Chapitre 7.. Vous allez encore me détester je le sens :D. Mais bon, vous verrez que ça finira bien par payer plus tard haha. Bonne lecture et encore merci pour les reviews.
Henry n'avait jamais mis les pieds chez Jo, ou en tout cas pas dans son appartement. Depuis l'enquête sur Sean, elle avait déménagé et vivait dans un petit coin plus tranquille et cosy pour une personne qui vivait seule.
Elle déposa ses clés sur le meuble du couloir
- rentre ! Fais comme chez toi. J'en ai pas pour longtemps, je vais juste prendre un sac de voyage et mettre le nécessaire dedans.. Je n'ai pas très envie de m'imposer entre toi et Abe mais bon, les ordres viennent d'en haut.
Henry regarda tout autour de lui, tout en allant s'installer dans le living
- oh mais ne dis pas de bêtises Jo. Tu ne vas certainement pas nous gêner.. Je suspecterais même qu'Abraham, fasse exprès de sortir le soir pour nous laisser seuls.
Tout en traversant pour aller dans sa chambre, elle pouffa. Tout le monde ne rêvait que de les voir ensemble et il fallait croire que elle aussi… Mais elle n'avait vraiment pas le courage de lui dire tout ça.
Henry décida de faire le tour du living et regarda les cadres posés sur la cheminée… À son impression, Jo avait vraiment décidé d'aller de l'avant. Il n'y avait qu'une seule photo d'elle et Sean désormais et le reste étaient des photos du poste, de ses amis actuels et dont une avec lui même.
Il était surpris, il ne se souvenait pas avoir prit une photo avec elle et ils avaient l'air vraiment complices dessus. Il prit le cadre entre ses mains et inconsciemment passa ses doigts sur le visage de Jo, bien qu'elle était dans la pièce à côté.
Son coeur se mit à battre la chamade à voir cette image… Il devait le reconnaitre, ils faisaient vraiment bien la paire et ils avaient tellement vécu la même chose… Ils se comprenaient, partageaient la même peine et depuis Abigail, Henry n'avait plus ressentit toutes ces émotions avec personne, jusqu'à Jo…
Il détourna son regard et aperçut sa silhouette dans l'embrasure de la porte de sa chambre… Son coeur s'enflamma d'avantage. Allait-il résister à cet appel brulant durant quelques jours ? Allait-il réellement faire semblant ? Il ignorait s'il en était capable quand il savait à quel point ses sentiments pour la jeune femme étaient importants.
Elle sentit son regard pesé sur elle, même malgré la petite distance qui séparait le salon de la chambre. Leurs yeux se rencontrèrent et ils restèrent sans bouger pendant quelques secondes.
Elle remarqua le cadre dans sa main. Elle prit son sac et le rejoignit dans le salon, où il ne l'avait toujours pas quitté des yeux.
Elle se mit à ses côtés et prit le cadre pour le regarder, un petit sourire sur les lèvres
- je crois que Lucas a prit cette photo sur une scène de crime à central park. L'enquête sur le faux roi il me semble. On pensait la même chose et on s'est regardé, du coup lui nous a pas manqué.
Henry parut confus
- je ne me souviens pas que Lucas était la le jour où c'est arrivé..
- il nous a rejoint après. Je trouve quand même que ça fait une jolie photo souvenir et on est classes dessus.
Elle reposa le cadre et sentit alors son souffle dans son cou. Ils s'étaient rapprochés sans s'en rendre compte et ils se retrouvaient donc très près d'un seul coup, leurs fronts pouvant presque se toucher.
Ils ravalèrent leur salive, comme ci le temps s'était soudainement arrêté pour eux. Ils se firent face et se regardèrent dans le blanc des yeux. Jo ouvrit la bouche, histoire de briser le silence mais Henry posa un doigt dessus. Tous les sens de la jeune femme se mirent en alerte et quelque chose lui dit de mettre de la distance entre eux mais son corps refusait de bouger et sans qu'elle ne s'y attende, ses mains se retrouvèrent sur le torse du légiste. Henry se pencha vers elle, ne lui laissant presque aucune alternative. Ses yeux dévièrent vers ses lèvres qui descendaient lentement vers les siennes. Cette fois ci, rien ne semblait pouvoir les perturber, et le bord de leurs lèvres se toucha, si ce n'était pas pour la vibration émanant de la poche de Jo. Ils s'écartèrent, chacun jurant intérieurement. Timing parfait comme toujours. Henry regarda l'heure et il leva les yeux au ciel, à tous les coups c'était…
- Jo Martinez?
