Bonjour à tous,

Voici un nouveau chapitre !

Merci beaucoup pour toutes vos reviews, c'était un bonheur de les lire. J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira :)

Bonne lecture,

Perhentian

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Chapitre 23 – Août 1999

Voldemort lança un regard agacé à Hermione. Assise sur le canapé près de la cheminée elle étudiait dans le plus grand silence. Elle ne lui avait pas spontanément adressé la parole depuis deux jours, depuis qu'il avait tué le libraire idiot en fait. Il avait même fait exprès de lui glisser entre les mains un livre bien trop complexe ce matin, mais elle continuait obstinément de l'ignorer.

Il détestait lorsqu'elle interrompait son travail avec ses incessantes questions. Mais cela l'irritait encore plus qu'elle se permette de l'ignorer. Qu'est-ce qu'elle croyait ? Ce n'était surement pas en ayant eu pitié des incapables qu'il était devenu un dirigeant aussi puissant. Elle aurait plutôt dû lui être reconnaissante d'avoir été suffisamment patient pour permettre au libraire de vivre aussi longtemps alors qu'il était aussi inutile.

Il vit Hermione froncer les sourcils sous le coup de la concentration et il eut fortement envie de lui lancer un sortilège particulièrement déplaisant. Il était absolument certain qu'elle ne comprenait pas la moitié de ce qu'elle lisait. Après tout, le livre était à moitié en latin, à moitié en araméen, et s'il pouvait lui accorder le bénéfice du doute concernant la compréhension du latin, il n'y avait absolument aucune chance qu'elle puisse lire l'araméen. Et elle était incapable de lancer un sortilège de traduction sans baguette.

Si un Doloris ne mettrait surement pas Hermione dans de meilleures dispositions, au moins cela le détendrait lui. Un instant après sa baguette se trouvait dans sa main, et il la pointait déjà sur Hermione lorsqu'il trouva ce qui ferait à coup sûr sortir la sang-de-bourbe de son mutisme.

– Hermione, appela-t-il sèchement.

Hermione se retourna vivement vers le seigneur des ténèbres. Elle avait senti son regard sur elle depuis plusieurs minutes, et elle ne fut pas surprise de voir qu'il était irrité, sa baguette jouant dans sa main.

– Oui maître ? fit-elle de sa voix la plus neutre possible.

Elle savait que son comportement déplaisait au seigneur des ténèbres depuis deux jours, mais cela ne faisait que renforcer sa détermination. Si cela l'amusait de lui donner des livres qu'elle ne pouvait guère lire, tant mieux pour lui. Elle en avait profité pour tenter de se souvenir de tout ce qu'elle savait sur la théorie de Morgana le Fay. Si le seigneur des ténèbres était capable de passer au travers de ses sortilèges sans même les perturber, elle devait être capable d'en faire autant. Mais la complexité de la théorie de Morgana était telle que tous les sorciers la pensait fausse. Il s'agissait de magie bien au-dessus de son niveau et elle en avait parfaitement conscience.

– Viens ici, ordonna Voldemort.

Hermione se retint de répliquer qu'elle n'était pas son chien. Après le meurtre auquel elle avait assisté, elle n'avait guère de doutes sur le fait que Voldemort finirait par tuer Fred, Susan et Padma au bout d'un moment, mais ce n'était pas non plus une raison pour l'énerver plus que de mesure. Elle reposa l'obscur livre devant elle et se dirigea rapidement vers lui. Serait-ce le Doloris ? Ou alors le seigneur des ténèbres allait-il se montrer plus créatif comme il pouvait parfois l'être lorsqu'il tenait vraiment à faire sentir son mécontentement ? À moins qu'il ait finalement décidé de la tuer ?

Hermione se força à garder un visage impassible, reflétant celui du seigneur des ténèbres. Cependant la tension qui régnait entre eux se ressentait jusque dans leurs deux magies qui s'entrechoquaient violement autour d'eux. Mais au lieu de lever sa baguette vers elle, Voldemort lui fit simplement signe de le suivre.

