Mór Bráthair
Chapitre 3 - Xanxus
Warning: T
Disclaimer : Reborn et ses personnages ne m'appartiennent aucunement, seul Kieran est ma propriété.
Bêta Reader : Keiyner
Résumé : "Dis Squalo, il est où grand-frère ?" "Il est tombé dans un congélateur..." Puis huit ans passèrent, et tout a dérapé...
Informations : Et le chapitre 3 donc ! Avec encore plus de sang ! D'ailleurs pensez à donner le vôtre, ça peut sauver des vies ~ Oui bon je sais, on est pas là pour ça ! Bon j'vais vous laisser à la lecture du chapitre alors, en espérant qu'il vous plaira ! Bonne lecture ~
Il ne sut vraiment combien de temps il avait passé à se cogner contre les murs, et la suite était assez floue dans sa tête. Il se souvenait vaguement d'une paire de bras, forte et masculine, qui l'avait agrippé pour l'arrêter, pour le protéger. Puis un timbre de voix grave qui lui avait parlé. De quoi ? Il n'en savait rien, il savait juste que ça lui avait un peu rappelé son père, quand il pleurait et qu'il le prenait dans ses bras pour le consoler.
Et maintenant il se réveillait dans une chambre d'hôpital, sous les premiers rayons du Soleil, sans être vraiment sûr de comment il était arrivé ici. Une chose était sûre en tout cas, le côté gauche de son crâne était couvert de pansements, ses mains entourées de bandages lui faisaient un mal de chien et il se payait un mal de tête carabiné. Il essaya de la tourner, mais se ravisa bien vite sous la douleur fulgurante qui embrasa sa nuque, le faisant grimacer.
-Kieran ? l'appela une voix douce à côté de lui.
Il bougea les yeux pour trouver sa source, mais n'eut pas besoin de chercher longtemps alors que sa tutrice apparaissait dans son champ de vision. Cette dernière affichait un air soulagé, penchée au-dessus de lui elle passait une main affectueuse dans ses cheveux pour le rassurer. Il ferma brièvement les yeux sous la caresse.
-Ça va ? lui demanda-t-elle. Comment te sens-tu ?
"Mal" mima-t-il avec ses lèvres.
-Ne bouge pas, je vais chercher une infirmière.
S'il n'avait pas été aussi mal, il aurait sûrement nargué l'ironie de sa phrase, non parce qu'au cas où elle avait pas remarqué, il était allongé sur un lit d'hôpital, couvert de pansements et avec accessoirement une armée de pivert qui avait décidé de faire leur nid dans son crâne ! Il doutait d'être en état pour courir un cent mètres... Soupirant, il ferma les yeux, tentant de bouger le moins possible jusqu'à l'arrivée d'une jeune femme en blouse blanche qui lui sourit gentiment.
-Bonjour, le salua-t-elle aimablement. Ta mère m'a dit que tu avais mal, tu pourrais me dire où ? lui demanda-t-elle.
Il aurait volontiers grogné et contredit le fait que non cette femme n'était pas sa mère, mais il s'abstint, il préférait éviter une nouvelle scène de ménage vu comment la dernière avait fini. Aussi montra-t-il simplement sa tête et ses mains pour lui faire comprendre où la douleur irradiait.
-Je vois, dit la jeune femme. Je vais aller te chercher un antidouleur, est-ce que tu es allergique à certains médicaments ?
Il secoua faiblement la tête en signe de négation, et après un dernier sourire réconfortant, l'infirmière repartie en quête des cachets salvateurs. La main de la mère de Naoko sur son bras le sortit de ses pensées et il posa un regard interrogateur sur elle.
-Dis moi Kieran, commença-t-elle un peu hésitante, tu te souviens de ce qu'il c'est passé hier soir ?
S'il s'en souvenait ? Il en avait les marques sur le visage et les mains ! Bien sûr qu'il s'en souvenait ! Sauf qu'il n'avait pas envie d'en parler, il ne voulait pas aborder le sujet, surtout vu le résultat désastreux. Il avait voulu oublier, mais il se souvenait toujours aussi clairement –finalement les dessins animés ne faisaient que mentir à propos de ça...ça ou alors il avait pas cogné assez fort. Sauf que la douleur lui passait légèrement l'envie de recommencer une telle prouesse.
