Bonjour,
Merci à tous les reviewers, followers, favoris et lecteurs.
Ci-dessous un nouveau chapitre. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, je lis toutes vos reviews avec plaisir.
Bonne lecture,
Perhentian
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Chapitre 6 – Novembre 1998
Lord Voldemort écoutait distraitement Bellatrix exposer en long en large et en travers les moyens que sa milice mettait en œuvre pour attraper les résistants. Il y avait beaucoup d'exaltation mais pas beaucoup de résultats concrets, et Voldemort n'avait pas besoin d'en entendre plus pour comprendre qu'elle ne parvenait à rien. Il ne pouvait reprocher à Bellatrix sa motivation, personne n'ayant un désir plus grand qu'elle de le satisfaire, et ce quelles que soient ses demandes, mais elle arrivait parfois à le décevoir plus que n'importe qui d'autre.
Elle avait tendance à toujours faire dans la démesure, usant et abusant de sa position privilégiée. Elle avait certainement dû torturer tous ses capitaines de section pour qu'ils mettent la main sur les résistants, mais ce n'était visiblement pas suffisant. Et si les tentatives attentats avaient diminué au mois de septembre, elles avaient repris de plus belle depuis la fin du mois d'octobre.
– Ça suffit Bellatrix, interrompit sèchement Voldemort.
Bellatrix resta la bouche ouverte un instant, figée en plein milieu de sa phrase, avant de se reprendre et de s'incliner profondément devant lui.
– Lucius, comment avancent les discussions avec la Russie ? demanda Voldemort.
– Tout se passe comme vous l'aviez prédit maître. Le premier prince de la Russie magique Nicolaï Bolkonsky est au plus bas dans l'opinion populaire suite aux fuites concernant sa relation avec Alexandra Rostov. Vladimir Obolenski s'apprête à renverser le pouvoir sous peu, en votre nom bien sûr. Les sang-de-bourbes ont déjà commencé à fuir le pays, compléta Lucius d'une voix trainante.
Un sourire satisfait s'afficha sur le visage du seigneur des ténèbres. Un sourire satisfait qui irradiait de cruauté.
– Quand est prévu le coup d'état ?
– Samedi 5 décembre maître. Dans moins d'un mois la Russie fera partie de l'alliance magique.
– Alexandra Rostov ?
– Elle est sortie de Russie il y a deux semaines et n'y est plus retournée depuis, répondit Lucius.
Voldemort hocha la tête d'un mouvement appréciateur. Contrairement à la Bulgarie qui était tombée dans les mois suivants la Grande-Bretagne, la Russie avait résisté bien plus longtemps. Pas que la plupart des sorciers russes soient contre la discrimination qu'avait mise en place Lord Voldemort à l'encontre des sang-de-bourbes, mais plutôt par fierté. Le premier prince de la Russie magique n'avait jamais voulu se soumettre à Lord Voldemort. Maintenant, il était ruiné, avait perdu tous ses soutiens, et ne vivrait sûrement pas pour voir la nouvelle année.
– Lucius, fais-en sorte que le premier prince Nicolaï Bolkonsky soit laissé vivant, fit Voldemort en prononçant le titre d'un ton méprisant. Je m'occuperai de lui personnellement.
Il n'y avait rien de plus agréable que de finalement remettre à sa place quelqu'un qui s'était cru suffisamment fou pour lui résister. Son contentement fut cependant abruptement interrompu par l'arrivée fracassante de Corban Yaxley dans la pièce. Voldemort s'apprêtait déjà à jeter un Doloris à l'imprudent qui avait l'audace d'interrompre une réunion très privée avec ses lieutenants lorsqu'il vit qu'il était maculé de sang.
– Il y a eu une attaque, maître, fit rapidement Yaxley en essayant de reprendre son souffle. Thorfinn Rowle a été salement blessé.
Un silence de mort s'abattit sur le salon à ces mots, et les cinq mangemorts blêmirent fortement, priant intérieurement pour ne pas être celui qui allait subir le courroux du seigneur des ténèbres. Voldemort n'avait même pas besoin de faire preuve de legilimencie pour lire la peur sur leur visage, et l'espoir aussi de ne pas être malchanceux. Mais Lord Voldemort avait décidé qu'aucun de ces incompétents ne méritait la moindre once de compassion. Un instant plus tard, les cinq mangemorts tombaient au sol sous le coup de la douleur.
