Bonjour,
Désolée du retard ! Je n'ai pas pu avancer aussi vite que je le voulais cette semaine.
Comme d'habitude, un grand merci à toutes les personnes qui suivent cette histoire, et surtout à tous ceux qui laissent des reviews.
Bonne lecture,
Perhentian
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Chapitre 15 – Avril - Août 1999
Les mois d'avril et de mai passèrent lentement, presque péniblement. L'Horcruxe du seigneur des ténèbres avait été détruit comme prévu, et la bague était soigneusement cachée dans la maison. Ron avait choisi le contenant, Hermione avait réalisé les protections, et Harry avait dissimulé le tout dans un endroit que lui seul connaissait. Le soir ils avaient fêté l'évènement autour d'un verre de vin, confortablement installés dans le salon. Neville, Fred et George s'étaient joints à eux, enclins à partager la bonne ambiance même s'ils n'en connaissent pas la cause.
Mais après cela, les résistants n'eurent guère plus le cœur à rire, comme si le destin avait décidé que la destruction d'un Horcruxe était déjà bien assez pour eux. En premier lieu, ils se rendirent compte que le régime en place avait décidé de lutter bien plus drastiquement contre leurs actions. Durant l'un des raids qu'ils faisaient pour tenter de libérer certains des né-moldus réduits à l'esclavage, Harry et Ron avaient été témoins de l'agonie longue et douloureuse de deux jeunes enfants lorsque ceux-ci étaient sorti de l'enceinte du manoir ou ils vivaient. La fuite de ces enfants avait signé leur arrêt de mort.
Lorsqu'Harry et Ron étaient rentrés ce soir-là, leurs visages blancs avaient immédiatement effrayé Hermione. Et la réalité de ce qu'ils avaient vécus avait été encore plus douloureuse à assimiler. Encore maintenant, les deux jeunes hommes s'en voulaient terriblement de ne pas avoir décelé la barrière magique responsable du maléfice.
En plus de cela, et malgré toute leur bonne volonté, ils ne parvenaient pas non plus à mettre la main sur un autre Horcruxe. Harry, Ron et Hermione essayaient désespérément de trouver un lieu relié à l'enfance du seigneur des ténèbres, mais leurs recherches étaient restées vaines. Ils savaient qu'il avait été dans un orphelinat, mais impossible de trouver lequel. Et si Harry et Ron avaient commencé à faire le tour des orphelinats d'Angleterre, ils rentraient toujours bredouilles.
Quant à Hermione, son manque d'utilité lui pesait. Elle restait la plupart du temps seule a Godric's Hollow, alors qu'Harry et Ron étaient en mesure de faire des choses concrètes. Hermione avait depuis longtemps lu tous les livres de la petite bibliothèque de la maison, et elle se sentait désœuvrée. Harry l'avait mise en contact avec le professeur McGonagall – il devait s'être lassé de toujours faire le messager pour demander de nouveaux livres – mais la directrice adjointe de Poudlard ne pouvait pas non plus faire parvenir à Hermione autant de livres qu'elle désirait.
Ne pouvant satisfaire son besoin de se sentir utile en lisant le maximum de livres, Hermione s'était rabattue sur la pratique assidue de l'occlumencie, et aussi des exercices de la « Méthodologie de Ptolémée ». La première discipline pour pouvoir enfin sortir de Godric's Hollow et aider Harry et Ron. La deuxième dans l'espoir non seulement d'accroitre sa sensibilité à la magie, mais aussi de pouvoir pratiquer la magie sans baguette. Elle ne voulait plus jamais se sentir aussi impuissante qu'elle l'avait été lorsqu'elle était privée de sa baguette par le seigneur des ténèbres.
Si ses progrès avec la magie sans baguette lui semblaient absolument inexistants, sa pratique de l'occlumencie elle progressait relativement bien. Elle avait beau trouver Severus Rogue particulièrement détestable, mais elle ne pouvait nier qu'il savait de quoi il parlait.
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A la fin du mois d'Avril, Severus Rogue déclara qu'Hermione maitrisait suffisamment bien l'occlumencie pour pouvoir sortir dehors. Bien sûr, sa formulation exacte ressemblait plutôt à quelque chose comme « malgré votre manque de talent pour la discipline, vous avez tout de même réussit à vous mettre au niveau de Potter, même si ce n'est guère quelque chose dont je me vanterais si j'étais vous ».
