Bonjour,
Comme d'habitude, merci à tous les reviewers, followers, favoris et lecteurs. Je suis contente de savoir que l'histoire vous plait.
Avec tout ce que je voulais faire rentrer dans ce chapitre il est un peu plus long que d'habitude ! J'espère que vous l'aimerez bien.
Bonne lecture,
Perhentian
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Chapitre 9 – Décembre 1998
Lorsque le docteur Alford annonça qu'elle était guérie en milieu d'après-midi le vendredi 4 décembre, Hermione se trouvait dans sa chambre en compagnie du docteur et de Tyler Greengrass. Comme toujours dans ces situations, l'ambiance était particulièrement tendue. Le docteur Alford était terrifié par Tyler Greengrass, Tyler Greengrass n'avait très visiblement aucune envie de devoir toujours accompagner le médecin lorsqu'il venait voir Hermione, et Hermione essayait de faire de son mieux pour apaiser la tension que les remarques abruptes du docteur faisaient parfois naitre.
Elle se rappela que Tyler Greengrass était censé – du moins officiellement – intervenir dans le gouvernement du Royaume-Uni, et éprouva une satisfaction mesquine à lui faire perdre son temps. L'annonce de sa guérison fit cependant disparaître l'air profondément ennuyé de Tyler Greengrass. Avant qu'il ne se tourne vers le médecin, les sourcils froncés.
– Et les cicatrices ?
– Je ne peux rien faire de plus monsieur, répondit le docteur Alford d'une voix légèrement tremblante. Elles s'affaibliront avec le temps. Dans 3 ou 4 ans elles devraient être beaucoup moins visibles.
– 3 ou 4 ans ? s'étrangla Tyler.
Il lui fallut quelques instants pour reprendre contenance.
– Vous ne pouvez rien faire pour les cicatrices ? répéta-t-il d'un ton dangereux.
– Non, ce n'est pas possible, répondit Hermione à la place du médecin.
Tyler Greengrass n'avait jamais torturé le médecin devant elle, mais elle n'avait pas vraiment de doute sur ce qui pouvait lui arriver en dehors de la chambre. Et elle n'avait pas vraiment envie que le sorcier s'acharne sur lui alors qu'il ne faisait qu'énoncer une simple vérité. Tyler Greengrass se tourna vers elle et elle soutient son regard. Après avoir fréquenté le seigneur des ténèbres pendant trois mois Tyler Greengrass ne lui faisait plus vraiment peur.
– Très bien, dans ce cas il est temps d'annoncer la bonne nouvelle, fit Tyler Greengrass d'un ton pincé.
Hermione pâlit légèrement en comprenant à qui il allait annoncer la bonne nouvelle. Elle le vit relever sa manche, et appuyer sa baguette sur son avant-bras gauche. Il avait dessus un tatouage noir qu'Hermione ne parvenait pas à bien voir, mais qui bougea au contact de sa baguette. Le silence se fit dans la pièce et tous restèrent immobiles pendant quelques minutes, avant que le seigneur des ténèbres ne se matérialise soudainement parmi eux.
Comme toujours, il était vêtu avec une élégance rare, ses robes noires renforçant l'impression de puissance et de danger se dégageant de lui. Tyler Greengrass s'inclina devant lui, alors que le docteur Alford reculait de quelques pas, une expression craintive inscrite sur son visage. Hermione elle, profita du fait d'être assise sur le bord du lit pour ne pas s'agenouiller. Si le seigneur des ténèbres s'en rendit compte, il ne lui fit en tout cas aucune remarque, toute son attention concentrée sur Tyler.
– Je suis sur le départ Tyler, fit le seigneur des ténèbres, clairement mécontent d'être dérangé.
– Le docteur Alford a fini de soigner mademoiselle Granger maître, expliqua Tyler. Vous aviez demandé à être prévenu dès que cela serait fait.
Le seigneur des ténèbres jeta un rapide coup d'œil à Hermione et son visage devint froid.
– Et les cicatrices ? demanda-t-il.
Hermione aurait pu pouffer devant la répétition de la question. Mais elle avait l'intime certitude que le seigneur des ténèbres n'aimait pas vraiment que les gens pouffent de rire devant lui. Il y avait-il d'ailleurs des personnes suffisamment proches de lui pour rire avec lui ? Et de quoi d'ailleurs ? D'avoir torturé des gens ?
– Il affirme ne rien pouvoir y faire maître, répondit Tyler.
Hermione vit le seigneur des ténèbres lancer un regard glacial au médecin, qui blanchit considérablement et se mit à trembler encore plus que d'habitude.
– Les moldus n'ont donc aucune façon de faire disparaître des cicatrices ? demanda froidement le seigneur des ténèbres.
– Non, ce n'est pas possible, intervient de nouveau Hermione.
Le regard glacé du seigneur des ténèbres était bien plus impressionnant que celui de Tyler Greengrass, et Hermione s'agita inconfortablement, son cœur se mettant à battre douloureusement dans sa poitrine. Elle savait pourtant qu'il ne valait mieux pas énerver l'homme. Mais elle se sentait redevable envers le médecin qui l'avait soignée avec attention, et qui de plus n'avait guère demandé à se retrouver dans cette situation.
– Tyler, occupe-toi du docteur Alford, ordonna le seigneur des ténèbres, son regard toujours braqué sur Hermione. J'aimerais m'entretenir avec ma charmante invitée avant de partir en Russie.
