Mór Bráthair
Chapitre 1 - Namimori
Warning: T
Disclaimer : Reborn et ses personnages ne m'appartiennent aucunement, seul Kieran est ma propriété.
BêtaReader : Keiyner
Résumé :"Dis Squalo, il est où grand-frère ?" "Il est tombé dans un congélateur..." Puis huit ans passèrent, et tout a dérapé...
Informations :La suite ~ Comment ça vous vous en doutiez ? Et vous saviez que "Mór Bráthair" ça veut dire "Mon Frère" en Irlandais hein ? Hein ? Comment ça j'ai été chercher loin pour le titre ? Mais, mais... Rah et puis on s'en fout, c'qui compte qu'ça bouge dans ce chapitre ! Ah si, petite info qui pourrait vous être utile pour bien comprendre : entre guillemets ("...") ce sont les paroles en langage des signes =) Sur ce j'vous souhaite une bonne lecture !
8 ans plus tard...
Dans l'entrée du grand appartement, un jeune adolescent de quinze ans aux cheveux brun laçait tranquillement ses chaussures, avant d'attraper son sac d'affaires pour l'école. Mais alors qu'il allait ouvrir la porte, une voix féminine l'interrompit.
-Fais attention sur la route, lança une jeune femme blonde depuis l'encadrement du salon. Je sais que les agressions ont baissé, mais on ne sait jamais !
-T'inquiète maman, il sait peut-être pas hurler, mais il sait courir ! répliqua une autre voix beaucoup plus jeune.
-Akiko ! Ne dis pas ça de ton frère ! répliqua la mère.
-C'est pas mon frère.
-Et si tu finissais tes céréales plutôt que de dire des idioties ? intervint une troisième voix, toujours de femme.
Une grande brune sortit du salon pour sourire au jeune garçon.
-Tu m'attends ? Je te dépose en voiture, j'en ai pour cinq minutes, lui dit-elle. Ça rassurera maman !
Son interlocuteur acquiesça doucement, faisant se balancer quelques mèches qui tombaient sur son front. Du bout des doigts, il les dégagea de devant ses yeux, attendant patiemment que son aînée revienne, ce qui ne tarda, et il ouvrit la porte lorsqu'elle eut mit ses chaussures. Avant de la refermer, il fit un petit signe de la main pour dire au revoir à la maisonnée et s'engagea derrière l'adulte qui l'appelait.
-Kieran, dépêche-toi !
Comme toujours devant le portail, deux adolescents de deuxième année étaient en train de se chamailler, toujours les mêmes, l'un aux cheveux argentés et l'autre aux cheveux noirs. Entre les deux un petit châtain tentait de calmer les ardeurs du plus agité. Kieran les ignora, et continua simplement son chemin, c'était devenu tellement habituel comme scène que plus personne n'y prêtait attention. Même si au départ il avait été des plus intrigués, surtout par l'appellation de "Dixième du Nom", il avait tut sa curiosité et avait continué à vivre sa vie tranquillement.
Il avait été facile au final de comprendre qu'il s'agissait sans doute d'un stupide jeu à se prendre pour une famille mafieuse, après tout personne ne serait assez désespéré pour choisir Tsunaze comme héritier –ou alors il fallait être pire qu'au fond du gouffre. Ce mec était absolument nul en tout ! Quoiqu'il y ait eut quelques miracles depuis un an et demi, comme cette victoire contre Mochida, ou encore le match de volley, et plus récemment une excursion punitive à Kokuyo dont il était revenu vivant. Et puis, ce n'était pas comme si la mafia était un univers dans lequel on rentrait aussi aisément que du jour au lendemain.
Même si c'était un monde dont il ne faisait plus partit depuis six ans, depuis qu'il avait coupé tout contact avec sa famille, six années durant lesquelles il n'avait pas vu son père et qu'il refusait catégoriquement de lire une seule lettre de sa part. D'ailleurs, plus aucun courrier d'Italie ne lui était parvenu depuis trois ans maintenant. Il était plutôt fier de ne pas avoir craqué, même s'il n'avouerait sans doute jamais à quel point ça lui faisait mal. Restait qu'il savait que certaines choses étaient immuables : un idiot tel que le châtain n'était pas fait pour être Parrain, pas comme...
