'était qu'un filet de voix, mais mon bourreau dut trouver ça suffisant puisque les sangles qui me retenaient à la table furent détachées, et que les deux gorilles me ramenèrent dans la pièce adjacente, me jetant sans ménagement dans un coin.
Il ne leur fallut qu'une minute de plus pour balancer à son tour Natasha dans la petite salle.
Et l'espionne se précipita vers moi, le visage déformé par l'angoisse :
-Tony !
Elle m'allongea du mieux qu'elle put sur la paillasse qui nous servait de lit et reprit le morceau de ma veste qu'elle avait utilisé pour compresser mes plaies, le plaça sur mon ventre et appuya une nouvelle fois sur mes blessures.
-J'ai craqué, Nat…
Mes yeux se remplirent de larmes.
-J'ai craqué, j'ai pas pu…
-Tony.
Son ton était ferme, sa voix apaisante. Je levai le regard vers elle, et elle continua sur sa lancée :
-Beaucoup auraient craqué avant toi. Tu as tenu plus longtemps que la plupart des gens, je peux te l'assurer.
-Tu n'as pas craqué, toi, répliquai-je d'un ton amer.
Elle poussa un long soupir, puis me répondit d'une voix douce :
-J'ai vécu bien pire en Russie. J'ai été formée pour ça. Par rapport à ce que j'ai traversé pendant ma formation, pendant mon entraînement, ce qu'ils m'infligent ressemble à des piqûres de moustiques.
-Natasha…
C'était la première fois qu'elle me parlait de la période de sa vie qui avait fait d'elle la tueuse sans pitié que je connaissais.
Elle eut un sourire triste :
-Essaye de dormir. Je veille sur toi, d'accord ?
-D'accord, murmurai-je en fermant les yeux.
Je me réveillai sans savoir combien de temps j'avais dormi, comme depuis le début de notre captivité. Mon premier réflexe fut de tâter mon abdomen : les plaies semblaient avoir cicatrisé, au moins elles étaient maintenant recouvertes de croûtes. Je cherchai Natasha du regard.
L'espionne était recroquevillée à mes pieds, sur l'extrémité de la paillasse faite d'une mauvaise couverture qui nous servait de lit. Elle semblait dormir, aussi je pris garde à ne pas faire de bruit, et la recouvrit de la deuxième couverture. Elle me l'avait laissée mais je n'en avais plus besoin.
Fermant les yeux, je m'adonnai à un exercice que j'aimais autant que je l'exécrais : imaginer que j'étais au Complexe.
Cette fois-là, je visualisai ma chambre. Je me représentai l'immense lit double, la dizaine d'oreillers moelleux, la lumière douce du levant, la chaleur agréable de la couette sur mes jambes.
La respiration paisible de mon mari.
J'imaginai Peter, du haut de ses cinq ans, courir vers nous depuis le salon et sauter sur le lit pour venir se caler entre Steve et moi, quémander une place sous la couette, me faire son sourire de sale gosse.
Et puis se rendormir à moitié, alors que je le prenais dans mes bras et que mon mari nous serrait contre lui.
-Tony, tu pleures.
J'ouvris les yeux sur le visage de Natasha, qui m'observait d'un air inquiet, les sourcils froncés. Sa voir avait été neutre, vide de tout jugement, simplement constatant mon état.
-Ça va, répondis-je d'une voix tremblante. C'est juste que…
Je n'eus pas la force de finir.
-Tu t'imaginais avec Steve et Peter, acheva-t-elle à ma place.
Je lui adressai un regard plein de détresse, hochant vaguement la tête, et elle m'attira à elle pour me serrer dans ses bras. Je me laissai aller, sanglotant sans retenue sur son épaule, alors qu'elle me murmurait :
-Je t'ai dit de ne pas faire ça, Tony… C'est comme ça qu'ils arrivent à nous briser. Tu dois rester fort, tu dois tenir, il faut que tu arrêtes de penser à Peter…
-Je… je peux… je peux pas… Oh Tasha, si tu savais comme ils me manquent, tous les deux…
Elle me serra plus fort, et sa main me caressa doucement les cheveux, alors qu'elle me répondait d'une voix apaisante :
-Je sais Tony, je sais… Mais tu dois tenir, pour eux, d'accord ? Pour que, quand Steve nous retrouvera, tu sois encore toi-même.
