Bonjour, bonsoir, désolée du retard !

Je tiens à m'excuser platement du délai de publication entre mes chapitres. J'ai un train de vie d'enfer, et malgré l'énorme inspiration que j'avais au début de cette histoire, je n'arrive plus à écrire. Ni celle-ci, ni d'autres.

Mais la fin est déjà écrite, donc vous l'aurez ! Après ce chapitre, il ne reste que l'épilogue, que j'espère publier d'ici la fin du mois.

Bonne lecture !


-Papa…

-Peter ! Qu'est-ce qu'il s'est passé ?!

Je me précipitai vers l'ascenseur, bousculant Dummy au passage, pour retenir Peter qui s'écroula dans mes bras. Il était anormalement pâle, son regard était vitreux et sa respiration sifflante.

-Je… les araignées… prévenir… professeur Williams…

-Hey Pete, respire et articule, je comprends rien là, demandai-je en fronçant les sourcils, vaguement inquiet.

Mais mon fils perdit connaissance. Complètement paniqué, je le secouai pendant une bonne minute, incapable de réfléchir, avant de soudainement me rappeler qu'un médecin se trouvait dans le bâtiment :

-Friday !

Mon I.A. me répondit immédiatement :

-Oui boss ?

-Fais monter Bruce tout de suite, il y a quelque chose qui ne va pas avec Peter. Dis-lui que c'est urgent ! Et préviens Steve aussi.

-Tout de suite, boss.

La minute qui s'écoula avant que Bruce ne sorte de l'ascenseur me parut la plus longue de ma vie, et j'eus l'impression que les treize ans qui avaient passé depuis que nous avions officiellement adopté Peter n'avaient duré qu'une poignée de secondes en comparaison.

-Tony ? Friday m'a dit que Peter s'était évanoui ?

Je levai un regard anxieux vers mon ami, qui s'était accroupi à côté de nous, avant de prendre le pouls de mon fils.

Il fronça les sourcils :

-Je vais lui faire quelques examens, mais j'ai besoin de le transporter dans l'unité médicale pour ça, je ne peux rien faire ici, je n'ai pas d'équipement. Je vais chercher un brancard, ne bouge pas.

Il retourna vers l'ascenseur, et failli se faire écraser par un Steve complètement paniqué qui se rua hors de la cabine dès que les portes s'ouvrirent, en m'appelant d'une voix des plus inquiètes :

-Tony, il y a un problème avec Peter ?

Puis il avisa l'air soucieux du médecin, le corps inerte de notre fils dans mes bras, et il fut à mes côtés en une seconde :

-Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

-Il est rentré comme ça, blanc comme un linge et en tenant à peine sur ses pieds, il a parlé d'araignées et d'un certain professeur Williams, mais je n'ai rien compris, et puis il a perdu connaissance.

-Je vais chercher un brancard pour le transporter au centre de soins, nous informa Bruce d'une voix douce.

-Je peux le porter, contra mon mari. Ça ira plus vite comme ça, pas la peine de perdre du temps. Donne-le-moi, Tony.

Il passa un bras sous les épaules de Peter, un autre sous ses genoux, et le souleva avec précaution, alors que je maintenais sa tête contre l'épaule de mon amant. Puis nous nous dirigeâmes vers l'ascenseur, dont Bruce tenait la porte ouverte, pour descendre à l'étage du centre médical.

Le médecin ne perdit pas de temps, et demanda à Steve d'allonger Peter sur un lit avant de mettre des électrodes sur son torse, de placer un masque à oxygène sur son visage et de lui faire une prise de sang.

-Je vais analyser ça, je reviens le plus vite possible. D'ici-là, surveillez-le, et si le rythme cardiaque change ou si la saturation d'oxygène passe en-dessous de quatre-vingt, appelez-moi.

Je hochai la tête, imité par mon mari, alors qu'il se plaçait dans mon dos et m'entourait doucement de ses bras. Je plaçai mes mains sur les siennes, sans quitter Peter du regard.

-Tony, tout à l'heure, tu as parlé du professeur Williams ? m'interrogea Steve d'un ton inquiet.

