Bonjour,

Comme d'habitude, un grand merci à toutes les personnes qui suivent cette histoire, et surtout à tous ceux qui laissent des reviews.

On est toujours avec les résistants pour le moment, mais ne vous en faites pas, Hermione et Voldemort seront de nouveau face à face d'ici quelques chapitres :)

Bonne lecture,

Perhentian

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Chapitre 14 – Mars - Avril 1999

Le lundi matin, Hermione s'était levée tôt pour pouvoir petit-déjeuner avec Harry et Ron avant qu'ils ne partent au travail. Ils étaient tranquillement en train de discuter de choses et d'autres lorsqu'un bruit de tapotement vint les interrompre. Tournant la tête, Hermione remarqua qu'une chouette brune était perchée sur le bord de la fenêtre et cognait avec insistance son bec contre la vitre.

Alors qu'elle allait demander ce qui se passait, Harry se leva tranquillement et alla ouvrir la fenêtre. La chouette lui tendit sa patte et Hermione remarqua alors qu'il y avait un journal entre ses serres. Harry récupéra le journal et un instant après la chouette s'envola à tire-d'aile.

– Oh putain ! s'exclama Harry, un air choqué inscrit sur son visage.

– Qu'est-ce qu'il y a ? demanda vivement Ron.

Il était déjà debout et regardait par-dessus l'épaule d'Harry. Hermione vit son visage devenir subitement blême alors qu'elle se rapprochait elle aussi, un sourd sentiment d'angoisse montant en elle. La réaction des deux jeunes hommes ne pouvait que lui faire craindre le pire. Lorsqu'elle aperçut la couverture du journal elle se figea complètement sous le choc. Une immense image animée montrait un corps sévèrement mutilé, suspendu en hauteur en plein de milieu de ce qui ressemblait à un palais maure.

« Les hautes autorités de l'alliance magique sont intervenues pour mettre fin aux actes terroristes à Grenade, ramenant enfin la paix », titrait le journal.

– Quelle horreur ! fit Hermione.

Elle ne parvenait pas à croire que ce genre d'acte barbare puisse encore exister. Torturer quelqu'un et exposer son corps en guise d'avertissement, c'était eux qui étaient des terroristes.

– C'est notre faute, murmura Harry. C'est forcément une réaction à ce qui s'est passé ce week-end en Angleterre.

– Ce n'est en aucun cas notre faute Harry, répliqua Ron. C'est le seigneur des ténèbres qui est responsable. « Hautes autorités », peut-être même qu'il est lui-même allé déverser sa colère sur place.

– Mais Ron, si… commença Harry.

– Fait voir la suite, ce n'est pas en regardant cette affreuse photo que cela fera changer les choses, coupa Ron d'un ton autoritaire.

Harry posa le journal sur la table, les mains tremblantes, et s'apprêtait à l'ouvrir lorsqu'un nouvel oiseau s'engouffra par la fenêtre restée ouverte. C'était un aigle noir d'encre avec des yeux féroces qui vola sans hésitation jusqu'à Hermione, et lui tendit la lettre entre ses serres. Elle allait la décrocher lorsque Ron intervint.

– Attends, qui c'est ? demanda-t-il.

– Je ne sais pas, répondit Hermione. Je ne connais personne dans le monde magique…

– Laisse nous lancer quelques sortilèges de détection supplémentaires dessus alors, fit Harry.

Saisissant sa baguette il lança plusieurs sortilèges de détection, sans détecter quoi que ce soit de suspicieux. Il fit alors signe à Hermione de récupérer la lettre. Dès que ce fut fait, l'aigle noir repartit encore plus rapidement que la chouette, comme s'il ne voulait pas rester plus longtemps en leur présence.

