Bonjour,
Comme d'habitude merci à tous les reviewers, followers, favoris et lecteurs. J'espère que vous aimez toujours l'histoire :)
Ci-dessous un nouveau chapitre.
Bonne lecture,
Perhentian
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Chapitre 8 – Novembre - Décembre 1998
Malgré sa nervosité, Hermione s'était rendormie juste après le départ de Tyler Greengrass et du docteur Alford. Lorsqu'elle se réveilla de nouveau, le jour commençait à tomber et elle en déduisit que c'était déjà la fin de l'après-midi. Elle essaya de se redresser et n'y parvint qu'à grand peine. Dès qu'elle faisait le moindre mouvement elle avait l'impression que ses blessures prenaient feu. Une fois de plus elle eut une pensée reconnaissante pour le médecin qui avait empêché Tyler Greengrass de la faire se lever plus tôt dans la journée.
Elle repéra Dory dans un coin de la pièce, qui la surveillait visiblement, mais à part cela la chambre était vide et Hermione en profita pour l'observer. C'était une grande pièce, décorée avec élégance, dans des tons verts et beiges. Le lit trônait au milieu de la pièce, et il y avait aussi une grande armoire et une table. Il y faisait bon, et Hermione fut étonnée de se rendre compte à quel point le simple fait d'avoir chaud la rendait heureuse. Elle remarqua aussi qu'il y avait une horloge sur l'un des murs, indiquant qu'il était prés de 18h. C'était fou comme le fait d'avoir chaud et d'avoir l'heure lui semblait maintenant un luxe incroyable.
Hermione ne comprenait pas trop ce qui lui était arrivé. Les horribles moments avec l'homme aux cicatrices, les quelques souvenirs flous de la nuit où le médecin était arrivé, puis son réveil dans cette chambre, avec Tyler Greengrass et le médecin la soignant. Pourquoi ? Et où était le seigneur des ténèbres ? L'avait-il faite agresser puis soigner pour pouvoir ensuite de nouveau la torturer ? Qu'est ce qui allait lui arriver dans jours qui venaient ?
Sentant la panique monter en elle, Hermione se décida à essayer de se déplacer jusqu'à la porte en face du lit, qui devait mener vers la sortie. Avec un peu de chance, Tyler Greengrass avait peut-être oublié de la fermer ? Serrant les dents sous le coup de la douleur, elle se traina vers le bord du lit. Elle s'apprêtait à se lever lorsque Dory se mit juste devant elle.
– Mademoiselle Hermione ne doit pas se lever ! fit l'elfe.
Hermione décida d'ignorer l'elfe et se redressa à l'aide de ses mains. Elle n'était pas encore debout qu'une faible pression sur sa poitrine la fit doucement basculer vers l'arrière. Elle regarda avec étonnement les mains de l'elfe, tendues devant elle.
– Dory ne doit pas laisser mademoiselle Hermione se lever, Dory est désolée, fit l'elfe d'une voix malgré tout ferme.
– Tu peux faire de la magie ? s'étonna Hermione. Comme les sorciers ?
– Dory ne peut pas faire de la magie comme les grands sorciers mademoiselle Hermione. Dory ne peut faire que de la magie elfique. Beaucoup, beaucoup moins puissant. Mais Dory ne doit pas laisser mademoiselle Hermione se lever.
Hermione jura dans sa tête. Elle ne pensait pas que l'elfe pouvait faire de la magie. Puis elle s'étonna. Si la magie de l'elfe n'était pas puissante, comment pouvait-elle passer son bouclier ? Elle se rendit alors compte qu'elle était vêtue d'une sorte de chemise de nuit informe et comprit que l'elfe avait dû spécifiquement viser ses vêtements. Sous les yeux effarés de Dory elle enleva doucement la chemise de nuit, et posa un pied sur le sol.
– Non, non, mademoiselle Hermione ! Vous ne devez pas vous lever ! s'affola l'elfe.
Elle essaya de nouveau de l'arrêter avec la magie mais n'y parvint pas et Hermione poussa un soupir de satisfaction. Elle se redressa complètement, mais tomba rapidement au sol sous le coup de la douleur dans ses jambes, se faisant au passage encore plus mal. Elle étouffa un cri et essaya d'ignorer la douleur. Elle se demandait encore s'il valait mieux tenter de se relever de nouveau, ou ramper jusqu'à la porte, lorsqu'une nouvelle décharge magique la fit reculer vers le lit.
