Mór Bráthair

Chapitre 2 - Tsunayoshi

Warning: T

Disclaimer : Reborn et ses personnages ne m'appartiennent aucunement, seul Kieran est ma propriété.

Bêta Reader : Keiyner

Résumé :"Dis Squalo, il est où grand-frère ?" "Il est tombé dans un congélateur..." Puis huit ans passèrent, et tout a dérapé...

Informations : Allez on enchaîne sur le chapitre 2 ! Après un chapitre 1 qui posait pas mal de choses, vous aurez droit à un peu plus de concret ici et de la vraie action –enfin presque, mais ça bouge en tout cas ! Ah tiens, petite info pour que ceux que ça intéresse, vu qu'on m'a posé lá question : Kieran est un prénom celtique qui veut dire "Noir". Sur ce, bonne lecture ! =) Ah et pardon pour ce léger retard


Il courait, à en perdre haleine. Non, plus encore. Il sentait ses poumons le brûler sous l'effort, ses muscles protester violemment d'être poussé à bout, son corps n'était pas loin de se briser. Pourtant il continuait à courir, et seule sa volonté ne le faisait pas flancher malgré la douleur qui irradiait partout dans son être. Il devait le rattraper, coûte que coûte ! Il devait rejoindre cette silhouette fuyante pour en être sûr, pour savoir.

Cependant, l'ombre continuait de fuir, se soustrayant peu à peu à son regard, sur le point de disparaître. Alors il hurla son nom, l'appelant de toute ses forces, jusqu'à s'en briser la voix. Mais rien, il ne se retourna pas, et disparut finalement dans les ténèbres. Il tendit la main dans une vaine tentative de l'attraper, mais ses doigts ne se refermèrent que sur le vide.

-KIERAN !

Il se réveilla dans un sursaut, se redressant instinctivement en position assise, sa main cherchant à agripper quelque chose, quelqu'un, mais n'attrapant que le vide devant lui. Déboussolé, il regarda frénétiquement autour de lui, à la recherche d'un point d'ancrage. Deux mains fraîches se posèrent alors en coupe sur son visage pour le tourner vers quelqu'un. Un regard noir bienveillant, encadré par de long cheveux noirs, décoiffé. Il reconnu immédiatement la femme qui l'avait recueilli enfant, mais ce n'était pas elle qu'il cherchait, ce n'était pas elle qu'il voulait.

-Je suis là Kieran, tout va bien, c'était juste un cauchemar, tenta-t-elle de le rassurer.

Des larmes commencèrent à couler le long de ses joues, sans qu'il puisse les arrêter. Un rêve, ça n'avait été qu'un rêve. Avec douceur, sa tête fut amenée contre une poitrine, puis son corps fut enveloppé dans une étreinte chaleureuse, avant de commencer par être secoué de sanglots silencieux. De tendres paroles furent murmurées à son oreille, mais encore une fois ce n'était pas sa voix qu'il voulait. Il aurait voulut un timbre beaucoup plus grave, masculin, une voix d'homme. La même qui le rassurait dans son enfance, celle à laquelle il savait pouvoir se raccrocher.

Il pensait qu'il avait réussit à surmonter tout ça, qu'il avait enfin réussi à faire son deuil. Sauf qu'il semblerait que non, et il sentait de vieilles blessures se rouvrir dans son cœur. Ça faisait mal, vraiment très mal, le genre de douleur dont on préférerait mourir plutôt que de les ressentir. Il était certain que même une immolation par le feu serait plus douce. Mais il s'était promis de vivre, pour lui qui n'était plus, pour eux, que leurs souvenirs ne soient jamais oublié, pour qu'il vivent encore dans son cœur.

Et dans le silence de ses pleurs, ses lèvres bougèrent, sans qu'un seul son n'en sorte, mais répétant toujours le même mot, le même nom...

"Xanxus"


-Tu sais, si tu ne veux pas aller à l'école, tu n'es pas obligé, je les appellerai pour leur dire que tu es malade.
"Non ça va aller, on a un contrôle important bientôt"
-Tu es sûr ?

