Chapitre 7 : Virée au Spring

Potter s'approche de moi avec un air carnassier.

"Ne bouge pas… murmure t-il d'une voix rauque tout en m'attrapant par la taille.

D'un geste expert, il détache la boucle de ma ceinture.

- On sent la pratique et l'habitude, je souffle, à la fois surpris et déstabilisé par tant de témérité.

- Et encore… chuchote t-il en approchant son visage du mien. Tu n'as rien vu.

Tout en me fixant d'un air vorace, il fait descendre ma braguette et pose sa main sur mon sexe à travers le tissu de mon boxer. Je lâche un soupir de plaisir.

- J'ai hâte d'en voir plus alors, je murmure en approchant mes lèvres des siennes.

Elles ne sont plus qu'à quelques millimètres l'une de l'autre. Je sens le souffle de Potter tout contre mon visage. Il comble l'espace et vient poser ses lèvres sur les miennes.

Alors que nos langues commencent à se mêler et à se cajoler, Potter entreprends de déboutonner son propre pantalon. Son autre main est toujours posée sur mon sexe, qu'il caresse avec une douceur insupportable. J'ai envie de plus, maintenant.

Je détache nos lèvres et plante mon regard dans celui de Potter. Il a les yeux assombris par le désir.

Juste parfait…

J'ai envie de le dévorer.

Doucement, je pose à mon tour ma main sur sa virilité, uniquement protégée par son caleçon et constate avec délectation qu'il est à peu près dans le même état que moi. Avec précaution, j'entreprends de lui baisser son boxer.

- Hum… grogne t-il alors que le tissu de son sous-vêtement caresse son sexe.

Celui-ci est bientôt libéré et je commence à le branler avec enthousiasme. Au bout de quelques secondes, cependant, Potter m'arrête.

- Ca… ça sera mieux comme ça, murmure t-il à bout de souffle tout en baissant brusquement mon sous-vêtement.

Puis, il colle nos bassins l'un à l'autre et commence un mouvement ondulatoire. Je retiens un gémissement au contact si agréable de son érection contre la mienne.

Et moi qui croyait que je n'aurais plus jamais aucune chance avec Potter… Me voilà en train de me frotter contre lui dans les chiottes d'une boîte de nuit… je songe, le cerveau embué par l'alcool. Mais comment est-ce que je me suis retrouvé là, moi… ?

En fait, je crois que cette situation découle d'un enchaînement d'évènements. Voyons voir… Qu'est-ce qu'il s'est passé en premier, déjà… ? Ah oui…


Etape 1 : le patron tyrannique

Je crois que l'ensemble de l'équipe s'accorde pour dire que la personne la plus malfaisante de Nimbus n'est autre que Dolores. Il ne faut pas surtout pas se fier à son air de petite mamie et à sa garde-robe rose. Cette femme est une vraie vipère. C'est la reine des coups bas et des couteaux plantés dans le dos. Elle n'a aucune pitié. Amis ou pas, si vous vous trouvez en travers de sa route, elle n'hésitera pas à vous évincer.

Pourtant, il y a une personne qui, de temps à autre, parvient à être encore plus effrayante que Dolores. Et cette personne n'est autre que notre patron, Zacharias Smith. Ses colères les plus noires sont connues de tous. On dit même que lorsqu'il est très énervé, il devient une autre personne, une sorte de double maléfique de lui-même, surnommé par certains dark Zach.

Il se trouve que, ce matin, dark Zach était de sortie.

"Je vais étriper quelqu'un ! rugit celui-ci en lançant le book de photos qu'il tient entre les mains.

Lee, le photographe, qui se tient juste dans la trajectoire du redoutable projectile, a à peine le temps de l'éviter.

- Mais ça va pas ! s'exclame t-il. Je n'ai pas signé pour me faire agresser, moi ! Si ça continue, je me casse !

Je regarde autour de moi. Évidemment, mes collègues ont préféré la retraite stratégique. Tonks et Dolores font semblant de travailler sur leurs ordinateurs portables, Dean a dû prendre "un coup de fil très urgent" et Padma me fait des signes de loin pour intervenir.

Pourquoi c'est toujours moi qui me tape le sale boulot dans cette boîte…

- Je te préviens, si tu bouges d'ici, je ferais en sorte que tu ne retrouves plus jamais de travail nulle part ! vocifère Zach. Je vais te faire une de ces réputations…

On a presque l'impression de voir de la fumée sortir de ses narines tant il est énervé.

- T'es un immense malade, toi ! répond Lee sur le même ton.

Ils vont s'étriper… Il faut que je tente quelque chose sinon ça va mal finir. Même si je sens que je vais me faire envoyer sur les roses.

- On se calme ! j'interviens, après avoir rassemblé tout mon courage.

- Ta gueule ! me rétorquent-ils en coeur.

