Bonjour !

Je sais, ça fait un éternité que je n'ai pas posté, mais je n'ai pas eu une minute à moi ces derniers temps ! Entre mes études et mon asso, je n'ai pas trouvé le temps d'écrire, mais voilà un nouveau chapitre !


-Tony…

Je relevai immédiatement la tête vers mon mari, qui se tenait devant moi, un air incertain sur le visage, oscillant d'avant en arrière, se mordant la lèvre. Son attitude n'était pas normale, aussi je me tendis brusquement.

-Oui Steve ?

Il prit une grande inspiration, sembla hésiter pendant une éternité, puis me répondit d'une toute petite voix :

-J'ai retrouvé Bucky.

Ma respiration se coupa.

Cela faisait maintenant dix ans que mon amant m'avait révélé que mes parents avaient sans doute été tués par le Soldat de l'Hiver, aussi j'avais eu suffisamment de temps pour digérer la chose. Ce que je ne comprenais pas, c'était l'annonce de Steve –la manière dont il l'avait dit. Comme si…

-J'ai passé beaucoup de temps à sa recherche, depuis la chute du SHIELD, sans aucun succès malheureusement. Enfin, jusqu'à ce matin… Friday, tu peux nous passer les infos ?

-Tout de suite.

Friday obéissait bien entendu à Steve, du moins lorsque je ne le lui interdisais pas, évidemment –oui, il m'arrivait de temps à autre de réfuter les ordres que mon mari donnait à mon I.A. Du type, éteindre dans l'atelier pour que je monte me coucher, alors que j'étais seulement à quelques heures de terminer un projet, des trucs comme ça.

Un écran holographique se matérialisa face à moi, alors que je peinais à reprendre mes esprits. Mon mari avait cherché à retrouver l'assassin de mes parents, et il ne me le disait que maintenant ? Et c'était lui qui parlait de sincérité et qui condamnait les mensonges ?

Je me concentrai sur le journal télévisé que mon I.A. nous diffusait pour éviter de coller un pain dans la tête de mon amant :

-Nous venons d'apprendre qu'une attaque à la bombe a détruit le siège de l'ONU à Vienne, faisant une centaine de blessés et onze morts. La signature d'un accord essentiel sur les armes chimiques devait avoir lieu aujourd'hui, mais l'explosion de la bombe a perturbé la signature de l'accord. Les autorités ont rendu publique une vidéo montrant le principal suspect, identifié comme la personne de James Buchanan Barnes, le Soldat de l'Hiver. Les recherches continuent pour…

-Merci Friday, tu peux couper, murmura mon mari.

J'étais sous le choc, incapable de réagir.

-Tony ? appela Steve d'une voix hésitante.

Je tournai le visage vers lui en fronçant les sourcils, le regard dur, la mâchoire crispée. Il me devait des explications sur sa recherche de Barnes –qu'il m'avait bien entendu cachée. Je n'étais pas certain que j'allais bien prendre le fait que mon mari tente de retrouver le meurtrier de mes parents, fût-il contrôlé par HYDRA au moment des faits.

-Explique-moi, répondis-je d'une voix glaciale.

Mon mari soupira en baissant les yeux et s'assit en face de moi avant de commencer à parler :

-Je suis et reste convaincu que Bucky est toujours là, derrière le contrôle de son esprit par HYDRA. Pendant dix ans, après la chute du SHIELD, il a fait profil bas, restant caché, et surtout il n'a commis aucun assassinat. Ce mode opératoire, l'explosion, le visage à découvert en regardant les caméras, ce n'est pas lui. Ce n'est pas HYDRA non plus. Pour le moment, je n'ai aucune piste sur l'endroit où se trouve Bucky, mais je veux le retrouver. Et si possible, avant l'ONU.

Il inspira un grand coup et acheva :

-Mais je ne voulais pas partir sans te mettre au courant. Et surtout, je voudrais que tu sois d'accord avec moi sur ce que je vais faire. Je sais que c'est dur, je sais que tu lui en veux toujours, mais… j'ai besoin du soutien de mon mari.

