Bonjour !

J'espère que vous allez bien, que vous passez de bonnes vacances (pour ceux qui sont en vacances) (moi j'étais à la mer :D) et qu'il fait beau chez vous (ce n'est pas le cas chez moi) !

Je ne vais pas tarder à reprendre un rythme de publication plus normal (un chapitre par semaine) dès le 1er septembre :)

Bonne lecture !


Cela faisait maintenant trois mois que Natasha et moi avions été secourus par le reste de l'équipe, trois mois que nous étions revenus au Complexe.

Je ne parvenais toujours pas à toucher Steve ou Peter –ou qui que ce soit d'autre, d'ailleurs–, ne supportant que le contact de l'espionne, qui se débrouillait pour ne jamais être très loin de moi au cas où j'aurais besoin d'elle. Sa présence me réconfortait énormément.

Depuis deux mois, je voyais tous les deux jours un psychiatre recommandé par Bruce, et malgré mon aversion pour tout ce qui était psychologie, je devais admettre que ces rendez-vous me faisaient du bien. J'avais l'impression de voir enfin le bout du tunnel, même s'il me paraissait encore très loin. Quelques fois, Natasha participait aux séances, et sa présence –son expérience aussi, malheureusement pour elle– me permettait d'avancer.

Cela faisait également trois mois que mon fils avait reçu la consigne stricte de ne pas me toucher. Je savais que Steve et Natasha lui avaient parlé et avaient tenté de lui expliquer –sans en dire trop non plus, pour ne pas risquer de le traumatiser– les raisons de ma peur du moindre contact humain. Et surtout, Steve avait beaucoup insisté sur le fait que je l'aimais toujours, et que rien ne changerait jamais ça –je ne voulais surtout pas que mon fils pense que je ne l'aimais plus. Alors mon petit garçon avait tout fait pour me montrer son affection : j'avais le droit de jouer avec sa voiture préférée, c'était moi qui choisissais l'histoire du soir et surtout, il me prêtait toutes ses peluches, allant m'en chercher une dès qu'il me voyait.

Et c'était ça qui me touchait le plus : il ne comprenait pas, mais il faisait tout pour me montrer qu'il m'aimait malgré tout.

-Papa !

Peter me tira de mes pensées, alors que j'étais dans mon atelier, occupé à vérifier des plans pour un nouveau gadget.

-Oui Pete ?

-Tu viens goûter ? Papa m'a dit de venir te chercher.

Je fronçai les sourcils, surpris. D'habitude, Steve descendait un plateau chargé de nourriture jusqu'à mon atelier, et nous mangions tous les trois ce que mon mari avait préparé pour le goûter.

Mais de toute évidence, les plans avaient changé.

-J'arrive, répondis-je en me levant et en suivant mon fils jusqu'à l'ascenseur, qui nous fit monter jusqu'à l'étage commun.

A ma grande surprise, tous les Avengers –et les quatre mousquetaires du SHIELD– étaient réunis, et m'accueillirent avec des sourires chaleureux et des exclamations de joie. Certains se levèrent, mais aucun ne tenta de s'approcher de moi, et je leur en étais reconnaissant.

Steve avait dû les briefer.

Je m'installai entre l'accoudoir du canapé et Natasha, qui surveillait mes moindres réactions avec attention –qui aurait pu croire que l'espionne russe la plus implacable de tous les temps se comporterait comme une mère poule envers moi ? Non pas que ça me dérange le moins du monde, au demeurant. Steve l'avait cherchée un certain nombre de fois au milieu de la nuit pour qu'elle me réveille de mes cauchemars, au cours des trois derniers mois, et elle n'avait jamais hésité une demi-seconde à venir à mon secours, sacrifiant son sommeil sans compter pour que je puisse dormir quelques heures.

Je lui en étais infiniment reconnaissant.

