Bonjour,
Merci à toutes les personnes qui ont laissé une review, ont ajouté cette histoire à leurs alertes et / ou favoris, où ont tout simplement pris le temps de lire.
J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira.
Bonne lecture,
Perhentian
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Chapitre 2 – Août 1998
Hermione avait été particulièrement angoissée ces derniers jours. Elle n'avait pas parlé de ce qui lui était arrivé, ni à ses amis, ni à ses parents, mais cela la travaillait. Tyler Greengrass avait été particulièrement étrange, et elle était quasiment sûre qu'il lui avait fait quelque chose à un moment, lorsqu'elle s'était sentit soudainement plongée dans une étrange torpeur, même si elle ne savait pas comment l'expliquer.
Elle avait aussi l'impression d'avoir revu la Rolls-Royce noire au coin de certaines rues, et si à chaque fois qu'elle se retournait elle se rendait compte que c'était finalement une autre voiture, elle ne parvenait pas à se sentir complétement détendue non plus. Elle n'avait jamais été particulièrement peureuse. Étant enfant unique, elle avait en effet rapidement pris l'habitude de rester seule à la maison, en journée comme en soirée. Cette rencontre étrange semblait pourtant avoir déclenché sa paranoïa.
En plus de cela, sa rentrée approchait de plus en plus et elle commençait à sérieusement angoisser. Serait-elle à la hauteur de la prestigieuse université d'Oxford ? En avait eu le temps de lire beaucoup de livres sur le programme qu'elle devait suivre, mais elle ne savait pas si ce serait suffisant pour se mesurer aux autres élèves. Certes elle avait été la meilleure élève de son lycée, mais Oxford ne regroupait que les meilleurs élèves, et elle avait peur de ne pas être au niveau. Il y avait encore un ou deux livres du cursus qu'elle n'avait pas totalement compris et il fallait absolument que ce soit le cas avant le début des cours, sinon elle serait déjà en retard. Avant même la rentrée. Ou comment être certaine d'échouer son année.
Le mercredi 26 août, Hermione était ainsi plongée dans l'un de ses livres pour Oxford, celui sur la théorie des ondes électromagnétiques, lorsqu'elle entendit la porte d'entrée s'ouvrir et quelqu'un entrer dans la maison. Elle se demanda un instant pourquoi sa mère ou son père rentraient si tôt du travail. Il n'était même pas six heures de l'après-midi et ils restaient souvent bien plus tard au cabinet. Elle fut aussi surprise de ne pas entendre le rituel "Je suis rentrée Hermione" que l'un ou l'autre disait toujours en arrivant.
– Maman ? Papa ? lança-t-elle dans le vide.
Il n'y eu aucune réponse et elle se demanda si elle n'avait pas rêvé le bruit d'ouverture de la porte. Décidant d'en avoir le cœur net, elle nota la page de son livre où elle s'était arrêtée sur son brouillon, posa son stylo, et se leva de sa chaise. Lorsqu'elle arriva dans le salon, elle sursauta en voyant un homme brun et pâle, vêtu d'une longue cape debout dans l'entrée. Elle était pourtant certaine d'avoir fermé la porte à clé, et elle trouvait étrange de rentrer chez des gens sans y être invité. Peut-être était-ce un bon ami de ses parents qu'elle ne connaissait pas ?
– Bonjour, fit-t-elle poliment. Vous cherchez mes parents ?
– Tu es Hermione Granger ? demanda l'homme.
– Oui, c'est bien moi, fit prudemment Hermione. Que voulez-vous ?
L'homme ne répondit pas mais un sourire satisfait étira ses lèvres et Hermione sentit son cœur se mettre à battre un peu plus vite. La pensée qu'il s'agissait d'un cambrioleur lui traversa la tête, mais le plus alarmant était que cet homme connaissait son nom. Il la fixa sans ciller et elle recula d'un pas, tous ses sens en alerte. L'homme s'avança, son regard rivé sur le sien, et d'un mouvement brusque elle se précipita dans la cuisine, fermant fébrilement la porte à clé derrière elle. Elle allait se jeter sur le téléphone fixe qui trainait dans un coin lorsqu'en se retournant elle percuta un autre homme, planté stoïquement au milieu de la pièce.
Complètement affolée, elle recula par reflexe, et se heurta à un plan de travail derrière elle. Elle entendit alors avec effroi la porte de la cuisine s'ouvrir – elle l'avait pourtant fermée à clé à l'instant – et le premier homme rejoignit le deuxième. Son regard circula frénétiquement de l'un à l'autre et elle avait l'impression que son cerveau tournait dans le vide pour essayer de trouver une solution. Lorsqu'ils commencèrent à s'approcher d'elle, elle se retourna brusquement et saisit l'un des couteaux de cuisine sur le présentoir. Elle n'eut pas le temps de se retourner pour de nouveau faire face aux hommes que l'un d'entre eux attrapa son poignet.
