Un petit moment Jenry juste pour vous faire plaisir mais du coup vraiment très court comme chapitre aussi :p. Bonne lecture.
Dans son lit, Jo avait du mal à trouver le sommeil. Elle tournait et retournait en rond, repensant sans arrêt au fait que Henry était immortel. Elle était encore sous le choc mais elle ne pouvait expliquer pourquoi, malgré toutes ses excuses bidons, elle le croyait. De toute façon, ce n'était pas comme ci les preuves n'étaient pas devant elle.
Mais elle n'était pas plus dérangée par le fait qu'il était immortel, après tout c'est vrai… Au moins elle n'aurait plus le traumatisme de perdre un autre homme.
Elle se leva d'un bond dans son lit, en s'asseyant en position de lotus. La tête dans ses mains
" c'est quoi le problème Martinez ? Henry n'est que ton ami… " Elle sut elle même que sa phrase sonnait fausse dans son esprit car elle lui avait tout de même presque avoué ses sentiments… D'ailleurs elle ne savait pas trop ce qu'il l'avait poussé à le faire, sans doute les nerfs et la frustration mais elle il fallait qu'elle le dise.
Elle se rallongea brutalement en marmonnant
- comme d'habitude, il a rien compris.
Elle regarda le côté vide du lit, caressant l'oreiller par réflexe. Elle aurait tout donné pour qu'Henry soit de ce côté du lit, sa tête reposée sur son torse et tous les deux perdus dans leur bulle.
Elle cligna des yeux
"focus Martinez".
Mais elle ne pouvait s'arrêter de penser à lui… Les choses seraient bien différentes entre eux et puis ils ne pouvaient pas renier qu'ils s'étaient beaucoup rapprochés entre temps… Elle le voyait bien dans les yeux d'Henry qu'elle lui plaisait mais le pauvre homme avait encore bien du mal à avouer ses sentiments… De plus il avait enterré Abigail il n'y a pas si longtemps que ça.
Cela la frappa alors soudainement.
Elle sortit de son lit et attrapa son téléphone, se maudissant de ne pas avoir y pensé plus tôt. Elle attendit quelques minutes avant que la voix, pas si endormie qu'elle le pensait, d'Henry, lui réponde
- allo ?
- Henry… Pardon de te réveiller…
- Jo ? Est ce que tout va bien ?
Il avait dit ça si vite, que s'en était touchant. Elle le sourit, appuyant sur le téléphone et cherchant un appui pour ne pas chavirer.
- tout va bien, ne t'inquiètes pas. C'est juste que je viens de réaliser quelque chose et il fallait que je t'en parle.
Elle l'entendit déglutir de l'autre côté de la ligne
- oui, je t'écoute.
- je me suis souvenue que tu as enterré Abigail il n'y a pas longtemps… Elle n'était pas que la mère d'Abe, elle était ta femme… Je voulais te dire que je suis désolée et je t'ai donné du fil à retordre dans cette affaire mais maintenant je sais pourquoi.
Il y eu un petit moment de silence. Jo dû regarder si la ligne était toujours connectée. Henry était particulièrement touché par le support de sa partenaire.
Il sentit des larmes dans ses yeux mais il était prêt à avancer
- merci Jo. Ça me touche beaucoup. Tu ne pouvais pas savoir et je suis désolé de t'avoir éloignée une nouvelle fois mais bon c'était douloureux cette affaire.
Elle lui répondit d'une voix plus douce qu'elle ne l'aurait pensé
- je comprends parfaitement.
Un nouveau silence. Jo se pinça les lèvres. Serait-elle gonflée de lui demander de venir passer la nuit avec elle ? Purement innocemment évidemment..; Mais après les péripéties de la veille, elle sentait comme ci elle avait besoin de lui, surtout après de telles révélations également.
- tu m'as appelé pour me dire ça ? - demanda t-il, la voix taquine.
Elle grimaça, se sentant mise à nue
- oui… En quelque sorte.. C'était aussi une excuse parce que je n'arrive pas à trouver le sommeil. "À cause de toi" mais elle s'abstint de tout commentaire sur cette arrière pensée.
- c'est normal.. C'est le temps de s'y faire. Je te l'avais dit que c'était long.. J'espère que ça ne troublera pas trop ton sommeil longtemps cela étant… Je dois t'avouer que j'ai un peu de mal à dormir moi aussi.
Elle fut intriguée et s'installa dans ses couvertures, le téléphone collé à son oreille.
- et pourquoi cela Dr Morgan ?
De son côté, il s'installa sur la chaise à côté du combiné, traçant des coeurs invisibles sur la commode poussiéreuse, comme un enfant de cinq ans.
- peut être parce que je n'arrêtais pas de penser à vous détective Martinez. À notre conversation, à tout ce changement. Ça me triture, même pour un homme aussi âgé.
Elle se retrouva à glousser comme une ado, c'est que le monsieur pourrait être en train de grandement flirter avec elle. Elle s'enfonça un peu plus dans ses oreillers, commençant à bailler. Elle souhaiterait tellement être dans ses bras, sentir ses doigts dans ses cheveux alors qu'elle trouverait le sommeil.
- Henry ? - dit-elle d'une petite voix
- oui Jo ?
- je n'arrive pas à dormir mais un homme qui a vécu deux siècles doit connaitre des vieilles choses… Lorsque j'étais petite, ma mère me lisait des poèmes pour m'endormir. Je sais que c'est complètement stupide et cliché mais est ce que tu pourrais me réciter un vieux poème ?
Henry fut très surpris de la demande de la jeune femme. Il s'attendait à tout sauf à ça venant de sa part. Elle qui était une femme moderne et à la pointe de la technologie.
- euh je suppose que je peux t'en lire ou réciter un… Attends une seconde.
Il partit chercher le petit carnet de poèmes que Abigail lui avait donné. Il contenait tellement de beaux poèmes d'amour, Jo était fatiguée et elle ne comprendrait sans doute pas le sous entendu mais au moins, il l'apaiserait.
- tu es prête ?
- oui - murmura t-elle d'une petite voix.
Henry ne put s'empêcher de sourire. Il l'imaginait toute adorable dans son lit, dans un pyjama bien trop grand pour elle. Il prit place confortablement et commença la lecture.
" La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu
C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu"
Jo se laissait transporter doucement par les paroles qui raisonnaient au creux de son esprit comme une seconde voix, ce qui était le cas. Henry faisait tellement attention à ce qu'il lisait, c'était lent et tendre, comme ci il s'adressait réellement à elle… Indirectement, elle ignorait que c'était le cas.
"Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs
Parfums éclos d'une couvée d'aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l'innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards"
Il n'entendit plus un seul bruit, une simple respiration lente indiquant que Jo s'était endormie. Il sourit. Il aurait souhaité être sur place pour glisser ses doigts dans ses cheveux et lui donner une bise sur le front avant de se coucher à son tour. Il ferma le carnet et murmura
- bonne nuit douce Jo !
Et il raccrocha. Ce soir là, chacun de leur côté, ils dormirent paisiblement au futur qui les attendaient.