Comme elle avait profité du mois d'avril pour apprendre à transplaner sans dommages – avec l'aide d'Harry et de Ron, mais aussi de Fred et George Weasley qui semblaient apprécier ce moyen de transport même pour simplement descendre des escaliers – elle se sentit enfin complètement libre de ses mouvement. Et si l'humeur de ses deux colocataires était particulièrement morose, la sienne s'en trouva légèrement meilleure.
Faisant fi de la désapprobation de Harry et Ron, la première chose qu'elle fit après avoir réussi à maitriser l'occlumencie fut de transplaner dans le Londres Moldu, pas loin de chez elle. Elle avait mis un vieux jean et un pull, s'était teinte les cheveux d'un sortilège et avait même légèrement changé la forme de son visage, le rendant plus rond et plus enfantin.
Elle parcourut à pied les quelques rues qui menaient chez elle, et s'arrêta dès qu'elle fut en vue de sa maison. Les débris trainant dans la rue qu'elle avait vue sur la coupure de journal un mois et demi plus tôt avaient été déblayés, mais l'état des maisons n'avait pas changé. Son cœur se serra en voyant les murs explosés et la noirceur des intérieurs.
Elle contempla la rue de son enfance pendant quelques minutes. Tant d'innocents morts pour satisfaire les envies de vengeance du seigneur des ténèbres. Des larmes coulèrent le long des joues d'Hermione avant que celle-ci ne puisse les retenir. Elle avait joué sur ce trottoir. Couru le long de cette clôture. Pris le gouter chez ce voisin.
Elle finit par essuyer ses larmes, avant de se détourner résolument. Elle ne pouvait plus rien pour les morts. Et si elle ne savait pas où étaient ses parents, Harry lui avait confirmé qu'ils étaient en sécurité quelque part en dehors de l'Alliance Magique. Elle marcha calmement dans les rues de Londres, complétement anonyme parmi tous les Moldus, avant de passer devant un cyber-café.
Elle s'arrêta devant la devanture et hésita, avant d'en franchir la porte. Elle n'avait pas d'argent Moldu sur elle et c'est un peu honteuse qu'elle jeta un sortilège de confusion a l'employé qui tenait la caisse. Elle se glissa ensuite derrière un ordinateur et, avec appréhension, tapa sa recherche. Puis elle parcourut des yeux les résultats.
« Le Dr Alfort retrouvé inconscient 12 jours après sa disparition »
« Le Dr Alfort ne semble conserver aucune séquelle de son enlèvement à l'exception de la perte de sa mémoire »
« Une enquête toujours en cours concernant la disparition du Dr Alfort, chirurgien renommé réapparut mystérieusement… »
Hermione fixa des yeux l'écran, ébahie par ce qu'elle voyait. Elle ne parvenait pas à croire que le seigneur des ténèbres n'ait finalement pas tué le médecin. A moins que ce soit simplement Tyler Greengrass qui ait décidé de le relâcher plutôt que de le tuer ? Sachant qu'elle n'aurait surement jamais les réponses à ses interrogations, Hermione s'apprêta à fermer la session, avant de s'immobiliser, une idée venant de germer dans son esprit.
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– Harry, si elle n'est pas de retour d'ici quinze minutes je me lance à sa recherche ! fit Ron.
Harry soupira, passant nerveusement sa main dans ses cheveux, les décoiffant encore plus qu'ils ne l'étaient déjà. Il n'avait déjà pas été rassuré quand Hermione était partie, mais maintenant qu'elle était absente depuis plus de trois heures il était carrément angoissé. Et Ron aussi.
– Ron, comment veux-tu la retrouver dans le monde Moldu ? fit-il avec fatalisme.
– Elle a peut-être eu un souci à côté de chez ses parents. Tu connais l'adresse non ? rétorqua Ron.
– Effectivement, acquiesça Harry.
Ils échangèrent un regard. Si Hermione était tombée dans un quelconque piège, il était particulièrement inconscient d'aller essayer de lui prêter main forte. Mais il était hors de question de laisser la jeune fille se débrouiller seule.
– On n'aurait pas dû la laisser partir seule, commenta-t-il.
A ce moment-là, ils entendirent le bruit caractéristique du transplanage et ils se précipitèrent dans le hall d'entrée, seul endroit où il était possible d'arriver depuis l'extérieur. Harry espéra qu'il s'agissait d'Hermione et non pas d'une escouade de mangemorts, et un intense soulagement l'envahit lorsqu'il reconnut la jeune fille.
