Bonjour à tous,

Voici un nouveau chapitre, on-time cette fois-ci !

Pensez à laisser une petite review si vous aimez bien ! Cela fait toujours plaisir, et cela me permet de mieux répondre à vos attentes.

Bonne lecture,

Perhentian

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Chapitre 22 – Août 1999

Incroyablement satisfait, Lord Voldemort fit jouer la baguette de sureau entre ses doigts. Il prononça quelques syllabes, et immédiatement, un Feudeymon se déversa en flots compacts de la baguette. D'un seul mouvement de poignet, il se transforma en serpents de feu qui allèrent envahir le ciel de la salle sur demande. Un autre mouvement, et ils s'évaporèrent en une nuée d'étincelles inoffensives.

La magie lui était toujours venue facilement, naturellement. Rares étaient les sortilèges qui lui avaient posé le moindre problème à maitriser. Avant d'aller à l'Université, il n'avait même jamais eu à s'y reprendre à deux fois avant de réussir. Mais la baguette de sureau était visiblement capable d'ajouter encore plus de maitrise à ses propres capacités. Il était maintenant en mesure de diriger un Feudeymon avec autant de facilité qu'un simple Incendio.

Il avait un instant eu peur de ne pas être le vrai maître de la baguette. Apres tout, c'était Bellatrix qui avait au final exécuté Dumbledore. Mais il fallait croire que la baguette reconnaissait qu'il était celui qui avait vaincu le mage en duel, et ce alors même que le vieux fou se battait avec une autre baguette. C'était impressionnant à quel point la baguette de sureau saisissait la première occasion pour changer de propriétaire. Heureusement pour lui, personne n'était en mesure de le désarmer.

Euphorique, Voldemort rangea la baguette de sureau dans l'une des poches de sa robe et sortit de la salle sur demande. Il envisagea un instant de passer voir Severus dans le bureau directorial, pour lui rappeler qu'il attendait de lui rien de moins que le meilleur pour l'année à venir. D'autant plus que McGonagall ne pourrait plus l'assister – l'animagus chat avait beau être d'une fidélité exaspérante à Dumbledore, elle avait toujours rempli le rôle de directrice adjointe avec brio –. Mais il chassa cette idée de son esprit. Il voyait déjà suffisamment souvent le visage sinistre de Severus en temps normal pour se l'imposer ce soir.

Il se rappela avec déplaisir qu'il avait indiqué à Lucius qu'il le retrouverait à la soirée de fin d'été donnée par Richard Parkinson. S'il pouvait encore tolérer Severus ou Lucius, il n'avait absolument aucune envie de voir ses autres mangemorts, et surement pas Richard Parkinson qui était en ce moment une gêne plus qu'autre chose.

Il voulait célébrer cette nouvelle victoire qu'il venait d'obtenir sur Dumbledore, et ce ne serait pas en écoutant les idioties que pouvaient débiter ses mangemorts. La majorité d'entre eux étaient capables de détruire sa bonne humeur en l'espace d'une phrase, et il n'avait guère envie de répondre aux questions des rares qui avaient un minimum d'intellect.

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Harry sursauta vivement lorsque la cheminée du salon s'embrasa et que la tête de Sirius Black apparut en plein milieu. Ginny elle s'était levée d'un bon et pointait déjà sa baguette sur l'âtre, un sortilège sur le bout de la langue.

– Tout doux jolie Ginny, je tiens à garder mon visage intact ! fit Sirius.

Ginny lui lança un regard noir alors qu'Harry s'approchait à grandes enjambées de la cheminée.

– Qu'est-ce que tu fais là Sirius ? C'est incroyablement dangereux d'utiliser la cheminée !

– Bill devrait pouvoir maintenir la liaison quelques minutes. Vous allez bien ? Vous n'êtes que tous les deux ? Quelles sont les nouvelles ?

Son ton semblait effectivement quelque peu précipité.

