Bonjour à tous,

Et voici le chapitre 20 ! Les deux tiers de l'histoire.

Merci pour vos reviews, cela me fait toujours plaisir de savoir que l'histoire vous plait :)

Bonne lecture,

Perhentian

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Chapitre 20 – Août 1999

Voldemort regarda pensivement l'heure, et hésita à appeler l'elfe d'Hermione. Lucius et Tyler avaient vu la jeune fille lui tenir compagnie dans son bureau la veille. Mais aucun des deux n'était du genre à colporter cette information en dehors du premier cercle s'il ne leur en donnait pas explicitement l'ordre. Et il ne voulait pas que qui que ce soit sache exactement pourquoi il avait besoin d'Hermione. Il valait mieux qu'ils s'interrogent. Qu'ils doutent. Qu'ils n'osent l'approcher par peur à la fois de leur propre disgrâce et de sa colère.

Il allait donc devoir garder Hermione un peu plus longtemps avec lui, le temps que son existence se repende parmi les mangemorts. Il soupira. Il n'avait aucune envie de devoir supporter la présence de la sang-de-bourbe dans son bureau pendant plusieurs journées. Elle lui faisait toujours perdre son temps. La veille ils avaient parlé plus d'une demi-heure d'architecture des sortilèges, et si Lucius n'était pas arrivé, cela aurait été encore pire.

Et cette habitude de poster des questions intempestives. Il avait été parfaitement tranquille ces derniers mois, et il savait que si elle faisait pour le moment particulièrement attention à ne pas le contrarier, elle finirait par craquer au bout d'un moment et ne pas pouvoir se retenir de lui poser des questions stupides à tout bout de champ.

Si elle lui posait la moindre question aujourd'hui il l'obligerait à torturer ses propres amis jusqu'à ce qu'elle perde la raison. Apres tout Hermione Granger n'avait absolument pas besoin d'être saine d'esprit pour ce qu'il comptait faire d'elle, et il pourrait tout aussi bien la laisser végéter dans une quelconque pièce pendant cinq ans et barricader tellement le lieu que plus personne ne serait capable d'y pénétrer.

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Comme tous les jours depuis qu'elle était de retour au château de Serpentard, c'est l'elfe Adely qui vint s'assurer qu'Hermione était bien levée. Mais pour la première fois l'elfe dut la réveiller. La veille elle avait passé une bonne partie de la soirée, et même de la nuit, à tenter des Alohomora sans baguette. En vain. Mais elle s'était acharnée jusqu'à littéralement tomber de fatigue, et son épuisement avait éloigné ses cauchemars sur Fred, Padma et Susan pour quelques petites heures.

Extenuée, elle se frotta machinalement les yeux. Elle avait presque envie de signaler à l'elfe de la laisser tranquille encore une petite heure, tout en sachant qu'elle ne parviendrait de toute façon pas à se rendormir. Se décidant cependant à profiter du lit une dernière minute, Hermione referma les paupières.

– Mademoiselle Hermione doit se lever, fit l'elfe d'une voix affolée en lui secouant l'épaule. Le maître attend mademoiselle Hermione.

Immédiatement Hermione se sentit parfaitement alerte. Elle se redressa d'un bon et scruta sa chambre. Elle n'y trouva heureusement aucune trace du seigneur des ténèbres.

– Il est dans le salon ? demanda-t-elle avec angoisse.

– Le maître attend mademoiselle Hermione dans son bureau. Adely doit y emmener mademoiselle Hermione dès que mademoiselle Hermione sera prête.

Elle laissa échapper un petit soupir de soulagement. Elle se voyait déjà devoir aller discuter avec Lord Voldemort en chemise de nuit, et ce n'était définitivement pas une expérience qu'elle avait envie de vivre. Rapidement, elle descendit du lit et se dirigea vers la salle de bain. Il lui avait peut-être laissé le temps de se préparer, mais faire attendre le seigneur des ténèbres n'était définitivement pas une bonne façon de commencer sa journée.

