Bonjour,
Tout d'abord désolée pour le retard ! Ci-dessous le nouveau chapitre.
Comme d'habitude, merci à tous les reviewers, followers, favoris et lecteurs.
Bonne lecture,
Perhentian
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Chapitre 7 – Novembre 1998
Le lendemain la journée de Lord Voldemort commença relativement bien. A la première heure il avait reçu un message de Severus lui indiquant que Bellatrix était désormais hors de danger. Il avait été particulièrement en colère contre la mangemorte lorsqu'il avait appris qu'elle n'avait pas réussi à se défendre correctement. Qu'elle avait été suffisamment mauvaise pour quasiment mourir. Mais il savait aussi que Bellatrix n'était jamais aussi dangereuse que lorsqu'elle était blessée dans son ego. Ainsi le rétablissement de Bellatrix d'ici quelques jours devrait enfin lui assurer des résultats sur ce sujet. Sinon, il allait devoir s'intéresser de près à ces résistants, et il en serait fortement mécontent. Il avait déjà suffisamment à faire avec les stratagèmes qu'il mettait en place pour faire petit à petit tomber les pays asiatiques, sans non plus devoir s'occuper de l'incompétence latente de ses mangemorts.
Lorsque le tableau de son bureau lui annonça que son libraire était arrivé et attendait d'être reçu il donna immédiatement son accord. Le libraire avait annoncé dans sa lettre avoir trouvé un essai intitulé "Traité de magie fondamentale : l'opposition de phase magique", et Voldemort ne pouvait nier que le titre semblait prometteur. L'homme fut rapidement introduit dans son bureau.
– Je… je vous ai ra… ramené l'ouvrage dont je… je vous parlais my Lord, fit le libraire.
Comme d'habitude, il tremblait comme une feuille, et seul le fait qu'il était déjà en train de tendre au seigneur des ténèbres un petit ouvrage lui permit d'échapper au Doloris. Il s'agissait plus d'un journal que d'un vrai livre, constata immédiatement Voldemort en feuilletant les pages remplies à l'écriture manuscrite. L'auteur partait souvent dans des considérations diverses et variées déviant du sujet principal, mais un simple coup d'œil lui permit de savoir qu'il allait trouver dans cet ouvrage les quelques éléments qui lui manquaient encore.
En revenant sur la première page, il s'attarda sur le nom de l'auteur. Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore. Ses soupçons étaient donc confirmés. Le vieux fou n'avait pas pu s'empêcher d'essayer de protéger les sang-de-bourbes, au prix de sa propre vie. Être un mage d'une telle puissance et se contenter de porter des robes violettes et de diriger une école remplie d'enfants idiots… Voldemort ne comprenait toujours pas comment le vieux fou avait autant pu gâcher son potentiel.
D'un geste nonchalant de la main, il congédia le libraire, trop heureux de s'en tirer sans le moindre Doloris – surtout après avoir présenté un livre écrit par Albus Dumbledore au seigneur des ténèbres –. Il indiqua ensuite à son tableau qu'il ne voulait surtout pas être dérangé dans les heures suivantes, et se plongea dans la lecture du document.
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Lorsque la porte de sa cellule s'ouvrit, Hermione fut surprise de voir qu'il ne s'agissait pas de ses deux geôliers habituels, mais d'un seul homme. Il avait de longs cheveux gris, était plutôt grand, et son visage semblait parcouru de cicatrices. S'il était vêtu d'une robe comme l'étaient tous les sorciers qu'Hermione avait croisés, il n'avait rien de l'élégance naturelle du seigneur des ténèbres, ni de l'attitude coincée de Vincent Crabbe et Gregory Goyle. Il dégageait plutôt une force un peu bestiale qui la mit immédiatement mal à l'aise.
– Hum hum hum, cela faisait longtemps qu'il n'y avait pas eu de prisonnière aussi appétissante dans ces cachots, fit l'homme en rigolant. Le seigneur des ténèbres m'envoie pour te punir. Il parait que tu n'as pas été sage…
Hermione le regarda avec appréhension. Cette introduction ne lui disait rien de bon. Le seigneur des ténèbres lui en voulait-il donc encore pour avoir osé toucher à ses livres ? Malgré ses craintes la veille au soir, elle n'avait pas fait de cauchemars lorsque vaincue par la fatigue elle s'était finalement endormie au petit matin. Elle s'était alors dit que le pire était derrière elle, qu'elle allait pouvoir au moins temporairement arrêter de trembler de peur. Mais lorsqu'elle vit l'homme sortir une baguette de sa poche et la pointer sur elle son sang se glaça dans ses veines. Et tout son corps se tendit d'appréhension lorsqu'elle reconnut les mouvements de baguette.