- Oui Jo ? C'est Abe… Dis moi, Henry n'est pas avec toi par hasard ? Il est presque 18h30 et enfin bon, j'aurais besoin de lui pour une recette de ce soir, d'habitude il m'appelle quand il est en retard.
Jo sentit sa lèvre se tordre. Elle fit un signe de tête à Henry qui soupira. Il l'aurait parié.
- ne t'en fais pas Abe, Henry est bien avec moi. Je devais passer chez moi pour récupérer des vêtements et on arrive.
Abe semblait très surpris et se retint de ne pas jubiler…
- on ? Oh ! Très bien alors, je prends note.
Jo cherchait à se confondre en excuses et se retrouva à bégayer
- on… On t'expliquera tout ça quand on sera la
- pas de soucis Jo, mais je ne suis pas idiot. Je vous attends, à toute à l'heure.
Elle raccrocha un peu brutalement. Elle regarda Henry, sentant comme ci ses joues étaient en éruption. Henry lui fit un regard compatissant tout en se passant la langue sur les lèvres
- bon eh bien on dirait que mon fils s'impatiente. Parfois on se demande qui est le père. On ferait mieux d'y aller avant qu'il n'appelle encore.. Je pense lui faire la morale aussi.
Jo rigola bien malgré elle, sachant ce qu'il avait une nouvelle fois interrompu. Jo attrapa son sac mais Henry la devança lui disant qu'il allait s'en charger. Jo le remercia, et se demandait s'il était possible de tomber sur un homme avec des manières aussi gentleman que lui. C'était ce qui le rendait si spécial et qui avait réussi à la faire craquer.
Une fois à la boutique, Abe arriva avec un torchon dans les mains et ne put cacher son sourire béat. Henry leva les yeux au ciel
- Abraham ! Avant que tu te fasses des idées…
- quoi ? Non mais pop's même à mon âge, je vais comprendre. Ne t'en fais pas, j'accepte Jo depuis le début. Juste que même si je suis vieux, essayez d'être discrets le soir parce que bon..
Jo et Henry se regardèrent d'un air choqué
- Abraham ! - aboya Henry - veux tu écouter s'il te plait ?
Il acquiesça, essayant de se rappeler la dernière fois que son père avait crié comme ça. Il déposa le sac de Jo et tous deux s'installèrent dans le canapé face à Abe, qui les regardait tour à tour.
- bon, certes Jo va passer quelques jours ici… Mais seulement quelques jours. Contrairement à ce que tu crois, elle ne vient pas habiter avec nous. Je crois qu'on a déjà suffisamment bouleversé son train de vie comme ça, elle n'a pas non plus besoin de nous avoir sur le dos en permanence.
Jo esquissa un petit sourire timide, n'osant pas dire que cela ne la dérangerait pas. Abe n'était pas plus convaincu mais il laissa son père continuer.
- mais ceci est uniquement pour les besoins de notre enquête….
Il regarda Jo pour avoir son accord. Pourquoi devait-il être celui qui devait expliquer les situations embarrassantes ? Surtout que l'idée venait d'elle, mais son regard lui faisait comprendre qu'il était l'homme de la situation
- On a décidé de se faire passer pour un couple qui va se fiancer.. Notre meurtrier ne s'en prend qu'aux couples fraichement mariés ou sur le point de l'être, des couples avec de l'argent pour la plupart du temps et pour faire ressortir cet aspect, je vais prêter à Jo une bague dans la collection d'antiquité et on mènera notre enquête ensemble.. Mais pour les besoins, Jo doit rester ici. On ne sait jamais si une fois qu'on aura mis la main sur le meurtrier, s'il vient faire ses repérages ici et enfin bon cela serait suspect si Jo et moi on vivait séparément.
Abe haussa un sourcil. Jo se laissa fondre dans le canapé. Le vieil homme trouvait parfaitement ridicule leur histoire de couverture et il ne se privait pas de montrer qu'il n'achetait pas, que ce soit pour une enquête ou pas.
- vous allez vous faire passer pour un couple ? - demanda t-il avec la voix la plus accusatrice qu'il trouva.