Il se dirigea vers l'arrière de son bureau, là où il avait mené ses expériences pour essayer de faire tomber sa barrière magique, il y avait ce qui lui semblait une éternité de cela. Est-ce qu'il souhaitait éviter que son sang ne souille son précieux tapis lorsqu'il la torturerait ? Il s'arrêta juste à côté du mur et attendit qu'elle le rejoigne, avant de siffler quelques mots en fourchelangue. Immédiatement une arche apparut dans le mur.

L'intérieur en était sombre, et il était impossible de distinguer ce qui se trouvait de l'autre côté – s'il y avait réellement un autre côté.

– Les dames d'abord, dit le seigneur des ténèbres d'un ton ironique tout en lui faisant signe de passer devant.

Hermione sentit ses épaules se crisper, mais elle ne manifesta d'aucune autre façon son appréhension avant de se s'engouffrer dans le passage. Elle s'arrêta net juste après avoir passé la barrière. Devant elle s'étalait une bibliothèque grandiose, remplie d'ouvrages divers et variés du sol au plafond. Elle sentait à la fois les vieux livres et le parchemin frais, et Hermione se surprit à humer avec contentement l'odeur.

Voyant le seigneur des ténèbres apparaître juste à côté d'elle, elle se força à reprendre un visage impassible, mais son regard moqueur lui prouva qu'elle n'avait pas été assez rapide.

– Tu aimes beaucoup trop les livres Hermione, commenta celui-ci.

– Ce n'est pas moi qui ai réuni tous ceux-ci ici, répliqua Hermione.

Puis elle se rappela qu'elle avait décidé de ne plus adresser la parole au seigneur des ténèbres si elle n'y étais pas obligée, et elle se renfrogna. Il lui jeta de nouveau un regard moqueur, comme s'il savait exactement ce qu'elle avait pensé, et cela l'irrita encore plus. Il commença à avancer calmement parmi les allées et elle le suivit, observant les livres autour d'elle.

La bibliothèque était gigantesque et Hermione ne pouvait s'empêcher d'être émerveillée devant toutes les connaissances qui y étaient emmagasinées. Elle avait déjà trouvé impressionnantes les multiples étagères dans le bureau du seigneur des ténèbres, mais ce qu'elle avait devant les yeux était sans commune mesure.

N'y tenant plus, elle bifurqua dans une allée sur sa gauche et essaya de déchiffrer les étiquettes qui se trouvaient sur une série de rouleaux de papyrus. Malheureusement les étiquettes elles-mêmes étaient écrites en grec ancien, et si elle avait quelques notions de latin ce n'était pas le cas du grec.

– Il s'agit de la version originale en hiéroglyphes de la méthodologie de Ptolémée.

– Le livre que vous m'aviez prêté en est une retranscription ?

– La seule qui existe. Une retranscription par Helga Poufsouffle, qui a été précieusement conservée avec l'original par sa descendance.

Hermione tendit sa main et effleura précautionneusement les papyrus. Des papyrus vieux de deux millénaires, en parfait état, comme s'ils avaient été écrits la veille. Elle ne demanda pas comment le seigneur des ténèbres avait mis la main sur ces documents, elle était à peu près certaine de déjà connaître la réponse.

Un chuintement se fit entendre, d'abord doucement, puis de plus en plus fort, et l'instant d'après Nagini émergeait de derrière une étagère. Hermione ignora le serpent – l'Horcruxe ! – de Voldemort et reporta son regard sur tous les autres papyrus qui s'empilaient dans cette partie de la bibliothèque.

– Tu ne pourras pas les déchiffrer tant que tu ne maitriseras pas parfaitement les sortilèges de traduction les plus complexes, fit Voldemort et pour une fois sa voix ne portait aucune trace de mépris. La plupart sont protégés par de nombreux enchantements qui rendent leur traduction malaisée.

– J'imagine, répondit pensivement Hermione, les yeux toujours perdus sur les étagères devant elle.

– Ne reste pas trop longtemps. La sortie au bout de ces allées donne sur le même couloir que mon bureau.