Mon mari s'assit dans le fauteuil à côté de moi, et prit Peter sur ses genoux. Mon fils me regarda attentivement pendant une poignée de secondes, puis me tendit la peluche qu'il tenait contre lui. C'était une panthère noire en taille réduite, avec des yeux très bleus.

-Tiens papa, tu peux avoir Bagheera si tu veux. Elle est toute douce et elle aime bien faire des câlins.

J'adressai un sourire ému à mon petit garçon, et acceptai la peluche. Il la posa sur mes genoux en faisant bien attention à ne pas me toucher par inadvertance, et je la serrai contre moi –elle était vraiment très douce. Un sourire d'abord timide puis heureux se dessina sur le visage de Peter.

Puis sur le mien.

Je savais –Steve me l'avait dit– que Peter dormait avec les peluches qu'il choisissait de me prêter, avant de me les laisser et après les avoir récupérées. Un moyen pour lui de me faire des câlins par procuration, puisque je n'étais pas capable de lui en faire directement.

Et ne pas trouver la force de combattre mon angoisse pour mon fils me détruisait plus que tout.

Je me forçai à sourire, et le goûter se déroula dans une ambiance qui se voulait détendue, mais je sentais que toutes les personnes présentent étaient attentives au moindre de mes geste.

Pas angoissées, juste… concentrées.

Et j'étais profondément touché qu'elles soient là aujourd'hui, pour moi. Qu'elles ne me jugent pas, qu'elles soient simplement présentes.


J'étais dans mon atelier, quelques jours après ce goûter qui m'avait mis du baume au cœur, lorsque la voix de mon I.A. retentit :

-Boss, l'AIM vient de lancer une attaque d'envergure sur un entrepôt d'armement au nord de Washington. Six assaillants, tous améliorés. Fury demande le protocole d'intervention 197.3.

Je lâchai immédiatement ce que j'étais en train de faire –les plans détaillés d'une nouvelle voiture télécommandée alimentée par un ARK miniature, pour Peter– et répondis à mon I.A. d'une voix tendue :

-197.3 confirmé. Démarre le Quinjet.

-Tout de suite, boss.

Je me levai de la table à laquelle j'étais et fonçai vers l'ascenseur, tout en donnant plus de directives à mon I.A. :

-Envoie-moi le Mark LIII dans le Quinjet, je monte avec les autres, ce sera plus pratique pour mettre au point un plan.

-Mark LIII en déplacement pour le hangar principal.

Dans l'ascenseur, je retrouvai Steve et Bruce. Mon mari fronça les sourcils en me voyant, mais je lui répondis d'une voix qui se voulait assurée :

-Fury a demandé un 197.3, donc je viens aussi.

Il allait répliquer, sans doute pour m'interdire de venir, mais Bruce posa une main apaisante sur son épaule, et Steve se tourna vers lui :

-Tony peut venir, on aura sans doute besoin de lui, dit le médecin d'une voix douce. Mais seulement s'il se sent capable de le faire. Tu t'en sens capable, Tony ? me demanda-t-il en plongeant son regard dans le mien.

-Je… je crois que oui.

Steve n'eut pas le temps de tergiverser, puisque les portes s'ouvrirent au rez-de-chaussée, sur Rhodey, Sam, Clint, Natasha, Wanda et Vision.

Nous courûmes tous ensemble vers le Quinjet, et l'archer prit les commandes alors que Friday nous briefait sur l'attaque en cours :

-Six attaquants, trois groupes de deux qui se protègent mutuellement. Deux sur la face nord de l'entrepôt, quatre sur la face ouest. Les services de sécurité ont été dépassés, la plupart des agents sont blessés, deux sont morts. Quatre se cachent à l'intérieur

-Bien, fit Steve alors que des images défilaient sur l'écran holographique. Discrétion et force de frappe. Bruce, on aura besoin du Hulk tout de suite, je ne veux pas prendre de risques. Groupes de trois : Clint, Natasha, Wanda vous partez sur la face nord. Vision, Tony, Bruce, face ouest. Rhodey, Sam, avec moi, on rentre dans le bâtiment et va chercher les agents de sécurité qui se trouvent à l'intérieur. C'est bon pour tout le monde ?