– Endoloris, fit l'homme, confirmant ainsi ses déductions.
Le sortilège toucha Hermione malgré sa tentative pour l'éviter et tous ses muscles se contractèrent dans l'attente de la douleur provoquée par le sortilège… qui fût étrangement faible. Surprise, Hermione leva son regard vers l'homme, qui semblait tout aussi stupéfait qu'elle. Elle comprit alors que sa protection avait dû absorber une partie du sortilège, et que l'homme n'était visiblement pas au courant de cet état de fait. Se traitant mentalement d'imbécile, Hermione se dit après coup qu'elle aurait dû faire semblant d'avoir mal. Après tout, n'était-ce pas ce qui satisfaisait le plus ces sorciers, entendre les gens crier de douleur ?
– Oh, magie instinctive ? se méprit l'homme.
Il ne semblait vraiment pas au courant de cette histoire de protection, et Hermione se prit à espérer que cela lui permette de ne pas trop souffrir. Elle frissonna en le voyant ranger sa baguette à l'intérieur de sa robe, puis blanchit considérablement lorsqu'il sortit un long couteau de sa poche. Sa barrière ne la protégeait pas du tout contre les attaques physiques.
– On va s'amuser autrement dans ce cas ma chérie, fit l'homme avec un sourire sadique.
Fenrir Greyback n'était pas de ces mangemorts qui avaient rejoint le seigneur des ténèbres pour le pouvoir. Non, il était plutôt de ceux qui avaient rejoint le lord pour pouvoir s'adonner à leurs plus vils penchants, sans en payer les conséquences. Fenrir Greyback s'était ainsi fait un plaisir de torturer et de transformer le plus de monde possible dans les années 80, mais depuis que la guerre s'était finie 11 ans plus tôt il n'avait plus vraiment eu la possibilité d'attaquer des personnes en pleine rue sans encourir le courroux du seigneur des ténèbres.
Il s'était ainsi trouvé un autre passe-temps, consistant à venir torturer les prisonniers qui résidaient parfois dans le château de Serpentard. Ceux-ci ne pouvaient de toute façon pas le dénoncer, puisqu'ils étaient de toute façon là pour être torturés. Et avec la magie, rien n'était plus facile que de faire guérir et disparaître des blessures.
Fenrir Greyback prit ainsi un malin plaisir à faire hurler de douleur la jeune fille, faisant courir son couteau sur tout son corps, plus ou moins profondément. Elle essaya de se débattre bien sûr, mais entre son couteau et les coups qu'il distribuait, elle ne faisait pas vraiment le poids. C'était grisant de l'entendre hurler et de l'entendre le supplier. Il ne s'arrêta que lorsque le regard de sa victime commença à devenir vague, et il contempla avec satisfaction le sang qui s'était répandu sur le sol.
Il reviendrait probablement les jours suivants, cette jeune fille faisait vraiment une agréable victime. Elle n'était pas trop moche non plus, peut-être même qu'il pourrait s'amuser avec elle différemment la prochaine fois. Sur cette réflexion, il nettoya consciencieusement son couteau, le rangea, et lança plusieurs fois le sortilège de guérison, dans lequel il était de fait devenu plutôt expert.
Il perdit assez rapidement sa bonne humeur lorsqu'il se rendit compte que ses sortilèges n'avaient aucun effet. Il avait beau les lancer plusieurs fois, les plaies de la jeune fille restaient toujours aussi ouvertes, et son sang continuait doucement à s'écouler sur le sol. Fenrir Greyback décida alors que sa meilleure solution était encore la fuite, et il s'éclipsa aussi rapidement que possible du château de Serpentard.