"Non" mentit-il.
Il vit un éclat de tristesse passer dans les prunelles noires de la femme, mais ne dit rien, et n'eut aucun remords. Il y avait certaines choses qu'il refusait catégoriquement de partager avec la famille qui l'hébergeait, parce que c'était le genre de secret qu'on ne partageait qu'avec sa famille. Or il l'avait déjà bien assez répété : ils n'étaient pas de la même famille. Le retour de l'infirmière coupa court à toute suite de conversation et Kieran eut une lueur de reconnaissance devant la boîte de médicaments et le verre d'eau.
-Tiens, prend ça, dit-elle en lui tendant le verre et un médicament sortit de la boîte. Le docteur viendra te voir dans environ trente minutes pour voir si tout va bien, expliqua-t-elle. Et si c'est bon tu pourras rentrer chez toi, d'accord ?
L'adolescent acquiesça pour montrer qu'il avait compris, puis avala le cachet avec une grande lampée d'eau.
Finalement, il avait été assigné à résidence toute la journée, avec la consigne de se reposer, ayant été excusé auprès de son collège par le docteur. Ce dernier lui avait recommandé de rester au calme chez lui, et l'hôpital s'était chargé d'appeler l'établissement pour expliquer la situation. De fait, cloîtrer comme il était à la maison, il dut trouver à s'occuper, ce qui au final fut vite fait. Il n'eut qu'à poser un pied dans sa chambre pour savoir à quoi il allait passer sa journée.
La pièce où il dormait était devenu un véritable champ de guerre. Entre les feuilles, les livres et les débris qui jonchaient le sol, et les tâches de sang qui couvraient les murs et les meubles, on aurait aisément pu croire qu'une guerre mondiale s'était déroulée ici-même ! Puis un objet insolite attira son regard, posé à plat sur son bureau, c'était la seule chose véritablement intacte. Avec prudence, il s'approcha pour découvrir un cadre photo qu'il prit délicatement entre ses mains.
-C'est la seule chose à laquelle tu n'as pas touché, résonna la voix de sa tutrice dans son dos.
Il tourna brièvement la tête vers elle, avant de regarder plus attentivement le papier glacé sous-verre qu'il tenait entre ses mains. C'était une photo de famille, une vraie, celle avec laquelle il avait rompu –volontairement ou non. Assit sur un fauteuil, il y avait son père qui souriait doucement, ses bras reposant négligemment sur les accoudoirs. Il semblait totalement détendu. À sa droite se tenait son frère, debout, très légèrement en retrait derrière le siège du Neuvième. Ses yeux rouges semblaient fusiller le photographe d'oser capturer ainsi son image. Et puis il y avait lui, âgé d'environ quatre ans, juché dans les bras de Xanxus, agrippé à sa chemise, qui fixait l'objectif avec curiosité.
Derrière eux se trouvait une cheminée finement ouvragée, divers bibelots posés dessus. Il y avait une statue, un globe terrestre, des cadres photos, un vase avec des roses dont le rouge s'accordait parfaitement au teint cuivré des ornements. Le mur était beige et le parquet parfaitement lustré. Où c'était déjà ? Était-ce le manoir principal ou celui où ils avaient l'habitude d'aller pendant les vacances d'été ? Il ne s'en rappelait même plus. Est-ce ça avait changé ? S'il y allait aujourd'hui, est-ce qu'il reconnaîtrait l'endroit où il avait grandi ?
Il passa distraitement un doigt bandé sur le verre, et un frisson remonta le long de son dos. Il ressentit subitement le besoin de se blottir dans les bras de son père, et il aurait aimé que ce dernier soit là pour pouvoir le prendre contre lui et le rassurer, comme quand il était petit. Il prit une grande inspiration et ferme les yeux, resserrant ses doigts sur le cadre en bois. Toutes ses défenses s'effritaient pour commencer à tomber une à une, ce qu'il avait mis des années à ériger dans l'espoir de se protéger était en train de se désagréger en quelques jours seulement. Et tout ça à cause de quoi ? Une simple vision, un simple rêve ? Il fallait qu'il tire cette histoire au clair, et il se promit que c'est ce qu'il ferait, d'une manière ou d'une autre, il réussirait à coincer Sasagawa pour lui faire cracher le morceau à propos de cette fameuse nuit !
