Bonjour,

Merci à tous les reviewers, followers, favoris et lecteurs.

Il y a pas mal de choses qui se passent dans ce nouveau chapitre, et quelques débuts de réponses aussi. J'espère que cela vous plaira.

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez.

Bonne lecture,

Perhentian

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Chapitre 5 – Septembre-Octobre 1998

Lorsque Vincent Crabbe et Gregory Goyle vinrent la chercher au fond de sa cellule, Hermione n'y opposa pas de résistance. Après sa malheureuse tentative de fuite, suivit de son encore plus malheureuse tentative pour dérober la baguette blanche du seigneur des ténèbres, elle avait fait profil bas les trois dernières semaines. Le seigneur des ténèbres avait des pouvoirs beaucoup trop terrifiants pour qu'elle puisse s'y opposer, et ses deux geôliers avaient prouvé qu'ils n'hésiteraient pas à la frapper si elle ne leur obéissait pas.

Malgré ses espoirs au début de sa captivité, personne n'était venu la délivrer depuis qu'elle était ici, et elle avait compris qu'elle ne pouvait compter que sur elle-même pour se sortir de ce guêpier, avant que le psychopathe en chef ne décide qu'il était finalement temps de la tuer. Elle se contentait donc de suivre les ordres qu'ils lui donnaient à la lettre, observant tout ce qui se passait autour d'elle dans l'espoir de trouver une échappatoire.

Elle avait revu le seigneur des ténèbres sept autres fois, et si elle n'avait pas réussi à trouver une quelconque nouvelle opportunité de s'enfuir, elle commençait à mieux comprendre le monde dans lequel elle était tombée. Constitué de sorciers aux étranges pouvoirs magiques par opposition aux moldus qui en étaient dépourvus, les premiers se considérant par conséquent fort supérieurs aux seconds. Il n'y avait qu'à écouter le ton sur lequel le seigneur des ténèbres prononçait le mot « moldu », ou à regarder les visages de Vincent Crabbe et Gregory Goyle lorsqu'ils s'approchaient d'elle pour le comprendre. Hermione retient un reniflement de dédain. Elle ne pouvait pas torturer des gens avec une baguette, mais cela prouvait simplement qu'elle n'était pas aussi folle qu'eux, merci bien !

Ainsi, lorsque Vincent Crabbe et Gregory Goyle lui saisirent les bras, elle se laissa mener le long du chemin qu'elle commençait à bien connaître, et qui allait déboucher sur le bureau du seigneur des ténèbres. Depuis quatre semaines qu'elle était retenue captive, elle n'avait pu en apprendre plus sur l'identité du propriétaire des lieux, si ce n'était que tous s'adressaient à lui en lui donnant du « Maître », et que tous semblaient le craindre. A raison pensa Hermione au vue sa propre expérience.

Pendant qu'ils parcouraient les couloirs, Hermione se demanda ce que la soirée allait lui réserver. Si cela se passait comme les autres fois, le seigneur des ténèbres allait lui faire boire des mélanges aux goûts étranges, lui jeter une quantité impressionnante de sortilèges qui ne lui apporteraient visiblement pas satisfaction, et elle serait ensuite de retour dans sa cellule. Elle essayait de déchiffrer l'homme en face d'elle, pour tenter de poser des questions quand il n'était pas trop en colère, mais pour le moment elle n'avait réussi qu'à récolter des Doloris au lieu des réponses qu'elle cherchait.

Une fois arrivée dans le bureau du seigneur des ténèbres ses deux gardes l'obligèrent comme d'habitude à s'agenouiller sur le sol et elle se laissa faire avec résignation, se demandant si ce cauchemar aurait un jour une fin, ou ne serait-ce qu'une explication. La mi-septembre était maintenant passée, et Hermione se demandait de plus en plus de quoi allait être fait son incertain avenir.

– Sortez, fit le seigneur des ténèbres.