À peine une dizaine de minutes plus tard elle était douchée et habillée. Adely ne l'avait pas lâchée d'une semelle, l'aidant à se préparer et à se coiffer au plus vite. S'armant de courage Hermione lui tendit résolument la main. Contrairement au transplanage d'escorte du seigneur des ténèbres, celui de l'elfe n'était ni silencieux, ni confortable, mais il était tout aussi efficace et immédiatement les contours du bureau du seigneur des ténèbres apparurent autour d'elle.

Jetant un rapide coup d'œil autour d'elle, Hermione localisa le seigneur des ténèbres en train de travailler à son bureau. À contrecœur, elle s'agenouilla devant lui. Même si elle savait que cela n'avait aucune chance de se réaliser, Hermione s'imagina un instant lui faire payer plus tard cette humiliation pour faire passer ce désagréable moment.

– Relève-toi Hermione.

Son ton était indiffèrent et Hermione se releva avec appréhension. Elle avait depuis longtemps appris, dans la douleur, à deviner les humeurs du seigneur des ténèbres à ses paroles. Si sa voix était cruelle, sarcastique, moqueuse ou amusée, c'était autant d'indications sur ce qu'elle pouvait se permettre de dire ou de faire. Mais lorsque sa voix ne reflétait absolument rien comme c'était maintenant le cas, elle ne pouvait qu'espérer ne pas soudainement devenir l'objet de sa colère.

– Installe-toi, et ne me fais pas perdre mon temps, claqua sa voix.

Il avait accompagné ses ordres d'un geste vers les fauteuils près de la cheminée, et Hermione s'y dirigea après une seconde d'hésitation. Le seigneur des ténèbres s'était déjà replongé dans quoi que ce soit qu'il faisait précédemment. Et alors qu'elle s'installait prudemment à la même place que la veille, toutes ses affaires étant apparues sur la table basse, Hermione sentit un sentiment d'angoisse l'étreindre.

Pourquoi s'encombrait-il de sa présence s'il n'avait visiblement rien à lui dire ? Il devait forcement en retirer quelque chose et cela inquiétait de plus en plus Hermione de ne pas savoir quoi. Mais il ne semblait visiblement pas d'humeur à tolérer ses questions, et Hermione attrapa ses notes, sa plume et le livre qu'elle était en train de lire et tenta de s'y intéresser.

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La matinée passa lentement et pas une seule fois le seigneur des ténèbres ne s'intéressa à Hermione. Si cette dernière ne parvenait pas pour autant à se détendre, persuadée que cela cachait forcement quelque chose de mauvais, elle avait quand même fini par voir la situation sous un meilleur jour lorsqu'elle s'était rendu compte qu'elle assistait de nouveau aux entretiens de Voldemort avec ses mangemorts.

Elle avait ainsi vu Antonin Dolohov et Amycus Carrow venir s'entretenir avec le seigneur des ténèbres, et s'ils n'étaient pas tous les deux des personnes particulièrement détestables, coupables de nombreux crimes, elle aurait eu pitié d'eux. Voldemort était loin de recevoir une médaille en relations humaines amicales…

Les deux mangemorts lui avaient jeté un regard surpris lorsqu'ils l'avaient vue, mais Voldemort avait à chaque fois lancé un laconique "Ne faites pas attention à mon invitée". Aucun n'avait bien sûr osé protester.

En fin de matinée, il l'avait renvoyée travailler dans sa chambre pendant qu'il s'occupait d'elle ne savait toujours pas quoi, mais en milieu d'après-midi il l'avait de nouveau faite revenir dans son bureau, sans une explication. Les heures étaient passées plus calmement, et l'après-midi touchait à sa fin lorsque la chance sourit à Hermione. Le tableau s'anima, le seigneur des ténèbres signala son autorisation, et les portes du bureau s'ouvrirent.