Hermione retourna l'enveloppe et se figea lorsqu'elle vit l'adresse, "Hermione Jean Granger, quelque part en Angleterre", calligraphiée d'une écriture élégante qu'elle avait déjà vue. Sur le mot que le seigneur des ténèbres avait laissé dans la « Méthodologie de Ptolémée ». Que pouvait bien lui vouloir Voldemort ? Elle se doutait que ce ne serait pas un petit mot lui souhaitant de bien profiter de sa nouvelle liberté…

– Ça va Hermione ? demanda Harry avec préoccupation en la voyant immobile.

– Je crois que c'est l'écriture du seigneur des ténèbres, répondit lentement Hermione.

– Quoi ? fit Ron avec violence. Lâche-ça tout de suite !

Mais Hermione garda la lettre dans la main. Elle avait le pressentiment funeste que ce message n'allait pas lui annoncer de bonnes nouvelles, mais elle avait besoin de savoir ce qui avait bien pu se passer. Les mains tremblantes, elle décacheta la lettre, et un morceau de journal plié ainsi qu'une note en tombèrent. La note contenait une simple phrase, « En espérant que ta liberté en valait la peine » et la montée d'angoisse qui en résultat lui coupa la respiration.

Elle se saisit du morceau de journal, mais dut s'y reprendre plusieurs fois avant de réussir à le déplier. C'était un article de journal moldu, une photo prenant la moitié de la page. Ses mains se crispèrent lorsqu'elle reconnut la rue où elle avait habité, et surtout, surtout, les ruines noircies de plusieurs maisons. Elle regarda alors le titre de l'article : « Plusieurs morts dans une explosion de gaz accidentelle à Londres ».

– Non non non ! fit-elle avec panique.

– La rue de tes parents ! s'exclama Harry qui devait avoir reconnu l'adresse.

Frénétiquement, Hermione parcourut l'article de journal. Elle se sentit mal de ressentir une pointe de soulagement lorsque l'article confirma que sa maison était bien vide au moment des faits. C'étaient les familles des voisins les plus proches qui avaient été tuées. Quinze personnes en tout. Quinze personnes dont elle connaissait les noms, la vie, et même certaines de leurs petites habitudes.

Ron posa une main sur son épaule, mais Hermione la repoussa avec rage, saisit la baguette que Harry avait toujours dans sa main et brula l'article, le mot et l'enveloppe, avant de s'effondrer sur une chaise et de se mettre à sangloter de façon incontrôlable.

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Les quelques journées après cet évènement ne furent faciles ni pour Hermione ni pour Harry. Tous les deux se sentaient affreusement responsables des atrocités commises par Voldemort. Ils alternaient entre une résolution accrue de se battre contre le seigneur des ténèbres et une morosité presque dépressive. Cependant, ils remontèrent petit à petit la pente, en grande partie grâce à Ron qui faisait absolument tout ce qu'il pouvait pour leur redonner le moral.

En l'absence d'Harry et de Ron, qui travaillaient durant la semaine, Hermione passait ses journées à lire tout ce que contenait leur bibliothèque et à tester des sortilèges, les deux garçons lui ayant rapidement rendu sa baguette. Elle avait l'impression de progresser plus vite que jamais : non seulement elle avait accès à des livres, mais elle pouvait aussi s'exercer autant qu'elle le voulait.

Elle avait aussi participé à plusieurs des cours dont Harry lui avait parlé, et dont il était en fait le principal professeur. Elle avait découvert qu'elle ne se débrouillait finalement pas si mal en duel, mais qu'elle était par contre complètement ignare sur d'autres sujets. Elle ne savait pas au début ce qu'était un Patronus. Ni qu'il existait des loups-garous ou beaucoup d'autres créatures magiques. Elle ne saisissait pas les références à des professeurs ou des lieux. Ni même cette histoire de maisons de Poudlard.