Elle cria et essaya de se dégager mais la poigne de l'homme était beaucoup trop serrée. Elle ne s'était jamais sentie aussi paniquée et elle avait l'impression que son cœur allait sortir de sa poitrine tellement il battait fort.
– Lâchez-moi ! hurla-t-elle.
Elle réussit à donner un coup de pied à l'homme qui grogna et lui lâcha le bras. Mais l'autre homme la fit pivoter et la plaqua brutalement face à l'un des murs de la cuisine. Elle lâcha le couteau qu'elle tenait toujours sous le choc et l'homme en profita pour attraper ses deux mains dans son dos. Malgré ses efforts pour reprendre le contrôle de ses bras, Hermione ne put les dégager et sentit une corde s'enrouler étonnamment vite autour de ses poignets.
– Au secours, hurla-t-elle de toutes ses forces.
Elle n'était pas sûre que qui que ce soit puisse l'entendre crier depuis la maison mais elle était complétement terrorisée.
– Tais-toi, ordonna l'homme qui la maintenait en lui cognant violement la tête contre le mur au passage.
Hermione eut l'impression que la cuisine s'était mise à tourner autour d'elle.
– Antonin, fait lui toucher le portoloin, fit l'autre homme.
Hermione essaya de se débattre, comprenant que quoi que soit l'étrange « portoloin » qu'ils voulaient lui faire toucher cela ne servirait pas vraiment ses intérêts, mais elle ne put réussir à se libérer, et la douleur lancinante qui grandissait dans sa tête ne l'aidait en rien.
Un objet froid entra en contact avec ses mains et elle eut soudainement la sensation d'étouffer et de voir flou. Pendant un instant elle se demanda si c'était à cela que ressemblait le fait de mourir. Lorsque la sensation d'étouffement s'arrêta, elle aspira goulûment de l'air, ayant l'impression de revivre. La pression sur ses bras se relâcha et elle tomba sur le sol, ses jambes tremblantes ne la portant plus. Elle se redressa aussi vite qu'elle put avec les mains attachées dans le dos et elle se rendit alors compte avec effarement qu'elle n'était plus du tout dans la cuisine de sa maison, mais dans une pièce qu'elle était sûre de n'avoir jamais vu avant.
– Qu'est ce qui se passe ? Qui êtes-vous ? demanda-t-elle aux deux hommes devant elle. Qu'est-ce que vous me voulez ?
Aucun des hommes ne prit la peine de lui répondre. Alors qu'Hermione allait de nouveau les apostropher, ils bougèrent légèrement et disparurent juste devant ses yeux. Sous le choc elle resta complètement figée, se disant qu'elle était en train de devenir complètement folle. Ce n'était pas possible de se déplacer instantanément de sa cuisine à une pièce inconnue. Ce n'était pas possible de disparaître en un instant. Elle resta quelques secondes sans bouger, son cerveau refusant d'analyser la situation.
Puis son esprit pragmatique reprit le dessus et elle se secoua, observant autour d'elle. Elle était dans une pièce avec une seule porte, et une fenêtre donnant sur une étendue d'herbe puis une forêt. Elle cligna des yeux en voyant la forêt. Ses parents habitaient au cœur de Londres, comment pouvait-elle maintenant se trouver au milieu d'une forêt ? Est-ce que ses ravisseurs l'avaient droguée sans qu'elle ne s'en rendre compte ?
Mais ce qu'elle voyait devant elle lui semblait très réel, et malgré sa tête qui lui faisait un peu mal elle n'avait pas l'impression d'être sous l'emprise d'une quelconque substance illicite. Elle devait être au premier ou deuxième étage d'une maison. Dans ce qui devait être une chambre, avec un lit, une table et une chaise, ainsi qu'une grande armoire.
Une vague de panique monta en elle. Elle ne savait pas ce que ces hommes lui voulaient. Elle ne comprenait pas comment ils avaient pu entrer chez elle, ni comment ils avaient fait pour l'amener là où elle était maintenant. Mais elle comprenait qu'il fallait absolument qu'elle sorte de cet endroit si elle ne voulait pas découvrir pour quelle désagréable raison elle avait été enlevée.
Hermione essaya d'abord d'ouvrir la porte, attrapant avec difficulté la poignée entre ses mains liées, mais elle était visiblement verrouillée. Elle tira aussi fort qu'elle put dessus, puis se jeta sur la porte sans la faire ne serait-ce que frémir. Elle fouilla ensuite dans les tiroirs du bureau, sans trouver quoi que ce soit d'intéressant, avant de reporter son regard sur l'armoire. Les portes en bois étaient en effet ornées de miroirs, et quoi de mieux qu'un morceau de miroir pour trancher la corde qui maintenait solidement ses mains ?