Sur ces mots le seigneur des ténèbres tourna les talons et rebroussa chemin, laissant Hermione en compagnie des livres et de Nagini. Complètement fascinée Hermione déambula dans la bibliothèque, lançant de temps en temps des regards calculateurs au serpent sur ses talons. Il n'y avait aucune chance qu'elle parvienne à lancer un Feudeymon sur Nagini sans sa baguette. Et même si elle le pouvait, il était hors de question de faire cela dans cette bibliothèque.

Lorsqu'elle eut fait deux fois le tour de la bibliothèque, elle décida avec un soupir de tristesse qu'il était temps pour elle de retourner au bureau du seigneur des ténèbres.

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Drago Malefoy était particulièrement satisfait de lui cet après-midi. Le seigneur des ténèbres l'avait fait convoquer vers la fin de la journée pour lui confier une mission d'importance. Il allait rejoindre son père, déjà au Japon depuis deux jours, pour séduire l'héritière japonaise, et ainsi jeter l'opprobre sur cette famille qui s'opposait farouchement au seigneur des ténèbres.

Il était plus que fier que le seigneur des ténèbres l'ait fait mander. Cela lui prouvait une fois de plus que la famille Malefoy était de loin supérieure à toutes les autres, et il se voyait déjà raconter à qui voudrait bien l'entendre qu'il s'était entretenu de vive voix avec le seigneur des ténèbres, et qu'il avait réussi avec brio ce que celui-ci lui demandait.

Il venait à peine de sortir du bureau du seigneur des ténèbres lorsqu'une jeune fille apparut à l'autre bout du couloir. C'était une jeune fille de son âge, élégamment habillée, comme toutes les sang-pures qu'il côtoyait tous les jours. Mais il était absolument certain de ne jamais l'avoir croisée auparavant, alors qu'il connaissait toutes les familles d'Europe – la plupart cherchant d'ailleurs activement à établir un contrat de mariage avec lui pour peu qu'une de leur fille ait vite faite le bon âge.

Elle se dirigeait avec assurance dans sa direction, surement pour aller voir le seigneur des ténèbres, et Drago se délecta par avance de la déception qu'il allait lui causer, montrant par là sa place de privilégié.

– Mademoiselle, le seigneur des ténèbres a indiqué qu'il ne voulait pas être dérangé, fit-il d'un ton supérieur.

La jeune fille se tourna vers lui avec un air surpris et il lui adressa un sourire suffisant. Il se demanda de quelle partie de l'Alliance magique elle pouvait bien venir. Et combien de temps elle resterait en Angleterre – après tout elle était relativement jolie.

– Le seigneur des ténèbres m'attend, répondit-elle simplement.

Elle parlait un anglais parfait et cela perturba légèrement Drago.

– Ce n'est plus le cas, il ne souhaite plus être dérangé.

Hermione regarda Drago Malefoy – car cela ne pouvait que lui – avec exaspération. Le jeune homme blond était la copie conforme de son père, jusque dans le maniérisme. Et l'air arrogant qu'il avait sur le visage était identique à celui de Lucius, si ce n'est que le sien faisait plus enfant gâté qu'autre chose.

– Je m'excuse monsieur, mais je vous assure que le seigneur des ténèbres m'attend, répondit-elle avec un brin d'ironie.

Elle fit un pas en avant mais il la retint par le bras. Elle regarda avec dédain la main sur son bras puis Drago Malefoy. C'était l'un de ces fils de mangemorts qui avaient pourri la scolarité d'Harry, Ron, Ginny et bien d'autres et elle n'avait besoin que d'un prétexte pour lui mettre son poing dans la figure. Oh, le bruit qui en résulterait serait hautement satisfaisant !

– Vous semblez nouvelle ici, fit Drago Malefoy sans se démonter devant son regard noir. Venez avec moi, je devrais pouvoir trouver quelques minutes de mon temps pour vous informer des us et coutumes du château de Serpentard, et des faux pas à éviter.

Hermione ravala une remarque acerbe et dégagea vivement son bras de la prise de Drago Malefoy.

– Je vous remercie mais ce ne sera pas la peine, répondit-elle de son ton le plus froid.

