Bonjour,

Merci à toutes les personnes qui ont laissé une review, ont ajouté cette histoire à leurs alertes et / ou favoris, où ont tout simplement pris le temps de lire.

J'espère que ce cette suite vous plaira.

Bonne lecture,

Perhentian

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Chapitre 3 – Août 1998

Après que la porte se soit refermée derrière Hermione, la pièce fut plongée dans le noir. Hermione se releva immédiatement et se jeta sur la porte, tâtonnant pour trouver une prise lui permettant de l'ouvrir. Ses mains parcoururent plusieurs fois la surface sans y trouver une seule aspérité, même pas un trou de serrure, et Hermione sentit des sanglots angoissés monter dans sa gorge.

– Laissez-moi sortir ! hurla-t-elle dans le vide. Laissez-moi sortir !

Elle tambourina contre la porte mais seul le silence le plus complet lui répondit. Elle se retourna et plissa des yeux pour essayer de distinguer son environnement. Un faible rayon de lumière semblait provenir d'une minuscule ouverture sur le mur opposé. S'avançant vers cette source lumineuse, Hermione butta sur quelque chose au sol et baissa les yeux. Elle s'accroupit et tâtonna devant elle jusqu'à rencontrer une matière molle, qu'elle comprit être une sorte de matelas. Elle se releva alors et marcha jusqu'à l'ouverture. Un tout petit soupirail. Elle ne pouvait même pas rentrer la tête dedans. Elle essaya d'y passer son bras mais sa main fut bloquée par une vitre. De colère, elle donne un coup de poing dedans, mais réussit simplement à se faire mal.

Ramenant sa main douloureuse contre elle, Hermione ne put plus longtemps retenir ses sanglots. Elle se laissa glisser le long du mur, sur le matelas, et se roula en boule dessus. Sa tête lui faisait mal, son épaule lui faisait mal, son poing lui faisait mal. Elle ne savait pas où elle était. Elle ne savait pas ce qu'ils lui voulaient. Elle était seule, la nuit, dans une cellule, à la merci d'hommes terrifiants qui l'avait faite souffrir. Et Hermione avait peur. Peur de souffrir. Peur de mourir. Peur de ne pas comprendre ce qui lui arrivait.

Elle pleura longtemps, sans bouger, sans pouvoir se calmer, et lorsque le sommeil vient finalement la chercher pour apaiser sa tension, elle se laissa glisser dedans sans même s'en rendre compte.

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Les deux jours suivants furent les plus angoissants que Hermione n'ait jamais vécus. Elle était seule dans une cellule spartiate, illuminée faiblement pendant la journée par le soupirail, et elle n'avait ni vu ni entendu personne depuis que Tyler Greengrass l'avait littéralement jetée ici, à l'exception de l'elfe de maison Dory qui lui apportait ses repas.

La première fois qu'elle avait vu la créature, Hermione avait été effrayée, mais avait fini par comprendre qu'elle ne faisait que lui amener à manger et à boire, et surtout qu'elle ne pouvait rien lui dire, à moins de se taper violemment la tête contre les murs.

Hermione avait été horrifiée par la situation, et par l'état de l'elfe. La créature était recouverte de haillons, et elle semblait visiblement maltraitée. Lorsqu'elle lui avait demandé pourquoi, Dory s'était elle-même retournée les doigts en hurlant qu'elle n'avait pas le droit de dire du mal du maître. Hermione s'était depuis abstenue de lui poser la moindre question, n'ayant pas envie que la pauvre créature ne s'auto maltraite.

Visiblement, le monde complètement fou où elle était tombée ne semblait pas soumis aux lois du commun des mortels, et l'esclavage et la torture y étaient ouvertement tolérés. Tout comme le fait d'enlever les gens. Il semblerait Tyler Greengrass et celui qu'il avait appelé le seigneur des ténèbres ne fassent parti d'une sorte de mafia avec des pouvoirs de télékinésie...

Elle avait aussi fini par se dire qu'elle ne rêvait pas : il y avait des personnes et des créatures qui pouvait visiblement se téléporter d'un endroit à un autre, et l'elfe faisait cela tous les jours. Hermione s'était demandée si, si elle se concentrait suffisamment fort, elle y parviendrait aussi, mais elle avait beau essayer de visualiser sa maison cela ne marchait pas. Elle avait aussi essayé les lieux exacts desquels elle avait vu d'autres personnes se téléporter, comme sa cuisine, ou la chambre où elle avait été retenue, mais rien à faire, elle n'en était visiblement pas capable. Peut-être fallait-il posséder un gadget spécial pour cela ? Une baguette en bois comme Tyler Greengrass et le seigneur des ténèbres ? Mais l'elfe de maison ne semblait pas en posséder.