– Fred, Susan et Padma ont surement été tués. Hermione est vivante. Tous les autres vont bien, répondit Harry sans tourner autour du pot.

Le visage de Sirius se fit brusquement plus sérieux, et il jeta un regard rapide à Ginny dont l'expression s'était faite menaçante à la mention du sort de Fred.

– Bill et moi avons fait pas mal de raffut au Japon dernièrement. Avec un peu de chance cela devrait vous donner quelques jours de répit si vous-savez-qui se concentre dessus.

Du bruit parvint de la cheminée et Sirius se tourna pour parler à quelqu'un, surement Bill.

– La connexion est en train de se rompre, transmettez le message.

– On le fera, fit simplement Ginny. Passe le bonjour à Bill.

– Soyez prudent, fit Sirius avant de disparaitre.

Ginny et Harry échangèrent un faible sourire. Quelques jours c'était exactement ce qu'il leur fallait.

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Hermione fronça les sourcils, et relut une deuxième fois le paragraphe qu'elle avait sous les yeux. Puis elle nota hâtivement ses conclusions et se plongea dans la suite. Depuis la veille elle était animée d'une résolution nouvelle. Savoir que les résistants se battaient toujours au dehors lui faisait regretter d'avoir passé ce qu'elle considérait comme des semaines d'apitoiement sur son propre sort.

Elle se trouvait en plein cœur du château de Serpentard, plus proche de Lord Voldemort qu'aucun de ses autres mangemorts, et elle avait même un moyen de communiquer avec les résistants grâce aux passages occasionnels de Severus Rogue. Elle ne savait pas combien de temps cette situation durerait, mais elle se devait d'en profiter au maximum.

Les conversations de Voldemort avec les mangemorts lui apportaient beaucoup, mais dans la plupart des cas il s'agissait d'informations que Severus Rogue devait déjà posséder. Si elle voulait faire la différence il fallait qu'elle puisse transmettre des informations dont personne n'avait connaissance. Il lui fallait trouver un moyen de savoir lorsque le seigneur des ténèbres était absent, une façon de masquer ses déplacements dans le château, et enfin un subterfuge pour s'introduire discrètement dans le bureau du seigneur des ténèbres.

Et pour éviter qu'il ne se questionne trop sur ses activités, elle avait décidé dans un premier temps d'étudier ce qu'il lui demandait le plus sérieusement et le plus rapidement possible, ce qui n'était somme toute pas difficile puisque dans n'importe quel autre contexte elle aurait été plus que ravie de parcourir tous les livres qu'il avait mis à sa disposition.

Elle était ainsi plongée dans des équations d'arithmancie plus que complexes démontrant la théorie de Schwarzbourg lorsqu'Adely apparut dans un pop sonore. D'un coup d'œil Hermione vérifia l'heure, et constata avec surprise qu'il était déjà l'heure de diner. Elle se tourna vers l'elfe de maison, des remerciements déjà sur le bout de la langue, lorsqu'elle se rendit compte qu'Adely avait les mains vides.

– Que se passe-t-il Adely ?

– Adely est venue annoncer à mademoiselle Hermione que le maître viendra la chercher d'ici une dizaine de minutes, fit l'elfe de maison d'un ton pincé.

– Venir me chercher ?

– Le maître désire que vous mangiez avec lui ce soir.

– Pardon ?

Que ce soit lors de ce mois-ci ou lors de sa précédente captivité, jamais le seigneur des ténèbres n'avait requis sa présence pour diner avec lui. Hermione sentit un frisson d'appréhension parcourir son dos. Qu'est-ce qui pouvait bien pousser le seigneur des ténèbres à changer ses habitudes ? Comptait-il la torturer devant ses convives ? Pourquoi parvenait-il toujours à être imprévisible pour elle ?

– Le maître désire que vous mangiez avec lui ce soir, répéta Adely d'un ton hautain, se méprenant sur le sens de son exclamation.