Drago Malefoy la regarda avec une pointe de suspicion et elle lui renvoya un regard assuré.

– Je ne peux pas vous laissez passer, fit-il.

– Je suis attendue, répliqua-t-elle.

– Il ne souhaite pas être dérangé.

– Cela ne s'applique pas à moi.

– Et pourquoi donc ? Vous venez tenir compagnie au seigneur des ténèbres ce soir ?

L'insinuation était claire et Hermione aurait répondu vertement si Voldemort n'avait pas choisi ce moment pour sortir de son bureau, un air ennuyé sur le visage.

– Maître, fit immédiatement Hermione avec un bref hochement de tête.

Drago Malefoy se retourna d'un bon et s'inclina profondément devant le seigneur des ténèbres.

– La tâche que je viens de te confier est-elle donc si peu importante pour toi que tu sois toujours en train de trainer dans les couloirs de mon château ? lui fit Voldemort d'un ton glacial.

– Non maître, je…

– Alors que fais-tu encore ici ?

Le jeune homme blond trembla légèrement et se dépêcha de s'éclipser. Hermione ne put s'empêcher de regarder le seigneur des ténèbres avec irritation lorsqu'elle passa devant lui pour rentrer dans son bureau.

– Entre Bellatrix et Drago, tu as décidément toujours un timing merveilleux Hermione, fit le seigneur des ténèbres.

Hermione se contenta de lui lancer un regard noir.

– Drago semble t'avoir mise de merveilleuse humeur, commenta celui-ci d'un ton égal.

– Effectivement, répondit sèchement Hermione.

Pour qui il se prenait, ce fils de riche qui se croyait supérieur parce qu'il était né avec une cuillère en or dans la bouche et un sang soit disant pur ?

– Hermione.

La voix était froide, dangereuse, et Hermione se tourna vers le seigneur des ténèbres. Son air fermé lui rappela subitement avec qui elle se trouvait et elle tenta de reprendre le contrôle de sa colère.

– Excusez-moi maître, Drago Malefoy ne voulait pas me laisser passer et cela m'a contrariée.

Le visage du seigneur des ténèbres se fit moins froid et il s'approcha d'elle, l'ombre d'un sourire jouant sur ses lèvres.

– Tu es donc contrariée parce que Drago ne voulait pas te laisser passer ? N'est-ce pas plutôt à cause de ses insinuations ?

Voldemort vit Hermione tressaillir et il sut qu'il avait visé juste.

– Vraiment Hermione ? Et pourquoi cela te touche-t-il autant ? Serait-ce parce qu'une part de toi en aurait envie ? fit-il en se rapprochant d'elle.

– Vous êtes malade ! répondit-elle avec indignation.

Elle n'avait absolument aucune envie de tenir compagnie au seigneur des ténèbres, et qu'il fasse ces insinuations était encore pire que de les entendre de la part de Drago Malefoy.

Elle tenta de faire un pas en arrière, mais l'une des mains du seigneur des ténèbres se retrouva immédiatement dans son dos et la retint fermement. Elle eut soudainement une conscience aigüe de la magie du seigneur des ténèbres qui l'enveloppait entièrement, ainsi que du parfum glacé de l'homme, et une bouffée d'angoisse la submergea. Elle savait qu'il fallait qu'elle s'éloigne au plus vite, qu'elle se dégage de son emprise, mais elle ne parvenait pas à bouger, ses yeux rivés à ceux carmin de Voldemort.

Dans un sursaut de clarté elle détourna la tête. L'instant d'après, la deuxième main du seigneur des ténèbres attrapait son visage et le tournait de nouveau vers lui. Le contact froid contre sa joue la fit frissonner. Elle ouvrit de nouveau la bouche pour protester, mais les lèvres du seigneur des ténèbres s'écrasèrent brutalement sur les siennes et elle eut l'impression de perdre totalement pied.

Rien n'existait plus à part la sensation de ses lèvres sur les siennes. Rien n'avait plus d'importance à part la chaleur qui l'avait soudainement envahie. Il l'embrassa possessivement et elle se laissa faire, savourant la fraicheur de son baiser, savourant l'impression de plénitude qui était en train de la submerger, savourant la proximité qu'elle partageait avec Voldemort…

– Non !