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Lorsque Lord Voldemort arriva dans la pièce où avait été ramené Thorfinn Rowle les quelques mangemorts présents s'écartèrent respectueusement, et sortirent le plus vite possible, la colère du seigneur des ténèbres étant palpable dans l'atmosphère soudainement chargée autour d'eux.
À la vue de l'état de Thorfinn Rowle, il était évident qu'il y avait eu une bataille. La robe du mangemort était déchirée en plusieurs endroits, et son bras droit était légèrement brûlé. Mais la blessure la plus importante était un sortilège de découpe reçu sur le côté, assez profond. Le mangemort semblait être dans un état second à cause de la douleur, ne remarquant même pas la présence de son maître. Voldemort lui jeta un regard méprisant avant de se tourner vers les cinq mangemorts qui l'avaient suivi.
– Yaxley, dit moi ce qu'il s'est passé, ordonna Lord Voldemort.
– Thorfinn et moi nous rendions chez Gringotts maître, lorsque trois personnes nous sont tombées dessus dans une petite rue et nous ont attaqué. Elles se sont ensuite enfuies au bout de quelques secondes.
La prise du seigneur des ténèbres sur sa baguette devint plus ferme et la température de la pièce perdit quelques degrés.
– Avez-vous réussi à faire des prisonniers ? demanda-t-il, trop calmement.
Corban Yaxley luta pour ne pas reculer.
– Ils sont partis beaucoup trop vite maître, fit-il faiblement.
La colère de Voldemort monta d'un cran, et sa magie commença à crépiter dangereusement autour de lui.
– Avez-vous au moins pu les identifier ? demanda Voldemort d'une voix charriant des menaces de morts.
Le visage de Corban Yaxley perdit instantanément le peu de couleurs qu'il avait encore.
– N… non maître. Ils… ils étaient masqués, répondit-il d'une voix tremblante.
Voldemort sut immédiatement qu'il ne disait pas tout. D'un geste nonchalant il leva sa baguette vers le mangemort, son regard rouge rivé sur lui, attendant qu'il complète.
– Parle Yaxley, ordonna-t-il devant le manque de coopération du mangemort.
– Ils utilisaient des masques de mangemorts maître.
Un Doloris heurta l'homme l'instant d'après. Ils avaient osé. Ces résistants avaient osé utiliser ses propres symboles contre lui. Sans lever son Doloris, il se tourna vers ses lieutenants.
– Bellatrix, je veux que tu trouves ces résistants. Très rapidement.
– Oui maître, répondit la sorcière en s'inclinant respectueusement.
Le regard de Voldemort se fixa ensuite sur son premier ministre.
– Cet événement ne doit paraître dans aucun journal.
– Oui maître.
Sans un regard ni pour le mangemort blessé, ni pour Corban Yaxley qui peinait à se remettre du Doloris qu'il venait juste de lever, Voldemort sortit de la pièce. Ces résistants devenaient décidément de plus en plus pénibles.
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Occupé par cette affaire de résistance, Voldemort mit plusieurs jours à revenir à ce qu'il comptait initialement faire après la réunion avec ses lieutenants. C'est ainsi qu'un mardi de bon matin, Lord Voldemort transplana en plein milieu de l'atrium du ministère de la magie britannique. Son arrivée causa une petite panique parmi les sorciers présents, qui allèrent tous se coller contre les murs.
Voldemort ne leur accorda pas la moindre attention et se dirigea d'un pas décidé vers les ascenseurs. Ceux qui attendaient s'empressèrent de le laisser passer, et lorsque l'ascenseur arriva, ses occupants en descendirent si rapidement que deux d'entre eux se retrouvèrent par terre. Il n'était pas rare que Lord Voldemort se rende au ministère de la magie, généralement pour voir Tyler, ou pour aller faire une petite visite au département des mystères quand quelque chose l'intéressait. Mais sa présence y causait toujours un véritable émoi. Il fallait dire que la dernière fois qu'il était venu, tous avaient pu constater qu'il ne valait mieux pas se trouver sur son chemin, à moins d'apprécier les Doloris.