Tyler Greengrass acquiesça et emmena rapidement le docteur Alford vers la sortie. Se rendant compte qu'elle triturait nerveusement les draps, Hermione ramena ses mains devant elle et se redressa, se demandant par quel miracle elle n'avait pas encore reçu de Doloris.
– Qu'est-ce que vous allez faire avec le médecin ? demanda-t-elle au seigneur des ténèbres une fois qu'ils furent seuls.
–Tyler s'en débarrassera, répondit celui-ci d'un ton sans émotion.
Il fixait toujours des yeux ses cicatrices avec un rictus dégouté qui traduisait tout le bien qu'il pensait de la médecine moldue.
– Vous ne pouvez pas faire ça ! fit Hermione, choquée par son indifférence.
Alors qu'Hermione se fustigeait pour son éclat, certaine que cette fois-ci elle n'éviterait pas le Doloris, un sourire amusé apparut sur le visage du seigneur des ténèbres. Surprise, Hermione se fit la réflexion qu'il avait l'air de meilleure humeur que d'habitude. Elle se demanda si cela avait un quelconque rapport avec ce qu'il allait faire en Russie.
– Et pourquoi donc ? demanda-t-il avec ironie.
– Mais parce que ce n'est pas bien !
Le seigneur des ténèbres éclata d'un rire froid. Comme quoi, c'était vraiment le fait de torturer ou de tuer des gens qui le faisait rire… Et Hermione se dit que ce n'était pas avec ce genre de remarques qu'elle pourrait le faire changer d'avis.
– Vous pourriez de nouveau avoir besoin d'un médecin un jour non ? Ce serait bête de tuer celui-ci alors que vous savez où le trouver, finit-elle par dire.
– Et pourquoi tiens-tu donc autant à sauver sa vie Hermione ? C'est un médecin moldu parmi tant d'autres. Il n'est rien pour toi.
Sa voix était de nouveau ennuyée, comme s'il ne comprenait pas pourquoi elle perdait son temps à parler d'un médecin insignifiant.
– Parce qu'il est sûrement quelque chose pour quelqu'un, répondit Hermione avec véhémence.
Elle ne pouvait tout simplement pas croire que cela soit si naturel pour quelqu'un de tuer d'autres personnes. Mais le visage de nouveau sans expression du seigneur des ténèbres ne pouvait que lui donner tort.
– Tu devrais plutôt t'inquiéter de ton propre sort, fit-il d'un ton égal.
– De mon sort ? Vous avez trouvé ? demanda craintivement Hermione.
– Cela fait un moment que je sais comment contourner ta protection. Juste avant l'incident d'il y a quelques jours…
Cela expliquait pourquoi il avait été aussi furieux. Hermione n'imaginait pas vraiment le seigneur des ténèbres comme quelqu'un de patient lorsqu'il avait quelque chose en tête…
– Pourquoi ne pas m'avoir soignée par magie ? demanda-t-elle avec curiosité. Ne suffit-il pas d'augmenter la puissance des sortilèges pour passer ma barrière ?
– Les sortilèges médicaux nécessitent un dosage bien précis pour fonctionner, répondit le seigneur des ténèbres avec une pointe d'exaspération.
Hermione nota l'information dans un coin de sa tête.
– Je dois malheureusement m'absenter pour célébrer une petite victoire, mais dès que je serai de retour, ce sera la fin de ta protection Hermione.
Son ton était excessivement satisfait et Hermione pria pour qu'il meure de froid en Russie et ne revienne jamais. Puis un frisson glacé parcourût son dos lorsqu'elle intégra la deuxième partie de la phrase.
– Cela veut dire que vous allez me tuer après ? demanda-t-elle avec horreur.
– Probablement.
Son ton était effrayant d'indifférence.
– C'était pour cela cette clémence ? La chambre ? La nourriture ? Les livres ?
Un sourire cruel étira ses lèvres et il recula légèrement, s'apprêtant visiblement à partir.
– Il te reste encore deux jours de sursis ma petite moldue, profite en bien, fit le seigneur des ténèbres.
– S'il vous plait ne faites pas de mal au docteur Alford ! demanda rapidement Hermione.
Le seigneur des ténèbres ignora complétement sa dernière remarque et transplana sous ses yeux.
Hermione resta figée sur place quelques minutes. Cela ne pouvait pas être possible. Elle n'allait pas finalement mourir, assassinée par un sorcier sans scrupule ! Elle avait eu peur de mourir les premiers jours, mais depuis quelques semaines cette peur s'était petit à petit atténuée, remplacée par la routine de ses rencontres avec le seigneur des ténèbres. Certes, ces rencontres pouvaient être désagréables, incroyablement douloureuses même, mais elle avait toujours gardé l'espoir de s'en sortir ! Mais sa peur de mourir revenait maintenant, brutalement.
Pour la première fois depuis longtemps, Hermione essaya de nouveau de s'acharner sur les portes et sur les fenêtres. Elle essaya désespérément de jeter un Alohomora sans baguette, reproduisant les mouvements qu'elle avait appris dans les livres, mais sans résultats. Le souvenir du corps plein de sang de Fenrir Greyback revient aussi en force dans son esprit, mais cette fois-ci c'était son propre corps qu'elle imagina à sa place.
