Bonjour,

Me voici de retour ! J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira.

Et merci pour vos reviews sur le dernier chapitre.

Bonne lecture,

Perhentian

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Chapitre 17 – Août 1999

… Un grand salon avec peu de meubles, six jeunes gens célébrant une bonne nouvelle...

… Une maison exigüe remplie de rouquins bruyants...

… La cuisine du Square Grimmaurd, les membres de l'Ordre du Phénix s'agitant dedans...

… Minerva McGonagall, Remus Lupin, Sirius Black, Emeline Vance, Sturgis Podmore, Hestia Jones, Kingsley Shacklebolt, Nymphadora Tonks, les Weasley, Harry Potter, Neville Londubat…

… Une blague alors que le cercle le plus restreint de l'Ordre s'éloigne...

… Minerva McGonagall, Remus Lupin et Harry Potter…

… Un autre repas entre rouquins…

… Un atelier rempli de feux d'artifices bariolés…

… Des dizaines de personnes participant à des cours de duels…

… Harry Potter, Ron Weasley, Hermione Granger, Dean Thomas, Seamus Finnigan, Anthony Goldstein, Michael Corner, Lee Jordan, Fred Weasley, George Weasley, Hannah Abbot, Angelina Johnson, Susan Bones, Terry Boot, Cho Chang, Alicia Spinnet, Katie Bell, Padma Patil, Parvati Patil, Ginny Weasley, Luna Lovegood, Daphné Greengrass, Blaise Zabini…

Lord Voldemort sortit brutalement de l'esprit de Fréderic Weasley, faisant hurler de douleur le rouquin qui s'affala sur le sol sans aucune grâce. Le seigneur des ténèbres ne lui accorda pas un regard et laissa Bellatrix lui lancer un Doloris. Un sourire cruel orna un instant ses lèvres alors que son prisonnier hurlait de nouveau de douleur. Enfin les choses allaient bouger.

– Duplicare cogitationes, fit Voldemort en agitant sa baguette d'un geste fluide.

Un parchemin apparut entre les mains de Bellatrix, et les noms de tous les résistants s'inscrivirent dessus, ainsi que toutes leurs adresses, métiers, fréquentations et autres détails d'une quelconque importance.

– Ne me déçoit pas Bellatrix.

Sa voix avait été parfaitement claire malgré les cris résonants toujours dans la pièce, et Bellatrix s'inclina hâtivement devant lui.

– Je ne vous décevrai pas maitre, répondit-elle. Je…

Voldemort lui lança un regard méprisant et elle se tut, consciente qu'une fois que les directives les plus urgentes seraient données pour poursuivre les résistants encore en liberté elle payerait pour son incompétence passée. Elle se contenta de s'incliner profondément, tout en continuant à maintenir son Doloris sur le rouquin agonisant à ses pieds.

Sans un mot de plus, Voldemort sortit de la pièce et se désintéressa des résistants. Qu'avait-il à craindre de leur part ? Ils pouvaient tenter tout ce qu'ils voulaient, il était immortel. Il avait six Horcruxes pour le protéger. Six Horcruxes soigneusement cachés, qui lui assuraient aujourd'hui un règne éternel. Même s'ils avaient un jour failli être responsables de sa chute…

Il avait mutilé son âme sans un regard en arrière lorsqu'il était plus jeune, immensément satisfait de s'aventurer plus loin que n'importe qui sur le chemin de l'immortalité, sans même se rendre compte qu'il s'enfonçait petit à petit dans la démence au fur et à mesure qu'il créait de nouveaux Horcruxes. Son propre esprit avait été atteint à ses dépens par la magie néfaste du sortilège, et lorsqu'il y repensait il avait une envie intense d'étrangler le jeune homme qu'il avait été pour ne pas s'être mieux renseigné, et lui avoir ainsi fait perdre de nombreuses années.