Voldemort prit l'ascenseur et appuya sur l'étage correspondant aux archives magiques. Tyler lui avait parlé de sa vaine tentative de trouver des documents sur Hermione Granger, mais il se devait tout de même de vérifier par lui-même. Il était persuadé qu'Hermione Granger était une sang-de-bourbe, il ne voyait pas d'autres possibilités. Le fait que la barrière de la jeune fille puise dans sa magie lui semblait plus plausible que l'utilisation d'un artefact de pouvoir pour fournir la puissance. Peu d'entre eux auraient pu servir de source pour une barrière aussi puissante, et tous auraient eu des effets indésirables au bout d'un certain moment.
Lorsqu'il arriva aux archives, il fut pris d'un instant de doute. Quel âge pouvait bien avoir Hermione Granger ? Quelque part entre 17 et 21 ans sûrement, ce qui faisait une naissance...entre 1977 et 1981, entre 1976 et 1982 pour faire large. D'un mouvement de baguette, Voldemort fit venir à lui tous les registres de naissances correspondants. Ceux-ci se mettaient à jour automatiquement dès qu'un sorcier ou une sorcière naissait. C'était Rowena Serdaigle et Salazar Serpentard eux-mêmes qui les avaient enchantés. De la très haute magie.
Voldemort parcourut rapidement les parchemins, et sans surprise ne trouva aucune trace d'Hermione Granger. Il essaya en vain de nombreux sorts de révélation, de plus en plus complexes, avant de remarquer quelque chose. Le registre de naissance de 1976 faisait état de nombreux enfants sang-de-bourbes, alors que les suivants ne faisaient mention que de peu de cas. En parcourant les années, il se rendit compte qu'il y avait 11 années creuses, entre 1976 et 1987. Soit les sangs-de-bourbes ayant entre 0 et 11 ans lors de son avènement…
Durant les quelques années après sa prise de pouvoir il ne s'était pas trop inquiété du faible nombre de sang-de-bourbes, se disant que certains de ses mangemorts avaient dû les tuer en essayant de les réduire en esclavage un peu trop violement. Et il ne s'était de toute façon jamais particulièrement intéressé à leur sort. Mais ces années creuses lui semblaient aujourd'hui beaucoup plus suspectes. Hermione Granger n'était visiblement pas un cas isolé. D'autres sang-de-bourbes semblaient avoir été cachés.
Voldemort essaya de nouveaux plusieurs sortilèges sur les registres, essayant cette fois de déterminer s'ils avaient été affectés d'une quelconque manière par la magie d'Albus Dumbledore, une fois de plus en vain. Il était dorénavant pratiquement certain que c'était le vieux fou qui avait été derrière tout cela. Il avait été un mage maitrisant particulièrement bien la magie fondamentale. Et Voldemort se souvenait qu'il avait mis plusieurs jours après sa prise de pouvoir avant de réussir à le coincer. Le vieil homme avait-il mis à profit ces quelques jours pour cacher les sang-de-bourbes et ensorceler les registres ?
Si c'était le cas, il n'était pas beaucoup plus avancé. Il avait fait tuer Albus Dumbledore il y avait 11 années de cela, et toutes les personnes qu'il avait suspecté avoir participé à son stupide Ordre du Phénix étaient étroitement surveillées juste après sa prise de pouvoir. Aucune n'avait été contactée par Dumbledore. Repassant dans sa tête les quelques jours suivant sa prise de pouvoir, Voldemort visualisa les derniers moments de la traque de son ennemi. Il avait suivi sa signature magique dans plusieurs villages moldus, et il se souvenait avoir trouvé étrange que le vieux fou se cache parmi ceux qu'il essayait de défendre. Mais il réalisait maintenant qu'Albus Dumbledore ne faisait absolument pas cela pour se cacher.
De colère, sa magie crépita autour de Voldemort et les étagères tremblèrent. Comment avait-il pu laisser passer cela ? Il y avait des sang-de-bourbes perdus dans la nature, échappant au pouvoir de son empire, et il voyait mal comment les retrouver. Il ne pouvait pas vraiment envoyer Tyler et Bellatrix – ses seuls mangemorts suffisamment puissants pour sentir les auras magiques – quadriller toutes les villes moldues du pays.
