Hrm hrm.

Bonjour !

Je suis absolument désolée du temps que j'ai mis pour publier cet épilogue. J'ai été beaucoup touchée par les reviews sur mon dernier chapitre, et, bien que cet épilogue soit écrit depuis plus d'un an, je ne pouvais me résoudre à le poster. Pas sans essayer, encore et encore, d'écrire un dernier chapitre, une relation pour Peter, un autre aperçu de la vie des Avengers.
Malgré tous mes efforts, je n'ai pas réussi à produire quelque chose de convenable. L'histoire était vide, mes mots sonnaient creux.
Je publie donc enfin cet épilogue, que je vous avais promis il y a si longtemps.

J'espère que ce dernier chapitre vous plaira !


C'est étrange, j'ai toujours pensé que je mourrais avant lui.

Le super sérum, tout ça. Contre le pauvre humain que je suis.

Je n'aurais jamais imaginé qu'il puisse partir avant moi.

Encore moins en mission, avec toutes les améliorations que j'avais apportées à son uniforme pour qu'il me revienne entier.

Je me rappelle avec une précision douloureuse le soir où il est mort. Friday ne m'a pas prévenu que la mission était terminée et que l'équipe rentrait au Complexe, aussi j'ai été surpris lorsque le Quinjet s'est posé sur le tarmac. Je suis descendu à toute vitesse pour accueillir mon mari et mon fils.

Seul le deuxième est sorti de l'appareil.

Derrière lui, Sam, Bruce, Bucky et Thor portaient le corps sans vie de Steve, allongé sur un brancard, les yeux clos, son bouclier posé sur la poitrine.

Je suis tombé à genoux en hurlant.

Mon fils a avancé vers moi et s'est effondré dans mes bras, alors que je hurlais toujours. J'ai enroulé mes bras autour de Peter, et je l'ai serré de toutes mes forces contre moi. Des larmes ont commencé à couler sans que je ne m'en rende compte ou ne cherche à les arrêter.

J'avais l'impression qu'on m'avait arraché le cœur.

Steve était tombé au combat, et j'étais mort lorsque ses coéquipiers m'avaient ramené son corps.

Je ne voulais pas savoir comment, je me foutais de savoir ce qu'il s'était passé, je voulais juste qu'on me rende mon mari. Rhodey et Clint ont accouru en m'entendant hurler, et mon meilleur ami m'a serré l'épaule alors que mon fils pleurait sans discontinuer contre moi.

Les Avengers qui le portaient l'ont emmené dans notre chambre, et posé sur le lit, sur notre lit. Peter et moi les avons suivis, et j'ai passé la nuit à sangloter en tenant la main de Steve.

Puis il a fallu organiser la cérémonie des funérailles, et j'ai tout délégué à Pepper et aux Avengers.

J'étais vide.

Je le suis toujours.

Nous sommes sur le côté de la cathédrale, attendant là que le cercueil de Steve arrive pour éviter le plus possible les journalistes qui veulent nous interroger. Peter se tient à côté de moi, très droit, la mâchoire serrée, sans doute pour tenter de contenir ses pleurs, et rajuste sa cravate.

Je repense à tout ce qu'on a vécu, avec Steve. Notre premier baiser. Notre première nuit. La fois où il a failli mourir. Le matin où il m'a dit oui. La fois où j'ai failli y passer. Le jour de notre mariage. Lorsqu'il m'a sauvé de l'AIM. Le moment où il est parti chercher Bucky en Allemagne, et celui où je l'ai ramené à la maison.

Peter.

Il n'avait que deux ans, il en a vingt aujourd'hui. Lorsque Steve m'avait proposé qu'on adopte, j'étais réticent –j'avais peur d'être un père horrible, comme mon géniteur l'avait été pour moi, et surtout je ne voulais pas partager mon mari. Mais mon fils –notre fils– a été et est toujours quelqu'un d'aussi extraordinaire que ses parents, un jeune homme brillant, plein de qualités, et un Avenger dont je suis très fier. A aucun moment je n'ai regretté de l'avoir adopté.

J'entends un hoquet, et me tourne vers mon fils pour le serrer contre moi. Il essaye tant bien que mal de retenir ses larmes, alors qu'il cache son visage dans mon cou, comme lorsqu'il était petit.

-Tony… C'est l'heure.