La voix de l'homme était comme toujours froide, incisive et légèrement méprisante, et rien que de l'entendre Hermione se sentit trembler d'appréhension. Elle se releva dès que ses geôliers la lâchèrent, et elle dû rassembler tout son courage pour se tenir droite et regarder le seigneur des ténèbres droit dans les yeux. Comme à chaque fois qu'elle croisait son regard, la peur qu'il lui inspirait prit possession d'elle, et elle fit des efforts pour essayer de ne pas la laisser paraître. Elle avait décidé dès sa deuxième rencontre avec lui qu'elle ne lui donnerait pas cette satisfaction. Le sourire sarcastique qui fleurit brièvement sur les lèvres de son vis-à-vis lui indiqua cependant que ses efforts s'étaient sûrement soldés par un échec.

Elle observa le visage du seigneur des ténèbres. Il n'avait pas l'air en colère, ce qui généralement était plutôt bon signe. Hermione avait moins de chances de se recevoir un Doloris, et c'était toujours un soulagement de ressortir du bureau sans s'en être pris un seul. Mais il suffisait parfois de pas grand-chose pour que l'humeur du sorcier change du tout au tout.

– Viens ici Hermione, fit le seigneur des ténèbres en lui désignant une partie de la pièce.

Comme à chaque fois, la façon dont il prononçait son prénom donna des sueurs froides à Hermione. Elle lutta pour ne pas baisser les yeux, et acquiesça brièvement avant de se diriger vers l'endroit indiqué. Elle marqua un temps d'arrêt en voyant un pentacle dessiné sur le sol. Ce n'était pas la première fois que les expériences du seigneur des ténèbres en incluaient un. La première fois qu'elle en avait vu, elle s'était débattue comme une folle pour ne pas mettre un pied dedans, associant la forme aux légendes sur le diable et se disant que rien de bon n'en ressortirait si elle entrait dedans.

Le Doloris qui avait suivi l'avait faite hurler, mais pas rentrer dans le pentacle. Il avait fallu que le seigneur des ténèbres lui explique qu'il s'agissait en fait d'un cercle runes et non « d'un quelconque moyen de rentrer en contact avec le diable comme le pense ta stupide engeance » pour qu'elle se décide à rentrer dedans. Tout cela pour qu'il ne se passe rien. Ou en tout cas, rien de perceptible pour elle, car le seigneur des ténèbres par contre avait semblé plutôt satisfait, et depuis toutes ses expériences incluaient le dit cercle de runes.

Une fois qu'elle fut dedans, il lui tendit négligemment une fiole remplie d'un épais liquide bleu clair. Hermione hésita. C'était la même potion que la dernière fois, et le cercle de runes au sol était lui aussi identique. Pourquoi refaisait-il deux fois la même expérience ? Elle regarda le visage du seigneur des ténèbres, qui devient vite ennuyé devant son manque de réaction. Elle ouvrit la bouche, la referma par peur d'un Doloris, puis n'y tient plus et posa sa question.

– Je croyais que cette expérience, ça n'avait pas marché la dernière fois ? fit-elle en désignant consécutivement la fiole et le cercle de runes.

– Et qu'est-ce qu'une petite moldue comme toi en sais ? demanda Voldemort d'un ton méprisant.

Il ne pensait pas que la jeune fille faisait attention à ce qu'il expérimentait. D'ailleurs, il la considérait plus comme une expérience intéressante qu'une personne pensante à part entière. Elle n'existait actuellement que parce que lui, Lord Voldemort, lui en accordait le droit. Et à chaque fois elle lui faisait perdre son temps en ouvrant la bouche pour poser des questions idiotes. Il n'avait pas fini de lever sa baguette qu'elle lui déversa une tirade entière presque sans reprendre son souffle.

– C'est la même chose non ? Le mélange, bleu clair, avec une consistance assez épaisse. La dernière fois il avait une légère odeur de lavande. Et les dessins du cercle de runes ce sont les mêmes aussi. Là le symbole avec quatre traits parallèles, ici celui avec trois points et trois traits croisés, et à sa gauche celui avec les arabesques. Les deux autres sont les mêmes aussi non ?