Hermione s'approcha de l'armoire, ferma les yeux et se jeta de toutes ses forces sur le miroir. Elle dut s'y reprendre à trois fois avant de réussir à faire apparaître une fissure dessus. La quatrième fois l'un des miroirs explosa dans un fracas épouvantable, lui entaillant au passage l'épaule. Elle grimaça de douleur, mais eut tout de même un sourire satisfait en voyant le miroir brisé par terre. Elle laissa passer quelques secondes, au cas où qui que ce soit ait entendu le bruit, mais personne ne vient. Elle s'empara alors précautionneusement d'un morceau de miroir et s'appliqua à le frotter contre ses liens.
Cependant, elle eut beau s'acharner dessus pendant quelques minutes, cela ne donna aucun résultat. Se regardant dans le miroir encore entier sur l'armoire, elle vit avec surprise que la corde retenant ses mains n'était même pas entaillée. D'ailleurs, en se contorsionnant légèrement elle avait l'étrange impression qu'il n'y avait pas non plus de nœud sur la corde. Dubitative, elle s'approcha du lit, et fit glisser le bout de miroir dessus, qui entailla pourtant résolument les draps.
Laissant tomber le miroir, elle tenta alors la dernière possibilité qui lui venait en tête : grimpant sur une chaise pour avoir les mains au bon niveau, elle entreprit d'ouvrir la fenêtre. Elle laissa échapper un cri de joie en sentant celle-ci s'ouvrir. Mais sa joie s'estompa vite lorsqu'elle ne put s'asseoir sur le rebord. Elle ne comprit pas au début ce qui la bloquait, avant de conclure que rien ne la bloquait, rien de visible en tout cas, mais qu'aucune partie de son corps ne pouvait traverser la fenêtre, alors qu'elle pouvait sentir la brise venant de dehors.
Sa dernière idée n'ayant rien donné, Hermione commença à paniquer de plus en plus, son cœur tambourinant contre la poitrine, et son épaule l'élançant douloureusement. Les enlèvements avaient toujours été une notion abstraite pour elle. De tristes faits divers à la télévision. Elle n'aurait jamais pensé qu'elle puisse elle se faire enlever, et encore moins depuis chez elle. Les dernières histoires qui étaient passés à la télévision lui revinrent en tête. Un corps brûlé retrouvé dans un bois. Un cadavre flottant dans une rivière. Un corps mutilé dans une cave.
– Réfléchi Hermione ! se morigéna-t-elle. Il doit bien y avoir quelque chose à faire pour t'en sortir !
Elle tourna pendant un instant sur elle-même, à la recherche d'inspiration, avant de saisir l'un des morceaux de miroir, de l'apporter maladroitement jusqu'à la fenêtre et de le jeter sur le rebord. Sous ses yeux stupéfaits, le morceau se retrouva bel et bien sur le rebord. Elle refit l'opération avec un deuxième morceau, et sourit avec détermination en voyant le résultat. Parfait, elle avait un plan, et elle allait espérer qu'il marche.
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Lorsque vingt minutes avant 21h Tyler Greengrass pénétra dans la petite chambre où Dolohov et Rosier avaient confirmé avoir déposé la jeune moldue il marqua un temps d'arrêt en voyant le désordre qui régnait. L'un des miroirs de l'armoire était brisé, des morceaux de verres pleins de sang étaient répandus dans toute la chambre, la fenêtre était ouverte, et il n'y avait aucune trace d'Hermione Granger.
Il se précipita vers la fenêtre, et remarqua alors que l'un des draps du lit était coincé par l'un des battants, et pendait dans le vide à l'extérieur. Il portait lui aussi quelques traces de sang. Des morceaux de miroir se retrouvaient un peu partout sur la pelouse.
– Impossible ! fit-il pour lui-même.
Hermione Granger n'avait pas pu passer par la fenêtre. La protection posée dessus ne reposait pas sur l'aura magique, mais sur l'état vivant d'une chose. Et Hermione Granger était vivante aux dernières nouvelles !
Tyler Greengrass regarda attentivement l'herbe au sol et jura lorsqu'il vit ce qui semblait être un bout de vêtement abandonné dans l'herbe. Il sortit de la chambre en trombe et s'élança vers le jardin. Lord Voldemort n'allait pas être content s'il ne lui ramenait pas la jeune moldue à temps, et il ne lui restait qu'une quinzaine de minutes pour retrouver où est-ce qu'elle avait bien pu filer. Par précaution, il activa d'un coup de baguette toutes les alarmes de son manoir. Il se félicita aussi d'avoir éloigné Hélène, Daphné et Astoria pour la soirée.