– Non mais ça va pas de partir aussi longtemps ? fit immédiatement Ron.
Le sourire qui ornait les lèvres d'Hermione ne s'en trouva pas le moins du monde affecté. Calmement, elle sortit de l'une des poches de sa veste un petit carnet qu'elle leur tendit.
– Qu'est-ce que c'est ? demanda Harry.
– Une copie de toutes les informations intéressantes concernant l'enfance d'un certain Tom Marvolo Riddle lorsqu'il était pensionnaire de son orphelinat.
– Tu as trouvé l'orphelinat ? s'exclama Ron complètement incrédule.
– Pas exactement non. L'orphelinat a été détruit par des bombardements à la fin de la deuxième guerre mondiale, répondit Hermione. Mais j'ai localisé les archives Moldues liées aux orphelins et j'ai ensuite été leur rendre une petite visite. L'orphelinat n'existe plus, mais le dossier fait mention de plusieurs voyages scolaires dans des lieux bien précis…
– Hermione tu es géniale ! s'exclama Ron.
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– S'il vous plait, s'il vous plait…
L'enfant à ses pieds geignait et pleurait, mais Lord Voldemort n'y prêtait absolument aucune attention. Non, son attention toute entière était focalisée sur un problème bien plus embêtant. L'une de ses théories venait de s'avérer fausse. Ni la puissance, ni la sensibilité magique de la sang-de-bourbe n'avaient quoi que ce soit à voir avec le fait d'avoir passé plus de onze années derrière la barrière magique de Dumbledore.
C'était le début du mois de juin, très exactement six mois jours pour jours après qu'il ait apposé le sortilège sur trois sang-de-bourbes, et il venait tout juste de finir de le lever pour le dernier d'entre eux. Et rien. Leur magie n'avait pas changée depuis six mois, au-delà de son évolution naturelle. Elle n'était pas plus puissante. Et aucun de ces enfants ne semblait avoir développé une quelconque sensibilité à la magie.
L'enfant poussa un gémissement plus sonore que les autres et le regard mécontent de Voldemort revint se poser sur lui.
– Endoloris, lança-t-il distraitement.
Les cris de l'enfant résonnèrent immédiatement dans la petite pièce où il avait été enfermé depuis six mois, et si ces cris étaient plus agréables aux oreilles de Voldemort que ses précédentes lamentations, ils n'aidaient somme toute en rien la réflexion du seigneur des ténèbres.
Il n'avait jamais particulièrement adhéré à l'hypothèse disant que les sang-de-bourbes étaient inférieurs aux sorciers de sang-pur. S'il avait basé son ascension au pouvoir dessus, c'était tout simplement pour bénéficier du soutien de nombreux sang-purs influents. Que ce soit durant sa scolarité à Poudlard, ou même ensuite, il avait croisé des sang-purs absolument pathétiques, et des sang-de-bourbes pas si stupides. Mais de là à reconnaitre qu'une sang-de-bourbe puisse autant sortir du lot, sans aucune autre raison que le hasard…
Et ce n'était pas tant sa puissance qui faisait réfléchir Voldemort. Apres tout, il y avait parmi les mages des sang-de-bourbes plus puissants. Non, c'était plutôt cette sensibilité à la magie, cette aisance naturelle qu'Hermione Granger semblait avoir pour maitriser la magie fondamentale, et la facilité avec laquelle son aura magique était à chaque fois rentrée en contact avec la sienne.
Le soudain silence dans la pièce attira l'attention du seigneur des ténèbres. A ses pieds l'enfant ne hurlait plus et les spasmes qui l'agitaient ne semblaient plus atteindre ses yeux vides. Voldemort leva son sortilège et quitta l'endroit sans un regard en arrière.
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Hermione regarda avec un léger malaise les vagues qui se fracassaient sur les rochers plusieurs dizaines de mètres plus bas. Harry et Ron étaient à côté d'elle, et tous frissonnaient à cause de la brise inhabituellement froide pour une fin de mois de juin. A moins que ce ne soit le côté sinistre de l'endroit ? Hermione jeta de nouveau un regard en bas, mais détourna rapidement les yeux. Merlin qu'elle n'aimait pas les hauteurs.
– Hermione ? demanda Harry.