– Merci de m'avoir prévenue Adely, répondit Hermione pour donner congé à l'elfe de maison.

L'elfe la scruta sous toutes les coutures et secoua sa tête de gauche à droite. Puis sans un mot elle leva ses petites mains et commença à appliquer sa magie sur la coiffure à moitié défaite d'Hermione. Cette dernière la laissa faire, depuis longtemps résignée à ne pas lutter contre ce que les petites créatures avaient décidé de faire.

Entre temps elle finit une phrase qu'elle avait commencée avant l'apparition de l'elfe, classa ses notes d'une main tremblante, et rangea les livres encore ouverts par priorité de lecture. Ses pensées tourbillonnaient à toute allure dans sa tête, échafaudant des explications à cette situation inhabituelle. Aucune n'était particulièrement rassurante.

Elle sentit le seigneur des ténèbres se matérialiser dans le salon avant de le voir. Adely disparut immédiatement, et Hermione se tourna vers Voldemort. Elle s'agenouilla avec appréhension, son cœur serré dans sa poitrine. Elle avait eu le temps d'apercevoir un sourire satisfait sur son visage, mais même sans cela la façon dont sa magie crépitait autour de lui lui aurait confirmé que Lord Voldemort était visiblement plus que satisfait. Et ce n'était surement pas une bonne nouvelle.

– Bonsoir Hermione, fit le seigneur des ténèbres.

Même son ton était révélateur de sa bonne humeur et Hermione sentit son cœur rater un battement. Est-ce qu'il avait trouvé les résistants ? Est-ce qu'il avait eu Harry ? Est-ce que le monde entier était finalement tombé sous sa domination, ou au moins le Japon et la Chine dont il parlait régulièrement avec ses mangemorts ?

– Bonsoir maître, répondit Hermione d'une voix faussement détachée.

– Relève-toi.

Hermione se releva et croisa son regard. Elle accrocha un instant ses yeux rouges. Elle était sure de ne jamais les avoir vu aussi victorieux et la boule d'angoisse qui l'étreignait gagna en puissance. Il lui fit signe d'approcher, et lorsqu'elle fut suffisamment proche, il lui tendit son bras. Elle le regarda suspicieusement, ce qui ne fit qu'agrandir son sourire. Il avait l'air aussi heureux qu'un enfant un matin de noël et c'était une comparaison plus que perturbante.

– Tu ne voudrais pas me faire attendre Hermione, fit-il d'un ton sarcastique en voyant qu'elle ne bougeait pas.

Prudemment, Hermione se rapprocha encore et saisit son bras. Son parfum raffiné l'entoura alors qu'il la menait vers la porte et elle se crispa encore plus.

– Qui avez-vous tué maître ? demanda-t-elle à brûle-pourpoint dès qu'ils furent dans le couloir.

Le seigneur des ténèbres éclata de rire et Hermione eut soudainement envie d'écraser son poing sur son visage parfait, histoire de lui faire passer l'envie d'être d'aussi bonne humeur alors qu'elle ne souhaitant rien plus que sa destitution.

– Personne malheureusement, répondit-il d'un ton faussement triste. Mais ce serait surement une bonne façon de terminer cette soirée…

Hermione se retint de répliquer et ils marchèrent quelques secondes en silence avant que le seigneur des ténèbres ne reprenne la parole.

– Es-tu arrivée à la théorie de Serpentard concernant les travaux d'Herpo l'Infâme?

Hermione lui jeta un regard dubitatif devant le changement de sujet.

– Promis Hermione, ma bonne humeur n'a rien à voir avec une quelconque capture de résistants. Maintenant réponds à ma question.

Son ton s'était fait plus froid.

– J'ai tout juste commencé à y toucher ce matin maître, mais j'ai dû refaire une passe sur les runes grecques pour pouvoir comprendre les hypothèses d'Herpo.

