Note : Merci à brigitte26, LuluHawaiiMalefoy, Rosaliepanda, Vrit et Jassem pour leurs reviews ! Encore merci à ceux qui suivent la fic et pour les ajouts en follow/fav.
Chapitre 10 : … fin des ennuis ?
Une fois sa présentation terminée, Potter dépose quelques documents pour Zacharias sur un coin de table et s'éclipse sans dire un mot de plus. La porte refermée sur lui, mes collègues commencent à pousser des soupirs de soulagement.
"Au début, j'ai cru qu'on était morts ! commente Tonks en sortant une cigarette. Il m'a fiché une de ces trouilles…
Elle tape nerveusement du pied par terre. D'une main tremblante, elle allume sa clope et tire une taffe. Une odeur apaisante de nicotine envahit la pièce. Par réflexe, Padma se lève de son fauteuil pour aller ouvrir la fenêtre.
- Apparemment, il ne s'est pas rendu compte de nos énormes abus de bien social… déclare t-elle. Mais à l'avenir, il vaudrait peut-être mieux qu'on respecte la loi !
Cette dernière remarque est accueillie avec un intérêt mitigé. Nous savons tous que dans deux mois, nous aurons déjà repris nos mauvaises habitudes.
- On verra, répond Zach sur un ton fatigué. Mais je vais surveiller Cormac maintenant. J'ai été trop laxiste avec lui.
Il se passe une main lasse sur le visage. Je remarque qu'il a d'énormes cercles noirs sous les yeux. Il nous a fait croire qu'il était plutôt serein pour ce contrôle fiscal mais je ne suis pas sûr qu'il nous ait dit toute la vérité. On n'est peut-être pas passés si loin de la catastrophe, finalement.
- En attendant, il faut qu'on fête ça dignement ! s'exclame Dean en claquant ses mains. On règlera ce genre de détails plus tard !
D'un pas joyeux, il se précipite vers le frigo pour en sortir deux bouteilles de champagne. Zach, toujours effondré dans son siège de soulagement, n'émet pas la moindre protestation. Le reste de l'équipe est à peu prêt dans le même état. Seule Tonks trouve le courage d'aller chercher les coupes de champagne.
- Allez, debout les feignasses ! s'écrie Dean en s'agitant tout autour de nous. Ce soir, c'est la fête ! Je vais même sabrer le champagne pour plus d'effet !
- Non ! hurlent simultanément Padma et Zach, sortant soudain de leurs torpeurs.
Je crois que le souvenir de la dernière fois que Dean a eu une idée de ce genre est encore trop vif dans les esprits…
Ce qu'il faut savoir, à propos de Dean, c'est qu'il est le roi des gaffes. Il a toujours des idées farfelues qui se terminent souvent en catastrophe. La dernière fois, on a quand même fini avec nos bureaux inondés parce que monsieur voulait réparer les canalisations tout seul.
- Dean… gronde sur un ton d'avertissement Zach.
Malheureusement, notre collègue a déjà attrapé une vieille épée qui traine dans un coin de la pièce. Je crois que c'est un souvenir d'une pub pour du thon avec un épique combat de pirates à la fin. Je me rappelle encore du slogan : Pira-thon ! Une idée de Dolores… A cette époque, Nimbus avait tellement peu de moyens que c'est Dean et moi qui avions tourné la scène.
Dean arme son bras et sabre d'un geste la bouteille, envoyant valser la partie avec le bouchon à l'autre bout de la pièce.
- Dean ! rugissent à nouveau en même temps Padma et Zach.
Le bouchon va rebondir sur un panneau publicitaire en équilibre instable sur une pile de dossiers. L'ensemble commence à trembler.
- Gervita, bouge de là ! s'exclame Dolores.
Le chat a juste le temps de sauter sur une table avant que le panneau ne vienne s'effondrer par terre, bientôt suivi par la pile de dossiers.