Son regard se reposa sur les registres. Dumbledore n'avait pas pu passer au ministère au moment où il était en fuite. Les sortilèges les protégeant découlaient donc forcément de ceux qu'il avait appliqué sur les enfants. Seul l'anéantissement de la barrière magique d'Hermione Granger serait capable de lui apporter des réponses.
Ses pensées dérivèrent un instant sur un autre bon ami d'Albus Dumbledore, Asma Bacaffa, mage éthiopien qui avait élevé la manipulation des auras magiques au rang d'art. Aurait-il pu être impliqué dans cette mascarade ? Ou serait-il à défaut capable de briser les sortilèges du vieux fou ? Voldemort se demanda s'il n'était pas judicieux de payer une petite visite au mage, mais renonça. Après tout, s'il voulait utiliser ce bouclier pour prendre le pouvoir sur les quelques mages disséminés autour du globe, il n'avait aucun intérêt à informer l'un d'entre eux de son existence.
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Quelques jours plus tard, Hermione était assise par terre dans un coin reculé du bureau du maître, ne bougeant pas, attendant qu'une potion qu'il lui avait fait boire fasse effet. Depuis le début du mois de novembre, le seigneur des ténèbres était d'une humeur exécrable, et Hermione se faisait la plus discrète possible. Le simple fait de respirer de travers pouvait déclencher un Doloris, et à chacun des mouvements du sorcier la jeune fille ne pouvait s'empêcher de se tendre d'appréhension.
Elle jeta un coup d'œil au seigneur des ténèbres. Celui-ci lisait des parchemins et des livres à son bureau, tout en prenant des notes à l'aide d'une plume d'un noir de jais. Sa position assise empêchait Hermione de voir quoi que ce soit, et il était absolument hors de question qu'elle essaye de tendre le cou pour satisfaire sa curiosité. Elle n'en pouvait plus de souffrir à chaque fois des Doloris du seigneur des ténèbres. Elle n'en pouvait plus de cet état de tension qui l'habitait continuellement, de cette peur qui ne la quittait jamais, et de la menace qui planait au-dessus de sa vie.
Elle était de plus en plus désespérée ces derniers jours, ne voyant toujours aucune échappatoire à sa situation. Elle ne pouvait pas faire de magie, elle n'avait pas accès à une baguette et les seules personnes qu'elle voyait étaient deux gorilles qui ne lui parlaient guère et le seigneur des ténèbres, qui elle le savait finirait par la tuer sans même un instant d'hésitation dès qu'elle ne lui serait plus d'aucune utilité. Dans quelques jours ou quelques semaines, elle allait mourir, sans ne rien pouvoir faire, et son corps irait nourrir le serpent du seigneur des ténèbres.
Sentant ses mains se mettre à trembler de façon incontrôlée, Hermione essaya de contrer la vague de panique qui était en train de monter en elle. Elle savait qu'elle ne pouvait pas se le permettre. Si elle se laissait emporter par ses pensées noires elle ne donnait pas cher de sa santé mentale. Elle ne pouvait pas perdre espoir. Elle devait continuer à s'accrocher. Triturant nerveusement ses mains, Hermione laissa son regard errer sur la pièce, ne s'attardant pas sur la luxueuse décoration, mais plutôt sur la bibliothéque de livres derrière le seigneur des ténèbres. Une fois de plus, elle se désola de ne pouvoir les parcourir. Il devait y avoir tellement de choses intéressantes dedans. Peut-être même un moyen de s'enfuir.
Le seigneur des ténèbres referma d'un geste sec l'un des livres qu'il était en train de lire et la vague de panique qui montait en Hermione, un instant contenue, l'enveloppa de plus belle. Elle arrêta de respirer, observant du coin de l'œil le seigneur des ténèbres, tous ses muscles complétement figés par la peur. Mais le seigneur des ténèbres ne la regarda même pas et attrapa simplement un autre des livres s'entassant sur son bureau. Hermione ferma un instant les yeux et expira, essayant d'évacuer la tension. Rester de façon prolongée dans le bureau du seigneur des ténèbres allait la rendre folle.
Elle rouvrit les yeux juste à temps pour voir le tableau qui gardait la porte d'entrée s'animer, et se mettre à siffler quelque chose en direction du maître de lieux. Le sifflement lui donna des sueurs froides, mais Hermione regarda la porte avec curiosité. Personne ne venait d'habitude dans le bureau du seigneur des ténèbres lorsqu'elle s'y trouvait.