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C'était Tyler Greengrass. Hermione avait reconnu sa voix. Elle avait eu raison de se méfier de lui, cet homme l'avait faite enlever chez elle ! Sa respiration s'accéléra sous le coup de la panique. Qu'est-ce que cet homme lui voulait ? L'avait-il faite enlever à cause de l'accident avec sa voiture ? Mais elle était assez certaine que la voiture n'avait pas eu une seule égratignure. Ou alors c'était parce qu'elle avait refusé son invitation à diner ? Mais c'était complétement invraisemblable. Elle ne le connaissait même pas dix jours plus tôt ! Si elle s'en sortait, elle avoir quelque chose à dire aux sites gouvernementaux qui le présentaient comme un homme respectable !
En entendant les bruits de pas précipités sortir de la chambre, Hermione s'extirpa laborieusement de sous le lit. Elle était complétement ankylosée, son épaule lui faisait terriblement mal, et elle avait l'impression d'avoir passé des heures à se terrer sous le lit, avec pour unique compagnie ses angoisses. Elle se redressa sur ses pieds et elle sourit faiblement lorsqu'elle vit la porte ouverte. Elle s'en approcha prudemment et jeta un œil dans le couloir. Vide. Elle poussa un soupir de soulagement. Peut-être qu'elle allait réussir à s'en sortir.
Elle s'engagea dans le couloir et, au hasard, se dirigea vers la gauche, son cœur battant fortement dans sa poitrine. Elle passa quelques portes, avant que le couloir ne débouche sur une balustrade surplombant ce qui semblait être un immense salon richement décoré, donnant sur le jardin. Si seulement elle pouvait arriver dans le jardin, il lui resterait ensuite seulement quelques mètres avant d'entrer dans la forêt où elle pourrait se cacher. Après avoir craintivement vérifié qu'il n'y avait toujours personne, Hermione parcourut la balustrade, se collant contre le mur, jusqu'à arriver à un escalier.
Elle descendit rapidement l'escalier en essayant d'être la plus discrète possible. Elle était presque arrivée à côté de la baie vitrée donnant sur le jardin lorsqu'elle entendit des bruits de pas. Elle se précipita derrière un canapé dans un coin du salon et s'accroupit derrière lui, espérant que la personne, qui qu'elle soit, passe sans s'arrêter.
Elle écouta les pas se rapprocher petit à petit, puis s'arrêter lorsqu'ils parvinrent dans le salon. Elle pria dans sa tête pour que la personne se remette à bouger, qu'elle s'en aille. Malheureusement pour elle la chance semblait l'avoir quitté, et si les pas reprirent, ils se contentèrent de se déplacer lentement dans le salon. Hermione se recroquevilla autant qu'elle le pu, espérant être le moins visible possible.
– Montrez-vous mademoiselle Granger, je sais que vous êtes ici, retentit la voix de Tyler Greengrass.
Hermione se glaça. Faites qu'il bluffe, s'il vous plait faites qu'il bluffe, répéta-t-elle dans sa tête.
– Votre mise en scène était très réussie, reprit Tyler. Mais cette maison est malheureusement pour vous truffée d'alarmes.
Hermione retient sa respiration et ne bougea pas.
– Très bien. Accio Hermione Granger !
Tyler avait beau avoir mis toute la force possible dans son sortilège la jeune fille ne fit un vol plané que sur quelques mètres avant de réussir à se retenir à un siège, à quelques pas de lui. Il la regarda se relever en grimaçant et se rendit compte que son épaule semblait couverte de sang, alors que sa joue gauche était bleue.
– Vous êtes malade ! fit-elle immédiatement en le regardant droit dans les yeux. Qui vous a permis d'enlever les gens comme ça ?
Tyler Greengrass ne lui répondit rien, se contentant de s'approcher rapidement d'elle jusqu'à lui saisir fermement le bras, celui qui n'était pas couvert de sang, avant qu'elle ne puisse s'enfuir. Il la traîna immédiatement vers la cheminée du salon. Elle le suivit sur quelques pas en trébuchant, avant de résister de toutes ses forces et de se mettre à hurler. Il poussa un soupir d'exaspération. Il n'avait pas vraiment le temps de s'occuper de son cas, il était déjà quasiment en retard. Il pointa sa baguette sur la jeune fille mais cela ne l'effraya évidemment pas le moins du monde. Il la transforma alors en un revolver, et la jeune fille arrêta de gesticuler pour le regarder avec de grands yeux effrayés.
– Vous allez avancer bien gentiment maintenant si vous ne voulez pas risquer votre vie, fit calmement Tyler. Suis-je clair ?