– Cela vient d'en bas, annonça Hermione.
Malgré la fraicheur de la brise, malgré de bruit assourdissant des vagues, c'était une sensation bien plus diffuse et plus faible qui angoissait Hermione. Des traces d'une magie noire et puissante qui lui glaçaient le dos.
– Et bien, il ne reste plus qu'à transplaner sur un rocher plus bas, commenta Ron.
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Hermione s'assit avec brusquerie dans le canapé du salon.
– Mais quel échec ! ragea-t-elle.
Harry et Ron lui répondirent par un grognement et Hermione laissa tomber sa tête sur le rebord du canapé derrière elle. Ils avaient passés des journées entières à parcourir tous les lieux visités par le seigneur des ténèbres avant de trouver la falaise. Puis ils étaient descendus, ils avaient nagé dans l'eau froide, ils avaient éclaboussé tous les murs de sang avant de réussir à rentrer dans la caverne. Là ils avaient encore perdues des heures entières pour réussir à trouver comment aller sur l'ile au milieu du lac souterrain sans déclencher l'ire des Inferi. Avant de tenter l'exercice extrêmement éreintant de se faire léviter les uns après les autres jusqu'au centre.
Puis la potion. Ils avaient tout essayé. La verser par terre, la boire avant de la recracher, la faire se volatiliser. Encore des dizaines minutes de vaines tentatives, alors qu'ils étaient déjà plus qu'épuisés. C'était Ron qui avait fini par proposer une solution. Hermione s'y était d'abord fortement opposée pour des raisons morales, avant de céder à défaut d'autres alternatives. Ils avaient conjuré un chien, et ils avaient fait boire la pauvre bête jusqu'à ce que la potion soit finie. Et malgré le fait qu'un animal conjuré n'était techniquement pas tout à fait vivant, Hermione savait qu'elle en ferait des cauchemars pendant des jours.
Et tout cela pour quoi ? Pour trouver un médaillon qui n'était absolument pas un Horcruxe, avec une note sibylline à l'intérieur :
« Au seigneur des Ténèbres,
Je sais que je ne serai plus de ce monde bien avant que vous ne lisiez ceci mais je veux que vous sachiez que c'est moi qui ai découvert votre secret.
J'ai volé le véritable Horcruxe et j'ai l'intention de le détruire dès que je le pourrai.
J'affronte la mort dans l'espoir que lorsque vous rencontrerez un adversaire de votre taille, vous serez redevenu mortel.
R. A. B. »
Et ils étaient là, affalés dans le salon de Godric's Hollow, fatigués, déçus, sans savoir qui était R. A. B. ni même si le véritable Horcruxe avait effectivement été détruit. Pas plus avancés qu'il y avait quelques mois, et passablement énervés d'avoir perdu leur temps.
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L'humeur d'Harry, Ron et Hermione resta morose tout le mois de juillet. Ils n'arrivaient pas à avancer. Ni sur RAB. Ni sur les autres Horcruxes. Ils n'avaient aucune idée de combien il y en avait exactement, ni de quels formes ils pourraient avoir, ni de où ils pouvaient bien se trouver.
Mais à l'occasion de l'anniversaire d'Harry le samedi 31 juillet, Hermione et Ron décidèrent de faire un effort de bonne humeur. Ainsi ils se chargèrent de s'introduire discrètement dans la chambre d'Harry, et de se jeter puérilement sur lui pour le réveiller.
– A l'attaque ! lança Ron.
– Aaaaahhh ! hurla Harry en se jetant vers sa baguette.
Mais Hermione et Ron étaient déjà sur lui. Harry se débattit un instant avant de se rendre compte de l'identité de ses agresseurs et de commencer à leur hurler dessus.
– Mais vous êtes malades !
– Joyeux anniversaire ! répondit Hermione avec un grand sourire.
– Bande d'idiots, maugréa Harry. Vous n'avez rien de mieux à faire ?
– Nop ! fit Ron. Hermione a transformé le seigneur des ténèbres en cafard de bon matin, la guerre est terminée, tout ça pour ton anniversaire !
Le grognement mal réveillé d'Harry prouva qu'il n'appréciait pas l'humour de Ron à sa juste valeur. Mais cela lança la journée sur une note légère. Neville arriva pour déjeuner avec eux, ainsi que Fred, George et leur petite sœur Ginny. Puis au fur et à mesure de l'après-midi d'autres membres de la résistance arrivèrent.