Reportant son regard sur le maître des lieux, elle vit celui-ci froncer les sourcils, avant de donner son accord. La porte s'ouvrit et Hermione vit Tyler Greengrass rentrer précipitamment à l'intérieur. Il ne lui preta aucune attention et s'agenouilla rapidement devant le maître. Il avait l'air agité et Hermione se demanda ce qui pouvait bien se passer. Elle resta la plus immobile possible, espérant qu'aucun des deux sorciers ne la remarque et ne décide qu'elle était de trop.
– Que ce passe-t-il ? demanda le seigneur des ténèbres d'une voix tranchante.
Tyler Greengrass se releva et répondit rapidement.
– Il y a eu une nouvelle attaque, maître. Bellatrix est gravement touchée. Severus essaye d'identifier les sortilèges mais il n'est pas sûr qu'elle puisse s'en sortir.
Hermione dut retenir un hoquet de surprise. Une nouvelle attaque ? Qu'est-ce que cela voulait dire ? Il y avait-il des guerres de gangs entre sorciers ? Et combien étaient-il au juste ? Tyler venait de citer deux noms qu'elle n'avait encore jamais entendus : Bellatrix et Severus. Si elle ne s'appelait pas elle-même Hermione elle aurait rigolé de l'étrangeté de ces noms.
Avant qu'elle ne puisse réfléchir plus en avant, le seigneur des ténèbres se leva. Il sortit de la pièce en coup de vent, sans même jeter un regard à Hermione, immédiatement suivit par Tyler Greengrass. Les portes du bureau claquèrent derrière eux, et Hermione resta un instant complétement figée. Elle ne parvenait pas à en croire sa chance. Le seigneur des ténèbres était absent, et Nagini n'était nulle part en vue non plus. Elle se doutait qu'elle ne pourrait sortir ni par les fenêtres ni par la porte, mais cela ne l'empêchait pas de fureter un peu.
Elle se leva doucement, son cœur tambourinant dans sa poitrine, et, après avoir tout de même tenté en vain d'ouvrir la porte et les fenêtres, elle se dirigea vers le bureau du maître. Elle jeta quelques regards inquiets vers la porte. Elle savait que le seigneur des ténèbres ne serait pas très heureux de voir qu'elle avait bougé. Plutôt même absolument furieux pensa-t-elle, son corps parcourut par un frisson de peur. Elle espérait simplement avoir le temps de revenir à sa place si jamais la porte se rouvrait.
Se déplaçant pour rester face à la celle-ci, Hermione se pencha vers le bureau. Les papiers étaient restés tels quels. Elle put voir des dessins de runes sur les parchemins, ainsi que des équations et des notes pour le moins sibyllines. Elle jeta de nouveau un coup d'œil vers la porte, toujours fermée, puis se tourna vers les livres posés sur le bureau. « Protections magiques permanentes » semblait clair, mais elle n'avait aucune idée de ce qui pouvait bien se trouver dans « Arithmancie appliquée à la contrition de Paracelse », ni dans « Catalyseurs pour l'occlumencie ». Elle resta interloquée devant le dernier livre posé sur le bureau, soigneusement séparé des autres. « Contes de Beedle le Barde ». Qu'est-ce que le seigneur des ténèbres faisait d'un livre de contes ?
N'osant toucher à ces livres de peur que le seigneur des ténèbres ne le remarque, elle se dirigea vers la bibliothèque. Son excitation et son appréhension étaient toutes les deux à leur comble. Il y avait plusieurs étagères, toutes remplies de livres soigneusement alignés. Elle leva le bras, hésita, et en prit précautionneusement un. Elle l'ouvrit au hasard et essaya de comprendre ce qui y était écrit.
