Bonjour,
Et voici un nouveau chapitre !
Comme d'habitude, un grand merci à toutes les personnes qui suivent cette histoire, et surtout à tous ceux qui laissent des reviews.
Bonne lecture,
Perhentian
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Chapitre 18 – Août 1999
Harry esquiva un sortilège inconnu et se remit à courir, Ron et Kingsley sur ses talons.
– Stupefix, lança Kinsgley en se retournant d'un mouvement fluide.
Le sortilège atteignit l'un de leurs poursuivants qui bascula sur le sol dans un bruit sourd. Une ribambelle de sortilèges vola vers eux et ils perdirent quelques secondes à se protéger derrière leurs boucliers. Ils n'étaient plus très loin des barrières de protection, et ils devaient absolument y arriver pour ne pas se faire attraper. Harry ne voulait même pas penser à la catastrophe que représenterait sa capture et celle de Ron.
– Impedimenta, fit Ron.
– Excutite terra, completa Harry.
Leurs mouvements ralentis, les mangemorts subirent de plein fouet le tremblement de terre d'Harry, et les trois résistants se remirent à courir à en perdre haleine. Ils étaient encore à quelques mètres de leur but lorsque leurs poursuivants reprirent leurs esprits.
– Diffindo !
Ron poussa un hurlement alors qu'une gerbe de sang jaillissait de son bras gauche. Harry le vit vaciller sur place, tentant de se maitriser face à la douleur, alors que son visage perdait toutes ses couleurs.
– Endoloris !
– Diffindo !
– Avada Kedavra !
Les mangemorts s'étaient dangereusement rapprochés et Harry se précipita vers son ami pour le soutenir.
– Confringo ! riposta Kingsley pour les couvrir.
Ron fit quelques pas en avant, à moitié porté par Harry, mais il n'était visiblement pas en mesure de se remettre à courir.
– Expulso ! se décida Harry.
Le sortilège envoya Ron dans les airs sur plusieurs mètres, et le cri qu'il fit en heurtant le sol ne laissa que peu de doutes sur sa souffrance, mais il était désormais à l'abri derrière les barrières de protection. Harry et Kingsley s'élancèrent en avant et franchirent les barrières un instant après. Harry sentit distinctement les différents niveaux de protection et un intense soulagement l'inonda alors que les sortilèges les visant s'écrasaient désormais sur la limite invisible derrière eux.
– Va chercher Tonks et Andromeda, fit Kingsley.
Il parlait à son Patronus argenté en forme de Lynx qui fila rapidement vers la petite maison.
– Il faut bouger d'ici, fit-il en se tournant vers Harry. Les protections d'Andromeda nous protègent pour le moment mais cela fait déjà deux jours qu'ils travaillent à les faire tomber.
– Je m'occupe de Ron.
Kingsley acquiesça et se dirigea rapidement vers la maison alors qu'Harry s'agenouillait à côté de son ami, celui-ci n'ayant toujours pas repris conscience après sa chute.
– Epiksey, Epiksey, Epiksey, palsmodia-t-il en parcourant la plaie de haut en bas.
Il s'y reprit à plusieurs fois avant que la blessure ne se referme complètement et il secoua ensuite Ron, qui rouvrit rapidement les yeux en grimaçant.
– Bois ça, fit-il en lui tendant une fiole.
– Tonks et sa mère ? demanda Ron avant de boire.
– Kingsley s'en occupe.
Déjà ils entendaient un bruit de pas précipités, et Harry put voir trois personnes revenir vers eux, alors que Ron se relevait en grimaçant.
– On peut y aller, fit Kingsley. Ron tu es en état de transplaner seul ? Très bien. Alors Harry tu t'occupes de Tonks et je m'occupe d'Andromeda.
Un instant après, ils transplanaient vers l'un des nouveaux refuges de la résistance, satisfaits d'avoir pu récupérer les deux femmes.
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Au même moment, enfermée entre les quatre murs de sa chambre, Hermione tournait en rond comme un lion en cage. Elle avait passé une soirée et une nuit affreuses, ce qui faisait qu'elle n'avait que très peu dormi depuis sa capture deux jours plus tôt. C'était pire que tout ce qu'elle avait imaginé. Elle pensait être torturée, devoir livrer ses secrets, avoir peur pour sa vie. Une part d'elle se disait qu'elle resterait peut-être même vivante, que tout recommencerait comme avant, qu'elle trouverait une nouvelle occasion de s'enfuir. Mais elle n'avait pas pensé que le seigneur des ténèbres monnayerait la vie de ses amis contre son obéissance.
