Bonjour à tous,
Merci pour toutes vos reviews sur le dernier chapitre. Voici le chapitre 27, il me tarde de connaitre vos réactions sur celui-ci.
Bonne lecture,
Perhentian
oOoOoOo
Chapitre 27 – Septembre 1999
Hermione rendit sa baguette à Dolohov, avant de s'élancer avec précipitation vers sa chambre. Son cœur battait douloureusement dans sa poitrine et elle se focalisa entièrement sur son objectif. Tellement que lorsqu'elle ressentit l'aura de Bellatrix s'approcher d'elle, il était déjà trop tard.
Hermione s'arrêta net et Bellatrix Lestrange fit exactement la même chose. Le même air de surprise passa sur leur visage. Puis elles échangèrent un regard également haineux et Bellatrix fit très visiblement apparaitre sa baguette dans sa main. Hermione se glaça. Si Bellatrix prenait toujours soin de l'ignorer en présence du seigneur des ténèbres, elle savait qu'elle n'allait pas se priver pour l'affronter en son absence. Elle était suffisamment folle pour cela.
– Serais-tu perdue petite Hermione ? demanda Bellatrix d'un ton joueur.
Elle ricana à sa propre remarque, et Hermione remarqua que sa position était tout ce qu'il y avait de plus alerte. Elle n'avait vraiment pas envie de commencer un duel avec Bellatrix alors que celle-ci avait sa baguette et pas elle.
– Laisse-moi passer Bellatrix, fit Hermione en essayant d'avoir une voix ferme.
Elle fit un pas en avant et Bellatrix pointa immédiatement sa baguette sur elle. Autant pour ses espoirs qu'elle la laisse en paix si elle avait assez d'assurance.
– Moi je pense que tu n'as pas ta place ici petite Hermione, fit Bellatrix en penchant la tête sur le côté. Et c'est mon devoir de découvrir les imposteurs et de les punir.
– Le seigneur des ténèbres t'a ordonné de me laisser tranquille Bellatrix.
À sa plus grande satisfaction se voix ne trembla pas, malgré la nervosité qu'elle ressentait. Il y avait-il la moindre chance pour que Bellatrix ne profite pas de l'occasion pour l'attaquer ? Elle en doutait fortement.
– Je ne sais pas comment tu as fait pour convaincre le seigneur des ténèbres, mais je vois clair dans ton jeu. Et le seigneur des ténèbres me remerciera quand je le lui prouverai.
Hermione retint un reniflement méprisant. Si elle croyait que le seigneur des ténèbres n'était pas parfaitement au courant qu'elle soutenait les résistants.
– Tu as une piètre estime de lui si tu penses que j'ai réussi à lui mentir, répliqua-t-elle.
– Endoloris !
Hermione se jeta sur le côté et évita de justesse le sortilège. Elle jura dans sa tête, se demandant comment elle allait réussir à se sortir de ce mauvais pas. Elle savait que Bellatrix pouvait la torturer jusqu'à la folie si elle le souhaitait. Et son regard complétement dérangé n'avait absolument rien de rassurant. Peut-être que si elle revenait sur ses pas…
– Diffindo, lança Bellatrix à l'instant même où Hermione regardait rapidement derrière elle.
– Expulso, répliqua-t-elle immédiatement.
Elle se décala en même temps mais le sortilège de Bellatrix lui entailla résolument l'épaule gauche et elle poussa un cri de douleur et de rage mêlées. Bellatrix, elle, avait dévié son sortilège sans baguette d'un mouvement de main dédaigneux et Hermione lui lança un regard meurtrier. Elle n'avait qu'une seule envie, faire tomber Bellatrix Lestrange de son piédestal. Mais bien sûr elle se retrouvait toujours devant elle lorsqu'elle n'avait pas sa baguette.
– Tu te leurres complétement si tu penses pouvoir voler ma place ! fit Bellatrix. Je suis la favorite du seigneur des ténèbres, sa plus fidèle mangemorte !
Comme si elle avait envie de devenir la plus fidèle mangemorte du seigneur des ténèbres.
– Vraiment ? fit Hermione avec hauteur pour tenter de gagner du temps.