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Voldemort releva la tête lorsque la porte de son bureau s'ouvrit. Il se leva, un sourire satisfait sur le visage. Il avait enfin trouvé ce qu'il cherchait. Il allait enfin pouvoir faire tomber cette barrière. Et une fois que cela serait fait, il ne lui serait pas très compliqué d'apprendre à l'ériger de nouveau. Mais son expression satisfaite fit rapidement place à la colère lorsqu'il se rendit compte que seul Crabbe fils, qu'il avait envoyé chercher Hermione Granger avec son acolyte, était revenu, et sans la jeune fille.
– Que se passe-t-il ? demanda-t-il d'une voix glaçante.
– Maître, nous n'étions pas sûr qu'elle puisse survivre au déplacement, fit rapidement Vincent Crabbe.
– Pas sûr qu'elle puisse survivre au déplacement ? répéta lentement Voldemort tout en levant sa baguette.
Vincent Crabbe sentit son sang se glacer et il se dépêcha de répondre avant que le seigneur des ténèbres n'ait le temps de lui jeter un Doloris.
– Elle est blessée maître, il y a du sang partout, expliqua-t-il précipitamment. Très mal en point.
– Endoloris !
Lord Voldemort était furieux. Il était même au-delà de la fureur. Alors qu'il venait enfin d'avoir une bonne idée sur comment faire tomber les barrières de la jeune fille, voilà qu'il apprenait qu'elle se vidait de son sang dans sa cellule ! Si elle lui claquait entre les doigts avant qu'il ne puisse résoudre son mystère il s'assurerait d'écorcher vif les coupables.
Un instant plus tard il transplanait dans la cellule, faisant sursauter Goyle fils qui était toujours là. D'un seul coup d'œil il repéra Hermione, allongée sur le sol, recouverte de sang. Ses yeux étaient vitreux, sa respiration semblait très difficile et elle ne réagit pas à sa vue. D'un geste, Goyle vola en dehors de la pièce, et Voldemort se tourna vers la jeune fille.
Il lança rapidement quelques sorts de diagnostic, mais ceux-ci ne donnèrent rien, trop faibles pour ne pas être absorbés par la barrière d'Hermione. Elle ne devait cependant pas être dans cet état depuis plus d'une demi-journée, sinon l'elfe de maison qui lui apportait ses repas l'aurait prévenu. Sa respiration sifflante prouvait qu'elle était mal en point mais vivante. Et elle avait intérêt à le rester.
Voldemort leva sa baguette et incanta le sortilège de guérison le plus puissant qu'il connaissait. Mais il resta sans effet, et il fit exploser l'un des murs de la cellule de rage. Les sorts médicaux nécessitaient un dosage très précis pour être efficaces, la moindre imprécision pouvant entraîner de graves répercussions. Si même ce sort n'avait aucun effet, la magie ne pourrait pas aider sa prisonnière. Dans son esprit, le seigneur des ténèbres maudit Dumbledore, le temps qu'il avait passé sur cette terre, et ses stupides idées pleines de ratés.
D'un mouvement de baguette sec il convoqua Tyler, le seul de ses mangemorts qui était au courant de l'existence d'Hermione, à l'exception des deux idiots qui servaient de gardes-chiourmes. L'urgence de l'appel était suffisamment importante pour que Tyler Greengrass ne mette que quelques secondes à apparaitre, sa main droite crispée sur son bras gauche qui semblait avoir littéralement prit feu. Il resta un instant interdit devant la scène qui s'offrait à lui, avant d'aviser le visage furieux de Lord Voldemort et de s'incliner avec empressement devant lui.
– Que puis-je pour vous maître ? demanda-t-il.
– Trouve-moi un médicomage moldu capable de réparer ça, ordonna Voldemort. Immédiatement.
Tyler Greengrass jeta un coup d'œil à Hermione Granger. Sort de découpe ? Couteau ? Il n'avait aucune idée de ce qui avait bien pu se passer mais il lui fallait trouver un moldu capable refermer des plaies. Après cet examen rapide, il sortit de la cellule sans demander son reste. L'humeur de Lord Voldemort ne se prêtait ni aux questions, ni à la moindre perte de temps.
Il ne connaissant qu'un seul hôpital moldu, celui où cet imbécile de premier ministre moldu avait été soigné une fois et où il avait dû se rendre pour leur rendez-vous mensuel. Il n'avait pas été ravi à l'époque de devoir se rendre là-bas mais il ne pouvait maintenant qu'être reconnaissant du temps que cela allait lui faire gagner. Il courut presque pour atteindre l'aire de transplanage du château, et ne perdit pas de temps en transplanant directement dans le hall d'accueil de l'hôpital.