Kieran se secoua soudain promptement la tête pour chasser ses pensées, faisant voler les cheveux long de sa nuque, puis reprit sa marche d'un pas décidé en direction de sa classe. Il ne devait pas penser à ça, il ne faisait plus parti de ce monde, peu importe ce qui arrivait, il allait juste faire comme tout le monde, les ignorer et continuer tranquillement ses études, comme une personne normale.
En sortant du collège, il s'étira longuement, harassé par les heures passées assit sur son bureau à étudier. La journée avait été calme, enfin, si on omettait que Sasagawa avait encore faillit leur crever les tympans en invitant toute la classe à rejoindre son club de boxe. Sans oublier aussi qu'une explosion avait retenti dans la cour et que, comme d'habitude, Sawada, Gokudera et Yamamoto y étaient mêlés. Le trio infernal avait encore frappé. Et finalement, rien de vraiment inhabituel n'était survenu.
En vérité, c'était le lendemain que le premier événement qui changerait sa vie allait se produire. En ce magnifique dimanche, Kieran s'était fait kidnappé par la sœur aînée de la maison où il habitait pour l'aider à aller faire du shopping –et comme forcément il ne parlait pas–, il n'avait pas vraiment pu protester. Aussi se retrouvait-il assis sur un petit banc, à attendre que son aînée ait fini d'essayer toute la flopée d'habits qu'elle avait pris dans les rayons.
Occupé à lisser les plis de son pantalon, le collégien ne sortit de ses pensées que lorsqu'une jeune femme l'aborda, le confondant avec un vendeur du magasin.
-Excusez-moi, je cherche un article que j'avais vu hier, mais je ne le retrouve pas, lui dit-elle. Vous savez, c'est un très joli pull bleu ciel que vous aviez affiché en vitrine, commença-t-elle à expliquer.
Se levant, le jeune garçon tenta de lui faire comprendre par des gestes qu'il ne travaillait pas ici et qu'il ne pouvait pas parler. Ce qui ne fit que faire froncer les sourcils à son interlocutrice qui ne comprenait rien, ce qui le gêna grandement. Alors qu'il allait sortir son portable pour écrire, son geste fut interrompue par son aînée qui sortit de la cabine d'essayage.
-Pardon, mais Kieran ne travaille pas ici, expliqua-t-elle gentiment en arrivant à leur hauteur, un sourire amusé aux lèvres.
-Oh, je suis désolée, s'excusa la femme. Mais pourquoi ne pas me l'avoir dit plutôt jeune homme ? lui demanda-t-elle.
-Mon petit frère est muet en fait.
-Ah ! Je suis vraiment désolée !
-Ce n'est rien, on a l'habitude !
Kieran lui sourit doucement pour la rassurer, un peu gêné, en effet il avait l'habitude, un peu trop même pour être honnête, ce qui avait parfois tendance à l'énerver, surtout avec sa gueule d'ange et ses yeux bleus. Quand ce n'était pas pour lui demander quelque chose, c'était le plus souvent pour l'escroquer ou plus rarement le draguer. Mais en ce qui concernait ce dernier point il avait plutôt tendance à prendre la fuite tout plutôt que de se ridiculiser devant une fille !
Soudain, une grande explosion retentit plus loin, les interrompant alors que sa "grande-sœur" allait donner les indications à l'autre cliente pour trouver son fameux pull. Prit d'un élan de curiosité, le jeune brun se dirigea vers la sortie avant d'être arrêté par la brune qui l'accompagnait.
-Attends Kieran, c'est peut-être dangereux, lui dit-elle.
"C'est bon Naoko, je vais juste jeter un coup d'œil" lui répondit-il en langage des signes. "Tout va bien" ajouta-t-il avant de se dégager de son étreinte.
Puis sans attendre il sortit du magasin, enfin un peu d'action pour le sortir de cet Enfer ! Certes, il se sentait un peu redevable envers cette famille qui l'hébergeait gracieusement, mais le fait d'être présenté comme un frère le mettait toujours mal à l'aise. Même après six ans à vivre avec eux, après autant d'années d'insistance pour qu'il dise "maman" à la place de "madame", il ne pouvait, il n'était pas leur frère. De famille, il n'en avait plus, le premier étant mort, et le deuxième il le rejetait de ton son cœur –même s'il ne parvenait à le haïr.