La seule manifestation de la surprise de Voldemort fut une légère crispation de son cruel sourire. Les runes qu'il avait dessinées étaient somme toutes plutôt complexes à retenir, mais en même temps, même des moldus devaient avoir la capacité cognitive de retenir quelques symboles de mémoire.

– Ces deux runes, juste là, elles ne sont pas exactement identiques, indiqua-t-il en faisant un vague geste de la main.

La jeune moldue les regarda de plus près. Voldemort allait lui ordonner sèchement de prendre la potion lorsqu'elle ouvrit de nouveau la bouche.

– Oh, ce sont les liens entre ces deux runes qui ont changés et non les runes elles-mêmes, fit-elle. Cela doit changer le sens de la phrase runique je suppose.

– Effectivement, convient Voldemort d'un ton égal.

Intérieurement il était quelque peu stupéfait. Il était certain de ne pas avoir dit à la jeune fille moldue que les runes constituaient un langage. Et l'utilisation de connecteurs permettant de nuancer le sens des runes était quelque chose qui n'était pas à la portée du sorcier moyen.

Hermione releva les yeux et regarda le seigneur des ténèbres. Son visage ne reflétait aucune émotion et elle se sentit immédiatement mal à l'aise. Il la dévisagea quelques secondes et Hermione s'apprêtait déjà à recevoir un Doloris lorsqu'il lui tendit de nouveau la fiole de potion. Elle la prit d'une main tremblante, l'ouvrit et en sentit le contenu. Lavande. Elle avait eu raison, il s'agissait bien du même mélange. Sous le regard impérieux du seigneur des ténèbres, elle se dépêcha de boire le contenu du flacon et lui rendit la fiole.

Le seigneur des ténèbres fit disparaître la fiole d'un geste, avant de pointer sa baguette vers elle. Hermione se concentra, attendant de voir quel sort il allait lancer pour essayer de mémoriser les incantations et les mouvements de baguette. Cependant, le seigneur des ténèbres sembla hésiter et abaissa légèrement sa baguette.

– As-tu compris ce que je te voulais ? lui demanda-t-il avec curiosité.

Hermione resta un instant stupéfaite avant de réfléchir. C'était la première fois qu'il lui posait une question qui demandait une réponse intelligente, et elle se sentit étrangement aussi stressée que lorsqu'elle devait passer un examen.

– Il y a… il y a quelque chose autour de moi qui ne réagit pas correctement à votre… magie, commença-t-elle.

Elle essaya de lire sur le visage du seigneur des ténèbres si elle était dans le vrai ou non, mais celui-ci ne reflétait qu'un air condescendant. Un éclair de colère la traversa, immédiatement suivi d'un puissant sentiment de haine pour le sorcier en face d'elle, qui s'arrogeait le droit de la juger, alors qu'il n'était globalement lui-même qu'une personne sans aucune valeur morale. Elle inspira un instant pour se calmer. Si elle avait une folle envie de laisser échapper une remarque désagréable, elle avait déjà subi assez de Doloris pour peupler ses cauchemars les dix années à venir.

– Je pense qu'il s'agit d'un phénomène lui aussi magique, et que vous voulez comprendre comment il marche, continua-t-elle avec plus d'assurance. Peut-être pour le reproduire ensuite.

Elle s'arrêta, ne sachant pas vraiment quoi ajouter. L'homme en face d'elle resta impassible, et un silence pesant s'installa pendant quelques secondes, avant que le seigneur des ténèbres ne lève de nouveau sa baguette et ne commence à lancer des sortilèges. Malgré son envie d'en savoir plus, Hermione resta silencieuse, sentant que l'humeur du seigneur des ténèbres n'était plus propice à ses interventions.

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Cette conversation marqua un léger tournant dans sa relation avec le seigneur des ténèbres, si les quelques phrases qu'ils échangeaient pouvaient être considérées comme une relation. Lorsqu'il était de bonne humeur, elle pouvait ainsi poser quelques questions, auxquelles il répondait parfois.