-Peter en a parlé, rectifiai-je. Il m'a demandé de le prévenir, mais il n'a pas eu le temps de dire de quoi avant de s'évanouir. Pourquoi ?

-Ce n'est pas l'homme qui travaille sur des insectes irradiés ?

Ma respiration se bloqua. Si, il me semblait effectivement que c'était lui, j'avais lu avec attention ses récentes découvertes dans la presse. Ma seule question était : quel rapport avec mon fils ?

Prenant mon silence pour un oui, mon mari continua :

-C'est dans son laboratoire que Peter fait son boulot d'été, n'est-ce pas ?

Je me tournai brusquement vers mon amant, respirant difficilement. Ce n'était pas possible, pas vrai ? Pas notre fils !

Ma voix se brisa :

-Tu ne penses tout de même pas que…

La voix de mon mari était chargée d'inquiétude lorsqu'il me répondit :

-S'il t'a parlé d'araignées, je pense que si.

Je fis volte-face pour poser un regard des plus anxieux sur Peter. Si son responsable lui avait demandé de se faire mordre par une araignée, peu importe que ce soit pour une expérience financée par le gouvernement, il allait entendre parler d'Iron Man !

-On en saura plus avec les analyses de Bruce, murmura mon mari en me prenant dans ses bras très tendrement.

Je hochai la tête en serrant les dents. Nous ne pouvions rien faire à part attendre, et cette attente me tuait.


Peter ouvrit les yeux une petite heure plus tard.

-Papa ? Papa ?

-Hey Pete, fis-je doucement.

-Qu'est-ce que je fais là ? demanda-t-il d'une voix pâteuse, en jetant des coups d'œil inquiets autour de lui.

Je m'assis au bord du lit, et lui répondis d'une voix anxieuse, même si j'étais soulagé qu'il se soit réveillé :

-Tu es rentré à la maison, et tu t'es évanoui dans mon atelier en parlant d'araignées, tu ne te rappelles pas ?

Il fronça les sourcils et grimaça, alors que Steve s'asseyait de l'autre côté du matelas sur lequel il était installé :

-Ah, si…

-Peter, que s'est-il passé ? l'interrogea mon mari d'un ton grave.

Notre fils ferma les yeux et nous répondit en gardant les paupières closes, comme s'il avait peur de notre réaction :

-C'était à mon tour de nettoyer le vivarium des araignées, et j'ai été distrait par un technicien qui m'a demandé où le professeur Williams rangeait ses comptes-rendus d'analyses. J'ai fini de nettoyer le vivarium, mais l'une des araignées avait profité de mon inattention pour se barrer.

-Langage, l'interrompit mon mari.

Peter ouvrit les yeux et nous regarda tour à tour, avant de fixer un point invisible sur le mur de la chambre, en face de lui. Il continua :

-Je m'en suis rendu compte tout de suite, et j'ai commencé à la chercher, après avoir demandé au technicien de sortir et de fermer la porte. Et c'est là que j'ai senti la morsure dans mon cou. Réflexe, j'ai écrasé l'araignée, mais j'ai commencé à avoir des vertiges et je suis rentré.

Je penchai la tête vers mon fils pour croiser son regard, avant de demander d'une voix blanche :

-Rassure-moi, ce n'étaient pas les araignées irradiées ?

Le regard contrit qu'il me lança confirma mes pires craintes.

-Je suis désolé, papa, répondit-il en baissant les yeux.

-Ce n'est pas ta faute, contra Steve en posant une main compatissante sur son épaule. Je vais tout de suite appeler le professeur Williams pour lui raconter ce qui s'est passé, et nous verrons après pour la suite.

Peter hocha la tête, et mon mari quitta la pièce pour passer son coup de fil. Je me tournai vers mon fils avec un regard sévère :

-Tu ne t'en tireras pas aussi bien que ça, jeune homme. Ton boulot d'été, tu oublies, je veux que ta lettre de démission parte demain à la première heure.

-Papa ! protesta Peter.