S'il avait eu à l'époque de la guerre l'esprit aussi clair qu'aujourd'hui, jamais cela n'aurait pris autant de temps, et jamais il n'y aurait eu autant d'opposition. Il aurait infiltré discrètement le ministère, jouant avec les hommes comme avec les ficèles du pouvoir, et il aurait conquis la Grande-Bretagne avec aisance et sans que personne ne s'en rende compte. Même Dumbledore n'aurait rien pu contre lui.

Mais les Horcruxes, tout en le maintenant immortel, l'avaient diminué. Tellement qu'il ne s'expliquait même pas comment il avait pu autant laisser dégénérer la situation. Sa seule satisfaction était que parmi les rares qui avaient tenté de faire de multiples Horcruxes – et encore bien moins que lui – il était le seul à avoir finalement réussi à contourner le problème.

Dans sa recherche obsessive pour trouver un moyen de vaincre Dumbledore vers le milieu des années 80, il avait retrouvé la trace de Flamel et de sa fameuse pierre philosophale. Il n'avait pas été évident de mettre la main sur cette dernière, mais il y était parvenu. L'élixir de vie extrait de la pierre ne le protégeait pas d'une mort accidentelle, mais il avait compensé les effets des Horcruxes. Tellement efficacement qu'il ne lui avait ensuite fallut que quelques mois pour s'emparer du pouvoir en Angleterre. Tellement efficacement qu'il lui avait même rendu le corps de sa jeunesse. Tellement efficacement qu'il avait même finit, quelques mois après sa victoire, par créer le dernier Horcruxe qui lui manquait encore.

Le côté négatif était le besoin mensuel de boire l'élixir de vie. Il ne pouvait se résoudre à rester dépendant de quoi que ce soit, fusse de la pierre philosophale. Mais bientôt, il aurait d'autres moyens de garantir son immortalité, sans même avoir besoin de se reposer sur la pierre, et lorsque cela serait le cas, il règnerait sans partage sur le monde sorcier, pour l'éternité.

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Hermione se réveilla en sursaut, complètement affolée. Les premières sensations qui lui parvinrent furent une affreuse migraine, et des douleurs lancinantes un peu partout dans son corps. Elle ouvrit les yeux et reconnut tout de suite où elle était. Sa chambre. Sa chambre au château de Serpentard. Un sentiment d'angoisse l'étreignit aussitôt. Elle scruta les alentours et son rythme cardiaque ne se calma que lorsqu'elle fut certaine d'être seule.

S'examinant rapidement, elle vit que sa robe était déchirée le long de sa manche gauche et qu'elle avait visiblement saigné du bras. Elle bougea doucement celui-ci, mais il ne lui faisait pas plus mal que le reste du corps et elle s'en désintéressa. Elle parcourut de nouveau la pièce du regard, plus attentivement que la première fois. Rien ne semblait avoir changé depuis qu'elle était partie, comme si le temps qu'elle avait passé hors de cette chambre n'avait jamais existé. Un frisson glacé se répandit dans son dos à cette pensée.

Elle sortit du lit et fit quelques pas dans la pièce. Sa baguette n'était bien sûr nulle part en vue, et sa tentative d'Accio ne donna rien. Par acquis de conscience, elle alla vérifier la porte extérieure de la suite mais elle était sans surprise fermée. Et à l'exception de l'Accio baguette qu'elle avait réussi lors de son combat contre le seigneur des ténèbres, elle n'était jamais parvenue à faire le moindre sortilège sans baguette, y compris des sortilèges aussi basiques que l'Alohomora.

Il n'y avait nulle trace du seigneur des ténèbres pour le moment, mais cela n'en était que plus angoissant. Elle n'était pas morte. Une fois de plus il ne l'avait pas tuée. Mais cette fois-ci il y avait une certaine logique. Elle avait des informations sur les résistants. Certes elle maîtrisait bien l'occlumencie, mais était-elle capable de résister à la torture ? Réussirait-elle à être suffisamment maitresse d'elle-même pour ne pas laisser échapper des informations trop importantes ? Quelques heures, peut-être, mais des journées entières ? Elle n'en était absolument pas sûre. L'image de ce que Voldemort avait fait à Fenrir Greyback lui revint en mémoire, et elle dut retenir un haut le cœur.