Hermione ne comprenait rien à sa situation. Elle ne comprenait pas vraiment qui étaient ces hommes avec leurs pouvoirs étranges, et elle ne comprenait pas non plus ce qu'ils pouvaient bien lui vouloir. Elle se demandait aussi si sa famille avait prévenu la police, et si quelqu'un allait finir par la trouver, au fond de sa cellule, et la ramener enfin chez elle.

Les paroles de l'homme aux yeux rouges n'arrêtaient pas de tourner en boucle dans son esprit. Il avait parlé de la garder en vie et elle ne pouvait s'empêcher d'angoisser en se demandant dans quel but. Dans sa tête elle s'imaginait les pires scénarios, qu'elle allait simplement se faire torturer puis tuer par ces psychopathes quand ils se lasseraient d'elle, et que personne ne retrouverait jamais son corps.

Elle avait passé du temps à essayer d'ouvrir la porte, et à tenter de briser la vitre du soupirail. Elle avait aussi essayé de gratter le sol et même les murs. Mais ses actions ne laissaient aucune trace, à part la douleur dans ses mains lorsqu'elle tentait de frapper de toutes ses forces. Elle ne put plus vraiment dormir, ni la nuit ni le jour, se réveillant en sursaut de cauchemars angoissants où elle fuyait des yeux rouges qui finissaient invariablement par la rattraper.

La seule satisfaction qu'elle avait eu au cours de ces deux jours était de voir que la blessure de son épaule s'était proprement refermée, et que si celle-ci la faisait encore souffrir, la douleur était de moins en moins importante.

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Lorsque le soir du deuxième jour la porte de sa cellule s'ouvrit Hermione se releva d'un bon et se colla contre le mur du fond, son cœur battant érratiquement dans sa poitrine. Deux hommes qu'elle n'avait encore jamais vus rentrèrent. Ils devaient avoir à peu près son âge, et ils portaient des robes noires quasiment identiques. Ils la regardèrent avec un dégoût tellement évident qu'elle se sentit instantanément affreusement mal à l'aise. Qu'est ce qui pouvait bien justifier le dégout qu'elle voyait sur leur visage ?

– Que voulez-vous ? demanda-t-elle lorsqu'ils s'avancèrent vers elle.

– Silence moldue ! claque la voix de celui de gauche.

Moldue ? Cela faisait plusieurs fois qu'elle entendait le mot, et si elle ne savait pas ce qu'il voulait dire, cela sonnait visiblement comme une insulte au vu du ton employé.

Les deux hommes furent sur elle en quelques pas. Ils lui saisirent les épaules, puis la retournèrent brutalement pour qu'elle fasse face au mur, son visage écrasé contre la pierre froide. Lorsqu'ils lui saisirent les bras pour les rapprocher, Hermione essaya de se débattre mais c'était peine perdue. Un instant plus tard elle sentit avec frayeur une corde s'enrouler anormalement vite autour de ses poignets et les serrer douloureusement. Ils la firent de nouveau pivoter, et elle en profita pour donner un coup de genoux bien placé à l'un d'entre eux, qui la relâcha. Elle essaya de faire lâcher prise à l'autre mais il la maintint contre le mur tandis que son collègue se redressait.

– Sale petite peste ! fit celui qu'elle avait attaqué.

Un instant après, elle reçut un coup de poing dans le visage. Elle cria de douleur et des larmes perlèrent au coin de ses yeux.

– Lâchez-moi ! ordonna-t-elle en se débattant.

Elle se prit un nouveau coup, dans le ventre cette fois-ci, la faisant se plier en deux. Pendant quelques instant son souffle fut complétement coupé et elle eut l'impression qu'elle ne pourrait plus jamais respirer. Dès que l'air parvint de nouveau à ses poumons elle se mit à tousser fortement. Ses deux geôliers en profitèrent pour la trainer vers la sortie.

– Tais-toi et suis-nous ou on continue à te cogner dessus, grogna l'un des deux hommes lorsqu'elle reprit un peu ses esprits et recommença à essayer de se dégager.

N'ayant pas d'autre alternative, Hermione se laissa faire et ils l'entrainèrent dans les couloirs et les escaliers. Durant le trajet elle s'appliqua à essayer de mémoriser non seulement le chemin, mais aussi tous les couloirs qu'elle pouvait apercevoir au passage. Malgré ses efforts pour rester concentrée et maître de soi, son angoisse monta à chaque pas, à chaque marche, et parvint à son paroxysme lorsqu'elle se retrouva de nouveau devant les grandes portes ouvragées de la dernière fois. Elle n'avait pas envie de rentrer dans ce bureau. Elle n'avait pas envie de revoir le seigneur des ténèbres. Elle n'avait pas envie de savoir ce qu'il allait lui faire.

– Vincent Crabbe et Gregory Goyle demandent à être reçus, fit l'un d'entre eux au tableau.

Hermione essaye de nouveau de se dégager mais les deux hommes lui lancèrent un regard menaçant et elle se calma, se doutant que se prendre des coups supplémentaires n'allait dans tous les cas pas arranger sa situation déjà précaire. Lorsque les portes s'ouvrirent, elle crut que son cœur allait la lâcher tellement il battait vite.

– Non, non ! murmura-t-elle avec désespoir.

Elle ne voulait pas se retrouver en face de l'homme. Elle ne voulait pas de nouveau souffrir. Mais malgré ses prières, rien ne vint la sauver et elle fut de nouveau trainée au milieu de la pièce et forcée de s'agenouiller. L'un des deux hommes l'obligea même à garder la tête baissée en appuyant fortement dessus. Cette humiliation fit perler quelques larmes de rage au coin des yeux d'Hermione et elle sera ses poings de colère.

– Sortez, ordonna sèchement la voix glaciale du seigneur des ténèbres.

Hermione sentit la pression sur sa tête et ses bras se relâcher et elle se releva en titubant, observant avec peur le seigneur des ténèbres. Est-ce qu'il allait lui lancer ces affreux Endoloris comme la dernière fois ? Est-ce qu'il allait de nouveau essayer de lui brûler les yeux ? Est-ce qu'il allait rire pendant qu'elle souffrirait ? Elle était prête à tout pour ne pas revivre la douleur qu'elle avait vécu la dernière fois, mais elle était déterminée à comprendre ce qui lui arrivait.

Voldemort de son côté observait aussi la jeune fille. Celle-ci le regardait avec peur bien sûr, mais il y avait aussi une lueur de défi au fond de ses yeux. Un hématome était en train d'apparaître sur sa joue droite, et de façon amusante il était assez symétrique à celui dont elle avait encore quelques traces sur l'autre joue. Elle se tenait droite et tantôt le regardait dans les yeux, tantôt baisait son regard vers sa baguette, qu'il tenait nonchalamment. Visiblement elle avait rapidement appris à craindre ce qui pouvait en sortir.

Ses expressions étaient lisibles, mais ses pensées exactes restaient cachées au seigneur des ténèbres, et c'était une sensation toute aussi inhabituelle que celle de ne pas sentir d'aura. Il fit un pas vers la jeune fille, et contrairement à la fois précédente, celle-ci ne recula pas et continua de le regarder dans les yeux. Mais elle ne pouvait cacher la tension qui était apparue dans tout son corps lorsqu'il s'était avancé et un sourire satisfait naquit sur ses lèvres. Il n'aimait rien de plus que de voir les autres le craindre. Il prit son temps pour aller calmement jusqu'à elle, regardant l'appréhension grandir sur son visage au fur et à mesure que la distance entre eux se réduisait. Lorsqu'il s'arrêta juste devant elle, il la vit déglutir et faire des efforts pour ne pas reculer. Pendant quelques instants, Lord Voldemort la regarda sans bouger, se délectant de la peur qu'il lisait sur son visage insignifiant, avant de lever sa baguette.

– Vous allez me tuer ? demanda-t-elle soudain en le regardant droit dans les yeux.

Quelle brave petite inconsciente se dit Voldemort.

– Sûrement, répondit-il avec indifférence.

La mort ou l'esclavage, c'était de toute façon tout ce qui attendait la jeune fille une fois qu'il en aurait fini avec elle.

Hermione sentit la panique monter en elle à cette réponse. L'homme en face d'elle semblait n'avoir aucun état d'âme à la tuer et elle n'avait pas du tout, mais alors pas du tout envie de mourir. Elle était beaucoup trop jeune. Il lui restait beaucoup trop de choses à faire. Elle n'avait même pas commencé ses études ! Elle fit un pas en arrière et tordit ses poignets dans son dos, essayant désespérément de les détacher.

– Calme-toi, ordonna l'homme en face d'elle d'un ton sans réplique. Si tu es sage, je ne te tuerai pas. Pas aujourd'hui en tout cas.

Hermione le regarda avec frayeur. Il semblait mortellement sérieux, et les traits de son visage parfait ne reflétaient qu'une expression ennuyée.

– Mais, mais… vous n'avez pas le droit ! La police vous trouvera !

L'homme en face d'elle laissa échapper un rire froid, et ne prit même pas la peine de répondre. La peur d'Hermione se transforma en colère devant son expression méprisante.

– Ce n'est pas parce que vous pouvez faire des choses bizarres avec vos bout de bois et vos mots en latin que vous avez le droit de kidnapper ou de tuer des gens, ou alors de maltraiter des elfes de maison, s'enflamma-t-elle, portée par l'adrénaline.

Voldemort la regarda, légèrement amusé. N'aurait-elle pas fait une vaillante petite Gryffondor, prête à défendre la veuve et l'orphelin à tout prix, complètement ignorante du monde où elle était tombée ? C'était presque rafraîchissant de voir quelqu'un se faire encore des illusions sur ce qu'il était et ce qu'il pouvait faire.

– Ici, j'ai tous les droits, répondit-il. Personne n'a le pouvoir de juger mes actions.

Tout en disant cela, il s'avança d'un pas et fit parcourir sa main le long de la joue d'Hermione, avant de l'arrêter sur son cou et de serrer.

– Et la vie est une chose si fragile, continua-t-il d'un ton égal. N'es-tu pas d'accord petite moldue ?

Hermione était terrifiée, mais elle se contraignit à rester le plus immobile possible alors que l'homme serrait de plus en plus. Le maître des lieux parlait de mort avec si peu d'émotion que l'immobilité lui semblait encore être la solution la moins risquée. Quelques secondes s'étirèrent et Hermione commença à manquer d'air. Son cœur tambourinant dans sa poitrine, elle se demanda si l'homme allait finalement la tuer, son visage froid ne reflétant plus aucune émotion. Elle était sur le point de finalement tenter de se dégager lorsque la pression sur son cou se relâcha soudainement, et Hermione aspira bruyamment de l'air.

L'homme resta immobile pendant qu'elle reprenait son souffle, et elle essaya de repasser dans sa tête ce qu'elle avait entendu. L'homme était sans aucune doute capable de choses étranges, mais était-il vraiment au-dessus de lois comme il le laissait entendre ? Elle essaya de maitriser ses jambes encore tremblantes et releva la tête pour regarder le seigneur des ténèbres dans les yeux.

– Mais qui êtes-vous ? demanda-t-elle, sa voix légèrement cassée à cause de sa gorge douloureuse.

Sans répondre à sa question, l'homme en face d'elle fit un mouvement de baguette et elle sentit alors ses mains se détacher. Alors qu'elle les ramenait devant elle, le seigneur des ténèbres les saisies au vol. Instinctivement, Hermione essaya de dégager ses mains mais le regard de son vis-à-vis la fit s'immobiliser. Il enleva étonnement délicatement les deux bagues qu'elle portait et les examina un instant avant de les rendre à la jeune fille.

– D'autres bijoux ? demanda-t-il.

– J…Juste mes boucles d'oreille, répondit Hermione.

Voldemort lui ordonna de les retirer, mais avant même qu'elle ne les lui tende d'une main tremblante il savait déjà que ce n'était pas ce qu'il cherchait. Aucune puissance magique dans ces bijoux clairement moldus. Rien d'où la barrière magique de la jeune fille puisse puiser sa puissance.

– Rien d'autre, tu es sûre ? demanda-t-il froidement.

– Non, rien d'autre, répondit la jeune fille d'une voix anxieuse.

Voldemort fronça pensivement les sourcils. Il y avait deux supports générateurs de puissance magique dans le monde sorcier. Les objets enchantés, et les runes. Les objets étaient le plus souvent utilisés, souvent sous forme de bijoux. Mais les runes pouvaient elles aussi faire l'affaire. Seulement, s'il y avait des runes, elles ne pouvaient être que gravées sur la peau de la jeune fille, tout autour de son corps. L'utilisation des runes sur un être vivant était une pratique très peu courante, mais il lui fallait tout de même vérifier avant de d'écarter l'hypothèse. D'un coup de baguette Voldemort déshabilla la jeune fille qui poussa un cri en voyant ses vêtements disparaître.

– Qu'est-ce que… commença Hermione en ramenant précipitamment ses bras contre elle.

– Tais-toi, répondit le seigneur des ténèbres d'une voix sans appel.

Comme s'il n'avait que cela à faire que de violer une moldue, alors que n'importe quelle sorcière de sang-pure était plus qu'honorée de satisfaire ses moindres désirs.

Le seigneur des ténèbres saisit les bras d'Hermione et les écarta sans douceur. Cette dernière se sentait excessivement vulnérable. Le dernier homme à l'avoir vue nue devait être son père lorsqu'elle n'était encore qu'une enfant. Elle n'osait même pas se déshabiller devant ses amies lorsqu'elles allaient à la piscine, et elle se retrouvait maintenant complètement nue devant un parfait inconnu. Elle essaya de se dégager mais le regard glacial de l'homme la dissuada de se débattre. Elle resta donc immobile pendant qu'il la déshabillait du regard, comme s'il cherchait quelque chose sur sa peau. Mais à sa connaissance, Hermione avait une peau tout ce qu'il y avait de plus normal. Pas de tatouage et quelques grains de beauté.

L'homme la fit tourner sur le côté d'un geste sec et poursuivit son examen silencieux, avant de passer derrière elle et de détailler son dos. Hermione en profita pour ramener devant elle ses mains, que l'homme avait lâchées. Elle ne s'était jamais sentie aussi vulnérable.

Un instant après elle revit son jugement. Elle se sentait en effet encore plus vulnérable nue, avec une baguette pointée sur elle, la main de l'homme de nouveau sur son bras l'empêchant de se soustraire aux sortilèges. Ceux-ci cependant semblèrent ne rien faire, et l'homme s'éloigna d'un pas. Hermione le regarda et essaya de déchiffrer son visage impassible. Que cherchait-il ? Qu'est-ce que ces sortilèges étaient censés faire ? Elle se crispa lorsqu'il leva de nouveau sa baguette vers elle, mais l'instant d'après elle avait de nouveau tous ses habits et le seigneur des ténèbres ne s'intéressait plus à elle.

Sans ne plus prêter la moindre attention à Hermione, Voldemort était plongé dans ses pensées. Pas de runes, puisqu'aucun de ses sortilèges de révélation n'avait rien donné. Cela ne laissait que deux possibilités. Soit la barrière était alimentée par un bijou lui-même masqué par la protection, soit elle puisait directement sa puissance dans la magie de la jeune fille. La deuxième possibilité lui semblait plus plausible, accréditant sont idée qu'Hermione Granger était plus probablement une sang-de-bourbe qu'une moldue.

– Mais qu'est-ce que vous cherchez ? demanda-t-elle.

Voldemort se tourna vers la jeune fille qui avait eu l'audace d'interrompre sa réflexion avec ses questions importunes. L'instant après, le rayon rouge du doloris la frappait et elle s'effondra sur le sol en hurlant de douleur.

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Après avoir levé son sortilège, Voldemort appela les deux mangemorts qu'il avait assigné à sa garde et leur fit signe de débarrasser au plus vite son bureau de sa présence.

Son regard se perdit ensuite distraitement sur son bureau, où se trouvaient quelques livres traitant des barrières magiques. Mais que des ouvrages beaucoup trop classiques pour le moment. Il allait devoir faire appel à ses libraires pour qu'ils essayent de lui dénicher des ouvrages un peu plus poussés sur les barrières magiques les plus puissantes ainsi que le masquage des auras. Il avait quelques idées sur ce qui pouvait bien être à l'œuvre, mais il allait sûrement lui falloir de nombreux essais pour valider une piste. Si la barrière puisait effectivement dans la magie de la jeune fille, cela touchait au domaine de la manipulation des auras magiques, et il connaissait un mage éthiopien très versé dans le sujet qui pourrait potentiellement le renseigner. Mais il voyait mal comment obtenir des informations sans en révéler plus qu'il ne le voulait sur le sujet. Surtout s'il voulait réutiliser ensuite cette magie contre les mages. Il lui faudrait se contenter des livres.