Il n'y avait rien pour s'abriter derrière elle, et ce n'était pas mieux dans l'embranchement duquel elle était sortie plus tôt. Si elle reculait dedans l'espace serait encore plus réduit et elle ne serait même plus en mesure d'éviter les sortilèges de Bellatrix.
– C'est moi qu'il a choisie pour aller au Japon avec lui aujourd'hui. Pas Lucius, pas Severus, pas Tyler et surement pas toi. Je suis la seule qu'il ait vraiment formée !
Hermione ne put retenir un sourire mesquin de fleurir sur ses lèvres. Bellatrix ne savait même pas qu'elle était elle-même l'élève du seigneur des ténèbres. Que c'était avec elle qu'il partageait maintenant son savoir. Que c'était surement elle qui passait désormais le plus de temps en sa compagnie.
– Si tu le dis, fit-elle.
Son ton devait être un peu trop dédaigneux parce que Bellatrix réagit au quart de tour.
– Endoloris !
Cette fois-ci Hermione ne put éviter à temps le Doloris et elle s'effondra sur le sol. Chaque infime parcelle de son corps semblait avoir pris feu. Sa peau. Ses muscles. Son sang. Elle résista un instant à la douleur avant de ne plus y tenir et de se mettre à hurler à pleins poumons. Son univers n'était plus constitué que de cette souffrance qu'elle ne pouvait aucunement soulager.
Elle était tellement obnubilée par la douleur qu'elle mit plusieurs secondes à se rendre compte de la fin du sortilège. Sa magie pulsait par vagues autour d'elle, tendue, prête à attaquer, et elle dut faire des efforts pour l'empêcher d'exploser de manière totalement incontrôlée. Puis, soudainement, elle sentit un bout de bois sous ses doigts. Elle tourna brusquement la tête vers sa main droite, et ses yeux lui confirmèrent ce dont elle se doutait déjà. Vivement, Hermione se redressa, bien plus paniquée qu'auparavant.
– Ça y est ? Tu te décides enfin à te battre petite Hermione ? la nargua Bellatrix.
Mais l'attention d'Hermione n'était que partiellement centrée sur elle. Tous ses sens fouillaient frénétiquement l'espace autour d'elle, en vain. Et pourtant, il n'y avait qu'une seule explication possible à l'apparition de sa baguette dans sa main. Lord Voldemort était là, en train de les observer.
– Praemio, lança Bellatrix.
Hermione érigea son bouclier juste à temps et se focalisa de nouveau sur le combat. Elle traiterait les problèmes les uns après les autres, et pour le moment, Bellatrix Lestrange était sans conteste le plus urgent, si ce n'était le plus effrayant.
– Exutite terra, lança-t-elle à son tour.
Mais Bellatrix bloqua son sortilège et elle dut vivement sauter sur le côté pour éviter un nouveau Doloris.
– Diffindo ! Confringo ! répliqua-t-elle.
L'autre sorcière évita ses sortilèges avec aisance avant de l'attaquer de nouveau avec une volée de maléfices qu'Hermione ne connaissait pas, et dont elle ne voulait surtout pas connaitre les effets. Elle les contra de justesse. Elle était distinctement moins à l'aise que Bellatrix en duel, mais elle refusait de se laisser battre par elle.
Un sortilège explosa un tableau juste derrière elle et Hermione répliqua en brulant une partie de la robe de Bellatrix, distrayant la sorcière pendant une fraction de seconde.
– Wingardium Leviosa, Oppugno, enchaîna-t-elle.
Les débris du tableau volèrent vivement vers Bellatrix, qui les fit se désintégrer en plein air avant de répliquer à une vitesse effrayante.
– Endoloris !
– Nocere !
– Flecte carnes !
– Diffindo !
– Impero !
– Expelliarmus !
– Confringo !
Cette fois-ci un pan de mur entier explosa derrière Hermione et il y eut une pause dans leur combat. Hermione peinait à reprendre son souffle, alors que Bellatrix semblait tout aussi fraiche qu'au début. La prise d'Hermione sur sa baguette se resserra. Elle refusait de s'avouer vaincue. Pour le moment elle avait réussi à la toucher autant de fois que Bellatrix l'avait touchée, même si ses blessures à elle étaient plus profondes.