Voilà, je l'avais bien dit. Il est où le respect, il est oùùùù ?

- Les gars, le problème n'est pas savoir si Lee doit faire son travail, le problème c'est que Pansy ne veut pas faire le sien ! je m'exclame.

Eh… Voilà l'étape 2 : La diva capricieuse

Pansy Parkinson, le modèle qui est censé poser pour cette pub de voitures low cost, nous a piqué une crise et refuse obstinément de poser.

- C'est vrai... bougonne Zach. Elle me fatigue, mais elle me fatigue… C'est pas compliqué pourtant, de faire son job, non ?

- Elle a pris la grosse tête dernièrement, intervient Padma. Elle adore jouer les divas.

- Oui, bah je m'en fous, moi, de ses caprices de princesse. Débrouillez-vous, mais faites la ramener son cul ici, illico presto ! Je vous donne une demi-heure ! Et toi, Lee, tu ne bouges pas d'ici ! décrète Zach.

Puis il quitte le studio photo d'un claquement de porte furieux.

- Je le déteste… s'écrie Lee. Il se prend pour qui ? Je suis un photographe reconnu, moi ! Des contrats comme ça, j'en ai par centaines !

Il donne un coup de pied rageur dans l'une des chaises.

- On fait quoi ? nous demande Padma, ignorant Lee.

- Facile… répond Dolores qui a enfin daigné lever les yeux de son écran d'ordinateur. On joue avec ses sentiments.

Je sens le coup fourré à cent mètres. Je les vois tous se jeter des regards entendus.

- De quoi tu parles ? je grommelle, méfiant.

- Non, non, c'est une mauvaise idée, intervient Tonks, qui visiblement a saisi à quoi Dolores faisait allusion.

- Tonks a raison, ce n'est pas très moral… approuve Dean.

- Vous pouvez m'expliquer ? je m'agace.

Tonks pousse un soupir.

- Cette chère Dolores propose que tu ramènes Pansy à la raison en usant de tes charmes.

- Quoi ? Euh… Dolores, tu vas bien ? Dois-je te rappeler que j'ai une légère préférence pour les mecs ? Envoyez Dean, plutôt, la gente féminine ça le connaît !

- Sauf que Pansy ne craque pas pour moi, rétorque Dean.

- Pansy ne craque pas pour moi non plus ! je proteste.

- Tu rigoles, Drago, j'espère ? s'exclame Tonks.

- Elle est carrément à fond sur toi, insiste Dean.

- Elle est toujours en train de te tourner autour, ajoute Padma.

- Mais non, on est juste amis… Enfin, elle croit que je suis son ami.

- Tu es tellement aveugle Drago par moments, ça me sidère… murmure Tonks.

- Je ne suis pas… Dolores tu fais quoi là ? je glapis.

Elle m'a attrapé fermement par le bras et me traîne jusqu'à la loge où Pansy s'est enfermée après nous avoir fait son caprice digne d'une star d'Hollywood. Je la laisse me traîner parce que je ne veux pas brusquer une vieille dame (et certainement pas parce qu'elle a une sacré poigne de fer pour une femme de son âge !). Arrivés devant la porte, Dolores me lâche le bras et me force à lui faire face.

- Tu aimes ton travail ou pas ? me demande t-elle en me fixant droit dans les yeux.

- O… oui, je bredouille.

- Alors tu rentres dans cette pièce et tu nous ramènes Pansy.


Etape 3 : la cuite pour oublier Pansy

La façade du club est illuminée par un immense néon coloré d'où se détachent distinctement les lettres S-P-R-I-N-G. Devant, une foule de personnes en tenue de soirée s'est amassée, dans l'espoir de pouvoir entrer. La musique doit être assourdissante à l'intérieur, car le bruit des basses se fait entendre jusque dans la rue.

Dean et moi nous faufilons à travers la foule et bientôt, nous arrivons devant le videur. Ce type est une espèce d'armoire à glace monstrueuse, mais nous savons tous les deux qu'avec lui il sera facile d'entrer.

"Salut, Flint, fait Dean. Tu nous laisse rentrer, ce soir ?

- Ca dépend, répond celui-ci. Vous êtes avec des filles ?

- Encore mieux que ça...

Avec un petit sourire, Dean sort un billet de sa poche et le met discrètement dans la main de Flint.

- Entrez, marmonne le videur en nous laissant passer.

A l'intérieur de la boîte, il fait une chaleur étouffante. Des filles en robes courtes se trémoussent sur la piste de danse sous les regards concupiscents des types installés sur les canapés.

Dean se précipite au bar pour nous prendre des boissons. Il revient bientôt avec deux Old Fashioned bien chargés.

"Au fait, merci pour ce matin, me fait-il en me donnant une grande tape dans le dos. Sans toi, Zach faisait une crise cardiaque et Lee s'en allait en criant à qui veut l'entendre que Nimbus est la pire boîte de pub de Paris.