« L'utilisation de la rune 18 de Samarcande ne peut être faite que si l'ensemble des autres runes est de polarité négative, à moins d'introduire en plus des runes de stabilisation d'une puissance supérieure à celle des sortilèges de contournements des marqueurs des runes terrestres. »
Ce n'était pas avec ce genre de textes qu'elle allait apprendre quoi que ce soit. Elle parcourut du regard les tranches des livres devant elle. Tout était beaucoup trop obscur pour elle. Qu'est-ce qu'elle pourrait bien tirer dans l'immédiat d'un livre s'appelant « Charmes de Hrund » ? Elle finit par tomber sur un titre qui lui semblait plus familier que les autres : « Sortilèges de confinements : de la théorie à la pratique ». Se pourrait-il qu'il traite de quelque chose se rapprochant de sa barrière magique ? Ce n'était pas vraiment sa priorité, mais comme elle doutait de pouvoir trouver un livre lui permettant de s'échapper en en lisant simplement le titre, elle sortit tout de même le livre sur les sortilèges de confinements de la bibliothéque.
Elle ouvrit la première page et commença à lire l'introduction. Tout n'était pas clair, mais le sens global était compréhensible. Le livre traitait du confinement de magie dans divers objets pour augmenter la puissance de ceux-ci. Il y avait une section sur les objets utilisés pour ensuite alimenter des barrières magiques, et Hermione feuilleta le livre jusqu'à arriver aux pages en question. Après quelques lignes d'introduction, une série d'équations s'étendait sur les pages suivantes, pour calculer la puissance magique stockée par rapport à la puissance de la barrière et du temps. Elle se mordilla la lèvre et se concentra sur le texte.
– Donc, si je veux une barrière qui dure 10 ans, et protégeant d'une unité magique…, réfléchi à voix haute Hermione. Ah, mais je n'ai aucune idée de ce que peut bien valoir la constante de redistribution d'un objet, ainsi que son indice de régénération magique…, ah, et l'unité de temps de base est quand même en secondes, ça doit sûrement donner un résultat faramineux pour plusieurs années !
Elle poussa un soupir et tourna les pages pour voir s'il y avait d'autres informations après les équations. Il y avait effectivement des dessins expliquant les mouvements de baguette à réaliser pour créer un bouclier basique à partir d'un objet dans lequel de la magie avait été préalablement confinée. La série de mouvement semblait effroyablement complexe, et Hermione se plongea dedans pour essayer d'y trouver une certaine logique.
– Je peux savoir ce que tu fais ? demanda une voix glaciale derrière elle.
Hermione laissa échapper un cri de frayeur et se retourna d'un bon, se retrouvant nez à nez avec le seigneur des ténèbres, revenu sans un bruit. De surprise, elle lâcha le livre qui alla s'écraser sur le sol dans un bruit sourd et heurta violement la bibliothèque en reculant. Elle sentit son sang se glacer et son ventre se tordre d'appréhension en rencontrant le regard furieux de son vis-à-vis. Il n'y avait aucun doute sur le fait qu'elle allait souffrir. Son souffle se bloqua dans sa gorge et elle essaya désespérément de s'enfoncer dans la bibliothéque.
Elle sursauta de frayeur lorsque le seigneur des ténèbres fit un geste, mais il envoya simplement le livre jusqu'à une table basse. Ne pouvant détacher son regard de ses yeux étincelants de colère, elle remarqua à peine qu'il avait effectué le tout sans utiliser de baguette. Elle commença à ouvrir la bouche, ne sachant même pas ce qu'elle allait dire pour essayer de se sortir de là, mais déjà le rayon rouge du Doloris l'atteignait.
Elle s'écroula sous le coup de la douleur. Avant même te toucher le sol, elle hurlait à pleins poumons, ses sens complétement obnubilés par le feu liquide qui semblait désormais circuler dans ses veines. Le sortilège ne dura pas très longtemps, mais la douleur était toujours aussi intolérable, et Hermione eut du mal à reprendre son souffle lorsqu'il s'arrêta. Son corps entier était agité de tremblements et des larmes coulaient sur ses joues.
– Il semblerait qu'on ne t'ait pas appris à ne pas toucher aux affaires des autres…
Sa voix était chargée de colère glaciale, et sa baguette de nouveau levée vers elle. Une vague de panique prit possession d'Hermione alors qu'elle se redressait maladroitement.
– S'il vous plait, j'étais simplement curieuse, je ne recommencerai pas, implora Hermione. Je vous en supplie.
