Bonjour à tous,
Et voici le chapitre 26. Les choses commencent à s'accélérer dans celui-ci !
J'espère qu'il vous plaira !
Bonne lecture,
Perhentian
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Chapitre 26 – Septembre 1999
Le dimanche 12 septembre, aux alentours de sept heures du matin, Lord Voldemort marchait assurément dans les rues de Kyoto, Bellatrix sur ses talons. Si le temps en Angleterre était doux, il faisait bien dix degrés de plus au Japon, et le soleil réchauffait déjà fortement les rues. Cela allait sans aucun doute être une belle journée. Du moins pour lui.
La rue autour d'eux était étroite, bordée de maisons en bois et d'arbres penchant leurs branches par-dessus les clôtures des petits jardins. Malgré les robes de sorciers noires qu'ils portaient tous les deux, aucun des passants moldus autour d'eux ne leur prêtait attention, totalement inconscients du danger qui rodait aussi prêt d'eux.
– Avada Kedavra, chuchota presque amoureusement Bellatrix.
Il y eut une discrète lueur verte, et le moldu japonais qui venait juste d'effleurer Bellatrix s'effondra sur le sol. La plupart des autres passants se précipitèrent vers lui, sans savoir qu'il n'y avait déjà plus rien à faire. Voldemort ne leur accorda pas une once de son attention.
– Bella, fit-il cependant avec une pointe de reproche.
Ils étaient encore loin du quartier magique, mais il voulait éviter d'attirer l'attention avant d'avoir pu mettre à exécution son plan. Et son plan ne comportait définitivement pas une confrontation avec l'intégralité des aurors japonais.
– Excusez-moi maître, s'empressa de répondre la sorcière.
Ses boucles folles dansèrent autour de sa tête alors qu'elle s'inclinait rapidement, et Voldemort lui accorda l'un de ses rares sourires. Il aurait pu agir seul, mais Bellatrix allait lui être très utile pour assurer ses arrières pendant qu'il parlementait. Elle était parfaite pour faire perdre tous leurs moyens à ses opposants. Parfaite pour les actions d'éclat.
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Seuls Harry et Ron se trouvaient encore dans le salon du Hameau lorsque la tête de Minerva McGonagall apparut dans la cheminée aux alentours de minuit(*). Ils travaillaient encore et toujours sur les listes d'objets qui étaient passées par Barjow et Beurks alors que Voldemort y travaillait, même si cela leur semblait vain.
– Harry, Ron, bonsoir, fit leur ancienne professeur.
– Professeur, saluèrent machinalement les deux jeunes hommes.
Ils se levèrent et se rapprochèrent de l'âtre avec fébrilité.
– Tout va bien ? demanda Ron d'une voix inquiète.
– Tout va bien, les rassura McGonagall. Harry, il y a quelqu'un qui souhaite te parler chez moi.
Harry lança un regard interrogateur à McGonagall. La sorcière hocha lentement la tête, et un léger sourire apparut sur le visage d'Harry.
– Enfin, fit-il avec soulagement. Ron, tu m'attends ?
– Bien sûr.
Harry saisit une pincée de poudre de cheminette et s'engouffra dans les flammes dès que McGonagall en fut sortie.
– La clairière aux oiseaux six huit cinq quatre, prononça-t-il distinctement.
Le voyage le secoua violement et lorsqu'il arriva Harry s'écrasa avec aussi peu de grâce que d'habitude sur le sol. Il fut cependant très rapidement de nouveau debout, sa baguette pointée devant lui. Il poussa un soupir de soulagement en reconnaissant la cuisine de la petite maison où vivait McGonagall, cette dernière étant postée dans l'un des angles. Leur réseau de cheminette était artisanal et clandestin, et malgré les mots de passe, un instant d'inattention pouvait avoir de graves conséquences.
McGonagall lui fit signe de la suivre dans le salon et il s'exécuta avec empressement. Il fallait absolument qu'il discute de nombreuses choses avec Rogue. Celui-ci les attendait, sa posture comme toujours raide.
– Potter, salua-t-il avec dédain.
– Rogue, répondit Harry sur le même ton.
McGonagall leur lança un regard sévère mais ils l'ignorèrent tous les deux. En dépit de tout l'aide qu'il leur apportait, il y avait beaucoup trop de choses qu'Harry ne pourrait jamais pardonner à Rogue.