– C'est effectivement indispensable.

Les quelques minutes que durèrent le trajet, ils parlèrent de Salazard Serpentard, d'Herpo l'Infâme et de théories runiques, et Hermione se détendit inconsciemment. La vision du seigneur des ténèbres sur les travaux de son ancêtre était à la fois originale et ambitieuse, même si la moralité de certains points était hautement discutable.

Hermione était justement engagée dans une critique de l'une des méthodes de Salazar Serpentard lorsque le seigneur des ténèbres l'entraina dans une pièce sur sa gauche. De nouveau sur le qui-vive, elle fut rassurée de ne voir aucun mangemort dans le petit salon chaleureux dans lequel ils venaient de rentrer. Deux fauteuils devant la cheminée entouraient une petite table basse, et le couvert était dressé pour deux personnes sur une table de l'autre côté de la pièce. Une immense baie vitrée laissait voir le parc qui entourait le château, encore baigné par le soleil.

Voldemort l'invita à s'asseoir dans l'un des fauteuils, et Hermione s'y installa prudemment, toujours incertaine quant à ses attentes. Ils s'étaient à peine assis qu'un seau de glace apparut sur la table basse, ainsi que deux coupes de champagne. Hermione jeta un œil à la bouteille dans la glace, et ne fut qu'à moitié surprise de constater qu'elle connaissait le nom sur la bouteille pour être l'un des plus chers champagnes au monde.

Le seigneur des ténèbres fit un simple geste de sa main et leurs verres se remplirent avant même qu'Hermione n'ait pu protester. D'un geste élégant, Voldemort lui tendit une coupe.

– Je préférerais ne pas boire maître, fit prudemment Hermione.

Cela ne lui semblait pas du tout une bonne idée de boire de l'alcool en présence du seigneur des ténèbres.

– Prends-là, ordonna Voldemort d'une voix menaçante.

Hermione se tendit. Malgré l'apparence bénigne de la conversation, le seigneur des ténèbres semblait souffrir aussi peu la contradiction qu'en temps normal. Elle prit la coupe dans ses mains tout en maudissant la bipolarité de Voldemort.

– Trinquons à cette belle journée, veux-tu ? fit le seigneur des ténèbres d'un ton enjoué.

Voldemort regarda Hermione trinquer prudemment son verre contre le sien et sourit d'un air satisfait. Il savait qu'elle était en train de spéculer sur ce qui pouvait bien justifier sa bonne humeur, et il se demandait comment elle réagirait si elle savait qu'il venait de mettre la main sur la plus puissante baguette du monde magique. Hum, elle ne serait surement pas trop encline à partager sa joie, et cette simple pensée le mit d'encore meilleure humeur.

Il porta son verre à ses lèvres et Hermione suivit son mouvement. Il la regarda avec amusement se déplacer légèrement sur le fauteuil. Son malaise était tout à fait perceptible. Au moins avec elle il pouvait sans risque afficher sa bonne humeur. Ce n'était pas comme si elle pouvait en parler à qui que ce soit…

– Bois Hermione. Il ne faudrait pas gâcher un si bon champagne n'est-ce pas ? Après tout, ni tes parents, ni les résistants n'auraient rien pu t'offrir de tel…

Hermione se raidit face à lui et lui lança un regard noir, sans répondre. Il but lui-même une gorgée avant de reprendre sur un ton badin.

– Je suppose que Weasley et Potter ne savent même pas différencier un champagne d'un vin blanc.

– Au moins ils savent différencier une personne vivante d'un meuble faisant simplement partie du paysage eux, répliqua Hermione.

De nouveau Voldemort éclata de rire.

– As-tu déjà voyagé à l'étranger Hermione ? demanda le seigneur des ténèbres.

De nouveau surprise par le brusque changement de sujet Hermione mit quelques secondes à rassembler ses pensées.

– J'ai passé plusieurs étés dans le sud France maître, répondit-elle finalement.

