Note : Tout d'abord, merci beaucoup à brigitt26, amlou, Nyrhia, Paprika Star et Mayuts pour leurs reviews ! Et de bonnes fêtes à tous et à toutes !

Voici donc le chapitre 15 de Fiscalement vôtre ! On se rapproche doucement de la fin (snif, snif...).

Je n'ai pas vraiment de connaissances médicales donc ma description des conséquences d'une overdose de cocaïne est peut-être incorrecte. J'ai fait quelques recherches, mais bon…


Chapitre 15: Very Bad Trip !

Au début, c'est le noir le plus total. Un noir d'encre, comme si tout la lumière avait été aspirée du monde environnant.

Un noir effrayant. Un noir de… mort.

Puis, doucement, la lumière revient. D'abord presque imperceptible, puis de plus en plus puissante. Éblouissante, même.

Mes yeux fatigués doivent se réhabituer à une lumière qu'ils croyaient avoir perdu.

"Drago ? m'appelle une voix de femme au milieu du brouillard. Drago, ouvre les yeux !

Cette voix, je la connais. Je ne saurais pas dire pourquoi ni comment mais… je sais que je la connais. Et j'ai envie de faire ce qu'elle me dit.

Alors, péniblement, rassemblant toutes mes forces, j'ouvre les yeux. J'ai l'impression que cela me demande un effort presque surhumain.

Le monde autour de moi est un amas de couleurs informes. Tout est flou.

- Il a ouvert les yeux ! s'exclame une voix enthousiaste. Drago, tu nous entends ?

Lentement, je hoche la tête.

- Putain, tu nous as fait tellement peur ! s'écrie à nouveau la voix.

Je sens deux bras m'enlacer. Je plisse les yeux. Je veux voir.

Doucement, le monde retrouve ses contours autour de moi. Je reconnais Tonks, toujours dans mes bras. Je reconnais Dean, qui se tient dans un coin de la pièce, un air préoccupé sur le visage. Et je reconnais Blaise, assis sur une chaise à mon chevet, Nott sur les genoux. Ils ont tous les deux des valises sous les yeux, comme s'ils n'avaient pas dormis de la nuit.

- Que... Que s'est-il passé ? je parviens à articuler avec énormément de difficultés.

Je les vois tous échanger des regards ennuyés, comme s'ils ne savaient pas comment m'annoncer la nouvelle.

- Tu te souviens d'hier soir ? demande finalement Nott.

Voyons voir… L'annonce de Zach… Déprimé… Direction le Spring… Les rails de coke et…

- Je me rappelle être arrivé au Spring avec toi, je lâche finalement. Pourquoi est-ce que… ?

En fait, si j'y réfléchis deux minutes, il ne peut pas y avoir trente-six raisons pour lesquelles je suis à l'hôpital.

Peut-être que j'ai trop bu et je me suis fait mal en me battant ou en trébuchant quelque part. Mais c'est peu plausible parce que je n'ai pas spécialement mal quelque part et je n'ai pas l'impression d'avoir quoi que ce soit de cassé. Donc je peux éliminer cette option.

L'autre explication, c'est que j'ai pris trop de coke et fait une overdose. Tout à fait possible étant donné que j'étais déprimé après l'annonce de Zach. C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, après avoir vu Potter se barrer avec un type la veille. Et il se trouve que je me sens très nauséeux, comme si on avait joué des maracas dans ma tête toute la nuit.

Donc cette explication est plus que plausible.

- J'ai fait un bad trip, je déduis donc, plus affirmatif que interrogatif.

Mes amis hochent tous la tête de concert, l'air gêné. Tonks pose une main rassurante sur mon épaule.

- Heureusement, tu n'as rien, me fait-elle avec un petit sourire fatigué. Dieu sait le nombre de personnes qui ne se remettent pas de ce genre d'overdoses ! Tu as eu de la chance…

Je prends le temps de digérer l'information. C'est vrai que j'ai de la chance. Les overdoses, souvent, ça ne pardonne pas.

D'un coup, je me sens vraiment stupide d'avoir risqué ma vie de cette façon pendant toutes ces années. Mais évidemment, il a fallu qu'il m'arrive… ça, pour que je m'en rende compte ! Aahh, c'est toujours pareil avec moi. Il faut toujours qu'il m'arrive une douille pour que je réalise mes erreurs. Même chose avec Potter…

- Tu… tu étais là ? je demande à Nott. Tu m'as vu… sombrer ?