Je baissai le regard et me mordis la lèvre, réfléchissant aux possibilités qui s'offraient à moi. D'un côté, je ne voulais pas que Steve se mette en danger en partant à la recherche de Barnes, et de l'autre côté, maintenant que mon amant en parlait, le mode opératoire ne correspondait pas aux recherches que j'avais faites sur le Soldat de l'Hiver et sur sa manière d'agir.

-Je ne peux pas t'empêcher de partir, murmurai-je.

En un instant, Steve fut accroupi devant moi, le regard douloureux. Et il me supplia d'une voix brisée :

-Tony, s'il te plaît… S'il te plaît. Je n'irai pas si tu… si tu me demandes de ne pas y aller. Mais il ferait la même chose pour moi si la situation était inversée. Il est mon ami, je ne peux pas le laisser tomber. Pas maintenant. S'il te plaît.

Fichant mes yeux dans ceux de mon mari, je prononçai des mots que je ne croyais pas être capable de dire un jour :

-Pars à la recherche de Barnes.

Un sourire timide et reconnaissant se dessina sur ses lèvres alors que ses yeux se remplissaient de larmes. Steve me répondit d'une voix émue :

-Merci, Tony.

Il m'embrassa timidement sur le front, comme s'il était incertain de ma réaction, puis sortit de mon atelier presque en courant. Il n'avait pas beaucoup de temps, et je ne pouvais que comprendre ça. Je demandai à Friday de me tenir au courant des agissements de mon mari, et elle m'avertit qu'il partait avec Sam dans le Quinjet, et qu'ils décollaient à l'instant.

-Voulez-vous que je lui transmette un message, boss ?

-Non, répondis-je d'un ton froid.

D'un geste, je fis disparaître l'écran holographique, qui était encore figé sur le journaliste parlant de l'attentat de Vienne, et me penchai à nouveau sur mon établi. J'avais encore beaucoup de travail sur le missile ultra-miniaturisé que je voulais intégrer à mon armure.

Malheureusement, je n'avais repris mes soudures que depuis une quinzaine de minutes lorsque mon fils déboula dans la pièce :

-Papa ! Pourquoi papa et oncle Sam sont partis avec le Quinjet et pourquoi t'es pas avec eux ?

Je relevai la tête vers Peter. Du haut de ses dix ans, mon petit garçon devenu grand était aussi –voire plus– curieux que moi, et voulait toujours tout savoir, et tout de suite s'il vous plaît. Il était impossible de s'en débarrasser avant d'avoir répondu aux questions qu'il posait, aussi je pris le parti de lui faire un topo de la situation sans plus attendre, pour qu'il me laisse travailler tranquillement ensuite :

-Ils sont partis à Vienne.

Peter réagit au quart de tour :

-Pourquoi à Vienne ? Ca a un rapport avec l'attentat à l'ONU ? Et pourquoi t'es pas parti avec eux du coup ?

Je soupirai, avant de lui répondre :

-Oui ça a un rapport avec l'attentat, mais c'est top secret, et ils n'avaient pas besoin de moi, c'est pour ça que je suis resté ici. C'est fini, l'Inquisition espagnole ? ajoutai-je avec un faux sourire.

Peter eut l'intelligence de paraître gêné, et il s'excusa :

-Pardon papa.

-C'est rien Pete. Dis donc, fis-je pour changer de sujet, au lieu de guetter le Quinjet par la fenêtre, tu n'aurais pas des devoirs à faire ?

-Oui, j'y vais tout de suite !

-Je veux voir quand tu as terminé !

Je me replongeai sans attendre dans mon travail. Moi aussi, j'avais des devoirs, et je connaissais une Pepper qui serait très en colère si je ne les finissais pas !


-Boss, un appel de votre mari, m'avertit Friday alors que je finissais de faire un compte-rendu écrit de l'avancement du micro-missile à Pepper.

Ça lui prenait de temps en temps de me demander –comprenez : me menacer de mort pour obtenir– des traces écrites de l'état de l'avancement de mes inventions, pour les présenter à la R&D de Stark Industries.

-Passe-le-moi, répondis-je d'une voix fatiguée.

Immédiatement, la voix de Steve résonna dans mon bureau –ben quoi, il m'arrivait de temps en temps de quitter mon atelier !– :

-Tony ?