Nous acquiesçâmes tous, et ceux qui en avaient besoin achevèrent de s'équiper pendant le reste du trajet.

Natasha s'assit à côté de moi et me prit doucement la main. Je me rendis compte à cet instant que, malgré son apparente assurance, elle devait être aussi nerveuse que moi –plus pour ma personne que pour elle, d'ailleurs.

-Ca va aller, murmura-t-elle.

-Ca va aller, répétai-je sur le même ton.

-Tu veux que je demande à être dans ton groupe ?

-Non, ne t'inquiète pas. Friday a prévu un canal privé pour nous, le canal 12. Tu n'as qu'à annoncer le numéro pour basculer dessus, et je basculerai automatiquement. Idem dans l'autre sens.

-D'accord, me répondit l'espionne en expirant longuement.

Je surpris les regards de Bruce et de Steve posés sur nous, et adressai un sourire rassurant à mon mari. Je pouvais le faire.

Il le fallait.

Une fois arrivés non loin de l'entrepôt, Clint posa le Quinjet et j'enfilai l'armure. Etrangement, je me sentis bien, parfaitement à l'abri dans mon vêtement de métal. Puis nous nous séparâmes, chacun partant avec son groupe.

Vision porta Bruce jusqu'à ce que nous arrivions en vue des assaillants, puis il le lâcha et le médecin libéra le Hulk. Il était notre meilleure arme contre les membres de l'AIM, puisqu'aucune chaleur ne pouvait le blesser. Lui au sol et moi en l'air, nous contînmes les membres de l'AIM pour que Vision puisse les réduire à néant à l'aide de la Pierre d'Infinité qu'il portait.

Une fois les deux membres de l'AIM désintégrés, le Hulk laissa Bruce revenir, et je contactai les autres Avengers.

-Steve ? Tout va bien ?

Il me répondit dans un murmure :

-Rhodey a détecté une présence à l'intérieur –les quatre agents de sécurité signalés par Friday, sauf que vu leur température corporelle, ce sont également des membres de l'AIM–, on reste en stand-by jusqu'à ce que vous nous rejoigniez, je veux limiter les dégâts matériels. Mais allez d'abord vers la face nord du bâtiment, le groupe de Clint est en difficulté.

-Tout de suite.

Je fis signe à mes deux coéquipiers, et l'androïde porta de nouveau Bruce pour que nous puissions rejoindre l'équipe de Natasha rapidement. Wanda et Vision eurent bientôt fini de réduire les assaillants à l'état de poussière, puis nous entrâmes dans le bâtiment pour rejoindre le troisième groupe.

En train de lutter avec les quatre membres de l'AIM qui, vu leurs tenues, s'étaient fait passer pour des membres du personnel de sécurité de l'entrepôt. Nous formâmes un cercle parfait autour d'eux, et les prîmes en joue alors qu'ils se rassemblaient, dos à dos, pour nous faire face.

Le statut quo dura quelques dizaines de secondes, jusqu'à ce que l'un des assaillants ne retire sa cagoule avec toute la lenteur du monde et ne lève un regard provocateur vers moi.

-Alors, Iron Man, déjà de retour ? Je pensais que les autres t'en auraient fait plus baver que ça…

Je cessai de respirer.

C'était l'un des hommes qui nous avait capturés, Natasha et moi, près de quatre mois auparavant.

Le premier qui avait ordonné qu'on nous attache sur une table pour nous torturer longuement.

Du coin de l'œil, je vis l'espionne se raidir brusquement, et demandai à Friday de passer immédiatement mes communications sur le canal 12. Une fois le basculement effectué, je murmurai :

-Tasha.

Elle se remit à respirer.