Il y eut des sursauts et des cris de frayeur parmi les moldus lorsqu'il arriva, mais il n'y preta guère attention. Il leur enverrait les oubliators après, le plus important étant de ramener aussi vite que possible un médecin compétent au seigneur des ténèbres. Ou il ne donnait pas cher de sa propre peau. Il repéra rapidement le comptoir d'accueil et s'y dirigea d'un pas résolu.
Il y avait une file d'attente non négligeable, et d'un mouvement de baguette habile Tyler jeta un sortilège de confusion à la foule. S'il put passer devant tout le monde sans provoquer d'émoi, la secrétaire, épargnée par son sortilège, le regarda avec un regard noir lorsqu'il se planta devant elle.
– Monsieur je vous prie de faire la queue comme tout…
– Impero, la coupa-t-il sans attendre.
Les yeux de la secrétaire deviennent immédiatement vagues et elle referma la bouche.
– Emmenez-moi à votre médecin le plus compétent. Pour soigner des coupures profondes. Immédiatement.
La secrétaire cligna deux fois des yeux, puis se leva comme un automate et l'entraîna parmi les couloirs de l'hôpital, courant à moitié. Tyler Greengrass jura contre la longueur des couloirs des hôpitaux moldus. Il n'avait pas très bien vu l'état d'Hermione Granger et il avait peur de ramener un médecin trop tard. Pour accentuer ce sentiment d'urgence sa marque n'avait pas arrêté de le bruler férocement. Il était sur le point de perdre patience lorsqu'ils arrivèrent enfin devant une salle avec plusieurs patients et un médecin parmi eux.
– Docteur Alford, fit la secrétaire. Quelqu'un désire vous voir.
L'homme se retourna, un air étonné sur le visage et Tyler Greengrass n'attendit pas sa réponse pour s'avancer vers lui, le saisir par le bras et transplaner immédiatement dans le château Serpentard, guidé par la marque des ténèbres.
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Si le début de la journée du docteur Jonathan Alford avait été des plus classiques, l'après-midi venait de basculer brutalement dans l'improbable. Il avait à peine vu un homme vêtu d'une grande cape noire s'avancer et lui saisir le bras qu'une sensation de compression et d'étouffement prenait possession de lui. Elle ne dura qu'un instant, mais lorsqu'elle s'interrompit il fut encore plus choqué. Il venait de passer en un instant d'une banale chambre d'hôpital à une espèce de cellule moyenâgeuse glauque, dont l'un des murs semblait avoir explosé.
Il écarquilla les yeux en remarquant une jeune fille baignant dans une mare de sang par terre, avant de reporter son regard sur l'homme d'une prestance indéniable face à lui, qui le regardait avec une expression des plus intimidantes. Le premier homme, celui qu'il avait vu dans l'hôpital, lâcha son bras et s'inclina devant l'autre, et Jonathan Alford dû lutter pour essayer de remettre ses pensées en ordres.
– Qu'est ce que que… commença-t-il en bégayant lamentablement.
L'homme menaçant, qui dégageait une colère tellement palpable que le médecin frissonna, fut en un instant sur lui. Il le saisit par l'avant de sa blouse et le regarda d'un regard rouge carmin qui glaça instantanément le sang de Jonathan Alford.
– Arrangez-moi ça, lui ordonna-t-il en désignant la jeune fille. Où son état ne sera rien en comparaison de ce qui vous arrivera.
Jonathan Alford resta un instant figé, avant de se tourner vers la jeune fille et de se rapprocher d'elle. Il ne comprenait rien à la situation. Ni comment il avait atterri ici. Ni qui étaient ces hommes. Ni s'il devait prendre au sérieux la menace. Mais l'homme lui avait demandé une chose, et c'était dans ses cordes. Il agit comme à chaque fois qu'un cas grave arrivait aux urgences chirurgicales de son hôpital : il se concentra sur son patient et oublia tout ce qui se trouvait autour, car tout se jouait parfois à quelques minutes près.
La jeune fille était vivante, elle était même encore consciente, mais son état n'était pas glorieux. Elle semblait avoir reçu des coups de couteaux sur tout le corps, parfois profonds, parfois non. Elle avait aussi des hématomes un peu partout. Peut-être des côtes cassées.