- Oups... fait Dean, l'air penaud.
Face à lui, Zach et Padma le fusillent du regard. Gervita lâche un miaulement furieux.
- Oh, pauvre chéri… se désole Dolores.
Sans pouvoir m'en empêcher, j'éclate de rire.
- Regarde ce que tu as fait ! s'écrie Zach, furieux, en désignant le désastre d'un geste de la main. Et Drago, arrête de te marrer !
- C'est pas comme si cette pièce était très ordonnée de toute façon… tente misérablement de s'excuser le fautif.
Zach paraît sur le point d'exploser. Il se pourrait bien que Dean serve de défouloir à toute la tension qu'il a accumulé ces dernières semaines.
Heureusement pour lui, Tonks débarque au même moment dans la pièce.
- Et voilà, les coupes de champagne ! s'exclame t-elle sur un ton guilleret, en désignant le plateau qu'elle porte.
Elle le dépose d'un geste un peu trop brutal, manquant de peu de briser quelques verres.
Voyant que tout le monde reste silencieux, elle ajoute :
- Bon alors, on s'la met cette grosse race, oui ou non ?
Zach paraît hésiter quelques secondes, partagé entre son énervement et son envie de fêter la fin du contrôle fiscal.
- Oui, finit-il cependant par marmonner en arrachant la bouteille des mains de Dean.
Deux heures plus tard
"Des-pa-citooooo, nahnahnah despacitoooo… chante une Padma totalement ivre.
Depuis une demi-heure environ, elle se trémousse sur la table de réunion, flirtant outrageusement avec un des types du service comptable.
- C'est son mari qui va être content, grommelle Tonks en s'enfilant un nouveau verre de vodka.
- Et après elle ose me faire des leçons, j'approuve en plissant le nez de dégoût.
Après avoir descendu plusieurs bouteilles de champagne, qui ont largement contribué à alléger l'atmosphère, nous avons prolongé la fête en mettant la musique à fond. Certains employés des autres services nous ont rejoints, et s'en est suivie une bataille de shots mémorable.
Entre temps, j'ai un peu dégrisé. Après avoir persuadé Zach que non Michael Corner n'était pas un bon coup et que je lui déconseillais fortement, j'ai rejoint Tonks pour une de nos habituelles séances langues de putes de fin de soirée.
- Tu sais bien que Padma t'en veux encore, pour Terry, fait-elle en levant un sourcil.
- Combien de fois il va falloir que tout le monde me rabâche cette histoire… je soupire. Je crois que je me suis excusé suffisamment de fois. Et puis… Il était gay, son Terry ! Je lui ai rendu service en lui évitant un mariage malheureux.
C'est vrai, après tout. Terry ne l'aurait jamais vraiment aimée...
- Parce que tu crois vraiment qu'elle est heureuse en ménage en ce moment ? remarque Tonks en me désignant Padma toujours collée-serrée avec le type de la compta.
Je hausse les épaules. Qu'est-ce que j'en sais, moi ? Padma n'a jamais été ma meilleure copine.
Je lâche un bâillement sonore.
- Fatigué ? s'amuse Tonks.
Voyons voir… J'ai dû dormir quatre heures en deux jours, avec la campagne MakeYouUp à terminer. Je crois que "fatigué" n'est plus vraiment le mot approprié…
- Peut-être bien, j'admets en haussant les épaules. En plus, je commence à avoir mal à la tête.
- Tu devrais rentrer, il est trois heures passé, me conseille t-elle. Moi non plus je ne vais pas tarder.
Je hoche la tête, soudain très las. Après avoir salué tout le monde, je quitte la pièce avec la ferme intention de rentrer chez moi, prendre un doliprane et retrouver mon petit ami qui doit m'attendre dans mon lit.
- Eh D… Drago ! m'interpelle cependant Dean dans le couloir.
J'ai parlé trop vite.
- Quoi ? je grommelle.