En conséquence elle s'était plongée avec encore plus d'avidité dans les livres à sa disposition. Elle en ressortait toujours avec des dizaines de questions. Harry lui répondait toujours patiemment, lorsqu'il le pouvait, mais Ron avait tendance à se moquer de son attitude et elle s'était plus d'une fois légèrement brouillée avec lui. Il disait qu'elle avait un côté pénible, alors qu'Hermione se sentait tout simplement incroyablement frustrée de ne pas avoir les réponses à toutes ses questions. Et ce qui l'énervait encore plus, c'était qu'elle avait la conviction que le seigneur des ténèbres aurait su répondre à ses questions. L'idée de lui concéder ce point lui donnait tout simplement envie de vomir.

Les cours d'Harry lui avaient permis de rencontrer beaucoup de personnes différentes. Dean Thomas, Seamus Finnigan, Neville Londubat, Anthony Goldstein, Michael Corner, Lee Jordan, Hannah Abbot, Angelina Johnson et Fred et George Weasley qui étaient eux aussi des sang-mêlés ou des traîtres à leur sang. Mais aussi des sang-purs tels que Susan Bones, Terry Boot, Cho Chang, Alicia Spinnet, Katie Bell, Padma et Parvati Patil. Ainsi que, très étrangement, Daphné Greengrass, la fille du ministre de la magie, et Blaise Zabini, dont la mère faisait partie des cercles d'influence du régime actuel.

Tous faisaient partie de la résistance, même si aucun d'entre eux ne savait exactement ce que faisaient les autres. Hermione avait fini par comprendre que Ron et surtout Harry faisaient partie de ceux qui savaient le plus de choses. Ils participaient régulièrement à des réunions de l'Ordre du Phénix avec beaucoup d'autres personnes dont Hermione ne connaissait rien, pour sa sécurité et surtout celle des résistants.

– Vous n'allez pas avoir de soucis à cause de Daphné et Blaise ? avait demandé Hermione après les avoir rencontrés pour la première fois.

– Moi je dis qu'on ne peut pas leur faire confiance, fit Ron.

– Padma et Susan se sont portées garantes pour Daphné, et Daphné pour Zabini, répondit Harry. Tous les deux nous aident beaucoup en récoltant des informations pour nous, mais c'est vrai que pour le moment nous ne leur disons que le minimum.

– Vous ne risquez pas de vous faire repérer en faisant des cours aussi importants ?

– Nous changeons toujours de jour et d'heure. Et tu auras remarqué que jamais les mêmes personnes ne viennent en même temps.

– Et vous n'avez pas peur que si l'un d'entre vous se fasse attraper, cela compromette la sécurité de tous les autres ?

Harry et Ron firent une grimace et Hermione comprit que le sujet était problématique.

– Si quelqu'un se fait attraper, vos couvertures vont toutes voler en éclat n'est-ce pas ? demanda-t-elle pour confirmation.

– Malheureusement oui, répondit Ron. Les personnes qui ne font pas partie de l'Ordre ne savent pas exactement qui fait partie de l'Ordre, mais ce ne sera pas suffisant pour nous protéger. Si cela arrive, il nous faudra nous cacher.

– Oui, je me souviens que vous m'aviez expliqué ce qu'il fallait faire dans ce cas, acquiesça Hermione. Vous avez de la chance que personne ne se soit encore fait attraper…

Le visage d'Harry devint livide et Hermione sentit qu'elle venait de faire une bourde.

– L'un de vous s'est déjà fait attraper ? demanda-t-elle d'un ton mal assuré.

– Attraper non, mais tuer oui, répondit sombrement Ron. Cédric Diggory. Il devait faire une mission sans aucun danger, mais il s'est finalement retrouvé face à Bellatrix Lestrange. C'était un combat beaucoup trop déséquilibré…

– Je suis désolée, fit Hermione. Je ne voulais pas mettre les pieds dans le plat.

– Ce n'est pas grave, répondit Harry. C'est juste que c'est un peu récent. Ça s'est passé la veille de Noel cette année…

Hermione se rappela de la colère du seigneur des ténèbres les jours ayant suivis Noel et elle frissonna. La résistance n'était pas passée très loin de la catastrophe.