Lorsqu'il rouvrit les yeux, son regard était décidé, et il reposa tranquillement le cadre photo sur le bureau avant de se tourner vers le reste de la pièce. Pour l'heure il avait du pain sur la planche, il n'aurait pas de trop de toute la journée pour remettre sa chambre en ordre. C'est à ce moment précis que sa tutrice le sortit de ses pensées en ramenant le balai et un sac-poubelle.
-Je vais t'aider, lui dit-elle doucement.
Kieran secoua vigoureusement la tête en signe de refus, c'était à lui de le faire, et à personne d'autre. Parce que ranger la pièce où l'on dormait, c'était un peu comme se ranger soi-même, remettre tout en ordre, dans sa tête et dans son cœur. Peut-être l'eut-elle comprit, ou peut-être ne voulut-elle simplement pas le contrarié, mais en tout cas, elle respecta son choix.
-Si tu as besoin de quoi que ce soit, demande-moi.
Puis elle le laissa seul lorsqu'il commença à s'atteler à la tâche.
-Non désolé, je n'ai eut vent d'aucun tournoi de sumo, même privé.
S'inclinant pour remercier son interlocuteur, l'adolescent reprit son chemin, rayant le nom du dojo de sa liste. C'était le quatrième et toujours aucune piste sur le pseudo tournois de sumo. Bon, il n'y croyait pas trop à cette piste, mais c'était la seule qu'il avait et qu'il pouvait suivre en espérer remonter la piste aussi discrètement que possible. Mais il s'avérait qu'il allait lui falloir opter pour une approche plus frontale. Un petit soupir passa la barrière de ses lèvres en même temps qu'il passa une main dans ses cheveux, la nuit commençait à tomber et il allait devoir rentrer, sans quoi la famille qui l'hébergeait allait s'inquiéter.
C'est donc un peu dépité qu'il prit le chemin de l'appartement, réfléchissant néanmoins à un plan de secours. Il ne pouvait décemment pas aller voir Sasagawa et lui demander de but en blanc s'il avait menti et ce qu'il en était de ce faux tournois de sumo. Il pourrait peut-être le suivre ? Mais cela voudrait dire ne pas rentrer et il prendrait le risque de se faire pincer, il aurait l'air malin tiens s'il devait s'expliquer sur le pourquoi du comment ! Tout à coup, la solution lui apparut ! Mais bien sûr, s'il ne pouvait demander directement au concerné, il pouvait très bien demander à quelqu'un de son entourage !
La sœur de son camarade de classe était au courant, et pensait sans doute réellement qu'il participait à un tournoi de sumo. Elle saurait peut-être où se déroulait ce fameux tournoi ! Il lui faudrait néanmoins trouvé un stratagème pour l'approcher et arriver à parler du tournoi sans éveiller ses soupçons. Il y songea durant tout le chemin du retour, et mit un plan en place dans sa tête. De toute façon, au point où il en était, soit ça passait, soit ça cassait. Il avait vraiment trop attendu, il lui fallait tenter le tout pour le tout.
-Alors ce verre entre amis ? lui demanda la sœur aînée lorsqu'il fut rentré.
"Tranquille" répondit-il.
-Viens vite te mettre à table, l'appela la mère de la rouquine. C'est meilleur quand c'est chaud !
Le jeune brun vint donc s'attabler avec la famille pour déguster ses yakisoba tout en écoutant le débat animé entre Naoko et sa mère à propos d'un drama qu'elle suivait attentivement toutes les deux. Autant dire qu'à la fin du repas, il prit la fuite en direction de sa chambre, non parce que la discussion pour savoir qui de Akira ou Jin ferait un meilleur petit ami pour Miki, c'était pas vraiment sa tasse de thé ! Sauf qu'il eut à peine le temps de commencer à filer qu'il se fit interpeller par sa tutrice pour changer ses pansements.
"Je peux le faire tout seul" tenta-t-il.