Brusquement Hermione se dégagea, repoussant le seigneur des ténèbres de ses deux mains. Son cœur battait erratiquement dans sa poitrine, et lorsqu'elle croisa le regard moqueur du seigneur des ténèbres la panique la gagna totalement. Ne sachant comment affronter la situation, elle s'enfuit précipitamment.

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Lorsqu'Hermione fut sortie de la pièce Voldemort laissa échapper un rire. L'air affolé qui était apparu sur son visage avait été tout simplement merveilleux. Elle ne pourrait jamais s'expliquer cette action, et la pensée qu'elle l'avait volontairement laisse l'embrasser la hanterait surement longtemps.

Elle n'avait évidemment pas été capable de détecter son sortilège d'égarement. Plus subtil qu'un Imperium, plus discret qu'un banal charme de confusion, moins intrusif que la legilimancie, ce sortilège de magie noire ne pouvait être maintenu longtemps. Mais il permettait d'exacerber une pensée chez sa victime, et il avait l'avantage de n'être connu de personne. Voldemort l'avait inventé dans sa jeunesse, pour faire croise à ses interlocuteurs qu'ils avaient particulièrement envie de lui relever certains de leurs secrets. Et cela avait parfaitement marché pour persuader Hermione qu'elle désirait l'embrasser.

Il ne lui avait fallu que quelques secondes pour se débarrasser de son sortilège. Mais ces quelques secondes étaient largement suffisantes pour instiller la confusion quant à ses propres actions.

Voldemort avait l'impression d'encore sentir la douceur de ses lèvres sur les siennes et il sourit avec satisfaction. L'épisode avait été particulièrement distrayant. Et maintenant qu'il avait de nouveau expliqué à ses mangemorts ce qu'il fallait faire pour faire tomber le Japon, il allait pouvoir se concentrer sur l'amulette de Seth.

D'un mouvement de baguette, Voldemort envoya un message à Bellatrix, Severus et Tyler indiquant qu'il serait surement absent pendant un à deux jours.

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Hermione était sortie en trombe du bureau du seigneur des ténèbres, et elle avait couru jusqu'à sa chambre, se précipitant dedans comme si la pièce pouvait la protéger du seigneur des ténèbres. Comme si la pièce pouvait la protéger d'elle-même.

– Mais qu'est-ce que j'ai fait ? murmura-t-elle en s'effondrant dans l'un des fauteuils.

Elle revoyait le seigneur des ténèbres se penchant vers elle. La possessivité avec laquelle il l'avait embrassée. Son propre manque de réactivité. L'intense sentiment de satisfaction qu'elle avait ressenti.

– Ce n'est pas possible, souffla-t-elle atterrée.

Elle ne pouvait pas avoir fait ça. Elle ne pouvait pas s'être volontairement laissée embrasser par le seigneur des ténèbres. Elle le haïssait ! Elle souhaitait sa mort ! Il avait dû lui faire quelque chose, lui lancer discrètement un Imperium, ou un sortilège de confusion. Mais les deux étaient connus pour laisser des traces, lui fit une petite voix dans sa tête, et elle n'avait aucun des effets secondaires.

Elle essaya de repasser la scène dans sa tête, cherchant ce qui pourrait expliquer son comportement. Mais il n'y absolument rien qui puisse expliquer pourquoi elle ne s'était pas enfuie plus tôt. À part l'envie qu'elle avait ressentie de l'embrasser.

Elle se prit la tête dans les mains et se dit qu'elle allait fondre en larmes si elle ne faisait rien pour se reprendre. Mais il n'y avait rien qu'elle était en mesure de faire. Tuer Nagini était hors de sa portée. Maitriser la théorie de Morgana le Fay était hors de sa portée. S'opposer au seigneur des ténèbres était hors de sa portée.

Alors qu'Harry et Ron devaient être en train de chercher les Horcruxes, elle ne faisait rien d'autre que de les trahir. Hermione se sentit soudainement particulièrement misérable.