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À la fin d'une réunion de l'Ordre du Phénix vers le milieu du mois de mars, Harry se dirigea vers Minerva McGonagall, se souvenant de la requête qu'Hermione avait formulée peu après son arrivée.

– Professeur, est-ce que je peux vous poser une question ?

– Mais bien sûr Harry.

– Je voulais savoir si vous auriez les livres suivants : "Méthodologie de Ptolémée" et "Théorie des flux magiques" ?

– Depuis quand vous intéressez-vous à la magie fondamentale Harry ? demanda McGonagall.

– Oh, ce n'est pas pour moi, c'est pour Hermione, répondit Harry. Elle aurait beaucoup voulu les lire.

Minerva McGonagall le regarda pensivement avant de lui répondre.

– Ce sont des lectures très avancées que celles-ci. Je devrais pouvoir trouver « Théorie des flux magiques », mais « Méthodologie de Ptolémée », ce livre est une légende en tant que tel. Albus en avait une copie quelque part je crois, mais cela fait partie de toutes ces choses qui ont disparu avec lui.

Un air triste passa sur le visage de son ancien professeur de métamorphose et Harry se sentit particulièrement mal à l'aise. Il n'avait lui-même que peu connu Albus Dumbledore, mais le mage avait instillé un respect chez les membres du précédant Ordre du Phénix qu'Harry trouvait intimidant. Il avait été le dernier à s'opposer à Voldemort, alors même qu'une grande partie des siens se faisaient petit à petit attraper, avant de tomber lui aussi entre les mains du seigneur des ténèbres.

– Vous avez besoin d'autre chose Harry ? demanda McGonagall, son visage strict de nouveau impassible.

– Hermione voudrait aussi apprendre l'occlumencie.

– Je ne sais pas s'il acceptera de reprendre un élève, soupira McGonagall.

Harry fit une grimace contrite. McGonagall faisait clairement référence aux catastrophiques leçons qu'il avait lui-même eues avec Rogue lorsque McGonagall et Remus avaient décidé qu'il valait mieux avoir trois points de contact pour Rogue au cas où. Le test de puissance magique de sortie de Poudlard avait désigné Harry comme le candidat le plus propice, l'occlumencie étant une discipline complexe, mais Rogue et lui avaient mis des mois à réussir à travailler correctement ensemble.

– Il ne devrait pas y avoir le même passif avec Hermione professeur, argumenta-t-il.

– C'est exact. Je vais essayer de lui en parler, mais je ne vous promets rien Harry.

– Merci professeur.

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– Tu tiens toujours à apprendre l'occlumencie ? demanda Harry à Hermione quelques jours plus tard.

– Bien sûr ! répondit Hermione, levant sa tête de son livre.

– Je peux te présenter quelqu'un qui pourra te l'apprendre, mais tu ne pourras plus sortir d'ici tant que tu n'auras pas fini ta formation.

– Ce n'est pas vraiment comme si j'étais déjà sortie d'ici, fit remarquer Hermione.

Harry la regarda d'un air embarrassé.

– Désolé, j'avais oublié, commenta-t-il piteusement. Je dois rajouter aussi que tu n'auras le droit de parler à personne de la résistance de cette personne.

– À part toi je suppose ?

– À part moi. Mais je préfère encore que tu n'en parles pas du tout.

Hermione se retint à grand peine de demander pourquoi, sa curiosité piquée à vif.

– Du moment que j'apprends l'occlumencie, accepta-t-elle.

– Je vais te le présenter alors.

– Il est ici ? s'étonna Hermione.

– Temporairement. Il est au grenier.

– La pièce où personne n'a le droit d'entrer car elle contient tous les souvenirs que tu as de tes parents ? fit-elle avec ironie.

Harry approuva sa remarque d'un hochement de tête, et l'invita à le suivre. Ils montèrent ainsi de deux étages, puis sur la petite échelle qui menait au grenier. Harry passa en premier, et Hermione le suivit. Elle négocia difficilement le passage de l'échelle au plancher, et manqua de retomber dans le trou de surprise en voyant l'occupant du grenier.