Elles enchainèrent de nouveau des sortilèges. De plus en plus vicieux. De plus en plus puissants. Hermione se retrouva à un moment projetée contre un mur et ne dut qu'à ses réflexes de conserver sa baguette. Les attaques de Bellatrix étaient maintenant brutales et Hermione savait que si le moindre de ses sortilèges la touchait ce serait la fin du combat pour elle. Elle faisait de son mieux pour se souvenir de tous les conseils du seigneur des ténèbres. Se concentrer sur la magie et non sur la personne. Ne pas s'épuiser inutilement. Surprendre son adversaire s'il était d'un niveau incontestablement supérieur.
De quelques mouvements de baguette elle fit apparaitre un nuage d'hydrogène. Incolore. Inodore. Bellatrix lui envoya une série de sortilèges et Hermione les évita en plongeant sur le côté, ne pouvant relâcher sa maitrise sur le nuage. Doucement elle le fit entourer Bellatrix. Un Diffindo lui entailla la jambe et elle poussa un cri, mais la main serrant sa baguette resta ferme. Encore un peu. Encore un tout petit peu. Puis Hermione augmenta subitement la concentration du gaz.
L'explosion qui en résulta était concentrée sur Bellatrix mais le vacarme fut tout de même assourdissant. Hermione dissipa vivement le nuage de poussière d'un mouvement de baguette. Bellatrix était à terre, visiblement blessée. Son regard était particulièrement haineux et Hermione se permit un sourire supérieur. À l'instant où elle allait la désarmer, le regard fou de Bellatrix se fixa juste derrière elle.
– Maître, fit la sorcière brune en s'inclinant obséquieusement.
Hermione se retourna brusquement. Elle eut à peine le temps de constater qu'il n'y avait toujours aucune trace du seigneur des ténèbres que le Doloris de Bellatrix la touchait dans le dos.
Hermione s'effondra sur le sol en hurlant de douleur. Elle tenta de se concentrer sur sa baguette, sur un sortilège quelconque à renvoyer, mais ses pensées dérivaient invariablement vers un océan de douleur sans début ni fin. Et lorsque le sortilège s'arrêta, elle ne put que constater que sa main droite était vide.
Elle releva légèrement la tête, et vit Bellatrix agiter sa baguette avec désinvolture, un sourire vicieux sur ses lèvres. Le corps d'Hermione se crispa de rage. Elle ne pouvait pas perdre. Pas contre Bellatrix. Elle pouvait encore tenter de la surprendre en utilisant la magie sans baguette. Mais la posture de Bellatrix resta alerte, ne lui laissant aucune ouverture.
– Pauvre, petite, insignifiante, Hermione, se moqua Bellatrix. Je vais te faire hurler jusqu'à ce que tu avoues ce que tu as bien pu lui faire.
Hermione sentit sa magie pulser par vagues autour d'elle. Elle détestait cette folle furieuse. Sa magie crépitait autour de Bellatrix sans que celle-ci n'y prête attention, trop portée par son excitation. Une magie puissante, sombre, colérique. Jamais elle n'avait autant désiré blesser quelqu'un. Puis elle comprit que cette violente magie qui remplissait l'air n'était pas uniquement la sienne. Son regard se fixa derrière Bellatrix, et lui confirma que le seigneur des ténèbres daignait enfin révéler sa présence, surement agacé par l'irrespect dont sa mangemorte faisait preuve à son encontre.
–Tu n'es pas digne de lui ! Il a perdu la raison ! continua Bellatrix. Il a tort de te faire confiance !
Hermione éclata de rire. Elle n'était pas particulièrement heureuse de la présence de Voldemort, mais elle savait que les mots de Bellatrix allaient le rendre furieux. La baguette de la sorcière se pointa sur elle.
– Derrière toi, indiqua simplement Hermione.
– Tu crois pouvoir me copier ? Tu es complétement idiote ma pauvre fille ! End…
– Bella.