Hermione releva la tête vers Dory, qui, avec un air déterminé, visait… ses bandages !
– Mademoiselle Hermione vous devez retourner dans le lit, ordonna l'elfe.
Hermione hésita un instant à enlever tous les bandages sur son corps, puis se ravisa, ayant trop peur de rouvrir toutes ses blessures. Elle frissonna lorsque des images de la veille lui revinrent en mémoire. Son sang coulant doucement sur le sol de sa cellule. Ses pensées qui devenaient de plus en plus floues. Le rire de l'homme devant ses vains efforts pour se protéger. Elle secoua la tête pour chasser ces images et essaya rapidement de trouver un moyen de ne pas retourner dans le lit.
– Mais… mais j'ai besoin d'aller aux toilettes ! improvisa-t-elle.
Elle eut tout le temps de regretter. En premier lieu, Dory ne la lâcha pas d'une semelle et l'obligea à aller vers la deuxième porte, donnant vers une magnifique salle de bain. Et en second lieu, elle constata que tenir debout plus de trois pas lui était absolument insupportable.
Après cet épisode, Hermione se résigna à rester alitée, et passa ce qu'il restait de la journée à alterner entre des phases de sommeils, et des phases où elle regardait le plafond, son esprit vagabondant dans un monde imaginaire parfait, seule distraction qu'elle s'était trouvée ces dernières semaines quand elle s'ennuyait, pour éviter de sombrer dans les noires pensées qui arrivaient dès qu'elle songeait à l'avenir. Au moins elle pouvait ici profiter d'un vrai lit, ce qui ne lui était pas arrivé depuis qu'elle était au château, et la nourriture que lui apporta Dory pour son diner était aussi de bien meilleure qualité que tout ce à quoi elle avait eu le droit depuis le début.
Cependant, malgré ses efforts pour rester calme, elle ne s'endormit que tard dans la nuit, angoissant vis-à-vis du retour de Tyler Greengrass le lendemain et de ce que l'avenir lui réservait.
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Ce n'est qu'en fin de matinée que Tyler Greengrass et le docteur Alford revinrent, et Hermione les attendait assise sur son lit, le visage fermé pour empêcher sa peur de prendre le dessus. L'atmosphère de la pièce était tendue, et il était difficile de dire qui d'Hermione, du docteur Alford ou de Tyler Greengrass était le moins heureux d'être là.
Le docteur Alford parvint à rester professionnel malgré son angoisse apparente. Il lui demanda de se déshabiller et enleva ses bandages un a un pour vérifier que tout cicatrisait correctement. Voyant que cela la gênait, Jonathan Alford procéda courtoisement zone par zone, recouvrant ensuite son corps en utilisant le drap du lit.
Tyler Greengrass lui suivait les mouvements du médecin sans détourner les yeux et Hermione fini par tourner sa tête vers le mur opposé pour ne plus croiser son regard qui la mettait mal à l'aise.
– Alors ? demanda Tyler Greengrass d'un ton sec.
– C'est en bonne voie, répondit le docteur Alford.
– Parfait, commenta Tyler Greengrass.
– Il faudrait tout de même attendre quelques jours de plus avant de que mademoiselle Granger ne puisse se déplacer, pour être sûr qu'il n'y ait pas de complications, rajouta le médecin.
Un simple coup d'œil de Tyler Greengrass suffit à le faire trembler comme une feuille.
– N'oubliez pas votre place docteur. D'ailleurs, je vais vous raccompagner. Mademoiselle Granger, je serai de retour dans un instant.
Hermione regarda Tyler Greengrass saisir fermement le médecin, et l'entraîner vers la sortie. Elle en profita pour remettre la chemise de nuit, n'appréciant que moyennement que l'homme ait pu voir son corps dénudé. Au passage elle détailla son corps et la vue de ses blessures failli lui retourner l'estomac. Des cicatrices rouges commençaient à se former à la place de ses anciennes blessures, les fils à suture bien visibles. Elle avait l'impression que sa peau était devenue un immense patchwork, et elle avait beau savoir que cela allait s'atténuer le résultat était pour le moment effrayant. Et si Hermione n'était pas particulièrement portée sur son apparence, elle ne pu s'empêcher de se sentir mal.