Hermione hocha nerveusement la tête et se laissa entrainer, ses yeux surveillant le pistolet. Même si elle arrivait à se dégager de la prise de l'homme, il y avait de grands risques pour qu'elle se prenne une balle en s'enfuyant. Elle qui n'avait pas vu un seul revolver de près de toute sa vie, la voilà qui se trouvait directement menacée, et jamais elle n'aurait cru que c'était si effrayant de savoir que sa vie ne tenait qu'à un fil. Ils arrivèrent devant la cheminée, et Tyler Greengrass jeta quelque chose dedans qui fit sous ses yeux stupéfaits devenir les flammes complétement vertes. C'est lorsqu'Hermione se rendit compte qu'il la poussait vers l'intérieur de la cheminée qu'elle recommença à se débattre, se disant qu'elle n'allait pas se faire brûler vive pour échapper à une balle.
– Non, non, lâchez-moi, lâchez-moi ! cria-t-elle en luttant contre la force de Tyler Greengrass.
Tyler Greengrass arrêta de la pousser.
– Calmez-vous, ça ne vous brulera pas, fit-il sèchement.
Hermione se calma mais lui lança un regard suspicieux et Tyler avança sa main en plein milieu des flammes. Les yeux d'Hermione s'écarquillèrent de surprise en voyant la main de l'homme rester dans les flammes sans aucune brulure. Ne pouvant tester avec les mains, Hermione tendit l'un de ses pieds et constata effectivement que le feu ne la brûlait pas.
– Avancez maintenant, lui ordonna Tyler.
Avant même qu'elle ne puisse effectuer un mouvement, Tyler la poussa dans le feu et annonça d'une voix claire :
– Château de Serpentard, petit salon du premier cercle.
Hermione vit alors les flammes vertes les envelopper et lâcha un cri de frayeur en sentant ses pieds décoller du sol et tout son environnement bouger autour d'elle.
Lorsque ses pieds touchèrent de nouveau le sol elle ne dut qu'à la prise de Tyler Greengrass sur son bras pour ne pas s'effondrer par terre. Elle toussa pendant quelques instants mais Tyler ne lui laissa pas de répits et la traîna dans un couloir alors qu'elle peinait à reprendre son souffle. Elle n'eut qu'une notion confuse du bout de chemin sur laquelle il la conduisit, remarquant simplement l'épais tapis au sol, les statues et les nombreux tableaux sur les murs.
Elle constata confusément qu'ils avaient encore changé d'endroit et une part d'elle se demanda si elle n'était pas réellement devenue folle, et qu'elle était en fait enfermée dans un asile psychiatrique depuis des jours. Ses mains étaient moites, tout son corps lui semblait tétanisé par la tension qui l'habitait, et son épaule douloureuse ne l'aidait pas à lutter contre la vague de panique qui prenait possession d'elle de plus en plus sûrement.
Ils s'arrêtèrent soudainement, et Hermione constata qu'ils étaient devant de grandes portes en bois sculpté. Elle réussit alors enfin à reprendre correctement son souffle et se tourna résolument vers Tyler Greengrass.
– Où sommes-nous ? demanda-t-elle la voix légèrement tremblante. Que me voulez-vous ?
Tyler observa la jeune moldue devant lui. Elle avait à peine repris son souffle, et son épaule lui faisait visiblement assez mal. Ses cheveux complètement en broussaille lui tombaient à moitié sur le visage et la peur se lisait dans la rigidité de sa posture, mais elle le regardait droit dans les yeux, le menton relevé. Il se dit alors qu'elle devait avoir à peu près l'âge de sa fille Daphné, et qu'elle ne devait pas comprendre grand-chose à ce qui lui arrivait.
– Nous sommes dans le château du seigneur des ténèbres, et je ne peux que vous conseiller de ne pas contrarier le propriétaire des lieux, lui dit-il fermement.
Hermione encaissa la réponse, qui ne lui apprenait pas grand-chose, à part qu'elle était indubitablement dans le pétrin. Le seigneur des ténèbres ? Sérieusement ? Elle allait de nouveau poser une question lorsque l'homme se tourna vers le portrait qui ornait les portes et elle constata alors qu'il s'agissait du tableau d'un serpent qui bougeait. Un serpent qui se déplaçait dans le tableau, sous ses yeux. Elle cligna plusieurs fois des paupières devant le phénomène, sans parvenir à le faire disparaître.
– Tyler Greengrass demande à être reçu.