Je reniflai bruyamment, mais ne répondis pas. Je savais qu'elle avait raison –elle parlait d'expérience– mais imaginer mon fils me sourire me permettait de tenir, au moins quelques minutes.
Car la douleur qui venait après, lorsque je revenais à la réalité, était pire que la pire des séances de tortures imaginées par notre bourreau.
La porte de la salle s'ouvrit brusquement, nous faisant sursauter. Natasha se plaça d'instinct entre moi et nos bourreaux, mais leur chef se contenta de s'esclaffer d'un rire gras :
-Je te trouve un peu sur les nerfs, Veuve Noire, tu devrais te calmer un peu, ça te va pas au teint. T'inquiète, on va pas te le prendre ton protégé, pas cette fois. En fait, on a quelque chose à vous montrer…
Il fit un signe, et l'un de ses sbires apporta une petite table basse, sur laquelle il posa un ordinateur portable. Quelques manipulations sur le clavier plus tard, une vidéo se lançait à l'écran.
-Ecoute et regarde bien, Iron Man, c'est exprès pour toi…
Je jetai un regard inquiet vers mon bourreau avant de revenir vers l'écran.
Un journaliste brun portant une paire de lunettes se tenait face à la caméra, et j'entendis la fin de son discours :
-… de presse, au cours de laquelle Steve Stark-Rogers, que vous connaissez sans doute sous le nom de Captain America, va s'adresser à la nation au sujet de l'enlèvement de son mari, Anthony Stark-Rogers, ou Iron Man, et de la Veuve Noire. C'est le premier communiqué de presse officiel des Avengers depuis l'enlèvement, qui a eu lieu…
L'un des hommes coupa le son pendant une poignée de secondes, et notre bourreau murmura :
-C'est dur de ne pas savoir depuis combien de temps vous êtes ici, pas vrai ? Remets le son, ajouta-t-il à destination de son sous-fifre.
Le sbire s'exécuta immédiatement, et la voix du journaliste résonna de nouveau dans la pièce :
-… à l'estrade. Je reviendrai juste après son discours.
La caméra tourna vers le pupitre derrière lequel mon mari venait de se placer, et l'expression d'épuisement sur son visage me fendit le cœur. Il prit la parole d'une voix basse mais qui se voulait assurée :
-Nous souhaitons répondre à toutes les rumeurs qui circulent depuis quelque temps. Oui, Iron Man et la Veuve Noire ont été capturés. Nous avons des soupçons sur ceux qui sont derrière tout ça, mais préférons ne rien dire tout de suite. Bien entendu, nous les recherchons activement depuis qu'ils ont disparu, et comptons bien les retrouver le plus rapidement possible.
Il ferma les yeux quelques secondes, avant de poursuivre :
-La rumeur selon laquelle nous recevons des vidéos de nos collègues soumis à des séances de torture est malheureusement fondée. Nous n'avons pas encore réussi à déterminer la source de ces vidéos, mais croyez bien que nous y travaillons activement.
Son regard se fit de glace et sa voix frôlait le zéro absolu lorsqu'il acheva :
-Soyez sûrs que les coupables seront traités sans pitié.
Il se recula de quelques pas alors que les cris des journalistes retentissaient dans la salle, chacun y allant de sa question.
Notre bourreau ferma l'ordinateur, et fit signe à ses sbires de remporter la table basse, avant de se tourner vers nous :
-Honnêtement, je doute qu'ils nous trouvent, mais sait-on jamais. Juste au cas où, à cause des menaces de Captain America, les prochaines séances seront pires –et nous les filmerons, bien entendu. Ce serait dommage de priver les Avengers d'un tel spectacle, sachant que ce sont eux qui ont enclenché le pire…
Il sortit de la salle, et je réussis à attendre qu'il ait claqué la porte derrière lui pour m'effondrer contre Natasha, en larmes. Elle tremblait, mais elle me serra malgré tout contre elle, sans un mot.
Nous n'avions vu que Steve, et même si j'avais aperçu Pepper dans un coin, les autres Avengers n'étaient pas apparus sur la vidéo. Je me doutais que l'espionne s'inquiétait pour Bruce et pour Clint, même si elle ne m'en avait jamais parlé.
Elle aussi, elle avait des êtres chers qui la recherchaient activement.
-Debout ! C'est parti pour une petite séance !