- Ouais… Ben j'espère que ça ne se reproduira pas. Tu te rends compte que cette folle à failli me violer ? Marre de toujours devoir faire le sale boulot pour vous !

- Rooh, Drago… Arrête de dramatiser…

- Je te jure, elle m'a littéralement sauté dessus. Cette fille est complètement tarée !

- Allez, du calme… Tiens, si tu veux je te paye toutes tes consos, pour me faire pardonner…

Il ne faut pas me le dire deux fois.

Au bout d'une demi-heure, Dean et moi sommes déjà complètement torchés.

- Et… Et là, elle… elle s'est jeté sur moi, t'vois… Et franchement elle a failli m'arracher ma… ma chemise quoi… je bredouille.

- To… totalement folle cette fille… approuve Dean tout en appelant le barman pour se faire servir un nouveau verre.

- Mais qui voilà, intervient soudain une voix derrière nous alors qu'une main se place sur mon épaule. Mes deux publicitaires préférés !

Etape 4 : Le relou

Si vous ne connaissez pas Cormac McLaggen, alors laissez-moi vous dire que vous ne loupez pas grand chose. C'est sans aucun doute le plus gros con de la capitale. Cormac, c'est le genre friqué à mort (parce qu'héritier d'une famille extrêmement riche), n'ayant jamais levé le moindre petit doigt pour gagner son argent et méprisant le reste du monde pour sa pauvreté. Totalement détestable. Mais comme c'est un des associés de la boîte, je préfère garder mon opinion à son sujet pour moi et lui sourire lorsque je le rencontre.

J'ai fait l'erreur lors de mes débuts à Nimbus de faire un plan à trois avec Zach et lui. Depuis il m'adore… Il m'adore tellement qu'il a envie de renouveler l'expérience. Avec ou sans Zach, d'ailleurs.

Je lance à Dean un regard de détresse pour lui signifier de ne surtout pas me laisser seul avec Cormac. Malheureusement, il semblerait que mon signal n'ait pas été assez clair (ou alors, plus plausible, Dean est trop bourré pour comprendre mon appel à l'aide).

Il se lève brusquement.

- Je… je dois retrouver Tracey… murmure t-il.

Tracey, c'est l'hôtesse, sa nouvelle petite amie.

- N… non, reste-là ! je proteste faiblement.

Trop tard, il s'est déjà enfui. Ce traître. Il sait très bien que je n'aime pas Cormac…

Et me voilà seul avec cet imbécile de Cormac McLaggen.

- Bon alors, Drago, quoi de neuf ? me fait ce dernier, un grand sourire aux lèvres, après nous avoir commandé des verres au bar.

Visiblement très à l'aise, il fait lentement descendre sa main de mon épaule jusqu'à ma taille. Il a cru que j'étais son escort girl ou quoi ?

- Euh… Je… je dois aller aux toilettes, je lâche dans un sursaut d'intelligence.

Je me lève et pars en titubant. En chemin, je crois apercevoir Hermione Granger, vêtue d'une robe verte à paillette. Elle est accompagné d'un type roux qui me fait un peu penser à Charlie Weasley en plus jeune.

Nooon, je dois rêver… Ça ne peut pas être elle.

D'un geste maladroit, j'ouvre la porte des toilettes. Il n'y a personne à part un type, en train de se laver les mains.

"M-Malefoy ? s'exclame t-il.

Quelqu'un qui me connaît… C'est bien ma chance…

Le type se retourne et je le reconnais immédiatement.

- Po… je commence.

J'ai la tête qui tourne.

- C'est moi, confirme t-il sur un ton amusé.

- Potter… Qu'est-ce que… tu fais ici ?

- Je pourrais te poser la même question…

- Non, non, non… C'est… C'est moi le fêtard ici ! je proteste. Réponds, toi !

- Tu es totalement bourré… marmonne t-il. Mais figure-toi que ça m'arrive de sortir, à moi aussi.

- Et… et de finir totalement mort ? Ou… dans le lit d'un mec ? je demande avec insolence.

- Évidemment, ça m'est déjà arrivé, fait-il en haussant les épaules.

- Intéressant…

Je m'approche doucement de Potter et pose ma main sur son bras.

- J'ai très envie que tu finisses dans mon lit ce soir…. je souffle à son oreille.

Je remarque au passage qu'il a les yeux un peu vitreux. Ça ne m'étonnerait pas qu'il ait pas mal d'alcool dans le sang, lui aussi.

- Ou peut-être que c'est toi qui finira dans le mien, qui sait ? me rétorque t-il, la voix chargée de désir.

Je me pince la lèvre. Puis, sans réfléchir, je lui serre le bras plus fort et l'entraine avec moi dans une cabine des toilettes.

- Ou sinon… On peut toujours faire ça ici ?

La suite, vous la connaissez.