Il hoche gravement la tête.

- J'ai tout de suite reconnu les symptômes, raconte-il. Et puis, il y avait encore deux rails tracés sur la table. J'ai compris que tu avais décidé d'en prendre plus que d'ordinaire. J'ai appelé les pompiers et ils t'ont évacué de la boite presque aussitôt. Tu étais dans un tel état… Ils n'étaient pas sûrs que tu allais t'en sortir ! J'ai eu très peur… Et je… Je… Je suis désolé, Drago. J'aurais dû t'empêcher de prendre cette merde !

Sa voix se brise sur la fin. Blaise pose ses mains sur ses épaules dans un geste de réconfort.

- Le principal c'est qu'il aille mieux maintenant, intervient-il de sa voix grave et profonde. Et si possible que cet épisode vous fasse réfléchir tous les deux à vos pratiques avec la coke, au passage…

Nott jette un regard noir à Blaise.

- C'est pas le moment, le coupe t-il sèchement. Drago vient de se réveiller !

Blaise a toujours été radicalement opposé à ma consommation de coke et aux activités de dealer de Nott. Déjà en école de commerce, il nous le reprochait. Mais jamais, ni Nott, ni moi, ne l'avons écoutés. Moi, parce que j'étais trop accro. Nott, sans doute pour des raisons plus pernicieuses. Je pense que c'était sa manière à lui de dire à Blaise qu'il ne pourrait jamais totalement le contrôler. Nott est le genre farouchement indépendant.

Et comme tous les types farouchement indépendants, il a peur de sentiments.

- Peut-être que si, en fait, je réplique. Peut-être que c'est le moment.

Je vois mes quatre amis ouvrir de grands yeux surpris. C'est vrai que j'ai toujours été très fermé à la discussion sur ce sujet. Tous ceux qui ont essayé d'en discuter avec moi - Blaise, Dean, Tonks et même Harry ! - se sont heurtés à un mur. J'ai toujours été persuadé de parfaitement contrôler la situation. Je leur répliquais toujours que c'était mon corps et que j'en faisais ce que je voulais.

La vérité, c'est que je ne contrôle rien du tout, et ce depuis des années. J'ai en permanence besoin, terriblement besoin, de ce sentiment d'euphorie grisant, de sentir cette excitation qui vibre dans mes veines…

J'ai commencé lorsque j'avais dix-huit ans. C'est un de mes anciens copains qui m'a initié à la coke. Au début, c'était simplement récréatif. Je pouvais parfaitement m'en passer. Mais ce qui était un plaisir au début c'est très vite muté en un besoin impérieux. Parce que la coke est un piège dans lequel tu te vautres en te persuadant que tu as le contrôle… Et avant même que tu t'en rendes compte, de rail en rail (à chaque fois le dernier), tu deviens totalement accro.

Et me voilà, sept ans après mon premier rail, dans un lit d'hôpital.

Moi qui croyais tout contrôler…

Il y a des moments comme ça, où la vie aime te rappeler que tu ne contrôles rien du tout.

Enfin, si, il y a toujours une chose que je peux contrôler.

Je prends une profonde inspiration :

- Tu as raison. Il faut vraiment que j'arrête cette merde.

Je vois Blaise esquisser un sourire, mais il n'ajoute rien. Il sait très bien que ce n'est pas le moment de discuter de tout ça. Je tente de changer de sujet.

- Est-ce que vous avez prévenus… je commence.

Mais je m'arrête. Qui auraient-ils pu prévenir ?

On… On a commencé par appeler tes parents, souffle Nott.

Laisse-moi deviner : ils ne viennent pas parce que c'est trop loin pour eux ? je l'interroge, amer.

Nott hoche lentement la tête, l'air profondément embêté pour moi. Il sait tout de ma relation conflictuelle avec mes parents.

De toute façon, depuis qu'ils ont découvert que leur si parfait héritier était gay, je ne vaux plus grand chose à leurs yeux… S'ils avaient un autre enfant, il y a bien longtemps qu'ils m'auraient déshérité.

- Ne t'inquiète pas, ça ne me surprend pas plus que ça, j'ajoute. Ce n'est pas comme si je m'attendais à ce qu'ils se déplacent…

Blaise pose la main sur mon épaule dans un geste réconfortant.

- Par contre Astoria est passée, fait-il en désignant un bouquet de fleurs qui trône dans un coin. Elle devait partir au travail mais elle a dit qu'elle reviendrait te voir.