– Le loup est absent ? demanda Rogue.
– En mission, répondit McGonagall.
Il y eut quelques secondes de silence avant que Rogue ne reprenne la parole.
– Le seigneur des ténèbres et Bellatrix ont quitté le château de Serpentard il y a deux heures.
– Sais-tu où ils sont partis Severus ? demanda McGonagall.
– Selon toute probabilité au Japon. J'ai croisé Lucius et Drago ce soir et le seigneur des ténèbres ne semblait guère satisfait de leur incompétence. Il a du décider de reprendre les choses en main, même si je n'ai aucune idée de ce qui l'a poussé à agir ainsi.
Cela faisait effectivement des années que le seigneur des ténèbres laissait le soin à ses mangemorts de conquérir de plus en plus de pays, ne se déplaçant que pour fêter ses victoires.
– Il faut prévenir Bill et Sirius, fit Harry, son inquiétude transparaissant dans sa voix.
Si Voldemort lui-même se trouvait au Japon ils étaient en grand danger. Harry se rappela avec angoisse qu'ils tentaient depuis plusieurs semaines de protéger la famille de l'empereur.
– Nous ne savons malheureusement pas comment les joindre Harry, souligna McGonagall d'un ton pincé.
Harry se renfrogna, sachant qu'elle avait parfaitement raison.
– Avez-vous avancé Potter ? lui demanda sèchement Rogue.
Harry mit quelques secondes à comprendre de quoi voulait parler Rogue.
– Nous avons fait plusieurs listes. Les objets de grande valeur qui sont passés par Barjow et Beurks, et toutes les personnes qu'il a visitées avant de disparaitre.
– Faites-voir.
Rogue regarda d'abord attentivement la liste des objets, puis celle des personnes, son visage ne reflétant que la plus parfaite indifférence.
– Il a rendu visite de nombreuses fois à Hepzibah Smith avant son meurtre, remarqua-t-il. Pourquoi est-elle aussi bas dans vos priorités ?
– Hepzibah Smith a acheté le médaillon de Serpentard quelques années avant qu'il ne vienne travailler chez Barjow et Beurks, répondit Harry avec fatalisme. Regarder les registres était une bonne idée, mais il semblerait qu'elle mène à l'un des Horcruxe que nous avons déjà détruit.
C'était particulièrement décourageant de savoir qu'ils avaient fait tout cela pour rien. Rogue ne répondit pas et continua à regarder la liste.
– Le médaillon de Serpentard ? fit pensivement McGonagall qui voyait aussi la liste pour la première fois. Je croyais qu'Hepzibah descendait de Poufsouffle.
Une expression de surprise passa sur le visage autrement inexpressif de Rogue.
– La coupe de Poufsouffle, murmura-t-il.
– La coupe de Poufsouffle ? releva Harry.
– Bellatrix a toujours aimé rappeler à tous qu'elle était la plus proche du seigneur de ténèbres. Qu'il ne faisait confiance qu'à elle pour prendre soin de ses secrets. Lucius le prend généralement très mal. Ils ont même failli en venir aux mains il y a quelques années. Je me souviens que Bellatrix avait mentionné un journal, ainsi que la coupe de Poufsouffle, avant que Lucius ne la fasse violement taire.
– Cela pourrait être une possibilité, convint McGonagall.
Harry reprit légèrement espoir. Une piste était toujours mieux que rien. Et ils avaient en ce moment tous désespérément besoin de pistes pour ne pas sombrer.
– Qu'est-ce que Bellatrix a fait de cette coupe ? demanda-t-il.
– Je n'en ai pas la moindre idée, répondit Rogue.
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Hermione regarda l'heure une dernière fois. Deux heures du matin. Si le seigneur des ténèbres avait mentit et qu'il n'était pas parti au japon, elle espérait qu'il serait au moins en train de dormir. Sinon elle allait au-devant de monstrueux problèmes.
– Allez Hermione, fit-elle en guise d'encouragement.
Quelques minutes après, elle était de nouveau en contact avec la magie du château de Serpentard. Elle chercha avec angoisse la présence de Voldemort, et ne se détendit que lorsqu'elle fut sure qu'il n'était nulle part dans le château.