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Des coups de bec secs retentirent contre la vitre et tous les résistants présents dans le salon tournèrent la tête vers la fenêtre. Reconnaissant l'oiseau, ce fut Minerva McGonagall qui se leva pour récupérer la missive. Elle la lut rapidement, avant de la bruler d'un coup de baguette.

Arthur et Molly Weasley étaient là, discutant calmement entre eux. Kingsley Shacklebolt, Nymphadora Tonks, Remus Lupin et George Weasley travaillaient sur des plans d'infiltrations. Harry et Ron disputaient une partie d'échecs sous le regard de Ginny et Neville. C'était la maison qui servait désormais de siège à l'Ordre du Phénix. Les Weasley y vivaient – à l'exception de Percy qui s'était séparé des opinions de sa famille depuis des années pour faire carrière au ministère – ainsi qu'Harry et Neville.

Si Remus, Tonks, Kingsley et McGonagall n'y dormaient pas, ils étaient cependant souvent de passage, comme ce soir, la plupart des décisions se prenant depuis ce petit salon.

– Minerva ? demanda Remus d'un ton interrogateur.

Minerva fit un léger sourire et tous de détendirent. Il était rare qu'ils reçoivent de bonnes nouvelles ces jours-ci.

– Sirius et William ont fait du bon travail, fit l'ancienne directrice adjointe de Poudlard. La plupart des mangemorts sont au Japon et le seigneur des ténèbres vient de quitter l'Angleterre pour un à deux jours.

Harry, Remus et McGonagall échangèrent un regard lourd de sens. S'ils voulaient tenter d'infiltrer Barjow et Beurks c'était le moment ou jamais. McGonagall attendit que le volume sonore redescende légèrement avant de reprendre la parole.

– Nous devons en profiter pour exécuter une mission bien particulière. Harry et Remus en seront, mais il leur faudrait du renfort. Deux autres personnes serait parfait.

Ron ouvrit immédiatement la bouche mais Harry lui donna un violent coup de pieds sous la table. Ron lui lança un regard noir, qu'Harry soutint. Ils en avaient déjà discuté de nombreuses fois, mais comme Ron était au courant de l'existence des Horcruxes, et qu'il ne maitrisait pas l'occlumencie, il était maintenant absolument hors de question qu'il puisse sortir des cachettes de l'ordre. Ron l'acceptait tant bien que mal, et la situation avait tout de même tendance à le rendre de mauvaise humeur.

Un débat houleux s'engagea entre les différentes personnes présentes, avant que McGonagall ne finisse par trancher une bonne fois pour toutes, malgré le regard colérique que lui adressait Harry. Il n'avait aucun problème avec George. Mais il ne parvenait pas à faire pleinement confiance à Blaise Zabini, quoi que les autres en disent. Enfin, il n'était malheureusement pas le seul à prendre des décisions.

Après avoir récupéré Blaise, Remus George et Harry se matérialisèrent directement dans l'Allée des Embrumes, chacun d'entre eux étant déjà venus – cela avait d'ailleurs été un critère pour choisir les participants de la mission.

– La boutique est sur la gauche, rappela Harry à ses compagnons.

La ruelle était vide mais il leur fallait rester prudent. Ils s'avancèrent sous la lumière de la lune, lançant régulièrement des sortilèges de détection, et ils atteignirent rapidement Barjow et Beurks. Tout était sombre à l'intérieur, et il ne semblait pas y avoir âme qui vive dans la boutique.

– À nous de jouer George, fit Remus.

Les jumeaux ayant eu pour habitude durant leur scolarité de s'infiltrer dans toutes les pièces inaccessibles – ils avaient même pénétré dans les quartiers personnels de Rogue un jour – leur expertise en terme de braquage n'était plus à démontrer. Et Remus n'avait pas été un maraudeur pour rien.

– C'est bon, finit par dire George au bout de plusieurs longues minutes.

Silencieusement, ils entrèrent dans la boutique. Harry parcourut du regard les objets tous plus étranges les uns que les autres sur les étagères de la boutique.