– Vous ? s'exclama-t-elle avant d'avoir pu se retenir.

– Le professeur Rogue est un expert en occlumencie et legilimancie, fit Harry.

– Je suppose qu'il faut bien cela pour cacher au seigneur des ténèbres que vous êtes en contact, commenta pensivement Hermione.

– Parfaitement mademoiselle Granger. Maintenant Potter si vous voulez bien nous laisser travailler, fit le professeur Rogue d'une voix onctueuse.

Harry leva les yeux au ciel et prit congé d'eux en faisant un signe d'encouragement à Hermione. Les deux n'avaient pas l'air de bien s'entendre.

– Eh bien mademoiselle Granger, approchez-vous, je n'ai pas de temps à perdre, fit sèchement Rogue.

Hermione nota qu'il s'adressait à elle avec beaucoup plus de déférence lorsqu'elle était l'élève de Voldemort. Elle serra les dents et s'avança vers lui, se repassant dans sa tête ce qu'elle savait de lui. Mangemort du premier cercle. Directeur de Poudlard. Craint aussi bien des mangemorts que des résistants.

– J'ai pu constater par moi-même que vous aviez déjà la plus élémentaire prudence en ce qui concerne la legilimancie, n'est-ce pas mademoiselle Granger ?

– Ne pas regarder la personne dans les yeux, confirma Hermione.

– Cela ne peut être que temporaire bien sûr, et je vous rassure, peu de sorciers sont suffisamment puissants pour maîtriser la legilimancie. Et seule une poignée d'entre eux peuvent le faire sans utiliser leur baguette pour lancer le sortilège.

– Le seigneur des ténèbres me l'avait dit oui, même s'il avait refusé de m'enseigner ces disciplines.

Severus Rogue sembla se crisper à sa remarque – était-ce la référence au seigneur des ténèbres ? –avant de hocher la tête d'un mouvement sec.

– Deux techniques pour se protéger contre la legilimancie. La première est la plus facile : il s'agit de se concentrer sur un souvenir ou de faire le vide dans ses pensées. La pratique vient vite, mais la personne en face de vous saura immédiatement que vous cherchez à vous protéger. La deuxième est plus complexe : il s'agit de cacher la plupart de vos pensées, mais d'en laisser quelques-unes en surface pour faire illusion. Même si vous en aviez les moyens, il vous faudrait des années de pratique pour parvenir à ce niveau.

Son ton était légèrement méprisant, mais Hermione ne s'en offusqua pas. Les Doloris ne volaient pas aussi bas du côté des résistants qu'avec le seigneur des ténèbres, et si Severus Rogue lui apprenait l'occlumencie il pouvait être aussi désagréable qu'il le voulait.

– Quelle technique allez-vous m'enseigner ? demanda Hermione.

– La première technique n'est guère efficace lorsque le camp adversaire n'hésite pas à torturer. Je vous enseignerai donc la deuxième, sans chercher à la rendre parfaite. Votre objectif ne sera pas de cacher toutes vos pensées, mais de réussir à cacher les plus importantes derrière celles qui le sont moins. Une attaque ciblée fera voler votre défense en éclats, mais s'il y a quelque chose que votre adversaire ne sait pas, il ne pourra le trouver.

– Je serai donc capable de cacher mon implication avec la résistance au seigneur des ténèbres ?

– Ne soyez pas prétentieuse, répondit Rogue avec acidité. Le seigneur des ténèbres est le meilleur legilimens d'Europe. Au mieux vous pourrez cacher quelques souvenirs.

Hermione pinça les lèvres mais ne répondit rien. Elle ferait en sorte de réussir à se protéger, elle se l'était promis.

– Mais pour commencer, nous allons pratiquer la première technique, annonça Rogue. Si vous ne montrez aucune disposition, je modifierai votre mémoire.