Elle rechercha ensuite la présence de Nagini, heureusement refugiée dans une pièce relativement éloignée qu'elle ne connaissait pas, puis les mangemorts présents dans le château. Et Hermione jura. Il y avait plus de personnes dans le château que lors du premier essai qu'elle avait fait la semaine dernière. Et surtout, il y avait deux ou trois mangemorts qui se trouvaient juste à cote de là où elle voulait aller, dans la partie du château où étaient retenus Fred, Susan et Padma.
Elle commença à faire nerveusement les cents pas dans sa chambre. Elle avait espéré pouvoir profiter de l'occasion pour libérer Fred, Susan et Padma. La semaine dernière, elle aurait pu facilement les retrouver, les guider au travers du château en évitant les mangemorts et les reconduire au-delà des limites de non-transplanage.
Mais elle ne pouvait absolument pas affronter ne serait-ce que deux mangemorts pour se frayer un passage. Et elle avait quelques doutes sur ses capacités à les convaincre qu'elle faisait sortir Fred, Susan et Padma sur les ordres du seigneur des ténèbres. En observant les mangemorts de plus près il était évident qu'ils gardaient le couloir qu'il lui fallait emprunter. Etait-ce parce que le seigneur des ténèbres s'était cette fois-ci absenté plus longtemps ? Où était-ce simplement un coup de chance qu'il n'y ait eu personne la dernière fois ?
Jurant une nouvelle fois, Hermione se mit tout de même en route, mais vers le bureau du seigneur des ténèbres. À default de pouvoir libérer ses amis, elle allait au moins aller voir ce qui se trouvait dans l'étrange salle juste à côté de la bibliothèque et du bureau.
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Voldemort s'arrêta et Bellatrix fit un mouvement brusque pour ne pas lui rentrer dedans, son visage s'affolant un instant à cette idée, avant de retrouver son habituelle expression exaltée.
– Est-ce ici maître ? demanda-t-elle en regardant avec avidité le portail juste devant eux.
Voldemort inclina brièvement la tête, et Bellatrix sautilla presque d'impatience à ses côtés. Il leva sa baguette d'if, et de quelques mouvements surs il fit tomber les protections entourant le lieu comme si elles étaient en papier. Immédiatement après, il plaça ses propres barrières anti-transplanage et anti-portoloin, bien plus imposantes.
– Personne ne doit sortir d'ici Bella, ordonna-t-il.
– Personne ne sortira maître, répondit Bellatrix en s'inclinant.
Ils traversèrent le portail comme s'il n'existait pas, et arrivèrent dans un magnifique jardin. Tout n'était que calmes étendues d'eau, arbres aux couleurs automnales, et petits ponts en bois rouge. Certaines plantes frémirent légèrement à leur approche, se recroquevillant sur elles-mêmes comme si elles ressentaient leur auras menaçantes.
Le seul bruit audible dans le jardin était un discret écoulement d'eau, et Voldemort se dirigea vers la maison. Une vingtaine de sorciers se trouvaient dedans, et parmi eux sa cible, l'héritière japonaise, prunelle des yeux de l'empereur.
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Aucun mangemort ne s'était trouvé sur le chemin d'Hermione jusqu'au bureau du seigneur des ténèbres, et la jeune fille avait pu rentrer dedans sans souci, leurrant le tableau qui en gardait l'entrée comme elle avait leurré le reste du château. En l'absence de Voldemort, son bureau était étrangement vide. Pas un seul papier n'était visible sur le bureau, pas un seul artefact ne se trouvait sur les commodes, et pas un seul livre ne remplissait les étagères.
Son cœur battant erratiquement dans sa poitrine, Hermione s'approcha avec appréhension du fond du bureau, juste à côté de là où elle savait se trouvait l'accès à la bibliothèque. Elle pouvait sentir que la pièce dissimulée était juste derrière le mur, semblant presque à portée de main. Elle passa plusieurs minutes à examiner la magie qui se dégageait de la pièce, tentant de déceler un potentiel piège.
Il ne semblait rien y avoir de plus que la signature magique et Hermione fit un pas de plus malgré son angoisse. Si elle demandait le passage, et qu'il y avait une protection qu'elle n'avait pas remarquée, elle serait en mauvaise posture. En très très mauvaise posture. Si elle se trompait, il y avait un risque pour que cela signe la fin de la vie de ses amis, et de la sienne par la même occasion.