Une autre détonation le sortit de ses pensées, et il commença à chercher la source de tout se raffut. Pour cela rien de plus simple, il suffisait d'aller dans le sens contraire des gens qui couraient ! Ce qu'il fit, pour arriver quelques minutes plus tard sur une place commerçante qui avait été en partie dévastée. Un groupe de jeunes gens, parmi lesquels il reconnu Sawada Tsunayoshi... encore en caleçon ? Ce mec avait un penchant inquiétant pour l'exhibitionnisme ! Bien évidemment plus loin il y avait aussi ses deux amis inséparables : Gokudera Hayato et Yamamoto Takeshi, apparemment blessés. Ouais, le trio infernal avait remit ça quoi... juste qu'il y avait été un peu fort cette fois, et en tout état de cause : qui sème le vent récolte la tempête. A vouloir jouer les mafieux, nul doute qu'on avait finit par leur tomber dessus pour leur expliquer les vraies règles du jeu. Il avait presque pitié d'eux...
Se désintéressant de la scène et des gens autour, il se tourna pour rejoindre son aînée qui était sur le chemin pour le retrouver.
-Alors ? lui demanda-t-elle, inquiète.
"Rien, des jeunes de mon collège qui mettent le bordel" expliqua-t-il.
-Je vois, encore des racailles ! Bon, autant rentrer, maman doit nous attendre pour préparer le dîner !
Docilement, Kieran emboîta le pas de son aînée pour rentrer à la maison. Le trajet se fit en silence –et pour cause !– avec une musique de boys band en fond sonore –y'avait vraiment que les filles pour écouter ça ! L'ambiance chaleureuse de l'appartement lui redonna du baume au cœur et c'est plus serein qu'il s'attaqua à ces devoirs, sans savoir que la roue du destin était en marche.
-Alors Kieran, de quoi veux-tu discuter aujourd'hui ?
L'interpellé haussa les épaules, préférant garder les yeux sur son cahier où il dessinait, plutôt que sur sa psychologue. C'est pas vraiment comme s'il pouvait parler de toute façon ! Alors tenir une conversation, très peu pour lui ! Cependant, la rousse face à lui ne se laissa pas démonter par le comportement de son jeune patient, et lui sourit tendrement avant de se pencher en avant.
-Tu dessines encore des symboles celtiques ? lui demanda-t-elle.
Le jeune brun acquiesça, continuant à faire courir son crayon sur la feuille, ne prêtant toujours pas plus attention que cela à la femme derrière son bureau.
-C'est lequel cette fois ? Continua-t-elle.
Redressant son cahier, il le leva pour lui montrer son dessin presque fini. Sur la feuille grisée était représenter un triangle dont chaque pointe se finissait par une spirale.
-Le triskel c'est ça ? questionna la psychologue. Il représente trois états, c'est ça ?
"Ou l'évolution, un cycle de vie" compléta le jeune garçon, mimant les mots sur ses lèvres en même temps que ses mains bougeaient pour former les mots.
-Tu aimerais que les choses évoluent ?
"Je rentre au lycée à la fin de l'année"
-C'est un cycle ça, je me trompe ?
Le jeune garçon acquiesça de manière un peu raide, puis reprit son dessin comme si de rien n'était. Il en avait marre d'être là, il en avait assez de voir tout le temps cette psychologue ! Combien d'année déjà qu'il la traînait ? Presque sept ans s'il comptait bien... Et croyez bien qu'autant de temps passé dans ce bureau, ça tapait vite sur le système ! Il n'avait qu'une hâte : que ce rendez-vous ce termine !
-Tu n'aimerais pas changer quelque chose dans ta vie ? enchaîna la rousse.
Kieran pinça les lèvres, bien sûr que si ! Il y avait des tas de choses qu'il voudrait changer ! Mais c'était impossible, on ne changeait pas le passé, on ne pouvait que vivre le présent, en espérant que le futur soit plus clément. Ses coups de crayons se firent un peu plus secs sur son dessin, tandis que ses sourcils se froncèrent.
-Si tu devais changer une seule chose, qu'est-ce que ce serait ?
Sa main se fit encore plus rapide, encore plus dure. Il n'avait aucune hésitation concernant la réponse, et elle la connaissait aussi, ils n'arrêtaient pas de revenir dessus. Son frère bien sûr, il ferait tout pour le sauver, pour l'avoir encore à ses côtés, pour ne pas seulement imaginer ce qu'aurait put être ses huit dernières années. Mais il ne dit rien, le silence se faisant entre eux, seulement brisé par la course du crayon sur la feuille, le bruissement des pages qu'il serrait dans sa main.