Il leva sa baguette et Hermione eut à peine le temps de réfléchir à un souvenir avant de sentir l'intrusion dans sa tête.

Lorsqu'elle ressortit de sa séance avec le directeur de Poudlard deux heures plus tard, elle avait un puissant mal de tête, et elle avait l'impression de ne pas avoir progressé le moins du monde. Mais Severus Rogue lui avait promis de revenir la semaine suivante, le jour de l'équinoxe de printemps, et c'était déjà une victoire en tant que tel.

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Le 21 mars 1999, Voldemort était de fort méchante humeur. Il se trouvait au Pérou, avec d'autres mages, et la seule personne à qui il voulait parler en venant à cette soirée de l'équinoxe était visiblement absente. Un jour, dans quelques années, il aurait suffisamment avancé dans sa quête de l'immortalité pour prendre le risque de faire disparaitre les plus dangereux d'entre eux. Et il prendrait grand plaisir à faire durer longtemps leur agonie. Mais il ne pouvait encore risquer une alliance contre lui.

Il regarda d'un regard ennuyé cet idiot d'Antonio Ibanez del Campo faire une démonstration très visuelle de sa maitrise des enchantements, tout cela pour essayer d'impressionner Alexandra Rostov, qui lui jetait des regards aussi dédaigneux que Voldemort. Elle en remontait presque dans son estime.

Distraitement, il se demanda ce qu'Hermione aurait pensé de ces enchantements, elle qui s'étonnait toujours des limites pratiques de la magie. Il aurait sûrement dû doucher son enthousiasme en lui expliquant à quel point ce prétentieux d'Antonio jouait sur le bluff, mais rien que la façon dont il construisait ses sortilèges l'aurait intéressée. De tous les sujets auxquels elle avait touchés, c'était incontestablement l'architecture des sortilèges qui l'attirait le plus.

Lorsqu'il se rendit compte qu'il était encore en train de penser à Hermione Granger, Voldemort sentit monter une sourde rage en lui, et son verre explosa dans sa main.

– Si tu pouvais éviter d'étendre ton ignominie à la vaisselle ce serait appréciable, siffla d'une voix acide Alexandra Rostov.

En un instant, Voldemort sortit sa baguette et les cheveux de la sorcière s'enflammèrent violement.

– Ne me provoque pas Alexandra, ou à défaut de te tuer toi, j'irai exécuter avec plaisir un autre de tes amants, lui répondit-il froidement alors qu'elle essayait vainement d'éteindre le Feudeymon dans ses cheveux.

– Je vois que l'ambiance de cette soirée est excellente.

Voldemort ne se retourna pas immédiatement, l'aura du sorcier venant de se matérialiser à côté d'eux lui étant tout à fait familière. Il attendit qu'Alexandra Rostov lui ai jeté un dernier regard noir et se soit éloignée rageusement de lui, puis il se tourna tranquillement vers le mage qu'il attendait depuis trop longtemps.

– Asma, fit-il sèchement en guise de salutation.

– Tu voulais me voir à propos d'artefacts égyptiens c'est bien cela ?

– Allons ailleurs, confirma Voldemort.

Il avait besoin d'Asma Bacaffa pour remonter la piste de l'amulette qu'il recherchait, mais il n'avait aucunement envie de partager ses recherches avec les autres mages. Sans jeter un seul regard aux autres participants de la soirée, Voldemort déclencha une tornade du bout de sa baguette, et transplana avant d'en voir les effets, sachant qu'Asma saurait parfaitement où le retrouver. Avec un peu de chance, l'autre sorcier arriverait même à lui faire sortir de la tête l'irritante sang-de-bourbe.

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Au début du mois d'avril, un événement imprévu faillit perturber la bonne cohabitation de Harry, Ron et Hermione à Godric's Hollow.