-Ca ne se passera pas comme la dernière fois, je te le promets. Mon armure fonctionne parfaitement cette fois. Et ils ne peuvent rien contre nous maintenant. Les autres sont là, ils nous protègeront.

-Oui, souffla-t-elle sans bouger les lèvres.

Je continuai à parler, plus pour me rassurer moi-même qu'autre chose :

-On reste à distance, on ne les approche pas. Les autres peuvent s'en charger. Je préviens Steve.

-D'accord, murmura-t-elle en respirant plus librement.

Et soudain, Bruce libéra le Hulk, qui se jeta sur les membres de l'AIM avec un hurlement parfaitement terrifiant –à mon avis, il avait fait le lien entre l'homme qui m'avait parlé et Natasha.

Les autres n'eurent même pas le temps de réagir que le monstre vert avait déjà réduit en pâtée pour chien l'ensemble des assaillants. Être insensible aux variations de température avait du bon ! Et puis, même avec Extremis dans leur organisme, ils ne pouvaient pas se régénérer une fois que leur boîte crânienne avait été aplatie par un Hulk au maximum de sa colère.

La voix de Captain America résonna dans la pièce :

-Je crois que nous en avons terminé ici. Le SHIELD arrive. Ils gèreront la suite. On rentre au Complexe.

Aucune protestation ne s'éleva –tout le monde savait que c'était inutile. Alors nous retournâmes au Quinjet sans un mot.

Dans l'appareil, je retirai mon armure et m'assis à côté de Natasha. De nouveau, elle me prit la main, autant pour me rassurer que pour se calmer elle-même. Elle avait beau avoir vécu bien pire, j'étais persuadé que ce qui l'avait fait le plus souffrir pendant notre captivité était de m'avoir vu torturé en étant incapable de faire quoi que ce soit pour m'aider.

-Ca va aller, murmurai-je. On s'en est sortis, cette fois.

L'espionne me fit un pauvre sourire, et me répondit :

-Heureusement qu'il y avait les autres. Et Bruce.

Le docteur était dans un coin du Quinjet, occupé à écouter de la musique classique pour achever d'apaiser le Hulk, les yeux fixés sur Natasha.

-Oui, acquiesçai-je. Il a du comprendre…

-Je n'en doute pas, répondit l'espionne.

Nous passâmes le reste du voyage en silence.

Une fois rentrés au Complexe, je rentrai dans mon appartement, suivi de Steve, puis m'assis sur le bord de mon lit –je n'avais toujours pas rejoint le lit conjugal, mais mon amant ne m'en voulait pas.

-Tony ?

Je tournai le visage vers mon mari, qui s'était assis à côté de moi.

-Oui ?

-Qui était cet homme ?

J'inspirai profondément avant de répondre d'une voix faible :

-L'un de ceux qui nous ont capturés, avec Natasha. Le premier bourreau qu'on a eu, aussi, avant qu'il ne soit remplacé par un autre.

Son visage se figea, et un éclair de mort passa dans son regard. Je savais –Bruce me l'avait dit– que les Avengers au grand complet avaient dû argumenter avec Steve pour qu'il laisse Vision désintégrer mon bourreau à sa place. Il voulait le détruire de ses propres mains, mais Sam l'avait convaincu de se concentrer sur moi plutôt que sur mon bourreau, arguant que j'aurais besoin de mon mari auprès de moi, et que je devais me ficher de savoir qui tuerait mon tortionnaire.

Captain America avait eu soif de vengeance, pour moi.

Je commençai simplement à mesurer l'étendue des sentiments que me portait Steve. Bien sûr, je savais que mon mari m'aimait, mais je me rendais à peine compte à quel point, et je ne l'en aimais que davantage.

-Comment va Tasha ? demandai-je pour le distraire.

-Elle est avec Bruce. Je n'en sais pas plus.

-Au moins elle n'est pas seule, soupirai-je.

Mon mari se leva, et me proposa de me faire couler un bain, offre que j'acceptai immédiatement. Il se rendit donc dans la salle de bain et je l'entendis faire couler l'eau dans la baignoire.