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Lorsque Tyler Greengrass transplana en début de soirée à son manoir, et qu'il vit le visage inquiet de sa femme l'attendant dans l'atrium, son cœur se serra d'appréhension.

– Helene ?

– Le seigneur des ténèbres est ici Tyler.

Le sang de Tyler se glaça. Le seigneur des ténèbres n'était quasiment jamais venu chez lui, et il se demanda ce qui avait bien pu le pousser à se déplacer. À attendre son retour au lieu de le convoquer.

– Où est-il ? demanda Tyler en affichant une fausse décontraction pour rassurer sa femme.

– Dans le grand salon.

– Je vais y aller de suite, attends-moi dans le jardin.

– Il souhaite nous voir tous les deux.

Tyler ne put retenir un regard inquiet vers sa femme, puis se dirigea vers le cœur de son manoir, Helene le suivant nerveusement.

– Daphné et Astoria ne sont toujours pas rentrées Tyler, murmura-t-elle alors qu'ils étaient presque arrivés.

Tyler fit un signe de tête pour signifier à Helene qu'il avait bien entendu, mais ne répondit rien. Il s'occuperait d'un problème à la fois, et le plus menaçant était sans conteste le seigneur des ténèbres.

Ils entrèrent dans le grand salon, et s'agenouillèrent au sein de leur propre demeure devant le mage noir, son aura menaçante les enveloppant impitoyablement. Voldemort leur ordonna de se relever d'une voix égale qui donna des sueurs froides à Tyler.

– Mon cher Tyler, ma chère Helene… commença le seigneur des ténèbres.

Tyler sut immédiatement qu'il n'allait guère aimer ce qui allait suivre, et il aurait donnée n'importe quoi pour qu'Helene ne soit pas avec lui en ce moment, pour qu'elle soit épargnée.

– … expliquez-moi comment votre fille Daphné s'est retrouvée engagée dans la résistance ? compléta Voldemort, sa baguette blanche tournant négligemment entre ses doigts.

Tyler eu l'impression que le monde entier venait de s'écrouler autour de lui. L'instant d'après deux Doloris fonçaient vers sa femme et lui.

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C'était le milieu de la nuit et Harry ne pouvait fermer l'œil. Il se tournait et se retournait dans son lit rudimentaire, essayant de ne pas faire trop de bruit pour ne pas inquiéter Ron, George et Neville qui dormaient dans la même pièce.

La journée avait été catastrophique. Certes quelques né-moldus avaient pu être libérés. Certes une bonne partie des résistants avaient eu le message d'évacuation d'urgence à temps et avaient pu rejoindre les refuges sans souci. L'esprit d'Harry dériva un instant vers sa Ginny, dormant quelques portes plus loin avec Luna, Daphné, et la petite sœur de celle-ci, Astoria, que la fille du ministre de la magie avait emmenée avec elle.

Harry savait que leur vies ne seraient plus jamais les mêmes. Dès demain, ou peut-être même dès ce soir, les noms de tous les résistants seraient dévoilés, et chacun d'entre eux serait traqué sans relâche. Ils ne pourraient plus se mêler aux autres personnes, ils ne pourraient plus sortir sans crainte de leur cachette, ils ne pourraient plus être anonymes.

Mais leur sort restait cependant bien meilleur que celui de ceux tombés entre les mains du seigneur des ténèbres. Ils savaient pour certains. Emeline Vance était morte, Remus avait assisté en personne à la scène, sans pouvoir venir en aide à temps à la talentueuse femme. Ginny avait vu des mangemorts emporter son frère Fred encore à moitié conscient, et seule Katie l'avait empêchée de se jeter seule contre cinq mangemorts en la faisant transplaner dès que les barrières avaient été levées.

