Note : Et voilà le quatorzième chapitre que j'ai enfin réussi à vous pondre, entre deux cours et deux avions.

Un énorme merci à mes revieweurs : Paprika Star, brigitte26, caence, LuluHawaiiMalefoy et Nyrhia (contente que tu aies accrochée avec cette fic) !

Fic classée M, âmes sensibles s'abstenir ! Il y a du sexe, de la drogue, toussa toussa...


Chapitre 14 : Le rail de trop

Il est là, il t'attend. Blanc, droit, luisant sous la lumière des néons de la boîte de nuit. Jamais il ne t'a paru aussi tentant.

Tes narines en frémissent d'impatience. Tu es comme un cheval dans les starting blocks. Tu as roulé un billet de cent euros parce que c'est quand même plus classe qu'un billet de cinq, et aussi parce que tu as envie de tout le monde sache que tu es pété de thunes.

Ouais, t'es payé à être un des plus gros connards de Paris et tu aimes ça. Tu en redemandes, même. Tous les jours. De toute façon, c'est connu qu'être un connard c'est ce qui paye le mieux.

Et ça tombe bien parce qu'être un connard, c'est ta spécialité. Quelque chose d'inné, personne n'a jamais eu à te l'apprendre (ou peut-être ton père quand il a quitté ta mère après l'avoir tabassée).

Bref, pas besoin de faire une école de commerce à 12 000 euros l'année pour apprendre à être une ordure.

En l'occurrence, tu l'as quand même fait, l'école de commerce. Tu y as rencontré plein d'autres connards comme toi, d'ailleurs. Tu t'es senti moins seul, du coup.

Tu es un putain de connard dans tous les sens du terme: tu encules tes clients au boulot, des mecs random dans ton appart, et même ton boyfriend dont tu étais censé être amoureux. Tu lui as menti comme le gros lâche que tu es.

Et maintenant tu te permets de chouiner parce qu'il t'a déjà oublié. Mais tout le monde devrait oublier aussi vite un connard comme toi, tu sais.

Tu as vu ton ex partir avec un autre mec alors plus rien ne compte vraiment. Tu peux te foutre en l'air.

En plus ta putain de boîte est à la dérive.

Le rail est prêt, il n'attend plus toi.

Mais un rail n'est pas suffisant. Toi, tu en veux plus. Tu veux te foutre en l'air comme jamais. Nott est parti aux toilettes alors tu peux en profiter.

Tu traces un autre trait, puis un autre.

Tu penches la tête. Ton nez est presque collé à la table. D'ici, la boîte de nuit paraît encore plus absurde, mais en même temps t'as l'impression de mieux la voir avec la tête à l'envers. D'un coup tout devient plus clair pour toi. Les néons rouges et bleus. Le sourire niais de McLaggen, assis sur le canapé d'à côté. La piste de danse couverte d'alcool renversé. Les deux types collés au milieu, à la limite de baiser sur place.

Le monde est absurde, tu penses avec un sourire ironique. Il est putain d'absurde alors tu vas te coker à mort pour oublier.

Oublier.

Un trait.

Deux traits.

Trois traits.

La poudre blanche emplit tes narines.

Tu te fais la réflexion que tu devrais toujours le faire avec des billets de cent. C'est bien meilleur de cette façon.

Ou mieux, le kiff absolu : un billet de cinq cent. En plus le violet te va bien au teint.

Là, t'as un putain d'orgasme. On parle toujours du sexe, mais personne ne précise que la drogue aussi, c'est orgasmique. Parce que c'est super bon. Parce que c'est super fort. Et parce qu'au moins ça ne fait pas souffrir comme les sentiments.

Ahah, les putains de sentiments. Pourquoi est-ce qu'il faut que les humains en aient, hein ?

Tu renverses la tête sur le canapé. Ca y est, tu es cuit. T'as déjà pris quatre rails avant de venir, t'as bu une quantité d'alcool phénoménale et Cormac t'as passé un joint tout à l'heure.

A toi le bad trip, tu le sens venir.

"Drago ? Drago ? te parvient la voix de Nott au loin.

Il est pâle comme un cadavre.

Tu éclates de rire.

Ce putain de bad trip.

Un liquide chaud coule de tes narines.

- Drago ?

Black out.


Plus tôt dans la journée

"Vous avez vu le backlash sur la pub SodaCo ? s'enthousiasme Tonks en plantant sa fourchette énergiquement dans son assiette. Franchement, je ne sais pas ce qu'a foutu leur équipe de communication, mais ils ont vraiment pas été très malins sur ce coup.

Je hoche la tête d'un air peu intéressé. En temps normal, je me serais pris de passion sur ce genre de polémique. Mais en ce moment, entre Potter et les soucis de Nimbus, je n'ai plus le goût de ce genre de choses.

Si même la pub ne me fait plus bander, c'est vraiment que je ne suis pas bien…

- Ca se voyait à des kilomètres qu'une pub pareille se ferait lyncher, approuve Padma en remuant sa salade. Il suffisait de le montrer à un échantillon de personnes avant de la lancer en grandes pompes pour s'en rendre compte… Quoiqu'ils auraient pu s'en rendre compte tous seuls s'ils avaient réfléchis deux minutes.

- L'idée n'était pas mauvaise, contre Dean tout en jetant un regard dubitatif à la bouillie étrange qui lui a été servie. Mais le problème c'est qu'ils n'ont pas bien traité le sujet des protestations. Ils l'ont présenté comme quelque chose de joyeux et paisible alors qu'on sait très bien qu'aux Etats-Unis, elles ont tourné plusieurs fois au drame. Encore la preuve que les bureaux de pub sont totalement hors de la réalité.