– Aimerais-tu voyager parmi les autres communautés magiques ?

– Oui, j'aimerais beaucoup maître, répondit Hermione.

En son for intérieur elle pensait que voyager en dehors des murs de ce château serait déjà une expérience fort agréable.

– Qu'est ce qui te tenterait ? continua le seigneur des ténèbres.

– Eh bien, comme contrairement à l'Europe qui est spécialisée dans les sortilèges, l'Asie centrale utilise énormément les runes et l'Asie de l'est se focalise plutôt sur les artefacts magiques, je dirai au moins le Japon et l'Ouzbékistan. Mais Singapour et le Chili doivent aussi être très intéressants.

– Laisse tomber le Chili.

– Pourquoi ?

– Trop porté sur l'esbroufe. Aucune vraie connaissance magique, répondit le seigneur des ténèbres avec condescendance. Et tu devrais au minimum rajouter la Chine, la Birmanie, l'Éthiopie et la Russie sur ta liste.

– Il y a une communauté magique en Birmanie maître ? s'étonna Hermione.

Elle n'en avait jamais entendue parler.

– Quelques moines dans des monastères. Mais ils ont une vision intéressante de la magie. Ils n'utilisent que des runes locales, la plupart vieilles de plusieurs milliers d'années.

– Quelles différences avec les runes qui sont utilisées en Europe ?

Le seigneur des ténèbres commença à en exposer les propriétés, et rapidement ils rentrèrent dans un débat sur les avantages et inconvénients des deux méthodes. Quelque part au milieu du débat ils étaient passés à table, et le seigneur de ténèbres lui avait fait boire bien plus de vin que ce qu'elle jugeait prudent avec la présente compagnie.

Cela faisait déjà longtemps qu'ils avaient dévié du sujet des runes birmanes lorsque Voldemort fit une remarque qui hérissa Hermione.

– Vous ne pouvez pas tout simplement statuer que la théorie de Morgana le Fay est correcte ! s'exclama-t-elle. Elle n'a jamais été prouvée !

– Ne soit pas stupide Hermione, évidement qu'elle est correcte, répondit-il d'un ton méprisant.

Il ne semblait heureusement pas lui tenir rigueur de son coup d'éclat, mais Hermione était trop plongée dans la discussion pour se retenir.

– Mais si elle est correcte, alors les équations de Zoltan ne peuvent pas fonctionner. Or, celles-ci fonctionnent parfaitement !

– Les équations de Zoltan n'ont aucun lien avec Morgana.

– Bien sûr qu'elles ont un lien. La troisième hypothèse de Zoltan découle des runes de Mohr, qui découlent de Morgana.

Voldemort resta figé un instant, et Hermione ne put retenir un sourire victorieux.

– Ah ! fit-elle d'un ton triomphant.

Mais le seigneur des ténèbres l'ignora et fit apparaitre devant lui un épais grimoire. Hermione eut à peine le temps d'en voir la couverture – c'était un livre sur les runes de Mohr – que le seigneur des ténèbres se plongeait dedans. Quelques instants après, il relevait la tête avec un sourire suffisant.

Hermione s'apprêta à argumenter, mais l'apparition de la baguette blanche dans la main droite du seigneur des ténèbres doucha son enthousiasme et elle se rappelle subitement avec qui elle se trouvait. Elle se crispa d'anticipation, mais le seigneur des ténèbres se contenta de faire apparaitre sa propre baguette en bois de vigne juste devant elle.

– Je t'en prie Hermione, tu sais lancer une barrière anti-transplanage non ?

Hermione saisit sa baguette entre ses mains, et soupesa la possibilité de tenter quelque chose, mais la baguette d'if du seigneur des ténèbres était pointée droit sur elle et elle se contenta de faire ce qu'il lui demandait. Un instant après, sa baguette se retrouvait de nouveau dans les mains du seigneur des ténèbres, qui rangea les deux baguettes dans sa poche.