Il revint quelques minutes plus tard et me fit un sourire :

-Ton bain est prêt.

Je le remerciai et allai dans la salle de bains pour me glisser dans l'eau brûlante recouverte de mousse.

Je fermai les yeux et je tentai de me détendre, de me vider la tête complètement, en écoutant le bruit des bulles qui éclataient.

Steve m'appela doucement une demi-heure plus tard :

-Tony, l'eau a dû refroidir, tu devrais sortir de là avant de tomber malade. J'avais posé ta serviette sur le radiateur pour qu'elle chauffe, tu veux que je te l'apporte ?

J'ouvris les yeux et me recroquevillai instinctivement, mais mon mari se trouvait de l'autre côté de la porte. Je n'avais pas encore trouvé le courage de le laisser voir toutes les cicatrices qui parsemaient ma peau, atroces vestiges de ce que j'avais vécu entre les mains de l'AIM.

-Ca ira, merci Steve.

-Je retourne dans le salon, dis-moi quand tu es habillé, il faut que je prenne une douche moi aussi.

-D'accord.

Il ferma la porte derrière lui, et je sortis de l'eau. Il avait raison, elle était tiède, bien moins agréable que l'eau brûlante dans laquelle je m'étais glissé, une trentaine de minutes plus tôt.

Je m'emparai de ma serviette et me séchai, en essayant d'éviter mon reflet dans le miroir. Natasha m'aidait à mettre de la crème sur les cicatrices pour qu'elles s'estompent, mais elles étaient toujours trop visibles à mon goût. Wanda avait essayé de les réduire au maximum, mais n'était pas parvenue à les faire totalement disparaître.

J'étais marqué à vie.


Ce dimanche-là, un mois entier après l'épisode du dépôt d'armes, je fus réveillé à neuf heures par une délicieuse odeur de café et de croissants.

J'ouvris les yeux sur Steve, qui portait un plateau chargé de nourriture –céréales, viennoiseries, pancakes, fruits frais, confitures–, précédé par Peter, qui avait un paquet dans chaque main. Je fronçai les sourcils. Mon anniversaire était passé depuis deux semaines –nous n'avions rien fait de grandiose pour une fois, simplement un repas en famille suivi d'une balade dans un petit bois qui se trouvait non loin du Complexe, et nous avions pris le dîner avec les Avengers–, alors pourquoi mon fils avait-il des cadeaux dans les mains ?

-Bonjour Tony, sourit Steve en voyant que j'étais réveillé. C'est une occasion un peu spéciale, alors Peter m'a aidé à préparer le petit déjeuner, et il voudrait que nous le prenions tous les trois au lit. Tu as faim ?

Je m'assis et hochai la tête en souriant, et mon mari posa le plateau sur la table basse, alors que Peter grimpait sur le matelas pour s'installer en face de moi. Il attendit que Steve se soit assis également pour nous donner à chacun un paquet, avec un immense sourire :

-Bonne fête papas ! Merci d'être des papas géniaux comme vous êtes ! On a fait ça à l'école pour la fête des pères, et comme j'ai deux supers papas, j'en ai fait deux, précisa-t-il d'une voix enthousiaste.

Peter était rentré à l'école en septembre –près de dix mois auparavant, donc–, et y avait retrouvé nombre des camarades de jeux qu'il avait au parc, donc l'intégration avait été rapide et facile. Il adorait apprendre, et partait tous les matins avec bonheur pour l'école. Chaque soir, nous avions droit à un récit détaillé de ses aventures de la journée, et des leçons qu'il avait apprises –surtout des poèmes pour enrichir son vocabulaire, qu'il nous récitait à l'infini.

Il était vraiment adorable.