-A deux on ira plus vite, Akiko, aide ta sœur à débarrasser ! indiqua la femme, avant de l'entraîner vers la salle de bain.
Avec savoir faire, elle décolla le sparadrap avant de soulever avec douceur les compresses qui servaient de pansement.
-Alors, voyons voir ça, dit-elle en se retournant pour attraper des compresses et du désinfectant.
Kieran de son coté se pencha vers le miroir, tournant la tête sur le côté pour observer sa blessure. Les plaies étaient encore bien ouvertes, mettant la chair de sa tempe à vif –il ne s'était pas raté en tout cas ! Au moins le sang coulait déjà nettement moins, même si ça gardait un étrange côté...suintant ? Ouais un truc dans l'genre, en tout cas c'était moche et ça allait mettre encore plusieurs jours à guérir ! Il fit une grimace qui ne passa pas inaperçue à son infirmière du moment.
-Le docteur a dit que la cicatrice s'atténuerait avec le temps, lui dit-elle avec un sourire réconfortant.
"Je m'en fous" répondit-il. "C'est juste que ça fait encore mal" ajouta-t-il devant l'air interrogateur de sa soigneuse.
Et c'était vrai, il s'en foutait de la cicatrice, mais il avait encore besoin d'antidouleurs par moments, sans quoi il restait certain que sa tête allait exploser et qu'une nuée de piverts en sortirait ! Enfin, lorsque ses soins furent terminés, il put se réfugier dans sa chambre, peaufinant son plan dans sa tête. Il n'y avait plus qu'à espérer que tout se passe bien et il devrait finir par avoir ses réponses. Cependant, lorsqu'il se rendit au collège le lendemain, un étrange pressentiment le tenailla : Sawada était de retour à l'école et c'était le seul qui ne semblait pas blessé par rapport aux autres. Il ne savait trop quoi en penser...
Plusieurs solutions s'offraient à lui, la première –et la plus plausible selon lui– étant qu'un groupe de mafieux, ou autre gang mécontent, leur soit tombé dessus et que cet idiot de Tsunaze se soit caché en laissant les autres le protéger. Après tout cet abruti de Gokudera semblait parfaitement enclin à se jeter sur le premier venu qui insultait de près ou de loin son "Dixième du Nom". Pour peu qu'il s'en soit prit à ceux qu'il ne fallait pas chercher et ça expliquerait bien des choses ! La deuxième solution était que quelqu'un leur tombe dessus un par un, ce qui serait parfaitement normal et dans la nature des hors-la-loi à plusieurs sur un collégien ils avaient toutes les chances de lui péter le nez, les deux bras et les jambes !
La moins probable de toute était qu'ils participent réellement à un tournoi de sumo. Auquel cas Sasagawa était une véritable tanche dans ce sport pour se péter un bras, de même pour Yamamoto qui avait failli avoir un œil en moins et Gokudera qui était couvert de brûlures... Ou alors c'était un style particulièrement violent... Ou bien un style qui autorisait tout et n'importe quoi comme arme, mais dans ces cas-là on appelait plus ça se foutre sur la gueule dans les règles de l'art plutôt qu'un combat de sumos.
Kieran laissa son front retomber sur son bureau, avant se relever précipitamment en se tenant la tempe où il était blessé, une expression de pure douleur sur le visage. Putain, toute cette histoire allait vraiment finir par avoir sa peau !
-Hisamatsu, ça va ? lui demanda un camarade.
Non, il avait mal, ça se voyait pas ? Il fit néanmoins un signe du pouce pour dire qu'il gérait la situation, avant de prendre un cachet d'antidouleur, parce qu'il sentait qu'il allait en avoir besoin aujourd'hui.
Le soir venu, il rentra tranquillement chez lui pour dîner, supposant que si personne n'avait entendu parler d'un quelconque tournoi, ou même entendu de bruit de bagarre, c'était que ça devait se passer tard dans la nuit, peut-être dans un entrepôt ou en périphérie de la ville. Dans ce cas, il lui fallait une indication précise pour accéder au lieu du combat et seule une personne au courant pouvait les lui donner, et il espérait de tout cœur que Sasagawa Kyoko serait cette personne ! Ainsi, une fois le repas terminé, il s'enferma environ un quart d'heure dans sa chambre, faisant mine de réviser ses cours, avant de ressortir pour aller voir sa tutrice installée devant la télé. Il prit un air gêné en se mordillant les lèvres et fit mine d'hésiter avant de se lancer lorsqu'elle lui envoya un regard l'encourageant à prendre la parole.