L'adolescent acquiesça pour rassurer la femme, celle-là même qui l'avait veillé une bonne partie de la nuit, s'assurant qu'il retrouve le sommeil après le cauchemar qu'il avait fait. Y'avait pas à dire, il avait passé une sale nuit, et le fantôme de son frère n'arrêtait pas de le hanter. Il s'était réveillé plusieurs fois, et se rendormait de plus en plus difficilement, cumulant de ce fait la fatigue. Il avait quelques cernes sous les yeux et ceux-ci étaient encore légèrement rougis. Mais il ne voulait pas rester chez lui, il avait besoin d'aller en cours, de se changer les idées.

D'après la mère de Naoko et Akiko, c'était un camarade de classe qui l'avait ramené en disant qu'il l'avait trouvé endormit dans le parc. Était-ce vrai ? Il n'en savait trop rien en fait, tout était flou dans sa tête. Cette vision –rencontre ?– de son frère lui paraissait tellement réelle, mais en même temps il n'arrivait pas à se souvenir exactement de ce qui c'était par la suite. Tout se mélangeait dans sa tête, tantôt on l'agrippait pour l'empêcher d'avancer, tantôt il courrait sans parvenir à le rattraper. Une fois il hurlait, et l'autre aucun son ne sortait de sa gorge. Il ne parvenait à démêler le rêve et la réalité, et c'était pour ça qu'il avait besoin de penser à autre chose.

Une main sur son épaule le sortit de ses pensées, c'était Naoko qui lui souriait gentiment.

-Je te dépose en voiture ? lui proposa-t-elle
"Non merci" refusa-t-il poliment. "J'aimerais marcher un peu" expliqua-t-il.

Puis après un sourire et un au-revoir de la main, il s'engouffra dans l'air frais du matin. Le petit vent qui jouait dans ses cheveux lui fit le plus grand bien après la chaleur étouffante dont il avait été entouré par les deux plus âgées. Soupirant de bien être, il prit enfin la direction du collège, essayant de se vider la tête sur le chemin, se promettant d'essayer de mettre tout ça au clair. Pour se faire le meilleur moyen était sans nul doute d'aller voir directement la personne qui l'avait ramener chez lui. Or s'il en croyait la description qu'on lui avait faite :"un garçon de ton âge, avec une coupe de cheveux blancs, coupé comme un terrain de gazon, qui n'arrêtait pas de hurler, au point que j'ai eut peur qu'il réveille les voisins", ça ne pouvait correspondre à qu'à une seule personne... Aucun doute que c'était Sasagawa qui l'avait ramené !

Ainsi, dés qu'il fut rendu à son école, il entreprit de retrouver le boxeur, le cherchant d'abord dans les couloirs. Contrairement à ce qu'il avait pensé, il ne mit que très peu de temps tout compte fait à retrouver son camarade, sa silhouette apparaissant rapidement dans son chant de vision. Kieran accéléra alors son pas pour le rejoindre rapidement, lorsqu'il le vit s'arrêter devant une classe qui n'était pas la sienne. Intrigué, il leva la tête pour constater qu'il s'agissait de la Seconde A, la classe du trio infernal, réalisa-t-il. Finalement, il se rapprocha de façon plus discrète et tendit l'oreille en regardant au travers de la vitre.

Il entendit l'athlète déblatérer à propos d'un combat de sumo, avant d'attraper un frêle seconde année qu'il finit par reconnaître comme étant Sawada. Donc Sasagawa avait bel et bien été entraîné dans le stupide jeux de ses kohais. Grand Dieu, n'allaient-ils pas arrêter d'entraîner les gens là-dedans ? Sauf que le brun tiqua, parce que s'il se rappelait bien, ce n'était pas la première fois que le boxeur invoquait l'excuse d'un combat de sumo. Mais ce qui lui mit surtout la puce à l'oreille fut le comportement du plus jeune qui ne semblait pas du tout à l'aise. Bon, il voulait bien que la spontanéité du sportif mette mal à l'aise, mais là c'était...différent. Le châtain ne savait pas mentir, ça se lisait, ça se voyait clairement dans son attitude.