Hermione dut faire appel à tout son self contrôle pour manifester à l'égard de Severus Rogue autant d'indifférence qu'envers les autres mangemorts. Elle fut soulagée d'apprendre que sa position en tant qu'espion auprès de Voldemort n'avait pas été compromise pour le moment, et presque euphorique de le voir en personne.

Il était aussi sinistre que d'habitude, et il s'agenouilla raidement devant le seigneur des ténèbres. Il fallut attendre qu'il se relève pour qu'il croise son regard. Espérant afficher un visage tout aussi indifférent que d'habitude, Hermione poussa sur le devant de ses pensées l'information qu'elle voulait absolument transmettre à propos de Nagini.

– Mademoiselle, la salua-t-il sèchement.

Hermione se contenta de lui répondre par une inclinaison de tête prétendument désintéressée, et Severus Rogue se détourna d'elle. Rien n'indiquait qu'il ait bien compris son message, mais Hermione espéra fortement que ce fut le cas. Elle se voyait déjà lui transmettre ainsi d'autres informations qu'elle arriverait peut-être à glaner par-ci par-là à force de côtoyer le seigneur des ténèbres.

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En début de soirée, débarrassé de la présence de la sang-de-bourbe, Voldemort profitait du calme pour regarder pensivement les coupures de journal étalées devant lui. Depuis qu'il avait vu le visage du voleur de la baguette de sureau dans l'esprit de Gregorovitch il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il l'avait déjà vu. Alors que la date du souvenir qu'il avait lu dans l'esprit du fabricant de baguette était ancienne. 1907. C'était bien avant sa naissance.

Un jeune homme blond, venant probablement d'un pays de l'est, qui était devenu au moins partiellement célèbre. Et qui devait avoir aux alentours de 60 ans lorsque lui était adolescent. C'est dans un journal allemand qu'il finit par trouver une photo où figurait un jeune homme ressemblant au souvenir, une photo de classe de Durmstrang, au milieu d'un article de 1946 revenant sur les prémices de la deuxième guerre mondiale.

– Non, murmura-t-il pour lui-même.

S'il s'agissait vraiment de Grindelwald, ce serait presque trop facile… Qui disait Grindelwald disait Dumbledore et il savait parfaitement où se trouvait la baguette de son ancien adversaire. Cela valait sans conteste le coup d'aller vérifier directement auprès de l'ancien mage noir si c'était bien lui qui avait volé la baguette de sureau à Gregorovitch.

Quelques minutes à peine après Lord Voldemort se trouvait en Allemagne et regardait la forteresse lugubre devant lui. Nurmengard, construite par Grindelwald, et qui avait fini par être sa propre prison. Il eut une pensée dédaigneuse pour l'ancien mage noir, même pas capable de déminer ses propres pièges. Il contourna lentement les hautes murailles d'un noir de jais, et se plaça au plus près de la plus haute tour.

Il n'y avait rien d'exceptionnel dans la magie l'entourant. Une muraille puissante certes, mais rien qu'il ne puisse traverser avec l'aide de sa baguette. D'un mouvement du poignet Voldemort prit son envol, droit vers la fenêtre située tout en haut de la tour. Il mit tout de même un certain temps à manipuler les protections pour qu'elles le laissent passer, les plus retorses portant distinctement la signature d'Albus Dumbledore. Enfin il se faufila à travers l'ouverture de la fenêtre, glissant entre les barreaux à la manière d'un serpent, et retomba avec souplesse sur le sol.

La silhouette émaciée de Gellert Grindelwald se redressa doucement et le regarda avec un sourire.

– Ça faisait longtemps, dit-il. Trop occupé pour rendre visite à un vieux mage noir sur le déclin ?

Voldemort lui lança un regard agacé devant sa familiarité. Il avait déjà rendu visite à l'homme après sa prise de pouvoir. Il lui avait même proposé de travailler pour lui, mais l'homme l'avait regardé de haut et lui avait signalé qu'il était très bien là où il était, merci bien. Voldemort en avait conclu qu'il n'y avait plus rien à en tirer, et il n'avait plus pense à Grindelwald depuis.