Elle finit par s'asseoir par terre et s'adosser au mur, son corps agité de tremblements, et elle mit plusieurs dizaines de minutes à réussir à se calmer, se forçant à apaiser sa respiration et les battements de son cœur. Se fustigeant pour avoir perdu du temps avec sa crise, elle sécha ses larmes d'un geste rageur. Puis elle se releva et attrapa "Théorie des stratégies de défense magique", se disant qu'avec un peu de chance, quand sa barrière céderait, elle pourrait peut-être tenter quelque chose.
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Hermione n'eut finalement qu'une seule journée de sursis. Même un peu moins car Tyler Greengrass vint la chercher en fin de matinée le lendemain. Hermione se leva calmement lorsque Dory lui annonça que l'homme l'attendait dans le salon, et, avec un détachement dont elle ne se serait pas cru capable, referma délicatement le livre qu'elle lisait, lissa sa robe et se dirigea d'un pas résolu vers le salon.
Tyler Greengrass semblait toujours aussi ravi de devoir s'occuper d'elle, mais contrairement à Vincent Crabbe et Gregory Goyle, il se montra comme d'habitude courtois. Hermione attendit qu'il ouvre la porte, ce qu'elle ne pouvait faire, mais il n'eut pas besoin de la contraindre d'une quelconque façon pour qu'elle le suive. Une petite partie d'elle se prit à espérer que le seigneur des ténèbres n'ait pas vraiment trouvé la solution, qu'il échoue lamentablement ce qu'il allait tenter, et qu'elle gagne encore un peu de temps. Mais elle se doutait que même si elle gagnait quelques jours, il n'y avait pas beaucoup de chances pour que cela lui offre l'opportunité de s'échapper.
Se raccrochant à n'importe quel mince espoir, elle fit des efforts pour mémoriser au mieux le chemin de sa chambre au bureau du seigneur des ténèbres. Une fois de plus elle se prit à se demander à quel point le château devait être immense, pour qu'il faille une dizaine de minutes pour le parcourir.
Une fois dans le bureau, elle défia du regard le seigneur des ténèbres, qui afficha simplement un sourire amusé devant son attitude. Elle refusa dans un premier temps de s'agenouiller, et Tyler Greengrass dut lutter quelques instants avec elle avant de réussir à la jeter par terre. Cela ne fit qu'accentuer le rictus narquois du seigneur des ténèbres. Visiblement son voyage en Russie avait été fructueux puisqu'il semblait d'encore meilleure humeur que la veille, et Hermione se demanda quelle divinité elle avait bien pu froisser dans sa vie pour que ses vœux ne soient jamais exaucés.
– Tyler, laisse-moi avec ma charmante invitée, fit ironiquement Voldemort.
Lord Voldemort s'amusait du regard plein de défi que la jeune fille lui lançait. Comme si elle pouvait s'opposer à lui. Comme si elle avait une quelconque chance face au plus grand sorcier de l'alliance magique.
– Viens t'asseoir ici Hermione, ordonna-t-il en lui désignant le cercle de runes qu'il avait tracé un peu plus tôt dans la matinée.
L'impatience de ce qu'il percevait comme une victoire face aux dernières manigances de Dumbledore lui avait finalement fait écourter son séjour à Moscou. Il avait rapidement fait exécuter le prince Nicolaï Bolkonsky, et avait signalé à Vladimir Obolenski, son nouveau pantin, qu'il serait de retour sous peu pour dicter ses directives. Il avait même eu le temps de croiser de loin Alexandra Rostov, et son regard noir lorsqu'il lui avait adressé un sourire ironique avait été presque plus jouissif que la mise à mort du premier prince de la Russie magique. Son humeur était ainsi particulièrement bonne, et il ne pouvait que s'amuser de la lueur de défi dans les yeux d'Hermione, anticipant déjà son refus.
– Non, fit Hermione en relevant le menton, confirmant ses suppositions.
Cette résistance était aussi vaine que les derniers soubresauts des animaux en train de mourir, dévorés par leurs prédateurs naturels. Les biches et les loups. Les antilopes et les lions. Les moldus et les sorciers.
– Je suppose que je vais donc devoir y trainer ton corps après t'avoir torturée tellement longtemps que tu auras oublié ton propre nom, répondit-il en levant sa baguette avec nonchalance.
La jeune fille pâlit et frissonna, et sous le regard insistant du seigneur des ténèbres, elle se dirigea finalement vers le cercle de runes et s'assit dedans. Le regard qu'elle lui jeta était incertain, oscillant entre la peur et la haine et Voldemort l'observa un instant, se délectant de son malaise. Il remarqua alors qu'elle effectuait de petits mouvements compulsifs de la main droite, qu'il identifia rapidement comme étant les mouvements de baguette du charme de protection. Espérait-elle donc qu'une fois la protection enlevée elle puisse se défendre ? Sans baguette ? Sans jamais avoir fait de magie ?