Bellatrix Lestrange se retourna d'un coup. Lord Voldemort se tenait derrière elle, nonchalamment appuyé contre l'un des murs du couloir, à côté d'une peinture qui avait visiblement reçu l'un des sortilèges de découpe d'Hermione. Bellatrix tomba à genoux alors qu'Hermione se relevait péniblement.
– Il me semblait t'avoir interdit de toucher à Hermione Bella, fit le seigneur des ténèbres d'une voix égale qui glaça aussi bien Bellatrix qu'Hermione.
– Maître, je faisais cela pour vous ! Je suis sure qu'elle se sert de vous !
– Endoloris.
Cette fois-ci c'était les cris de Bellatrix qui résonnèrent dans le couloir, et Hermione en ressentit un instant une grande satisfaction. Bellatrix avait peut-être gagné leur duel mais c'était elle que le seigneur des ténèbres avait défendue. C'était elle qu'il avait protégée.
Puis le seigneur des ténèbres s'éloigna du mur, s'approchant d'elle, et la satisfaction d'Hermione se mua résolument en crainte. Il passa à côté de Bellatrix comme si elle n'existait pas et s'arrêta à moins d'un mètre d'Hermione, l'irritation légèrement visible dans ses yeux.
– Je crois que nous avons beaucoup de choses à nous dire n'est-ce pas Hermione ?
oOoOoOo
Ils étaient de retour dans le bureau du seigneur des ténèbres, et Voldemort fit signe à Hermione de s'assoir sur l'un des fauteuils. Hermione s'exécuta tout en réfléchissant désespérément à comment se sortir vivante de cette situation. Elle ne pouvait définitivement pas parler de la salle secrète. Si le seigneur des ténèbres apprenait que les résistants étaient au courant de ses Horcruxes, ils n'auraient plus aucun espoir de le vaincre.
Mais si elle pouvait tenter de dissimuler une partie de son escapade, elle ne pouvait en aucun cas mentir effrontément au seigneur des ténèbres. Il savait toujours lorsque quelqu'un lui mentait. Hermione pensa un instant à Harry et Ron pour se donner du courage. Elle n'avait jamais été particulièrement à l'aise au jeu des demi-vérités.
– Eh bien Hermione, je suis surpris. Moi qui m'attendais à devoir te réveiller pour fêter la chute du Japon, et te voilà déjà debout, te baladant dans les couloirs de mon château, attaqua le seigneur des ténèbres d'un ton bien trop calme.
Hermione sentit ses mains trembler et elle se força au calme.
– C'est un très joli château maître, répondit-elle machinalement.
Elle ferma un instant les yeux devant sa bêtise. Avait-elle donc tant envie que cela que sa vie se termine maintenant ?
– Vraiment ? Peut-être pourrais-tu me dire quelle partie tu espérais visiter dans ce cas.
Son ton était plaisant mais son visage était froid, et Hermione avait l'impression que ses yeux carmins la transperçaient, la mettant au défi de lui mentir.
– Je cherchais mes amis, finit-elle par dire avec appréhension.
Le visage du seigneur des ténèbres ne refléta aucune expression et Hermione sentit son cœur se serrer d'effroi.
– Tu comptais donc passer au peigne fin mon château sans te faire repérer, libérer par miracle tes amis, et ensuite tenter de t'enfuir avec eux ? Je te pensais moins stupide que cela Hermione.
Il ne la croyait pas, comprit Hermione, et un frisson glacé glissa le long de son dos. Il fallait absolument qu'elle trouve un moyen de le faire changer de sujet.
– Je sais où ils sont, dévoila-t-elle. Vous m'aviez amené une fois, et je me fiais à leur magie.
Le seigneur des ténèbres se pencha légèrement vers elle.
– Tu es donc en mesure de repérer la magie de tes amis aussi loin, mais incapable d'éviter de te trouver confrontée à Bellatrix ?
Les pensées d'Hermione tourbillonnaient dans sa tête, cherchant fébrilement comment répondre à cette question sans mentir, mais sans révéler trop de choses non plus.
– Je ne me suis pas rendue compte de sa présence parce que j'ai paniqué en sentant votre magie, répondit-elle soigneusement.