– On peut dire ça, fit-il d'un ton froid.

– Hu hu hu, répondit Grindelwald avec un sourire encore plus large, dévoilant qu'il lui manquait une bonne partie de ses dents.

Il ne rajouta rien et le silence plana pendant quelques secondes.

– Je suis à la recherche de la baguette de sureau, annonça Voldemort avec désinvolture.

Le sourire disparut un instant du visage blafard du prisonnier, avant qu'il n'éclate soudainement de rire.

– Visiblement les reliques de la mort m'apportent des ennuis même lorsque je ne suis plus à leur recherche…

Voldemort se tendit. Grindelwald venait de lui donner beaucoup d'informations en quelques mots. C'était bien lui qui avait eu la baguette de sureau, il ne s'était pas trompé. Mais les reliques de la mort, vraiment ? Grindelwald avait sérieusement cru à ces racontars pour les faibles d'esprits ?

– Si Albus était toujours là, continua Grindelwald en lui jetant un regard accusateur, il aurait bien rit. Lui il est chanceux, ce n'est même pas la possession de la baguette qui lui a porté la poisse.

Et il éclata de nouveau de rire. Voldemort conserva un visage neutre. Il se demandait ce qui avait bien put rendre l'homme aussi loquace, alors qu'il y avait une dizaine d'années il était hautain et méprisant au possible. Il traversa ses barrières d'occlumencie avec une facilité déconcertante et ce qu'il y trouva lui fit hausser un sourcil d'étonnement.

Ainsi Grindelwald avait sombré dans la folie parce qu'il n'avait plus eu l'occasion de parler à une seule âme qui vive depuis qu'Albus Dumbledore était mort douze années plus tôt. Albus Dumbledore qui lui avait régulièrement rendu visite. Albus Dumbledore avec qui il avait il y avait de cela très longtemps commencé sa quête des reliques de la mort. Albus Dumbledore avec qui il avait eu une relation amoureuse.

– J'espère que la baguette portera tout autant malchance à son prochain propriétaire, fit Grindelwald en époussetant distraitement l'une de ses manches.

Voldemort pointa immédiatement sa baguette sur le sorcier.

– Dis-moi ce que tu sais de la baguette de sureau, ordonna-t-il.

– Moi ? fit avec un feint étonnement Grindelwald. Mais je ne sais absolument rien. La baguette de sureau était puissante, au-delà de ce que j'avais imaginé. Mais elle n'a pas empêché Albus de me battre.

– Et les autres reliques ?

– Jamais trouvé, fit Grindelwald avec un grognement.

Il ne mentait pas, et Voldemort fit distraitement tourner sa baguette entre ses doigts. Il avait toujours considéré les reliques de la mort comme rien de plus qu'un conte pour enfants. Certes l'histoire était alléchante, mais elle l'était justement un peu trop. Savoir que c'était cela qu'il y avait derrière toute la montée au pouvoir de Grindelwald, et surtout que même le pas si saint que cela Albus Dumbledore s'y était intéressé, donnait cependant un peu plus de poids à toutes ces fables autour du bâton de la mort, de la pierre de résurrection et de la cape d'invisibilité.

Apres sa victoire contre Grindelwald, Albus Dumbledore avait pris possession de la baguette de sureau, sans divulguer à qui que ce soit la nature exacte de sa nouvelle baguette. Mais il ne devait pas avoir eu les autres reliques, vu qu'il était aujourd'hui bel et bien mort et enterré. Ou en tout cas pas les deux autres simultanément. Il aurait pu posséder soit la pierre soit la cape.