Molly Weasley ramena de quoi nourrir tout le monde, et même bien plus, et les jumeaux sortirent un stock de bièraubeurre et de whiskey-pur-feu. Hermione but un peu plus que de raison, tout comme ses amis, et à la fin de la soirée elle rigolait à en perdre haleine avec Lee Jordan, Daphné Greengrass et Luna Lovegood, qui avait fini Poudlard il y avait quelques semaines et qu'Hermione trouvait pourtant habituellement beaucoup trop perchée.
Vers la fin de la soirée, tous prirent congés au fur et à mesure et Harry les serra tous dans ses bras, en les remerciant chaleureusement, lui aussi visiblement assez saoul. Lorsqu'il ne resta plus qu'Harry, Ron et Hermione, ils prirent un dernier verre dans le salon, au milieu des bouteilles vides et des restes de gâteau. Ils s'apprêtaient à aller se coucher lorsque la cheminée s'illumina et un grand homme brun, avec les cheveux long, en sortit.
– Salut Harry ! fit l'homme.
– Sirius ! Mais qu'est-ce que tu fais la ? s'exclama Harry.
Et il alla se jeter dans ses bras. L'homme le fit tournoyer et éclata d'un rire qui ressemblait à l'aboiement d'un chien sous le regard stupéfait d'Hermione. Quelques minutes plus tard, ils avaient tous un verre bien rempli de whiskey-pur-feu dans les mains et discutaient de façon décousue, Sirius Black semblant être encore moins mature qu'Harry et Ron réunis, malgré ses 20 années de plus.
– Ah mais quels mois absolument affreux ! râlait Sirius. Franchement les politiciens japonais sont encore pires que les anglais ! Je déteste passer mon temps à faire des ronds de jambes !
– Au moins toi tu ne passes pas ton temps à visiter des endroits boueux en pleine cambrousse sur les traces du seigneur des ténèbres, rétorqua Ron.
– Mais les politiciens n'ont vraiment aucun humour, geignit Sirius. Et toutes mes tentatives se soldent toujours par des échecs !
– Franchement, ce sera toujours moins pire que nous. Nous on joue aux devinettes avec un inconnu signant ses messages R.A.B ! fit Harry.
– Quoi ? R.A.B. ?
Sirius les regarda avec des yeux écarquillés sous le choc.
– Vous le connaissez ? demanda Hermione en essayant d'éclaircir ses pensées embrouillées par l'alcool.
– C'était mon petit frère. Regulus Arcturus Black.
Le bruit que fit le verre d'Harry en s'écrasant sur le sol reflétait parfaitement la stupéfaction des trois amis.
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Hermione vérifia une fois de plus ses préparatifs. Sa baguette était soigneusement rangée dans la poche de sa robe. L'élastique de ses cheveux était bien en place. Le Portoloin d'urgence était aussi en place sur le bracelet qu'elle portait autour de son poignet. Sa cape avec un charme de dissimulation était bien sur ses épaules.
C'était le tout début du mois d'août, à peine deux jours après l'anniversaire d'Harry, et ils avaient décidé de tenter d'infiltrer le manoir de Bellatrix Lestrange pendant que celle-ci était à une réunion du premier cercle des mangemorts, qui, selon Severus Rogue, était bien partie pour durer des heures.
Tout cela grâce à Sirius Black. Apres s'être remis de leur surprise de découvrir que R.A.B. était très probablement le petit frère décédé de Sirius, la fin de la nuit avait été passée à déterminer où pouvait potentiellement se trouver le vrai Horcruxe. Ils avaient même passé deux heures en plein milieu de la nuit à fouiller de fond en comble le Square Grimmaurd.
C'était de nouveau Sirius qui avait amené un peu d'éclairage lorsqu'ils avaient commencé à désespérer de ne rien trouver. Il avait annoncé que l'ancien elfe de maison des Black, Kreattur, avait amené quasiment tous les objets précieux de la maison à sa cousine Bellatrix avant que Sirius ne finisse par carrément le mettre dehors pour éviter qu'il ne l'espionne après la chute. Hermione avait froncé les sourcils devant le peu de respect que Sirius semblait manifester pour l'elfe.
Et maintenant Hermione vérifiait avec angoisse ses préparatifs, s'appretant pour la première fois à faire une mission d'infiltration. Elle était déterminée, mais elle ne pouvait empêcher ses mains de trembler légèrement d'appréhension.