La voix de Pepper est douce, remplie de chagrin. Je me sépare doucement de mon fils et nous la suivons vers l'entrée de la cathédrale. La voiture des pompes funèbres est là, et devant elle nous retrouvons Rhodey, Sam, Clint, Bruce et Bucky. Tous ont le visage fermé, les yeux rouges, et j'ai l'impression de voir mon reflet en cinq exemplaires.

-Messieurs, nous interpelle l'un des hommes sortant de la voiture, nous sommes là pour porter le cercueil jusqu'à l'autel.

-Non.

J'allais répondre, mais Bruce m'a pris de court.

-Nous allons nous en charger, continue Sam. Nous sommes six.

-Sept, rectifie Peter d'une voix tremblante.

Je me tourne vers mon fils. Il a les yeux pleins de larmes alors qu'il détourne son regard du cercueil recouvert d'un drapeau américain pour le tourner vers moi.

-Je veux le porter aussi, papa. S'il te plaît.

-Je peux te laisser ma place, propose Rhodey. Je marcherai derrière.

J'acquiesce, imité par Peter, et remercie mon meilleur ami d'une voix faible, puis nous nous mettons en ordre pour porter le cercueil. Peter et moi devant, puis Bucky et Clint derrière mon fils, alors que Sam et Bruce se placent à ma suite.

Les portes de la cathédrale s'ouvrent, et les voix douces des enfants choristes résonnent dans l'allée. Nous avançons lentement, et j'essaye de contenir mes larmes alors que Peter, à ma gauche, pleure sans retenue. Il ne fait aucun bruit, les perles salées dévalent ses joues en silence.

Nous plaçons le cercueil devant l'autel, à côté d'une petite table sur laquelle trône un portrait de mon mari, souriant dans son uniforme militaire, devant son bouclier entouré de roses blanches. Rhodey dépose une énorme couronne de ces mêmes fleurs sur le cercueil. Nous allons nous asseoir en silence. Mon fils se place à ma droite, et j'entoure ses épaules d'un bras.

Il est trop jeune pour vivre ça.

Le pasteur prononce quelques mots simples, pour rappeler le pourquoi de notre présence –comme si une seule personne ici pouvait l'avoir oublié.

-Aujourd'hui, nous rendons hommage à un soldat, à un ami, à un mari et à un père, décédé au service de sa patrie. Observons une minute de silence à la mémoire de Steven Grant Stark-Rogers.

Le calme est seulement troublé par Peter qui sanglote sur mon épaule.

Il est beaucoup trop jeune pour vivre ça.

-J'aimerais maintenant inviter monsieur Anthony Stark-Rogers à venir dire quelques mots.

C'est le moment le plus difficile pour moi. Je confie Peter à Bruce, assis à sa droite, et me lève en essayant de retenir mes larmes. En passant le long du cercueil enveloppé du drapeau américain, je pose un instant mes doigts sur le tissu rayé, comme une dernière caresse à mon mari.

Je n'ai même pas pu lui dire au revoir.

C'est drôle, on ne pense jamais que le dernier baiser sera le dernier. Ce matin-là, je l'avais embrassé tendrement, comme à mon habitude, un peu trop vite sûrement. Je pensais le revoir plus tard.

Je serre les dents pour retarder le moment où j'éclaterai en sanglots et monte les quelques marches qui mènent au pupitre.

Je pose ma feuille sur le bois et lève le regard vers l'église, pleine à craquer. Nombreux sont ceux qui ne connaissaient pas personnellement Steve, mais qui sont venus honorer le héros de la nation. La moitié des sièges est occupée par des militaires, très dignes, l'autre moitié par des inconnus en noir. Le premier rang du côté droit est occupé par nos amis, ces mêmes amis qui étaient présents à notre mariage, ainsi que Bucky. A gauche, j'aperçois le Président des États-Unis, entouré d'une meute de gardes du corps.

Je prends une grande inspiration, tentant de chasser la boule dans ma gorge, et commence à parler :

-Steve Rogers était connu du monde entier sous l'identité de Captain America. Mais ce n'est pas du héros que je veux vous parler aujourd'hui.

Je reprends difficilement ma respiration. Ma voix est rauque et tremble de larmes trop longtemps contenues.

Ça ne va pas être facile.

-Je veux vous parler de l'homme, de l'ami, du mari et du père que j'ai connu.