– Les registres sont très banalement rangés derrière le comptoir, indiqua Blaise Zabini d'une voix légèrement trainante.

Il était le seul à avoir déjà acheté quelque chose ici. Ils s'y glissèrent, et Remus et George s'attelèrent de nouveau à la tâche de faire tomber les différentes protections, alors qu'Harry et Blaise scrutaient avec attention les alentours. Enfin Remus indiqua que tout était bon, et les quatre sorciers commencèrent à fouiller les différents tiroirs.

– Quelles années cherchons-nous ? demanda Blaise.

– Depuis 1900 jusqu'à nos jours, répondit Remus.

– Eh bien on n'est pas rendus, soupira Blaise.

Harry lui lança un regard noir. Ils auraient pu affiner beaucoup plus, mais au cas où leur effraction soit connue, ils ne voulaient pas laisser croire au seigneur des ténèbres qu'ils le visaient lui. Blaise grommela une nouvelle fois, mais commença consciencieusement à créer des copies des registres. C'était pour son expertise en sortilège qu'il avait été adjoint au groupe, et malgré sa méfiance envers le jeune homme Harry ne put que reconnaître qu'il semblait effectivement être un virtuose dans cette matière.

Ils mirent plusieurs heures à copier les documents, restant constamment sur le qui-vive, mais alors que le jour était encore loin de se lever ils purent replacer tous les documents à leur place, réactiver les protections, et retourner au quartier général des résistants sans le moindre problème. Avec eux ils ramenaient peut-être de quoi continuer la lutte contre les Horcruxes.

Le mois d'août se terminait mieux qu'il n'avait commencé.

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Le mardi 31 aout Lord Voldemort se trouvait à Saint-Pétersbourg, aux portes de l'Université. Durant la nuit il s'était rendu en premier lieu en Chine, sur les traces des anciennes demeures de Zhao Ming et Maria d'Aguilar. Mais qu'elles soient désormais à l'abandon ou habitées par de nouvelles familles sorcières, aucune d'elles ne contenait quoi que ce soit d'intéressant.

Il s'était alors finalement résigné à pénétrer dans l'Université. Si la ville russe de Saint-Pétersbourg était sous son contrôle depuis neuf mois, l'Université avait conservé son indépendance, et continuerait à la conserver tant qu'il ne serait pas en mesure de se débarrasser de tous les mages. C'était l'un des lieux magiques les plus protégés au monde, et Voldemort avait même pris le soin de prendre avec lui la baguette de sureau.

Tôt ce matin il avait pris une heure pour se lancer le charme de protection du vieux fou, celui par lequel il avait – au moins durant quelques années – protégé Hermione. Il l'avait grandement amélioré, et s'il n'avait pu réduire le temps que prenaient les enchantements, au moins il pouvait désormais utiliser la magie sans perturber le bouclier. Il lui fallait cependant pour cela faire preuve d'une grande adresse qui allait surement ralentir sa progression, mais il ne pouvait faire autrement. Maria rodait forcement entre ces murs, en compagnie potentiellement d'autres mages, et il n'avait aucun autre moyen de lui masquer sa présence.

Se jetant un charme de désillusion puissant, Voldemort se mit en marche. Ce serait la première fois qu'il pénètrerait dans l'Université par effraction, et il en éprouvait un fort sentiment d'exaltation. S'il y parvenait, il pourrait être certain d'être en mesure de s'introduire n'importe où.

Prenant son temps, Voldemort pénétra petit à petit dans l'Université, passant une à une les différentes protections. Une fois à l'intérieur du palais, il se dirigea sans hésitation vers les quartiers des enseignants, chaque pièce et chaque couloir ravivant sa mémoire. Si le lien qu'il avait avec l'Université n'était pas aussi fort que celui qu'il avait avec Poudlard, les souvenirs qu'il en avait étaient tout de même plaisants.

Il n'était déjà plus un pauvre orphelin sans le sou lorsqu'il y avait pénétré pour la première fois, mais un sorcier brillant, hors du commun même. Et tous les efforts de Dumbledore n'avaient pu lui fermer les portes de l'Université, ni les portes du cercle fermé des mages. Il avait fini ses études comme il les avait commencés, obtenant les meilleurs scores depuis des dizaines d'années. Meilleurs même que ceux de Dumbledore et de Maria.