Pensait-elle vraiment pouvoir tirer quelque chose d'utile des livres qu'il lui avait donné à lire ? Il avait pris la décision sur une sorte d'impulsion, se demandant si elle était vraiment si intéressée que cela par l'apprentissage. Et il avait été surpris. Elle avait dévoré tous les livres qu'il lui avait fait parvenir. De la première à la dernière page. Plusieurs fois. Il avait même dû demander à l'elfe de maison de la forcer à se nourrir et à dormir. Et à la vue des mouvements qu'elle effectuait, elle avait aussi visiblement pratiqué. Pas que cela lui serait très utile…
Enfin, Voldemort s'avança d'un pas, se plaça en face d'Hermione et prépara sa baguette. Cela faisait plusieurs jours qu'il avait mis au point le sortilège permettant de transporter sa magie à l'intérieur de la protection. Celui-ci devait avoir une finesse suffisante pour passer entre les ondes magiques du bouclier, comme une aiguille entre deux fils. Une fois sa magie à l'intérieur, il lui suffirait alors de dévier ne serait-ce que légèrement la magie à l'œuvre pour que tout vole en éclat. Tout comme Dumbledore pour créer la barrière magique, il s'était basé sur d'anciens textes ouzbèkes pour façonner son sortilège, et une précision importante était requise pour leur bon fonctionnement.
S'il était sûr de sa solution pour briser la protection, il n'était pas totalement certain de son effet sur la jeune fille. Il y avait une forte probabilité pour que sa magie explose après être libérée, et il avait posé quelques charmes de protection sur son bureau au cas où. Il y avait aussi une faible chance que le corps d'Hermione ne supporte pas l'afflux soudain de magie. Il préfèrerait que cela n'arrive pas – après tout, quelle utilité pourrait-t-il avoir de ce type de bouclier s'il tuait ensuite son porteur ? –, mais il ferait avec.
Se concentrant, il leva sa baguette d'if et fit une première tentative sans trop de puissance.
– Ajoyib Sehrli Igna.
Pour la première fois, il put sentir distinctement la magie à l'œuvre dans le bouclier, parvenant même à identifier les deux courants contraires mais la sensation se termina abruptement, le sortilège n'étant pas parvenu à traverser le bouclier. Il savait par contre désormais quelle puissance insuffler à son sortilège pour qu'il puisse percer la barrière. Lord Voldemort se concentra de nouveau, un sourire sur les lèvres. Cette fois-ci, la protection allait céder.
– Ajoyib Sehrli Igna, fit-il une deuxième fois.
Voldemort perçu de nouveau le bouclier, puis sentit que sa magie parvenait enfin à traverser la protection. Lentement, mais inexorablement, elle parvient à l'intérieur. Alors qu'il entrait brutalement en contact avec la magie à l'œuvre, un craquement assourdissant retentit dans la pièce. Voldemort se retrouva projeté quelques mètres plus loin, alors qu'une puissante vague de magie envahissait la pièce, pulvérisant les barrières qu'il avait mises en place plus tôt pour protéger son bureau. En une fraction de seconde les vitres explosèrent, et la plupart des livres et des papiers de la pièce s'envolèrent.
Voldemort se releva immédiatement, jetant au passage un charme pour protéger ses papiers, mais la magie d'Hermione s'était déjà calmée. La jeune fille avait bougé aussi, elle s'était recroquevillée dans un coin, ses mains serrées autour d'elle, ses yeux exorbités. Elle était vivante, mais la magie qui la parcourait dorénavant semblait la perturber au plus haut point. Elle mit quelques secondes à remarquer qu'il pointait sa baguette vers elle.
– Oh non non non ! fit-t-elle avec affolement.
Hermione n'avait pas besoin d'explications pour comprendre que la barrière magique avait sauté, et que toute protection qu'elle avait pu avoir n'était plus que de l'histoire ancienne. Complètement terrorisée, elle bondit sur le côté pour essayer de se cacher derrière un canapé mais un rayon rouge la percuta avant qu'elle puisse se protéger et elle sombra dans l'inconscience.
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Voldemort se rapprocha du corps stupéfixié de la jeune fille et la regarda pensivement. Elle avait l'air étonnement paisible allongée sur le sol, étonnement jeune et innocente, et il remarqua que la magie qu'elle avait libérée avait fait disparaître ses cicatrices. Ce calme contrastait singulièrement avec les pensées qui se bousculaient dans l'esprit du seigneur des ténèbres.
L'anéantissement de sa protection ne faisait qu'amener plus de questions. La magie qui s'était dégagée était bien plus puissante que ce qu'il avait estimé, comme le prouvait l'état catastrophique de son bureau. Plus impressionnante que ce qu'il avait pu voir jusque-là chez d'autres sorciers. Était-ce vraiment la puissance magique de la jeune fille ? Ou cela était-il dû à l'impossibilité pour sa magie de s'exprimer les dix dernières années ?
– Magia Revelio, fit Voldemort, décidant d'en avoir le cœur net.
Et devant le résultat de son sortilège Voldemort ne put qu'afficher sa surprise. La magie de cette sang-de-bourbe d'Hermione Granger était sans conteste très puissante. Du niveau d'un mage. Un résultat comme il n'en avait pas vu depuis longtemps. Voldemort laissa jouer sa magie au contact de celle de la jeune fille. La sensation était particulièrement plaisante. La magie des sorciers qu'il côtoyait tous les jours était toujours terne en comparaison de la sienne, inintéressante. Totalement insignifiante même. Alors que celle de la sang-de-bourbe avait cette parcelle de puissance brute fort appréciable.