Il ne fallut que quinze minutes pour que Tyler Greengrass revienne de nouveau, et lorsqu'il s'approcha d'elle elle le regarda avec une pointe d'appréhension.
– Je vous ai amené de quoi vous habiller mademoiselle Granger, fit Tyler en déposant un tas d'habits au pied de son lit.
Il la regarda un instant de la tête aux pieds avant de continuer.
– Allez prendre une douche avant. Vous avez 20 minutes, je vous attendrai dans le salon juste à côté.
– Et si je refuse ? demanda Hermione avec une pointe de défi dans la voix.
– Ne m'obligez pas à vous forcer la main mademoiselle. Vous savez bien que vous ne gagnerez pas ce combat-là, répondit Tyler avec condescendance.
Il tourna ensuite les talons et sortit de la chambre. Hermione attendit quelques secondes, puis se leva et fit quelques pas. Cela faisait toujours mal, mais elle pouvait de nouveau tenir debout. Elle regarda l'heure à l'horloge, saisit le tas de vêtements apportés par Tyler et se dépêcha de se lever et d'aller dans la salle de bain.
La sensation de l'eau chaude sur sa peau était incroyable, et seule son appréhension la fit rapidement sortir de la douche. Elle enfila ensuite la robe fournie par Tyler. Il s'agissait d'une simple robe noire, semblable à celles que portaient les sorciers, mais indubitablement plus féminine. Pour la première fois depuis longtemps Hermione se sentit correctement habillée. Malgré l'instabilité de sa situation, Hermione se surprit à ressentir une grande sensation de confort à sentir bon et à porter des habits vraiment propres.
En effet, depuis qu'elle était emprisonnée au château de Serpentard, elle n'avait eu que de l'eau froide pour se laver, sans ne serait-ce que du savon. Quant à ses vêtements, elle n'avait eu que ceux qu'elle portait lorsqu'elle avait été capturée. Elle les avait lavés comme elle avait pu de temps en temps, mais cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas senti la douceur d'un tissu propre contre sa peau, et la bonne odeur du shampoing.
Lorsqu'elle sortit de la chambre par la porte qu'elle avait désespérément essayé d'atteindre la veille, elle constata qu'il y avait effectivement un salon attenant, avec plusieurs canapés et des chaises entourant une table basse, à côté d'un feu. Tyler Greengrass se leva et lui fit signe de la suivre.
– Où allons-nous ? demanda-t-elle craintivement.
– À votre avis ? répondit calmement Tyler Greengrass.
Hermione baissa la tête et ne répondit pas, la peur montant en elle. Tyler Greengrass l'emmenait voir le seigneur des ténèbres, et elle ne pouvait que craindre ce qui allait se passer. Ils marchèrent lentement, mais même ainsi chaque pas fit souffrir Hermione. Ils finirent par arriver devant les portes du bureau du seigneur des ténèbres, et Hermione ferma les yeux un instant pour calmer la tension qui avait envahi son corps. Dès qu'ils entrèrent, Tyler l'entraîna vers le milieu de la pièce et l'aida à s'agenouiller. Hermione grimaça de douleur, mais aucun son ne franchit ses lèvres.
– Debout, fit sèchement le seigneur des ténèbres.
Hermione trembla en entendant la colère dans sa voix, mais se releva en même temps que Tyler Greengrass. Le seigneur des ténèbres fit signe à ce dernier de sortir et elle se retrouva trop vite seule face à lui. Prenant son courage à deux mains, elle releva les yeux et rencontra ceux du seigneur des ténèbres.
Voldemort détailla du regard Hermione. C'était la première fois qu'il la voyait avec une robe de sorcière. Elle avait dû prendre une douche aussi, parce que ses cheveux étaient encore mouillés, et qu'elle était indubitablement moins crasseuse. Elle se tenait droite et le regardait dans les yeux, mais comme toujours il pouvait lire sa peur dans la crispation de son corps. La souffrance qu'elle ressentait à rester debout était elle aussi évidente, mais Voldemort n'en avait que faire. La robe noire qu'elle portait couvrait quasiment l'intégralité de son corps, mais laissait apparent son cou et un léger décolleté. Et la vue des cicatrises rougeâtres parcourant la peau autrement très blanche fit augmenter d'un cran la fureur que le seigneur des ténèbres ressentait depuis deux jours.