Le seigneur des ténèbres resta un instant silencieux, et Hermione dut une nouvelle fois se forcer au calme.
– Lequel de tes amis vais-je tuer pour ta désobéissance Hermione ?
La respiration d'Hermione se bloqua complétement.
– À moins que tu aies une préférence ? L'idiot de rouquin, ou l'une de tes insipides amies ? Dans aucun des cas ce ne sera une grande perte.
La détresse d'Hermione se transforma en colère devant autant de cynisme.
– Et pourquoi pas les trois d'un coup, et moi aussi au passage ? Ou alors toute la population du Royaume-Uni ? À force de tuer tous ceux qui s'opposent à vous il ne vous restera de toute façon plus personne à gouverner d'ici quelques années.
Elle s'était levée au passage. Le seigneur des ténèbres suivit son mouvement, et se plaça juste en face d'elle, ses yeux lui jetant des éclairs. Elle se demanda un instant s'il allait la tuer, et se surprit à penser sans peur qu'il valait mieux cela à la révélation de sa connaissance des Horcruxes. Son espérance de vie avait de toute façon été bien trop proche de zéro depuis plus d'un an, à tel point que c'était un miracle qu'elle ait survécu à cette dernière année.
– Je crois que tu surestimes le nombre de personnes suffisamment stupides pour s'opposer à moi Hermione, répondit finalement le seigneur des ténèbres avec une lenteur dérangeante. Les membres de ta chère résistance ne sont qu'une gêne sans importance, et leur mort n'aura absolument aucun impact sur le monde sorcier.
– Sauf s'ils vous tuent avant, rétorqua Hermione.
Cela fit éclater de rire le seigneur des ténèbres et elle le défia du regard. Pensait-il vraiment que son secret était si bien gardé ? Que personne ne serait jamais en mesure de le tuer ? Même si elle échouait de son côté, elle avait confiance dans le fait que la résistance continuerait et finirait par parvenir à ses fins.
– Ce qui prouve mon point, il vaut mieux éliminer directement toute résistance, fit Voldemort avec un geste dédaigneux.
Hermione eut envie de lever les bras au ciel de dépit.
– Et pourquoi pas ne tuer personne, comme ça il n'y aurait même pas eu de résistance ? proposa-t-elle avec acidité.
– Tu es complétement naïve Hermione. S'il n'y a pas de pouvoir fort en place, une société ne peut tenir longtemps.
– C'est faux… commença Hermione.
– Chaque être humain aspire au sang, la coupa Voldemort en se rapprochant encore plus d'elle. Chaque être humain aspire au pouvoir. Il n'y a qu'en étant en haut de l'échelle qu'il est possible de vivre.
– Un régime fort ne signifie pas des morts à tous les coins de rues ! Ni l'esclavage d'une partie de la population !
– La majorité de la population est heureuse Hermione. Tout le monde se fiche des quelques morts et des sang-de-bourbes.
Le seigneur des ténèbres la regarda avec un sourire moqueur et cela ne fit qu'aggraver sa colère. Comment pouvait-il être aussi indifférent au sort des autres ?
– Pas moi.
Ne serait-ce que parce qu'elle faisait partie des sang-de-bourbes. Mais Hermione se plaisait à croire que même si cela n'avait pas été le cas elle se serait tout de même dressée contre ces injustices, comme l'avaient fait Harry et Ron, ou même certains sang-purs.
– Et c'est une grossière erreur, répondit Voldemort. Tu pourrais avoir une vie de rêve si tu abandonnais la résistance.
Cette fois-ci ce fut Hermione qui se rapprocha de lui, ses lèvres pincées, le fusillant du regard.
– La vie de mes rêves ? s'exclama-t-elle en haussant le ton. Je croyais que tous les sang-de-bourbes devaient être réduits en esclavage !
Le seigneur des ténèbres lui lança un regard agacé.
– Ne te fais pas plus idiote que tu ne l'es déjà Hermione. Je t'ai déjà dit que je n'avais que faire du fait que tu sois une sang-de-bourbe.
oOoOoOo
Tyler déposa une tasse de café devant Severus et celui-ci le remercia d'un signe de tête. Comme souvent le dimanche matin, il se trouvait dans le bureau de Tyler au ministère de la magie. Lucius était pour une fois absent, se trouvant actuellement en Ukraine.