Qu'est-ce qu'elle allait bien pouvoir faire pour s'en sortir maintenant ? Elle était condamnée à obéir au seigneur des ténèbres sous peine de voir Fred, Susan et Padma souffrir encore plus que ce n'avait déjà été le cas. Apres coup elle se fustigeait aussi pour sa propre bêtise et sa faiblesse passagère. Elle était restée complétement tétanisée face à Voldemort. Au lieu d'essayer de négocier, elle avait uniquement réussi à empirer les choses.
Padma avait été torturée juste devant elle à cause de la lenteur de ses réactions, et elle n'avait même pas tenté de discuter de leurs conditions de vies. Elle ne pouvait les laisser agoniser à petit feu dans les entrailles du château, à la merci des mangemorts qui n'hésiteraient pas à les torturer. Elle était décidée à tenter d'en reparler avec le seigneur des ténèbres, et tant pis si elle devait l'appeler maître pour cela !
Hermione se laissa tomber dans l'un des fauteuils, et parcourut du regard les livres sur les étagères. Elle n'avait aucune idée de comment elle allait s'y prendre, mais elle devait trouver un moyen de libérer les résistants et de s'enfuir. Elle refusait de se laisser abattre, et elle se promit de subir sans broncher tout ce que le seigneur des ténèbres lui imposerait, sans perdre de vue son objectif final. Faire tomber Lord Voldemort.
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Lord Voldemort quant à lui se trouvait en Allemagne durant la matinée du mercredi 11 août. Le ciel était couvert alors qu'il marchait dans les rues du petit village de Reimershagen, dont les quelques habitants s'agitaient en prévision de l'éclipse solaire qui devait avoir lieu d'ici une petite heure. Il passa au milieu des moldus sans que ceux-ci ne le remarquent, et il se dirigea d'un pas assuré vers l'une des maisons de la rue.
Il entendait rire à l'intérieur alors qu'il frappait à la porte. Celle-ci s'ouvrit rapidement sur une jeune femme dont le sourire se fana lorsqu'elle le reconnut. Elle tenta immédiatement de reculer et de refermer la porte mais il l'en empêcha d'un geste et rentra dans le vestibule d'un pas souple.
– Dis-moi où je peux trouver Gregorovitch, ordonna-t-il d'une voix froide.
– Er wohnt hier nicht mehr, répondit la femme avec précipitation. Lui pas ici ! Plus ici !
– Et où puis-je le trouver maintenant ?
– Das weiß ich nicht. Je ne sais pas ! Je ne sais pas !
La jeune femme était terrorisée, et Voldemort put voir sa détresse augmenter encore plus lorsque deux jeunes enfants arrivèrent en courant dans le hall, alertés par le bruit. Il fit jouer sa baguette entre ses doigts, un sourire satisfait sur le visage. Il n'y avait pas d'information plus facile à obtenir que de la bouche d'une mère ayant peur pour ses enfants.
– Endoloris.
Le rayon rouge fila vers le plus jeune des enfants et celui-ci se mit à hurler à pleins poumons alors que la mère se jetait à genoux pour le supplier d'arrêter.
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En début d'après-midi Voldemort était de retour au château de Serpentard et il était particulièrement satisfait. La résistance était au plus mal. Tyler n'avait rien à voir avec la défection de ses filles et Voldemort s'était assuré qu'il ne se retournerait pas contre lui dans le vain espoir de les protéger. Bellatrix et sa milice traquaient sans relâche les résistants encore dans la nature. Il avait une piste pour retrouver la baguette de sureau, et une autre pour mettre la main sur l'amulette de Seth.
Et il avait remis la main sur Hermione. S'il avait eu le choix de la personne, il n'aurait pas pu trouver mieux. Jamais les résistants ne s'attaqueraient à elle maintenant qu'elle avait été l'une des leurs. Et du côté des mangemorts, il ferait aussi en sorte que pas un seul d'entre eux ne s'imagine pouvoir l'approcher sans encourir son courroux. Elle serait la personne en dehors de lui la plus protégée de l'Alliance magique, et une fois qu'il aurait l'amulette il n'aurait même plus besoin de son obéissance. Elle le servirait sans même le savoir, quoi qu'elle fasse.