Hermione poussa un cri de surprise étranglé en voyant le serpent acquiescer d'un signe de tête. Un instant plus tard, les portes s'ouvrirent toutes seules – mais c'était encore la chose la moins étrange qu'Hermione ait vu au cours de cette journée –. Elle jeta un regard effrayé vers l'intérieur de la pièce. Elle n'avait pas du tout, mais pas du tout envie de rentrer dans cette pièce. Elle essaya de résister, de ne pas se laisser faire, mais Tyler Greengrass ne lâcha pas sa prise et la tira résolument à l'intérieur. Elle eut à peine le temps de comprendre qu'il s'agissait d'un grand bureau avant que Tyler ne s'arrête milieu de la pièce.
– À genoux, lui fit-il, avant de tirer brutalement sur son bras.
Hermione poussa un cri en sentant ses genoux percuter durement le sol. Elle essaya de se relever mais Tyler maintint fermement sa prise sur son bras. Elle constata alors avec surprise que lui aussi était à genoux, les yeux baissés. Les yeux baissés ?
Son cœur battant erratiquement dans sa poitrine, Hermione leva les yeux pour comprendre devant qui elle avait été amenée. Devant eux se tenait un grand homme brun, dans la trentaine, d'une élégance indiscutable, portant lui aussi une longue cape noire – ou était-ce une robe ? Son visage aux traits fins et aristocratiques était d'une froideur inquiétante, et il tenait à la main un morceau de bois semblable à celui que Tyler avait transformé en revolver, à l'exception de sa couleur, blanche. Tout dans sa posture respirait le pouvoir.
Son regard se posa rapidement sur elle, et Hermione eu un mouvement de recul : les yeux de l'homme étaient rouge carmin. Elle sentit tout son corps se glacer de peur devant ce regard terrifiant, et elle en oublia même de continuer à se débattre. Sans même savoir pourquoi, elle était intrinsèquement terrifiée par l'homme devant elle.
– Tyler, relève-toi, fit l'homme d'une voix polaire.
Sa voix était tellement froide, tellement tranchante que Hermione sentit un frisson lui glacer le dos. Tyler Greengrass se releva, et elle se releva aussi, malgré ses jambes tremblantes d'appréhension. Elle devait comprendre ce qui lui arrivait. Elle devait comprendre où elle était. Et elle devait absolument trouver un moyen de s'enfuir.
– Maître, fit Tyler. Voici Hermione Granger, la moldue dont je vous avais parlé.
Maître ? Mais où est-ce qu'elle était tombée ? Le regard de l'homme se détourna de Tyler Greengrass pour se poser de nouveau sur Hermione.
– Hermione ? fit l'homme. Une femme accusée à tort, morte par manque de confiance, quel charmant prénom.
Hermione essaya de faire un pas en arrière mais Tyler Greengrass lui tenait toujours fermement le bras.
– Lâchez-moi ! lança-elle à Tyler en essayant de dégager son bras.
– Endoloris, siffla l'homme.
Avant qu'elle ne puisse l'éviter, un rayon rouge percuta Hermione en plein milieu de la poitrine, et une douleur irradia de tout son corps en même temps. Tyler Greengrass ayant enfin lâché son bras, elle tomba par terre et se recroquevilla sur elle-même tout en se retenant de gémir. Elle avait l'impression d'être très brutalement et très soudainement tombée malade, son ventre l'élançant comme lorsqu'elle avait eu sa crise d'appendicite.
Un instant plus tard, la douleur disparue aussi soudainement qu'elle était venue et Hermione se releva en tremblant, tâche rendue assez complexe par ses mains toujours attachées dans son dos. Elle en profita pour reculer, jusqu'à ce qu'elle se cogne contre le dossier d'un canapé dans son dos. Son regard était fixé sur celui de l'homme aux yeux rouges – le seigneur des ténèbres avait dit Tyler –, et tout son corps était maintenant irrémédiablement envahit par la peur. Comment avait-il fait cela ? Qu'est ce que cet homme terrifiant était-il capable de faire d'autre ?
– Tyler, qui est au courant ? demanda l'homme.
– Antonin Dolohov et Evan Rosier maître, ainsi que mon sang-de-bourbe, répondit Tyler Greengrass.
– Fais en sorte qu'ils ne se souviennent de rien.
– Oui maître.
Il le congedia d'un geste hautain et Hermione se dit que sa dernière heure était arrivée. Elle ne voulait pas se retrouver seule avec cet homme. Elle ne voulait pas savoir ce qu'il allait lui faire. Elle regarda Tyler Greengrass s'incliner et sortir rapidement de la pièce sans trouver le courage de bouger. Elle sentit soudain les liens retenant ses bras se détacher, et elle en profita pour ramener ses mains devant elle dans un geste de défense qu'elle se doutait être vain. Le sang revenant dans ses mains la fit grimacer de douleur et elle les frotta machinalement l'une contre l'autre, ravivant au passage la douleur dans son épaule. Elle ne comprenait pas ce qu'il se passait ici, et elle ne comprenait pas pourquoi elle était ici.