Hermione était en train de finaliser la préparation du repas lorsqu'elle se figea soudainement. La porte d'entrée venait de s'ouvrir et elle entendait indistinctement les voix d'Harry et de Ron, mais ce n'était pas ce qui avait alerté la jeune sorcière. Même depuis la cuisine elle pouvait sentir une magie accompagnant Harry et Ron. Une magie qui l'avait en un instant glacée. Une magie qu'elle n'avait pas côtoyée depuis un mois.

Saisissant fermement sa baguette elle se déplaça rapidement jusqu'au salon. A moitié cachée derrière le canapé, elle fit s'ouvrir la porte d'un « Alohomora » silencieux et jeta un œil dans le vestibule. Harry et Ron semblaient seuls, assez contents, et absolument pas sur leurs gardes.

Hermione allait leur crier de faire attention lorsqu'elle se rendit compte que la fraction de magie du seigneur des ténèbres qu'elle sentait semblait parvenir d'Harry. Elle resta un instant interdite, son cœur battant à la chamade, ne sachant que faire. Serait-il possible qu'Harry soit possédé ? Elle ne parvenait à trouver aucune autre explication logique…

– J'espère que Hermione a fait à manger, je meurs de faim ! fit Ron en enlevant sa cape.

– Tu meurs toujours de faim, commenta Harry. Et à mon avis elle est encore plongée dans un bouquin poussiéreux !

Hermione renifla d'indignation derrière son fauteuil et elle sentit ses mains se mettre à trembler. Harry n'avait absolument pas l'air d'être possédé. Mais l'aura magique angoissante qui l'entourait ne pouvait être confondue avec aucune autre. Aucun des deux jeunes hommes ne l'avait encore remarquée et Hermione savait que si elle voulait agir elle n'aurait peut-être pas de meilleure chance.

– Stupefix ! lança-t-elle en sortant soudainement de sa cachette.

Son sortilège fila droit vers Harry, mais celui-ci, comme mû par un sixième sens, l'évita de justesse. Un instant après il avait sorti sa baguette et faisait face à Hermione.

– Expelliarmus ! fit Harry.

– Protego ! contra Hermione.

Entre-temps Ron aussi avait sorti sa baguette et Hermione plongea de nouveau derrière l'un des fauteuils. Elle retint un grognement de frustration. Elle n'était pas encore au niveau pour se battre contre Harry. Encore moins pour se battre contre Harry et Ron.

– Expulso, lança Hermione en visant de nouveau Harry.

– Hermione ! fit Ron d'un ton indigné.

– Il est possédé Ron ! répondit Hermione.

Mais elle dut de nouveau battre retraite derrière un autre meuble du salon suite à une attaque d'Harry.

– Quoi ? fit Ron. Mais non !

– Hermione arrête immédiatement ! compléta Harry.

– Petrificus Totalus ! lança Hermione.

– Bombarda ! répliqua immédiatement Harry.

Le sort toucha Hermione à l'épaule et elle fut projetée en arrière, poussant un cri de douleur.

– Diffindo ! répliqua-t-elle. Uniquement si tu donnes ta baguette à Ron !

Harry évita son sortilège d'un mouvement souple et celui-ci alla lacérer le portrait d'un de ses ancêtres qui poussa un cri indigné.

– Je suis pas possédé ! répondit Harry.

Il lui lança un sort qu'elle ne connaissait pas et Hermione dut se jeter par terre pour l'éviter, heurtant durement son coude gauche au passage.

– Stupefix ! Ron, aide-moi ! Il a l'aura du seigneur des ténèbres tout autour de lui !

– La bague ! s'exclama Ron.

Harry et Ron échangèrent un regard avant qu'Harry ne plonge sa main gauche dans l'une de ses poches et ne lance quelque chose vers Hermione. Cette dernière évita d'un bon l'objet, qui alla s'écraser sur le sol, et elle pointa immédiatement sa baguette dessus.