Une partie d'elle tentait désespérément de la convaincre de faire demi-tour. Que c'était trop dangereux. Qu'il y avait trop de risques. Mais elle ne savait pas non plus quand elle aurait une autre occasion de tenter d'explorer cette pièce. Elle ferma les yeux un instant, rassemblant son courage, puis demanda l'entrée, sa magie imitant la signature de celle du seigneur des ténèbres.
Une arche apparut immédiatement dans le mur devant elle, et Hermione s'y engouffra avec appréhension. L'instant d'après, elle se retrouva dans ce qui semblait être une petite pièce entièrement vide. Elle cligna stupidement des yeux, sentant parfaitement les quantités monstrueuses de magie qui se dégageaient. Puis la réalisation la frappa. Il n'y avait pas de protections supplémentaires pour protéger l'entrée de la pièce, parce qu'il y en avait pour masquer son contenu. Et de par ce qu'elle ressentait, il n'y avait absolument aucune chance pour qu'elle parvienne à quoi que ce soit sans une baguette.
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Harry, Ron, et le professeur McGonagall étaient engagés dans une vive discussion en plein milieu du salon du Hameau, leurs éclats de voix couverts par des charmes de discrétion pour ne pas réveiller le reste de la maison.
– Il faut agir tant que Bellatrix et lui sont absents, fit Harry d'un ton buté.
– Harry, répondit doucement McGonagall. Nous ne savons même pas dans quel sens chercher.
– Nous pourrions retourner à son manoir ! proposa Harry.
– S'il y avait eu un autre Horcruxe, Hermione l'aurait surement senti, contra Ron.
Harry lui lança un regard exaspéré, s'apprêtant à lui répondre qu'il n'avait qu'à proposer mieux, lorsque les flammes de la cheminée s'illuminèrent. Les trois sorciers se tournèrent vers l'âtre juste à temps pour voir la tête de Bill Weasley apparaitre, une partie de ses cheveux brulés et son visage recouvert de sang et de poussière.
– Bill ! s'écria Ron, en se précipitant vers la cheminée.
– Sirius et moi devons évacuer d'urgence, commença Bill. Le seigneur des ténèbres est ici. Tout Kyoto vient d'être placé sous un charme anti-transplanage, et Bellatrix est à notre poursuite.
Une bouffée d'angoisse monta instantanément en Harry.
– La Chine ? demanda succinctement McGonagall.
Harry savait qu'ils seraient bien plus en sécurité en Chine qu'ici, et qu'ils ne pourraient plus repartir s'ils mettaient les pieds au Royaume-Uni.
– Pas le temps, répondit Bill. Nous devons partir maintenant.
L'urgence dans sa voix était palpable, et après un signe de tête sec McGonagall lança plusieurs incantations pour leur ouvrir l'accès au Hameau.
– La voie est libre, fit-elle enfin.
Immédiatement après, la tête de Bill disparut. Puis Bill et Sirius s'écrasèrent violement sur le parquet du salon.
– Salut Harry, fit Sirius avant même de se relever.
Harry nota que sa voix était bien plus faible que d'habitude, et que du sang coulait d'une blessure qu'il avait sur le côté. McGonagall réagit rapidement, le faisant léviter jusqu'au canapé, et commença à lancer des sortilèges de diagnostique basiques.
– Que s'est-il passé ? demanda Harry à Bill une fois que McGonagall eut assuré que les blessures de Sirius n'étaient pas vraiment graves.
– Il est sorti de nulle part. Lorsque nous nous en sommes rendu compte, il était déjà trop tard. Il ne lui a fallu que quelques minutes pour que la princesse Akimi soit en son pouvoir. C'était… terrifiant.
Bill fit une pause de quelques secondes, ses yeux visiblement hantés par des souvenirs, et Harry se rappela avec un frisson du jour où Hermione, Ron et lui s'étaient battus contre le seigneur des ténèbres. Terrifiant était un mot bien faible.
– Lorsque nous avons compris qu'ils avaient bloqués les accès, nous avons tenté de sortir pour prévenir le gouvernement japonais, continua Bill. Nous sommes tombés sur Bellatrix Lestrange, qui nous a fait tomber une partie de la maison dessus.
– Nous avions installé une cheminée au sous-sol, mais l'accès au réseau officiel était bloqué, compléta Sirius.
– Et vous n'aviez l'adresse intrinsèque que de celle du Hameau, comprit McGonagall.
Bill et Sirius hochèrent la tête. Ils semblaient tous deux fatigués.