Ses organes vitaux ne semblaient pas touchés, mais le sang qu'elle perdait était alarmant et elle ne semblait pas se rendre compte de ce qu'il se passait autour d'elle. Il fallait poser des compresses rapidement, et une fois que cela serait fait, la jeune fille serait hors de danger. Jonathan fouilla dans ses poches mais il n'avait rien sur lui. Regardant autour de lui, il avisa les draps qui trainaient sur un matelas dans un coin, mais qui étaient tachés de sang. Il se retourna vers les deux hommes, évitant toutefois de croiser le regard rouge qui le mettait particulièrement mal à l'aise.
– Auriez-vous des compresses et du fil à suture messieurs ? demanda-t-il d'un ton professionnel, même si sa voix n'était pas aussi ferme que ce qu'il aurait souhaité.
Il ne put retenir un mouvement de recul lorsque l'homme aux yeux carmin s'approcha de lui.
– Regardez-moi dans les yeux, ordonna-t-il d'une voix glaciale.
La certitude que cet homme pourrait le tuer sans un instant d'hésitation s'insinua désagréablement dans les pensées de Jonathan Alford, mais il releva légèrement sa tête jusqu'à croiser le regard de son vis-à-vis. Il eut le temps de se dire qu'il ne voulait surtout pas être l'objet de la fureur qu'il pouvait y déceler avant d'avoir l'impression que ses yeux venaient de prendre feu. Des images de son lieu de travail s'imposèrent violement dans sa tête, sans qu'il ne puisse rien contrôler.
L'expérience désagréable s'arrêta aussi soudainement qu'elle avait commencé, et Jonathan porta ses mains à ses yeux dans un geste de protection plus qu'instinctif. Jamais il n'avait eu aussi mal aux yeux. Il avait l'impression qu'ils avaient éclatés et fut surpris de se rendre compte qu'il n'avait pas le moins du monde perdu la vue. Avant qu'il ne puisse retrouver ses esprits l'homme le poussa brutalement et il se retrouva juste devant une petite table avec des compresses, organisées exactement comme il en avait l'habitude. Il n'eut qu'une seconde d'hésitation, avant de saisir ce dont il avait besoin et de se mettre rapidement au travail.
Une fois qu'il eut fini de poser des compresses sur toutes les plaies, il se saisit d'une aiguille et du fil à suture résorbable, avant de s'arrêter. Vu la profondeur des plaies, il allait falloir de l'anesthésiant. La jeune fille n'avait pas trop réagi jusque-là, sûrement à cause de la perte de sang, mais recoudre ses blessures allait être particulièrement douloureux sans anesthésie. Prenant son courage à deux mains, il se tourna vers les deux hommes.
– Il faudrait l'amener à l'hôpital pour l'anesthésie messieurs, fit-il.
– Hors de question.
La voix de l'homme avait claqué, sans appel. Et Jonathan Alford jura avoir vu un paquet d'étincelles sortir de sa main droite, avant qu'une partie des débris sur le sol explose en petits morceaux. Il déglutit avant de reprendre la parole.
– Si elle n'est pas endormie, cela sera très douloureux pour elle. Et cela pourrait être dangereux, ajouta-t-il en voyant que la douleur de sa patiente ne semblait pas les émouvoir le moins du monde.
Il eut un moment peur pour sa vie, à la vue de la colère qui s'affichait sur le visage de l'homme, mais finalement celui-ci disparu juste devant ses yeux dans un mouvement de cape. Jonathan Alford cligna des yeux, son étonnement n'ayant plus de limites. Il tourna un regard interrogatif vers l'autre homme.
– Le maître sera rapidement de retour, indiqua-t-il.
Le maître ? Sérieusement ? Il était tombé dans une sorte de mafia… S'il avait encore eu la moindre hésitation sur la dangerosité des hommes en face de lui le doute n'était plus permis. Il retourna près de la jeune fille, examinant par quel endroit il lui faudrait commencer.
Il sursauta de frayeur lorsque le « maître » se rematérialisa dans un pop juste à côté de lui. Il lui tendit une fiole remplie d'un liquide d'une étrange couleur bleutée. Jonathan Alford la prit et hésita. Fallait-il qu'il l'applique sur la jeune fille ? Qu'il lui fasse boire ?