Voldemort regarda la jeune fille à ses pieds. Il ne suffisait pas que Bellatrix soit présentement entre la vie et la mort, le tout sans avoir mis la main sur un seul résistant une fois de plus. Non, il fallait en plus que l'insupportable sang-de-bourbe qu'il avait dans son bureau se permette de toucher à ses précieux livres. Il pouvait lire la peur sur son visage alors qu'elle rampait à moitié pour s'éloigner de lui. Mais il savait que si elle avait peur maintenant, d'ici deux jours elle serait de nouveau incapable de rester à sa place. Non, Hermione Granger n'avait décidément pas suffisamment peur de lui, et il fallait que cela change.
Il s'approcha et s'accroupit à côté d'elle, jusqu'à ne plus être qu'à quelques centimètres de son visage ayant considérablement pâlit. Les yeux de la jeune fille faisaient des aller-retours affolés entre son visage et sa baguette, et un cruel sourire étira ses lèvres lorsqu'il effectua les quelques mouvements de baguette nécessaires à son sortilège.
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Hermione cligna des yeux, surprise de ne ressentir aucune douleur. Le seigneur des ténèbres recula légèrement, et le sentiment de malaise d'Hermione grandit devant son impassibilité. Elle s'apprêtait à poser une question lorsqu'elle sentit le parquet sous elle être secoué de tremblements. Paniquée, elle essaya de reprendre un meilleur contrôle de ses muscles toujours incapacités par le Doloris. Ses mains agrippèrent la bibliothéque et elle tenta de se relever, alors que les mouvements du parquet gagnaient en intensité autour d'elle.
Soudain les tremblements du parquet s'arrêtèrent, et Hermione lança un regard affolé au sol. Et ce qu'elle vit ne fit que renforcer sa panique. Le parquet commençait à s'effriter sous elle. Des morceaux disparaissaient sous ses yeux, et elle put apercevoir qu'en dessous il n'y avait que du vide. Son esprit analytique lui assura que cela ne pouvait être possible mais sa peur du vide était bien plus puissante. Elle essaya de raffermir sa prise sur la bibliothéque, mais celle-ci sembla se dissoudre sous ses mains, et au même moment le parquet se déroba sous son corps.
Par un réflexe qu'elle n'aurait pas cru avoir, ses mains s'agrippèrent à un morceau de parquet qui pendait dans le vide. Étonnamment, elle réussit à s'y accrocher, empêchant la chute. Tout son corps pendait dans le vide, retenu par une maigre latte de parquet et Hermione était complétement terrorisée. Au-dessus d'elle le bureau du seigneur des ténèbres semblait flotter seul dans le vide. Le maître des lieux se tenait calmement au bord du précipice, et elle le vit pointer sa baguette vers sa main.
– Non, fit-elle. S'il vous plait, s'il vous plait !
Elle sentit sa main glisser légèrement et elle serra encore plus fort, des échardes se plantant douloureusement dans sa main. Elle vit le seigneur des ténèbres effectuer très lentement des mouvements de baguette et elle entendit le bois craquer. Un instant après le morceau de parquet se détachait et elle sentit son corps basculer dans le vide.
Elle hurla de frayeur et eut l'impression que son cœur allait lâcher. La sensation de chute dans le vide était absolument terrifiante. Et sa terreur s'accentua encore lorsqu'elle commença à distinguer le sol qui se rapprochait à toute vitesse. Beaucoup trop vite. Elle agita désespérément les bras, tentant de ralentir sa chute.
Puis sa chute s'arrêta brusquement et elle resta suspendue dans le vide, tournée vers le sol. Un coup d'œil sur le côté lui fit apercevoir le seigneur des ténèbres qui flottait calmement dans le vide. Hermione essaya de se redresser, mais quoi que ce soit qui l'empêchait de tomber l'empêchait aussi de bouger autre chose que sa tête. Complètement affolée elle essaya désespérément de se dégager, sa peur prenant le pas sur toute rationalité qu'elle aurait pu avoir.
– Alors comme ça ma petite moldue tu as peur de tomber… fit le seigneur des ténèbres d'un ton égal.
– Sortez de ma tête, hurla Hermione.
– Oh mais je ne suis pas dans ton insignifiante petite tête Hermione. C'est toi-même qui construit tout cela à partir de tes propres peurs. Et je pense que tu sais ce qu'il va se passer… maintenant.