Quelle ironie… Dire que mon ancienne femme se soucie plus de moi que mes propres parents…

- Et… Est-ce que vous avez prévenus… ? je m'interromps au milieu de la question, n'osant pas vraiment demander.

Je vois dans les yeux de Blaise qu'il a parfaitement compris à qui je faisais référence.

- Potter ? J'ai essayé de le contacter mais je suis tombé sur son répondeur, répond t-il. Je lui ai laissé un message en lui expliquant la situation. Je suis sûr qu'il viendra dès qu'il l'entendra.

Oh Blaise… Si tu savais comme j'aimerais te croire !

Je sais que nous sommes séparés, et que nous nous sommes quittés en mauvais termes, mais… J'aimerais bien qu'il soit là en ce moment même. Pour me soutenir, et me dire que tout ira bien… Mais sans doute qu'il ne voudra pas venir. Après tout, nous ne sommes plus rien l'un pour l'autre à présent.


Répondeur : Vous avez un nouveau message…

Bip !

Bonjour monsieur Potter, c'est Blaise Zabini à l'appareil. Je… Drago a eu un accident. Enfin… Une overdose. Il est à l'hôpital à présent. Les médecins l'ont pris en charge. Pour le moment nous ne savons pas si son état est préoccupant ou non. Mais je… je pense qu'il sera heureux de vous avoir à ses côtés lorsqu'il se réveillera. Sincèrement. Je pense qu'il aura besoin de vous. Rappelez-moi dès que vous avez ce message.

Biiiip !


Le lendemain

Ce matin, ma chambre d'hôpital est étrangement vide. Le bouquet d'Astoria trône fièrement sur une petite table prêt de la fenêtre et j'entends la douce rumeur de l'hôpital dans le couloir.

Hier, mes amis étaient là et ils sont restés jusqu'à la fermeture de l'hôpital pour me tenir compagnie. C'est réconfortant de voir qu'on a des amis dans des moments pareils. C'est sans doute ce qui me permet de tenir encore, de ne pas me décourager.

De ne pas penser à ce besoin atroce qui m'assaille depuis le réveil. Ce besoin, cette envie pressante d'un bon rail de coke.

Je sais que le sevrage va être compliqué et que ce n'est que le début. Mais mon Dieu, oh mon Dieu, que c'est dur ! La seule raison pour laquelle je ne me jette pas sur un rail de coke c'est que je n'en ai pas un à disposition.

Je le sais, pour m'en sortir, je vais devoir me faire aider. Il n'y a pas d'autre solution. Je sais que je n'y arriverais pas seul. Il va falloir que je suive un de ces cures de désintoxication.

Je suis prêt. Même si je crève d'envie d'un rail là, maintenant, tout de suite. Je sais que je suis prêt. Que je peux y arriver avec de l'aide. Que je me battrais jusqu'au bout, pour me prouver qu'il y a au moins une chose que je peux faire correctement dans ma vie.

Le silence de l'hôpital un dimanche matin est subitement coupé par une voix haletante dans le couloir.

"Excusez-moi, je… je cherche la chambre 223.

Cette voix… Non, c'est impossible, je dois me tromper…

- Au bout du couloir, répond la voix blasée de l'infirmière.

Est-ce que c'est vraiment… ? Est-ce que je ne rêve pas ?

Non, je ne crois pas. Des pas précipités se font entendre au-dehors, se rapprochent, puis s'arrêtent devant ma porte. On toque. Je retiens mon souffle.

- D… Drago ? fait la voix sur un ton hésitant.

Je sens mon coeur battre à mille à l'heure dans ma cage thoracique. On dirait qu'il va bondir et sortir de ma poitrine d'une minute à l'autre.

C'est lui. Il n'y a aucun doute à ce sujet.

- Entre, je coasse, la voix enrouée à la fois par l'émotion et la fatigue accumulée de ces derniers jours.

Lentement, la porte s'ouvre dans un léger grincement. Avec peine, je tourne la tête. Je veux pouvoir le voir, ne pas rater une miette de ce spectacle.

- Drago… souffle t-il, le soulagement dans sa voix presque palpable.

Avec difficulté, je hoche la tête, comme pour lui confirmer que je suis là, que je vais bien.

Et enfin, mes yeux croisent les siens.

Vert contre gris.

Il est là… Enfin…

Mon Harry…