-J'ai comme un gros doute..., entendit-il une fille depuis la classe.

Ouais, lui aussi, assez énorme même... "L'observation est la clé" lui souffla une petite voix dans son esprit, une autre qu'il avait bien connue aussi étant enfant.

De fait, aussi silencieusement que possible, Kieran se mit à suivre les deux garçons jusqu'à l'extérieur, essayant de ne pas se faire remarquer, ce qui marcha plutôt bien. C'est donc caché derrière la porte, qu'il écouta la conversation –oui c'était pas bien d'écouter aux portes, mais ils étaient pas à l'intérieur, donc ça compte pas ! Et bon, l'histoire de Sasagawa, il s'en foutait un peu, c'était pas ça qui l'intéressait ! En revanche, des mots comme "pas grave si Kyoko n'est pas au courant" renforçait clairement son idée que les deux adolescent mentaient à propos de quelque chose. Il ne serait pas étonné que le "combat de sumo" cache quelque chose de bien plus dangereux.

De son côté, Tsuna ressentit soudainement une désagréable impression, et avant même qu'il ne s'en rende compte, il s'était retourné vers la porte la plus proche.

-Qui est là ? Demanda-t-il.

Ryohei fut surpris par le mouvement brusque, mais suivit le mouvement de son cadet pour observer la porte. Pourtant rien, ni personne ne semblait être là à première vue... Sauf que de l'autre côté, Kieran se tendit, se demandant comment l'autre l'avait repéré. Il n'avait pas bougé, n'avait pas fait un seul bruit, et pourtant, on l'avait démasqué.

-Est-ce qu'il a quelque chose d'extrême Sawada ?
-Non, j'ai juste eut l'impression qu'on nous observait, désolé...

Ou peut-être qu'il avait encore une chance, mais la fuite n'était pas une option. Respirant calmement, le jeune brun se décrispa et prit un air angélique tout à fait innocent, du genre de celui qui cherche quelqu'un –c'était ce par quoi il avait commencer à la base après tout. Puis il attendit quelques secondes, s'éloignant de la porte de quelques pas, avant de finalement se diriger dessus et de l'ouvrir le plus naturellement du monde. Il observa autour de lui, jusqu'à tomber sur ses deux camarades, surpris de le trouver ici, Sawada eut même un petit mouvement de recul.

Lorsque son regard tomba sur Sasagawa, les yeux de Kieran s'illuminèrent et il sourit franchement en faisant un signe de la main pour les saluer. Il s'avança ensuite vers eux, pointant le boxeur du doigt, avant de sortir son portable pour pianoter rapidement dessus et le montrer à son camarade.

Sasagawa, je te cherchais justement !

-Ah oui ? lui demanda le combattant. Tu as enfin décidé de rejoindre à l'extrême mon club de boxe ! s'écria-t-il.

Le brun fit la moue et secoua la tête en signe de négation, avant de recommencer à écrire sur son portable.

On m'a dit que c'était toi qui m'avait ramené hier soir...

-Oui, confirma son interlocuteur, tu étais extrêmement endormi dans le parc, alors je t'ai ramené chez toi en te portant sur mon dos à l'extrême !

Bon Dieu, il voulait pas arrêter de dire "extrême" ? En tout cas, le muet nota une dernière chose sur son appareil.

Merci beaucoup !

-C'est extrêmement ok !
-Heu..., intervint intelligemment le troisième larron de l'histoire.
-Ah, Sawada, laisse moi te présenter Hisamatsu Kieran,il est dans ma classe ! Il est muet, mais je suis sûr qu'il serait extrême dans mon club de boxe !

Le jeune homme leva les yeux au ciel, avant de sourire chaleureusement au châtain tout en lui faisant un signe de la main.

-Ah ! En...enchanté ! se reprit le futur Vongola. Je suis Sawada Tsunayoshi !

Il le salua à son tour avec un petit sourire timide, et non vraiment, il n'avait rien d'un futur boss de la mafia. Enfin, maintenant qu'ils étaient officiellement présenté, autant être poli et courtois –non il allait pas se jeter sur lui pour réclamer toutes les infos ! Du moins pas encore... La sonnerie du début des cours les interrompirent brusquement et chacun se mit à courir à tout allure pour rejoindre sa classe. Le tout étant d'y être avant de se faire attraper par le comité de discipline et de se faire mordre à mort !

