Bonjour à tous,

Je sais, je sais, j'ai une semaine de retard ! Je n'ai pas réussi à trouver une seule seconde pour finaliser ce chapître la semaine dernière… mais le voici enfin :)

J'espère qu'il vous plaira !

Bonne lecture,

Perhentian

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Chapitre 21 – Août 1999

– Destructo !

La stèle portant le nom d'Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore vola en éclat avec grand bruit, mais cela ne calma guère Lord Voldemort. Dans sa main gauche se trouvait la baguette d'Albus Dumbledore. Sa première baguette, celle qu'il avait récupérée pour aller à Poudlard, celle qu'il avait encore lorsqu'il avait enseigné la métamorphose au futur seigneur des ténèbres. Une petite baguette qui ne payait pas de mine à première vue, rien à voir avec l'apparence prestigieuse de la baguette de sureau.

Qu'est-ce que Dumbledore avait bien pu faire de cette stupide relique de la mort ? Il avait dû s'en débarrasser juste avant leur duel final, parce que Voldemort était sûr qu'il s'en servait quelques jours auparavant, lorsqu'il croyait encore pouvoir faire quelque chose contre lui…

D'un geste distrait il répara la stèle et la repositionna au-dessus de la tombe, qui se referma d'un claquement sec. Malgré son envie de laisser le corps de son ennemi pourrir en plein air, personne ne devait savoir qu'il était venu là ce soir. S'il devait bien reconnaitre une chose à Dumbledore, c'est qu'il avait eu tout à fait raison de ne pas crier sur les toits le fait de posséder la baguette de sureau.

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Pour Hermione les journées au château de Serpentard s'enchainèrent sans grand changement. Voldemort la faisait régulièrement venir à son bureau, parfois pour une simple demi-heure, parfois pour toute une après-midi. Comme lors de sa précédente captivité l'humeur du seigneur des ténèbres variait de l'indifférence froide à la pure rage selon les moments, et Hermione essayait au mieux de ne pas être l'objet de sa colère.

Mais contrairement à ses mangemorts qui n'étaient visiblement jamais à la hauteur des exigences de Lord Voldemort, Hermione se trouvait moins souvent l'objet de sa fureur. Lorsqu'il n'était vraiment pas d'humeur, il se contentait généralement de la chasser de son bureau. Le reste du temps, il ne lui portait pas attention, s'interrompant de son travail que lorsqu'elle osait lui poser une question sur une théorie qui lui paraissait obscure.

Sa réponse pouvait varier entre un Doloris et un exposé particulièrement détaillé. Parfois, il se déplaçait même pour venir lui répondre, s'asseyant en face d'elle, appuyant ses explications par des références dans des livres. Dans ces instants-là, elle regrettait d'avoir posé une question plus encore que lorsque celle-ci se soldait par un Doloris. Sa proximité rendait Hermione extraordinairement inconfortable depuis qu'elle avait saisi la vraie puissance de la magie du seigneur des ténèbres. Elle avait l'impression de suffoquer à chaque qu'il se trouvait trop proche, et elle devait à chaque fois lutter contre son envie de sentir de nouveau sa magie la traverser.

Et à sa plus grande honte le seigneur des ténèbres en était tout à fait conscient. Alors qu'auparavant Voldemort gardait plus ou moins ses distances avec elle, il n'hésitait plus maintenant à s'approcher un peu trop d'elle pour la mettre mal à l'aise, un sourire sarcastique sur les lèvres. Hermione faisait alors ce qu'elle pouvait pour rester de marbre.

Contrairement à sa dernière captivité, le seigneur des ténèbres ne l'entrainait plus en duel. Voldemort se contenter de lui faire travailler la théorie, lui fournissant une quantité impressionnante de livres dont il exigeait régulièrement des résumés des plus détaillés. Et lorsqu'Hermione déchiffrait certains d'entre eux elle ne pouvait s'empêcher d'être euphorique devant leur rareté et la valeur de leur contenu.

Mais les livres et leurs discussions savantes ne lui faisaient pas oublier à qui elle avait affaire. Le mot "maître" lui écorchait la bouche à chaque fois qu'elle le prononçait, et lorsqu'elle s'agenouillait devant lui elle devait s'imaginer comment elle le lui ferait payer plus tard pour trouver le courage de le faire.

Dans l'un des rares bons moments du seigneur des ténèbres elle avait obtenu de voir rapidement Fred, Susan et Padma sans pour autant pouvoir signaler sa présence. Ils étaient loin d'être bien en point, mais ils étaient vivants, et si leurs conditions de vie étaient effrayantes ils avaient au moins quitté le lugubre cachot où elle les avaient vus la première fois. Cependant elle savait parfaitement que rien ne lui garantissait que Voldemort ne les tue pas un jour dans un accès de colère, ou tout simplement par ennuie.