Avec un sourire satisfait, il transplana dans le salon d'Hermione, et fut surpris de la trouver tranquillement installée dans son fauteuil préféré, lisant un volumineux ouvrage. Il l'avait laissée la veille dans un état catatonique, proche de l'évanouissement, et sans aucune résistance. Il n'imaginait vraiment pas qu'il la retrouverait parfaitement tranquille, les jambes croisées sur l'accoudoir du fauteuil.
Elle se redressa en le sentant arriver, posa calmement son livre, se releva, et sous son regard légèrement surpris s'agenouilla sur le sol.
– Relève-toi, ordonna-t-il sèchement.
Il pensait qu'elle serait apathique, ou qu'elle lui hurlerait dessus. Et il se voyait déjà retourner torturer ses amis devant elle, jusqu'à avoir le plaisir de la voir craquer de nouveau. Il croisa son regard flamboyant lorsqu'elle se releva et ils s'observèrent un instant en silence, leur deux magies remplissant l'air autour d'eux. Il pouvait lire la détermination dans ses yeux et cette étincelle de combativité qu'il avait toujours pu y observer.
D'aucuns auraient trouvé cela admirable, mais Voldemort trouvait cela simplement stupide. Si la jeune fille n'était pas aussi obtuse, il aurait pu lui offrir une vie de rêve à son service. Elle avait toutes les capacités qu'il fallait pour devenir une grande sorcière sous son enseignement. Mais elle avait choisi l'opposition, et ce chemin qu'elle aurait pu arpenter avec plaisir elle l'arpenterait dans la souffrance.
– Passé une bonne nuit ? demanda-t-il, sarcastique.
– Très bonne maître, répondit-elle.
Elle avait beau paraître assurée, il perçu le léger tremblement de sa voix, et cela lui suffisait pour savoir qu'elle était en réalité terrifiée. Il fit un geste de sa baguette et vit Hermione se crisper sensiblement, avant de se détendre en voyant qu'il avait simplement fait apparaitre une nouvelle pile de livres sur la table.
–Je vais m'absenter quelques jours, indiqua-t-il. Je t'interrogerai sur leur contenu à mon retour.
Hermione le regarda avec suspicion, ne s'attendant visiblement pas à cela, et il s'apprêtait à repartir lorsqu'elle fit un pas vers lui.
–Puis-je vous poser une question, maître ?
Voldemort fit un geste l'invitant à poser sa question, se demandant ce qu'elle pouvait bien avoir en tête.
– Vous avez dit que vous laisseriez la vie sauve à mes amis si je suivais vos ordres maître, commença-t-elle. Garantissez-vous aussi qu'ils ne soient torturés ni par vous, ni par vos mangemorts, et qu'ils soient bien traités ?
C'était donc pour cela qu'elle s'était d'elle-même agenouillée devant lui, pensa avec amusement le seigneur des ténèbres, pour pouvoir lui poser cette question. Il ne pouvait nier qu'elle était distrayante. Il s'approcha d'elle et vit son assurance se fissurer au fur et à mesure que la distance entre eux diminuait.
– Essayerais-tu de négocier avec moi Hermione ? demanda-t-il d'une voix froide.
Il la vit avaler sa salive avant de parler, et un rapide coup d'œil dans ses pensées superficielles lui confirma qu'elle n'était pas aussi à l'aise qu'elle essayait de s'en donner l'air.
– Non maître, répondit-elle prudemment. Je voulais simplement m'assurer que j'avais bien compris ce que vous m'aviez dit.
Ainsi elle voulait vraiment s'essayer à négocier avec lui…
– Tu sais pourtant que je n'aime pas me répéter, fit-il tout en sortant distraitement sa baguette.
Il la regarda avec satisfaction blanchir suite à ses paroles, avant de la voir froncer les sourcils, lui prouvant qu'elle réfléchissait à toute allure.
– Je m'excuse maître, finit-elle par dire. Je ne voulais pas vous importuner, et puisque vous avez parlé de répétition, je suis rassurée de savoir que j'avais correctement compris.
Voldemort ne put s'empêcher d'éclater de rire. Il savait bien qu'aller voir Hermione serait amusant. Il afficha un sourire sarcastique et se pencha vers la jeune sorcière, qui réprima difficilement son envie de reculer.
