Un chapitre un peu plus long avec nos deux amoureux qui s'amusent à faire des essayages :p
Pendant que leurs collègues finissaient leur rapport et que Lucas continuait d'examiner les corps, Jo et Henry décidèrent donc de se payer une petite visite à la boutique de mariage en question.
Ils rentrèrent et virent qu'il s'agissait d'une boutique de luxe. Jo en se promenant entre les mannequins manqua de s'étouffer au prix exorbitant que les robes affichaient.
Henry pouffa, glissant une main rassurante derrière son dos
- crois moi, j'ai vu des prix bien pires.
- oui mais toi ça ne te choque pas, tu viens d'une famille aisée. Ce n'est pas trop mon cas.. C'est dingue ça ! Le prix de ces robes font cinq fois le budget que j'avais pour toute ma cérémonie quand je me suis mariée et je n'avais que la robe à ma mère..
Henry sourit, c'était bien Jo de réagir comme ça
- même mon salaire sur un an ne suffirait pas à m'acheter ce genre de robes.
- ne t'inquiète pas.. N'oublie pas qu'on est la que pour le travail, nous n'allons pas faire affaire dans cette boutique pour notre mariage n'est ce pas ?
Jo s'arrêta un instant et Henry la heurta de plein fouet. Elle le regarda droit dans les yeux, se pinçant les lèvres, se demandant s'il venait vraiment de parler d'eux comme si ils allaient réellement se marier.
Il se rendit compte de ce qu'il avait dit et tenta de ne pas rougir mais sût qu'il échouait. Elle ouvrit la bouche quand une vendeuse arriva, vers eux, avec un grand sourire sur les lèvres.
Henry et Jo la détaillèrent, elle était plus grande qu'eux deux réunis… Ça ne correspondait pas à leur suspect en tout cas et Henry ne remarqua aucune trace de gaz sous ses ongles.
C'était une sacré femme et ils se sentirent vraiment à l'étroit à côté d'elle et le côté masculin d'Henry en prit un coup, en voyant une femme deux fois plus grande que lui.
- est ce que je peux vous aider ? Vous êtes un bien charmant couple et vous avez l'air un peu perdus.
Ils se regardèrent, espérant vraiment qu'ils n'allaient pas se faire griller
- oui.. En fait il vient tout juste de me demander en mariage et on voit déjà les choses en grand… Donc des amis nous ont conseillé votre boutique et elle est fabuleuse.. Comme vous le dites, nous sommes un peu perdus et nous aimerions voir des modèles.
- mais bien sûr. Il y a des rayons différents pour les hommes et les femmes, monsieur j'emmène votre fiancée avec moi, voyez avec mon collègue, il vous aidera.
Jo et Henry n'eurent pas d'autres choix que de se séparer et promirent de parler une fois qu'ils seraient sortis de la. La grande perche entraina Jo au travers un long couloir, où derrière une arche, se dressaient les plus belles robes, que même Jo n'était pas sûre d'avoir déjà vu sur les princesses royales.
- c'est magnifique ! Quel travail. Ça donne vraiment envie de se marier.
- c'est aussi le but de notre boutique. Je pense qu'on incite beaucoup de couples à sauter le pas encore plus rapidement. De plus nous proposons des forfaits intéressants.
Jo essaya de ne pas paraitre constipée en l'écoutant… Cela avait l'air de l'amuser de dire qu'ils proposaient des forfaits mais rien qu'au prix, la jeune femme avait vraiment envie de prendre ses jambes à son cou.
De son côté Henry, en bon déducteur qu'il était, essayait de repérer la jeune femme dont Cléa avait parlé mais certainement que Jo aurait plus de chance de ce côté ci.
L'homme qui l'accueillit avait un peu un air british et à son accent, cela se reconnaissait.
- bonjour monsieur ! Je vous ai vu arriver avec votre fiancée. Charmante femme mais bien sûr, je pense que vous n'aurez pas le droit de la voir avant la cérémonie ce qui explique pourquoi nos deux rayons sont séparés.