- On… On peut parler, s'il-te-plait ? Faut que je te dise quelque chose… avoue-t-il. Je voulais m'excuser… Pour… Tu sais quand on est allés au Ritz.
- De… De quoi tu parles Dean ? je fronce les sourcils.
- Tonks m'a expliqué que tu avais des vues sur Potter alors… Je suis désolé de t'avoir embrassé devant lui. Même si c'était pour sauver la boîte.
Ah oui… J'avais presque oublié cette histoire. Etant donné que j'ai réussi à arranger la situation avec Potter, je suppose que je n'ai plus de raison d'en vouloir à Dean.
- Ne t'inquiète pas pour ça… je fais donc en haussant les épaules.
- Vraiment ? insiste t-il.
- Oui, je te le promets… je grommelle en me massant les tempes.
Qu'est-ce que j'ai mal à la tête moi…
- N'empêche, heureusement qu'il y a cru, à cette histoire de baiser, s'esclaffe Dean. Sinon on était bons pour un procès et une amende faramineuse. Les contrôleurs fiscaux ne rigolent pas avec ce genre d'abus de bien social !
- Dean… je proteste faiblement pour qu'il arrête de crier.
J'ai vraiment l'impression qu'il vient d'empirer ma migraine…
- Franchement, j'ai vraiment cru qu'il allait comprendre qu'on avait un rendez-vous avec Rogue ! D'ailleurs, je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi Rogue a été aussi coopératif… Enfin bref, le principal c'est que Potter ne se soit pas rendu compte que la chambre servait à accueillir les maîtresses de Cormac ! poursuit-il.
Il faut vraiment qu'il arrête de parler aussi fort, j'ai l'impression d'avoir les tympans qui résonnent... Je hoche faiblement la tête mais ne réponds rien pour lui signifier que la conversation est terminée.
Alors que je tourne au coin du couloir, mon corps vient heurter un obstacle. Surpris, je lève la tête. Je me fige en reconnaissant celui qui se tient en face de moi.
- Po… Potter ? je murmure, pétrifié.
Son visage est pâle, sa mâchoire serrée et son regard n'a rien de sa douceur habituelle. J'ai presque du mal à le reconnaître. Je comprends instantanément qu'il a entendu ce que Dean vient de dire.
- Oups… j'entends Dean lâcher pour la deuxième fois de la soirée.
Potter reste un moment interdit, avant de s'enfuir sans demander son reste.
"Potter ! Potter ! je m'écrie tout en m'élançant à sa poursuite.
Je sais que dans la panique, il est parti du mauvais côté. Les escaliers pour redescendre ne sont pas de ce côté. Il ne peut pas m'échapper. Je vais le forcer à m'écouter. Il le faut ! Il doit m'écouter !
- Potter !
J'ai peu de chances de parvenir à me faire pardonner, mais je veux au moins essayer. Il sera peut-être sensible à mes raisons… Après tout, c'est légitime de vouloir protéger sa boîte, non ?
Je le vois jeter un regard par-dessus son épaule. Ses yeux sont brillants.
- Laisse-moi tranquille ! s'exclame-t-il d'une voix rauque.
Il se dirige vers les escaliers qui mènent au toit du bâtiment et les gravit quatre à quatre. Je m'arrête un instant pour reprendre mon souffle, avant d'emprunter à mon tour l'escalier.
L'air frais me frappe en plein visage lorsque j'arrive sur le toit. Je croise instinctivement les bras pour me protéger du froid. Devant moi, Paris s'étend à perte de vue. La tour Eiffel scintille au loin, élégante et grandiose. Je repère Potter, accoudé à une des barrières, le regard fixé sur la ville endormie.
"Potter… je commence, hésitant encore sur l'attitude à adopter.
Je tends le bras pour lui toucher l'épaule. Il se retourne d'un coup repoussant ma main d'un geste.
- Ne me touche pas ! siffle t-il, son visage exprimant toute sa rage.