– Comment va Helene ? demanda Severus.
C'était devenu presque une sorte de rituel, qu'ils avaient mis en place depuis plusieurs années. Lorsque ce bureau était encore celui de Lucius. Ils prenaient une petite heure pour discuter de choses et d'autres autour d'un café. Parfois Bellatrix se joignait à eux lorsqu'elle était d'humeur. Pour Severus, cela lui permettait à la fois d'échapper à ses bruyants élèves, et de collecter des informations qu'il aurait autrement difficilement.
– Elle fait face, répondit Tyler avec résignation. La rentrée à Poudlard se passe correctement ?
– Aussi bien que possible, répondit Severus.
Il ne pouvait guère laisser entendre que sans Minerva, ce n'était guère la même chose, et qu'il était plus difficile que jamais de protéger les élèves de la cruauté des mangemorts en poste. Les deux hommes burent leur café dans un silence plaisant, avant que des bruits de pas précipités se fassent entendre de l'autre côté du bureau.
– Bellatrix ? demanda Severus.
– Et visiblement pas de bonne humeur, grimaça Tyler.
Le visage de Severus resta impassible, mais il espéra au fond de lui que les résistants avaient fini de faire quoi que ce soit qu'ils avaient prévu de faire pendant que le seigneur des ténèbres et elle étaient absents.
oOoOoOo
Son regard rivé dans celui du seigneur des ténèbres, Hermione ressentit distraitement sa magie crépiter autour d'elle sous le coup de son exaspération, et se heurter violemment avec celle du seigneur des ténèbres, ce qui exacerbait encore plus la tension qui régnait en ce moment dans la pièce.
– Je refuse de soutenir ce que vous faites, c'est complétement immoral, fit Hermione.
Elle s'éloigna de quelques pas, espérant échapper à la présence étouffante de Voldemort, mais celui-ci ne lui en laissa guère l'occasion en se rapprochant de nouveau.
– Tu préfères donc passer le restant de tes jours à soutenir une cause perdue d'avance, sans profiter un seul instant de ta vie ? Tu pourrais devenir mage si tu allais à l'Université. Tu pourrais voyager dans le monde entier.
– J'aurais pu faire tout cela de façon bien plus paisible si vous n'aviez pas été au pouvoir, répliqua Hermione.
Voldemort la regarda avec autant de surprise que si elle lui avait annoncé qu'elle était la réincarnation de Merlin.
– Parce que tu penses que sans moi les sorciers t'auraient accueillie à bras ouverts Hermione ? Bien au contraire. Tous ces sang-purs auraient passé leurs journées à te mettre des bâtons dans les roues par jalousie.
– C'est toujours mieux que de me torturer pendant des mois, répondit venimeusement Hermione.
Voldemort la regarda avec amusement et Hermione eut fortement envie de lui lancer un quelconque sortilège. Comment osait-il comparer ce qu'il faisait avec ce qu'aurait pu être sa vie, même imparfaite ?
– Peut-être, répondit-il. Mais tu dois admettre que nulle part tu aurais pu apprendre ce que je t'ai appris.
oOoOoOo
Cela faisait dix minutes que Severus écoutait Bellatrix à la fois se plaindre et se glorifier. Elle leur avait raconté à Tyler et à lui-même à quel point la prise du Japon avec le seigneur des ténèbres avait été parfaite, passant par la mort de son cher cousin Sirius. L'annonce de la mort du cabot n'avait rendu Severus ni triste ni heureux, comme si après tant d'années la mort du dernier de ses tortionnaires n'avait finalement plus d'importance.
Et maintenant, Bellatrix délirait sur Hermione Granger. Sur comment le seigneur des ténèbres se faisait manipuler par elle. Comment elle aller s'efforcer de trouver un moyen de lui prouver que c'était toujours elle sa meilleure lieutenante. Severus Rogue retint un soupir. Le café matinal n'ayant plus du tout le calme habituel que Severus recherchait, il s'apprêtait à prendre congé lorsque des coups secs retentirent sur la porte du bureau.