- c'est vraiment très bien pensé de votre part en tout cas. Donc je m'en remets à vos mains d'experts, entre confrères du même pays, n'est ce pas ?
L'homme semblait plus que ravi de voir un autre anglais dans sa boutique. Il passa un bras autour de ses épaules et le dirigea vers les plus beaux costards-cravates.
Henry essaya quand même de repérer si ses ongles avaient des traces même si il savait qu'il avait très peu de chance d'en trouver, juste que l'homme avait un peu prés la même taille que Jo.
Henry resta à se dandiner devant les costumes, faisant comme ci il s'y intéressait. En réalité, certains étaient fait avec des matières uniquement conçues en Angleterre et il devait reconnaitre que c'était particulièrement charmant et que si il devait se marier, il n'aurait sans doute pas hésité. Son coeur fit une légère embardée rien qu'à l'idée de penser mariage et de voir Jo avançant vers l'autel, avec une longue trainée. Il chassa cette pensée d'un revers de main. Pourquoi penser mariage quand il ne sortait même pas encore avec elle ?
Jo pour sa part était prise de partout… Elle paniquait presque. Dire qu'elle n'était que sous couverture, que se passerait-il le jour où elle se repasserait la corde au cou ? Elle sentit des petits noeuds dans son estomac rien que d'y penser.
Alors qu'elle regardait trois modèles de robe, sans savoir laquelle essayer, une petite femme correspondant tout à fait à la description faite par Cléa, se présenta à elle, tout à fait décontracté. Bien habillée, blonde comme les blés.. Dans son regard rien n'indiquait qu'elle pourrait être la tueuse et pourtant, si tel était le cas, elle cachait drôlement bien son jeu.
Jo la détailla alors, en commençant par sa main et à sa plus grande surprise, elle portait des gants. Cela ne pouvait être que suspect et il fallait que d'une façon ou d'une autre, elle puisse les retirer.
L'autre vendeuse, voyant que Jo était omnibulée par le fait que sa collègue portait des gants, la rassura alors
- ne vous en faites pas pour les gants. Elle est assez maniaque, elle ne les porte que pour sortir les plus belles robes qu'elle a dans sa collection. Elle les enlèvera pour vous aider avec les bijoux et tout le reste. Mais elle tient à les garder pour la robe, ne cherchez pas.
Jo ne fit qu'hausser un sourcil. Le comportement était déjà plus que suspect mais elle se laissa néanmoins entrainer.
- je suis ravie de voir une si charmante jeune femme dans ma boutique.
Voila encore autre chose
- vous êtes la propriétaire ?
- tout à fait. J'ai toujours rêvé de tenir une boutique de mariage, de voir des couples heureux défiler devant mes yeux. C'est vraiment génial, j'adore mon métier et je confectionne mes robes moi même. Je suis délicate alors je préfère utiliser des gants. Venez, j'ai ce qu'il faut pour votre silhouette.
Jo la suivit, même si pas très rassurée. Elle jeta un oeil du côté des rayons des hommes et vit que Henry était bien encadré également. Elle soupira et le maudissait surtout de ne pas avoir de téléphone… Cela aurait pu être utile, juste au cas où
Elle se retrouva vers des cabines d'essayage avec des tonnes de robes accrochées. Jusqu'à présent, tout correspondait plus ou moins à ce que Cléa leur avait raconté.
La jeune vendeuse arriva vers eux
- au fait je m'appelle Amy. Comment vous appelez vous ?
Elle se demandait si il fallait donner son vrai prénom mais elle ne risquait rien tant que son identité n'était pas découverte
- je m'appelle Jo.
- très bien Jo. J'espère que vous ferez affaire avec nous jusqu'au grand jour. Vous avez déjà une date de prévue ?