-Il n'y a pas de « papa » qui tienne. Tant que l'on ne connaît pas les effets de cette morsure sur ton organisme, je ne veux pas prendre de risques. Tu ne quittes pas cette chambre avant d'avoir les résultats de la prise de sang, et tu ne sors pas du Complexe avant qu'on ne sache exactement quelles conséquences cette morsure va avoir sur toi.

Il ouvrit la bouche pour protester encore, mais je lui fis les gros yeux, et il me jeta plutôt un regard noir avant de se renfoncer dans ses oreillers. Me radoucissant, je posai une main sur son épaule, et lui expliquai d'un ton affectueux :

-Je suis inquiet pour toi, Pete. Quand je t'ai vu pour la première fois, tu étais haut comme trois pommes, et tu as marché vers nous d'un air si décidé que même si nous l'avions voulu, nous n'aurions pas pu aller voir les autres enfants. Maintenant tu as quinze ans, c'est normal que tu sois exposé à plus de risques. Mais j'ai réussi à te garder en vie tout ce temps, ce n'est pas pour te laisser clamser maintenant.

Il leva vers moi un regard ému, et ses lèvres se mirent à trembler :

-J'ai peur, papa…

-Hé ! Tu ne t'inquiète pas, on va trouver une solution. OK ?

Il me serra contre lui et hocha vaguement la tête, pas convaincu. Steve revint et nous trouva ainsi, mais ne posa pas de question et se contenta de nous étreindre avec douceur et affection, comme il savait si bien le faire. Mon mari était parfait en toutes circonstances, sinon il n'aurait pas mérité son surnom de Captain Perfect.

Bruce toqua à la porte alors que nous étions toujours enlacés, et je me détachai de mon mari et de mon fils pour me tourner vers le médecin.

-Alors ? demanda Steve d'une voix incertaine.

Un long soupir lui répondit, avant que Bruce ne commence à nous expliquer les résultats des analyses :

-Le venin attaque les cellules de Peter, mais il ne les détruit pas : il les modifie, et en profondeur. Il change l'ADN au cœur des noyaux.

Je jetai un coup d'œil à mon fils, blanc comme un linge.

Le médecin continua :

-J'aimerais refaire une prise de sang et, puisque Peter est réveillé, d'autres examens pour commencer à appréhender les changements que le venin a induits dans son organisme.

-Je vais… je vais mourir ? demanda mon fils d'une voix tremblante et pleine de larmes contenues.

Il avait beau faire le grand, il n'avait que quinze ans, c'était parfaitement normal qu'il panique. Et c'était mon rôle de le rassurer.

Je me tournai immédiatement vers lui et posai les mains sur ses épaules, imité par Steve, avant de plonger mon regard dans ses yeux humides :

-Non. Je vais travailler avec Bruce pour que ça n'arrive pas, je te le jure.

Il hocha la tête, pas convaincu pour deux sous, et je le pris à nouveau dans mes bras, pour le bercer, comme lorsqu'il était petit et qu'il venait de faire un cauchemar. Steve lui frottait le dos comme il avait l'habitude de le faire.

-On va faire la prise de sang, et tous les examens qu'il faut, mais je te jure que je vais tout faire pour te garder en vie, Pete, murmurai-je à son oreille. Je vais me battre pour que tu vives, tu peux compter là-dessus.

Je relâchai mon étreinte, et il posa sur moi un regard moins angoissé.


J'observais les radios de Peter.

Nous lui avions fait passer un scan et une IRM, plus des échographies –Bruce était en train de repasser les vidéos pour noter tous les changements visibles– et les analyses de sang étaient en cours.

Rien n'avait changé dans la structure globale de son squelette –pas de paires de pattes qui poussaient le long des côtes, pas d'yeux supplémentaires, pas de mandibules en cours d'apparition, dieu merci– et cela me rassurait un peu. Au moins, il n'allait pas se transformer en araignée.

Steve était resté avec lui, dans sa chambre, pour éviter qu'il ne panique –la présence rassurante de Captain America était toujours la bienvenue dans les situations de stress.