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La matinée du jeudi 26 aout, Hermione broyait du noir dans sa chambre. Cela faisait un an jour pour jour qu'elle avait été arrachée à sa vie bien tranquille de moldue sans histoire. Elle était passée par des hauts et des bas en une année, elle avait souffert et elle avait été heureuse, elle était même devenue une sorcière plus ou moins accomplie. Mais finalement, elle avait l'impression que tout ce qui s'était passé entre son enlèvement et le moment présent n'avait eu aucun impact, elle était de retour au point de départ.

Cela faisait une année qu'elle n'avait vu ni ses parents, ni ses amis moldus, et ils lui manquaient. Elle savait que tous la pensaient morte, et c'était surement mieux ainsi, mais elle aurait donné cher pour pouvoir les revoir.

Adely ne l'avait pas faite transplaner dans le bureau du seigneur des ténèbres ce matin, et Hermione se demanda si Voldemort était absent ou s'il était simplement occupé à autre chose. Elle feuilleta distraitement le livre d'arithmancie juste devant elle, mais elle n'avait décidément pas le cœur à travailler.

Elle se leva du fauteuil duquel elle étudiait habituellement et se rapprocha de la porte de sa chambre. C'était plutôt le soir qu'elle tentait habituellement de s'entrainer à la magie sans baguette, réservant ses journées aux livres, mais elle ressentait aujourd'hui le besoin de changer de rythme.

Comme à chaque fois, elle s'assit en tailleur sur le fauteuil le plus proche de la porte, et se concentra sur sa propre magie. Comme à chaque fois, cela lui prit beaucoup trop de temps avant d'être satisfaite de ce qu'elle ressentait. Et comme à chaque fois, elle ne parvint pas à déplacer cette magie comme l'avait fait le seigneur des ténèbres.

– Aargh ! grogna-t-elle peu élégamment sous le coup de la frustration.

Elle jeta un regard haineux à la porte et tapota avec impatience l'accoudoir du fauteuil de la main droite. Elle refusait de conclure qu'elle n'était pas capable de faire de la magie sans baguette. Mais elle devait bien avouer que ce qui lui avait semblé si facile lorsque le seigneur des ténèbres l'avait démontré, elle ne parvenait pas à le reproduire.

– « Si tu y avais vraiment réfléchi Hermione tu aurais compris que c'est ta magie qu'il faut projeter vers l'objet, et non l'inverse. » fit-elle d'un ton sarcastique en imitant le seigneur des ténèbres. Et le mode d'emploi il est où ?

Elle jeta de nouveau un regard haineux à la porte, avant de pousser un soupir. Puis elle se décida à envoyer au diable les conseils du seigneur des ténèbres. Elle se concentra de nouveau sur sa propre magie, mais une fois satisfaite du résultat, elle se focalisa sur celle de la porte. Elle commençait à peine à se plonger dans la magie du château de Serpentard qu'elle perdit le contrôle qu'elle exerçait sur sa propre magie.

Elle mit une bonne partie de la matinée à tenter de conserver un certain équilibre entre le contrôle qu'elle exerçait sur sa propre magie et la perception de la magie autour d'elle, mais lorsqu'elle y parvint enfin, elle sut qu'elle avait réussi. Lui ayant donné un but, elle put sentir sa magie se diriger tout naturellement vers la porte.

– Alohomora, fit-elle doucement.

Il y eut un déclic et la porte s'ouvrit. Hermione resta un moment assise dans son fauteuil sans bouger. Elle se demandait ce qu'elle pourrait bien faire de cette relative liberté. Bien sûr, elle pourrait partir à la recherche de Fred, Susan et Padma, mais d'une elle n'était pas bien sûre de trouver son chemin, et de deux vu le temps qu'elle avait mis à réussir à ouvrir la porte, elle n'était pas vraiment en mesure de défendre ses trois amis s'il se passait quoi que ce soit. Elle se leva et se résigna à suivre les consignes du seigneur des ténèbres.

– Adely, appela-t-elle.

L'elfe de maison apparut immédiatement.

– Mademoiselle Hermione a besoin d'Adely ?

– Le seigneur des ténèbres m'a demandé de le prévenir lorsque j'aurais réussi à faire de la magie sans baguette, pourrais-tu lui faire passer le message ?

L'elfe de maison la regarda avec des yeux affolés.