- oui Abe - répondit Jo, déjà las de la réponse qu'elle allait entendre .
Il éclata de rire. Alors ça, ils ne l'avaient vraiment pas vu venir.
- bah là il est certain que vous allez rapidement le mettre dans votre filet celui la à mon avis. Y'a pas deux personnes qui sont en couples comme vous, sans l'être pour de vrai donc je suis sûr que vous allez gérer cette affaire rapidement.
Ils s'y attendaient et commençaient sérieusement à vouloir se poser pour que tout le monde finisse par se la fermer.
- c'est une affaire spéciale alors ? Un sérial killer ?
- tout à fait. C'est déjà arrivé dans le passé et le même mode opératoire se reproduit… Sauf qu'à l'époque, ils n'ont jamais retrouvé le coupable.
Jo tapota délicatement le bras d'Henry
- mais cette fois, nous avons un atout de taille.
Elle venait de dire ces derniers mots dans une voix douce et lente. Henry lui sourit et le moment dans l'appartement leur revint en tête. Ils soupirèrent en même temps et détournèrent la tête pour éviter un autre moment d'égarement.
Abe se retint de faire part du fond de sa pensée.
- bien ! Dans ce cas, Jo si tu restes ici pour quelques jours… Je te laisse dormir dans ma chambre, je prendrais le canapé - annonça Abe
La jeune femme paniqua immédiatement et secoua la tête
- non non ! Abe ! Ne te dérange pas pour moi. Je vais prendre le canapé. Je préfère que tu dormes dans un lit. Ce n'est pas grave, je ne vais pas déranger, c'est moi l'invitée.
Henry acquiesça
- elle a raison. Il vaudrait faire attention avec ton dos et tout. Je vais prendre le canapé, et je vais te laisser ma chambre Jo.
Elle parut encore plus scandalisée
- non Henry. Il n'en est pas question. Ce n'est pas parce que tu es un gentleman que je vais te laisser me donner ta chambre. Le canapé ira très bien, je t'assure.
Abe se leva
- bon eh bien continuez de vous disputer.. Cependant je vous rappelle que vous êtes un couple donc après tout, vous pouvez très bien partager la même chambre, comme ça tout le monde sera tranquille.
Il se précipita dans la cuisine avant même que l'un des deux ne puisse répondre. Henry secoua la tête. Il allait lui dire deux mots. Il regarda Jo qui jouait nerveusement avec ses mains
- Jo… Je vais prendre le canapé et j'insiste. Tu dormiras mieux dans mon lit.. Je ne vais pas t'imposer ça, tu mérites mieux.
Elle céda alors.
- très bien.
- allez viens, je vais te montrer la chambre et te donner une serviette pour te doucher. Il y a une salle de bain dans ma chambre, tu peux te refaire une beauté. Je vais aider Abe à préparer le repas et avant de dormir, on discutera de nos plans pour notre affaire.
Elle acquiesça et le suivit à l'étage et fut très impressionnée par le confort dont l'appartement disposait. Elle se sentait vraiment comme à la maison et la pensée la fit rougir jusqu'à la racine de ses cheveux.
Quand elle découvrit la chambre d'Henry, elle s'attendait forcément à la voir très propre et rangée mais elle n'imaginait pas à quel point, elle aimerait ce petit coin.
Henry était vieux jeu mais elle appréciait le décor champêtre et le lit king size. Elle déglutit. Il y avait largement de la place pour deux personnes et son regard se perdit sur son collègue.
Il rentra dans la salle de bain et déposa la serviette sur le lavabo.
- prends ton temps et mets toi à l'aise. Je te préviendrais quand le repas sera prêt.
- d'accord ! Merci Henry.
Ils échangèrent un sourire, dont eux seuls avaient le secret et Henry quitta la chambre pour lui laisser de l'intimité. Jo lâcha le soupir qu'elle ignorait qu'elle avait retenu jusque la.
Elle fouilla dans ses affaires pour en sortir sa trousse de toilettes et son pyjama.. Quoique peut être devrait-elle attendre avant de mettre un pyjama. Elle allait diner avec deux gentlemen et il était certain qu'ils ne mangeaient pas en pyjama. Elle le déposa sur l'oreiller et ressortit un short en jean avec un débardeur noir. Cela devrait suffire pour le diner.