"Je viens de m'apercevoir que j'ai oublié de demander des explications sur un cours à un camarade"lui expliqua-t-il.
-Oh, je vois, dit-elle. Est-ce que c'est important ? lui demanda-t-elle.
"Il est fort possible que notre professeur nous interroge dessus lundi"indiqua-t-il.
-En effet, c'est embêtant, tu pourras les lui demander demain, proposa-t-elle.
"Demain c'est dimanche on aura pas cours"
-Tu sais où il habite ?
"Oui mais je crois qu'il sera en sortit avec sa famille" mentit-il une nouvelle fois. "J'aurais aimé y aller ce soir pour lui demander comme ça je serais tranquille"
-Je vois...à une condition, céda finalement sa tutrice. Naoko t'emmène en voiture.
Argh, voilà qui contrariait ses plans, il ne voulait surtout pas d'un chaperon ! Sans quoi il ne pourrait parvenir à ses fins ! Or il sentait que ça devait être ce soir ou jamais.
"Mais ça pourrait prendre du temps je pensais qu'on aurait pu en profiter pour réviser le cours ensemble" tenta-t-il.
Sa tutrice haussa un sourcil, elle se doutait de quelque chose, c'était certain, après tout elle avait déjà élevé une adolescente, donc les coups tordus elle devait connaître ! Cependant, elle céda avec le sourire, secouant légèrement la tête, un peu amusée. Les adolescents et leurs cachotteries ! Sûrement allaient-ils parler de filles, peut-être même avaient-ils prévu le coup à l'avance ! En tout cas, le résultat fut qu'elle l'autorisa à sortir.
-Tu préviendras Naoko quand vous aurez terminé, elle reviendra te chercher, donc ne finissez pas trop tard !
"Merci" fit-il avec un sourire heureux sur le visage.
Il repartit illico dans sa chambre pour attraper un sac dans lequel il mit quelques affaires, parce que ça semblerait étrange qu'il aille réviser sans ses cahiers ! Sauf que ce qu'il mit ne furent pas ses cours, mais ses cahiers de dessins, sa trousse de crayons, ainsi que le livre qu'il lisait en ce moment pour alourdir le sac et faire semblant qu'il emmenait tout un barda. Cependant, avant de sortir, ses yeux se posèrent sur la photo de famille qu'il avait épargnée dans sa rage destructrice l'autre jour. Revenant sur ses pas, il la prit dans ses mains et ressentant l'étrange besoin de la prendre avec lui, il défit le cadre et la glissa dans la couverture de son livre. Comme ça, il avait l'impression que son frère et son père étaient un peu avec lui, lui donnant le courage nécessaire pour ce qui allait suivre.
Attrapant alors un sweat, Kieran sortit pour rejoindre Naoko qui l'attendait dans l'entrée déjà prête. Il enfila ses baskets en quatrième vitesse et suivit l'aînée à l'extérieur. Cette dernière lui lança un regard complice, elle était déjà passé par-là et comprenait parfaitement ce que pouvait ressentir son cadet. Sa mère lui avait par ailleurs fait la morale à ce propos, et quand le jeune brun s'était opposé à elle, c'était sûrement parce qu'ils allaient parlaient entre garçons, et donc les filles n'étaient pas conviées. Ramené sa "sœur" aurait été très mal perçu et aurait mit tout le monde mal à l'aise.
Cependant d'après le médecin, ce n'était pas ça qui avait put déclencher sa crise de rage le poussant à se mutiler, la dispute n'avait fait qu'allumer la mèche. Quelque chose d'autre couvait, mais le plus jeune refusait de leur en parler, et d'après sa psychologue il ne valait mieux pas le forcer, mais le laisser venir de lui-même. Ça finirait forcément par éclater au grand jour, il leur fallait juste être patientes et laisser le brun choisir le moment opportun pour tout leur avouer.