Quoique quand il y réfléchissait, ça faisait un long moment qu'il n'avait pas croisé le préfet du Collège Namimori...


Le soir venu, alors qu'il allait récupérer ses affaires dans son casier, un papier plié en deux tomba aux pieds de Tsuna. Étonné, ce dernier le ramassa pour le déplier, y découvrant une étrange mise en garde.

Tu devrais arrêter de jouer à la mafia.
C'est un jeu dangereux auquel tu te livres.
Quelqu'un qui te veut du bien.

-Hieee !

De surprise, le jeune châtain relâcha le message, qui chuta à nouveau au sol, et se recula jusqu'à ce que son dos touche la rangée voisine, observant le morceau de papier comme si c'était le diable lui-même qui l'avait écrit. Qui ? Qui avait bien pu lui envoyer un message pareil ? Un élève ? Un prof ? Et puis ça voulait dire quoi quelqu'un qui lui voulait du bien ? Franchement, comme s'il n'avait pas déjà assez de problème avec les combats contre la Varia qui se profilaient ! En plus le premier combat était ce soir, et il ne savait toujours pas qui allait se battre. Il fallait en plus que quelqu'un d'autre s'en mêle !

Se prenant la tête à deux mains, le candidat Vongola ferma les yeux et se laissa glisser au sol, toute cette histoire allait finir par le tuer ! Enfin, ça c'était s'il ne mourrait pas de la main de Xanxus qui était tout dévoué à lui faire la peau... Vraiment, son père et Reborn le mettait dans des situations pas possible ! Comment était-il supposé survivre à tout ça, honnêtement ? Et puis il ne voulait pas devenir un boss de la mafia !

-Dixième du nom !
-Tsuna !

Les voix de ses amis sortit Tsuna de ses pensées et il tourna la tête pour voir Gokudera et Yamamoto. Ses deux amis lui souriaient gentiment, l'attendant pour rentrer, et les voir encore une fois aussi détendu et joyeux lui remit du baume au cœur. C'était comme s'il était certain que tout irait bien, tant qu'ils seraient tous ensemble. Aussi, abandonnant le bout de papier à terre, il récupéra simplement ses affaires et rejoignit ses deux camarades.

Plus loin, Kieran pinça légèrement les lèvres en voyant Sawada repartir en riant avec ses amis. Il avait tenté d'obtenir plus d'infos à propos du combat de sumo, mais ne pouvant leur demander directement, il n'avait rien put savoir de plus. En conséquence, le brun avait voulut le mettre en garde, sauf qu'il ne pouvait simplement pas aller lui dire en face, il avait donc penser que lui laissé un papier le ferait réfléchir. Il ne pouvait qu'espérer que son avertissement fasse son bout de chemin dans sa tête. Le seconde année avait l'air sympa pour ce qu'il en avait aperçut, et il ne voulait pas qu'il subisse les atrocités de la mafia. Pour lui, son frère était déjà suffisant –et il ne savait toujours pas comment il était mort d'ailleurs.

Soupirant pour la forme, il passa une main dans ses cheveux avant de prendre le chemin du retour lui aussi. Peut-être aurait-il plus de chance le lendemain et qu'il pourrait en découvrir un peu plus. En tout cas, il ne pouvait que rester optimiste pour le moment, et espéré que les plus jeunes ne se soient pas fourré dans une situation inextricable. Mais bien sûr, jamais rien ne se passe comme prévu...

Contrairement à ce qu'il avait espérer, le lendemain ne lui fut pas plus chanceux, et il eut même des sueurs froides. Sasagawa était arrivé au collège avec un bras dans le plâtre et Sawada avait encore disparut. Ainsi donc ce qu'il craignait s'était avéré véridique : ce fameux combat de sumo cachait quelque chose d'autre. Qui se casserait un bras dans un duel de sumo à moins d'être un vrai looser ? Or si de la part du châtain ça ne l'aurait pas étonné –Tsunaze quoi–, son camarade boxeur était loin d'en être un ! Mais le pire, c'était sans doute que ça avait commencé, et que Sawada ne l'avait pas écouté.