– S'ils ne cherchent pas les corps ils devraient nous croire morts. Malheureusement, nous n'avons aucun moyen de prévenir l'empereur d'ici…
L'abattement était évident dans la voix de Bill et Harry sentit son cœur se serrer douloureusement. Voldemort allait-il vraiment finir par contrôler le monde entier ?
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Une larme de frustration coula le long de la joue d'Hermione. Il était quasiment quatre heures du matin, cela faisait plus d'une heure qu'elle essayait de révéler le contenu de la salle, mais elle devait admettre qu'elle en était totalement incapable. Elle ne pouvait exécuter que les sortilèges les plus simples sans baguette, et ceux-ci n'étaient décidément pas de cette catégorie. Pire que tout, il y avait plusieurs protections bloquant l'usage de la théorie de Morgana le Fay.
Cédant à sa frustration, Hermione donna un coup de poing dans l'un des murs, ne récoltant qu'une vive douleur en plus de tout le reste. Elle refusait d'avoir fait tout cela pour rien. Ses pensées tourbillonnant à toute vitesse dans son esprit, elle commença à nerveusement faire les cents pas dans la petite pièce, avant de s'arrêter brusquement.
– Oh non c'est une mauvaise idée, murmura-t-elle pour elle-même. Une très mauvaise idée.
Mais sans pouvoir s'en empêcher Hermione sortit de la pièce, retraversa le bureau du seigneur des ténèbres dans l'autre sens et se retrouva dans le couloir. Elle tritura convulsivement ses mains, et eut l'impression que son cœur tentait de sortir de sa poitrine tellement il battait vite. Suivant les indications du château de Serpentard elle descendit à l'étage inférieur, par ce même escalier où elle s'était retrouvée confrontée à Bellatrix, et elle se dirigea ensuite sur la droite.
Elle s'arrêta à l'angle d'un couloir. De l'autre côté se trouvait un mangemort. Lequel, elle n'en avait absolument aucune idée, mais son aura magique n'était pas particulièrement impressionnante. Ses mains tremblèrent vivement et Hermione se força au calme. Elle n'aurait le droit qu'à un seul essai. Passé l'effet de surprise, elle n'aurait plus aucun avantage. Se concentrant, elle focalisa sa magie sur la baguette du mangemort. Puis d'un mouvement fluide elle sortit de sa cachette.
– Expelliarmus ! lança-t-elle avec force.
– Hein ?
Ce fut tout ce que le mangemort eut le temps de dire avant d'être touché par son sortilège. Sa baguette lui échappa des mains, décrivant un arc de cercle vers Hermione. Cependant le mangemort reprit ses esprit plus vite que ce qu'elle avait espéré, et il se précipita d'un bon à la suite de sa baguette. Portée par l'adrénaline Hermione se jeta elle aussi vers l'avant. Elle refermait à peine ses doigts sur la baguette lorsqu'il la percuta.
Mais cela faisait longtemps que faire de violents vols planés lors d'un duel ne la surprenait plus.
– Stupefix !
Elle avait eu le temps de lancer son sortilège avant de percuter brutalement le mur. L'instant suivant le corps du mangemort tomba par terre dans un bruit sourd. Elle reconnut distraitement Dolohov, et un sourire victorieux s'étala sur ses lèvres. Cela n'était pas passé loin de la catastrophe, mais elle avait désormais une baguette.
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La nuit était relativement fraiche, mais le frisson qui parcourut le dos d'Harry n'avait rien à voir avec la température. Il y avait longtemps que l'Ordre n'avait pas tenté quelque chose d'aussi dangereux. Cette mission avait toutes les chances de tourner court, mais même McGonagall avait fini par admettre que l'opportunité était trop belle.
Harry, Ron et Bill s'arrêtèrent un instant dans l'une des allées qui donnait sur le chemin de traverse. Ils allaient tenter de pénétrer dans le coffre de Bellatrix Lestrange à Gringotts. C'était Sirius qui les avait mis sur la voie, lorsqu'ils l'avaient interrogé à propos des habitudes de sa cousine. L'impénétrable Gringotts. Sirius avait affirmé que plus jeune Bellatrix avait toujours clamé que les coffres des familles de sang-pur étaient les endroits les plus surs au monde. Ce qui n'était surement pas loin de la vérité.