Le chemin fut assez rapide et sur fond musical de boys band en vogue, enfin Kieran fut devant Sasagawa et Naoko repartit rapidement derrière. Bien ! Le moment de vérité approchait et le jeune garçon respira profondément pour calmer la fébrilité qui montait en lui, avant d'aller sonner à la porte d'entrée. Coup de chance, ce fut la jeune Kyoko qui vint lui ouvrir ! Il lui sourit gentiment en faisant un signe de la main pour la saluer, avant de sortir son portable pour pianoter rapidement dessus.
Bonsoir, je cherche Sasagawa Ryohei
-Ah ! Bonsoir ! Je suis désolé Ryohei n'est pas là, indiqua-t-elle.
Bingo ! Il devait sûrement être à son pseudo tournoi, restait à savoir si sa sœur savait où ça se déroulait !
Zut ! J'ai oublié de lui demander un cours et ça m'embête car demain j'ai une sortie en famille...
Du coup je ne pourrais pas lui demander...
-Je comprends, mais je ne sais pas du tout à quelle heure il va rentrer, je suis désolée.
Ce n'est pas grave. Tu saurais peut-être où il est ?
Comme ça je pourrais aller lui demander directement !
-Hé bien, je crois qu'il est à un tournoi de Sumo Hight Bride sur ring.
Et là, Kieran fut partager entre deux sentiments, celui d'être considérablement impressionné par la naïveté profonde de cette jeune fille, ou alors avoir pitié de sa crédulité à toute épreuve. Il évita de peu le facepalm.
Du Sumo Hight Bride sur Ring ? Ça a l'air intéressant je ne connaissais pas du tout !
Tu sais où c'est ? Je serais curieux de voir ça !
-Hm, ils font ça au sein de notre collège. Mais je ne sais pas s'ils te laisseront rentrer facilement, moi-même j'ai dû être accompagné pour pouvoir rentrer !
Bah, je verrais bien, au pire je pourrais l'attendre dehors !
Merci beaucoup !
-De rien ! Bonne chance pour trouver mon frère !
Le jeune brun lui fit un signe de la main avant de commencer à s'en aller, avant de s'arrêter une fois qu'il eut entendu la porte se fermer. Cette fois, il ne résista pas au facepalm. Sérieusement ? Ils étaient en train de se foutre dessus au collège ?! Non mais franchement c'était quoi cette histoire de dingues ? Et comment ça se faisait que personne ne s'était plaint du bruit hein ? Secouant la tête, Kieran finit par se mettre en route en direction du collège, y allant en petites foulées pour y être plus vite –avoir fait de l'athlétisme ça aidait ! Ça ne servait à rien de tergiverser, il aurait les réponses une fois sur place !
Il ne savait plus quoi penser. Aucun son ne parvenait du collège et tout semblait parfaitement normal, pas un seul bruit de combat. Il fit le tour complet, mais rien ne lui indiqua qu'un quelconque tournoi ou règlement de comptes était en train de se passer. Donc soit la sœur de Sasagawa lui avait menti, soit il se passait des choses vraiment étranges dans cette ville. Dans tous les cas, il ne perdait rien à tenter de pénétrer à l'intérieur, hormis se faire mordre à mort s'il se faisait choper ! Et rien que cette pensée aurait pu suffire à le dissuader en d'autres circonstances.
Sauf que justement, les circonstances n'étaient pas normales, aussi prit-il une grande inspiration avant de prendre son courage à deux mains et de tenter une entrée. Sauf qu'il ne réussit même pas à mettre un pied dans l'enceinte qu'une ombre apparut devant lui, le faisant reculer de peur. La silhouette se révéla être un homme imposant, qui le toisa de haut, le faisant reculer un peu plus.
-T'es qui avorton ? lui lança-t-il.
L'homme, habillé d'un long manteau noir –un fan de Matrix ?– fit un pas vers lui, et la première réaction de Kieran fut de choper ce qui lui passa en premier sous la main, à savoir une branche d'arbre ! Bon ok, y'avait mieux comme arme, mais c'était déjà ça ! Et de toute façon il ne se rendrait pas sans se battre, bien résolu qu'il était à avoir ses réponses. Ses mains se resserrèrent sur le morceau de bois.