Voldemort se demanda s'il avait déjà vu Albus Dumbledore utiliser une cape d'invisibilité, ou porter une quelconque pierre. Non, il ne pouvait relier aucune des deux autres prétendues reliques de la mort à son ancien adversaire. Mais la pensée de la cape ramena un souvenir à la surface. Il se souvenait avoir vu dans l'esprit d'Hermione Harry Potter disparaitre sous une cape d'invisibilité qui semblait bien puissante. Cette même cape qu'Harry Potter portait surement avant leur duel. Qu'il avait enlevé en même temps qu'il faisait tomber les charmes de désillusion, sans aucun doute pour la protéger. Et pourquoi la protéger si elle n'était pas spéciale ?

– Bon, on ne va pas y passer la nuit non plus, fit Grindelwald en interrompant ses pensées. Te sentirais-tu suffisamment charitable pour m'accorder un dernier souhait mon cher Tom ?

– Avada Kedavra.

Le sortilège était parti instinctivement, et Voldemort le dévia au tout dernier moment. Le rayon mortel alla s'écraser sur l'un des murs qui explosa, agrandissant sensiblement la pièce. Furieux, il envoya immédiatement un Doloris à Grindelwald. Personne n'avait le droit de l'appeler ainsi sans en payer les conséquences, d'autant plus si c'était pour tenter de lui faire faire briser son serment de mage.

– J'aurais… au moins… tenté…, fit Grindelwald en haletant lorsqu'il leva son Doloris. J'aurais adoré… savoir… que tous les autres… allaient te tomber dessus… pour avoir tué un pauvre autre mage sans défense.

Son sourire édenté était particulièrement horripilant, et Voldemort envisagea un instant de le tuer tout de même, et de s'inquiéter des autres mages ensuite.

– Tu penses pouvoir faire le poids face à Maria, Alexandra, Shane et Dae-Ho en même temps ? Hum, je ne sais pas si je parierais sur eux ou sur toi, continua Grindelwald en regardant pensivement le plafond. Tu n'es pas mauvais mais…

– Stupefix. Venas Patiens.

Grindelwald n'allait pas être particulièrement heureux lorsqu'il reprendrait conscience, et l'idée de l'ancien mage noir passant le restant de ses jours à souffrir de sa malédiction permit à Voldemort de reléguer les remarques exaspérantes de Grindelwald au fin fond de ses préoccupations. Un sourire satisfait étira ses lèvres. Non seulement il savait maintenant où trouver la baguette de sureau, mais il avait potentiellement un nouveau moyen d'atteindre l'immortalité. Il ne lui restait plus qu'à aller vérifier dans les souvenirs d'Hermione si la cape de Potter était bien si spéciale que cela. Si c'était effectivement le cas, il saurait où se trouvait la deuxième relique, et serait en mesure d'aller la récupérer s'il mettait un jour la main sur la pierre.

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Lorsque Voldemort avait finalement renvoyé Hermione dans sa chambre en fin d'après-midi il ne lui avait donné aucune information sur quand il serait de retour, mais Hermione jugeait probable que comme la veille il ne revienne pas avant le lendemain.

Elle avait avancé sur ses lectures dans la soirée, mais maintenant que la nuit était complètement tombée, et que même la chaude température de ce milieu du mois d'août était légèrement redescendue, elle s'apprêtait à de nouveau tenter sa chance avec la magie sans baguette.

Un air déterminé affiché sur le visage, Hermione rapprocha l'un des fauteuils de la porte, s'assit dedans et se concentra. Au bout d'un moment elle put distinctement sentir la magie de la porte devant elle et elle tendit sa main droite devant elle.

– Alohomora ! fit-elle.

Avant même de se lever pour aller vérifier, elle savait que cela n'avait pas marché. Elle savait qu'il lui manquait quelque chose pour que son sortilège fonctionne, mais elle ne parvenait pas à mettre le doigt dessus. Elle essaya de mettre plus de force dans son sortilège, de faire des mouvements plus amples de la main, de visualiser l'effet dans sa tête, mais rien ne fonctionnait.

– Alohomora, Alohomora, Alohomora, s'acharna-t-elle.