Hermione ne bougea pas lorsqu'il s'approcha brusquement d'elle, sachant bien qu'elle ne pourrait de toute façon pas fuir. Elle le regarda approcher, et déglutit d'appréhension en lisant la colère sur tous les traits de son visage. Lorsqu'il fut juste devant elle, il ne dit rien, mais leva sa main et parcourut du doigt la cicatrice qu'elle avait maintenant sur sa joue droite et qui descendait jusque dans son cou. Hermione grimaça sous le contact douloureux mais ne bougea pas, son cœur battant à la chamade de peur, sa respiration complétement bloquée. Il parcourut ensuite du doigt l'autre cicatrice visible, qui descendait de son épaule gauche et qui s'arrêtait juste au-dessus de sa poitrine. Cette fois-ci Hermione ne put retenir un cri de douleur lorsqu'il appuya plus fortement dessus. Son regard revient alors sur elle.
– Qui était-ce ? demanda-t-il.
Il irradiait maintenant d'une colère maitrisée qui n'en était que plus terrifiante. Une colère froide qui pétrifia Hermione. Un frisson parcourut son dos et ses mains se mirent à trembler sans qu'elle ne puisse les maitriser.
– Réponds moi Hermione.
Le fait de ne pouvoir avoir l'information directement par legilimencie l'agaçait au plus haut point et sa baguette le démangeait.
– Je ne sais pas, répondit précipitamment Hermione de peur de le voir perdre patience. Un homme, grand, avec des longs cheveux gris, et beaucoup de cicatrices sur le visage.
– Fenrir, murmura Voldemort.
– Il a dit qu'il venait de votre part, rajouta Hermione espérant comprendre pourquoi le seigneur des ténèbres était autant en colère.
– De ma part ? répéta froidement Voldemort. Et que t'a-t-il dit d'autre Hermione ?
Il s'était approché encore plus près d'elle, ses yeux fixés dans les siens, et Hermione dû s'y reprendre à deux fois avant de réussir à répondre.
– Qu'il venait pour me punir de votre part, parce que je n'avais pas été… sage, répondit-elle. C'était à cause de vos livres n'est-ce pas ?
Le seigneur des ténèbres la regarda avec froideur, toujours aussi proche d'elle, et Hermione dut lutter pour ne pas reculer devant lui. Puis il s'éloigna d'elle et un sourire cruel apparut sur le visage de Lord Voldemort. Hermione sentit un frisson glacé descendre le long de sa colonne vertébrale. Elle commençait à comprendre que ce n'était pas le seigneur des ténèbres qui était responsable de son agression. Et qu'il était absolument furieux de cet évènement. Elle le vit faire un petit mouvement de baguette qu'elle ne connaissait pas, mais rien d'immédiat ne se produisit.
– Que se pa… , commença Hermione.
– Silence.
La voix du seigneur des ténèbres était froide et sans appel, et Hermione referma la bouche. Elle resta plantée au milieu de la pièce plusieurs minutes, ne sachant pas quoi faire. Elle se dandinait d'un pied sur l'autre, luttant pour ne pas bouger alors que son corps souffrait de rester debout aussi longtemps. Enfin le sifflement caractéristique du langage des serpents s'éleva du tableau et le seigneur des ténèbres s'anima.
– Assied-toi là-bas, ordonna-t-il.
Il lui désignait un siège dans un coin de la pièce, et Hermione s'y dirigea avec soulagement. Elle s'était à peine assise que les portes du bureau s'ouvraient, et son agresseur entrait dans la pièce. Instinctivement, Hermione s'enfonça dans le fauteuil.
Fenrir Greyback s'agenouilla immédiatement devant le seigneur des ténèbres et baissa les yeux.
– Que puis-je pour vous maître ? demanda-t-il.
– Relève toi Fenrir, fit froidement Voldemort.
L'homme se releva et Hermione put voir que le ton du seigneur des ténèbres l'avait mis mal à l'aise. Lorsqu'il remarqua la présence de la jeune fille, il blanchit considérablement, et le seigneur des ténèbres qui avait suivi son regard sembla devenir plus menaçant que jamais.
– Est-ce lui ? demanda-t-il à Hermione.
Hermione hocha simplement la tête.