Un instant après, il transplanait au travers de sa barrière sans la perturber le moins du monde. Hermione resta bouche bée devant le résultat, jusqu'à ce qu'il apparaisse de nouveau sans un bruit, et qu'il fasse disparaitre sa barrière avec un autre sortilège.

– Mais c'est impossible ! fit Hermione.

Voldemort la regarda d'un air moqueur.

– La théorie de Morgana le Fay ne peut pas être vraie, fit-elle d'un ton buté. Il est impossible de changer la polarité magique de quoi que ce soit, et encore moins de sa propre aura !

– Bien sûr que si. Et pour ton information, les runes de Mohr fonctionnent même en prenant en compte cette théorie, c'est une erreur de penser qu'elles découlent de la stabilité de la polarité magique.

– Mais…

– Viens voir.

Dubitative, Hermione se leva et le seigneur des ténèbres lui montra un paragraphe dans le livre qu'il avait consulté plus tôt. Elle se pencha pour lire, leurs épaules se touchant presque, et attendit avec impatience qu'il lui explique.

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Epuisée, Hermione regardait distraitement le parc du château, maintenant légèrement illuminé par la lune. Cela faisait une demi-heure qu'ils avaient terminé de débattre les hypothèses sur lesquelles reposaient les runes de Mohr, et ils étaient de retour dans les fauteuils près de l'âtre. Le seigneur des ténèbres lui avait servi un verre de cognac, mais elle avait refusé d'y toucher et pour une fois il n'avait pas insisté.

Le silence entre eux était étrangement confortable, et Hermione laissait ses pensées se perdre sur toutes les nouvelles possibilités magiques qu'elle avait découvertes ce soir. Elle sursauta lorsque le seigneur des ténèbres se leva, et elle se rendit alors compte qu'elle devait s'être à moitié assoupie, à moins d'un mètre de Lord Voldemort.

Elle se releva alors qu'il s'approchait d'elle, et de nouveau il lui tendit galamment le bras. Ils avancèrent silencieusement dans les couloirs, et Hermione se surprit à regretter que la soirée soit terminée. Ils passèrent juste à côté du bureau du seigneur des ténèbres, et Hermione s'étonna de voir Lucius Malefoy attendre devant, son visage aristocratique légèrement contrarié.

– Maître, s'inclina celui-ci en les voyant arriver.

– Lucius, répondit le seigneur des ténèbres. Tu voulais me voir peut-être ?

Il y avait un soupçon d'ironie dans le ton du seigneur des ténèbres et Hermione comprit qu'il savait pertinemment que Lucius Malefoy était en train de faire le pied de grue devant son bureau. Elle ne put empêcher un sourire de jouer sur ses lèvres à cette pensée.

– Je croyais que vous viendriez à la soirée organisée chez les Parkinson maître, fit finalement Lucius Malefoy.

– J'ai préféré diner avec une compagnie plus agréable, répondit Voldemort d'un ton dédaigneux.

Lucius Malefoy lança un rapide regard calculateur à Hermione, toujours autant amusée de le voir en difficulté, avant de reprendre.

– Je souhaitais vous parler du Japon maître.

– Que s'y passe-t-il ? demanda sèchement Voldemort.

– Votre contact là-bas s'est fait emprisonner pour abus de pouvoir aujourd'hui, et les négociations sont par conséquence au point mort.

La magie de Voldemort trembla de colère contenue et Hermione vit le masque impassible de Lucius Malefoy se fissurer.

– Hermione, fit Voldemort. Tu sauras retrouver ton chemin je suppose ?

– Bien sur maître.