L'aura du seigneur des ténèbres qu'elle percevait depuis le début pulsait depuis cet objet, à la fois familière et menaçante. Elle s'approcha légèrement et remarqua qu'il s'agissait d'une bague en or sertie d'une pierre noire. Elle fit un autre pas en avant, étrangement attirée par l'objet, avant de se reprendre et de se tourner vers Harry et Ron.

– Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle.

– Un Horcruxe du seigneur des ténèbres, fit Harry en soupirant.

– Un Horcruxe ? demanda Hermione.

Elle n'avait jamais entendu le terme, et Ron et Harry lui expliquèrent à contrecœur.

– Il est immortel ? s'exclama Hermione avec effroi à la fin de leur explication. Sérieusement ?

Pourquoi diable fallait-il que ce sorcier surpuissant ait en plus trouvé une façon de devenir immortel ? Ce n'était pas comme si cela aurait été facile de le renverser même sans cela ! En avisant les visages contrariés d'Harry et de Ron, elle comprit qu'elle n'était pas la seule à penser ainsi.

– Comment avez-vous réussi à mettre la main sur celui-ci ? demanda Hermione. Il a dû tous les cacher soigneusement.

– Pas tant que cela, répondit Harry. Il ne sait pas que qui que ce soit est au courant, et sans Dumbledore, nous n'aurions d'ailleurs jamais pu faire le lien entre lui et les Gaunt.

– Les Gaunt ?

– Une très ancienne famille sorcière descendant de Salazar Serpentard. Le seigneur des ténèbres est le fils de Mérope Gaunt, compléta Ron.

– Ah, donc tu savais très bien d'où venait le seigneur des ténèbres ! fit Hermione d'un ton accusateur en pointant du doigt Harry.

Il lui fit un sourire d'excuse, qu'elle accueillit avec un air faussement indigné.

– Oui, mais comme je disais, rare sont ceux qui sont au courant. Le seigneur des ténèbres est né le 31 décembre 1926 sous le nom de Tom Marvolo Riddle. Il est le fils de Mérope Gaunt, qui est morte en le mettant au monde, et de Tom Riddle, un moldu dont Mérope était amoureuse.

– Un moldu ? s'étrangla Hermione.

– Et oui, un moldu… répondit Ron. Il a été assassiné par le seigneur des ténèbres lorsque celui-ci était encore un adolescent. Sûrement pour créer cet Horcruxe.

Hermione regarda la bague qui trainait toujours par terre. La magie autour était envoutante et elle dut se retenir fortement pour ne pas y toucher. Quel gâchis qu'une magie aussi puissante se soit retrouvée entre les mains d'une personne aussi égoïste.

– Et comment s'en débarrasse-t-on ? demanda finalement Hermione.

– Par le seul moyen que nous avons actuellement à disposition : un Feudeymon, répondit Harry.

– Quoi ? Mais c'est incroyablement dangereux ! Vous êtes complètement inconscients !

Il était quasiment impossible de maitriser un Feudeymon une fois que celui-ci était lancé.

– Pas ici évidemment. Nous nous en occuperons demain, avec un peu d'aide, expliqua Ron avec un sourire satisfait sur les lèvres. C'est le premier sur lequel nous avons réussi à mettre la main.

– Nous n'étions pas cent pour cent sûrs qu'il s'agissait d'un Horcruxe, mais ta réaction prouve que nous avions raison. Merci pour la bonne nouvelle, fit Harry en souriant.

– Et pour la nouvelle décoration du salon, rajouta Ron.

Hermione rougit de gêne en regardant l'état déplorable de la pièce suite aux divers sortilèges.

– Désolée, fit-elle piteusement.

– Ne t'inquiète pas, répondit Harry. Cette journée marque notre première grande avancée depuis un paquet de temps, et rien ne viendra gâcher cela !

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A/N : Bon, d'habitude je ne suis pas trop pour les garder les noms anglais, mais Tom Elvis Jedusor je ne pouvais vraiment pas. En tout cas j'espère que le chapitre vous a plu ! À la semaine prochaine :)