La réalisation frappa Hermione en même temps que ses mots et elle sentit avec horreur la magie qui la retenait se dissiper et son corps tomber de nouveau. Cette fois-ci elle était complétement paralysée par la peur, paralysée par ces rochers qui grossissait de plus en plus. Elle se demanda brièvement s'il était possible de mourir dans un cauchemar. Le sol se rapprocha encore, jusqu'à emplir toute sa vision. Un instant plus tard elle heurta le sol, et une douleur atroce se répandit dans tout son corps.
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Soudainement Hermione ouvrit les yeux. Elle était de nouveau dans le bureau du seigneur des ténèbres. La terreur de sa chute la possédait encore toute entière et elle peinait à aligner des pensées cohérentes. Elle ne savait pas si cela était réel ou non. Si l'illusion était terminée, ou si le sol allait de nouveau se dérober sous ses pieds. Elle se releva aussi vite que possible et s'accrocha désespérément à la bibliothéque, son cœur battant à la chamade, ses mains complétement moites. Le seigneur des ténèbres s'était éloigné de quelques pas et il la regardait, son visage n'affichant aucune expression.
Elle le regarda avec terreur lorsqu'il leva de nouveau nonchalamment sa baguette, et elle sentit ses jambes trembler. Son regard parcourut désespérément les murs et le sol du bureau, essayant de déterminer s'ils étaient ou non réels. Elle était terrifiée à l'idée qu'il puisse se servir de ses plus grandes peurs pour induire des visions. Des visions très réalistes puisqu'elle avait parfaitement ressenti la douleur qui l'avait engloutie à la fin de sa chute.
Elle fut presque heureuse lorsqu'elle reconnut les mouvements de baguette du Doloris. Jusqu'à ce que le sortilège la frappe. Et qu'en plus de la douleur qu'elle ressentait, et malgré le sol qu'elle sentait physiquement sous elle, elle ressente en même temps l'horrible impression de chute dans le vide.
– Ne trouves-tu pas que les illusions d'Epialès se combinent admirablement bien avec le Doloris ma petite moldue ? entendit-elle sans ne rien comprendre, son esprit paralysé par la douleur.
Lorsque le seigneur des ténèbres leva son sortilège Hermione se recroquevilla sur elle-même, complètement indifférente à ce qu'il se passait autour d'elle, des sanglots incontrôlés agitant sa poitrine. Quelques secondes passèrent, puis elle sentit quelqu'un la relever brutalement et elle se rendit compte que ses deux geôliers étaient arrivés dans la pièce. Tremblante, elle se laissa entrainer vers la sortie.
– Fais de beaux rêves ce soir ma petite moldue, fit cruellement le seigneur des ténèbres alors qu'ils sortaient.
Hermione frissonna et comprit qu'elle ne fermerait pas l'œil de la nuit, trop effrayée par l'idée de rester coincée dans l'un de ces cauchemars.
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Voldemort regarda ses serviteurs disparaître avec la jeune fille. Il n'avait même pas voulu tenter ce qu'il avait auparavant prévu de faire pour briser la barrière. La journée avait été particulièrement mauvaise, et il savait avant de même de tenter que la potion qu'il voulait tester sur elle ne donnerait rien. Et il n'avait vraiment pas besoin d'un échec en plus ce soir.
Il récupéra le livre qu'il avait précédemment posé sur le bureau, et regarda le titre avec surprise. « Alimentation des barrières magiques ». Un livre qu'il avait ressortit trois mois plus tôt lorsque Tyler Greengrass lui avait ramené la jeune fille. Jetant un sortilège de détection, il regarda les pages qu'elle avait lues. Les paragraphes avec les équations d'arithmancie n'avaient pas été sautés et il se demanda si elle avait été capable de comprendre ce qu'il y avait dans ce livre. Ce serait un comble qu'une moldue quelconque comprenne plus de choses à l'arithmancie que la plupart des sorciers, qui n'étaient même pas capables de comprendre ce qu'était une équation…
Sa réflexion fut interrompue par des coups de bec sur l'une des fenêtres du bureau et d'un geste de la main Voldemort permit au hibou de rentrer. Il récupèra la lettre et chassa promptement l'oiseau. La lecture de la lettre lui apporta sa première satisfaction de la journée. Son libraire avait visiblement trouvé quelque chose.
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A/N : Merci à tous d'avoir lu ce chapitre. À la semaine prochaine !