– Faites-lui boire la potion, en entier, dit l'autre homme en voyant son hésitation. Cela devrait la faire dormir une dizaine d'heures.
– A peine deux, commenta le maître avec irritation.
Il irradiait littéralement de colère et Jonathan Alford se sentit obligé d'intervenir.
– Deux heures devraient suffirent.
Aucun des deux hommes ne lui répondit et Jonathan Alford reporta son attention sur la jeune fille. Il la fit délicatement se redresser. Ses yeux étaient toujours dans le vague et elle ne réagissait toujours pas à ce qu'il se passait autour d'elle.
– Mademoiselle, lui fit-il. Il va falloir boire ce que je vous donne d'accord ? Pour que je puisse vous soigner d'accord ? Et ensuite cela ira mieux.
Elle ne semblait pas être en mesure de l'entendre, mais lorsqu'il approcha la fiole de ses lèvres et versa tout doucement le liquide dans sa bouche elle avala par reflexe. Un instant après elle était endormie et Jonathan commença son travail.
– Tyler, tiens-moi au courant.
La voix était froide, coupante, et un instant après un pop se fit entendre dans le dos de Jonathan Alford. Il jeta un coup d'œil derrière lui, et put voir que maître s'était de nouveau volatilisé. Celui qui s'appelait Tyler fit apparaître une chaise sous ses yeux et s'assit dedans comme si de rien n'était, lui faisant signe de se remettre à la tâche.
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Lorsque Tyler rentra dans son bureau, Voldemort était toujours d'une humeur massacrante. Il avait passé sa colère sur le premier imbécile qui lui était tombé sous la main, mais cela ne l'avait guère calmé. Il aurait dû être en train de mettre la main sur les secrets de Dumbledore au lieu de se retrouver à dépendre d'un médecin moldu. Il détestait dépendre de qui que ce soit. Et il détestait encore plus dépendre d'un moldu insignifiant. Il avait même dû se retenir de le torturer pour être sûr qu'il puisse faire son travail correctement ! Il darda un regard noir sur Tyler dès que celui-ci rentra, et ce dernier se dépêcha de s'agenouiller et de parler.
– Elle est hors de danger maître, le médecin a fini, annonça-t-il, espérant que cela diminuerait la fureur du seigneur des ténèbres.
Voldemort lui fit signe de continuer d'un geste sec.
– Il a recousu toutes les plaies. Il pense aussi que certaines côtes sont cassées ou fêlées mais les moldus ne savent pas les réparer.
D'un geste ennuyé Voldemort conjura une fiole de Poussos qu'il fit léviter jusqu'à Tyler.
– Comment faut-il la doser maître ? demanda prudemment le mangemort.
– Trois fois la dose normale, répondit Voldemort.
Il se leva, et entraînant Tyler à sa suite descendit vers les cachots. Il voulait voir par lui-même l'état de la jeune fille, et savoir de combien de temps cet incident allait décaler la dislocation de la barrière magique. Comme il ne savait pas exactement l'effet du sort qu'il avait inventé, il allait de plus devoir attendre qu'elle soit un minimum remise pour tenter quoi que ce soit.
Un raccourci bien placé plus tard ils étaient dans la cellule. Hermione était allongée sur le sol, toujours endormie, quasiment l'intégralité de son corps recouverte de bandages blancs. Malgré le sang qui se trouvait toujours sur les draps du lit et le sol, la scène était bien plus calme que précédemment. Le médecin, accroupi à côté d'elle, se releva prestement lorsqu'ils entrèrent. Ses mains tremblaient mais il se tient droit face à eux.
– Que faut-il faire maintenant ? lui demanda Voldemort.
Le médecin pâlit et Voldemort retient un soupir exaspéré. Il avait pour le moment d'autres priorités que celles de terroriser un médecin moldu. Sa mort viendrait de toute façon bien assez vite.
– Il faut simplement attendre monsieur, répondit le médecin d'une voix légèrement tremblante. Ses blessures devraient mettre quelques jours à s'apaiser, il lui faut un maximum de repos et euh… peut-être un endroit moins propice aux bactéries ?
Voldemort jeta un œil autour de lui, aux murs et au sol humide et froid en ce mois de novembre, ainsi qu'au matelas un peu trop usé à même le sol, et au mur qu'il avait pulvérisé un peu plus tôt. Le sang rendait l'endroit encore plus sordide et Voldemort devait convenir que s'il voulait qu'Hermione Granger se remettre rapidement sa cellule n'était pas des plus adaptée.