– Hermione, Hermione, fit il en secouant la tête. Tes amis sont vivants, et il n'y a rien d'autre que tu sois en mesure d'exiger. À moins que tu ne veuilles que je te montre à nouveau l'effet que leur font mes Doloris ?
Il la vit lutter pour ne pas lui répliquer quelque chose, et ses yeux lancèrent des éclairs. Il se souvint alors qu'il devait tout de même vérifier qu'elle n'en savait pas plus que les autres. Il fit un nouveau pas vers elle, puis d'un geste sec il attrapa ses cheveux pour immobiliser sa tête. Elle poussa un cri étranglé, et il leva sa baguette alors que la terreur s'affichait sur le visage de la jeune fille.
– Legilimens.
Les yeux d'Hermione s'écarquillèrent et il fut immédiatement dans ses pensées.
… Hermione sur une page de sable blanc, regardant le ciel...
Ainsi elle pensait lui résister ? Il balaya le souvenir sans effort.
… Hermione dans une clairière...
Il chassa de nouveau le souvenir, se concentrant sur ce qu'il cherchait, ses interactions avec les résistants.
… Hermione assisse à côté d'un lac…
… Hermione le regardant s'éloigner en compagnie de Severus avant de regarder avec stupeur sa baguette…
Il sentait qu'elle perdait maintenant le contrôle de ses pensées, et Voldemort se surprit à penser que s'en était presque décevant de sa part.
… Hermione rentrant dans la cheminée du grand salon de l'aile ouest en criant "Chemin de Traverse"...
… Hermione se faisant interroger par des membres de la résistance…
… Hermione apprenant qu'il était le dirigeant de l'alliance magique…
… Hermione discutant avec Harry Potter. Hermione lisant des livres dans la bibliothèque des résistants. Hermione s'entraînant avec eux. Ron Weasley tenant les mains d'Hermione Granger et lui assurant qu'il la protégerait. Hermione se battant en duel contre Bellatrix Lestrange. Hermione essayant d'attirer sa baguette sans magie. Ron Weasley rassurant Hermione alors qu'ils s'apprêtaient à rentrer dans le manoir des Carrow. Harry Potter disparaissant sous une cape d'invisibilité. Hermione ressentant sa présence et hurlant aux autres de partir…
Lorsque le seigneur des ténèbres sortit de son esprit, Hermione s'effondra de douleur sur le sol. Son corps était agité de tremblements nerveux et elle essaya de reprendre le contrôle de sa respiration aussi vite que possible. Hors de question qu'elle passe plus de temps qu'il n'en fallait affalée aux pieds du seigneur des ténèbres.
La respiration sifflante, le visage toujours tourné vers le sol, les yeux en feu, elle laissa cependant un instant un sourire victorieux apparaitre sur ses lèvres. Il n'avait rien vu concernant Severus Rogue. Et rien non plus concernant les Horcruxes. Elle avait presque envie d'éclater de rire. Et d'effectuer une danse de la joie devant Severus Rogue, pour lui renvoyer son mépris sur ses compétences en pleine figure. Elle avait réussi !
Elle entendit le froissement d'un tissu sur le sol et toute son euphorie disparut d'un seul coup. Elle avait peut-être gagné une bataille mais cela ne changeait rien à sa position actuelle, qui elle en avait bien conscience était plus que délicate. Forçant ses bras à arrêter de trembler Hermione se releva.
Elle se redressa sans qu'il n'ait prononcé un mot, sa baguette tournant comme souvent entre ses doigts, et Hermione le défia du regard. La tension dans la pièce était palpable, et Hermione se demanda si elle pourrait un jour s'habituer à la puissance brute de sa magie. Ils se dévisagèrent quelques secondes avant qu'un sourire malsain ne s'affiche sur le visage du seigneur des ténèbres.
– Ronald Weasley, sérieusement ?
Sa voix mêlait dégout et mépris et Hermione dut lutter pour ne pas lui répliquer quelque chose qu'elle regretterait plus tard. Elle serra les dents et le fusilla du regard. Il s'approcha d'elle et Hermione se tendit. Il était de nouveau beaucoup trop proche d'elle maintenant et elle sentit son cœur se serrer douloureusement dans sa poitrine de peur. D'un geste souple, il attrapa son poignet et Hermione retint de justesse un petit cri.