– Adely n'a pas le droit de déranger le seigneur des ténèbres par elle-même, Adely ne peut pas, fit l'elfe de maison en secouant résolument la tête de gauche à droite.

Puis l'elfe disparut dans un pop et Hermione poussa un soupir exaspéré. Elle ne pouvait pas vraiment en vouloir à l'elfe, le seigneur des ténèbres lui ayant déjà prouvé qu'il n'avait aucune considération pour leur espèce. Cependant elle se retrouvait maintenant dans une impasse. Le seigneur des ténèbres avait demandé à être prévenu immédiatement, et le seul moyen qu'elle avait à sa disposition après le refus d'Adely était de se rendre au bureau du seigneur des ténèbres à pieds. Mais elle n'avait pas vraiment envie de se voir ensuite reprocher de s'être baladée dans les couloirs…

Elle soupesa ses options dans sa tête, avant de décider que suivre les ordres du seigneur des ténèbres à la lettre était encore la solution la moins risquée. Elle sortit donc dans le couloir et tourna à gauche. Elle s'avança un peu et s'arrêta. Elle n'avait fait le chemin que deux fois, en compagnie de Tyler Greengrass, il y avait de cela plusieurs mois, et elle tenait à peine debout la première fois. Comment était-elle censée s'en souvenir maintenant ? Jurant entre ses dents, elle essaya de s'orienter grâce à ses souvenirs.

Au bout d'une dizaine de minutes, il était évident qu'elle était perdue. Elle était à peu près dans la bonne aile, mais elle n'arrivait pas à trouver le bureau, qu'elle aurait pourtant juré être quelque part sur sa droite, dans un couloir qui visiblement n'existait pas. Elle se décida à descendre d'un étage, même si elle était plutôt sûre que le bureau était au même étage que sa chambre. Elle était à peine arrivée en bas de l'escalier qu'elle comprit qu'elle faisait fausse route. La décoration et même l'ambiance étaient tout à fait différentes, moins luxueuses, moins solennelles.

Hermione sentit soudainement l'aura d'une personne arriver sur sa droite. Avant qu'elle n'ait pu rebrousser chemin, Bellatrix Lestrange émergeait du couloir, marchant d'un pas conquérant.

– Qui es-tu ? l'attaqua immédiatement Bellatrix.

Elle avait sorti sa baguette et la pointait sur elle avant même qu'Hermione n'ait pu formuler une pensée cohérente. Elle se demanda désespérément ce qu'elle pourrait bien répondre pour s'en sortir, avant de se souvenir que la plupart des mangemorts devaient maintenant connaitre son nom. Est-ce que cette information était parvenue jusqu'à Bellatrix ? Est-ce qu'elle serait en mesure de la protéger ?

– Je suis Hermione, et je cherche le bureau du seigneur des ténèbres.

Bellatrix pencha la tête sur le côté, la regardant comme si elle était dérangée, et Hermione comprit avec angoisse que son prénom ne lui évoquait rien.

– Où est-ce que je t'ai déjà vue ? demanda Bellatrix en plissant les yeux.

Hermione se glaça. C'était la première fois que Bellatrix la voyait à visage découvert, et Hermione était certaine que l'autre sorcière n'avait aucun moyen de l'identifier.

– Nous ne nous sommes jamais rencontrées, répondit-elle avec une fausse assurance.

– Je pense que tu es une menteuse, répondit pensivement Bellatrix. Une petite menteuse qui n'a rien à faire ici !

Hermione sentit ses mains se mettre à trembler légèrement. Elle ne voyait pas vraiment comment elle allait faire pour s'en sortir. Affronter Bellatrix avec une baguette était déjà dangereux. Mais sans baguette ? Du suicide !

– Endoloris, lança Bellatrix.

Hermione s'effondra de douleur lorsque le sortilège la toucha et elle cria pendant que Bellatrix riait à gorge déployée. Lorsque le sortilège de Bellatrix s'arrêta elle essaya péniblement de se remettre debout mais la sorcière avait déjà fondu sur elle, et d'une main elle l'empêcha de se relever, rapprochant son visage dément à quelques centimètres du sien.

– Alors tu es quoi hein ? Une petite voleuse ? Ou alors l'objectif de ta misérable vie est de rencontrer le seigneur des ténèbres et tu as essayé de t'introduire sournoisement auprès de lui ?

Hermione eut presque envie d'éclater de rire. L'objectif de sa misérable vie était plutôt de se débarrasser du seigneur des ténèbres en question, et le plus vite serait le mieux.

– Tu as de la chance, j'allais justement le voir. Tu vas pouvoir réaliser ton rêve avant de mourir ! cracha Bellatrix.