-Oui ?

-J'ai retrouvé Bucky, mais j'ai, comme qui dirait, un léger problème…

Je ne pus retenir un rire. Un agent des Forces Anti-Terroristes –Sharon Carter, en fait, qui s'était engagée là-bas trois ans ans plus tôt, arguant qu'elle voulait apporter son aide en Europe, sur le même terrain que feu sa tante– m'avait déjà tenu au courant des aventures de mon mari, aussi je répliquai :

-Laisse-moi deviner. Tu t'es fait arrêter par les Forces Anti-Terroristes et tu te trouves actuellement dans un bureau situé dans un immeuble appartenant à l'ONU, à Berlin. Barnes est isolé dans une cellule transportable de haute sécurité et va subir un interrogatoire avec un psychiatre. J'ai tout bon ?

Je sentis une rapide hésitation au bout du fil, avant que Steve ne se reprenne et n'ajoute d'une voix contrite :

-Presque. Ils ont pris mon bouclier et les ailes de Sam.

-J'avais oublié ce léger détail. Bon. Essaye de ne rien casser et de ne blesser personne en m'attendant, j'arrive pour régler ça.

-Merci, Tony.

Je raccrochai. Et m'autorisai un soupir. Décidément, je n'arriverais jamais à finir mon missile ! Le monde entier se liguait contre moi.

J'interpellai mon I.A. :

-Friday, monte Mark LIII sur le toit et prépare un plan de vol pour Berlin, je vais rejoindre Steve pour essayer de réparer ses conneries.

-Tout de suite, boss.

En montant, je fis une pause à l'étage des appartements pour prévenir mon fils que je partais secourir son autre papa – « je savais bien qu'il pouvait rien faire sans toi ! » – mais que ce n'était pas une raison pour ne pas faire ses devoirs, ni pour regarder la télé jusqu'à minuit.

-Si je ne suis pas rentré, c'est Bruce qui vérifiera ton travail. Et je compte sur toi pour être sage et te coucher à l'heure.

-Oui papa !

Je l'embrassai sur le front et me dépêchai de rejoindre le toit. J'enfilai Mark LIII et décollai. Direction : l'Allemagne.


J'arrivai sur le toit de l'immeuble où se trouvait mon mari trois heures plus tard, après avoir dormi la moitié du trajet –ben quoi, la mer c'est assez monotone, et il y a un sacré décalage horaire entre New York et Berlin, je devais être capable de tenir le coup une fois en Allemagne.

Un homme aux cheveux gris m'attendait :

-Monsieur Stark ?

-Bonjour, monsieur… monsieur ?

-Ross. Je supervise cette unité. Le Capitaine Rogers se trouve actuellement dans un bureau au troisième étage.

-Je vous suis, répondis-je sans prendre la peine relever la double erreur sur mon nom et celui de mon mari –là tout de suite, j'avais d'autres choses à penser que de rappeler à un parfait inconnu que j'étais marié à Captain America.

Il me précéda dans l'ascenseur. Je laissai mon armure sur le toit –de toutes manières, Friday ne laisserait personne d'autre que moi l'enfiler, j'étais donc tranquille de ce côté-là.

Steve se leva avec un sourire mi soulagé, mi contrit lorsque j'entrai dans le bureau –enfin, l'espèce d'aquarium géant pourvu d'une table et de quelques chaises qui se trouvait au centre d'une salle remplie d'écrans d'ordinateurs– que Ross lui avait assigné.

-Tony. Je suis heureux que tu sois là.

-Ne te réjouis pas trop vite, Capsicle, répliquai-je d'un ton froid en le fusillant du regard, tuant dans l'œuf toute tentative de contact physique.

Je n'avais aucune envie d'embrasser mon mari pour le moment.

-Je ne sais pas encore comment faire pour te tirer d'affaire, ajoutai-je. Au fait, salut, Sam, saluai-je le Faucon.

-Salut, Tony.

Le regard de mon mari me quitta brusquement pour se focaliser sur un écran placé dans un coin de la salle, et je me retournai pour voir de quoi il s'agissait.