Je pris avec un sourire tendre le cadeau que me tendait mon fils, imité par mon mari. J'ouvris mon paquet –le papier cadeau était écarlate– alors que Steve faisait de même –le sien était indigo–, et nous découvrîmes des petits personnages en bois –le mien était rouge, celui de mon mari était bleu– montés sur des blocs portant la mention « Meilleur papa du monde » gravée dans le bois.

Et en dessous, écrit de la main de Peter : « à égalité avec mon autre papa ».

Une vague d'émotion me submergea, et, sans réfléchir, je pris mon fils dans mes bras pour le serrer contre moi.

Il se figea un instant, avant de me rendre timidement mon étreinte, et de murmurer d'une petite voix :

-Je t'aime très fort, papa.

-Je t'aime très fort aussi, Pete. Merci pour ton cadeau, il est magnifique. Tu es le meilleur petit garçon du monde.

Du coin de l'œil, je vis Steve lever une main vers moi, puis se raviser, mais je détachai un bras de Peter et le tendis vers mon mari. Il me regarda avec tout l'amour du monde, les yeux brillants, et se déplaça pour que je puisse également le prendre dans mes bras. Il nous serra avec force, Peter et moi, et je savourai cette étreinte avec un bonheur indicible.

J'étais à nouveau moi-même.

Enfin.

Heureux, entouré des deux hommes de ma vie.


Ce soir-là, une fois que j'eus mis Peter au lit –avec un très, très long câlin, nous avions beaucoup de temps à rattraper–, je rejoignis mon mari qui dessinait sur son calepin, calé dans ses oreillers, et pris mon courage à deux mains pour me déshabiller devant lui –d'habitude, je le faisais dans la salle de bains, et enfilai un pyjama à manches longues pour qu'il ne voie pas ma peau.

Il fit mine de ne pas me prêter attention, mais je savais qu'il avait arrêté de dessiner et qu'il m'observait à la dérobée.

Je ne mis pas mon pyjama, mais me glissai dans notre lit –pour la première fois depuis mon retour au Complexe– simplement vêtu d'un caleçon, et donc dans la même tenue que mon amant.

Je m'obligeai à respirer lentement, profondément, et vins me coller contre mon mari, qui posa immédiatement son calepin sur la table de chevet pour m'entourer tendrement de ses bras.

C'était la première fois depuis ma capture que je me retrouvais peau contre peau avec Steve. Et malgré mon appréhension, je savourai le contact, la chaleur douce de mon amant, les battements de son cœur contre mon torse.

-Tony ?

Sa voix était hésitante, mais je le rassurai en me serrant davantage contre lui, et levai la tête pour planter mes yeux dans les siens :

-Je t'aime, Steve. Merci pour tout ce que tu as fait depuis… depuis que je suis revenu. Tu ne t'en rends peut-être pas compte, mais tu en as fait énormément, et je ne serais pas là aujourd'hui sans toi.

-Tony, murmura-t-il tendrement avant de déposer un baiser sur mon front. Tu n'as pas à me remercier, c'est normal tu sais.

-Je voulais le faire quand même. Et il y a autre chose…

Je me redressai sur un coude, effleurai sa joue du bout des doigts, pris mon courage à deux mains et posai mes lèvres sur les siennes.

Je ne l'avais pas embrassé depuis le jour où je m'étais réveillé dans la chambre de l'unité médicale, près de quatre mois auparavant, et ce geste simple m'avait manqué plus que je n'aurais pu l'imaginer. C'était comme cette grande inspiration que l'on prend en crevant la surface après avoir longtemps nagé sous l'eau.

Le sentiment de renaître à la vie.

Steve n'essaya pas d'approfondir le baiser, aussi ce fut moi qui pointai une langue timide entre ses lèvres. Il enroula sa langue autour de la mienne, dans un baiser lent, doux, profond, infiniment tendre.

Puis il détacha sa bouche de la mienne et m'allongea sur les oreillers, en murmurant d'une voix très douce :

-Je voudrais essayer quelque chose, mais n'hésite pas à m'interrompre si tu n'aimes pas ou si ça te met mal à l'aise, d'accord ?