Jo gratta minutieusement la bague ce qui ne passa inaperçu aux yeux de la vendeuse
- non.. Nos fiançailles sont très récentes mais on prend quand même de l'avance, il vaut mieux. Surtout moi, j'ai horreur du stress en permanence comme ça; surtout pour de pareils événements.
Amy rigola de bon coeur
- je vous comprends parfaitement. En tout cas j'espère qu'on ne vous fera pas fuir. Je sais que les prix sont un peu gros mais nous voulons les meilleurs pour nos mariés et puis vous avez le droit à des réductions et pleins de petits accessoires qui sont en plus de la robes, sans frais supplémentaires, plus livraison chez vous si vous le voulez donc il n'y aucun soucis.
Jo haussa les épaules
- je m'en remets à vous. Vous êtes connaisseuse.
La jeune femme jubila et lui tendit une robe
- vous avez le teint mat et permettez moi de vous dire que vous êtes ravissante. Celle ci je ne la sors que très rarement, je ne vois pas beaucoup de personnes avec votre teint, donc ce n'est jamais évident de pouvoir la vanter mais je suis certaine qu'elle passera parfaitement sur vous. Essayez la.
- d'accord.
Pendant que Jo se changeait, bien que cela l'agaçait plus qu'autre chose. Elle devait faire attention à ne pas faire tomber son arme et son badge qui étaient bien cachés par son chemiser, et c'était tout un challenge de se déshabiller et de mettre une grande robe de mariée.
Pendant qu'elle s'habillait, Amy continuait de lui parler
- votre fiancé est venu avec vous ?
- Oui.. Il est dans le rayon homme. De toute façon, c'est mieux ainsi n'est ce pas ?
Elle entendit la jeune femme rire
- vous avez bien raison. C'est pour ça que nous avons créer deux pièces à part pour les hommes et les femmes, comme ça, ça sera la surprise pour le grand jour.
Jo sortit de la cabine et Amy la regarda, très fière d'elle. Elle l'approcha du miroir et fit les ajustements
- vous êtes magnifique très chère. Cet homme doit vraiment avoir de la chance. J'ai encore pleins de modèles à vous monter mais si au final si vous prenez celle ci, laissez moi dire que vous allez le faire fondre.
- C'est bon à savoir - répondit Jo, d'une voix un peu raillée.. Toute cette histoire de mariage était sérieusement en train de jouer avec ses émotions. Elle allait regretter jusqu'à la fin de ses jours d'avoir eu une telle idée.
Amy commença à lui tourner autour tel un vautour et Jo ne se sentait vraiment pas à l'aise. Il fallait qu'elle se détende sinon elle allait rapidement se faire griller.
La jeune femme repassa devant elle avec un large sourire et dégagea ses épaules de ses mèches de cheveux.
Elle retira alors ses gants et attrapa un collier blanc, qu'elle passa dans le cou de Jo, et dans le reflet du miroir, la détective essaya de faire de son mieux pour repérer quelconque trace de gaz sous les ongles, mais elle n'avait pas les yeux d'Henry et comme Amy n'arrêtait pas de bouger, ce n'était pas évident pour elle de réussir à se faire une idée.
Après une dizaine d'essayages, Jo avait un peu la tête qui tournait et elle réussit à convaincre Amy que ça serait tout pour aujourd'hui. La jeune femme très compréhensive, avait mis les robes de côté.
- j'espère que je vous ai pas trop fait peur. Je suis tellement investie la dans.
- Non ne vous en faites pas. Merci, c'est vraiment gentil d'avoir des gens qui aiment leur métier et sont prêts à vous aider.
Amy acquiesça et ils retournèrent à l'avant de la boutique où Henry avait également fini et semblait complètement lessivé. Jo pouffa à sa vue.
- bonjour ! Vous devez être son fiancé ?
- oui. Je suis Henry.. Et je viens de passer deux heures à essayer des costumes avec un ami anglais.
- ça sera avec plaisir la prochaine fois, Henry.