La vidéo en direct montrait Barnes, immobilisé dans sa cellule de haute sécurité, et un homme qui s'installait en face de lui. Ross passa à cet instant la tête par la porte et m'interpella :

-Rogers et Wilson ne sont pas autorisés à assister à l'entretien psychologique, mais vous pouvez, si vous sortez du bureau.

Je jetai un coup d'œil vers mon mari avant de sortir de la pièce sans aucune hésitation. Il savait que je lui raconterais tout lorsqu'il sortirait. Et je me connaissais suffisamment pour savoir que je n'arriverais pas à lui résister lorsqu'il me demanderait de le faire.

Sharon Carter me salua et entra dans le bureau –elle avait sûrement été affectée à la surveillance des deux militaires. Mauvaise idée, de mon point de vue –je n'étais pas complètement sûr qu'elle ait totalement renoncé à tenter de séduire l'homme qui me servait de mari.

Quant à moi, je me plaçai en face des trois écrans qui diffusaient en temps direct les images de Barnes. Ross me souffla que l'homme assis au bureau en face du Soldat de l'Hiver était un psychiatre, envoyé ici par l'ONU pour établir un profil psychologique de l'assassin d'HYDRA.

-Bonjour, monsieur. Barnes, c'est ça ? Votre nom ? Êtes-vous bien monsieur James Buchanan Barnes ?

-Je m'appelle Bucky.

Je jetai un coup d'œil vers Steve qui, vu la tête qu'il faisait, avait accès au son dans le bureau. Sharon, sûrement –si ce n'était pas la preuve qu'elle en pinçait encore pour lui !

L'interrogatoire continua pendant encore quelques minutes jusqu'à ce que, soudainement, le courant se coupe dans tout le bâtiment. Immédiatement, j'activai Friday sur mes lunettes et lui demandai de trouver la source de la coupure, mais mon I.A. fut incapable de me donner une réponse –la raison de la panne était extérieure au bâtiment, et trop lointaine pour que Friday puisse l'analyser.

Du coin de l'œil, je captai Steve et Sam qui couraient vers un couloir –mon mari avait certainement envie de profiter de la coupure pour faire évader Barnes. Je soupirai. Il ne pouvait pas se tenir tranquille deux minutes ?! Au moins pendant que j'essayais de lui sauver la mise, non mais !

De son côté, Ross tempêtait pour rétablir, sinon le courant, au moins une liaison vidéo pour qu'il puisse voir Barnes. Et je le comprenais –son précieux prisonnier risquait de s'échapper, il ne pouvait pas tolérer cela, pas après tous les efforts mis en œuvre pour l'arrêter.

La voix de mon I.A. me tira de mes pensées :

-Boss, votre mari et Wilson sont en train de se battre à l'étage inférieur.

-Quoi ? Contre qui ?

-Barnes.

-Comment… ?

-J'ai effectué un scan du bâtiment avec l'armure.

Je tentai de reprendre mes esprits, et une idée me vint :

-Friday, utilise l'armure pour localiser la source de la panne. Débrouille-toi, fais-la décoller si besoin, il me faut un diagnostic précis du pourquoi de la coupure.

-Tout de suite, boss.

Je vis sur le verre de mes lunettes que Mark LIII décollait du toit, puis j'allai tout de suite avertir Sharon qu'il y avait du grabuge en bas.

-Je préviens Ross, me répondit-elle avant de filer vers lui.

Tapant du pied, je pris mon mal en patience, me demandant ce que je devais faire, jusqu'à ce que l'agent Carter revienne vers moi et me demande de la suivre. Barnes était à l'étage de la cafétéria, et nous étions chargés de l'arrêter, me dit-elle. J'eus un frisson en songeant que Steve était certainement blessé, mais me concentrai sur ma tâche.

Sharon se précipita vers Barnes pour tenter de l'arrêter avec des techniques de combat empruntées aux arts martiaux, alors que je déployais un gant-armure sur ma main. Ce n'était qu'une arme légère, pouvant envoyer trois tirs d'énergie et deux ondes de choc, mais il allait falloir que je me débrouille avec ça, je n'avais pas le temps d'attendre mon armure –et puis, Friday était toujours en train de chercher la source de la coupure de courant.