-Oh, oh, tu veux te battre ? fit son adversaire en dégainant une épée. Intéressant, voyons voir en combien de secondes je te tue...
Sauf que l'homme n'eut jamais le temps de savoir alors qu'un boulet géant venait de l'envoyer valser plus loin. Pétrifié, le jeune brun ne put bouger alors qu'un autre homme approchait, plus élancé que la montagne de muscles, mais qui semblait au moins dix fois plus fort. Là c'était certain, il allait mourir...
-Tu ne devrais pas être ici petit, lui dit-il.
Toujours immobile, Kieran observa le nouvel arrivant, habillé d'un costume, les cheveux courts et coiffés en arrière. Son visage fin et anguleux faisait penser à un serpent, pourtant, quelque chose dans ses yeux lui indiqua qu'il n'avait rien à craindre de cet homme-là. Soudain détendu, le jeune garçon se laissa tomber à terre, ses jambes légèrement flageolantes.
-Rentre chez toi, lui intima-t-il de nouveau avant de se détourner en direction du collège.
Puisant dans sa volonté, l'adolescent retrouva un regain d'énergie qui lui permit de se remettre sur ses pieds et de rattraper son sauveur pour agripper sa veste. Ce dernier le regarda étonné de sa réaction, et encore plus de son regard à la fois suppliant et décidé. Il le regarda sans comprendre sortir un téléphone de sa poche pour écrire rapidement dessus –on sentait l'habitude.
Il faut que je rentre à l'intérieur.
Aidez-moi s'il vous plaît !
-C'est extrêmement dangereux là-dedans tu sais. Pourquoi veux-tu y aller ?
Je dois voir quelqu'un.
-Pourquoi ?
Pour savoir la vérité.
Et son regard était tellement décidé que Lancia sut que rien n'arrêterait ce collégien. Qu'il l'aide ou non, il pénétrerait au sein de l'établissement scolaire, donc autant limiter les dégâts et le protéger en l'aidant.
-Reste près de moi, lui ordonna-t-il.
Ils pénétrèrent alors ensemble dans le monde à part du collège Namimori. La première chose qui frappa alors le plus jeune fut les dégâts impressionnants qui s'étalaient tout autour de lui. Bordel, la troisième guerre mondiale avait été déclarée au sein de leur école ou quoi ? Il fallait au moins un tank pour faire de tels dégâts ! Encore qu'il venait de voir un type manipuler un boulet géant comme s'il eut s'agit d'un bilboquet... De vieux souvenirs d'enfances commencèrent alors à remonter dans son esprit, très flous, comme celui de son frère qui faisait apparaître des flammes dans ses mains. Était-ce seulement possible ?
Instinctivement, le brun se rapprocha du mafieux, alors que des éclats de voix leur parvenaient sans qu'il ne parvienne encore à les différencier ou même à comprendre ce qu'elles disaient. C'est en tout cas dans cette direction que se dirigea son protecteur, et il le suivit, nul doute que les réponses à ses questions étaient là-bas. Cependant, quand ils arrivèrent au coin d'un bâtiment, il se figea devant la scène qui se dévoila. Des collégiens, un bébé, des femmes, et des hommes semblaient être en train de livrer un combat. Putain, il se passait quoi ici ?
Puis soudainement, ses yeux se posèrent sur lui et le reste du monde sembla disparaître à ses yeux. Il n'entendit pas Lancia lui ordonner de rester à l'abri, pas plus qu'il ne le vit se lancer dans la bataille. Il ne voyait plus que lui.
Il était allongé à même le sol, une flaque de sang se répandant peu à peu autour de lui. Sa chemise elle-même semblait virer lentement du blanc au rouge, lui collant à la peau non plus seulement à cause de la sueur. Seule sa cravate semblait indemne et volait au gré de la brise de la nuit. Des larmes commencèrent à apparaître au coin de ses yeux. Était-ce un nouveau rêve ? Un cauchemar ? Allait-il se réveiller dans quelques secondes pour découvrir que tout était faux ? Lentement, il commença à avancer, ayant peur que tout parte soudainement en fumée.
Il ne voulait pas se réveiller, pas encore, pas de suite. Juste encore un peu, s'il vous plaît, par pitié...