Henry lui fit un simple signe de tête, cherchant de l'aide dans les yeux de Jo, lui faisant comprendre qu'ils feraient mieux de ficher le camp. La jeune femme se rapprocha de lui et par réflexe lui déposa une bise rassurante sur la joue. Il se sentit s'enflammer alors qu'Amy les regardait toute heureuse.
- vous êtes adorables tous les deux. Vous faites tellement un beau couple. Cela se voit que vous vous aimez forts.
Aucun des deux n'osa répondre à de tels dires. Ils préfèrent ravaler leur salive en regardant tout autour d'eux. Amy détourna alors son regard sur la bague de Jo.
- en tout cas Jo, vous avez vraiment une très jolie pierre qui orne votre doigt. Je n'avais jamais vu rien de tel, c'est un tel classique.
Elle s'avança pour mieux regarder la bague et augmenta les suspicions des deux jeunes gens. Jo tendit sa main pour qu'elle puisse regarder de plus prés et elle n'hésita pas, sachant que cela donnerait l'occasion à Henry de bien observer ses mains.
Et comme ils se doutaient depuis le début, surtout Jo, Henry remarqua des traces différentes qui à première vue, ressemblaient simplement à des bleus. Il se racla la gorge et Jo comprit.
- Amy ! Mon fiancé et moi on va vous laisser. Nous avons encore pleins de choses à faire. Vous étiez vraiment très aimable. Je vous remercie de votre aide.
- il n'y a pas de quoi. Je vous attends pour la prochaine alors. Et pardonnez mon indiscrétion mais quelle est cette pierre ? Vraiment, je vois que c'est une pièce unique ?
Henry serra des dents
- vous êtes connaisseuse ?
- un petit peu. Vous savez quand vous êtes préparatrice de mariage, vous en apprenez d'avantage sur les pierres et je peux dire que je n'ai jamais vu celle ci.
- Henry est un collectionneur de vieux objets - dit Jo précipitamment - il fallait à tout prix qu'ils quittent cette boutique pour discuter de la suite des événements - et bon il avait gardé ceci pour une grande occasion.. C'est rare c'est sûr et si un jour je me retrouve pauvre, je saurais quoi vendre.
Elle fit un clin d'oeil à Henry, qui la regarda scandalisé. Ils éclatèrent tous de rire et Jo et Henry quittèrent rapidement la boutique avant que le travail de détective de Jo ne reprenne le dessus.
Une fois dehors, le couple se regarda presque paniqué
- c'est elle tu penses ? - demanda Jo, qui essayait de lire l'expression de son ami
- je ne suis pas vraiment sûr. J'aurais besoin d'un échantillon pour le comparer avec l'ADN sur nos victimes, mais déjà la taille et la trace de gaz sous les ongles, ne sont certainement pas la au hasard.. Et si on arrive à prouver qu'il s'agit bien d'elle… Il faudra revenir l'interroger
Jo regarda sa main
- elle m'a touché et touché la bague aussi. Tu pourras faire ton prélèvement grâce à moi.
- tu as tout à fait raison… Mais j'y pense aussi, si c'est elle, elle va certainement nous traquer par la suite.. Je veux dire on pourrait être les prochains sur sa liste; vu qu'elle est intéressée par les bijoux ou en tout cas les bagues.
Jo s'appuya contre la voiture et zieuta à l'intérieur de la boutique
- il est vrai que si elle nous traque, on est mal fichus, on travaille pour la police… Je vais aller lui donner l'adresse de la boutique de Abe, lui disant que je risque de rappeler dans la semaine pour passer commande car mon choix s'est un peu arrêté donc ça sera déjà une chose de faite.
Elle tapota l'épaule d'Henry qui n'eut pas le temps de répondre et elle partit, et revint aussi vite.
- c'était du rapide !
- je ne sais pas pourquoi mais elle errait à l'entrée donc je lui ai donné, elle a bien noté et comme tu dis, je pense qu'elle va s'en servir contre nous mais bon, au moins elle ira directement à la boutique et nous suivra pas jusqu'à notre travail.