J'envoyai une onde de choc suivie d'un tir d'énergie sur Barnes, mais cela ne l'étourdit même pas. Il fit deux pas vers moi, pointa son flingue sur mon visage et je n'eus la vie sauve que parce que mon gant-armure était renforcé en titane. Puis il me balança son bras métallique dans la figure, me projetant au sol de l'autre côté de la pièce, et je m'écrasai contre une table.

Complètement sonné, je fus incapable de réagir lorsque Friday me prévint que Barnes s'enfuyait par le toit mais que Steve le poursuivait. Sharon –qui était au moins aussi sonnée que moi– fut aidée par deux agents pour se relever, agents qui vinrent s'occuper de moi juste après.

-Boss, m'annonça mon I.A. dans mon oreillette, Barnes et votre mari ont quitté le bâtiment. Il semble qu'ils soient tombés dans l'eau. Votre mari ne présentait aucune blessure avant sa chute.

Je retins un soupir d'exaspération et me composai un visage impassible. Steve avait retrouvé son ami, tant mieux pour lui, mais l'homme en question avait été à deux doigts de me tuer d'une balle dans le crâne, et je n'allais certainement pas laisser passer ça. Mon mari allait passer un sale quart d'heure lorsque je saurais où il se trouvait à présent.

-Monsieur Stark ! m'interpella Ross.

-Quoi ?! répondis-je brusquement.

-Savez-vous où Rogers, Barnes et Wilson se trouvent ?

Ah, Sam avait aussi disparu ? Ça ne m'étonnait pas, il suivait Steve comme un gentil petit toutou.

Ross commençait sérieusement à me taper sur le système, aussi j'entrepris de mettre les choses au clair avant de répondre à sa question :

-C'est Stark-Rogers, corrigeai-je d'un ton glacial. Pour moi et pour l'imbécile au bouclier. Et pour répondre à votre question, non, je n'ai aucune idée de l'endroit où peut bien se trouver l'irresponsable qui me sert de mari et son meilleur ami des années quarante. Ce qui veut dire que je ne sais pas non plus où est le Faucon, puisqu'il suit mon mari comme son ombre.

Ross se figea, surprit par mon ton et les termes que j'avais employés, sans aucun doute. Puis il me répondit :

-Tenez-moi au courant si vous avez des nouvelles.

Je m'offris le luxe de lever les yeux au ciel –j'adorais faire ça pour exaspérer mes interlocuteurs– avant d'acquiescer :

-Je n'y manquerai pas.

Je demandai un bureau, et on m'alloua la pièce dans laquelle Steve et Sam avaient attendu que j'arrive. Dès que la pièce fut verrouillée –avec Friday qui s'était infiltrée dans le système informatique du bâtiment, ce fut facile– j'appelai Natasha :

-Tony ? Qu'est-ce qu'il se passe ? me répondit l'espionne.

-Steve s'est enfui avec Barnes. Essaye de le contacter et, s'il répond, transmets-moi sa position.

-Pourquoi n'essayes-tu pas de l'appeler toi-même ?

-Parce que pour le moment j'ai plus envie d'écraser mon poing sur ses dents parfaites que de lui parler calmement.

J'avais répondu d'un ton froid, aussi la russe ne réagit pas tout de suite, sans doute surprise de ma réaction. Et puis, je ne devais pas oublier qu'elle n'était pas au courant que Barnes avait tué mes parents. Ou alors, elle avait fouillé dans les dossiers du SHIELD –enfin, d'HYDRA– et elle savait. Et dans ce cas, elle se demandait si moi, je savais. J'entrepris d'éclairer sa lanterne :

-Je sais que Barnes a tué mes parents. Maintenant que tu sais que je sais, on peut passer à la suite ? Appelle Steve et tiens-moi au courant.

-D'accord, me répondit-elle d'une voix neutre.

Je raccrochai immédiatement. Je détestais parler de ça, même si c'était Natasha et qu'elle avait été comme une mère pour moi après notre capture par l'AIM. Cela faisait près de cinq ans que nous avions été torturés, et, si mes cauchemars s'étaient énormément espacés, j'en faisais encore de temps en temps.