Hermione savait maintenant qu'il y avait différentes branches de la sorcellerie, dont les runes, les sortilèges et les potions faisaient partie. Et elle ne pouvait s'empêcher d'être malgré elle fascinée par le monde qui se découvrait devant elle. Des milliers de questions se bousculaient sans cesse dans sa tête, et plus elle collectait d'informations, moins sa curiosité était satisfaite. Elle aurait donné cher pour pouvoir ne serait-ce qu'approcher les livres qui s'alignaient sur plusieurs étagères derrière le bureau du seigneur des ténèbres.

À défaut de livres, elle avait en tête une liste de questions qu'elle posait au compte-goutte au seigneur des ténèbres. Souvent, le seigneur des ténèbres était ennuyé par ses questions, lui faisant savoir son opinion par une remarque glaçante ou pire, un bref Doloris. Mais parfois, parfois il lui répondait.

– Est-ce que les runes agissent sur moi ou sur vos sortilèges qui passent à travers ? avait-elle ainsi demandé un jour.

– Cela dépend des runes. Certaines catalysent un phénomène extérieur, alors que d'autres agissent sur l'objet qu'elles visent.

– Est-ce que c'est lié à l'orientation ? Ou alors à la combinatoire des runes ?

– C'est lié aux runes elles-mêmes et à la combinatoire. L'orientation n'a pas d'influence, mais le positionnement va faire en sorte que la réaction soit stable.

– Le positionnement en cercle ?

– Certains peuvent être bien plus complexe que cela.

D'autres fois, seul le mépris accueillait des questions qu'elle jugeait pourtant pertinentes.

– Est-ce la baguette qui donne des pouvoirs magiques aux sorciers ? avait-t-elle demandé une fois.

– Moi qui pensais avoir entendu bien des choses stupides, me voilà obligé de revoir mon échelle de valeur vers le bas, avait répondu le seigneur des ténèbres d'un ton méprisant.

Il y avait cependant un sujet que la jeune fille avait bien vite apprit à ne pas aborder, essentiellement pour ne pas sombrer dans le désespoir : tout ce qui touchait à sa captivité. Les réponses qu'elle recevait étaient invariablement plus refroidissantes qu'une douche glacée.

– Est-ce que vous allez me laisser rentrer chez moi quand vous aurez terminé vos expériences ? avait-elle trouvé le courage de demander un jour.

– Si c'est le cas, ce sera en plusieurs morceaux, avait répondu le seigneur des ténèbres d'un ton parfaitement indiffèrent.

Si elle parvenait quelques fois à échanger plusieurs phrases avec le seigneur des ténèbres, la terreur qu'il lui inspirait n'en était pas pour autant amoindrie. Les bons jours du seigneur des ténèbres étaient bien plus rares que les jours où il ne supportait pas qu'elle lui parle. Et Hermione devait régulièrement prendre sur elle pour ne pas se laisser emporter par ses mots. Sa dernière expérience en date empoisonnait encore ses cauchemars.

– Qu'est-ce qui est plus puissant ? Les runes, les sortilèges ou les potions ? avait-elle demandé.

– Je ne vois pas ce qu'une insignifiante moldue comme toi pourrait comprendre à la puissance, avait répondu le seigneur des ténèbres, visiblement de mauvaise humeur.

– Ce n'est pas parce que je n'ai pas de pouvoirs magiques que je suis plus insignifiante que vous ! avait rétorqué Hermione sans réfléchir, vexée par la remarque.

Le seigneur des ténèbres s'était alors empressé de lui prouver à quel point elle était insignifiante en démontrant sa maîtrise de l'Imperium, l'obligeant notamment à ramper à ses pieds et à se prosterner devant lui de toutes les façons possibles et imaginables. Hermione avait pleuré de rage et de désespoir à chaque fois qu'elle repensait à cette humiliation pendant plusieurs jours.

Plus le temps passait, plus elle haïssait l'homme. Sa suffisance, son arrogance, son mépris de toute personne autre que lui-même. Elle n'aurait même pas cru qu'il était possible de se penser autant supérieur aux autres, de considérer autant que le monde lui appartenait. Elle savait qu'elle ne pouvait lutter contre lui pour le moment, mais elle gardait l'espoir d'apprendre un jour quelque chose qui puisse l'aider à s'enfuir.