Tout à coup, la mina se brisa, cédant face à la pression qu'on lui demandait d'exercer.
Lentement, l'adolescent releva ses yeux bleus sur la jeune femme, la sondant d'un regard chargé de colère, de frustration, de tristesse, et de tout un tas de sentiments mélangés. Il resta un moment à l'observer, sa respiration plus lourde, avant de mimer minutieusement sa réponse sur ses lèvres, toujours dans le silence complet.
"J'aimerais ne vous avoir jamais rencontré"
Il s'étira avec satisfaction, déliant ses muscles endoloris par sa journée de cours. Le professeur de sport n'avait pas été tendre avec eux ! Cependant, il ne fut pas plus détendu pour autant, il y avait quelque chose dans l'air qui le titillait, qui le faisait grimacer. Seulement, il ne savait pas encore quoi et il avait beau chercher, il n'arrivait pas à mettre la main sur ce qui l'enquiquinait ! Ce n'est qu'une fois rentré chez lui qu'il comprit ce qui avait été anormal. Lorsqu'il fut abasourdit par le son de la télé, les hurlements de Naoko pour qu'Akiko baisse le son et la voix chantonnant de leur mère qui faisait la cuisine. À ce moment là il sut.
Calme.
La journée avait été trop calme. Pas de Sasagawa pour hurler à tout le monde de rejoindre son club de boxe, pas de Sawada qui tentait de calmer ses deux amis. Aucune détonation, aucune balle de base-ball qui avait assommée quelqu'un... Rien, le calme plat. Un frisson le parcourut alors qu'un sentiment de déjà vu lui parvenait : cette ambiance ressemblait étrangement à celle qu'il avait sentit lors des événements impliquant des collégiens de Kokuyo. Grand Dieu, qu'est-ce que le trio infernal avait encore inventé ? Et avec Sasagawa cette fois en plus ? Avaient-ils réussit à entraîner le boxeur dans leur stupide jeu de mafia ?
Un nouveau frisson le parcourut, penché au-dessus de son assiette, plus violent, le forçant à fermer les yeux. Et si ces gamins c'était foutu dans un bordel pas possible ? Ça ne l'étonnerait pas, mais comment diable allaient-ils pouvoir s'en sortir ? Le monde de la mafia était impitoyable, il en savait quelque chose : elle lui avait prit son frère ! Ce dernier était âgé et savait ce qu'il en était pour y vivre depuis son plus jeune âge, mais ces collégiens, savaient-ils seulement à quoi s'attendre ? Sûrement que non, ce n'était que des enfants, comme lui souffla une petite voix ayant la même désagréable consonance que celle de sa psy ! Sauf qu'il se considérait plus mature, sans doute le fait de perdre sa famille l'avait-il poussé à grandir plus vite...enfin, c'était ce qu'il pensait en tout cas.
Une pression amicale sur son épaule le fit rouvrir les yeux pour les poser sur la mère, ses yeux noirs le sondant avec inquiétude.
-Tout va bien Kieran ? lui demanda-t-elle doucement.
Il acquiesça, un peu trop rapidement peut-être, car sa nuque craqua, le faisant grimacer. Il sourit néanmoins pour les rassurer.
"Je suis juste un peu fatigué" donna-t-il comme explication.
Puis il recommença à manger pour ne pas les inquiéter. Il ne pouvait assurément pas leur parler de la mafia, ils n'étaient même pas au courant ! Tout ce qu'on leur avait dit, c'était qu'il avait perdu son frère et que suite au choc il avait arrêté de parler. Étant soi-disant devenu un enfant à problème, il avait été retiré de sa famille pour être placé chez eux. Et il fallait bien avouer que les débuts n'avaient pas été rose, loin de là. Le petit brun avait eut une longue période de "crise" durant laquelle il avait refusé tout contact et se comportait comme un vrai petit démon. Il avait fallut toute la patience et l'amour de la mère au foyer pour le calmer et le ramener sur le droit chemin. Toute la famille avait espéré que sa voix reviendrait vite, mais non, il ne pipait toujours un seul mot.