Je me reconcentrai sur le présent et allai avertir Sharon et Ross que je mettais tout en œuvre pour retrouver Steve le plus rapidement possible, mais que je n'avais aucune idée du temps que ça allait me prendre.

-Tenez-nous simplement au courant quand vous l'aurez retrouvé, conclut Ross. Et essayez de capturer Barnes aussi, si possible. La cellule sera mieux agencée et plus renforcée la prochaine fois, il ne nous échappera pas de la même manière.

-Parfait, répondis-je d'un ton froid avant de monter dans l'ascenseur pour rejoindre le toit.

Je n'avais évidemment aucun projet de retourner à New York, mais je voulais me trouver un hôtel pas trop mal où passer la nuit, tout plutôt que les chambres austères du bâtiment de l'ONU.

Et je devais appeler Peter pour lui dire que je ne rentrais pas cette nuit, et qu'il devait être sage en attendant que ses papas ne reviennent à la maison. Bien entendu, mon fils protesta :

-Mais t'avais dit que tu revenais vite !

-Je sais Pete, mais ton cher papa blond a eu d'autres projets pour nous ici. Je te promets qu'on rentrera le plus vite possible, d'accord ?

-Non. Je boude.

Je réfrénais un soupir et me rappelai qu'il n'avait que dix ans, même s'il lui arrivait d'être très mature pour son âge.

-Allez Pete, sois un grand garçon, d'accord ? Et demain, c'est samedi, alors appelle ta marraine et va manger une glace avec elle. Pepper sera ravie de te revoir, et puis elle pourra t'aider pour tes devoirs.

-Moui.

Je retins un soupir, puis tentai de prendre une voix enjouée :

-Bonne nuit fiston.

-Bonne nuit papa, murmura-t-il avant de raccrocher.

Je poussai un long soupir de lassitude. Mon mari devenait incontrôlable, et mon fils m'en voulait à moi pour ça. La vie était vraiment injuste. Je me concentrai de toutes mes forces pour ne pas détester Steve, me rappelant que j'avais aussi fait des conneries et qu'il m'avait pardonné.

Bon. Pour le pardon, on verrait plus tard, songeai-je. Pour le moment, il fallait que je mette tout en œuvre pour retrouver mon mari.

Je trouvai un hôtel en centre-ville et y pris une chambre –de luxe, évidemment. Mark LIII, que j'avais enlevée pour entrer dans le hall, me suivit jusque dans ma suite, et s'immobilisa dans un coin. Je m'installai sur le lit pour réfléchir à la suite des opérations, et tombai dans un demi-sommeil.

La voix de Friday me fit sursauter :

-Boss, un appel de Romanoff.

-Passe-la-moi.

-Tony, c'est moi. Steve m'a appelée, malheureusement je n'ai pas pu le localiser, il avait un portable prépayé sans balise GPS.

Je soupirai :

-Il a dit quoi ?

-Il va bien, Sam aussi. Je n'ai pas de nouvelles de Barnes. Il m'a dit de te dire qu'il comprenait ta colère et qu'il ne te solliciterait plus pour cette affaire, que tu pouvais rentrer au Complexe.

Retenant un rire, je m'exclamai :

-Il a un de ces culots ! Je ne rentre pas.

Natasha eut un petit rire :

-Je le savais. Et que vas-tu faire ?

-Me lancer à la poursuite de mon mari.

J'espère que ça vous a plu !

Réponse aux reviews :

julie91 : Merciiiii !
Oui haha, ça pousse vite quand c'est bien arrosé les enfants ;) Tony trouve toujours des solutions pour réchauffer Steve haha ;) Et évidemment qu'il a tout fait pour que son mari frileux n'aie pas froid dans la neige !

Lululili : Huhu, de rien, je suis contente que ça t'aie plu ! Euh, ce chapitre-là est moins fluff (d'ailleurs il n'y en aura plus beaucoup dans ma fic si je me tiens aux chapitres qui sont déjà écrits, mais on ne sait jamais, si j'ai le temps j'en rajouterai un ou deux ;) )