-TOUS ! JE VOUS MAUDIS TOUS !
Son hurlement lui glaça le sang, le faisant trembler. Non. Il ne pouvait pas le maudire lui. Il était là, il devait lui faire savoir, il devait l'appeler.
"Xanxus"
Ses lèvres bougèrent, mais aucun son ne sortit de sa gorge. Les larmes commencèrent à couler le long de ses joues. Il en avait tellement rêvé. Il recommença.
"Xanxus"
Encore.
"Xanxus"
Et encore.
-...us...
Et encore.
-...an...
Quelqu'un au loin sembla alors remarquer sa silhouette tremblante qui avançait avec hésitation. Kieran planta ses yeux bleus dans les siens marrons. Déterminé. Ce n'était pas son kohai qui hurlerait sa présence, ça serait la voix de son aîné qui résonnerait à travers tout le collège, toute la ville même s'il le fallait ! La respiration du brun s'accéléra à la limite de l'hyperventilation, le châtain ouvrit la bouche. Et quelque chose se brisa, s'ouvrir, sa gorge se dénoua, ses cordes vocales reprirent vie pour un instant.
-XANXUS !
Le hurlement retentit à travers toute la cours, les stoppant tous, et chacun tourna la tête vers la frêle stature du brun. Ils ne découvrirent qu'un collégien aux yeux bleus avec de courts cheveux noirs, plus long sur sa nuque, habillé d'un jean et d'un sweat à capuche noire avec l'effigie d'un corbeau dessus. Chaussé de simples baskets, un sac à dos venait compléter sa tenue vestimentaire. Si l'un vit là un camarade de classe, d'autres ne virent que l'apparition d'une nuit, le reste ne vit qu'un simple ados suicidaire qui ne devrait pas être là.
Sortant brusquement de sa léthargie, le jeune brun se précipita soudainement en direction de son frère. Les larmes continuaient à couler le long de ses joues, lui brouillant légèrement la vue. Pourtant il évita sans soucis la femme qui tenta d'arrêter sa course, il repoussa Lancia avec une force qu'il ne se connaissait pas. Personne, personne ne l'empêcherait de le rejoindre cette fois ! Et avant même qu'on ne puisse songer à l'arrêter de nouveau, il dérapa habilement au côté de son frère tout en s'agenouillant –il pouvait dire adieu à son jean et bonjour à une série d'égratignures !
-Ce gosse est taré, s'éleva une voix.
Mais il n'y fit pas attention, concentrer sur son frère, et plus particulièrement sur les blessures et les cicatrices qui jalonnaient son corps. Il n'était pas certains de la façon dont il fallait agir, ses mains ne pouvant que s'agripper à la chemise sans savoir de ce qu'il convenait de faire. Il tourna alors la tête, plongeant dans un regard grenat qu'il ne pensait plus jamais revoir.
Xanxus grogna d'abord sous le hurlement, et encore une fois quand la personne à l'origine d'un tel taux de décibels fut à côté de lui. Qu'est-ce qu'il lui voulait ce déchet ? Comment connaissait-il son nom ? Et d'où il s'agrippait à sa chemise comme à une bouée de sauvetage ? Il tourna alors la tête dans le but d'invectiver cette misérable chose, lorsqu'il plongea dans un regard de ciel d'été. Ses yeux, il les connaissait.
"Grand frère"
Aucun son ne sortit de la bouche du jeune garçon, mais il les comprit parfaitement. Pour avoir maintes et maintes fois vu et entendu les mêmes sur les lèvres d'un petit garçon de sept ans. Et un visage se superposa sur celui de l'adolescent, en même temps qu'un rire d'enfant montait dans son esprit. Ses yeux s'écarquillèrent légèrement de surprise, en même temps qu'il porta une main sur la joue du plus jeune. Parce qu'il n'y avait qu'une seule personne pour l'appeler comme ça...
-Kieran ?
Aaaah, je sais pour vous, mais j'aime bien ce genre de petit cliffhanger x) Les deux frangins se retrouvent enfin après huit ans de séparation ! Alors à votre avis qu'en penses Xanxus ? Et les autres ?
Hésitez pas à donner votre avis sur la/les questions !