Leur différence de puissance lui assurait à jamais sa supériorité, mais la magie de la jeune fille avait le mérite d'être intrigante. Alors que la magie de Voldemort irradiait de pouvoir et de force comme un Feudeymon, celle de la jeune fille ressemblait plus à une brise tourbillonnante, légère mais trompeuse tant elle pouvait se transformer à tout instant en ouragan.
Laissant le corps stupéfixié d'Hermione dans un coin de la pièce, il récupéra sur son bureau le registre des naissances qu'il avait emprunté au ministère. Il ne lui fallut qu'un instant pour identifier la nouvelle ligne qui venait d'apparaître.
« Hermione Jean Granger, née-moldue, 19 septembre 1979. »
La magie de la protection avait bien été liée au registre, et seule la destruction de cette protection pouvait faire se révéler le registre. Mais comment Dumbledore comptait-il récupérer ces né-moldus après sa potentielle chute ? Ou bien les avait-il condamnés à ne plus jamais faire partie du monde magique ? Cela ne ressemblait guère au vieux fou…
Pensivement, le regard de Voldemort se reposa sur la forme d'Hermione Granger, étendue sur le sol. Qu'allait-il bien pouvoir faire d'elle ? Il n'avait plus vraiment besoin d'elle pour poursuivre ses expériences. Il avait déjà trouvé le chant exact pour reformer ce type de protections, et n'importe quel autre sang-de-bourbe pourrait faire l'affaire. Oui, il pourrait se débarrasser immédiatement de cette irritante sang-de-bourbe.
Mais malgré lui il n'avait guère envie de faire disparaître une puissance magique aussi intéressante. Et l'esclavage n'était pas vraiment une option. Il n'était pas vraiment sûr qu'il soit possible de tirer quoi que ce soit de productif d'une jeune fille qui n'avait pas été conditionnée pour être une esclave depuis sa naissance, surtout une jeune fille aussi entêtée. Oh ses mangemorts seraient sûrement ravis de pouvoir la torturer tout leur soûl, mais aucun de ceux qui prenaient plaisir à cela n'avait dernièrement particulièrement prouvé sa valeur.
N'ayant aucune envie de se prendre la tête, Voldemort décida qu'il statuerait sur le sort d'Hermione Granger le lendemain. Après tout, ne lui avait-il pas lui-même promis deux jours de sursis ?
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Hermione se réveilla en sursaut et se redressa d'un coup, affolée. Elle était dans son lit, dans sa chambre, seule. Elle n'avait mal nulle part. Elle poussa un soupir de soulagement qui ressembla presque à un sanglot. Elle était vivante, indubitablement vivante. Les battements de son cœur se calmèrent petit à petit. Cela ne faisait aucun doute que sa protection était tombée. L'air satisfait qu'avait abordé le seigneur des ténèbres était assez parlant. Ce qui s'était passé ensuite était plus obscur par contre. Les vitres avaient explosé et Hermione avait senti, pour la première fois, des flux de magie la traverser.
Elle n'avait pas, ou plutôt plus, l'impression d'être différente. Elle essaya d'effectuer les mouvements des quelques sortilèges qu'elle avait appris, mais rien ne se produisit. Elle essaya aussi de retrouver la sensation qui l'avait envahie dans le bureau du seigneur des ténèbres, mais rien ne vient. Elle en soupira de frustration. Pendant un instant, elle avait eu l'impression d'être magique, d'avoir ce pouvoir qui permettait de faire des choses extraordinaires, mais cela s'était fini en quelques secondes.
Elle se leva avec résignation et se dirigea vers la salle de bain pour prendre une douche. Une fois devant le miroir, elle s'immobilisa, stupéfaite. Toutes ses cicatrices avaient disparu. Comme si elle avait fait peau neuve. Hermione soupira. Pour ce que cela allait changer de ne plus avoir de cicatrices alors qu'elle allait sûrement bientôt mourir. Elle prit sa douche, se changea, et n'ayant rien d'autre à faire pour s'occuper, continua le livre qu'elle était précédemment en train de lire. Elle ne parvenait pas très bien à se concentrer, appréhendant la venue du seigneur des ténèbres pour l'achever.
Malgré ses angoisses, l'après-midi et la soirée passèrent calmement, sans aucune visite à l'exception de Dory. Mais Hermione avait du mal à se détendre. Elle l'avait l'impression d'étouffer dans ces pièces, comme si les murs et le plafond étaient insidieusement devenus plus présents. Elle se demanda si c'était un quelconque choc post traumatique. Après tout, lorsque le rayon rouge du seigneur des ténèbres l'avait atteint, elle avait cru qu'elle allait mourir. Et même maintenant, elle savait que sa vie ne tenait qu'à un fil.
Le lendemain, Hermione avait mal à la tête et ne se sentait pas beaucoup mieux. Sa chambre l'oppressait encore plus que la veille, et elle avait l'impression d'avoir de la fièvre. Les jours suivants, son malaise continua à s'accentuer. Elle avait peur d'être en train de devenir folle. Ses mains étaient de plus en plus souvent parcourues de fourmillements désagréables. Elle s'était demandée si le phénomène était dû à la magie, essayant de nouveau quelques sortilèges, mais cela n'avait rien donné à sa plus grande frustration.
La situation devint particulièrement pénible le jour où elle commença à ressentir distinctement des pulsations venir des murs et des divers objets autour d'elle. Elle était maintenant quasiment certaine qu'il s'agissait de magie, mais elle n'arrivait ni à l'utiliser, ni à faire cesser ces quelconques sensations désagréables. Au fur et à mesure de la journée, les pulsations devinrent de plus en plus oppressantes, et Hermione eut finalement l'impression de commencer à physiquement manquer d'air.