Elle s'inclina légèrement et s'éloigna des deux hommes, souhaitant mettre le plus de distance possible entre eux avant que le seigneur des ténèbres ne soit trop irrité par les nouvelles de Lucius Malefoy. Elle refit rapidement le chemin pour revenir devant sa chambre, et hésita un instant. Depuis qu'elle était capable de faire de la magie sans baguette, la porte de son appartement la laisser entrer, mais ne la laissait plus sortir, le seigneur des ténèbres ayant mis des sortilèges de fermeture bien plus complexes qu'un Collaporta.

Etait-ce le moment de tenter de trouver l'endroit où étaient retenus Fred Susan et Padma, pour essayer de les aider à s'enfuir ? Mais elle n'était même pas certaine de pouvoir ouvrir la porte de l'endroit où ils étaient retenus. Quant à réussir à sortir du château dans se faire repérer, c'était quasiment impossible. D'un autre côté elle ne savait pas si elle aurait une autre possibilité.

Elle était encore dans le couloir, hésitant sur la meilleure démarche à suivre, lorsqu'elle sentit la magie du seigneur des ténèbres. Elle se retourna lorsqu'il apparut, essayant d'avoir l'air innocente. Sa bonne humeur de la soirée semblait l'avoir déserté et Hermione ne put s'empêcher d'afficher sa satisfaction.

– Des problèmes pour rentrer chez toi Hermione ? demanda Voldemort d'une voix froide.

– Non maître, répondit Hermione en baissant rapidement les yeux, essentiellement pour tenter de dissimuler sa satisfaction.

Elle ne pensait pas qu'il en aurait fini aussi rapidement avec Lucius Malefoy. Heureusement qu'elle n'avait pas tenté de faire quoi ce soit de stupide se dit-elle. Elle n'avait vraiment pas besoin de voir le seigneur des ténèbres tuer l'un de ses amis. Elle sentit sa main sur son menton et il lui releva la tête. Elle rencontra son regard carmin et le fixa sans ciller.

– Ne joue pas trop avec le feu Hermione, fit le seigneur des ténèbres d'une voix trop douce. Ce n'est pas seulement tes ailes que tu brulerais.

Il recula d'un pas, la fixant intensément, et Hermione se dépêcha de rentrer dans sa chambre.

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Le lendemain, la situation était revenue à la normale, et l'humeur du seigneur des ténèbres était orageuse, comme si la soirée si détendue de la veille n'avait jamais eu lieu. Lord Voldemort et Hermione travaillaient silencieusement depuis deux heures dans le bureau du seigneur des ténèbres lorsque le serpent gardant la porte s'agita.

Voldemort répondit d'un sifflement court et la porte s'ouvrit, laissant passer deux mangemorts escortant un homme qui tremblait des pieds à la tête. Hermione ne manqua pas l'expression de dédain qui passa sur le visage du seigneur des ténèbres lorsque l'homme s'agenouilla en tremblant.

– Crabbe, Goyle, dehors, fit sèchement Voldemort.

Ainsi il s'agissait des pères de Vincent et Gregory ? Hermione les regarda avec curiosité et trouva effectivement un certain air de ressemblance. Les deux mangemorts s'inclinèrent servilement et sortirent en vitesse, laissant l'homme tremblotant seul face au seigneur des ténèbres.

– Qu'as-tu trouvé ? demanda sèchement Voldemort.

Hermione fit semblant de s'intéresser de nouveau à sa lecture tout en tendant l'oreille.

– My… my Lord, commença l'homme. J'ai… j'ai trouvé un… un ouvrage mentionnant l'amulette de Seth dont vous m'aviez parlé la… la dernière fois.

L'amulette de Seth ? Qu'est-ce que cela pouvait bien être ? se demanda Hermione. Le seigneur des ténèbres passait globalement son temps à chercher d'anciens écrits ou d'anciens artefacts magiques qui le plus souvent étaient considérés comme des légendes, mais elle n'avait jamais entendu parlé de celui-ci.

Elle regarda du coin de l'œil l'homme trembler devant le seigneur des ténèbres et eut de la peine pour lui. Elle sentait déjà l'exaspération de Voldemort monter devant son comportement.