Et voilà qu'ils allaient tenter de s'y introduire. Trois fugitifs en cavale. Sans même être certains qu'ils puissent y trouver la coupe de Poufsouffle. Sans même être certains que la coupe de Poufsouffle soit un Horcruxe.
– Suivez-moi, fit Bill. L'entrée des employés est par ici.
– Comment tu sais ça toi ? demanda Ron.
– Les briseurs de sorts ont tendance à partager leurs trouvailles frérot.
Ils se déplacèrent jusqu'à être en vue d'une petite porte qui ne payait pas de mine. La rue était vide, et Harry et Ron se glissèrent sous la cape d'invisibilité. Bill attendit quelques secondes avant de marcher d'un pas assuré vers l'entrée des employés. Cela faisait trop longtemps qu'il avait quitté le Royaume-Uni pour que qui que ce soit puisse le reconnaitre. Harry sentit tout de même ses entrailles se tordre d'angoisse. Mais Bill n'était pas un talentueux briseur de sorts pour rien, et quelques minutes après il avait forcé son passage dans le vestibule.
Les deux gobelins qui montaient la garde le regardèrent avec étonnement, avant de se précipiter vers le fond de la salle. Deux Stupefix lancés par Harry et Ron les cueillirent dans leur élan, et le silence s'abattit sur la pièce.
– Bon, fit Bill. Harry, tu es sûr de pouvoir maitriser l'Imperium ?
– Sûr, confirma Harry.
Ils avaient à peine un semblant de plan. Mettre sous Imperium un gobelin. Se cacher sous la cape d'invisibilité et un charme de désillusion. Et espérer que personne ne fasse attention à eux en plein milieu de la nuit. Tout ce qu'il fallait pour que cela finisse de façon désastreuse.
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Hermione était de retour dans la salle secrète. Elle avait laissé le corps stupefixié de Dolohov dans le bureau du seigneur des ténèbres. Personne ne pourrait y rentrer en l'absence de Voldemort, et si Voldemort revenait pendant qu'elle était ici, Dolohov serait surement le cadet de ses soucis.
–Dare ingressum. Minus praesidii. Revelare abscondita.
Hermione multipliait les enchantements, savourant la sensation s'avoir une baguette dans sa main. Elle ne lui obéissait pas aussi bien que la sienne, mais cela faisait l'affaire.
– Dare ingressum. Minus praesidii. Revelare abscondita.
Petit à petit le vide autour d'elle se remplit d'un brouillard blanc, qui finit ensuite par dévoiler la pièce. Et Hermione était juste émerveillée par tout ce qui se dévoilait devant elle. Elle continua cependant ses enchantements jusqu'au bout, ne se laissant pas déconcentrer tant que la pièce n'était entièrement dévoilée.
Lorsqu'elle laissa retomber sa main droite le long de son corps, Hermione resta complètement ébahie. Tout autour d'elle rayonnait de magie. La pièce elle-même était en forme d'heptagone. L'arche constituait l'un des côtés, et le long des six autres se trouvaient des alcôves peu profondes. Fascinée, Hermione commença à en faire le tour.
Sur les étagères de la première alcôve se trouvaient des livres. La plupart n'avaient même pas de nom sur leur tranche. Parmi ceux ayant un titre, elle vit « Auras magiques des grands sorciers », se renfrognant en se rappelant le charabia qui constituait la majorité du livre. Elle repéra aussi les contes de Beeble le Barde, s'étonnant tout autant que la première fois où elle avait vu le livre sur le bureau du seigneur des ténèbres. D'autres titres lui donnèrent incroyablement envie d'ouvrir les livres, tel que « Le livre du savoir par Rowena Serdaigle ».
Mais Hermione retint sa curiosité et se tourna vers la deuxième alcôve. Il y avait plusieurs étagères, chacune contenant un objet. Elle repéra un système solaire réduit qui semblait à première vue ne rien avoir d'extraordinaire, une sphère en verre dans laquelle un liquide s'écoulait sans fin, un bracelet en or blanc qui vibrait sur place.
La troisième alcôve contenait un bassin sur un piédestal, étrangement semblable à celui qu'elle avait vu dans la grotte où le seigneur des ténèbres avait caché le médaillon de Serpentard. Mais le bassin ne contenait pas de liquide cette fois-ci, uniquement une petite pierre rougeoyante qui flottait en son milieu.
Elle s'arrêta net devant la quatrième alcôve. Dedans, sur une petite commode, se trouvait simplement posé un journal avec une reliure en cuir noir. La magie noire qui en irradiait était parfaitement reconnaissable.