– Monsieur le ministre, il semblerait qu'il y ait une urgence, retentit la voix de la secrétaire de Tyler.
– Entrez mademoiselle Deauclaire, fit Tyler.
Préfète de Serdaigle, sortie de Poudlard en 1994, se rappela Severus. La porte du bureau s'ouvrit, et elle passa une tête par l'ouverture, s'inclinant brièvement devant chacun des mangemorts présents.
– Il y a plusieurs personnes dans la salle d'attente monsieur le ministre. Ils prétendent qu'il y a eu une tentative d'intrusion à Gringotts ce matin.
Le visage de Bella devint immédiatement blanc, avant qu'elle ne se jette sur Penelope Deauclaire en exigeant des précisions. Severus, lui, ressentit un profond sentiment de découragement. Cela ne l'étonnait pas que Potter soit suffisamment idiot pour attaquer Gringotts, mais il aurait dû pouvoir compter sur Minerva pour le retenir. Il espérait qu'au moins ils ne se soient pas stupidement fait prendre.
oOoOoOo
Hermione resta un instant silencieuse face au seigneur des ténèbres, sans pouvoir trouver ses mots.
– Admets que j'ai raison, fit celui-ci.
Il s'était penché vers elle comme pour prouver son point et leurs deux visages se trouvaient maintenant à quelques centimètres l'un de l'autre.
– J'aurais pu apprendre tout cela à l'Université, répondit Hermione.
Elle rencontra un regard dubitatif qu'elle savait être mérité. Chez personne d'autre elle n'avait vu des pouvoirs aussi impressionnants que ceux du seigneur des ténèbres. La plupart des livres et des objets qu'il possédait étaient censés n'être rien de plus que des légendes. Et il maitrisait des enchantements qui entaient communément admis comme tout simplement impossible.
– Admets que j'ai raison Hermione, répéta le seigneur des ténèbres d'un ton plus pressant.
Le cœur d'Hermione battait à toute vitesse dans sa cage thoracique, et elle sentait ses mains trembler d'appréhension, refusant de lui accorder ce point. Le regard carmin du seigneur des ténèbres était rivé sur ses yeux, et elle recula d'un pas lorsqu'il se rapprocha encore d'elle. Son dos rentra en contact avec quelque chose, et le temps qu'elle jette un coup d'œil pour se rendre compte qu'il s'agissait du bureau du seigneur des ténèbres, celui-ci était de nouveau aussi proche d'elle. Et cette fois-ci elle ne pouvait plus reculer.
Sa respiration se bloqua un instant dans sa gorge, et elle se rendit compte que ce n'était plus sa propre magie qui l'entourait, mais celle du seigneur des ténèbres. La tension dans l'air était palpable, même s'il ne s'agissait plus vraiment d'hostilité, et Hermione se demanda confusément comment la discussion avait pu autant dériver.
– Admets que j'ai raison, insista le seigneur des ténèbres.
– Vous avez tort, rétorqua Hermione.
– Tu mens, affirma Voldemort avec un sourire satisfait.
Hermione secoua la tête de gauche à droite, une bouffée d'angoisse l'empêchant un instant de parler avant qu'elle ne se reprenne.
– Je vous déteste et…
Mais elle ne put continuer, parce que les lèvres du seigneur des ténèbres venaient de rejoindre les siennes. Hermione se laissa emporter un instant par la sensation. C'était aussi impérieux que la première fois qu'il l'avait embrassé. Elle sentit sa main se poser derrière sa tête, l'attirant plus près de lui, et sa magie l'enveloppa complétement. La tension nerveuse qui avait habité Hermione depuis le début de leur conversation s'était soudainement transformée en autre chose de bien plus dérangeant.
Puis son intellect reprit le dessus et Hermione repoussa violement le seigneur des ténèbres. Celui-ci ne résista pas, mais son sourire moqueur la déstabilisa.
– Pourquoi résistes-tu Hermione ? fit-il en lui caressant doucement la joue. Laisse-toi aller. Cesse de te préoccuper des autres.