Pour d'autres ils n'étaient pas encore fixés. Tués ? Capturés ? En fuite ? Il espérait que ce soit la dernière possibilité, quoiqu'elle ne soit que légèrement plus reluisante que les autres. Et si Harry espérait que la nuit et le lendemain leur apporteraient des nouvelles, il avait aussi peur de les entendre. Quelles étaient les chances pour que les manquants aient pu s'échapper ? Quelles étaient les chances pour qu'Hermione ait pu semer de seigneur des ténèbres, et ne pas réussir à les rejoindre à temps ? Harry savait au fond de lui que si le lendemain apportait des nouvelles, elles ne seraient pas bonnes, et il se sentait affreusement impuissant allongé dans son lit, ses yeux grands ouverts fixés sur le plafond.

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La fin de la journée et la nuit passèrent dans une attente angoissante pour Hermione. Les robes qu'elle avait portées étaient toujours dans l'armoire. Les livres qu'elle avait lus étaient toujours rangés dans la bibliothèque du salon. Elle s'était glacée en voyant qu'il y avait même toujours son marque page dans l'un d'entre eux.

Elle n'avait pas osé rouvrir les livres, ni même s'asseoir dans l'un des fauteuils du salon tellement la situation lui semblait irréelle. Elle s'était contentée de faire les cent pas sans but dans la chambre, se retournant vivement au moindre bruit suspect. Elle avait failli hurler de peur en entendant le bruit d'un transplanage avant de voir un elfe et de se rappeler que le seigneur des ténèbres apparaissait généralement sans bruit.

Ce n'était plus Dory. C'était un elfe inconnu qui avait apporté à manger à Hermione et il avait fallu des trésors de persuasion à la jeune fille pour réussir à apprendre ce qu'elle voulait. Dory était morte, tuée au début du mois de mars par le seigneur des ténèbres pour avoir failli à sa tâche. Hermione avait fermé les yeux un instant, durement atteinte par la nouvelle. Elle avait semé la mort dans son sillage en s'enfuyant, et elle n'en avait même pas eu conscience.

Lorsque le matin arriva, Hermione n'avait pas dormi, et son angoisse n'avait fait qu'augmenter. Le seigneur des ténèbres allait venir, cela ne faisait aucun doute. Et elle n'allait guère apprécier sa venue. Mais même si elle savait qu'elle ne pouvait rien y faire, elle était incapable de se concentrer sur quoi que ce soit en attendant. Même les livres ne l'attiraient pas.

En début d'après-midi, elle avait ouvert la fenêtre et s'était postée sur le rebord, espérant qu'une potentielle brise l'aiderait à calmer son angoisse et la sensation d'étouffement qu'elle éprouvait depuis la veille. Elle avait simplement fini par se sentir engourdie, sans pour autant que les battements de son cœur ne se calment, ni que ses jambes ne cessent de trembler.

Elle s'apprêtait à refermer la fenêtre lorsque la magie du seigneur des ténèbres remplit la pièce. Elle se retourna d'un bon et ne put retenir un cri étranglé en voyant Voldemort à moins d'un mètre d'elle. Il était là dans toute sa splendeur, ses robes noires virevoltant autour de lui, sa magie envoutante l'enveloppant, et son regard carmin fixé sur elle.

Hermione recula instinctivement, se cognant contre le rebord de la fenêtre. Son cœur manqua un ou deux battements, et elle oublia de respirer pendant quelques secondes tellement elle était terrifiée. Jamais elle n'avait eu aussi peur de lui qu'en cet instant, et jamais elle ne s'était sentie aussi vulnérable. C'était encore pire de l'affronter en sachant exactement de quoi il était capable.

– Hermione Granger, que vais-je bien pouvoir faire de toi… fit-il d'un ton égal.

Un instant, Hermione eut l'impression de perdre pied. Elle était de retour cinq mois en arrière, à la merci du seigneur des ténèbres, ne sachant jamais si elle vivrait jusqu'à la fin de la journée, ne sachant jamais s'il allait la laisser tranquille ou la torturer, angoissant, essayant en vain de faire front. Elle était de nouveau cette Hermione, comme si rien ne s'était passé, comme si tous ses efforts n'avaient servi à rien.