Le cri de notre geôlier nous tira d'un sommeil plein de cauchemars, alors qu'ils emmenaient Natasha en la soulevant sans aucune délicatesse. C'était à son tour d'être sur la table.
Bien sûr, ses séances duraient moins longtemps que les miennes –le regard hautain, légèrement dédaigneux dont elle gratifiait notre bourreau tout au long de ses séances et son absence totale de réaction lorsqu'il s'occupait d'elle devaient l'ennuyer au plus haut point.
Ce qui leur plaisait, c'était que je vivais sa séance par procuration, attaché sur cette chaise, et que je hurlais pour elle de toute la force de mes poumons, suppliant pour qu'ils arrêtent.
Les deux gorilles revinrent rapidement et m'installèrent sur la chaise. Un appui-tête leur permettait de diriger mon visage de manière à ce que je sois obligé de regarder en direction de Natasha.
Et si j'avais le malheur de fermer les yeux trop longtemps, le bourreau n'hésitait pas une seconde à arracher mes croûtes et à verser de l'eau salée sur mes plaies à vif –et vice-versa lorsqu'elle se trouvait à ma place. C'était un moyen comme un autre de s'assurer que nous étions attentifs aux souffrances qu'endurait la personne attachée sur la table.
-Aujourd'hui, Veuve Noire, est le jour où je vais te faire hurler, siffla notre bourreau de sa voix de serpent.
Un léger rire jaune lui répondit, avant que Natasha ne plante ses yeux dans les siens et ne le défie encore :
-Vous pouvez toujours courir.
Un rictus déforma le visage de l'homme, et il cracha au visage de l'espionne, qui ne réagit même pas à l'affront.
Puis la séance commença.
Lorsqu'ils me ramenèrent dans la cellule, quelques minutes après avoir jeté Natasha dans un coin de la pièce, je me précipitai à ses côtés et l'enroulai doucement dans la couverture.
Ils n'avaient pas réussi à la faire crier.
A peine avait-elle lâché un gémissement au plus fort de la séance.
Au contraire de l'espionne, j'avais hurlé plus que je ne m'en croyais capable, tellement que ma voix était cassée, ma gorge en feu, et que je parvenais à peine à chuchoter sans souffrir.
Elle avait subi des choses qui reléguaient les tortures que notre bourreau pratiquait sur moi au rang de pincements désagréables. Et malgré tout, elle n'avait pas bronché, alors que je hurlais à m'en déchirer les cordes vocales, vivant sa douleur par procuration.
-Natasha, murmurai-je en la serrant contre moi. Il faut comprimer tes plaies. Laisse-moi voir.
-Tu en as vu assez, Tony. Je ne sais pas si tu pourras supporter ça…
Je serrai les dents –elle n'avait pas tort, mais je devais le faire quand même– et répliquai d'une voix qui se voulait assurée :
-Je peux le faire. Laisse-moi t'aider…
Elle soupira, mais finit par céder, puisqu'elle s'allongea sur la paillasse avec une grimace de douleur. Elle remonta ensuite son tee-shirt imbibé de sang pour que je puisse voir son ventre.
Retenant un haut-le-cœur devant son état, je pris les restes de ma veste –que nous utilisions comme bandage de fortune– et tentai de recouvrir tout son abdomen. Puis, comme elle l'avait fait avec moi, j'appliquai une pression ferme mais pas trop forte sur son ventre pour comprimer les plaies et limiter les saignements.
-Tu peux tenir ça ? demandai-je doucement. Je veux regarder tes jambes.
-D'accord, murmura-t-elle d'une voix faible.
Je soulevai la couverture pour dévoiler ses longues jambes, et vérifiai qu'aucune des plaies n'était trop profonde ou trop proche des artères. Pour certaines, j'utilisai les manches de ma veste comme pansements de fortune.
Il fallait vraiment que les autres nous retrouvent.
Et vite.
Cette fois, les gorilles ne prirent même pas la peine de me réveiller avant de me traîner sur la table pour m'y attacher –ce devait être ma dix-neuvième séance. Ils installèrent Natasha sur la chaise, puis mon bourreau entra dans la pièce.
Je gémis.
C'était pitoyable, faible, indigne de moi, du grand Tony Stark-Rogers, mais à cet instant, je n'étais plus rien, rien qu'une loque n'ayant d'humain que le nom. Un animal blessé, acculé, terrifié.