– Quel ouvrage ? demanda froidement le seigneur des ténèbres.

Les mains d'Hermione se crispèrent sur le livre entre ses mains. Le Doloris n'était vraiment pas très loin, et elle n'avait guère envie de voir le pauvre homme se faire torturer.

– Il s'agit d'un… d'un registre de chez… chez Barjow et Beurks, tenu par un obs… abscur assistant my Lord, fit l'homme.

– Son nom ?

– Tom Riddle my Lord.

Hermione releva brusquement la tête de surprise et regarda l'homme avec effroi. Il n'avait visiblement aucune idée de qui était Tom Riddle. Cela ne sentait pas bon, pas bon du tout.

– Un obscur assistant ? releva d'ailleurs d'une voix glaciale Voldemort.

– Euh… oui… heu, balbutia l'homme qui avait bien sentit la menace dans le ton du seigneur des ténèbres. Un… un sang-mêlé.

La température de la pièce diminua brusquement, et Hermione sentit la magie du seigneur des ténèbres rendre l'atmosphère de plus en plus oppressante. L'homme recula d'ailleurs de quelques pas. Voldemort se leva et contourna à pas lents son bureau, alors que l'homme reculait en poussant des cris et des supplications terrifiées. Discrètement, Hermione commença à se concentrer sur sa magie.

– Endoloris, finit par lancer le seigneur des ténèbres.

Il maintint son sortilège quelques instants, et Hermione se força à rester concentrée.

– Il se trouve que je connais déjà cet ouvrage, fit lentement Voldemort.

Hermione dut retenir une exclamation. Quel bel euphémisme pour dire qu'il l'avait lui-même écrit, certes il y avait cela de nombreuses années, mais tout de même.

– Mon seigneur, je suis désolé, je vous en prie, supplia l'homme en se prosternant à ses pieds.

– Tu ne m'es visiblement pas très utile comme libraire…

Le seigneur des ténèbres leva de nouveau sa baguette, et Hermione se concentra au maximum sur le pauvre homme terrifié devant lui.

– Avada Kedavra.

– Expulso !

Le sortilège sans baguette d'Hermione toucha l'homme juste à temps et l'Avada Kedavra du seigneur des ténèbres s'écrasa sur le mur. Un silence de plomb s'abattit sur la pièce alors que Voldemort se retournait vers Hermione. Celle-ci recula d'un pas devant son regard meurtrier et instinctivement ses yeux cherchèrent une porte de sortie, en vain.

– Peux-tu m'expliquer ce que tu croyais faire Hermione ? demanda le seigneur des ténèbres d'une voix menaçante.

– Vous ne pouvez pas simplement le tuer parce que vous n'aimez pas ce qu'il vous dit ! fit Hermione dans un élan de courage.

En une fraction de seconde, le seigneur des ténèbres avait lancé un nouvel Avada Kedavra.

– Non ! fit Hermione en se jetant en avant.

Mais déjà le corps sans vie du libraire s'effondrait sur le sol et Hermione s'arrêta brutalement, ne pouvant détacher son regard du cadavre à quelques mètres d'elle. Elle ne parvenait pas à croire que la vie d'un homme venait de s'achever aussi abruptement juste devant elle.

– Oups, fit le seigneur des ténèbres avec une légèreté qui choqua Hermione. Il faut croire que si.

Il avait un sourire ironique sur ses lèvres et Hermione le fixa sans ne rien trouver à répondre devant son indifférence. Le seigneur des ténèbres s'approcha d'elle sans qu'elle ne bouge, et il s'agaça devant son manque de réaction.

– Oublie-le Hermione. Les idiots ne méritent pas de vivre.

Sur ces paroles il se détourna, comme si l'incident était clôt, et retourna s'assoir à son bureau.

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AN : Merci d'avoir lu ce chapitre. À la semaine prochaine :)