En vérité l'histoire était tout autre, il avait décidé d'arrêter de parler, le jour où il avait définitivement compris que son frère était mort et qu'il ne reviendrait pas. Ces histoires de sommeil n'était qu'une métaphore, on avait soi-disant voulu le préserver. Sauf qu'il avait vraiment espéré, de tout son cœur et de toute son âme. Pendant six long mois il avait attendu le retour de son frère. Pour rien. Et le pire c'était qu'il l'avait apprit de la plus banale et cruelle des façons : des domestiques qui parlaient dans son dos, alors qu'elles pensaient qu'il n'écoutait pas.
Par la suite, quand il avait demandé à son père si c'était vrai, il avait perçut la tristesse dans son regard, et malgré ce qu'il ait put lui dire, il avait su à ce moment-là qu'on lui avait menti pendant tout ce temps. Alors il n'avait plus dit un mot, pas un seul, et toutes les tentatives de la famille n'avait rien changé, il s'était muré dans le silence. En désespoir de cause, on avait décidé de le faire changer d'air, en espérant que ça l'aiderait, on l'avait envoyé au Japon, dans cette famille, avec ces excuses, en espérant le revoir bientôt comme avant.
Pendant la première année, il avait continué à aller au manoir pour les vacances, mais rien ne changeait dans son attitude. Il préférait s'isoler que d'être avec son père, ses gardiens, ou les autres enfants de son âge. Puis finalement il avait refusé d'y retourner, ne recevant que du courrier pendant les trois années qui suivirent. Il avait répondu vaguement aux premières lettres, sous l'injonction de sa famille et de sa psy, pour finir par refuser d'écrire un mot de plus, avant de décidé de couper définitivement les ponts. Il n'avait plus lu une seule lettre, jusqu'à ce qu'elles se fassent de plus en plus rare, jusqu'à disparaître.
Ça avait été dur, même s'il ne l'avouerait jamais, il avait faillit craquer plus d'une fois et ouvrir une lettre, juste pour voir ce qu'elle contenait. Mais il avait tenu, malgré quelque larmes de douleurs qu'il cachait, il avait finit par y arriver, et aujourd'hui il pouvait presque se targuer de vivre une vie normale. Il avait été en école pour sourds et muets afin d'apprendre la langue des signes, et même la famille s'y était mise pour pouvoir échanger avec lui et le comprendre autrement que par les mots qu'il écrivait dans un cahier.
Mais il semblait que son passé veuille le rattraper, tout ça à cause d'une bande de collégiens qui jouaient à un jeu dangereux...
-Tu sais qu'on ne peut pas faire revenir les morts ? lui demanda sa psychologue.
Il acquiesça avec une grimace. Bien sûr qu'il le savait ! Alors pourquoi elle tenait tant à revenir encore dessus ?
-Mais on peut profiter des vivants tant qu'ils sont encore là, ajouta-t-elle.
Il eut une nouveau grimace, et il sut de quoi elle voulait parler, aussi secoua-t-il vigoureusement la tête. Non, il avait fait un trait sur sa famille, il ne voulait plus jamais avoir un seul contact avec elle, il ne voulait plus souffrir autant !
-Pourquoi refuses-tu autant de revoir ta famille ?
Il ne répondit pas, préférant continuer à dessiner sur son cahier que d'aborder encore une fois la question.
-Tu sais, ton père ne pensais pas à mal quand il t'as dit que ton grand-frère était endormi. Il est naturel de vouloir protéger les gens qu'on aime, surtout nos enfants. Il s'y est sans doute mal pris, mais l'intention de départ était bonne, tu ne crois pas ?
"Même les meilleurs intention du monde ne sont pas forcément louables"
-Qu'est-ce que tu entends par là ?
"Hitler avait les meilleurs intentions, il voulait faire un monde parfait"
-Tu penses que ton père est comme Hitler ?
"Non"
Assurément, non. Son père n'était pas un dictateur fou furieux qui voulait massacrer tous les gens pour un monde parfait peuplé d'hommes blonds aux yeux bleus !
-Alors qu'est-ce qu'ils ont en commun pour que tu en parles ?
"Hitler a envoyé des millions de gens à la mort en leur promettant le paradis"
-Ton père aussi ?
"Ils ont mentit"
-Et s'il s'excusait, tu lui pardonnerais ?
"Non"
-As-tu déjà au moins essayé ?
"De toute façon, c'est trop tard"
Le gong de l'horloge coupa soudainement court à leur conversation, et avant que la psychologue n'ait put ajouter quoique ce soit, Kieran était déjà debout pour se précipiter dehors. Il avait attendu ce moment avec impatience pendant une heure !