Elle regarda sa main sur son poignet, et le vit attraper entre ses doigts le bracelet qu'elle y portait. C'était Harry et Ron qui le lui avaient offert il y avait bien des mois de cela, pour qu'elle ait toujours sur elle un objet pouvant servir de portoloin d'urgence. Dans sa tête il avait toujours représenté un lien avec Harry, mais surtout avec Ron qui avait été celui à l'accrocher autour de son poignet.
Elle sentit la magie du seigneur des ténèbres se concentrer, et l'instant d'après le bracelet s'était volatilisé. C'était le dernier lien qui l'avait reliée à ses amis, et il devait l'avoir parfaitement deviné.
– N'oublie pas de lire les livres, fit le seigneur des ténèbres en s'éloignant.
– Pourquoi tenez-vous tant à m'enseigner? Apres tout je ne suis qu'une sang-de-bourbe. Maître, ajouta-t-elle précipitamment.
Hermione se mordit fortement la lèvre après avoir parlé. Etait-elle donc incapable de tenir sa langue ? Mais le seigneur des ténèbres semblait plus amusé que furieux.
– Mais parce que ton sang m'importe peu, répondit Voldemort.
Hermione en resta bouche bée. Lui, le sang lui importait peu ? Il avait basé sa politique sur la discrimination des sang-de-bourbes, sur le pouvoir des sang-purs ! Il se rapprocha de nouveau d'elle.
– La discrimination par le sang, ce n'est qu'un moyen de contrôler les foules Hermione, et il n'y a jamais eu grand monde pour défendre les pauvres petits sang-de-bourbes face aux nobles sang-purs…
– Mais c'est ignoble ! ne put se contenir Hermione. Vous avez réduit une catégorie entière de la population en esclavage simplement pour prendre le pouvoir ! C'est… C'est juste mal !
– Il n'y a pas de bien ni de mal Hermione, il n'y a que le pouvoir, et ceux qui sont trop faibles pour le rechercher, répondit le seigneur des ténèbres.
Ils étaient de nouveau effroyablement proches et Hermione détourna les yeux face au regard perçant du seigneur des ténèbres.
– Vous avez tort, dit-elle simplement. Et un jour cela se retournera contre vous.
– N'oublie pas ta position Hermione. Ce serait vraiment dommage pour tes amis.
La colère d'Hermione retomba brutalement et toute couleur quitta son visage.
– Excusez-moi maitre, fit-elle précipitamment.
Le seigneur des ténèbres la regarda un instant, son visage ne montrant aucune émotion. Puis après quelques secondes qui parurent durer bien plus longtemps, il s'éloigna légèrement et transplana sans un bruit.
Hermione recula de quelques pas, s'appuya sur l'accoudoir de l'un des fauteuils et ferma les yeux un instant. La tension qui l'avait habitée pendant plusieurs minutes était en train de retomber, et elle n'avait qu'une seule envie, se laisser glisser par terre et se recroqueviller. Mais Hermione expira longuement, rouvrit les yeux, et se dirigea vers la pile de livres sur son bureau.
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– Quel est le bilan ? demanda Harry d'une voix lasse.
Minerva McGonagall et Remus Lupin échangèrent un regard triste et Harry sentit son cœur se serrer.
– Nous n'avons aucune nouvelle d'Hermione, de Susan, de Padma et de Fréderic, énuméra McGonagall de sa voix stricte. Xenophilius a été tué par des mangemorts alors que Remus, Ginevra et Luna essayaient de le faire sortir de chez lui ce matin. Blaise et Seamus se sont fait attaquer en protégeant Molly lorsque les protections du Terrier sont tombées, et ce n'est pas sûr qu'ils s'en sortent si nous n'avons pas rapidement des nouvelles de Severus…
Le visage d'Harry se ferma encore plus qu'il ne l'était déjà. Les mangemorts leur avaient tendu des embuscades à chaque fois qu'ils essayaient de récupérer ceux d'entre eux encore retranchés dans leur maison. Trop de morts et de blessés depuis deux jours. Trop d'incertitudes qui leur pesaient à tous.
– As-tu des idées pour les autres Horcruxes Harry ?
Harry regarda Remus avec étonnement et le vieil ami de son père lui fit un signe d'excuse avant de continuer.
– Nous devons continuer à les chercher, et Hermione avait trouvé des pistes non ?
– Seulement pour tout ce qui touchait à l'orphelinat de Tom Riddle, répondît Harry d'une voix résignée.