Hermione tenta de repousser sa main d'un geste sec, mais cette fois-ci il ne la laissa pas faire, et l'instant d'après ses deux mains étaient collées sur le bureau derrière elle par la force de sa magie. Elle tenta vainement de se dégager alors qu'il s'approchait de nouveau d'elle et un élan de panique la submergea, sans qu'elle ne puisse identifier si elle était effrayée par la situation ou par ses propres réactions.
– Tu ne peux me mentir sur ce que tu désires au fond de toi Hermione. Je sais que tu apprécies les moments que tu passes en ma présence. Je sais que tu m'admires.
– Ce n'est pas pour autant que j'approuve ce que vous faites.
Elle essaya de nouveau de se dégager, sans succès. Le seigneur des ténèbres était tellement proche que ses robes s'enroulaient autour des siennes, comme une autre image du cul de sac où elle semblait se trouver.
– S'il vous plait, tenta Hermione. Je…
Mais déjà le seigneur des ténèbres avait saisi son visage et l'embrassait de nouveau. Elle ne put dire si le frisson qui parcourut son dos était un frisson de dégout ou de désir. Alarmée par cette réalisation elle essaya de nouveau de se débattre mais elle se rendit compte que la magie du seigneur des ténèbres l'immobilisait complétement. Son cœur rata quelques battements sous le coup de la panique.
L'une des mains du seigneur des ténèbres descendit dans son dos avant de s'arrêter sur ses hanches. Puis il ramena son corps contre le sien avec possessivité. Hermione eut immédiatement beaucoup trop chaud. Tout ce qu'elle percevait était bien trop fade à côté du contact électrisant de ses mains et de ses lèvres. Elle avait l'impression que son cerveau ne parvenait plus à fonctionner correctement. Rien que sa magie lui faisait tourner la tête tellement elle semblait flotter dedans.
Soudain un sifflement s'éleva dans le bureau et le seigneur des ténèbres s'éloigna brusquement d'elle, relâchant par la même occasion l'emprise qu'il avait sur son corps. Hermione en profita pour mettre un minimum de distance entre eux, ses jambes étrangement tremblantes. Elle vit le visage de Voldemort devenir particulièrement froid.
Lorsque Tyler Greengrass et Severus Rogue entrèrent dans la pièce ils hésitèrent un instant devant sa contrariété plus que visible, avant de s'agenouiller servilement. Hermione, elle, eut envie de les serrer dans ses bras tellement elle était soulagée de leur intervention.
– J'espère que vous avez une excellente raison de me déranger, fit le seigneur des ténèbres d'une voix glaciale.
– Nous venons d'apprendre qu'il y a eu une tentative de cambriolage à Gringotts maître, se dévoua Tyler Greengrass.
Hermione ressentit distinctement l'atmosphère de la pièce devenir encore plus menaçante, alors qu'elle se demandait si c'était la résistance qui avait fait cela et s'ils avaient pu s'enfuir à temps.
– Bellatrix nous a prié de vous dire qu'elle était en route, rajouta Severus Rogue.
Il croisa un instant le regard d'Hermione et celle-ci lui poussa les dernières découvertes qu'elle avait faites. La pièce cachée. Et le journal. Immédiatement après l'attention de Severus Rogue se reporta sur le seigneur des ténèbres.
– Sortez d'ici, ordonna celui-ci.
Les deux mangemorts ne se firent pas prier, et Hermione aurait elle aussi voulu pouvoir s'enfuir devant le regard chargé de colère du seigneur des ténèbres. En quelques pas il fut auprès d'elle et il lui attrapa brutalement le bras. L'instant d'après ils étaient dans sa chambre, et elle le vit poser de multiples enchantements supplémentaires sur la pièce, sans aucun doute pour l'empêcher d'en sortir de nouveau. Puis il se tourna vers elle.
– Je reviendrai dès que j'aurais fini de m'occuper de ces idiots Hermione, indiqua-t-il. Et tu me diras ce que tu faisais dans ce couloir.
L'instant d'après il avait disparu.
oOoOoOo
AN : À la semaine prochaine !