Hermione se détendit imperceptiblement. Elle préférait encore affronter le seigneur des ténèbres plutôt que de rester seule avec cette folle furieuse. Et Hermione faillit se frapper la tête contre le mur à cette pensée. Depuis quand considérait-elle le seigneur des ténèbres comme une protection ?

Bellatrix la remit debout d'un geste sec, et l'entraîna à sa suite, la tenant d'une main et plantant férocement sa baguette dans son cou. Elle lui fit remonter l'escalier, tourner sur la droite, et emprunter un couloir qui Hermione était sure n'était pas là auparavant. Elles arrivèrent alors en quelques mètres devant les portes du bureau du seigneur des ténèbres, et Hermione serra les lèvres de frustration. Comment était-elle censée trouver le bureau alors que le couloir qui y menait était capricieux ?

– Bellatrix Lestrange demande à être reçue, annonça la sorcière au tableau d'une voix assurée.

Et les portes s'ouvrirent.

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Depuis le début de la matinée, Voldemort s'était isolé dans son bureau avec pour ordre de ne pas le déranger, à l'exception de ses mangemorts du premier cercle. Il avait ouvert l'accès à sa bibliothèque personnelle, juste derrière son bureau, et en avait sorti plusieurs ouvrages sur la polarité des auras, la théorie se trouvant à l'origine de l'amulette de Seth.

C'étaient des livres écrits dans les années 70, et Voldemort voulait les parcourir de nouveau pour essayer de deviner si leur auteur avait ou non été en possession de l'amulette de Seth. Parce que s'il était maintenant certain que c'était bien Zhao Ming, le mari de Maria, qui avait gardé quelques années l'amulette, il avait pour le moment était incapable de trouver qui en avait été le propriétaire suivant.

Au bout de plusieurs heures de recherche, il finit par tomber sur un paragraphe prometteur.

" Les précédents chapitres ayant démontré la possibilité que les polarités de deux auras magiques soient totalement opposées, il convient désormais de s'intéresser aux particularités de cette configuration. La théorie la plus spéculative soutient que l'utilisation d'anciens artefacts permettrait des transferts d'âmes. Cependant, l'utilisation de ces artefacts requerrait non seulement des auras magiques de polarités opposées, mais aussi une puissance semblable entre les deux sorciers, limitant la mise en pratique. Selon… "

Il n'y avait pas de citation directe de l'amulette bien sûr, sinon il s'en serait souvenu bien plus tôt. Mais il aurait été difficile pour l'auteur d'écrire une telle théorie sans au moins avoir eu vent de son existence. Ainsi Zhao et Maria auraient fait sortir l'amulette du cercle des mages, mais pas de la Chine…

– Maître, Bellatrix Lestrange demande à être reçue, fit le tableau qui gardait les portes de son bureau en fourchelangue.

Voldemort fut immédiatement sortit de ses pensées. Il n'avait guère eu de contact avec Bellatrix depuis le début du mois, lui laissant toute liberté pour poursuivre les résistants. Il espéra fortement pour elle qu'elle lui apportait de bonnes nouvelles, il n'aimait guère être dérangé pour rien dans ses recherches. Il fit signe au tableau de la laisser entrer et regarda avec ennui les portes s'ouvrir.

Son ennui s'évapora subitement lorsqu'il vit une Bellatrix Lestrange triomphante pousser une Hermione Granger visiblement énervée devant elle, enfonçant sa baguette dans son cou. À l'exception de sa petite incursion dans les pensées de Bellatrix c'était la première fois qu'il voyait les deux sorcières côte à côte, et le contraste n'aurait pas pu être plus frappant.

La magie violente de Bellatrix crépitait autour d'elle, témoin visible de son exaltation et de son assurance. Elle était sa lieutenante la plus dévouée, sa favorite, son amante occasionnelle, et elle le savait. À l'opposé, malgré l'énervement visible d'Hermione, la magie de celle-ci voletait tranquillement, cachant sa puissance sous des airs inoffensifs.

Il croisa le regard de la sang-de-bourbe, et il eut un sourire sarcastique en lisant l'exaspération d'Hermione. Comment avait-elle réussi à se retrouver dans les pattes de Bellatrix ?

– Maître, commença Bellatrix. J'ai trouvé cette petite inconsciente dans l'escalier, elle essayait de vous espionner !

Voldemort tourna son regard vers Bellatrix, qui choisit ce moment pour projeter violemment Hermione au sol. Celle-ci eut à peine le temps de mettre ses mains devant elle avant de s'écraser fort peu gracieusement à ses pieds, alors que Bellatrix s'agenouillait élégamment à côté d'elle.