– Pas d'idée ? fit Voldemort avec un sourire sarcastique.

Il avait l'air d'excessivement bonne humeur et Hermione eut envie d'arracher son sourire de son visage, sa fureur lui faisant reprendre ses esprits.

– Ne faites pas comme si vous ne le saviez pas déjà ! répondit-elle avec défi.

Quelle importance de toute façon ? Elle ne pouvait guère se retrouver en plus mauvaise posture qu'elle ne l'était déjà.

– Tss, tss, la fréquentation de la lie de la société a donc fait disparaître tes bonnes manières ?

Elle regarda son sourire s'agrandir devant son indignation, et elle éprouva soudainement un intense désir de se jeter sur lui pour lui faire manger la poussière, même si ce serait la dernière chose qu'elle tenterait de sa vie. Son instinct de préservation l'en empêcha au tout dernier moment.

– On dirait bien que oui, commenta Voldemort en voyant qu'elle ne répondrait pas. Mais tu as raison, j'ai une bonne idée de ce que je vais bien pouvoir faire de toi.

Il s'était approché légèrement en disant cela, et Hermione essaya impulsivement de s'enfoncer dans le rebord derrière elle. Bientôt elle hurlerait de douleur sous ses doloris. Bientôt elle serait torturée jusqu'à en perdre la raison.

– Je ne vous dirais rien, fit-elle dans un élan de courage.

Voldemort éclata d'un rire froid qui la glaça.

– Oh, mais ne t'en fait pas Hermione, je n'ai même pas besoin de te poser des questions...

– Quoi ?

Elle vérifia frénétiquement ses barrières d'occlumencie mais tout semblait en place, et elle sentit un frisson d'effroi parcourir son dos.

– Tu n'es pas la seule à ne pas avoir pu t'enfuir…

Hermione eut l'impression d'être plongée dans de l'eau froide. Elle avait voulu croire que tout le monde avait eu le message à temps. Que tout le monde avait réussi à s'enfuir. Qu'elle souffrirait mais qu'elle serait la seule.

– Qui ? demanda-t-elle avec angoisse.

Le sourire du seigneur des ténèbres s'agrandit de nouveau et Hermione dut se forcer à rester droite face à la terreur qu'il lui inspirait. Elle ne craquerait pas devant lui. Pas tout de suite en tout cas.

– Tu veux voir ce qui advient de ceux qui s'opposent à moi Hermione ? demanda d'une voix dangereuse le seigneur des Ténèbres.

Hermione agita la tête en signe de dénégation. Elle ne voulait pas savoir ce qu'il avait bien pu faire à ses amis. Elle ne voulait pas les retrouver dans le même état que Fenrir Greyback l'automne dernier. Elle ne voulait pas se retrouver face au cadavre mutilé d'Harry ou de Ron. Mais d'un pas, il fut sur elle et les fit transplaner tous les deux. De retour dans les cachots du château de Serpentard. Sans lui laisser le temps de reprendre ses esprits, Voldemort fit un mouvement de main et une porte s'ouvrit dans l'un des murs du couloir.

Hermione fut poussée sans ménagement dans le cachot assez lugubre et elle sentit tout son corps se mettre à trembler d'appréhension. Elle essaya de reculer mais percuta le seigneur des ténèbres entré juste après elle et elle resta figée, sans oser bouger par peur de trébucher sur quelqu'un. Ses yeux s'habituèrent vite à l'obscurité et elle réussit à distinguer trois formes complètement affalées par terre.

Une lumière éclaira tout d'un coup la pièce et elle reconnut avec horreur les corps de Fred Weasley, Susan Bones et Padma Patil, recouverts de sang. Elle voulut se précipiter vers eux mais le seigneur des ténèbres attrapa son bras et la ramena brutalement contre lui.

– Ils ont résisté quelques heures tout au plus, et ils ont fini par tout nous dire, fit le seigneur des Ténèbres.