-La composition de ses ligaments a changé, m'informa le médecin. Viens voir, ajouta-t-il.

Je me retournai vers lui et m'approchai de l'écran. Il continua, en me montrant le film de l'échographie :

-Ils sont moins denses, plus souples, mais je pense qu'ils sont au moins aussi résistants sinon Peter ne pourrait plus tenir debout.

Je hochai la tête, incapable de voir ce que mon ami arrivait à observer –j'étais mécanicien, je pouvais dire quelle huile était la plus dense juste en les regardant, mais pour ce qui était du corps humain…

Je retournai à mes radios, mais Bruce ne me laissa que quelques minutes avant de me demander :

-Tu peux aller voir où en sont les analyses de sang ? Et j'aimerais bien faire une ponction lombaire à Peter, si c'est bon pour toi. Il faut que je regarde si la structure interne de ses os a changé, comme pour les ligaments.

-J'y vais, répondis-je. Et bien évidemment que tu peux faire toutes les analyses dont tu as besoin. Friday ?

-Oui boss ?

-Préviens Peter qu'on descend bientôt lui faire une ponction lombaire.

-Tout de suite boss.

Je me dirigeai vers la paillasse où les différentes analyses de sang étaient en cours, et en vérifiai l'avancement.

Je n'étais clairement pas tranquille.


Steve referma ses bras autour de moi.

Nous étions couchés dans notre chambre. Peter dormait dans la sienne, juste à côté, et j'avais ressorti le vieux babyphone acheté au moment de son adoption en cas de problème –même si Bruce semblait serein, entendre la respiration paisible et régulière de mon fils me rassurait.

Les analyses de sang avaient révélé que le venin avait non seulement modifié les cellules et l'ADN de Peter, mais protégeait également ces mêmes cellules. La composition de sa moelle osseuse avait changé, diminuant sa densité de la même manière que les ligaments, qui s'étaient avérés très résistants.

La force de mon fils avait été décuplée –nous nous en étions rendus compte lorsqu'il avait donné un coup de poing rageur dans un mur et qu'un trou monstrueux était apparu, digne des marques que Steve était capable de laisser pendant un combat. Nous l'avions alors emmené dans la salle de musculation, et il avait soulevé quatre fois son poids sans aucun effort.

Ah, et il arrivait également à grimper au mur –et à se déplacer au plafond– sans aucun problème. Une histoire d'adhésion des paumes des mains et plantes des pieds, semblables à celle des araignées.

Il avait acquis une souplesse et une agilité impressionnantes –le parcours du combattant n'avait été qu'une formalité dans la série des tests et examens qu'il avait passés au cours de la journée.

Les examens avaient en tous cas montré une chose : mon fils n'allait pas mourir, pas tout de suite et pas directement des suites de la morsure en tous cas.

Et cela me rassurait un peu.

-Tu devrais dormir mon cœur, murmura Steve tout contre mon oreille.

-Mmm.

Ma réponse ne sembla pas le convaincre, puisqu'il se redressa sur un coude pour m'observer tendrement :

-Peter ne craint rien. Il dort, et tu devrais en faire autant.

-Je n'y arrive pas, répondis-je d'une voix faible. Je n'arrête pas de penser aux conséquences de tout ça.

Mon mari frotta son nez contre ma tempe dans un geste très tendre, avant de murmurer d'une voix douce :

-Je sais. Mais il va bien, et nous allons décider tous les trois ensemble des suites à donner à toute cette histoire, mais demain. Pour le moment, je veux que tu dormes, d'accord ?

Je poussai un très long soupir, mais finis pas hocher la tête, plongeant mes yeux dans les prunelles bleues de mon amant :

-Je vais essayer.

Il se rallongea et me serra davantage contre lui, alors que j'enroulai mes bras autour de son torse.

Je fermai les yeux pour me concentrer sur sa respiration paisible, et finis par arriver à trouver le sommeil, bercé par le souffle lent de mon mari.


La bonne nouvelle, c'était qu'à part sa force, son agilité et sa souplesse exacerbées, aucun changement n'affectait mon fils, et Bruce était arrivé à la conclusion que le venin ne le tuerait pas.