Elle s'était réfugiée au milieu de la pièce, le plus loin possible des murs et des objets, et avait ramené ses genoux contre elle. Dès qu'elle fermait les yeux, les sensations s'amplifiaient et elle avait l'impression que la chambre allait se réduire tout autour d'elle. Qu'elle allait finir écrasée par cette magie. Qu'elle allait mourir petit à petit. Elle se demanda s'il s'agissait de la façon particulièrement retorse dont le seigneur des ténèbres avait décidé d'achever sa vie.
– Je refuse de mourir ! laissa-t-elle échapper à haute voix.
Le son de sa voix dans la pièce par ailleurs silencieuse lui fit reprendre ses esprits. Il fallait qu'elle sorte. Il fallait qu'elle sorte ou elle allait devenir folle. Hermione se précipita dans le salon, puis sur la porte qui menait au couloir. Lorsqu'elle posa ses mains dessus les pulsations de la porte l'envahirent par vagues puissantes. Elle essaya de tirer sur la porte, mais celle-ci ne bougea pas et se contenta de pulser plus fort contre elle.
C'était pire que tout ce qu'elle avait ressenti jusque-là, et Hermione faillit perdre pied. Elle essaya de contrer les pulsations, de les éloigner d'elle-même. Par un effort de volonté, elle réussit à faire reculer les pulsations d'un coup, et entendit un déclic.
Hermione resta surprise un moment, avant de saisir la poignée, d'ouvrir la porte, et de sortir en vitesse dehors, avant que la porte ne change d'avis et ne se referme. Une fois dans le couloir cependant, elle sentit les fourmillements de ses mains et les pulsations des murs reprendre de plus belle, et, complètement étourdie par toutes ces vagues magiques, elle se dirigea en titubant dans la direction opposée du bureau du seigneur des ténèbres, complétement inconsciente de perturber tout autour d'elle la magie ancestrale du château.
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Dans une autre aile, Voldemort était en train d'écouter avec mécontentement les inepties racontées par Goyle père pour justifier son incompétence lorsqu'il sentit la magie du château s'agiter anormalement autour de lui.
– Tais-toi, fit-il sèchement à Goyle.
Il focalisa sa magie sur celle du château, cherchant la source du phénomène. Il identifia rapidement le problème, provenant du couloir juste en face de la chambre d'Hermione, et il se demanda si celle-ci avait réussi à faire exploser la porte ou les murs de sa suite. Il congédia Goyle sans lui accorder un regard, et transplana silencieusement dès que celui-ci fut sorti de son bureau, trop heureux de croire que ce serait sûrement une autre personne qui allait essuyer la colère du seigneur des ténèbres suite à l'échec de sa mission.
A peine arrivé dans le couloir, Voldemort situa rapidement la jeune fille, qui lui tournait le dos. Il relia sa magie à la sienne, et Voldemort eut la surprise de voir la sang-de-bourbe se retourner immédiatement à ce contact. Elle avait dû sentir son aura magique, et il en resta un instant interdit.
Hermione quant à elle était complètement pétrifiée. Le seigneur des ténèbres était à quelques pas d'elle, et pour la première fois elle pouvait sentir sa magie. Et sa magie était proprement terrifiante. Elle semblait s'agiter tout autour de lui, puissante, menaçante, enivrante par certains côtés. A son contact elle avait cessé de respirer, la sensation d'étouffement encore plus présente qu'avant. Elle avait l'impression qu'elle allait se noyer dans sa magie.
Voldemort se rendit compte que la magie d'Hermione, non utilisée ces derniers jours, faisait pulser toute la magie du château autour d'elle, comme si les deux magies étaient entrées en résonance. S'il ne s'assurait pas qu'elle puisse évacuer son trop plein de magie au plus vite, elle allait sans aucun doute encore ravager les pièces autour d'elle. Comme s'il n'avait que cela à faire que de passer son temps à réparer les catastrophes engendrées par cette sang-de-bourbe…
– Viens ici ! ordonna-t-il sèchement.
Elle le regarda avec un regard affolé et fit au contraire un pas en arrière, son dos percutant un vase qui se brisa sur le sol. La scène se figea un instant et Hermione se raidit d'appréhension, sa magie s'agitant plus fortement autour d'elle sous le coup de la peur. Agacé, le seigneur des ténèbres fut sur elle en quelques pas, lui attrapa le bras, et il les fit transplaner dans la salle d'entraînement du château, une immense pièce vide qui servait de terrain de duel, et était par conséquent fortement protégée. Ils étaient à peine arrivés que la magie d'Hermione rentra de nouveau en résonnance avec celle de la pièce.
Voldemort observa un moment les pulsations magiques irradier tout autour de la sang-de-bourbe, alors que celle-ci avait visiblement de plus en plus de peine à tenir debout. Scientifiquement parlant, il était assez intéressant d'observer de ses propres yeux le comportement d'une magie trop longtemps inhibée. Les vagues de magies étaient complètement désordonnées, brutes, et le corps d'Hermione semblait lutter pour ne pas se laisser dépasser par cette magie qui ne demandait qu'à en sortir. Encore quelques minutes et elle s'évanouirait certainement devant cette tension.