– Un autre Horcruxe, murmura Hermione.
Elle leva sa baguette en direction du petit carnet, s'apprêtant à lancer de multiples sortilèges de détection, avant de s'arrêter brusquement. Elle venait d'apercevoir un léger tremblement de l'air devant l'alcôve et une bouffée d'angoisse monta soudainement en elle. Elle avait failli tout gâcher. Si elle avait envoyé ne serait-ce qu'un simple sortilège de détection elle aurait déclenché un signal d'alarme sans aucun doute relié au seigneur des ténèbres.
Elle tapota la baguette de Dolohov contre sa jambe de frustration. Elle n'avait absolument aucune idée de comment ce type de barrière pouvait être contourné. Même avec une baguette. Et il était encore trop tôt pour tout risquer pour détruire un seul Horcruxe.
Elle se repassa ce qu'elle savait dans sa tête. La bague. Le médaillon. Nagini. Le journal. Cela faisait quatre Horcruxes dont elle avait connaissance, mais combien d'autres se trouvaient éparpillés dans toute l'Angleterre, si ce n'était au-delà ? Elle n'en avait aucune idée, et pour tempérer sa frustration elle se tourna vers la cinquième alcôve.
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Lorsque la secrétaire japonaise sous imperium fit glisser d'un mouvement de baguette les portes coulissantes sur le côté, Voldemort pénétra dans la pièce d'un pas assuré. Devant lui lévitait le corps inerte de la princesse Akimi, qu'il fit brusquement tomber sur le sol à ses pieds. Ceux des sorciers qui ne lui prêtaient pas encore attention se tournèrent vers lui. La plupart se contentèrent de le regarder avec terreur. Peu eurent le réflexe de sortir leur baguette. Un ramassis de sorciers incompétents et sans aucun talent. Pas étonnant que cela eut été aussi facile de pénétrer ici, pensa Voldemort avec dédain.
– Personne ne bouge où votre petite princesse ne se réveillera jamais, fit-il d'un ton froid.
L'empereur du Japon fit immédiatement signe à tous les sorciers autour de lui d'obéir. Il vit Bellatrix se renfrogner à côté de lui. Il savait qu'elle aurait adoré se battre contre tous les sorciers de cette pièce. Elle n'aurait pu vaincre la vingtaine de sorciers seule, mais cela était largement dans ses cordes à lui.
– Marvolo, cesse cette folie, fit une voix chevrotante sur le côté.
Bellatrix se tourna vivement vers le vieil homme qui avait parlé, sa baguette pointée sur lui.
– Puis-je le tuer maître ? demanda-t-elle avec anticipation.
– Non Bella, répondit Voldemort d'une voix égale.
Bellatrix le regarda avec stupeur. Akinito Meiji choisit ce moment pour remuer sa baguette et tenter d'envoyer un message au travers de ses barrières, mais Voldemort fut plus rapide, l'envoyant valser au travers de la pièce d'un simple mouvement de main et récupérant au passage sa baguette.
– Trop tard Akinito, fit-il calmement. Aucun des mages ne sera prévenu à temps.
La peur dans les yeux du mage japonais était délicieuse et c'est avec un léger regret qu'il lui envoya un simple Stupefix. Puis son attention retourna sur les autres sorciers dans la pièce, qui osaient à peine respirer.
– Maintenant nous allons discuter, fit-il avec un sourire cruel.
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– Bill à ta droite ! prévint Harry.
Bill évita le sortilège au dernier moment, et Ron le couvrit en envoyant un maléfice en direction du sorcier qui les attaquait.
– Expulso ! lança Harry.
Le son que fit le crane du gobelin qui avait tenté de le surprendre en percutant le mur derrière lui ne laissait que peu de doutes sur ses chances de survie et Harry grimaça. Leur plan ne se déroulait pas du tout comme prévu. Gringotts semblait encore mieux gardée la nuit que le jour. Ils étaient encore beaucoup trop loin du coffre des Lestranges, et la situation devenait de plus en plus tendue.
– Il faut se replier, fit Bill.
– Non… commença Harry.
Mais au même moment, un pan de mur explosa juste à côté d'eux et ils furent obligés de se replier dans un coin de la pièce où ils se trouvaient actuellement. Ron lança un sortilège de destruction sur l'un des murs derrière eux pour leur créer un passage. Ils s'y glissèrent rapidement et se retrouvèrent dans un couloir face à trois gobelins furieux.