- Potter… Laisse-moi t'expliquer…
Il éclate d'un rire sans joie. J'ai un mouvement de recul.
- M'expliquer quoi, exactement ? crache t-il. Que tu t'es bien foutu de moi ?
- N… Non, ce n'est pas ça… je tente de me justifier.
Il s'adosse contre la barrière, le visage fermé. Il croise les bras, et demande :
- Alors quoi ? Tu t'es dis que tu allais me séduire pour sauver ta boîte ? Bien joué, tu as réussi…
Son ton est devenu glacial, pire encore que lors des premières semaines de son contrôle fiscal. Il paraît presque calme. Seuls ses poings serrés trahissent la colère qui l'habite.
- Non, non pas du tout ! je m'exclame. Je… Tu m'as plu dès le départ. Mais… On a découvert cet abus de bien social… Cette histoire de chambre d'hôtel... Si tu l'avais découvert, on aurait sans doute dû déposer le bilan. Nimbus est déjà pas mal endettée, elle n'y aurait pas survécue…
- Et alors ? lâche Potter. Vous auriez mérité cette amende.
- Je voulais sauver ma boîte… je proteste faiblement.
Potter lâche un reniflement méprisant.
- Eh bien bravo, c'est chose faite. Ta sympathique petite boite est sauvée, ainsi que ton salaire mirobolant, ta voiture de fonction et tes trois rails de coke quotidiens ! Par contre, nous deux, c'est fini.
C'est fini…
La sentence tombe comme un couperet. Je m'y attendais, mais l'entendre fait tellement mal...
- … En fait, je ne veux plus jamais te voir. Jamais, ajoute Potter d'un ton tranchant.
Il se redresse et se dirige vers la porte. Je lui attrape le bras pour l'arrêter.
- Non… S'il-te-plait… Écoute-moi… je supplie.
Je dois avoir l'air pitoyable. Une image d'Astoria en larmes lorsque je l'ai quittée me revient en mémoire. Cette fois-ci c'est mon tour…
- Quel intérêt ? explose Potter en dégageant violemment son bras. Pour que tu me mentes encore ? Je te faisais confiance ! Confiance ! Est-ce que tu connais ne serait-ce que la signification de ce mot ?
Il lâche un nouvel éclat de rire effroyable.
- Non ! Bien sûr que non ! Tu ne sais pas ce que ça veut dire ! Et tu sais pourquoi ? Parce que tu es exactement comme Hermione me l'avait dit ! Tout ce que tu sais faire, c'est faire du mal aux autres et les détruire.
- Non… C'est faux ! C'est faux ! je hurle. Je voulais juste… Juste…
- Sauver ta boîte ? s'emporte Potter. Oui, j'avais cru comprendre ! Mais dans ce cas tu as fait ton choix… Tu as choisi ta boîte. Alors ne viens pas pleurer parce que je te quitte.
Il ouvre la porte violemment, l'envoyant valser contre le mur, et commence à descendre les escaliers.
- Mais on n'était même pas encore ensemble à ce moment-là ! je m'écrie. Comment je pouvais savoir qu'on allait…
- On est ensemble depuis un mois, me coupe Potter. Un mois ! Tu aurais pu me le dire à n'importe quel moment. Mais tu ne l'as pas fait.
Sa voix se brise à cette dernière déclaration. J'ai envie de le prendre dans mes bras pour le consoler.
- Potter… je souffle.
Peut-être qu'il a raison. Peut-être que je ne suis capable que de faire du mal aux autres, finalement.
- Tu es inexcusable. C'est tout, lâche t-il finalement.
Puis, sans un dernier regard, il disparaît dans le couloir. Cette fois-ci, je renonce à le suivre. A quoi bon ?
Il n'y a rien qui peut rattraper ce que j'ai fait. Rien. Potter et moi c'est définitivement fini.
Note : N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !