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À la fin du mois de septembre, Hermione rencontra à sa plus grande frayeur l'animal domestique du seigneur des ténèbres. Elle était assise comme souvent dans l'un des cercles de runes du seigneur des ténèbres lorsqu'elle vit émerger de derrière l'un des fauteuils à côté du feu un immense serpent. Elle ne put retenir un cri étranglé, et d'un même mouvement pointa du doigt le serpent et recula précipitamment de plusieurs pas avant de heurter un mur.

En quelques secondes le serpent s'était déplacé jusqu'à elle et elle se figea sur place, jetant des coups d'œil apeurés au seigneur des ténèbres qui se contentait de regarder la scène sans faire mine d'intervenir, l'ai parfaitement calme. Hermione retient son souffle pendant que le serpent tournait autour d'elle, et lutta pour rester immobile lorsque celui-ci se dressa de toute sa hauteur face à elle, jusqu'à la regarder droit dans les yeux.

Pendant quelques longues secondes, Hermione se demanda quand le serpent allait attaquer, et si elle avait la moindre chance de réussir à esquiver l'attaque. Vu la taille du serpent, elle n'avait aucun doute qu'il pouvait la tuer sans aucun souci, et son cœur battait à toute allure dans sa cage thoracique. Puis le serpent émit un long sifflement, glaçant Hermione. Elle était certaine que sa dernière heure était arrivée lorsqu'à sa plus grande surprise le seigneur des ténèbres éclata de rire, avant de lui aussi émettre un long sifflement.

Complètement figée par l'anormalité de la situation, Hermione mit quelques secondes à remarquer que l'immense serpent s'était éloigné d'elle pour aller se glisser juste à côté du seigneur des ténèbres. Et elle faillit ouvrit la bouche de stupeur lorsqu'elle vit celui-ci gratter distraitement le haut de la tête du reptile.

– Vous… vous pouvez parler aux serpents ? balbutia-t-elle.

Le seigneur des ténèbres acquiesça brièvement, avant de lui faire signe de revenir dans le cercle de runes d'un geste sec dénotant son impatience.

– Ne fais pas attention à Nagini, et revient ici, ordonna-t-il froidement en voyant qu'elle ne bougeait pas.

Croisant son regard rouge qui commencait à se charger de colère, Hermione se dépêcha de revenir se placer dans le cercle de runes, gardant ses yeux fixés sur l'imposante présence de Nagini.

– Qu'est-ce qu'il a dit ? demanda-elle en se rasseyant, poussée par sa curiosité.

– Nagini a demandé si elle pourrait te manger lorsque j'en aurai fini avec toi, répondit le seigneur des ténèbres avec indifférence.

Hermione chercha une quelconque trace d'ironie dans sa voix mais comprit à son regard qu'il était on ne pouvait plus sérieux. Elle évita de demander ce qu'il avait répondu, car elle était assez certaine qu'elle n'aimerait pas la réponse. Elle se promit de pas quitter des yeux le serpent les prochaines fois où celui-ci s'aventurerait dans le bureau du seigneur des ténèbres.

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Voldemort quant à lui se surprenait à apprécier les moments qu'il passait avec la jeune fille. Nulle tolérance ni compassion derrière ce sentiment, mais plutôt l'émulation de travailler sur un problème magique complexe qui lui résistait, tout en se réjouissant de voir la petite moldue essayer vainement de se débattre entre ses griffes.

Parce qu'elle avait beau faire preuve de courage, ou plutôt elle avait beau ne pas réussir à retenir sa curiosité, Hermione Granger avait peur quand elle était avec lui. Il sentait sa peur lorsqu'il s'approchait trop près d'elle, ou lorsqu'il pointait sa baguette sur elle. Sa posture et son visage indiquaient toujours clairement son malaise et la voir faire des efforts pour le cacher était particulièrement distrayant. Il laissait toujours planner quelques secondes d'incertitude avant de lui lancer un sort, juste pour la voir se crisper d'appréhension.

Mais ce qui était le plus intéressant, c'était quand dans un sursaut de courage elle finissait de temps en temps par faire une remarque que personne, personne dans toute l'alliance magique n'aurait jamais osé lui faire. Le son de ses cris lorsqu'il lui lançait ensuite un Doloris était une douce musique à ses oreilles, ainsi que les supplications qui finissaient invariablement par arriver. A force de voir tout le monde s'incliner avec empressement devant lui depuis des années, il avait presque oublié le plaisir qu'il ressentait à forcer la soumission.

Il savait qu'Hermione essayait toujours de trouver un moyen de s'enfuir, et aux questions qu'elle lui posait parfois, il pouvait voir qu'elle cherchait à comprendre l'étendue des pouvoirs magiques, ainsi qu'à évaluer ses propres chances d'utiliser ce genre de pouvoirs. C'était amusant de la voir tenter de récolter des bribes d'informations, sans même savoir à quel point elle ne serait jamais en mesure de pouvoir s'opposer à lui. Même si elle s'avérait être effectivement une sorcière, sa puissance ne lui permettrait même pas de lui causer une égratignure. Elle avait l'impression de se construire une voie de secours en récoltant les informations que le seigneur des ténèbres lui distillait, mais elle ne se rendait pas compte à quel point cette voie de secours était destinée à toujours revenir à son point de départ. À la merci de Lord Voldemort.

En fait, Hermione Granger lui changeait agréablement les idées de l'incompétence de certains de ses mangemorts et des tentatives ratées de Bellatrix Lestrange pour mettre la main sur la nouvelle résistance, qui bien que moins active ces derniers mois, le préoccupait de plus en plus de par ses capacités à se dissimuler habilement.

Voldemort commençait aussi à avoir une bonne idée de la façon dont la jeune fille était protégée. Il avait déjà entendu parler d'émanations magiques agissant de manière opposée. De telles émanations avaient la propriété d'annuler leur signature magique. Mais les rares fois où il était tombé sur le sujet, il était bien précisé que cela restait du domaine de la théorie. Et étrangement, la validation de la théorie était venue de l'endroit le moins probable à son sens : Hermione Granger.

C'était un soir d'octobre où il était particulièrement frustré de n'aboutir à rien, et lorsqu'Hermione lui avait demandé sa théorie sur le fonctionnement du bouclier il avait hésité entre répondre et passer sa frustration sur elle à coup de Doloris.

– Il est théoriquement possible d'annuler la signature d'une émanation magique, avec une autre émanation contraire, mais la littérature sur le sujet est décevante, avait-il finit par dire.

– Comme des ondes en opposition de phase ? avait demandé la jeune fille.

– Comme quoi ? avait fait Voldemort d'un ton tranchant.

– Des ondes en opposition de phase. L'amplitude de la combinaison de deux ondes de même fréquence et de même amplitude en opposition de phase est nulle.

– C'est uniquement une théorie, avait-il commenté.

– Non, cela marche en pratique aussi. Cela marche pour les ondes mécaniques, et pour les ondes électromagnétiques. C'est de la physique moldue, avait répondu la jeune fille en prononçant sarcastiquement le dernier mot.

Une fois de plus, Lord Voldemort avait hésité entre répondre et lui lancer un Doloris, mais sa curiosité avait fini par l'emporter. Le Doloris pouvait attendre quelque peu.

– Explique-moi, avait-il ordonné.

La jeune fille l'avait regardé avec de grands yeux étonnés avant de se reprendre.

– Hum, euh, le plus pratique serait que je vous fasse un dessin en fait.

Il avait donc tendu une plume et un parchemin à Hermione Granger qui les avait pris avec hésitation. Elle n'avait au tout début réussi à faire que des taches d'encre assez disgracieuses, n'ayant visiblement jamais écrit avec une plume auparavant.