Et Harry n'avait strictement aucune idée de par où continuer. À vrai dire les Horcruxes lui étaient complètement sortis de la tête ces deux derniers jours. Il s'apprêtait à s'en excuser lorsque de légers coups se firent entendre sur la porte et McGonagall leva le charme de silence qui entourait leurs paroles.
– Oui ? fit-elle.
La porte s'ouvrit et Ginny entra dans la pièce. Cela se voyait sur son visage qu'elle avait beaucoup pleuré mais elle se força à leur faire un sourire et leva le menton d'un air déterminé.
– Le diner est servi, et maman m'a indiqué qu'elle viendrait personnellement chercher tous ceux qui ne descendraient pas tout de suite, fit-elle en regardant Harry.
Elle savait qu'il fuyait les repas comme la peste depuis deux jours, se sentant trop mal pour avaler quoi que ce soit. Mais il acquiesça. Pour faire plaisir à Mrs Weasley. Pour faire plaisir à Ginny. Et parce qu'elle avait totalement raison de lui répéter depuis deux jours qu'il ne fallait pas se laisser abattre.
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Le tintement de la clochete d'entrée brisa le silence oppressant qui envahissait la boutique. Le vendeur aux épaules voutées se redressa alors que Lord Voldemort pénétrait dans la boutique. Il s'inclina obséquieusement dès qu'il reconnut son visiteur, la peur bien visible au fond de ses yeux.
– My Lord, quel plaisir de vous voir. Que puis-je faire pour vous ?
– Te taire, répliqua Voldemort d'un ton sec.
L'homme se ratatina dans un coin de la boutique et Voldemort se dirigea sans hésitation derrière le comptoir. Apres tout il connaissait parfaitement tous les recoins de cette sombre boutique. D'un mouvement de baguette il ouvrit l'une des imposantes armoires et en sortit plusieurs registres, alors que Barjow le regardait avec des yeux affolés.
Il ne se souvenait plus exactement de quand l'amulette de Seth était passée par la boutique. C'était quelque part durant l'été 1947. Il venait juste de revenir d'Albanie où il avait récupéré le diadème de Serdaigle et de divers autres voyages tout aussi intéressants, et cela ne faisait que quelques mois à l'époque qu'il avait commencé à travailler dans la boutique miteuse.
Il ne regrettait pas son choix d'avoir passé quelques années de sa vie à faire ce travail, avant même d'aller à l'Université. Il y avait appris bien plus de choses sur la magie que qui que ce soit ne pouvait imaginer. Et ne serait-ce qu'aujourd'hui, alors qu'il retrouvait enfin l'amulette de Seth parmi les diverses lignes écrites il y avait bien des années de cela de sa main, il se félicitait de sa décision.
Sur la ligne figuraient la date d'achat, le numéro de la fiche explicative qu'il avait à l'époque rédigée et à laquelle, il le savait maintenant, manquaient les informations les plus importantes, et surtout il y avait la date de revente et l'acheteur.
Ses mains se crispèrent lorsqu'il vit le nom sur la feuille. Maria d'Aguilar. C'était forcement Caractacus Beurk qui avait fait la vente. Sinon il se serait immédiatement souvenu que c'était la doyenne de l'Université qui avait acheté cette amulette. Pensivement, Voldemort tapota des doigts sur le registre. Il ne pouvait pas aller confronter la mage à ce sujet comme il l'aurait fait avec n'importe quel autre sorcier.
Non, il allait devoir faire un petit voyage discret en Espagne pour essayer de savoir ce qui était advenu de l'amulette sans que cela ne parvienne aux oreilles de Maria. Et il espéra qu'elle ne l'avait pas gardée, parce que voler quelque chose sous le nez de la vieille sorcière serait loin d'être une promenade de santé, même pour lui.
Il se retint de soupirer. Cela lui prendrait surement bien plus de temps pour récupérer l'amulette que les quelques jours qu'il avait au départ estimés. Décidément les mages avaient le chic de se mettre sur son chemin, et il se ferait une joie de leur imposer à eux aussi sa domination. Bientôt.
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AN : En écrivant ce chapitre je me suis effectivement souvenue qu'il y avait eu une éclipse solaire le 11 août 1999, et de toute l'excitation qu'il y avait eu en France autour de cet évènement ! Ça ne me rajeunit pas tout ça… ^^
À la semaine prochaine !