Voldemort sortit sa baguette avec une nonchalance feinte. La colère qui l'habitait depuis deux jours avait enfin trouvé un exécutoire. Ce n'était pas la première fois que Fenrir franchissait les limites, et cette fois-ci la rage de Lord Voldemort était à son comble. Comment le loup-garou avait-il pu oser jouer avec ce qui lui appartenait ? Comment avait-il pu être suffisamment stupide pour la laisser à moitié morte dans sa cellule ? Comment avait-il pu ne serait-ce que penser contrarier ses plans ?
– Et bien Fenrir, il semblerait que ma charmante invitée ne garde pas un très bon souvenir de ta visite…
Un tremblement agita le loup-garou, qui se remit immédiatement à genoux.
– Maître je vous en prie, je…
– Endoloris ! fit le seigneur des ténèbres.
Hermione regarda avec une fascination morbide le sort toucher son agresseur, avant que celui-ci ne se mette à hurler de douleur et à se convulser sur le sol. Les mouvements que faisait son corps semblaient complètement anormaux, dérangeants même, et Hermione se demanda si c'était à cela qu'elle ressemblait lorsqu'elle se tordait de douleur sur le sol sous le coup du Doloris.
C'était la deuxième fois qu'elle voyait le seigneur des ténèbres torturer l'un de ses hommes, et il n'avait pas l'air plus tendre qu'avec elle. La dernière fois qu'elle l'avait vu aussi furieux, c'était lorsqu'elle avait tenté de dérober sa baguette. Mal à l'aise, Hermione essaya de disparaître dans son fauteuil. Elle ne pouvait nier qu'une part d'elle était satisfaite du sort de l'homme, mais cette part fut vite étouffée par les hurlements de douleur. C'était long, très long, et Hermione se demanda comment l'homme faisait pour être encore vivant.
Enfin les cris cessèrent et Hermione en déduisit que le seigneur des ténèbres avait levé son sortilège. Elle regarda d'abord l'homme au sol, qui gémissait et peinait à se remettre à genoux. Puis son regard se porta sur le seigneur des ténèbres, et elle frissonna en voyant son expression. Calme. Beaucoup trop calme.
– Maître… croassa Fenrir Greyback d'une voix cassée.
– Enflamare.
C'était la première fois qu'Hermione entendait ce sort. Sa curiosité prit le dessus un instant, avant que l'horreur du sortilège ne la frappe de plein fouet. Des brulures étaient en train d'apparaître sur la peau de Fenrir Greyback, alors que celui-ci hurlait de nouveau de douleur. Comme s'il était en train de bruler vif. Lorsque l'odeur de brûlé parvient jusqu'à elle, Hermione eut un haut le cœur. Elle se leva sous le choc de ce qu'elle venait de voir, et s'apprêtait à protester lorsque le seigneur des ténèbres, qui devait avoir vu son mouvement lui lança un regard meurtrier. Elle retomba faiblement dans le fauteuil, son esprit complétement affolé par ce qui se passait sous ses yeux.
Lorsque le sort s'arrêta, l'homme était recouvert de plaies sanguinolentes, mais cela ne l'empêcha pas de se traîner sur le sol jusqu'aux pieds du seigneur des ténèbres.
– Maître je pensais vous faire plaisir, s'il vous…
– Osseus rupti.
Hermione ne put s'empêcher de crier lorsqu'elle entendit le bras de l'homme se briser. Le bruit lui-même était atroce, mais ce fut la vue de l'os qui sortait maintenant du bras de l'homme qui la fit réagir. Elle ne pouvait supporter de voir quelqu'un se faire torturer froidement. On ne punissait pas les gens en les torturants, quels que soient leurs crimes. C'était complètement faux, faux sur toute la ligne.
– Arrêtez-ça ! fit-elle en s'avançant résolument vers le seigneur des ténèbres.
Le seigneur des ténèbres se tourna vers elle et Hermione se figea. Ses yeux carmin étaient remplis de rage, et Hermione était sûre qu'ils pouvaient brûler d'un simple regard.
– Décidément, toi non plus tu ne sais pas rester à ta place, fit-t-il froidement. Viens ici.