Il fit un signe à Tyler Greengrass, qui lança immédiatement un sortilège de lévitation sur la jeune fille, qui s'éleva à peine de quelques centimètres. L'air exaspéré de son mangemort fit hausser un sourcil hautain à Voldemort.
– Pardon maître, j'avais oublié, soupira à moitié Tyler.
Il reposa doucement le corps de la jeune fille sur le sol, avant de faire apparaître une planche en dessous d'elle et de faire léviter celle-ci. Il sortit en premier de la pièce. Voldemort se tourna vers le médecin, et lui fit signe de passer devant lui, un sourire cruel au coin de lèvres.
– Après-vous docteur Alford, fit-il d'un ton méprisant.
Voldemort manipula une fois de plus le château pour ne pas perdre de temps, et ils furent en quelques instants arrivés à leur destination, une suite d'invités parmi tant d'autres du château avec un salon, une chambre et une salle de bain. Tyler déposa la jeune fille sur le lit et fit disparaître la planche. La jeune fille ne bougea pas, et resta allongée sur le dos, profondément endormie. Détournant son regard, Voldemort s'adressa au médecin.
– Vous allez rester ici docteur Alford, et vous assurer qu'elle guérisse au plus vite.
– Mais… commença le médecin.
– Silence, ordonna sèchement Voldemort. Tyler, assure-toi que ce cher médecin fasse ce que l'on attend de lui. Et amène moi Hermione dès qu'elle sera capable de tenir debout.
Puis il disparut.
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Lorsqu'Hermione se réveilla, elle se rendit compte qu'elle avait mal partout, mais qu'elle était allongée dans un lit incroyablement confortable, ce qui ne lui était pas arrivé depuis trois mois. Elle ouvrit les yeux et essaya de se redresser mais la douleur qui la parcourut soudainement l'en empêcha. Elle laissa échapper un petit cri, et un homme qu'elle ne connaissait pas rentra immédiatement dans son champ de vision.
– Calmez-vous mademoiselle, vous risquez de vous faire mal si vous bougez, vos côtes sont en mauvais état, lui fit-il.
Hermione tourna sa tête vers lui. Analysant au passage qu'elle se trouvait dans une grande chambre, richement décorée.
– Qui êtes-vous ? demanda-t-elle. Que voulez-vous ?
– Je suis le docteur Alford. Je vous ai soignée hier. J'ai fait des points de suture pour la plupart de vos plaies, mais il faut que vous restiez allongée en attendant que vos côtes se ressoudent. Vous devriez aller un peu mieux d'ici quelques jours.
Hermione le regarda avec incrédulité, ne parvenant pas à comprendre ce qui s'était passé, ni comment elle était arrivée ici. Se pourrait-il qu'elle ne soit plus au château du seigneur des ténèbres ?
– Où suis-je ? demanda-t-elle.
– Ah, euh, je ne sais pas trop. C'est celui que se fait appeler maître qui vous a fait transporter ici.
La petite lueur d'espoir qui grandissait en Hermione s'éteignit d'un coup. Il ne devait pas y avoir beaucoup de psychopathes qui se faisaient appeler maître… Puis elle enregistra les paroles de son vis-à-vis.
– Vous ne savez pas où vous êtes ? demanda-t-elle.
Il ne devait pas être sorcier. Il avait l'air encore plus perdu qu'elle, et elle remarqua qu'il semblait assez nerveux.
– Eh bien, j'ai atterri ici alors que j'étais en plein milieu de mon service et ils ne m'ont pas laissé repartir pour le moment.
Visiblement, l'enlèvement n'était vraiment pas un problème pour les sorciers. Avant qu'Hermione ne puisse répondre quelque chose la porte s'ouvrit. Hermione releva légèrement la tête et vit apparaître Tyler Greengrass. Le médecin s'éloigna brusquement d'elle et Hermione put remarquer la tension soudaine qui l'habitait, ainsi que le regard apeuré qu'il portait sur Tyler. Ce dernier s'approcha d'eux et Hermione lui lança un regard venimeux. Après tout, c'était en partie de sa faute si elle s'était retrouvée là à l'origine. Il sortit de sa robe une fiole de potion, qu'il lui tendit sans un mot.
– Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle, méfiante.
– Une potion pour ressouder vos côtes mademoiselle Granger. Cela sera douloureux mais cela vous évitera de rester alitée pendant des jours.
Hermione doutait que cela soit vraiment pour son bien-être qu'il ait apporté la portion, mais elle ne voyait pas vraiment de moyen, ni d'intérêt d'ailleurs, à se dérober. Elle essaya de lever ses bras pour prendre la fiole, mais la douleur dans sa poitrine l'arrêta immédiatement.
– Je vais vous aider, fit Tyler Greengrass.
Avant qu'elle ne puisse lui répondre qu'elle n'avait absolument aucune envie qu'il l'aide, il lui releva la tête d'une, et versa doucement le liquide dans sa bouche. Elle avala pour ne pas s'étouffer. Il ne se passa rien au début, puis la douleur se répandit dans son torse et elle dut se retenir pour ne pas crier. La douleur était lancinante, et si elle n'avait rien à voir avec le Doloris elle n'en était pas pour autant agréable. Cela dura quelques minutes, avant qu'elle ait de nouveau moins mal. Elle reprit difficilement sa respiration, devant l'air impassible de Tyler Greengrass et celui plus inquiet du médecin, qui semblait se retenir d'intervenir.
– Pouvez-vous vérifier si cela a marché ? demanda Tyler Greengrass au médecin.
Hermione avisa les mains tremblantes du médecin lorsque Tyler s'adressa à lui. Il n'était définitivement pas là de son plein grés.
– Je vais examiner vos côtes mademoiselle, si cela vous fait mal, c'est qu'elles ne sont pas totalement réparées. Dans ce cas, dites-le-moi, d'accord ?
Hermione hocha la tête. Son examen prit quelques minutes, assez désagréables pour Hermione, mais rien à voir avec la douleur qu'elle avait ressenti plus tôt.
– Eh bien, j'ai l'impression que toutes les côtes sont à nouveau en place, fit l'homme d'un ton étonné. Pouvez-vous lever les bras ?
Hermione tenta de lever les bras. Elle avait mal, mais c'était supportable.
– On dirait que ça a bien marché monsieur, fit le médecin.
– Parfait, répondit Tyler avant de se tourner vers Hermione. Debout mademoiselle Granger.
– Surement pas ! fit le médecin.
Un regard noir fut envoyé au médecin qui recula d'un pas et blanchit instantanément, visiblement effrayé par son sursaut de spontanéité.
– Je… enfin… elle ne peut pas vraiment faire cela sans danger monsieur, expliqua-t-il. Cela risque de rouvrir ses blessures si elle bouge maintenant.
Hermione devait lui reconnaitre une certaine forme de courage, et le remercia silencieusement dans sa tête. Elle ne se sentait pas du tout en état de se lever sans souffrir le martyr. Tyler Greengrass par contre semblait passablement énervé, et Hermione sentit un frisson glacé la parcourir. S'il voulait qu'elle se lève, cela avait sûrement à voir avec une quelconque entrevue avec le seigneur des ténèbres. Et Hermione n'avait absolument aucune envie de se retrouver face au seigneur des ténèbres.
– Combien de temps avant qu'elle ne puisse se lever ? demanda Tyler au médecin.
– Quelques jours seraient prudents.
– Ne vous moquez pas de moi, répondit Tyler d'un ton tranchant. Dites-moi combien de temps au minimum.
– De… demain matin cela devrait être possible, balbutia le médecin.
Tyler Greengrass sembla hésiter un instant, son regard oscillant entre Hermione et le médecin, mais il finit par acquiescer sèchement.
– Venez avec moi docteur, fit Tyler d'un ton dangereux.
Hermione ouvrit la bouche pour essayer de défendre le médecin, mais Tyler la coupa.
– Silence mademoiselle Granger, et calmez-vous. Je vous assure que vous ne voulez pas retarder votre guérison. Appelez Dory si quelque chose qui ne va pas, ajouta-t-il en sortant de la pièce.
– Vous n'avez pas le droit de disposer des gens comme ça ! cria Hermione dans son dos.
Mais Tyler Greengrass ne prit pas la peine de lui répondre et la porte claqua derrière lui.
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A/N : Merci à tous d'avoir lu ce chapitre !