La mauvaise, c'était qu'avec ces nouvelles aptitudes –en particulier sa capacité à s'accrocher à n'importe quelle surface–, il voulait rejoindre les Avengers.

Et cela faisait déjà deux heures que l'argumentation se déroulait, séparant mon camp –Steve et moi donc–, qui maintenait un « non » définitif, et le camp de Peter, discrètement épaulé par Wanda –qui avait le même âge que lui lorsqu'elle avait rejoint l'équipe–, qui voulait à tout prix devenir un Avenger.

-Tu te rends compte à quel point ces missions sont dangereuses ?! J'ai failli y passer, ton père a failli y passer, et je ne te parle pas de Natasha, qui n'avait ni mon armure ni le super sérum quand nous avons été capturés ! martelai-je.

Mon fils pointa un doigt accusateur sur moi :

-Ne mélange pas tout ! Tu t'es fait tirer dessus à une conférence de presse, pas pendant une mission !

-Argument invalide ! La conférence de presse fait partie de la mission ! répliquai-je sur le même ton. Et dois-je te rappeler que j'ai été torturé à mort par une bande de fous furieux qui voulaient juste se venger ?

Mon mari se leva à cet instant de sa chaise et se plaça entre nous, paumes dirigées vers nos torses respectifs dans un geste d'apaisement :

-Stop. Vous ne vous écoutez pas.

J'expirai brusquement, le visage fermé. Il n'avait pas tout à fait tort, mais je ne pouvais envisager de laisser mon fils les suivre en mission j'avais déjà assez à faire à m'inquiéter pour mon mari –j'avais arrêté d'être Iron Man lorsque j'avais fêté mes soixante ans, près d'un an auparavant, mon mari jugeant que mon âge m'exposait davantage aux risques sur le terrain, à cause de la lenteur de mes réflexes. En gros, il avait peur pour moi et ne voulait pas avoir à s'inquiéter de ma survie lorsqu'il était en train de se battre, ce que je pouvais éventuellement comprendre. J'avais donc finalement capitulé et accepté de ranger –enfin, de céder à un jeune militaire sélectionné par Rhodey– mon armure, après une très longue discussion –enfin, une engueulade– qui nous avait tenus éveillés toute une nuit.

-Je vous demande de vous calmer, maintenant, continua Steve. Tony, je suis parfaitement d'accord avec toi –non, tais-toi Peter, je n'ai pas fini–, mais cette discussion concerne également tout le reste des Avengers, je vais donc programmer une réunion de l'équipe au complet le plus tôt possible. D'ici-là, on ne parle plus de ça, pour nous laisser le temps d'y réfléchir.

Je faillis protester, mais le regard de mon mari m'en dissuada, aussi je me contentai de me taire, pour une fois. Il avait raison, mieux valait respirer un coup et reporter cette discussion.

De dix minutes.

-Friday ?

-Oui boss ?

-Est-ce que tous les Avengers sont au Complexe ?

-Oui, Romanoff et Barton viennent de rentrer.

Parfait.

-Convoque une réunion d'urgence en salle de conférence 24-B. Dis-leur d'y être dans dix minutes.

-Tout de suite, boss.

Je posai le regard sur mon fils, qui devait être du même avis que moi puisqu'il hocha la tête.

Nous nous dirigeâmes vers l'ascenseur pour descendre à l'étage des salles de réunions –j'avais donné rendez-vous aux autres dans celle meublée de fauteuils confortables, mais qui ne disposait pas de table.

Tout le monde était là –même Clint qui ne faisait plus que former Sebastian, un jeune archer de vingt ans plein de potentiel qui avait rejoint l'équipe peu de temps auparavant, et Rhodey qui supervisait les trois soldats ayant le privilège de porter Mark LXI, LXII et LXIV–, aussi je commençai sans tarder :

-Peter souhaite rejoindre l'équipe des Avengers. Personnellement, Steve et moi y sommes opposés, mais mon mari juge que nous ne pouvons avoir le recul nécessaire pour répondre à la question de manière objective, étant donné que nous sommes ses parents. Nous vous avons donc réunis ici pour décider, en équipe.