Mais devant sa fureur Hermione fut incapable de faire un pas de plus, et il vint alors vers elle, l'attrapa par le bras et la traîna avec lui au centre de la pièce. Elle tituba et sa prise sur son bras s'accentua, le rapprochant de lui. Leurs corps se touchaient, et le parfum raffiné du seigneur des ténèbres l'entoura, contrastant étrangement avec la scène se déroulant sous ses yeux. Elle se demanda si son cœur allait la lâcher tellement elle était effrayée.
– S'il vous plait arrêtez, réussit-elle néanmoins à articuler.
– Je ne fais que commencer Hermione, fit-il au creux de son oreille d'une voix dangereuse. Regarde ce qui advint de ceux qui me désobéissent.
Sans la lâcher, le seigneur des ténèbres leva de nouveau sa baguette, et le deuxième bras de l'homme subit le même sort que le premier. Puis ce fut le tour de ses jambes. La voix de l'homme s'était brisé depuis longtemps et les sons qu'il émettait ne semblaient même plus humains. Lorsque le seigneur des ténèbres commença à utiliser des sortilèges de découpe, Hermione céda à ce qu'elle considérait comme de la lâcheté et ferma les yeux. Mais cela ne la rendit malheureusement pas sourde, et les minutes qui suivirent lui semblèrent les plus longues de sa vie.
Lorsque le seigneur des ténèbres la relâcha enfin, ses jambes ne la partaient plus depuis longtemps et elle tomba par terre. Le contact du sol lui fit rouvrir les yeux. À quelques mètres d'elle Fenrir Greyback n'était plus qu'un corps brisé baignant dans son sang, et cette fois-ci Hermione ne put s'empêcher de vomir tout ce qu'elle avait dans le ventre. Son corps entier était agité de tremblements.
– Tu as de la chance d'être un serviteur utile Fenrir, mais ma clémence ne se reproduira pas, suis-je bien clair ? fit Voldemort.
– Oui maître, répondit d'une voix cassée Fenrir.
Voldemort regarda avec dédain le corps de Fenrir devant lui, avant de lancer un Stupefix suivi d'un sortilège d'oubliette. Le loup-garou ne se souviendrait pas d'Hermione Granger. Mais il se souviendrait très bien de la colère de Lord Voldemort. Il appela ensuite Tyler, qui arriva dans le bureau en quelques secondes. Son visage resta impassible devant l'état de Fenrir Greyback et il s'inclina devant le seigneur des ténèbres.
– Fais-le sortir, ordonna Voldemort.
Tout comme elle avait regardé sans réagir Tyler Greengrass rentrer dans la pièce et s'incliner, Hermione ne vit que partiellement Tyler soulever Fenrir Greyback par magie et sortir de la pièce avec lui. Son regard restait fixé sur l'énorme tache de sang qui imprégnait le tapis devant elle. Elle avait l'impression que l'odeur de brulé emplissait toujours la pièce, et elle ne parvenait pas à reprendre ses esprits.
– Debout, ordonna Voldemort.
Hermione n'enregistra pas que c'était à elle qu'il parlait, encore beaucoup trop choquée par ce qui venait de se passer. Elle ne réussit à détacher son regard du tapis que lorsqu'elle fut violemment relevée. Elle cria de douleur, et dut se retenir au bureau derrière elle pour ne pas retomber.
– Je déteste me répéter, fit le seigneur des ténèbres celui-ci d'une voix froide.
– Dé… désolée, je suis désolée, répondit Hermione, complétement affolée.
Elle se demanda un instant s'il allait maintenant passer sa colère sur elle. Si elle allait finir dans le même état que son agresseur. Le seigneur des ténèbres resta figé pendant quelques instants, puis il parut se détendre et Hermione sentit les battements frénétiques de son cœur se calmer un petit peu.
Voldemort relâcha la jeune fille devant lui. Elle était vivante. Il allait pouvoir finir ses expériences. Il allait enfin pouvoir mettre la main sur tout ce que Dumbledore avait essayé de lui cacher. Il allait personnellement s'assurer que personne ne puisse rentrer dans sa chambre sans son accord, et dès que ce moldu de médecin déclarerait qu'elle était totalement remise il briserait sa protection.