Mais en attendant, et malgré le fait qu'il aimait particulièrement s'intéresser à de nouvelles possibilités magiques, il avait d'autres soucis. Après sa prise de pouvoir il y avait maintenant onze ans il s'était assuré de tuer dans l'œuf toute forme de rébellion. Il avait arrêté Dumbledore et l'avait fait exécuter pour l'exemple sur la place publique par Bellatrix. Il avait menacé de tuer ceux qui se dresseraient de nouveau contre lui. Une rébellion et une quinzaine de morts sanglantes avaient suffi pour faire comprendre aux anciens de ce stupide Ordre du Phénix qu'il était sérieux. Il avait aussi durablement humilié les traîtres à leur sang en les soumettant aux mêmes obligations que les sang-mêlés. La puissance magique de tous les jeunes sorciers de sang impur était contrôlée, et ceux avec le plus de potentiel étaient étroitement surveillés.

Lucius Malefoy s'était occupé les années suivant sa prise de pouvoir de faire circuler une propagande anti-moldus, racontant d'horribles histoires ou des moldus maltraitaient leurs enfants si ceux-ci étaient sorciers, où alors torturaient de pauvres sorciers s'ils parvenaient à mettre la main dessus. Lucius Malefoy avait réussi à habillement attisé la haine du sorcier moyen pour les moldus, tout en faisant croire que le règne de Lord Voldemort se montrait miséricordieux en interdisant de les attaquer pour ne pas se mettre à leur niveau.

La loi du secret était quelque chose que Voldemort ne pouvait se permettre d'enfreindre. Ce serait le déclencheur pour que les plus grands mages se liguent contre lui et même avec sa puissance actuelle il n'était pas sûr de pouvoir les vaincre tous en même temps. Pas encore en tout cas. Même si Dumbledore n'était plus parmi eux, il restait quelques sorciers coriaces de par le monde. Mais tant qu'il ne menaçait pas la loi du secret, il pouvait faire ce qu'il voulait.

L'esclavage des enfants né-de-moldus, enlevés à leurs parents dès le plus jeune âge, était présenté comme une merveilleuse opportunité que Lord Voldemort leur accordait, malgré la souillure de leur origine et de leur sang. La population sorcière fermait les yeux sur l'esclavage et les débordements du régime en place, trop apeurée, et Voldemort ne se privait pas de rappeler de temps à temps à tous ce qui arrivait à ceux qui s'opposaient à lui. Personne ne voulait jamais avoir à faire à ses lieutenants, et encore moins à lui-même en personne.

Il était le sorcier le plus puissant. Personne en Europe ne pouvait rivaliser avec lui, et depuis sa prise de pouvoir il ne passait que plus de temps à explorer toutes les possibilités de la magie. Pendant dix ans, personne n'avait ne serait-ce qu'osé le défier. Mais depuis un an, un groupuscule commençait à sortir de l'ombre. Quelques attentats, ratés pour le moment, avaient visés ses mangemorts.

Ce n'était pas grand-chose, plus des escarmouches que de véritables attaques, mais en homme de pouvoir avisé, Lord Voldemort savait qu'il devait rapidement débusquer les coupables pour éviter que tout cela ne finisse en bain de sang. Oh, il gagnerait, il n'avait aucun doute là-dessus. Mais il était bien plus facile de garder le pouvoir sur tous ces sorciers idiots si personne ne venait remettre en cause sa loi. Il allait devoir demander à Bellatrix de se concentrer personnellement sur ce sujet. On verrait alors si ces pseudos résistants étaient de taille à se battre contre la plus ferventes et la plus cruelle de ses lieutenants.

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– Il doit bien y avoir quelque chose à faire ! s'agaça Hermione, tournant en rond dans sa cellule.

Elle fit le point sur ce qu'elle avait vécu et entendu depuis son enlèvement. Elle était sans aucun doute entre les mains de personnes ayant des pouvoirs terrifiants. Et, comme son entrevue avec le seigneur des ténèbres l'avait confirmé, la baguette semblait être un élément clé. Chaque fois que ces hommes faisaient faire des mouvements à leur baguette, avant ou sans une incantation en latin, il se passait des choses étranges. Elle n'avait entendu que deux incantations dont elle avait pu voir les effets. Endoloris et Accio. Pour les autres elle ne pouvait que supposer, comme ce Magie Revelio, qui devait en toute logique révéler la magie.

– Bon, étape numéro un, je mets la main sur une baguette, décida Hermione. Étape numéro deux, je lance un Endoloris au soi-disant seigneur des ténèbres. Et étape numéro trois, hum, j'improvise.

Elle grimaça devant la faiblesse de son plan et soupira. Elle n'avait pas trouvé mieux, et elle savait le plan dérisoire, mais cela lui faisait au moins quelque chose à quoi s'accrocher.

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A/N : Merci à tous d'avoir lu ce chapitre. À la semaine prochaine !