J'acquiesçai lentement, légèrement tendu, et tentai de contrôler ma respiration, pour qu'elle reste calme et profonde. Steve ne me ferait jamais de mal volontairement, je pouvais lui faire confiance.

Mon amant m'adressa un sourire doux et rassurant, et je lui souris à mon tour, lui faisant ainsi comprendre qu'il avait ma permission pour continuer.

Doucement, avec toute la tendresse du monde, mon mari descendit son visage dans mon cou, puis posa mes lèvres sur mon torse.

Non.

Pas sur mon torse.

Sur une de mes cicatrices.

Je cessai de respirer un instant, mais m'obligeai à expirer lentement, alors qu'il couvrait la cicatrice de baisers légers et tendres.

Lorsqu'il l'eut parcourue en entier, il releva lentement le visage vers moi, sans doute pour analyser ma réaction. J'étais profondément touché de ce qu'il venait de faire, et de me dire sans utiliser de mots : il m'aimait, avec ou sans cicatrices, et puisqu'elles faisaient partie de moi, alors il les aimerait aussi. Je murmurai d'une voix chargée d'émotion :

-Merci, Steve…

Il m'adressa un sourire des plus tendres et redescendit son visage dans mon cou, reprenant ses baisers, dessinant chacune de mes cicatrices de ses lèvres. Celles de mon torse, évidemment, mais également celles de mon ventre, de mes bras, de mes jambes, de mon dos.

Et, lorsqu'au bout d'un temps infini, il eut terminé d'embrasser toutes les traces visibles de mon passage entre les mains de l'AIM, il posa ses lèvres sur les miennes pour un baiser d'une tendresse absolue.

Mon cœur explosa dans un gigantesque feu d'artifice qui résonna dans chacun de mes membres.

Nos langues s'enroulèrent l'une autour de l'autre, dans une danse volontairement lente, profonde, d'une tendresse infinie, et je ne pus empêcher quelques larmes de couler le long de mes joues.

Cet homme parfait, aimant, attentionné, sincère, loyal, courageux, dévoué, me prouvait une fois de plus que l'amour qu'il me portait était aussi grand que l'immensité du ciel.

Et je l'aimais au moins autant.

Ce soir-là, pour la première fois depuis quatre mois, je m'endormis dans les bras de mon mari. Et les cauchemars furent tenus à distance par la chaleur réconfortante de l'homme que j'aimais.

Je n'avais pas aussi bien dormi depuis ma capture.

Le lendemain matin, en nous réveillant, nous fîmes l'amour, doucement, très tendrement, apprenant à nous redécouvrir l'un l'autre, et cela marqua mon retour définitif à la normalité.

Je n'avais jamais autant aimé Steve qu'à cet instant.


J'espère que ça vous a pluuuuuu :D

Je ne pouvais pas torturer Tony trop longtemps non plus, je l'aime trop pour ça ! J'espère donc que vous me pardonnerez mon sadisme :D

Une petite review pour me donner votre avis ? :3

Réponse aux reviews :

Lululili : Je suis ravie que tes envies de meurtre soient un peu passées :D
Oui, Peter a un papa un peu cassé, mais ça va mieux là :D
Des bisous aussi ! :3

julie91 : Euuuuh, pardon ? :D Mais il va mieux là Tonychou, il a juste eu besoin de temps et de tout l'amour que son mari et son fils (et ses amis) pouvaient lui apporter.
Steve et Natasha ont expliqué (en édulcorant, évidemment) à Peter pourquoi Tony ne pouvait pas le toucher, et il essaye quand même de lui montrer qu'il l'aime, avec les peluches par exemple ;) Tony culpabilise énormément, plus vis-à-vis de Peter que vis-à-vis de Steve d'ailleurs.
Yep, mais bon, là le Hulk s'est lâché sur les autres, ça compense ? :D
J'espère que c'est assez positif pour ça ;)