Les larmes brouillent ma vue, mais je connais mon discours par cœur, alors je continue sans avoir besoin regarder ma feuille :

-Steve était un homme bon, loyal et aimant. Il m'a rassuré dans les moments de doute, aimé plus que je ne m'aimais moi-même, encouragé lorsque je n'y croyais plus, et convaincu de faire la plus belle chose de ma vie après l'avoir épousé : adopter notre fils.

Le regard de Peter se lève vers moi, et il plante ses yeux dans les miens comme il s'accrocherait à une bouée de sauvetage.

Malheureusement, étant moi-même en train de me noyer, je suis bien incapable de le sauver…

-Durant les vingt ans qu'a duré notre mariage, Steve a fait de moi le plus heureux des hommes, et il ne se passait pas un jour sans que je remercie le destin de m'avoir accordé le bonheur aux côtés de l'homme que j'aimais.

Je pleure pour de vrai, maintenant. Le visage de mon fils reflète exactement ce que je ressens : un profond désespoir.

-Vous savez, j'ai toujours cru qu'il serait à ma place. Que ce serait lui qui ferait mon éloge funèbre. Qu'il vivrait plus longtemps, grâce au sérum.

Une boule énorme se forme dans ma gorge. Je n'arriverai jamais à finir, c'est une certitude. Et pourtant, je puise dans le regard infiniment triste de mon fils la force d'achever ce que j'ai commencé, de prononcer ces quelques mots :

-Pour tout ce que tu as fait pour moi, pour Peter, pour nos amis, pour le monde, Steve, je te remercie. Je ne cesserai jamais de t'aimer.

Je replie ma feuille, quitte le pupitre et retourne à ma place dans un silence bruissant de sanglots contenus et de larmes silencieuses, de mouchoirs froissés et de reniflements discrets.

Je suis à peine assis que Peter se détache de Bruce pour se réfugier dans mes bras, alors je tente de le réconforter, même si j'aimerais m'enfuir dans mon atelier, loin de tous ces gens qui pleurent si hypocritement parce qu'ils n'ont pas connu l'homme extraordinaire qu'était mon mari.

Mais je ne peux pas. Mon fils a besoin de moi, plus que jamais.

C'est au tour de Sam de s'avancer vers le pupitre. Il a les yeux rouges mais secs, et je soupçonne sa formation militaire de lui interdire de pleurer en public. Sa voix est rauque mais assurée lorsqu'il prend la parole :

-Steve était quelqu'un d'honnête et de droit, de compréhensif et de juste. Je l'ai rencontré le jour où il m'a doublé plusieurs fois alors que je faisais mon jogging du matin, en répétant « sur votre gauche » à chaque fois qu'il passait à côté de moi. Et puis, durant une mission, il a demandé mon aide. Et cela a débouché sur une amitié sincère et durable. Mais malgré tout, j'ai le sentiment que ma douleur de l'avoir perdu n'est rien en comparaison de celle de son mari et de son fils.

Nos regards se croisent.

Une seconde.

Avant qu'il ne reprenne :

-J'ai eu l'honneur d'intégrer l'équipe de Steve peu de temps après cette mission, renforçant notre amitié, créant une confiance mutuelle inébranlable. J'ai été son témoin lors de son mariage avec Tony. J'étais présent lorsque Peter a débarqué dans sa vie, dans leur vie.

Ses yeux se remplissent de larmes, et je ferme très fort les paupières.

Je sais ce qu'il va dire.

-J'étais là lorsqu'il est tombé.

Je mords très fort ma lèvre pour retenir un sanglot, et resserre ma prise autour de Peter, qui pleure toujours contre moi.

Un silence bruissant de larmes et de mouchoirs froissés se fait dans l'église alors que le Faucon quitte le pupitre.

Sam pose sa main sur mon épaule –il est revenu s'asseoir juste derrière moi– et murmure d'une voix brisée :

-Je suis tellement désolé, Tony.

Je lui ai déjà répété qu'il n'y était pour rien, que ce n'était pas sa faute, mais je n'ai pas la force de parler, alors je hoche simplement la tête.


La mise en terre se fait sous un soleil radieux, comme si l'univers avait décidé de se moquer de l'homme extraordinaire que l'on pleure aujourd'hui. Le froid est sec et le vent mordant alors que nous portons le cercueil jusqu'à la tombe, entourée de dizaines de bouquets de fleurs.