– Si tu tiens tant que ça à dessiner des pâtés, je peux te soumettre tellement longtemps au Doloris que tu te retrouveras avec les capacités intellectuelles d'un enfant de maternelle, avait fait remarquer Voldemort avec acidité.

Hermione avait alors maladroitement commencé à dessiner des graphiques avec des sinusoïdes, et Voldemort avait eu droit à son premier cours de théorie des ondes. Hermione Granger était sans conteste une insupportable miss-je-sais-tout, ses explications sonnant exactement comme si elles sortaient d'un livre qu'elle aurait appris par cœur. Mais il avait pu au fur et à mesure de ses questions se rendre compte qu'elle semblait assez bien maîtriser son sujet, et même qu'elle était en mesure d'adapter son discours à l'environnement magique.

Il s'était surpris à se dire que pour une moldue, elle ne semblait pas complétement idiote. Si qui que ce soit lui avait dit il y avait quelques mois qu'il discuterait de magie fondamentale avec une moldue, il n'aurait pas hésité à lancer un Avada Kedavra. A défaut, il lança presque distraitement un Doloris à la jeune fille, ses pensées déjà concentrées sur l'application de ce qu'elle venait de lui montrer alors qu'Hermione se convulsait désespérément sur le sol.

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La soirée suivante, Voldemort fit mander le libraire qui travaillait actuellement pour lui. Celui-ci se présenta dans son bureau une demi-heure après, escorté par les mangemorts qui gardaient l'entrée du château de Serpentard – seuls les mangemorts pouvaient se déplacer seuls dans le château de Serpentard, et encore uniquement dans les pièces que le seigneur des ténèbres jugeait sans importance –.

Quelle pitoyable créature pensa Voldemort en le regardant s'incliner en tremblant devant lui. Il suintait la peur et la soumission par tous les pores, à tel point que Voldemort ne pensait qu'à le tourmenter à chaque fois qu'il le voyait. Seul la compétence de l'homme lui avait pour le moment assuré de rester en vie.

– Que… que puis-je pour… pour vous my Lord ? demanda l'homme.

Sa voix était tellement tremblante que la patience de Voldemort était déjà arrivée à son terme avant la fin de la phrase.

– Endoloris, prononça-t-il paresseusement.

Le corps se tordant de douleur devant lui et les cris perçant que poussait le libraire ne lui faisaient ni chaud ni froid. S'il finit par arrêter le Doloris, c'était simplement parce qu'il avait autre chose à faire que de regarder un sorcier lamentable se tordre de douleur devant lui.

– Les livres que tu m'as fournis ne m'ont pas apporté satisfaction, annonça-t-il calmement. Ils ne faisaient que citer ce que je cherchais.

– My Lord, j'ai… j'ai fait de mon… mon mieux. Ce sont les… les seuls qui existent sur… sur le sujet.

Voldemort lança machinalement un nouveau Doloris, avant de le lever quelques secondes plus tard. L'homme devant lui ne fit même pas l'effort de se relever et resta pitoyablement étalé sur le sol.

– Je… je vais encore chercher my… my Lord, parvient à articuler la forme devant lui.

– C'est le moins que tu puisses faire. Et je voudrais que tu cherches aussi dans une autre direction. Des ouvrages traitant de magies en opposition de phase. Surtout s'il s'agit de papiers de recherche.

– Oui… oui my Lord. Je… je ferai de mon… mon mieux my Lord.

– Mais j'espère bien. Et maintenant, disparais de ma vue.

Voldemort le regarda sortir, et se rassit pensivement à son bureau. Si la piste de la magie en opposition de phase donnait quelque chose, il était quasiment certain de qui était derrière tout cela. Après tout, il n'y avait pas eu beaucoup de mages en magie fondamentale suffisamment amoureux des moldus pour non seulement appliquer leurs théories à la magie mais aussi pour essayer de cacher une sang-de-bourbe. Mais si c'était effectivement le cas, qu'est ce qui avait bien pu pousser Albus Dumbledore à tenter de cacher Hermione Granger ?

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A/N : Merci à tous d'avoir lu ce chapitre. À la semaine prochaine !