D'un mouvement fluide, Voldemort se plaça dans le dos d'Hermione, l'orienta vers le centre de la salle, et lui plaça dans la main droite sa deuxième baguette magique.
Dès que ses doigts entrèrent en contact avec le bout de bois, Hermione sentit comme une décharge dans son corps et un rayon sorti de la baguette. Il explosa en percutant le mur opposé dans un bruit assourdissant, sans toutefois lui causer le moindre dommage. Sans qu'elle ne puisse rien maîtriser, trois autres décharges sortirent ensuite de la baguette. Hermione se rendit alors compte qu'elle ne ressentait plus ni les fourmillements dans ses mains, ni les pulsations des murs.
Un instant après, elle fut saisie de vertiges. Elle faillit tomber en arrière, mais son dos percuta le seigneur des ténèbres toujours derrière elle, et sous le choc son cerveau reprit le dessus. Elle se dégagea brutalement de l'emprise du seigneur des ténèbres, recula de quelques pas et pointa la baguette qu'elle avait toujours entre les mains vers lui.
– Qu'est-ce qui se passe avec ma magie ? demanda-t-elle avec agressivité.
Contrairement à ce qu'elle aurait pu penser, le seigneur des ténèbres ne semblait pas le moins du monde embêté qu'elle pointe une baguette sur lui.
– Sans la barrière elle n'est plus utilisée, et la magie à tendance à vouloir s'exprimer, répondit calmement le seigneur des ténèbres. Cela arrivera peut-être de nouveau, mais avec le temps cela devrait s'atténuer.
Hermione le regarda avec des yeux horrifiés. Elle avait eu l'impression de devenir folle avant que sa magie ne s'évacue au contact de la baguette magique. Elle était d'autant plus déterminée à ne plus la lâcher. Le seigneur des ténèbres s'avança vers elle et elle recula d'un pas tout en raffermissant sa prise sur la baguette. Durant ces trois derniers mois, elle avait sans cesse rêvé de mettre la main sur une baguette, elle n'allait pas laisser passer sa chance.
– N'approchez pas ! fit-elle, sa voix beaucoup moins ferme que ce qu'elle aurait souhaité.
Voldemort regarda la jeune fille devant lui qui tenait résolument sa deuxième baguette magique. Ces derniers jours, à chaque fois que le sort d'Hermione lui était venu à l'esprit, il l'avait promptement éloigné, ne parvenant à trouver une situation qui le satisfasse. Cette démonstration de magie accidentelle venait de lui montrer que ce qui s'était passé dans son bureau n'était pas un accident, et que la puissance magique d'Hermione Granger n'était pas moindre.
Mais cela ne changeait en rien le fait qu'elle tenait aujourd'hui pour la première fois une baguette magique. Et maintenant que son éruption de magie accidentelle avait été contrôlée, Voldemort doutait qu'elle réussisse à sortir ne serait-ce que des étincelles d'une baguette qui n'était même pas la sienne.
– Et que comptes-tu faire ma petite moldue ? demanda-t-il avec un sourire narquois. Te battre en duel contre moi ?
Un frisson glacé parcourut le dos d'Hermione devant son regard, et elle raffermi sa prise sur la baguette qu'elle avait entre les mains, la relevant légèrement.
– Et pourquoi pas ? répondit-elle avec défi.
Elle avait rapidement remarqué que ce n'était pas la baguette en bois blanc du seigneur des ténèbres qu'elle tenait dans sa main, et ne fut pas surprise lorsque celle-ci apparut soudainement entre les doigts de son adversaire.
Voldemort la regarda avec amusement. Elle n'était plus protégée par la barrière, et il pouvait parfaitement lire la détermination dans ses yeux. L'espoir qu'elle avait que le fait d'avoir une baguette lui permette de lancer des sorts. L'espoir qu'elle puisse le surprendre, lui, Lord Voldemort, et parvenir à s'enfuir. Une petite leçon d'humilité s'imposait sans aucun doute.
– Dans ce cas nous devons nous saluer, Hermione, fit le seigneur des ténèbres.
Un sourire cruel avait remplacé son expression narquoise et Hermione sentit sa main se mettre à trembler légèrement. Elle recula d'un pas sans s'incliner, un sentiment d'angoisse prenant petit à petit possession d'elle. Le fait qu'il soit aussi calme déclenchait toutes ses sonnettes d'alarmes et elle sentait intrinsèquement qu'elle avait fait une erreur en le provoquant.
– Allons, il faut respecter les usages… Incline-toi devant moi, Hermione…
Hermione recula d'un pas de plus et secoua la tête. Cela ne lui semblait pas être une très bonne idée de quitter des yeux un seul instant le seigneur des ténèbres. Surtout lorsqu'il avait cette expression létale. Elle sentit que sa main droite devenait moite sous le coup de la peur et elle dût se maitriser pour ne pas stupidement tourner les talons et partir en courant.
– J'ai dit : incline-toi, insista Voldemort en levant sa baguette magique.
Avant même qu'elle n'ait eu le temps de réagir, un sortilège frappa Hermione et elle fut forcée de s'incliner devant le seigneur des ténèbres.
– Voilà qui est mieux, fit Voldemort avec un sourire satisfait.
Il bougea à nouveau sa baguette et la main invisible qui pesait sur le dos d'Hermione relâcha sa pression.