Il referma doucement le livre qu'il était en train de lire et fit craquer sa nuque et ses doigts, avant de ranger le bouquin. Levant les yeux vers le ciel, il s'aperçut qu'il était resté plus que de raison dans le parc ! Il faut dire qu'il adorait cet endroit pour venir s'y détendre ou même travailler ses devoirs ou ses recherches personnelles. Il y trouvait le calme qui lui manquait à l'appartement avec Akiko, la plus jeune sœur, qui n'arrêtait pas de l'embêter.
Ajustant son sac en bandoulière sur son épaule, il commença à prendre le chemin du retour, cependant il s'arrêta devant un distributeur pour acheter un café chaud. Il avait besoin de quelque chose pour le tenir au corps le temps d'arriver à l'appartement. Une fois sa canette en main, il reprit sa route tranquillement, appréciant le calme qui l'entourait. Un calme qui fut troublé par le bruit d'une explosion, le genre de bruit qu'il pourrait reconnaître entre mille pour l'avoir entendu pendant presque un an et demi !
Il stoppa immédiatement sa marche, cherchant à déterminé à peu près d'où sa venait. Osera, osera pas ? Ce n'était pas tout à fait sur son chemin de base, ça l'obligeait à faire un détour... Mais son inquiétude pour ces mômes le reprit, et s'il avait la moindre petite chance de leur venir en aide ? Il ne savait pas trop comment, mais ils n'étaient que des collégiens ne sachant probablement pas à quoi ils s'exposaient. Sans doute leur jeu était-il partit d'un film qu'ils avaient vu et qu'ils avaient voulut reproduire. Finalement il prit la direction d'où l'explosion semblait provenir, commençant à chercher le trio –voire quatuor si Sasagawa était bien avec eux.
Cela lui prit du temps, mais il finit enfin par les trouver ! Enfin, ce qu'il trouva plutôt dans un premier temps fut un corps inconscient dont la tenue lui disait quelque chose. Mais il ne parvenait à mettre un nom dessus. Puis il entendit l'écho de plusieurs voix, mais pas de bruits de combats, d'ailleurs en y réfléchissant, il n'y avait pas eut d'autre détonation. Avec de la chance, un groupe de mafieux remettait simplement les enfants en place pour jouer à un jeu aussi dangereux. Enfin, ça restait quand même la mafia, de là à ce qu'ils souhaitent faire un exemple...
Pas forcément plus serein, Kieran but une nouvelle gorgée de son café en se dirigeant vers le coin de la rue. Il voulait au moins vérifier que son camarade et ses kohaï allaient bien –au moins physiquement. Cependant, à peine fit-il un pas de l'autre côté du tournant qu'il se figea, ses yeux accrochant la silhouette d'un homme qui lui tournait le dos. Sa veste flottait derrière lui, et sur son épaule reposaient des plumes rouges ainsi qu'une fourrure de vison, toutes rattachés à ses courts cheveux noirs.
Cette démarche, ce style, cette aura, il ne les avait jamais oublié, ses souvenirs étaient à jamais ancrés dans sa tête.
La canette de café chuta lourdement au sol, roulant sur le bitume en déversant son contenue. Sa respiration se fit plus lourde, plus erratique, alors qu'il était paralysé par la surprise, la peur, l'espoir, la joie... C'était tout un tas de sentiments qui montait en lui, et il n'y avait plus rien d'autre qui comptait que cette silhouette qui disparaissait entre les arbres. Tout à coup, alors que l'homme venait de disparaître, son corps retrouva sa mobilité, et peu importait que des larmes commencent à lui brouiller la vue.
Il se jeta à sa poursuite.
Et voilà pour le chapitre un ! J'espère qu'il vous aura plus, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !
Petite information : je n'ai à la base aucun rythme de parution prévu, et tout dépendra beaucoup de mon inspiration et de ma motivation, du coup la publication des chapitres pourrait être vachement disparate ! Désolé d'avance ! Néanmoins pour le moment j'ai quelques chapitres d'avance et il se trouve que je suis motivé à fond pour écrire. De fait dans un premier temps je publierais un chapitre par semaine, chaque mercredi, jusqu'à épuisement du stock !
Sinon j'espère vous retrouver au prochain chapitre ^^