D'un mouvement vif, il vit la jeune fille se déplacer légèrement hors de portée de Bellatrix et se relever. Mais les réflexes de Bellatrix n'avaient rien à envier à ceux d'Hermione et la sorcière brune se releva vivement, pointa sa baguette sur la sang-de-bourbe, et lança dans la même foulée un Doloris.

Cependant le sortilège n'atteignit jamais Hermione, se désintégrant en pleine course, et les deux sorcières tournèrent un regard surpris vers Lord Voldemort.

– Ca suffit, fit sèchement le seigneur des ténèbres.

– Mais maître, elle fait partie de la résistance !

Voldemort vit Hermione jeter un regard surpris à Bellatrix.

– Vraiment ? demanda-t-il avec indifférence.

– Elle a essayé de s'introduire chez moi au début du mois, j'ai reconnu sa magie, fit Bellatrix avec fierté.

Le regard surpris d'Hermione se teinta d'agacement, puis de colère, et Voldemort eut un sourire sarcastique. Il était presque tenté par un duel entre les deux sorcières. Mais Bellatrix était capable de tuer Hermione dans un moment d'égarement et cela était absolument hors de question.

– Bellatrix, oublie Hermione, fit-il sèchement. Que voulais-tu ?

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Hermione tournait régulièrement les pages du livre devant elle, mais toute son attention était concentrée sur ce que racontait Bellatrix Lestrange. Enfin elle avait accès à des nouvelles sur les résistants, et elle ne voulait pas en perdre une miette.

– … ils étaient terrés dans le manoir ancestral de cette harpie de McGonagall lorsque nous leur sommes tombés dessus.

– Vous avez pu les arrêter ?

La voix du seigneur des ténèbres était clairement menaçante.

– Maugrey Fol'œil est mort. Et nous avons eu Amelia Bones aussi.

Hermione ne les avaient jamais rencontrés, mais elle sentit ses mains se crisper sur le livre sous le coup de la colère. La joie avec laquelle Bellatrix Lestrange parlait de leur mort lui donnait envie de vomir.

– Je voulais annoncer la mort de cette chère Amelia à sa nièce mais je n'ai pas pu la trouver. L'avez-vous tuée maître ?

– Et Harry Potter ? demanda Voldemort sans répondre à Bellatrix.

Le cœur d'Hermione manqua un battement et sa vision se brouilla presque sous le coup de l'appréhension qui venait de la saisir. Pas Harry, pria-t-elle dans sa tête. Pas Harry, pas Harry, pas Harry.

– Il s'est échappé maître, répondit Bellatrix avec rage.

Hermione retint un cri de soulagement, et fut heureuse de la colère qui s'affichait en cet instant sur le visage du seigneur des ténèbres. Elle se prit même à espérer un instant qu'il tue Bellatrix, pour lui faire payer la mort de tous ceux que la sorcière avait assassinés sans scrupule. Mais non, Voldemort ne lui envoya même pas un petit Doloris.

– … ils se sont réfugiés dans un autre endroit, et je vais avoir besoin de plus de temps pour les localiser.

Hermione se concentra de nouveau sur ce que disait la sorcière, réservant sa rancune pour plus tard.

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Lorsque Bellatrix Lestrange sortit du bureau du seigneur des ténèbres une dizaine de minutes plus tard, Hermione oscillait entre la tristesse et la colère. Une part d'elle, la part rationnelle, soutenait que la situation n'était pas si mauvaise, qu'elle aurait même pu être bien pire. La plupart des résistants étaient encore libres, hors d'atteinte de Bellatrix Lestrange et de Lord Voldemort. Mais les morts qu'elle avait apprises, Emeline Vance, Xenophilius Lovegood, Alastor Maugrey, Amelia Bones, venant s'ajouter à la captivité de Fred, Susan et Padma, c'était déjà trop.

Ainsi lorsqu'elle vit le seigneur des ténèbres s'approcher d'elle, elle dut faire un effort monstrueux pour se composer un visage neutre, sachant qu'elle avait déjà bien assez d'ennuis sans rajouter une crise de colère. Il se planta juste en face d'elle, la regardant en silence, et elle soutint son regard sans ciller.

– Que faisais-tu dans cet escalier ? finit-il par lui demander d'un ton glacial.

– Je ne faisais qu'obéir à vos ordres, maître, répondit-elle avec défi.

En voyant son visage se fermer elle se mordilla la lèvre de nervosité mais ne recula pas.

– Vous m'aviez demandé de vous prévenir immédiatement si je parvenais à effectuer de la magie sans baguette, et votre elfe n'a pas voulu servir de messager.