Je fulminais.

Après deux heures de débats enflammés –Peter et Wanda d'un côté, Cap' et moi de l'autre, le reste de l'équipe essayant de rester le plus neutre possible–, Steve avait ramené le calme en demandant un vote à bulletin secret. Une réponse par personne, oui ou non, aucun bulletin blanc, merci.

Et la majorité avait voté pour que notre fils soit intégré à l'équipe.

Bien sûr, je savais que mon mari serait là pour veiller sur Peter, évidemment, mais je n'étais pas certain de pouvoir survivre au stress de savoir les deux hommes les plus importants pour moi risquer leur vie simultanément.

Nous étions de retour dans nos appartements, où mon mari tentait tant bien que mal de me rassurer :

-Il peut voir et entendre tout ce qui se passe, il est rapide et fort –il arrive même à soulever plus de poids que moi–, alors je suis convaincu qu'il s'en sortira très bien. Il sera sans doute le meilleur de nous tous, tu n'as aucun souci à te faire.

Il s'approcha de moi et me prit dans ses bras. J'hésitai longtemps, au moins un quart de demie seconde, avant de le serrer contre moi de toutes mes forces et d'enfouir mon visage dans son cou.

-Je veux faire son costume, murmurai-je d'un ton buté. Je veux y intégrer Friday, et je ne veux pas qu'il parte en mission avant que je ne l'aie terminé. C'est non négociable.

Steve se sépara légèrement de moi et ficha ses yeux bleus dans les miens, un air désolé sur le visage :

-Je ne sais pas si…

Je l'interrompis d'une voix ferme :

-Une semaine. Je te demande une semaine. Je veux être sûr qu'il sera protégé. Il reste mon petit garçon, je veux être certain qu'il revienne vivant de ses missions. Si je ne peux pas l'empêcher d'y aller, je ferai tout pour qu'il revienne entier.

Un soupir, puis Steve hocha la tête :

-Très bien.

Je me remis à respirer un peu plus librement.

-Je vais à l'atelier, l'informai-je en lui volant un baiser, avant de me diriger vers la porte de notre appartement.

-Je vais prévenir Peter, répondit mon mari d'une voix douce.

Je fis un signe de la main qui voulait dire OK, puis sortis de notre salon et marchai d'un pas vif vers l'ascenseur.

J'avais du pain sur la planche si je voulais avoir fini à temps pour que mon fils soit protégé le mieux possible lors de ses missions. Déjà, il aurait un plastron en fibres de carbone, et tant pis pour la souplesse au niveau du torse.


-Papa ?

Je me retournai vers mon fils, qui venait d'entrer dans mon atelier.

Cela faisait six jours que je travaillais sans relâche sur le costume –l'uniforme, dixit Steve– de celui qui avait choisi de s'appeler Spiderman, et je l'avais fait venir pour les premiers essayages.

Bien sûr, le costume était idéal –c'était moi qui l'avait fait– mais je voulais qu'il le teste avant de se retrouver au milieu d'une bataille, histoire qu'il soit familier avec ses nombreuses fonctions.

-Viens là Pete, et enfile ça, dis-je en lui tendant le costume plié.

-Merci papa. Au fait, j'ai travaillé avec tonton Bruce dans son labo, on a réussi à mettre au point une formule de toile d'araignée ultra-résistante –assez pour me porter facilement–, tu veux voir ?

J'eus un petit sourire :

-Enfile ça et mets les capsules aux emplacements prévus, là, sur les poignets.

Il me regarda d'un air interloqué. Un sourire satisfait étira mes lèvres, et je lui révélai la présence d'une taupe dans le laboratoire de Bruce :

-Friday m'a dit sur quoi vous travailliez, alors j'ai anticipé pour le costume. Histoire de ne pas avoir à le refaire.

Un air ravi apparut sur le visage de mon fils :

-Merci papa !

-C'est ça. Allez, va te changer et reviens immédiatement, je veux un retour le plus vite possible pour modifier ce qui ne te plaît pas. File !