– Que voulez-vous ? demanda-t-elle d'une voix qu'elle trouva beaucoup trop faible.
– Tss, Tss, c'est moi qui pose les questions ici, répondit l'homme avec nonchalance.
Sa voix lui glaça le sang et elle chercha désespérément des yeux un endroit où se cacher, où s'enfuir. Il n'y avait rien qu'elle pouvait atteindre d'un seul bon. La porte était trop loin, tout comme les fenêtres. L'homme s'avança d'un pas vers elle et elle contourna le canapé en reculant, tremblante de peur. Il continua à avancer lentement vers elle, un sourire cruel étirant ses lèvres, et elle continua à reculer, son regard fixé dans le sien, jusqu'à ce que son dos rentre en contact avec un mur froid. Jetant un regard autour d'elle, elle se rendit compte qu'elle était acculée dans un coin, sans échappatoire possible, l'homme debout à deux pas d'elle.
L'homme leva alors sa baguette de bois et la panique d'Hermione augmenta.
– Magia Revelio, entendit-elle.
Un rayon violet percuta Hermione, mais celui-ci n'eut aucun effet. Elle resta un instant interdite, avant de réagir sous le coup d'une brusque poussée d'adrénaline. Elle se jeta en avant, essayant de percuter l'homme de toute ses forces. Elle avait à peine amorcé le mouvement qu'elle se retrouva violemment projetée en arrière, avant même de comprendre ce qu'il se passait. Sa rencontre avec le mur heurta douloureusement son dos, et elle poussa un cri de douleur. Elle eut de la peine à se redresser, autant à cause de la douleur qu'à cause du regard terrifiant de l'homme fixé sur elle.
– Très intéressant, fit tranquillement l'homme, se rapprochant légèrement d'elle.
– Laissez-moi partir, vous n'avez pas le droit de me retenir comme ça ! fit Hermione dans un sursaut de courage.
L'homme lui lança un regard ennuyé, comme s'il avait oublié qu'elle pouvait parler.
– Quelle impertinence, commenta-t-il. Endoloris.
Cette fois-ci, la douleur n'avait rien à voir avec ce qu'elle avait vécu la première fois. Elle avait l'impression d'avoir du feu liquide dans les veines, que sa peau était arrachée de son corps et que des milliers de pics la transperçaient de part et d'autre. Jamais elle n'avait connu une douleur aussi intense. Elle hurla sans pouvoir se retenir et se convulsa sur le sol de façon hystérique. Son corps n'était plus que douleur et son esprit n'était plus que souffrance. De façon diffuse, il lui sembla entendre le rire de l'homme.
Lorsque le sortilège s'arrêta, elle mit plusieurs secondes à reprendre son souffle, et ne bougea plus, essayant de croire qu'il s'agissait d'un cauchemar et qu'elle allait simplement finir par se réveiller.
– Voyons voir qui essaye de te protéger petite moldue.
Une main attrapa son menton et tourna violemment sa tête. En ouvrant les yeux elle se retrouva à quelques centimètres de ceux, toujours aussi rouges, de l'homme. Le parfum de l'homme, aussi glacé et élégant que son visage, parvint jusqu'à elle et elle essaya en vain de reculer. Elle sentit soudain une immense douleur dans ses yeux, comme si quelqu'un enfonçait des aiguilles dedans. Elle essaya plus fortement de se dégager et de fermer les yeux, mais elle se rendit compte qu'elle ne pouvait faire ni l'un ni l'autre. La douleur se maintient quelques instants avant de disparaître. Elle se recouvrit alors vivement les yeux des mains.
Elle essuya ses larmes et essaya de se redresser péniblement, s'appuyant sur le mur derrière elle, n'ayant pas la force de se remettre debout. Elle regarda avec incompréhension l'homme devant elle se relever et s'éloigner de quelques pas. Pourquoi Tyler Greengrass l'avait-il amenée ici ? Qu'est-ce que cet homme lui voulait ? Qu'avait-elle bien pu faire pour qu'ils s'acharnent sur elle ? L'homme devant elle semblait terriblement dangereux, et elle se demanda ce qu'il comptait lui faire.
– Mais que voulez-vous à la fin ? demanda-t-elle d'une voix cassée.
Lord Voldemort ne prit pas la peine de répondre et dévisagea pensivement la jeune fille assise contre le mur devant lui. Les barrières magiques autour d'elles étaient impressionnantes. Impossible de passer les barrières d'occlumencie, alors qu'il était le meilleur legilimens d'Europe. L'absorption d'une partie des doloris n'était pas une moindre chose non plus. Celui qu'il venait de lui jeter aurait dû la rendre folle en quelques instants. Et l'impossibilité de sentir les dites barrières magiques était encore plus impressionnante. Même le Magia Revelio n'avait rien donné, alors qu'il permettait normalement d'identifier assez fidèlement la puissance des auras magiques.