Voldemort la regarda fixement, sans parvenir à déceler de mensonge dans ses mots. Ainsi elle avait vraiment été capable de maitriser ce qu'il lui avait montré ? Sans aucune autre explication ? Il avait eu raison de ne pas recommencer à l'entrainer en duel, il n'avait guère envie qu'elle progresse suffisamment pour pouvoir un jour lui planter un couteau dans le dos. En tout cas pas tant qu'il n'aurait pas mis la main sur l'amulette de Seth et que celle-ci aurait fini d'agir.

– Vraiment Hermione ? Tu as donc mis tant de temps pour y arriver ? Ceci-dit, j'aurais dû m'attendre à être déçu…

Les yeux d'Hermione lancèrent des éclairs et un sourire narquois étira les lèvres du seigneur des ténèbres.

– Je pense au contraire que vous ne pensiez pas du tout que je puisse réussir. Sinon vous auriez pris soin de poser une alarme sur ma porte, répliqua la jeune fille.

Voldemort se rapprocha encore plus de la jeune fille, son visage à quelques centimètres à peine du sien et ils se fixèrent longuement sans un mot, avant que le seigneur des ténèbres ne se détourne brusquement.

– Puisque tu es maintenant capable de te balader seule dans le château, débarrasse moi de ta présence, fit-il sèchement en désignant la porte. Et je ne te conseille pas de t'éloigner du plus court chemin.

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– Tyler ! fit une voix impérieuse.

Tyler Greengrass leva les yeux des papiers que Lucius venait juste de lui tendre et regarda avec mécontentement Bellatrix pénétrer hâtivement dans son bureau, sa secrétaire lui adressant derrière elle un vague regard d'excuse. Mais déjà Bellatrix avait claqué la porte, isolant les trois mangemorts.

– Ah Lucius, tu es là toi aussi ? Je suis ravie de te voir.

Lucius semblait loin de partager son avis.

– Que veux-tu Bellatrix ? demanda Tyler d'une voix calme.

– Qui est cette « Hermione » ? Qu'est-ce qu'elle fait avec lui ?

La voix de la sorcière charriait des menaces de mort et Tyler se retint de lever les yeux au ciel. Ainsi Bellatrix avait fini par rencontrer Hermione. Et forcement, c'était à lui qu'elle venait poser des questions, puisque le seigneur des ténèbres ne daignait expliquer à personne les raisons le poussant à s'entourer de la jeune fille.

– Je ne sais pas, répondit-il lentement. Nous nous posons tous des questions…

– Tu as sentit son aura non ?

Tyler se contenta de hocher la tête. Il pouvait voir du coin de l'œil que Lucius était aussi très intéressé par la conversation.

– Moi aussi je l'ai sentie. Il y avait une impression de déjà vu, et j'ai compris que ce n'était pas la première fois que je rencontrais cette fille. Pas la première fois du tout ! La première fois elle faisait partie des résistants ayant attaqué mon manoir !

– N'est-ce pas le manoir de ton époux ? commenta Lucius d'une voix trainante.

Bellatrix l'ignora superbement, son regard résolument fixé sur celui de Tyler.

– Je ne savais pas. L'as-tu dit au seigneur des ténèbres ?

– Bien sûr que je lui ai dit ! Mais il n'a rien répondu. Et il m'a empêchée de lui lancer un Doloris. Moi ! Sa plus fidèle mangemorte !

Elle paraissait au comble de la fureur.

– C'est une imposture. Je suis sure que même son aura est fausse. Elle doit se jouer du seigneur des ténèbres !

– Attention Bellatrix, s'il t'entend dire… commença Lucius.

– Tu dis cela parce que tu n'as pas pu sentir son aura Lucius ! Mais ce n'est pas possible ! Elle ne peut avoir une magie plus puissante que celle des Black !

Ah, c'était donc cela, songea Tyler. Bellatrix était jalouse. Il en plaignit presque Hermione Granger. S'il n'avait absolument aucune idée de ce qu'elle faisait actuellement auprès du seigneur des ténèbres, il ne pouvait décemment souhaiter à personne de se retrouver l'objet de la haine de Bellatrix. Elle allait attendre la première occasion pour lui prouver qu'elle n'avait guère d'égal pour torturer ses ennemis.

– Ainsi donc ma chère belle-sœur tu as peur pour ta position ? lança venimeusement Lucius.

Bellatrix sortit vivement sa baguette et la pointa sur Lucius, qui se contenta d'éclater de rire.

– Tu n'oserais pas Bellatrix. Maintenant laisse nous travailler.