Il courut vers l'ascenseur pour remonter dans sa chambre et se changer, et je ne pus m'empêcher de soupirer.

Il grandissait trop vite, et j'allais me faire un sang d'encre pour lui à chaque fois qu'il allait quitter le Complexe, maintenant.

Ce qui, vu mon âge et mes antécédents, n'était pas vraiment recommandé si je voulais rester en vie le plus longtemps possible.

Saloperies d'araignées.


-Boss ?

La voix de mon I.A. me fit lever la tête du circuit imprimé sur lequel j'étais en train d'installer un processeur –je fabriquais toujours plein de gadgets pour les armures Iron Man, même si je ne les portais plus.

-Oui Friday ?

-Le Capitaine Stark-Rogers m'a demandé de vous informer du fait que les Avengers sont sur le chemin du retour. Ils devraient être au Complexe d'ici une trentaine de minutes.

Une pointe d'anxiété dans la voix, je lui demandai :

-Mets-moi en liaison vidéo avec le Quinjet.

Elle ne répondit pas, mais un écran se matérialisa juste devant moi, et le visage de mon fils apparut, tout sourire :

-Papa !

-Peter, soupirai-je, infiniment soulagé.

C'était sa première mission, et nous avions angoissé toute la journée avec Rhodey et Clint –enfin, j'avais angoissé et ils avaient tenté de me calmer, sans grand succès d'ailleurs– puisqu'aucune communication entre l'équipe de terrain et les trois clampins coincés au Complexe n'était autorisée pendant le déroulement de la mission –et je détestais ça.

-Tony, sourit mon mari en se plaçant à côté de notre fils.

Injustement, lui vieillissait très lentement, il avait l'air d'un homme de trente-cinq ans alors qu'il en avait quarante-six, et même cent treize si on comptait sa période d'hibernation.

-Tout va bien ? Personne n'est blessé ? demandai-je, légèrement inquiet.

Mon mari me sourit :

-Tout va bien, répondit Steve d'une voix douce. Peter s'est très bien débrouillé, il a mis plus d'ennemis à terre que moi avec sa toile et sa force. Tu n'as rien à craindre lors des prochaines missions, pour lui en tous cas.

Je grimaçai pour lui faire comprendre que je m'en ferais quand même.

-On passe en mode furtif, on arrive d'ici une petite demi-heure.

-Je vous attendrai dehors, répondis-je avant que mon mari ne coupe la communication.

Lorsqu'ils arrivèrent, j'étais sur le tarmac, seul. Rhodey et Clint se trouvaient toujours dans le salon de l'étage commun.

Une vague de soulagement me submergea lorsque mon mari et mon fils descendirent du Quinjet, tout sourire, et marchèrent à ma rencontre. Je les pris dans mes bras malgré les protestations énergiques de Peter.

-Papa ! Lâche-moi, c'est bon !

Il se dégagea sous le regard réprobateur de Steve –mon mari savait que j'avais besoin d'être rassuré de leur retour en bon état–, mais continua d'un ton des plus enthousiastes :

-Ton costume, c'est vraiment de la balle papa, il est juste génial !

Je hochai la tête :

-Je suis content qu'il te plaise, Pete.

J'étais surtout heureux qu'il soit revenu entier.


J'espère que ce chapitre vous aura plu !

Comme je le disais, il sera le dernier, puisque le suivant sera plus un épilogue.

Je vous dis à bientôt !

Réponse aux reviews :

julie91 : oui, en même temps ils ne pouvaient pas lui en vouloir à vie, ils l'aiment trop pour ça !
Je suis ravie que cette idée t'aie plu ! ;)
Tony c'est mon chouchou aussi :3

lululili : je suis ravie que ce chapitre t'aie plu ! Oui, Tony et Peter sont obligés de finir par pardonner à Stevie-chou haha, et pour ce qui est de Bucky, je ne voulais pas que l'ambiance au QG des Avengers soit trop explosive donc j'ai distillé un peu de maturité dans Tony haha ;)