Un bruit de voix coupa Voldemort dans sa progression.

– As-tu décidé du lieu de la prochaine équinoxe Maria ? demanda dans le lointain une voix que Voldemort n'avait aucune envie d'entendre.

De tous les mages, Antonio Ibanez del Campo était vraiment celui qu'il méprisait le plus. Il ne savait même pas comment il avait réussi à obtenir le titre. Il n'avait absolument aucune ambition à part vivre sa misérable petite vie de famille au Chili.

– Pas encore, pas encore. Akinito proposait de nous accueillir à Kyoto, Sikh à Jaipur et Shane à Salt Lake city.

La voix de Maria était calme et posée, et Voldemort se dissimula dans un embranchement. Il allait pouvoir vérifier si ses protections étaient bien à la hauteur des talents de Maria.

– Kyoto est risqué non ? S'il s'empare du Japon d'ici là…

– Marvolo ne tentera rien contre les mages.

Voldemort s'était présenté à l'université sous le nom de Marvolo Gaunt, refusant aussi bien de dévoiler son titre de Lord Voldemort, qui n'était pas encore public, que d'utiliser Tom Riddle. Et ceux des mages qui osaient encore parler de lui utilisaient ce nom. À part bien sûr Dumbledore qui avait toujours tenu à lui balancer son statut de sang-mêlé à la figure.

– Je n'en suis pas si sûr, répliqua Antonio. Il finira forcement par tenter quelque chose.

Maria et Antonio venait d'apparaître au bout du couloir, et le visage d'Antonio reflétait son malaise. Il fallait croire qu'il avait au moins un bon instinct de préservation…

– Qu'il tente quelque chose est mon souhait le plus cher, répondit Maria avec un sourire féroce.

Ils passèrent juste devant lui, mais aucun des deux ne le remarqua et Voldemort les regarda avec un air machiavélique, caressant un instant l'idée de leur lancer un sortilège.

– Parce que tu pourrais alors faire fi des règles et le battre en duel ? comprit Antonio en s'esclaffant.

L'envie de lui lancer un discret Avada Kedavra s'intensifia.

– Le battre en duel ? répondit Maria d'une voix pensive. Non Antonio, je ne pense pas pouvoir battre Marvolo en duel, plus maintenant en tout cas. Mais je ne serai pas la seule à me dresser contre lui s'il est suffisamment fou pour faire cette erreur.

La réponse d'Antonio se perdit dans le lointain et Voldemort continua son chemin. Il n'était pas stupide. Jamais il ne donnerait l'occasion aux mages de s'allier contre lui. Si l'attitude d'Antonio l'avait irritée, il était cependant ravi d'avoir croisé Maria dans ce couloir. Il avait maintenant au moins une dizaine de minutes devant lui pour se glisser chez elle sans être dérangé.

Il lui fallut finalement plus d'une demi-heure pour réussir à contourner tous les pièges de la doyenne, et il eut presque envie de remercier Antonio d'occuper aussi longuement Maria. Enfin il put se glisser dans les quartiers personnels de la sorcière.

Il y passa l'entièreté de l'après-midi. Maria était repassée deux fois, et il avait à chaque fois dû faire preuve d'une concentration soutenue pour ne pas se faire repérer. Un infime mouvement avait à un moment fait soudainement se retourner la sorcière vers lui, baguette pointée, mais Maria avait fini par se détendre et repartir vaquer à ses occupations. La préparation de la rentrée semblait heureusement lui prendre la majorité de son temps.

Ce n'est que vers la fin de la soirée qu'il finit par trouver un document intéressant, et immédiatement la colère monta en lui. Voldemort regarda la lettre devant lui et ses doigts se resserrèrent autour de sa baguette. Il allait falloir qu'il ait une discussion sérieuse avec un certain mage Ethiopien qui s'était visiblement bien moqué de lui à la dernière équinoxe de printemps.

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AN : Alors, vos réactions ? :)