Il était tellement proche qu'Hermione avait une conscience aigüe de sa présence dans son dos et elle se força à la plus stricte immobilité, comme si cela pouvait être d'une quelconque aide face à lui.

Elle essaya d'analyser rapidement ce qu'ils avaient pu révéler. Si Susan et Padma ne faisaient pas partie de l'ordre, c'était en revanche le cas de Fred qui était au courant de beaucoup de choses. Mais heureusement aucun d'eux ne savait pour Severus Rogue, aucun d'eux ne savait rien des Horcruxes, et aucun d'eux ne connaissait son implication dans leur recherche.

Voldemort allait tenter la legilimancie sur elle, elle en était sûre. Mais elle devrait pouvoir cacher Severus Rogue, et elle devrait pouvoir cacher les discussions qu'elle avait eues avec Harry et Ron. Si elle réussissait son coup, Voldemort ne pourrait même pas savoir qu'elle l'avait contré. Oh, la marge de manœuvre était faible, mais il y avait un petit espoir. Pas pour elle, ni pour Fred, Susan et Padma, mais pour Severus Rogue et les autres résistants, et cela lui suffit pour lui redonner un peu de courage.

– Des mandats d'arrêt ont été lancés contre tous tes amis, continua Voldemort. Beaucoup vont bientôt rejoindre ces trois-là.

– Vous êtes un monstre, fit Hermione sans pouvoir s'en empêcher. Comment pouvez-vous faire ça !

Elle espérait de tout son cœur que les autres résistants avaient eu le temps de s'enfuir. Les cachettes n'étaient pas connues de tout le monde, pour éviter que la capture de certains entraine la chute de tous. Minerva, Remus et Harry, tous trois pouvaient encore emmener les résistants dans leur cachette, même si celle de Fred et George n'était plus utilisable.

Elle sursauta lorsqu'elle sentit le souffle du seigneur des ténèbres dans son cou.

– Seule ma volonté compte Hermione, tu le sais bien. Je vais pouvoir continuer à les torturer autant que cela me chante.

Continuer à les torturer... Ils étaient encore vivants comprit Hermione et une vague de soulagement la traversa. Sûrement plongés dans le sommeil car ils n'avaient pas bougé depuis qu'elle était là.

– Laissez-les partir ! fit-elle au seigneur des ténèbres. S'il vous plaît. Vous avez vous-même dit qu'ils vous avaient tout dit, vous n'avez pas besoin de les garder ici.

Elle aurait voulu sa voix ferme mais celle-ci sonna suppliante, et Voldemort éclata de rire.

– S'il vous plaît, essaya-t-elle de nouveau. Faites preuve de clémence. Vous ne pourrez pas éternellement tuer toute personne qui ne partage pas vos idées !

– Bien sûr que si. Mais je vais faire preuve de clémence Hermione, sais-tu pourquoi ?

Hermione tourna sa tête pour le regarder, se demandant ce qu'il pouvait bien avoir en tête pour les épargner. Le soulagement et la terreur se disputaient en elle et elle avait peur de ce qu'il allait répondre.

– Parce qu'au moindre faux pas de ta part, ils le payeront de leur vie...

Hermione se pétrifia.

– Q… Quoi ? fit-elle.

– Je vais avoir besoin de toi dans les mois qui viennent Hermione. La vie de ces trois personnes tient maintenant à ton obéissance. J'ose espérer que ce sera une motivation suffisante pour m'obéir en tout point ?

Hermione était toujours aussi figée, son cerveau refusant d'entendre les paroles du seigneur des ténèbres.

– Non ? fit le seigneur des ténèbres en desserrant sa prise sur son bras. Très bien. Endoloris.

Le sortilège frappa de plein fouet Padma, faisait se réveiller la jeune fille. Elle se mit immédiatement à pousser des hurlements en se convulsant sur le sol.

– S'il vous plaît, s'il vous plaît ne faites pas ça ! Je m'excuse, je vous obéirai en tout point, fit précipitamment Hermione.

