Bonjour à tous,

Merci beaucoup pour toutes vos reviews. Cela me touche beaucoup de savoir que l'histoire vous plaît :)

Bon, plus que 4 chapitres (et un épilogue) avant la fin. Autant dire que cela commence à sentir le roussi dans celui-ci.

Bonne lecture,

Perhentian

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Chapitre 28 – Septembre 1999

Lord Voldemort transplana directement devant les portes de Gringotts. Il était encore relativement tôt dans la matinée de dimanche et seuls quelques sorciers se trouvaient sur le chemin de traverse. La plupart s'écartèrent respectueusement et Voldemort ne leur prêta pas attention. Un mouvement brusque de sa main fit cependant voler sur plusieurs mètres une sorcière qui ne s'était pas écartée suffisamment vite de son chemin.

Il était parti au Japon moins de dix heures, même pas une journée, et il y avait eu une tentative de cambriolage à Gringotts. Ses mangemorts étaient-ils donc tous complétement idiots ? À quel point cela pouvait-il être difficile de faire régner l'ordre pendant dix petites heures ? Il espérait pour Bellatrix que les cambrioleurs en question avaient été capturés.

Lorsque Voldemort pénétra à l'intérieur de Gringotts, son aura était tellement menaçante que la température baissa immédiatement de plusieurs degrés, et tous à l'intérieur du bâtiment tombèrent à genoux devant lui. Y compris les gobelins. Il repéra Bellatrix et se dirigea vers elle, la distance se raccourcissant sensiblement entre eux sous la pression brutale de sa magie.

– Explique, ordonna-t-il sèchement juste après avoir mis en place des sortilèges de discrétion.

Il put voir Bellatrix trembler légèrement devant la froideur de sa voix.

– Plusieurs personnes se sont introduites par l'entrée des employés entre quatre et cinq heures ce matin maître.

– Combien et qui ?

– Les versions divergent, maître, fit Bellatrix avec hésitation. Il y avait au moins deux Weasley, mais il semblerait qu'il y ait eu une troisième personne selon les gobelins, bien qu'ils affirment ne jamais avoir pu la voir.

Une cape d'invisibilité, comprit immédiatement Voldemort. Il aurait été prêt à parier qu'il y avait eu Harry Potter et Ronald Weasley dans cette stupide expédition. Et le fait d'avoir trouvé Hermione rodant dans les couloirs précisément cette nuit-là lui parut encore plus suspicieux.

Sa baguette trembla légèrement sous le coup de sa colère lorsqu'il se rappela qu'il ne savait toujours pas pourquoi elle était sortie de sa chambre, ni comment. Tout cela parce qu'il s'était laissé entrainer dans un débat complétement secondaire. Il s'était permis d'être complaisant avec elle, mais il était absolument hors de question qu'elle interfère un tant soit peu avec ses plans. Dès qu'il aurait réglé cet incident à Gringotts, elle payerait pour lui avoir fait perdre son temps ce matin.

– Que voulaient-ils ?

– Je ne sais pas maître, répondit Bellatrix. Ils n'ont pas réussi à descendre plus bas que les premiers niveaux.

– Où sont-ils maintenant ?

Bellatrix remua nerveusement et les doigts de Voldemort se resserrent sur sa baguette.

– Bella, j'ose espérer que tu ne vas pas m'annoncer qu'ils sont parvenus à s'enfuir ?

L'expression du visage de la sorcière lui indiqua ce qu'il voulait savoir, et pour la deuxième fois en quelques heures il lui lança un Doloris. Il avait vraiment de plus en plus l'impression d'être entouré d'incapables.

Il se demanda un instant s'il n'avait pas un peu trop étendu son empire, faisant tomber sous son pouvoir les pays les uns après et l'autre, et diluant par la même occasion la concentration de ses mangemorts. Lorsqu'il était encore uniquement le dirigeant de l'Europe, personne n'avait osé mettre en place une stupide résistance. Personne n'avait osé tenter de cambrioler Gringotts.

Voldemort leva finalement son sortilège et regarda dédaigneusement Bellatrix qui reprenait difficilement son souffle.

– Allons voir ton coffre Bella, ordonna-t-il.

La sorcière se releva en tremblant et Voldemort annula les sortilèges de silence autour d'eux. Le hall de la banque s'était entièrement vidé, à l'exception de deux gobelins qui les regardaient nerveusement. Et ils avaient raison d'être nerveux. Si la coupe de Poufsouffle avait disparu du coffre de Bellatrix il ferait s'effondrer toutes les galeries souterraines du bâtiment. De préférence avec les gobelins encore dedans.

– Le coffre des Lestrange, exigea Voldemort.