Il regarda la jeune fille se redresser légèrement, son regard interrogatif fixé sur lui. Puis elle sembla remarquer qu'elle s'agrippait toujours à son bureau et elle éloigna précipitamment ses mains. Il remarqua avec un léger amusement qu'elle ne put s'empêcher de regarder au passage les livres qui étaient posés sur son bureau, avant de le regarder de nouveau avec un regard effrayé. Sa fascination pour les livres était presque malsaine et Voldemort se demanda si elle voulait les lire dans l'espoir de trouver une échappatoire, ou si toute la connaissance contenue dans ces livres l'intéressait vraiment.
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Le lendemain matin Hermione se réveilla en sursaut. Elle avait passé une après-midi et une nuit affreuse, ne pouvant s'empêcher de voir des mares de sang remplir sa vision dès qu'elle fermait les yeux. Elle se recroquevilla sur son lit, et resta dans cette position jusqu'à ce que Dory lui apporte son petit déjeuner. Elle allait lui dire qu'elle n'avait aucune envie de manger lorsqu'elle remarqua que l'elfe avait aussi déposé un livre sur la table.
Elle se leva, et s'approcha de la table. Elle hésita à prendre le livre, les événements ayant suivi la dernière fois qu'elle avait touché un livre encore trop présents dans sa mémoire. Puis Hermione se décida à le prendre et en parcourut le titre. "Le livre des sorts et enchantements (niveau 1)", de Miranda Fauconnette. Ne jetant même pas un œil au petit déjeuner devant elle, elle s'empressa de feuilleter le livre. Il s'agissait d'une sorte de manuel scolaire, pour les débutants en enchantements.
Elle n'émergea de sa lecture que plusieurs heures plus tard, lorsque l'elfe lui apporta de quoi se nourrir pour le déjeuner. Elle engloutit son repas sans même y faire attention, puis passa le reste de la journée à apprendre par cœur le livre, ainsi que tous les mouvements de baguette.
Un monde entier se découvrait devant elle. Rien à voir avec les sortilèges de torture qu'elle avait pu voir, il y avait aussi des dizaines et des dizaines de sortilèges divers et variés, allant de l'utilitaire ménager aux sortilèges de soin. Peu d'entre eux étaient précisément décrits mais cela était déjà bien suffisant pour la faire rêver. Lorsque l'elfe revient avec le repas du soir, elle lui dit qu'elle avait terminé le livre.
– Très bien, donnez-le à Dory mademoiselle Hermione, Dory va le rendre au maître, fit le petit elfe.
Hermione serra le livre contre elle dans un élan de protection, avant de le tendre en se disant qu'elle avait été stupide de dire qu'elle l'avait fini.
– Est-ce que tu pourrais lui demander si je peux en avoir un autre ? demanda-t-elle à l'elfe.
Dory baissa ses oreilles, visiblement embarrassée.
– Dory n'a pas le droit de parler au maître s'il ne lui pose pas une question, fit le petit elfe. Et Dory ne peut pas désobéir au maître. Dory est désolée.
L'image de Fenrir Greyback baignant dans son sang revient avec force dans la mémoire d'Hermione et celle-ci frissonna. Lire toute la journée l'avait au moins fait temporairement oublier cette scène.
– Ce n'est pas grave, assura-t-elle.
Cependant lorsque l'elfe revient plus tard dans la soirée pour débarrasser les restes du repas, elle lui apportait un nouveau livre : "Manuel de métamorphose à l'usage des débutants", de Emeric G. Changé.
Les jours suivants elle se plongea tellement dans les livres que lui faisait parvenir le seigneur des ténèbres qu'elle en oubliait de manger et de dormir. Dory avait rapidement amené plusieurs piles de livres, tous correspondant à ce qui devait être des manuels scolaires sur des sujets divers et variés, et Hermione avait peur de ne pas avoir le temps de tous les parcourir.
Le seul événement qui pouvait la faire sortir de ses lectures était la visite du Dr. Alford, toujours accompagné de Tyler Greengrass. Le docteur vérifiait que tout cicatrisait bien, ce qui était le cas, et qu'elle ne souffrait pas trop. Il lui avait aussi assuré que les cicatrices s'atténueraient avec le temps.
Enfin, six jours après l'incident, le Dr. Alford annonça qu'elle était complètement guérie, et Hermione sut que sa période de tranquillité venait de se terminer.
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A/N : Merci à tous d'avoir lu ce chapitre ! Dans le prochain, Voldemort va enfin pouvoir tenter de faire tomber la protection d'Hermione :)