Elle était debout maintenant, presque enragée de ce qu'elle n'arrivait pas à accomplir. Frustrée par ses échecs et par son impuissance.

– Ta méthode n'est pas la bonne, intervint une voix froide derrière elle.

Hermione se retourna d'un bon et vit le seigneur des ténèbres, complaisamment installé dans un fauteuil. Il avait une fois de plus camouflé sa magie pour qu'elle ne sente pas sa présence et cela ne fit qu'exacerber son énervement. Avant que celui-ci ne fasse place à la peur. Elle ne pouvait guère prétendre que ses tentatives pour ouvrir la porte étaient innocentes.

Prise par surprise, elle resta debout, son bras droit toujours levé pour lancer le sortilège. Reprenant légèrement ses esprits, elle laissa retomber son bras le long de son corps, et s'agenouilla avec anxiété. Elle avait rapidement étudié sa posture et son visage, et il semblait de bien meilleure humeur que pendant la journée. Mais malgré le fait que cela l'avait surement protégée d'un Doloris, cela la frustrait. Elle ne voulait pas que ses projets, quels qu'ils soient, se passent bien. Surtout s'ils impliquaient la capture de ses amis.

Elle l'entendit se lever et s'approcher d'elle et un frisson d'appréhension lui parcourut le dos. Il s'arrêta juste devant elle, laissa planer quelques secondes d'incertitude, et se mit finalement à sa hauteur. Elle sentit sa main dans ses cheveux et ne put retenir un sursaut de surprise. Mais déjà Voldemort tirait ses cheveux vers l'arrière et elle se retrouva à le regarder droit dans les yeux.

Elle sut immédiatement ce qu'il voulait faire et se dépêcha d'enfouir Severus Rogue et les Horcruxes sous une montagne de souvenirs inutiles. La puissance de son attaque de legilimancie la surprit moins que la première fois, mais la douleur par contre était tout aussi insupportable. Comme la première fois, elle le laissa rapidement déborder ses premières barrières.

… Harry disparaissant sous sa cape d'invisibilité alors qu'ils s'apprêtaient à rentrer dans le manoir des Carrow…

… Harry rangeant soigneusement sa cape d'invisibilité dans son sac…

Une sourde angoisse se propagea en Hermione. Cela n'avait absolument rien à voir avec ses tentatives pour aller libérer Fred, Susan et Padma et ensuite s'enfuir.

… Harry lui montrant pour la première fois sa cape…

… La sensation de la cape glissant entre ses doigts…

Il en avait après la cape, comprit Hermione, mais c'était trop tard pour tenter de protéger quoi que ce soit, et elle se sentit de plus en plus affolée.

… Harry affirmant que la cape était dans sa famille depuis plusieurs générations, s'entêtant devant son regard dubitatif…

Voldemort sortit de son esprit et Hermione lutta pour rester à genoux et ne pas s'effondrer complètement sur le sol. Malgré la douleur, elle garda les yeux ouverts, et vit le seigneur des ténèbres se relever avec un sourire satisfait sur le visage. Il tenait donc vraiment à savoir qu'Harry avait une cape d'invisibilité ? Mais pourquoi ?

Son esprit encore à moitié engourdi par la douleur, Hermione essaya désespérément de trouver ce qui pouvait motiver le seigneur des ténèbres. Les capes d'invisibilité étaient rares, mais il pourrait s'en procurer une dizaine d'un claquement de doigt s'il le souhaitait. Et il était sans aucun doute en mesure de se dissimuler parfaitement sans y avoir recours.

Les jambes un peu tremblantes, Hermione se releva alors que le seigneur des ténèbres prenait de nouveau nonchalamment place dans l'un des fauteuils. Qu'est-ce que la cape d'Harry avait de particulier ? Est-ce que cela avait un lien avec l'étrange phénomène qui avait eu lieu entre leurs baguettes ? Est-ce qu'il allait se lancer à la poursuite d'Harry ?