– C'est trop tard Hermione. Regarde comme cette jeune fille souffre à cause de toi…

– Non, non, s'il vous plait, je ferai ce que vous voulez, s'il vous plaît ! Torturez-moi à sa place, s'il vous plaît, je vous en prie !

Voldemort leva son sortilège, mais rien qu'à voir son expression elle savait qu'elle n'allait pas s'en tirer comme ça. Un sourire à la fois cruel et satisfait ornait le visage du seigneur des ténèbres. Hermione n'avait que faire de lui accorder cette victoire. Elle ne pouvait laisser quelqu'un se faire torturer à cause d'elle. Trop de personnes avaient déjà souffert par sa faute.

– À genoux, ordonna-t-il.

Hermione se mit immédiatement à genoux juste devant lui, ses yeux rivés sur les pans de sa robe.

– Tss, tss, fit le seigneur des ténèbres avec un plaisir évident. Je veux que tu regardes Hermione.

Hermione serra douloureusement ses poings mais se tourna vers Padma sans un mot. La jeune fille luttait pour se relever, son regard affolé semblant à peine voir ce qui se passait devant elle. L'horreur semblait avoir pris une nouvelle dimension et Hermione n'était pas sure de pouvoir la supporter.

– Si je te vois baisser ou fermer les yeux, ce n'en sera que plus douloureux. C'est compris ?

– Oui.

– Oui ?

Hermione releva la tête et le regarda d'un air perdu, avant de comprendre. Résignée, elle prit une grande inspiration avant de répondre.

– Oui maître.

– C'est bien. Maintenant, profite bien du spectacle.

Hermione se força à ne pas fermer les yeux alors qu'un nouveau Doloris toucha Padma. Elle la regarda retomber sur le sol et crier, et elle s'enfonça les ongles dans les paumes des mains pour ne pas bouger. Elle n'avait qu'une seule envie, s'interposer entre Padma et le seigneur des ténèbres. Elle ne pouvait supporter de rester immobile alors que son amie se faisait torturer devant elle sans aucune autre raison que la cruauté du seigneur des ténèbres.

– S'il vous plaît, s'il vous plaît arrêtez, s'il vous plaît maître, essaya-t-elle.

Mais le seigneur des ténèbres continua tout de même. Hermione sentit des larmes couler sans discontinuer le long de ses joues. Elle suppliait, et Padma criait, mais cela n'avait aucun impact. Elles étaient toutes deux impuissantes, à la merci du mage noir.

Enfin, Voldemort s'arrêta. Cela ne devait même pas faire une minute, mais Hermione avait l'impression que cela durait depuis des heures. Padma ne bougeait pas sur le sol, et seuls ses sanglots agitaient son corps.

– Debout Hermione, fit le seigneur des ténèbres d'un ton froid.

Hermione dut se retenir au mur pour réussir à se relever, et une fois debout ses jambes tremblèrent tellement qu'elle sut qu'elle ne pourrait pas tenir longtemps. Voldemort s'approcha et elle se colla contre le mur. Elle avait en ce moment affreusement peur de lui, et elle se détestait pour cela.

– Ne me fais pas regretter ma clémence Hermione.

Puis il se retourna et l'invita à le suivre, et Hermione se demanda confusément quelle partie il pensait être de la clémence. Le fait de ne pas l'avoir tuée elle ? Le fait de laisser Fred, Susan et Padma croupir dans un cachot plutôt que de les tuer ? Ou le fait d'avoir seulement lancé deux Doloris à Padma ?

Ils avaient à peine parcouru un couloir qu'Hermione se sentit prise de vertiges, et elle dut se retenir à un mur pour ne pas tomber. Le seigneur des ténèbres la regarda avec un air ennuyé sur le visage.

– Reprends-toi Hermione, fit-il d'un ton méprisant. Comparé à ce qu'elle a déjà subi, ce n'est absolument rien.

Hermione ne répondit rien, trop choquée par tout ce qui venait de se passer, et il lui attrapa le bras pour la faire transplaner jusqu'au salon de sa suite. Il la relâcha et elle s'effondra brutalement dans un fauteuil.