Padma lâche un reniflement méprisant.

- En même temps, comme veux-tu être proche de la réalité quand tu as une voiture qui vaut le salaire moyen des français, que tu passes ta vie en boîte à claquer du fric dans du champagne de luxe et qu'en prime tu habites dans les beaux quartiers de Paris ?

Dean relève la tête de son assiette et fronce les sourcils.

- Tu insinues quoi là ? Je te rappelle qu'on est tous dans le même bateau. On gagne le même salaire ! Pas notre faute si tu as refusé la porsche de fonction pour prendre un monospace.

- Elle se croit au-dessus de nous, le coupe Tonks. Parce qu'elle habite en banlieue et qu'elle a une famille, elle.

Je n'ai pas envie d'intervenir, même si je suis totalement d'accord avec Tonks. Padma et ses morales à deux balles alors qu'elle vend la même merde que nous au bout du compte… Il faut qu'elle fasse attention: elle ressemble de plus en plus à Hermione. Elle aussi nous faisait des discours de trois heures pour nous expliquer quelles personnes méprisables nous étions. Sans jamais s'inclure, bien évidemment, parce elle, elle fait le bien en s'investissant dans des associations humanitaire le week-end. Qu'est-ce qu'elle a pu nous saouler avec sa SALE d'ailleurs ! Toujours pas compris ce que faisait cette association, mais elle nous en parlait tout le temps.

Ah, vraiment, s'il y a quelque chose que je déteste, ce sont les bobos comme elle. Des gens qui servent le capitalisme à longueur de journée, mais qui le critiquent le week-end en fumant des clopes avec leurs amis artistes. Des gens qui se vautrent dans leur thune mais qui votent quand même à gauche parce que "l'égalité sociale, c'est important". Bah file tout ton fric aux Restos du Coeur, alors. C'est pas moi qui t'en empêcherait.

- Au moins moi je ne passe pas mes nuits en boîte, à me taper des rails de coke et des prostituées ! s'énerve Padma, voyant que personne ne la soutient.

- Des prostituées ? s'indigne Dean. Et puis quoi encore ? On s'est jamais tapé de prostituées !

- On n'a pas besoin de ça pour niquer, j'approuve.

- Oh Drago s'il-te-plait ! s'indigne Padma. Quand vas-tu cesser d'être aussi vulgaire ?

- Quand les mecs arrêteront d'avoir des beaux culs, je réponds avant de me lever. Mais bonne nouvelle pour toi, Padma, bientôt tu n'auras plus à me supporter puisque Nimbus va fermer.

Sur ces belles paroles, je quitte la table avant qu'une embrouille commence entre Padma et moi. Je ne sais pas comment les autres peuvent encore passer du temps à parler de sujets futiles, après l'annonce que Zach nous a fait ce matin.

"Je ne pense pas qu'on va pouvoir sauver Nimbus. Maître Black nous défend magistralement au tribunal, mais j'ai l'impression que les juges sont bien décidés à nous punir. D'après Black, ils ont besoin de faire un exemple en frappant un grand coup, histoire de rappeler à toutes les entreprises les risques qu'elles encourent à frauder le fisc. Il prévoit une amende considérable pour nous à l'issue de ce procès. Et, comme vous le savez, Nimbus n'est pas capable de subir une telle charge. La dernière option que j'envisage est de revendre la boîte, mais je ne suis pas sûr que trouver un acheteur, vu le montant de l'amende."

Je connais Zach : il ne nous ferait pas un tel annoncement s'il ne pensait pas sérieusement que la boîte va fermer. Et ce n'est pas le genre pessimiste. Donc s'il pense que la boîte est vraiment en danger, c'est qu'elle l'est sans aucun doute.

J'ai le coeur lourd. J'ai tellement cru que notre boîte allait pouvoir être sauvée… J'y ai vraiment cru. Je me disais que rien ne pouvait vraiment changer. Qu'il y aurait toujours Tonks et moi autour de la machine à café, en train de ricaner sur les nouvelles pompes de Padma. Que je pourrais toujours faire irruption dans le bureau de Dolores pour me servir un thé. Que Zach serait toujours là pour péter des câbles. Que je pourrais toujours sortir le lundi soir me bourrer la gueule avec Dean.

Mais malheureusement toutes les bonnes choses ont une fin.

Je n'arrive pourtant pas à m'imaginer dans une autre vie, dans une grande boîte comme la Poudlard's Corp. J'ai été accepté là-bas mais je n'ai vraiment pas envie d'y aller.

Aucun job ne pourra être aussi prenant, passionnant, délirant, excitant, usant et motivant que celui-ci. Aucune boîte ne sera aussi délicieusement tarée que Nimbus. Aucun patron ne me laissera jamais faire autant n'importe quoi que Zach. Aucuns collègues ne seront aussi fous que Tonks, Dean, Padma et Dolores.

Et en plus de ça… Potter s'est barré avec un mec l'autre soir en boîte. Ouais, j'arrive toujours pas à m'en remettre. Ils sont partis bras dessus, bras dessous, comme si de rien était. Comme si l'ex de Potter ne se trouvait pas juste en face d'eux…

Comment est-ce que ma vie est devenue aussi merdique en l'espace de quelques semaines ?

Je crois que j'ai besoin d'un bon rail de coke, moi.