Le drapeau qui recouvrait le cercueil de bois sombre est maintenant plié, et posé au niveau du cœur de Steve. Le cimetière est plein de militaires en uniforme d'apparat, très droits et très dignes. Les inconnus qui étaient présents à la cérémonie ont été priés de partir.

Après de longs échanges avec la Maison Blanche et l'Armée –j'étais épaulé par tous les Avengers, le SHIELD et la majeure partie de la population–, j'ai obtenu le droit de garder le bouclier de mon mari, et il est actuellement dans ma voiture. Je ne sais pas ce que je vais en faire, mais c'est la dernière trace du passage de Steve sur Terre et j'ai besoin qu'il soit avec moi.

Un bouquet de roses blanches placé dans un énorme vase en verre ciselé est apporté par deux hommes des pompes funèbres à droite de la tombe, et l'un d'eux me fait un signe.

Je jette la première rose sur le cercueil, en murmurant :

-Je t'aime Cap'. Je t'aime maintenant, dans dix ans, il y a trois jours, pour toujours. Je t'aime, Steve.

Des larmes incontrôlables brouillent ma vue et dévalent mes joues alors que je me décale d'un pas sur ma gauche pour permettre à mon fils de déposer sa rose sur la tombe de son père.

-Je t'aime, papa. J'espère que tu seras heureux, là-haut.

Steve a transmis son éducation chrétienne à Peter. Et à cet instant, alors que mon mari est mis en terre, j'ai envie d'y croire moi aussi, j'ai besoin de croire qu'il y a quelque chose qui l'attend, un endroit où il sera bien, et non pas le néant que l'athée –que je suis– reste convaincu qu'il y a après la mort.

Mon fils fait un pas de côté pour se placer juste devant moi, et je pose mes mains sur ses épaules agitées de sanglots silencieux.

C'est au tour de mes amis de lancer des fleurs dans la tombe. Chacun offre quelques mots à l'amour de ma vie, puis l'un des hommes des pompes funèbres me tend une pelle.

C'est à moi que revient la charge de commencer à ensevelir mon mari.

Et je m'exécute, le cœur brisé.

Puis vient le tour de Peter, qui prend la pelle dans un sanglot.


Lorsque toute la terre a été utilisée pour refermer la tombe, les hommes des pompes funèbres s'en vont, ainsi que tous les militaires présents.

Il ne reste plus que nous.

Peter, Sam, Rhodey, Clint, Bucky, Natasha, Pepper, Thor, Jane, Happy, Bruce, Wanda, Fury, Hill, Sharon, Coulson et moi.

J'ai le bras passé autour des épaules de mon fils, et Rhodey a posé sa main dans le haut de mon dos. Pepper se tient à côté de moi, le regard fixé sur la stèle de marbre blanc qui porte le nom de mon époux.

« Steven Grant Stark-Rogers »

En dessous, gravée dans une calligraphie fine, se trouve son épitaphe :

« Soldat loyal, ami fidèle, époux aimant, père affectueux »

La nuit commence à tomber, mes amis s'en vont les uns après les autres après une dernière accolade, quelques mots de réconfort.

Ne restent que Peter et moi.

Un mari et un fils, devant la tombe du héros de la nation.

Un époux et un enfant, devant la stèle de l'homme merveilleux qu'était leur mari et père.

Un veuf et un orphelin, devant la sépulture de Steve Stark-Rogers.


Je sens que je vais encore me faire allumer... Désolée ?
J'avais besoin d'une 'vraie' fin, quelque chose de définitif, alors j'en suis arrivée là. Je n'ai presque pas touché ce chapitre depuis que je l'ai écrit, et j'espère vraiment que, malgré sa teneur, il vous aura plu.

Je vous remercie, tous, mes abonnés comme mes reviewers, pour m'avoir accompagnée tout au long de cette aventure qui ne devait durer qu'une demi-douzaine de chapitres lorsque j'ai commencé à écrire. Je vous remercie pour vos encouragements, même si j'ai reçu quelques menaces (cf le chapitre sur l'AIM ou l'audience d'adoption haha).

J'espère un jour retrouver l'inspiration pour écrire, et vous retrouver une nouvelle fois ici.

Une dernière review pour me donner votre avis ?