Mais loin d'abaisser sa baguette, la sorcière se dirigea en deux enjambées vers l'aristocrate blond, jusqu'à planter sa baguette dans son cou. Lucius maintint son regard hautain, mais Tyler remarqua qu'il avait légèrement perdu de sa superbe.

– Mais bien sûr que je vais oser Lucius. Etre marié à ma sœur ne te donne pas tous les droits.

– Arrêtez immédiatement, intervint Tyler. Lucius, comme tu l'as si bien dit, nous avons effectivement du travail. Et Bellatrix, aucun de nous deux n'a aucune idée des relations entre Hermione et le seigneur des ténèbres, alors vas ennuyer d'autres personnes.

Bellatrix pointa un instant sa baguette sur lui, avant de la ranger avec mauvaise humeur et de sortir de son bureau en faisant magiquement claquer la porte derrière elle.

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Le matin du vendredi 27 août, Harry fut réveillé à l'aube par Minerva McGonagall. Elle lui fit signe de rester discret et de le suivre, et il abandonna à contre cœur la chaleur de son petit lit et les bras de Ginny pour suivre son ancien professeur de métamorphose. Il enfila un léger pull et des chaussettes par-dessus son pyjama et sortit précautionneusement de la chambre.

McGonagall le mena jusqu'au bureau de la petite maison qu'ils occupaient depuis qu'ils avaient été chassés du manoir McGonagall. En pénétrant dedans, il eut la surprise d'y voir Remus Lupin, visiblement épuisé par la nuit de pleine lune qui venait de s'écouler, mais surtout Severus Rogue, et il comprit mieux pourquoi McGonagall était venue le réveiller au petit matin.

Il attendit que cette dernière jette différents sorts de confidentialité avant de prendre la parole.

– Professeur Rogue, nous étions inquiets !

Et il ne mentait pas. Après la débâcle de début août, McGonagall, Remus et lui avaient rapidement angoissé de ne pas avoir de nouvelles de leur espion, et malgré un exemplaire dérobé de la gazette du sorcier qui n'annonçait en rien la mort ou la disgrâce du directeur de Poudlard, ils avaient été inquiets qu'il ne les recontacte pas plus tôt.

– J'étais occupé Potter, répondit Rogue d'une voix froide.

– Que vous est-il arrivé Severus ? demanda McGonagall.

– Rien de grave Minerva. Mais avec votre départ il y a eu beaucoup de travail à Poudlard, et le seigneur des ténèbres était suspicieux envers tout le monde.

McGonagall hocha sèchement la tête.

– Severus, commença Lupin. Savez-vous quelque chose du sort de Fred Weasley, Susan Bones, Padma Patil et Hermione Granger ?

Harry se tourna vers Severus Rogue, n'osant espérer d'avoir de bonnes nouvelles.

– Frédéric, Susan et Padma ont tous trois longuement été torturés par les mangemorts, et le seigneur des ténèbres lui-même.

– Oh non, murmura McGonagall.

– Ils ont tout avoué il me semble, continua Rogue, et le seigneur des ténèbres a ensuite annoncé qu'il s'occuperait personnellement de leur sort. Je ne sais malheureusement pas ce qu'ils sont devenus depuis.

Les trois autres adultes de la pièce échangèrent un regard triste. La présentation de Rogue ne laissait guère d'espoir de revoir les jeunes gens vivants.

– Et Hermione ? demanda Harry.

– Hermione est vivante, répondit Rogue.

Harry eut un soupir de soulagement.

– En es-tu sûr ? demanda Remus, qui aimait lui aussi beaucoup la jeune fille.

– Je l'ai vu il y a trois jours dans le bureau du seigneur des ténèbres, confortablement installée dans un fauteuil à côté de la cheminée, entourée de livres et vêtue plus richement que la plupart des sang-purs, répondit sèchement Rogue.

– Qu'est-ce que vous sous-entendez ? gronda Harry.

– Absolument rien Potter.

Les deux se dévisagèrent en chien de faïence avant que Rogue ne reprenne la parole d'une voix trainante.

– Elle aurait trouvé un nouvel Horcruxe…

– Un nouvel Horcruxe ? fit Remus d'un ton surpris.

– Nagini, le serpent du seigneur des ténèbres.

Les trois autres échangèrent un regard. Ce n'était pas vraiment une bonne nouvelle, le serpent se trouvant habituellement au château de Serpentard.

– Vous avez parlé à Hermione ? releva Harry, son inquiétude pour la jeune femme plus forte que son intérêt pour les Horcruxes.

– Nous n'avons guère pu échanger plus qu'un regard.