– Maintenant, affronte-moi… Allez, en garde !
Mais Hermione n'avait pas eu besoin de ses remarques ironiques pour savoir que c'était le moment pour elle de saisir sa chance. La baguette tendue devant elle, elle tenta son premier sortilège.
– Expelliarmus ! fit Hermione.
Elle avait répété dans sa tête les mouvements de baguette et l'incantation, mais contrairement à ce qu'elle espérait le sortilège se contenta d'exploser en plein air à peine sorti de sa baguette. Elle vit le seigneur des ténèbres effectuer quelques mouvements de baguette. Avant qu'elle n'ait pu se jeter sur le côté, Hermione sentit une douleur lui déchirer le dos, comme si la peau de son dos avait été profondément coupée sur toute sa longueur. Elle trébucha sous le coup de la souffrance avant de se reprendre.
– Petrificus Totalus ! lança-t-elle.
Elle réussit mieux celui-ci. Avec joie, elle vit un rayon lumineux sortir de sa baguette et se diriger à grande vitesse vers le seigneur des ténèbres. Celui-ci ne bougea pas, se contentant de hausser un sourcil, mais le sortilège ne le toucha pas. Il s'écrasa simplement avec fracas sur son bouclier, qui devint un instant visible sous le choc. Hermione n'eut même pas le temps de s'affliger qu'elle sentît de nouveau la peau de son dos se déchirer et elle cria.
Elle chercha du regard un endroit où s'abriter, mais l'immense pièce était désespérément vide. Face à elle le seigneur des ténèbres la regardait avec condescendance. Il fit un pas vers elle, et l'affolement d'Hermione augmenta. Elle essaya de conjurer le charme du bouclier, mais sous le coup de la panique ne parvint à rien.
– Protego ! Protego, Protego ! fit-elle avec désespoir tout en jetant des regards frénétiques au seigneur des ténèbres qui ne faisait étrangement plus mine de bouger.
Au moment même où elle y arrivait, le seigneur des ténèbres releva sa baguette avec nonchalance, et un troisième coup s'abattit dans son dos, faisant voler en éclat son bouclier. Il dût croiser les marques des deux précédents, car la douleur était cette fois-ci bien plus virulente, et sans qu'elle ne puisse les arrêter, des larmes jaillirent des yeux d'Hermione. Des larmes de douleur et de rage mêlés. Le seigneur des ténèbres se moquait d'elle. Il lui avait laissé le temps de réussir son bouclier avant de lui prouver qu'il ne servait à rien. Pas un seul instant elle ne l'avait inquiété. Pas un seul instant elle n'avait eu la moindre chance face à lui. Enrageant de ne parvenir à rien, elle tenta de nouveau de lancer Petrificus Totalus.
Le seigneur des ténèbres se contenta de faire un pas de côté, et le coup qu'Hermione reçut dans le dos en répercussion la fit tomber à genoux en hurlant, lui faisant par la même occasion lâcher sa baguette. Hermione tenta de se relever, mais deux nouveaux coups s'abattirent sur elle avec violence et elle tomba à plat ventre sur le sol, la respiration coupée.
– Vraiment ? fit le seigneur des ténèbres avec ironie. A peine quelques secondes et tu abandonnes déjà ?
La rage d'Hermione lui donna la force de se jeter vers la baguette au sol, mais juste avant qu'elle ne puisse l'atteindre celle-ci s'envolait dans les mains du seigneur des ténèbres. Hermione lui jeta un regard haineux. Elle essaya de se redresser, mais le seigneur des ténèbres était déjà sur elle, et il la cloua au sol d'un sortilège. La souffrance qui se répandit dans son dos au contact du sol lui fit émettre un cri de douleur étranglé.
– Perdu Hermione, fit le seigneur des ténèbres d'une voix glaciale. Après une bien piètre performance je dois dire…
– Allez-vous faire voir, répondit Hermione en essayant désespérément de se dégager du sortilège qui la maintenait au sol.
– Endoloris, lança paresseusement Voldemort.
Il avait pris soin de baisser drastiquement la puissance de son sortilège, la sang-de-bourbe n'étant plus protégée, mais ce fut suffisant pour avoir la satisfaction de la voir hurler de douleur pendant quelques secondes. Puis, d'un geste, il lui envoya un sortilège de stupéfixion et la jeune fille sombra dans l'inconscience. Il s'approcha d'elle, et pour la deuxième fois en une semaine regarda avec exaspération la sang-de-bourbe à ses pieds. Elle avait réussi à faire plier sa deuxième baguette. Une baguette en bois d'acacia, bois qui avait la réputation d'être particulièrement sélectif.
– Hermione Granger, que vais-je bien pouvoir faire de toi…
Il ne parvenait pas à savoir s'il s'agissait d'un hasard si la magie de cette sang-de-bourbe était tellement puissante, ou si l'utilisation constante de cette magie par le bouclier avait eu pour effet de l'accroitre. Il allait récupérer deux ou trois esclaves sang-de-bourbe auprès des Carrow ou des Lestranges et tester la barrière sur eux de façon prolongée. Six mois devraient lui permettre de savoir s'il y avait une quelconque influence. Et en attendant, il allait voir jusqu'où allait la puissance d'Hermione.
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A/N : Merci à tous d'avoir lu ce chapitre ! A la semaine prochaine.