– La raison pour laquelle tu n'arrives pas à faire de la magie sans baguette, c'est parce que tu n'établis pas la connexion entre les deux magies, fit le seigneur des ténèbres.

Hermione cligna stupidement des yeux, avant de se forcer à se concentrer sur ce qu'il disait. Au moins tant qu'il était en sa présence il n'était pas à la poursuite de son ami.

– La connexion entre les deux magies maître ? demanda-t-elle.

Sa voix avait légèrement tremblé et Hermione se fustigea d'être aussi peu maitresse d'elle-même. Elle devait absolument contrôler ses réactions si elle voulait espérer s'en sortir un jour.

– Assis toi, fit-il sèchement en désignant le fauteuil juste à côté du sien.

Hermione s'y installa prudemment et se tourna vers lui. Allait-il vraiment lui apprendre la magie sans baguette ?

– Lorsque tu jettes ton sors, tu te concentres sur la magie émanant de l'objet, ce qui est particulièrement ridicule. Comment comptais-tu faire pour lancer un sortilège sur un objet non magique ?

– Je ne sais pas maître, répondit du bout des lèvres Hermione lorsqu'elle comprit qu'il attendait une réponse.

Le regard méprisant qu'il lui lança lui donna envie de rentrer sous terre.

– Si tu y avais vraiment réfléchi Hermione tu aurais compris que c'est ta magie qu'il faut projeter vers l'objet, et non l'inverse.

– Ça a pourtant marché avec ma baguette maître, répliqua Hermione, un brin vexée.

– Vraiment ? fit sarcastiquement le seigneur des ténèbres. Dans ce cas prouve-le.

Il fit apparaitre la baguette d'Hermione dans la paume de sa main gauche, tout juste hors de portée, et les yeux de la jeune fille se fixèrent immédiatement dessus. Elle leva sa main droite et fronça les sourcils sous le coup de la concentration, déterminée à lui prouver qu'il avait tort.

– Accio baguette !

Mais celle-ci ne bougea même pas, et le seigneur des ténèbres lui fit un sourire dédaigneux en faisant de nouveau disparaitre sa baguette.

– Si tu as réussi à atteindre ton but avec un sortilège aussi pitoyable, c'était uniquement sous le coup de la peur Hermione, et encore parce que la magie de ta baguette est plus fortement liée à la tienne que celle de n'importe quel autre objet.

– Mais comment puis-je projeter ma magie maître ? demanda Hermione.

– Peut-être n'en es-tu simplement pas capable, lui répondit-il d'un ton moqueur. La magie sans baguette est un domaine très élitiste, et on ne peut pas vraiment dire que tu fasses toi partie de la crème de la société sorcière.

Sa remarque toucha Hermione bien plus que ce qu'elle aurait voulu. Certes elle était une sang-de-bourbe, certes elle n'était même pas allée à Poudlard, mais elle avait réussi en moins d'un an à atteindre un niveau acceptable, et tous les résistants lui avaient toujours dit qu'ils la trouvaient particulièrement intelligente. Son irritation dut se lire sur son visage, car le sourire du seigneur des ténèbres s'agrandit.

– Donne-moi ta main droite, ordonna-t-il froidement.

Hermione le regarda avec suspicion, avant de prudemment tendre sa main vers lui. Devant sa lenteur, il l'attrapa d'un geste sec et enroula ses doigts entre les siens. Elle tressaillit à ce contact et son cœur se mit à battre de façon erratique sous l'emprise de l'affolement. Puis elle sentit la magie du seigneur des ténèbres traverser sa main et son souffle se coupa dans sa gorge.

Rien ne l'avait préparée à cela. Il y avait un monde entre détecter la présence la magie du seigneur des ténèbres, et la sentir couler entre ses doigts. Hermione se sentit prise de vertiges devant cette puissance brute, devant tout ce pouvoir. Inconsciemment elle se pencha légèrement vers le seigneur des ténèbres, ne souhaitant que s'immerger encore plus dans sa magie.