– Est-il possible de faire quelque chose pour elle ? demanda Remus.

Rogue secoua la tête. Harry attendit qu'il ajoute quelque chose mais rien ne vint et sa colère monta. Rogue était-il donc tant que cela un salaud insensible ?

– Nous n'allons pas l'abandonner ! fit-il.

– Et comment comptez-vous vous y prendre Potter ? fit sarcastiquement Rogue. Vous allez attaquer le château de Serpentard peut-être ? Et défier en combat singulier le seigneur des ténèbres ?

Harry se renfrogna et lui jeta un regard noir, tout en reconnaissant au fond de lui que Rogue avait raison.

– Le seigneur des ténèbres ne veut visiblement pas tuer miss Granger pour le moment, reprit plus calmement Rogue. Je vais essayer de l'approcher pour lui parler, mais ce ne sera pas facile. Je risque de nous mettre tous les deux en danger si le seigneur des ténèbres soupçonne quoi que ce soit.

– Nous vous faisons confiance pour faire de votre mieux Severus, intervint McGonagall. En attendant nous devons faire tout ce que nous pouvons pour trouver rapidement les Horcruxes restants. La situation actuelle n'est pas vraiment tenable.

– Je sais qu'il s'agissait d'un échec, mais peut-être faudrait-il de nouveau s'intéresser à Barjow et Beurks ? proposa Harry. Des objets de haute valeur sont passés par cette boutique…

Rogue poussa un reniflement méprisant mais ne contredit pas son idée. À moins tout simplement qu'il n'ait plus aucune autre piste à proposer ?

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– Comment puis-je vous aider maître ?

– Penses-tu donc connaître ce château mieux que moi Severus ?

Le visage de son mangemort resta de marbre face à son ton sarcastique, mais Lord Voldemort n'avait aucun doute sur le fait qu'il ait compris son message.

– Je suis à votre service si vous avez besoin maître, fit le mangemort en s'inclinant.

Un instant après il s'était éclipsé et Voldemort se retrouvait seul dans l'immense hall de Poudlard. Même des années après, il s'y sentait toujours aussi bien. Poudlard avait fait de lui un être exceptionnel, sans commune mesure avec les autres sorciers.

Aucun élève idiot n'en peuplait en ce mois-ci les murs, et Voldemort put à son gré apprécier la magie ancestrale du château alors qu'il en parcourait les couloirs. Bientôt il se retrouva au septième étage, dans un lieu qu'il connaissait bien. C'était sa conversation avec Bellatrix qui par associations d'idées lui avait rappelé que tout comme Minerva McGonagall, Albus Dumbledore résidait en fait à Poudlard avant de fuir devant lui. Et quel meilleur lieu pour cacher quelque chose que le château ?

« J'ai besoin de l'endroit où tout est caché… J'ai besoin de l'endroit où tout est caché… J'ai besoin de l'endroit où tout est caché… »

La porte de la salle sur demande apparut devant lui, et Voldemort y pénétra d'un pas assuré. La salle était comme il s'en souvenait. Vaste, désordonnée, encombrée. Avant toute chose il s'enfonça dans l'une des nombreuses allées, tourna à droite puis à gauche. Là, sur une vieille perruque mitée, le diadème de Serdaigle gisait toujours, et Voldemort eu un sourire satisfait. Il avait posé de nombreux enchantements sur les objets autour pour brouiller sa magie, et ils avaient visiblement rempli leur office puisque Dumbledore n'avait même pas été capable de déceler son Horcruxe alors qu'il l'avait laissé juste sous son nez crochu.

Voldemort se détourna et se dirigea vers ce qui semblait être le milieu de la pièce. Il se demanda un instant si le vieux fou s'était rendu compte du potentiel de la salle sur demande, ou s'il avait simplement eu besoin de cacher sa baguette et que cette pièce lui avait par hasard sauvé la mise. Une fois arrivé au centre, il commença à lancer ses sortilèges.

Il n'avait absolument aucune envie de passer l'éternité à fouiller dans le bric-à-brac de la salle. Si comme il le pensait Dumbledore avait caché sa baguette dans l'urgence, il n'avait pas eu le temps de la protéger comme il l'avait lui-même fait pour son Horcruxe. Il lui fallut tout de même une vingtaine de minutes pour réussir à contourner les enchantements hâtifs de Dumbledore, mais enfin il se sentit satisfait.

– Accio baguette de sureau.

Il y eut un sifflement dans l'air, et l'instant d'après Lord Voldemort refermait ses doigts sur la première relique de la mort.

oOoOoOo

AN : Merci d'avoir lu ce chapitre. À la semaine prochaine :)