– Vous êtes prêts ? demanda sobrement Remus Lupin en entrant dans le salon.
Hermione échangea un regard avec Ron. Ils seraient tous les trois pour cette mission. Harry était en train de très publiquement diner sur le chemin de traverse avec Ginny Weasley, sa petite amie depuis deux ans. Hermione hocha la tête, suivie un instant après par Ron.
– Dans ce cas allons-y.
Apres plusieurs voyages en cheminée et deux transplanages ils se retrouvèrent à la limite de la barrière anti-transplanage du manoir Lestrange. L'infiltration du manoir fut lente, laborieuse, mais se passa étonnamment bien. Et lorsqu'ils furent dedans Hermione sentit presque immédiatement la magie du seigneur des ténèbres. Comme à chaque fois cette constatation la glaça. Elle ne comprenait pas pourquoi elle réagissait si vivement à cette magie, et avait peur de s'avouer à elle-même qu'elle éprouvait une certaine fascination à la ressentir, et qu'elle n'éprouvait qu'une envie, se rapprocher de la source pour la ressentir encore plus fortement.
Quelques instants plus tard ils se trouvaient dans un petit salon assez intimiste qui semblait ne pas avoir servi depuis des lustres, devant une vitrine contenant divers objets hétéroclites, et parmi eux un médaillon parfaitement semblable à celui qu'Hermione avait dans son sac. La magie du seigneur des ténèbres pulsait du médaillon, inquiétante et envoutante, et Hermione faillit tendre la main pour toucher le médaillon avant de se reprendre.
Les trois sorciers passèrent plusieurs minutes à désactiver les sortilèges de protection autour de la vitrine, avant de finalement l'ouvrir. Heureusement qu'ils n'avaient pas besoin de tenter de désactiver les enchantements du médaillon, parce qu'Hermione était certaine qu'ils n'y seraient pas parvenus, même en dix ans.
– Allez-y Hermione, échangez les médaillons, fit doucement Lupin.
– Attendez un instant, répondit Hermione tout aussi bas.
Elle se concentra un instant avant d'exécuter des mouvements de baguette complexes autour du faux médaillon. Soudain, des bruits dans le manoir leur parvinrent. La baguette d'Hermione trembla légèrement mais elle parvint au bout de sa séquence de sortilèges malgré le pic d'angoisse qui montait en elle. Puis elle échangea rapidement les deux objets.
– Qu'est-ce que tu as fait ? demanda Ron avec précipitation.
– J'ai essayé d'imiter sa magie. Ce n'est pas vraiment une réussite, mais cela aidera peut-être…
– Partons, murmura Lupin. On parlera ensuite.
Ils sortirent rapidement de la pièce, parcoururent en sens inverse le chemin qu'ils avaient fait à l'aller, le cœur battant a la chamade. Malgré les appréhensions d'Hermione, ils arrivèrent à sortir du manoir, et même à atteindre la limite des barrières de protection. Avant d'oublier de désactiver l'une des protections et de déclencher une alarme.
– On transplane fit Lupin.
Hermione tournoya immédiatement sur elle-même, se concentrant sur sa destination, mais au lieu de disparaitre ce fut comme si elle percutait un mur.
– Trop tard ! commenta Ron. Il faut sortir du champ d'action.
Mais ils avaient à peine fait quelques pas que Bellatrix Lestrange se matérialisa juste devant eux. Hermione se figea devant l'apparition. Elle avait déjà vu des photos de la sorcière, et entendu beaucoup de choses sur elle et sa cruauté légendaire. Et le sourire qu'elle abordait actuellement ne faisait que renforcer le sentiment qu'elle était folle à lier. Mais ce qui ressortait le plus de la posture de la sorcière, c'était sa dangerosité. Il était absolument indéniable que Bellatrix Lestrange était une duelliste des plus douée. Sa magie était puissante sans aucun doute. Complètement désordonnée aussi. Et terrifiante.
– Et bien qu'avons-nous là, fit Bellatrix d'une voix haut perchée. Des petits résistants qui voulaient s'introduire chez moi ?
Remus Lupin ne lui laissa pas le temps de finir qu'il lui envoyait déjà un Stupefix. Bellatrix l'évita avec une dextérité impressionnante.