Kieran poussa un discret soupir, et pour la première fois, il ne fut pas plus attentif que cela en classe. Il fallait à tout prix qu'il découvre ce qui se tramait, ça le travaillait plus que ça ne le devrait, mais il voulait aider ce jeune homme. Pour une raison plus ou moins obscure, sans doute l'innocence qu'il avait sentit chez le châtain, le poussait à vouloir l'aider, à le sortir du pétrin dans lequel il semblait s'enfoncer de plus en plus.

-Hisamatsu ! l'appela soudainement le professeur, le faisant sursauter. Bien que vos notes soient admirable, cela ne vous dispense en rien de suivre le cours, se fit-il réprimander.

Le collégien hocha la tête pour montrer qu'il avait comprit et qu'il était désolé, puis tenta de se concentrer sur le cours, mais sans grand succès il faut bien l'avouer...


Enfin débarbouillé et détendu après un bon bain, il entreprit de s'installer dans sa chambre, le bottin ouvert sur son bureau. Bon, il avait peut-être aucun indice quand à ce que cachait les combats de sumo, et encore moins sur l'endroit où ça se déroulait, mais il ne se décourageait pas pour autant ! Il ne pouvait pas demander directement sous peine de se trahir ? Eh bien soit, rien ne l'empêchait de chercher et trouver par lui-même ! C'est pourquoi il se mit en quête de toutes les adresses de salle de sumo –clubs et salle de combat–, et à répertorier leur adresse dans un cahier. C'était la seule piste qu'il pouvait suivre pour le moment.

Il y passa toute sa soirée, mais il avait désormais une liste complète d'endroit à visiter. Un dur labeur l'attendait et il se promit de s'y mettre dés demain soir –enfin si la météo s'y prêtait ! Et pour une fois il fut chanceux ! Enfin presque, parce qu'après la météo, c'était Naoko qui s'y mettait...

-Un combat de sumo ? répéta-t-elle un peu surprise.

Kieran acquiesça pour lui confirmer que c'était bien ce qu'il avait dit : des camarades de classes l'avaient invités à aller voir un combat de sumo. C'était la seule excuse valable qu'il avait trouvé et un tant soit peu proche de la vérité.

-Ça a l'air intéressant, dis moi où c'est comme ça je t'emmène et je pourrais peut-être venir voir avec vous !

Déconcerté, l'adolescent regarda la jeune femme, ses baguettes suspendues au-dessus de son bol. Il avait bien entendu ? La rousse souhaitait venir avec lui ? Ah mais c'est qu'il en était hors de question ! Elle allait contrecarré tous ses plans et il ne pourrait jamais avoir le fin mot de l'histoire. Il fronça les sourcils, prenant un air déterminé et fit non de la tête avant de recommencer à manger.

-Kieran ? le questionna-t-elle silencieusement, peu sûre de comprendre.
"Je veux pas"
-Comment ça ?
"C'est moi et mes amis"
-Tu peux éclaircir ta pensée ? susurra son aînée.

Son ton ne trompait, elle était contrarié de le voir lui tenir tête, et c'était encore pire alors que sa mère n'était pas là. Sans la matriarche à la maison, la sœur aînée se pensait la chef de famille et prenait son rôle un peu trop à cœur d'après lui. Elle ne souffrait pas qu'on lui dise non et imposait ses choix là où sa mère arrivait toujours à négocier. Autant dire que le plus souvent ça engendrait pas mal de conflit avec l'adolescent. Ce dernier prit d'ailleurs un malin plaisir à en remettre une couche.