– Je vous déteste, fit-elle faiblement.

Le seigneur des ténèbres s'approcha d'elle et posa ses mains sur ses épaules, la dominant complément.

– Attention Hermione, je ne tolèrerai plus ton insolence, prévint-il d'une voix dangereuse.

Hermione sentit son cœur se serrer et elle eut l'impression qu'elle allait étouffer lorsqu'il se pencha carrément vers elle, son visage à quelques centimètres du sien.

– Tu es à moi Hermione, et tu ne partiras plus jamais d'ici, lui murmura-t-il dans l'oreille.

Avant qu'Hermione ne puisse réagir, il s'était redressé et avait transplané, la laissant seule avec l'impression d'avoir perdu tout espoir.

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Lorsque le seigneur des ténèbres avait emmené Hermione Granger chez Ollivander pour lui fournir une baguette, il avait pris soin d'apparaitre en plein milieu du chemin de traverse, profitant de l'occasion pour lui montrer à quel point le monde sorcier lui obéissait, et doucher au passage tous ses espoirs de sauvetage. Mais cette fois-ci Lord Voldemort se matérialisa directement dans la boutique du fabricant de baguette.

Il y eut un instant de flottement avant que les sorciers présents ne réagissent. Ce ne fut pas un vent, mais un ouragan de panique qui les emporta. Il y eut des cris, un piétinement intense et même un évanouissement. Le seigneur des ténèbres ne leur accorda pas une once de son attention, se contentant de pousser dehors d'un mouvement de baguette ceux qui mettaient trop de temps à vider les lieux. Très vite il se retrouva seul face à Ollivander.

– Que puis-je pour vous my Lord ? demanda celui-ci d'une voix obséquieuse.

Voldemort fit tournoyer sa baguette d'if entre ses doigts pendant un instant, et il put voir le regard du marchant osciller nerveusement entre sa baguette et lui.

– Endoloris, lança-t-il nonchalamment.

Le vieil homme devant lui s'effondra sur le sol et se mit à hurler à pleins poumons.

Voldemort ne tenait pas à se séparer de sa baguette d'if. Si sa baguette d'acacia était là pour le dépanner, ce n'était qu'avec sa première baguette qu'il atteignait le sommet de sa puissance. Et il refusait de devoir se restreindre parce la baguette de Potter s'opposait à la sienne. Ollivander avait intérêt à lui proposer une solution satisfaisante.

Il leva son sortilège et s'approcha d'un pas du sorcier à terre.

– J'ai rencontré quelques soucis avec ma baguette ces temps-ci Ollivander, fit-il d'un ton faussement nonchalant. N'aurais-tu pas oublié de me signaler quelque chose d'important à propos de son cœur ?

Le vieux marchant le regarda avec des yeux apeurés et Voldemort sut qu'il savait de quoi il parlait. Apres tout Ollivander était connu pour se rappeler exactement de toutes les baguettes qu'il avait vendues. Sa colère contre le vieil homme redoubla.

– My Lord, je ne savais p…

– Ne me mens pas.

Ollivander se tut immédiatement.

– Comment contourner le problème ?

– Une autre baguette, my Lord, pourrait…

– Endoloris.

Voldemort laissa son sortilège suffisamment longtemps pour qu'Ollivander comprenne qu'il n'était guère d'humeur à se satisfaire de sa réponse.

– Es-tu capable de me fabriquer une deuxième baguette aussi puissante et adaptée que la première ? Tu m'as affirmé le contraire il y a bien des années de cela…

– My Lord, votre seconde baguette est adaptée…

– Endoloris.

Ce n'est que plusieurs heures plus tard que Voldemort ressortit de la boutique du marchant de baguette. Celui-ci avait démontré une résistance fort pénible, mais Voldemort avait fini par le faire parler. Il n'avait plus qu'à se lancer sur la trace de la baguette de Sureau pour se débarrasser rapidement du problème Potter.

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AN : À la semaine prochaine !