– Le petit Loup Garou veut jouer dans la cour des grands ? fit la mangemorte avec dédain. Endoloris !
Hermione se reprit et l'attaqua avec l'aide de Ron alors que Remus Lupin plongeait sur le côté.
– Diffindo ! lança Hermione.
Un sortilège totalement inconnu fila l'instant d'après vers elle et Hermione l'évita d'un bon.
– Stupefix ! enchaîna-t'elle.
– Impedimenta, Expelliarmus ! compléta Ron à côté d'elle.
Bellatrix dévia leurs sortilèges d'un mouvement de main, avant de riposter.
– Enflamare !
Hermione évita le jet d'un autre bon, absolument terrifié par ce sortilège dont elle avait pu voir les effets sur Fenrir Greyback aux premières loges.
– Diffindo ! enchaina Bellatrix.
Hermione n'eut pas le temps de se couvrir et se prit le sortilège au niveau de l'épaule gauche.
– Expulso, répliqua-t-elle alors que Ron et Lupin lançaient eux aussi des sortilèges de leur côté.
Bellatrix se déplaça souplement avant de leur lancer de nouveau quelques sortilèges. Son style de combat avait quelque chose de semblable avec celui de Voldemort. Moins impressionnant, moins perfectionné, mais il y avait néanmoins un air de famille, une létalité patente reconnaissable. Bellatrix savait indubitablement se battre. Un Doloris toucha Ron qui tomba à terre en criant.
– Praemio ! Fit Hermione.
Bellatrix ne pourrait maintenir son sortilège tout en évitant le maléfice d'explosion, trop puissant pour un bouclier classique. C'est effectivement ce qui se passa, mais un instant après un nouveau maléfice toucha Hermione malgré son Protego Maxima et celle-ci s'étala au sol sous la douleur. Ce n'était pas un Doloris, mais elle avait l'impression que tout son corps brulait de l'intérieur, et elle cria sans pouvoir s'en empêcher.
Elle fut sauvée par Remus Lupin, qui envoya rapidement quelques sortilèges à Bellatrix, levant par la même occasion celui qui torturait Hermione. Bellatrix donnait l'impression de jouer avec lui, et au moment où Lupin lui envoyait un Expelliarmus particulièrement bien placé Hermione la vit lancer le charme siréneen, reconnaissable à ses reflets violets.
– Non ! fit-elle.
Mais Lupin réussit heureusement à éviter son propre sort qui était revenu vers lui. Ron s'était relevé, et Hermione essaya de se remettre debout aussi. Remus Lupin et Ron étaient en train de s'acharner en vain à tenter de percer le bouclier de la mangemorte qui riait comme si elle était possédée. Hermione pointa résolument sa baguette vers elle. Elle attendit d'avoir une opportunité, retenant sa respiration.
– Confundo ! lança-t-elle enfin en y mettant toute sa force.
Le bouclier de Bellatrix vola en éclat, et le sortilège de confusion la toucha de plein fouet. Dans le silence soudainement revenu, Remus Lupin en profita pour lancer un charme d'obscurité, et ils s'enfuirent tous les trois aussi vite que possible.
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Voldemort regarda avec une colère teintée d'ennui Bellatrix s'agenouiller devant lui.
– Maître, que puis-je faire pour vous servir ? demanda-t-elle avec sa voix obséquieuse.
– Que donnent tes recherches sur les résistants ?
Il pouvait voir que Bellatrix avait pâli à sa question, et sa colère monta d'un cran. La sorcière hésita très visiblement, et elle ouvrit même une fois la bouche avant de la refermer sans qu'aucun son n'en soit sorti.
– Bellatrix… fit Voldemort d'un ton menaçant.
N'importe qui d'autre serait déjà en train de souffrir sous le coup d'un Doloris, et Voldemort se fit la réflexion qu'il était beaucoup trop permissif avec la mangemorte. Surtout en regard de ses récents échecs.
– Des résistants ont essayé de s'introduire chez moi hier soir, répondit Bellatrix.
– Et pourquoi ne sont-ils pas en train d'être torturés par tes soins ?
Bellatrix s'agita inconfortablement à sa question, et Voldemort sentit qu'il allait perdre patience.
– Maitre c'est… je… je me suis retrouvée seule face à trois d'entre eux.
C'était tellement lamentable qu'il n'était pas étonnant qu'elle en ait perdu toute sa superbe naturelle.