"C'est pour les hommes"
-Tu veux dire qu'une femme ne peut pas venir voir un combat de sumo ?
"Tu vois que tu peux comprendre quand tu veux"
-Kieran !
"On veut pas de toi" ajouta-t-il, avant de claquer ses baguettes sur la table pour stopper toute protestation. "Je veux pas de toi dans les pattes"

Et sans attendre de réponse, il se leva pour abandonner la salle à manger, ne tenant nullement compte de la voix de la rouquine qui lui sommait de revenir. Il se rendit dans sa chambre pour y prendre un sweat et fourrer quelques affaires et son cahier avec ses notes dans un sac. Puis il se rendit à la porte d'entrée avec la ferme intention de sortir enquêter –sous couverture de rejoindre des amis. Sauf que bien sûr ce n'était pas de l'avis de la plus âgée, qui se mit en tête de l'empêcher de sortir. Postée devant la porte, les mains sur les hanches, elle l'attendait de pied ferme.

-Tu ne sortiras pas de cette maison en m'ayant manqué de respect ! lui lança-t-elle.
"Tu peux pas m'en empêcher" répondit-il du tact-au-tact.
-Bien sûr que si, je suis l'aînée ici !
"T'as aucun droit sur moi"
-Je suis ta sœur !
"Jamais"

Ses gestes commençaient à se faire plus brutaux sous la colère qui montait. Il n'avait jamais eut de sœur, il avait juste eut un frère qui n'était plus. En face de lui, Naoko fronça les sourcils, peu sûre de savoir comment prendre une telle affirmation.

"T'es pas ma sœur"ne se priva de préciser son cadet. "Et tu fais encore moins partie de ma famille"rajouta-t-il.

L'expression choquée sur le visage de la jeune femme lui donna un plaisir malsain, c'était ce qu'il voulait, la blesser, lui faire comprendre qu'il ne l'avait jamais considéré comme un membre de sa famille. Il avait besoin de passer sa colère et sa frustration, et c'était elle qui venait de s'attirer ses foudres, ça avait besoin de sortir, il avait presque besoin de hurler –mais il savait que sa voix n'en ferait rien.

"Laisse moi passer"
-Sûrement pas ! Et tu vas t'excuser pour...

Il le lui laissa pas le temps de finir qu'il attrapa une paire de chaussures pour la lui lancer au visage.

"Je te hais !" voulut-t-il lui hurler en pleine face, mais seules ses lèvres bougèrent.

Puis il prit la fuite en direction de sa chambre, jetant cette fois un vase dans la direction de la rouquine qui faisait mine de vouloir le rattraper. Peut-être fut-elle blessée, peut-être pas, il ne prit même pas la peine de regarder et s'engouffra directement dans son refuge, bloquant la porte avec une chaise. Ainsi personne ne pourrait rentrer et il serait tranquille avec sa rancœur pour seule compagnie. Et les coups à la porte de sa chambre de Naoko qui tentait de pénétrer son sanctuaire.

-Kieran ! Ouvre-moi de suite ! lui gueulait-elle.

Pour seule réponse il donna un violent coup dans la porte qui vibra sur ses gonds. La réponse était claire : "dégage" voulait-il dire. Il n'ouvrirait pas et peu importait qu'elle continuer à beugler comme un cochon qu'on égorge, il ne bougerait pas. Derrière il entendit la petite Akiko commencer à pleurer dérangée par les hurlement et d'être ainsi délaissée. Et ça aurait put continuer un bon moment tout ce bordel, si la porte d'entrée ne venait pas de s'ouvrir la mère des filles était rentrée.

-Mon dieu ! s'exclama cette dernière en apercevant les dégâts. Qu'est-ce qu'il se passe ici ?
-Maman ! Kieran fait encore des siennes ! lança Naoko à l'intention de sa mère.

Soupirant, la première chose que la matriarche fit en rentrant fut de prendre sa plus jeune enfant de six ans dans ses bras pour la calmer. C'était toujours la même chose quand elle les laissait tous les trois à la maison, restait à savoir ce que c'était cette fois.

-Allons donc, qu'est-ce que vous avez encore fait ? Demanda-t-elle.
-Kieran m'a manqué de respect et m'a agressé, expliqua succinctement.
-Pour quelle raison ? demanda sa génitrice.
-Il est monté sur ses grands chevaux uniquement parce que j'ai proposé de l'emmener voir ses amis !