J'aurais tout donné pour que tout s'arrête, pour que je puisse rejoindre mon fils et mon amant, pour qu'enfin les Avengers nous trouvent, pour quitter cet endroit qui me détruisait un peu plus à chaque séance.
Combien de temps avant de revoir le visage de mon mari ?
Combien de séances avant de pouvoir sortir d'ici ?
-Regarde, m'interpella mon bourreau avec un sourire de gosse excité, c'est mon nouveau jouet, continua-t-il en me montrant un petit outil qui ressemblait à un éplucheur à légumes.
J'eus peur de comprendre.
-Le boss vient de m'envoyer ça, il paraît que ça fait fureur au Moyen-Orient, poursuivit l'homme avec un air surexcité sur le visage. Ça sert à écorcher les gens correctement, plus besoin de couteau ou de scalpel, ce petit bijou permet de découper dans la peau sans effort.
Je me mis à trembler.
En tournant à peine la tête, je croisai le regard de Natasha.
D'ordinaire, il était plein de force, et me donnait du courage pour survivre à la séance de torture –et cette fois, j'avais encore plus besoin de courage que d'habitude.
Mais ses yeux étaient pleins d'angoisse.
Plus que tout, cette vision me terrifia.
-Mais, reprit mon bourreau de sa voix de serpent, je ne vais pas commencer avec ça. Non, je vais m'amuser un peu avant, j'aime toujours autant mon petit couteau, tu sais, celui qui est mal aiguisé. Alors je vais commencer avec ça…
La lame qu'il venait de saisir traça une ligne brûlante sur mon torse, alors que le regard de Natasha se faisait plus dur. Elle hocha imperceptiblement la tête dans ma direction –autant que ses liens le lui permettaient– et je retrouvai un peu de courage.
Après tout, j'avais toujours réussi à survivre au couteau, cette fois-là ne serait pas différente.
Tournant la tête pour fixer le plafond, je serrai les dents lorsque la lame écorcha mon ventre, et ne gratifiai même pas l'homme du plus petit gémissement. Il fallait que je tienne.
Un rictus déforma son visage, alors qu'il arrachait avec application les plus grosses croûtes de mon abdomen.
Puis, sans doute lassé de mon silence, il reposa son couteau et s'empara de son nouvel outil avec un sourire carnassier sur le visage.
Je ne pus m'empêcher de trembler.
-Eh bien, Iron Man, on a peur d'un…
Ne me détestez pas tout de suite ! :D
J'espère que le cliffhanger vous a pluuuuu :D Et ouais, tout allait trop bien, c'était un peu trop bisounours à mon goût, donc j'ai pas pu m'en empêcheeeeer :D
Je vais de ce pas me rendre dans mon nouveau bunker, protégé par un bunker, protégé par un autre bunker, histoire que personne n'arrive à m'assassiner avant que je ne poste la suite (avouez, ça vous ferait chier quand même, non ? :P)
Hurlez donc votre rage au travers d'une review :D
Réponse aux reviews :
Yue Stark-Rogers : Ses petits copains ne vont pas tarder à envahir le Complexe Avengers haha ;)
Haaaa ça oui, et Peter l'a bien compris haha !
Ah ben Nat, oui, toujours, et c'est pas prêt de s'arrêter ;)
julie91 : Exactement, Tony est un papa poule (en vrai il a tellement peur de ressembler à son père qu'il fait tout pour s'en détacher), alors Steve a besoin d'user de fermeté de temps en temps !
Je pense que sa crise d'ado sera à l'image de ses parents : SUPER-énorme xD
Dardix : Pour finir, je suis ravie que tu sois ravie que je sois ravie :D
Ouais, ben j'espère bien qu'ils vont l'utiliser ce téléphone, parce que ZUT QUOI. Ah, on parle de Sharon qui débarque au milieu là ? Genre c'est moins chelou pour un mec de sortir avec la nièce de sa copine tout juste enterrée que de sortir avec un mec. MAIS DANS QUEL MONDE VIVONS-NOUS ?!
Tony est tout sauf responsable haha, même s'il essaye très fort :P
Lululili : Peter tient un peu trop de Tony au goût de Steve haha, mais tout est bien qui finit bien puisque, comme Tony, il obéit à la voix de Captain America ;)
Haha, j'espère que la suite te plaira autant que le début ! :D