– Sur la droite, fit Bill en désignant un autre couloir.
Un instant après l'enfer s'abattit sur eux. Harry eut à peine le temps de penser que les gobelins avaient dû faire quelque chose qu'une partie du plafond s'effondrait sur eux à une vitesse peu normale. Les trois sorciers érigèrent une seconde trop tard leur bouclier, et Harry ressentit une vive douleur à l'épaule gauche. Il entendit Bill et Ron crier, et tenta de se frayer un chemin vers eux au travers des débris et du nuage de poussière.
– Bill, Bill !
La voix de Ron était paniquée et lorsqu'il arriva à côté de lui Harry dut retenir un haut le cœur. Un pan du plafond semblait avoir perforé la cage thoracique de Bill, et les sifflements que celui-ci émettait en respirant n'étaient guère rassurants.
– Il faut le ramener d'urgence au Hameau, fit Ron.
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Lord Voldemort regardait l'empereur japonais prononcer son discours avec une pointe de mépris. Deux petits Doloris sur sa fille, et s'en était fini de lui. Deux petits Doloris et l'empereur abdiquait en faveur d'un des fidèles de Voldemort. Deux petits Doloris et le Japon était sous le contrôle du seigneur des ténèbres.
Il se tenait en recul de la foule avec Bellatrix, tous deux sous un glamour. Les sorciers devant eux regardaient l'empereur avec indifférence, sans vraiment comprendre ce qui venait de se jouer devant eux.
– Viens Bella, il est temps de partir, fit-il. Notre rôle ici est terminé.
– Oui maître, répondit avec adoration Bellatrix.
Il se fondit dans la foule, Bellatrix sur ses talons. Il ne lui avait même pas fallut vingt-quatre heures pour faire tomber le Japon.
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Harry regarda avec malaise Molly Weasley s'affairer autour de Bill. Ron et lui avaient réussi à sortir de Gringotts, trainant Bill avec eux. Mais le temps qu'ils rentrent au Hameau, la blessure de Bill s'était aggravée, et il n'était pas encore sur qu'il soit tiré d'affaire.
Harry s'était réfugié dans un coin du salon, laissant un peu d'intimité à sa famille d'adoption, une boule de chagrin lui enserrant le cœur. La main de son parrain se posa sur son épaule, mais cela ne lui offrit aucun réconfort. C'était sa faute. Sa faute d'avoir voulu foncer tête baissée sans vraiment avoir de plan. Sa faute d'avoir emmené Bill avec eux. Si Bill ne passait pas la nuit, il savait qu'il ne pourrait plus regarder aucun des Weasley en face.
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Les premières lueurs du jour surprirent Hermione alors qu'elle était toujours en train de chercher comment contourner les protections du seigneur des ténèbres dans la petite salle. Elle se précipita en dehors avec angoisse, et fut soulagée de voir que Dolohov était toujours stupefixié. Elle fit léviter le sorcier jusqu'à l'endroit où elle l'avait trouvé et le reposa sur le sol.
Espérant que personne ne tombe dessus, elle s'apprêtait à aller libérer Fred, Susan et Padma maintenant qu'elle avait une baguette, mais une infime perturbation dans la magie du château la fit s'arrêter. Elle réagit au quart de tour, annulant avec précipitation l'enchantement de Morgana. Elle saisit brièvement la présence de la magie du seigneur des ténèbres juste avant que l'enchantement ne s'annule et elle se figea complètement de terreur.
Jetant un regard affolé derrière elle perdit une fraction de seconde à paniquer. Elle était en plein milieu du château de Serpentard, un mangemort stupefixié à ses pieds. Puis son cerveau se remit à fonctionner.
– Oubliette, Enervate, jeta-t-elle précipitamment.
Elle rendit sa baguette à Dolohov, avant de s'élancer avec précipitation vers sa chambre. San cœur battait douloureusement dans sa poitrine et elle se focalisa entièrement sur son objectif. Tellement que lorsqu'elle ressentit l'aura de Bellatrix s'approcher d'elle, il était déjà trop tard.
oOoOoOo
AN : À la semaine prochaine !
(*) Je me permets de préciser qu'en septembre il y a 8h de décalage horaire entre le Japon et l'Angleterre.