– T'ai-je donc formée pour rien Bellatrix ? N'es-tu donc même pas capable de te battre contre trois sorciers moyens ? fit-il d'un ton glacial.
– Pardonnez-moi maitre.
– Je ne pardonne pas Bellatrix, répondit Voldemort en pointant négligemment sa baguette vers elle.
– J'utilisais le charme sirénéen maître, fit précipitamment Bellatrix. L'un d'eux m'a envoyé un sortilège de confusion, je ne pensais pas qu'ils sauraient maître.
Voldemort se figea. L'utilisation du sortilège de confusion contre le charme sirénéen n'était pas une connaissance courante, loin de là. Se pourrait-il que ?
– Regarde-moi, ordonna-t-il sèchement.
Il plongea dans l'esprit de Bellatrix. Il la repéra immédiatement à sa baguette. Elle avait indubitablement progressé, et il était presque fasciné de la voir évoluer entre les sortilèges, répliquant avec des charmes qu'elle avait dû apprendre après s'être enfuie. Il se retint de lever les yeux au ciel lorsqu'elle se fit avoir comme une débutante par le maléfice d'Ignotus de Bellatrix. La fin du combat le laissa plus appréciateur : la force de son sortilège de confusion était impressionnante. Il pouvait sentir la magie qui s'était dégagée du sortilège et cela ne fit que raviver les questions qu'il se posait sur le sujet.
Voldemort sortit de l'esprit de Bellatrix et pointa avec fureur sa baguette sur la mangemorte. Elle aurait dû pouvoir les maitriser sans souci. Les deux premiers savaient certes ce battre, mais ils n'avaient rien d'exceptionnel. Et le combat d'Hermione avait été plein de ces maladresses du débutant dont Bellatrix aurait dû bien plus profiter. Si elle n'avait pas été aussi mauvaise, ils auraient enfin pu faire parler ces résistants…
– Endoloris, lança-t-il.
Il la regarda un long moment se rouler disgracieusement sur le sol. Avant de finalement lever son sortilège.
– Bellatrix, ne me déçoit plus.
– Oui maître, répondit Bellatrix en reprenant son souffle.
Une fois Bellatrix sortie, Voldemort fit distraitement courir ses doigts sur son bureau, complètement plongé dans ses pensées. Il avait été capable de percevoir les auras de toutes personnes et de toutes choses autour de lui très jeune, avant même de commencer Poudlard. Il avait plus que l'habitude de les ressentir et de les évaluer. Mais celle d'Hermione Granger, il la percevait avec une acuité qui le laissait songeur.
Il se leva, ouvrit d'un geste l'accès à sa bibliothèque personnelle, et s'engouffra dedans. Il parcourut les rayons, finissant par s'arrêter devant une étagère. Il fit glisser ses doigts sur la tranche de plusieurs livres, avant de retrouver celui qu'il cherchait. Il s'agissait d'un grimoire poussiéreux avec une épaisse reliure en cuir, écrit en vieil anglais. En quelques instants, il retrouva le paragraphe auquel il pensait depuis plusieurs minutes.
« Forts nombreuses furent les théories élaborées pour tenter d'expliquer la puissance magique que Merlin et Vivianne pouvaient déployer. D'aucuns pensaient que c'était parce qu'ils étaient des âmes sœurs. Rien n'aurait pu être plus faux. Seul l'attrait du pouvoir avait rapproché Merlin et Vivianne. Leur ambition dévorante avait permis une alliance, là où beaucoup d'autres dans la même situation s'étaient déchirés, tels qu'Horus et Seth… »
Voldemort releva la tête. L'amulette de Seth. Il avait pensé à l'ankh d'Isis, ou alors à la plume en or du faucon de Nephtys, mais il lui semblait maintenant évident que cela ne pouvait être que l'amulette de Seth que Morgana Le Fay avait recherché. Il avait même lui-même vu et manipulé l'objet il y avait bien longtemps, sans en percevoir à l'époque l'utilité.
Un sourire satisfait étira les lèvres du seigneur des ténèbres. Il n'avait besoin que de deux petites choses pour s'assurer que son pouvoir sur le monde soit total. L'amulette de Seth et Hermione Granger. Et il savait où commencer à chercher la première, et comment mettre la main sur la deuxième.
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AN : Je ne pense pas pouvoir publier la semaine prochaine, mais je vais faire de mon mieux.