Elle perçut distinctement le moment où une partie de cette magie se focalisa sur l'un des livres. Cette connexion qu'il établissait entre l'objet et lui-même. L'instant d'après, le livre lévitait tranquillement au-dessus de la table.

Hermione avait la bouche ouverte et les yeux exorbités mais elle n'en avait que faire. Son pouvoir était absolument ahurissant. Fascinant. Attirant. Le contrôle qu'il exerçait sur sa magie était absolu. Il semblait faire cela tellement facilement qu'Hermione ressentait une vive pointe de jalousie. Ni baguette, ni mouvement, ni incantation ne lui étaient nécessaires pour les sortilèges les plus simples. Comme si la magie obéissait à ses règles à lui et non l'inverse.

– As-tu compris comment cela fonctionne maintenant ?

– Oui maître, répondit machinalement Hermione.

– Merveilleux, commenta le seigneur des ténèbres d'un ton sarcastique. Si jamais tes insignifiantes capacités magiques te permettent d'y arriver, informe m'en immédiatement.

Le seigneur des ténèbres retira alors sa main et la connexion magique entre eux se brisa. Un cri étouffé s'échappa des lèvres d'Hermione avant qu'elle ne puisse le retenir. Elle faillit essayer de rattraper la main du seigneur des ténèbres mais se reprit et ramena au contraire vivement sa main contre elle, effrayée par sa réaction.

Mais même sans ce contact, maintenant qu'elle avait ressenti cette magie, elle avait l'impression de percevoir avec beaucoup plus d'acuité celle du seigneur des ténèbres. Elle qui pensait pouvoir détecter les auras magiques, elle savait maintenant qu'elle n'en avait jamais qu'effleuré la surface.

Elle le vit se lever calmement, et un sourire à faire froid dans le dos se dessina sur les lèvres du seigneur des ténèbres. Elle voulut poser une question, lui demander comment il pouvait avoir un tel niveau de maitrise, mais il la coupa d'un geste.

– J'ai à faire Hermione. Mais ne t'en fait pas, nous nous reverrons bien assez tôt.

L'instant d'après il avait transplané hors du salon et Hermione se laissa retomber dans l'un des fauteuils. Jamais elle n'aurait imaginé cette puissance. Et jamais elle n'aurait imaginé l'attrait qu'elle pourrait avoir sur elle. Et maintenant qu'il était parti, elle avait l'impression de ressentir un vide sans fond. Et cela la dégoutait.

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Voldemort marchait dans les rues de Godric's Hollow. Il était le seul à les parcourir au milieu de la nuit et cela l'arrangeait. Il était euphorique. Il allait violer la sépulture sommaire d'Albus Dumbledore et la baguette de sureau serait à lui. Et lorsque la résistance tomberait il pourrait mettre la main sur la deuxième potentielle relique de la mort. Il n'avait même été pas à la recherche d'un moyen de sécuriser son immortalité en allant rendre visite à Grindelwald, et voici qu'une nouvelle solution se présentait à lui sur un plateau. À croire que même le destin souhaitait que le monde entier fût à ses pieds.

Et en plus de cela, il avait une fois de plus eu la confirmation qu'il ne s'était pas trompé en pensant qu'Hermione conviendrait pour porter l'amulette de Seth. Cette magie autour d'elle, qui s'était instinctivement mêlée à la sienne lorsqu'il avait fait sa démonstration. Elle n'avait aujourd'hui aucune emprise dessus, à tel point que c'était presque sacrilège de gâcher un tel potentiel. Elle avait tout ce qu'il fallait pour devenir une grande sorcière. Et ce qu'il avait vu dans ses yeux lorsqu'elle avait ressenti sa magie. L'avidité. La fascination. L'envie. Il allait en faire bon usage.

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AN : Merci d'avoir lu ce chapitre. À la semaine prochaine :)