Passant la main dans ses cheveux, la chef de maison mit d'autorité Akiko dans les bras de la rouquine.

-Va coucher ta sœur, lui ordonna-t-elle. Je m'occupe de Kieran.

Se préparent mentalement à devoir négocier avec un adolescent en pleine crise de puberté, la mère se dirigea vers la chambre de ce dernier pour y toquer doucement. Aucune réponse ne vint, pas un bruit, ni même un mouvement de la porte. Elle frappa de nouveau contre le bois une minute plus tard.

-Kieran, l'appela-t-elle doucement, tu veux bien m'ouvrir s'il te plaît ?

Toujours aucun signe lui indiquant que le garçon l'avait entendue. Cependant, loin de se décourager, elle recommença encore une fois une minute plus tard, elle ne partirait pas tant qu'elle n'aurait pas au moins une manifestation de sa présence. Cela, le jeune brun l'avait parfaitement compris, adossé contre le mur, les genoux remontés contre sa poitrine, la tête enfouie dans ses bras. Il ne voulait pas répondre, il ne voulait pas lui ouvrir, il ne voulait voir personne ! Son silence n'était-il pas assez équivoque ?

Finalement, après un nouvel appel, il finit par shooter dans la première chose à portée de son pied, soit la poubelle. Il y mit tout sa force et cette dernière valsa contre le bureau dans un bruit qui résonna dans toutes la pièce, répandant au passage son contenu par-terre. Derrière la porte, sa tutrice se tendit et s'exhorta au calme, il ne lui fallait surtout pas rentrer dans la spirale de provocation qu'il allait tenter de mettre en place.

-Kieran, reprit-elle d'une voix calme, j'aimerais discuter avec toi. Ouvre s'il te plaît, lui demanda-t-elle encore une fois.

Cette fois ce fut un violent coup dans la porte qui lui répondit, indiquant une réponse clairement négative.

-La porte n'y est pour rien Kieran, ce n'est pas la peine de passer tes nerfs dessus, indiqua-t-elle tout de même –elle tenait au mobilier. Mon ange, reprit-elle, ouvre moi s'il te plaît.

Ce fut le mot de trop, celui qui le fit exploser, pour une raison inconnue. Il n'était pas un ange ! Et encore moins SON ange ! Des larmes de rage et d'amertume commencèrent à rouler sur ses joues, en même temps qu'il commençait à faire valser toutes ses affaires dans sa chambre. Oreiller, cahiers, lampe, livres, stylos, feutres, tiroirs... Tout ce qui lui passait sous la main volait à travers la pièce, et lorsqu'il n'eut plus rien sans devoir se baisser, c'est contre les meubles et les murs qu'il tourna sa colère.

Il envoya ses poings contre le bureau, ses genoux contre l'armoire, ses pieds contre le lit, sa tête contre le mur. Et pourtant, malgré la douleur, il n'en avait pas assez, il continuait à se faire mal, de plus en plus, ses lèvres s'ouvrant sur des cris silencieux.

-Kieran ! retentit la voix paniquée de sa tutrice. Kieran, je t'en prie arrête ! Calme-toi ! Tu vas te faire mal !

Mais c'était ce qu'il voulait justement ! Avoir mal ! Assez pour oublier, pour faire sortir ce souvenir de sa tête, ce cauchemar éveillé qu'il avait vécu. Il ne voulait plus voir la silhouette de son frère qui disparaissait dans les ténèbres, il ne voulait plus ressentir cet espoir de ne pas voir rêvé. Alors il espérait que s'il se cognait assez fort, il oublierait, il oublierait tout et pourrait reprendre sa vie d'avant.

-Naoko, appelle les pompiers ! hurla la mère depuis l'autre côté.


Bon en fait à la base le chapitre devait pas s'arrêter ici, mais continuer encore un loooooong moment. Sauf que c'était tellement long juste que j'ai décidé de le couper en deux °° Bon du coup j'dois en frustrer certains j'pense xD Mais dites-vous que la suite n'en sera que meilleure ~

N'hésitez pas à dire ce que vous en pensez en attendant la suite qui arrivera bientôt ~