Il y avait bien sûr moyen de passer ces barrières en augmentant la puissance des sorts comme son dernier Doloris l'avait prouvé, ou en utilisant des sortilèges ne s'appliquant pas directement sur elle mais plutôt sur son environnement, mais c'était tout de même un travail de haute magie. Qui avait fait cela et pourquoi ? Lord Voldemort n'en avait aucune idée, mais il imaginait déjà les usages qu'il pourrait faire d'un tel bouclier lorsqu'il aurait compris son fonctionnement. Il fallait qu'il jette un œil à deux trois livres de sa bibliothéque sur les barrières magiques permanentes. Cela promettait d'être intéressant.
– Debout, ordonna-t-il distraitement à la jeune fille.
Hermione se remit debout en tremblant, sans détacher son regard de la baguette blanche que l'homme devant elle tenait dans sa main. Un instant plus tard, elle entendit les portes du bureau s'ouvrir et Tyler Greengrass revient dans la pièce.
– Emmène la moldue dans l'aile est, et demande à Dory de s'occuper de la garder en vie.
Hermione sentit alors Tyler lui attraper le bras. Elle se débattit faiblement mais il la tira doucement vers l'avant et elle était encore trop secouée par ce qu'elle avait vécue depuis quelques heures pour résister plus. De nouveau ils parcoururent de nombreux couloirs, mais rapidement l'atmosphère changea du tout au tout, et Hermione se rendit compte qu'ils arrivaient dans ce qui ressemblait à une prison au sous-sol.
– Lâchez-moi, fit-elle en se débattant plus fortement. Laissez-moi partir. Vous n'avez pas le droit !
Elle essaya de frapper Tyler avec sa main libre, mais celui-ci lui attrapa rapidement les deux bras et les tordit douloureusement dans son dos. Hermione laissa échapper un cri de douleur lorsqu'il accentua la torsion de ses bras, et elle eut l'impression que sa blessure à l'épaule était une fois de plus mise à mal.
– Écoutez-moi bien mademoiselle Granger, commença-t-il. Il n'y a rien que vous puissiez faire contre nous, et je ne peux que vous suggérer d'obéir à tout ce que l'on vous demande. Le seigneur des ténèbres n'est pas quelqu'un de très patient, et il est bien plus dangereux que tout ce que vous pourriez imaginer.
– Vous êtes malade, répondit faiblement Hermione. Laissez-moi partir d'ici.
Tyler ne répondit rien et se contenta de la traîner jusqu'à une porte, qu'il ouvrit. Comme elle l'avait deviné plus tôt, il s'agissait bien d'une cellule de prison, assez sinistre. Elle se sentit projetée dedans, trébucha sur une dalle et tomba à quatre pattes. Avant qu'elle n'ait pu se relever, la porte avait déjà claqué derrière elle.
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Resté seul dans son bureau, Voldemort faisait pensivement tourner sa baguette entre ses doigts. Il était rare qu'il rencontre des phénomènes qu'il ne connaissait pas, ou dont il n'avait pas au moins entendu parler. Il était possible de faire des boucliers puissants, même permanents. Il était possible de camoufler une aura magique, ou des boucliers. Cependant ce camouflage lui-même était alors perceptible. Pas pour le sorcier moyen bien sûr, mais il était lui-même un mage, et très versé dans la détection des émanations magiques de toutes sortes.
Voldemort aurait lui-même affirmé que cela n'était pas possible de masquer complètement une aura. Mais quelqu'un avait trouvé un moyen de le faire. Il devait y avoir de la magie runique là-dessous. Peut-être des charmes de contritions aussi ? Ainsi qu'une source de magie stable et puissante. Un objet ? Ou alors la jeune fille elle-même ?
Et surtout pourquoi ? Si c'était une jeune sorcière de sang-pur ou de sang-mêlé il n'y avait aucune raison de contraindre sa magie. S'il s'agissait d'une sang-de-bourbe par contre, quelqu'un aurait pu avoir l'idée saugrenue de cacher sa magie pour lui éviter une vie de servitude. Mais dans ce cas pourquoi elle ? Voldemort ne comprenait pas pourquoi se donner autant de peine pour sauver une sang-de-bourbe quelconque. D'un autre côté, cela aurait encore moins de sens de cacher une moldue. Il aurait sûrement ses réponses lorsqu'il parviendrait à briser ce bouclier, ce qui ne devrait pas être très long.
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A/N : Merci à tous d'avoir lu ce chapitre.
S'il y en a que cela intéresse, je suis à la recherche d'une beta pour cette fanfiction (me contacter par mp).