Les deux gobelins ne firent heureusement pas l'erreur de lui demander une quelconque preuve d'identité.

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Depuis le départ du seigneur des ténèbres Hermione faisait nerveusement les cents pas dans sa chambre. Elle se demandait si c'était les résistants qui avaient cambriolé Gringotts. S'ils avaient pu s'en tirer sans dommage. S'ils avaient eu ce qu'ils voulaient.

Etait-ce un Horcruxe qu'ils avaient voulu récupérer dans la banque sorcière ? Est-ce qu'ils avaient réussi ? La réaction du seigneur des ténèbres en apprenant que Gringotts avait été cambriolée avait été perturbante. Trop de colère. Trop de précipitation. Il conservait de toute évidence quelque chose d'important à Gringotts, mais cela pouvait tout aussi bien ne pas être un Horcruxe.

Une peur insidieuse commença à prendre possession d'Hermione. S'il conservait véritablement un Horcruxe à Gringotts et que les résistants étaient parvenus à le subtiliser, Voldemort allait s'en rendre compte. Et c'était encore pire si les résistants s'étaient fait prendre la main dans le sac. Les visages torturés d'Harry et Ron passèrent un instant dans l'esprit d'Hermione et elle dut faire un effort pour les chasser de ses pensées.

Elle n'avait pas le temps d'échafauder des scenarii hypothétiques dans son esprit alors qu'il y avait des dangers potentiels bien plus immédiats. S'il était arrivé quoi que ce soit à un potentiel Horcruxe dans les entrailles de la banque sorcière, Voldemort allait venir lui poser des questions, lui demander ce qu'elle, elle en savait. Et ce ne serait pas bon, pas bon du tout. Severus Rogue l'avait prévenue que ses barrières d'occlumencie ne tiendraient pas dans le cas d'une attaque ciblée.

Et elle était là lorsqu'Harry et Ron avaient ramené la bague. Elle les avait aidés à trouver le médaillon de Serpentard. Et il y avait aussi Nagini et le journal, informations qu'elle avait transmises à Severus Rogue. Sa peur se transforma en panique. S'il fouillait dans son esprit, il allait non seulement savoir que ses Horcruxes étaient en danger, mais aussi se rendre compte de la trahison de Severus Rogue.

Il fallait absolument qu'elle agisse maintenant pour libérer Fred, Padma, Susan et tenter de détruire le journal et Nagini. Si cet incident à Gringotts avait effectivement à voir de près ou de loin avec un Horcruxe et la résistance, Hermione ne devrait plus être là lorsque le seigneur des ténèbres reviendrait.

Consciencieusement Hermione redessina les runes qui lui servaient à appliquer la théorie de Morgana le Fay. Une quinzaine de minutes plus tard elle était de nouveau en contact avec le château de Serpentard.

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Lord Voldemort haïssait la perte de temps que représentait le voyage dans les souterrains de Gringotts. Il hésita un instant à simplement tailler son passage à l'aide de deux trois maléfices pour aller plus vite mais il s'efforça au calme. Il ne souhaitait pas se mettre à dos l'intégralité de la population gobeline sans une bonne raison. Il ne lui manquait plus qu'une énième guerre avec ces créatures dans le désordre ambiant qui semblait régner actuellement.

Cependant lorsque les gobelins commencèrent à agiter leurs insupportables Tintamars pour faire reculer le dragon qui bloquait l'accès à la chambre des Lestrange, Voldemort perdit patience et envoya brutalement un sortilège qui fit s'écrouler l'immense bête sur le sol, soulevant par la même occasion un impressionnant nuage de poussière.

Les gobelins n'émirent pas la moindre protestation, et l'un d'eux posa sa paume sur le panneau de bois gardant l'accès au coffre. La chambre forte des Lestrange apparut devant eux, ruisselante d'or et d'objets divers et variés, encombrée de babioles de mauvais gout. Il repéra immédiatement son Horcruxe, rayonnant de magie, et il se détendit légèrement. Il ne savait pas ce que les résistants étaient venus chercher à Gringotts – surement pas la coupe de Poufsouffle – mais il n'allait pas prendre le risque de la laisser là.

– Bella, ordonna-t-il d'un ton sec.

Bellatrix sursauta et se précipita dans la chambre. De quelques mouvements de baguette experts elle leva les multiples protections du coffre, avant de faire léviter avec précaution la coupe jusque dans les mains de Lord Voldemort. L'instant d'après, cette scène fut effacée de la mémoire des gobelins.

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Harry était affalé dans l'un des canapés du Hameau, plongé dans des pensées plus que moroses. L'état de Bill était toujours inquiétant, et tous les Weasley présents s'affairaient autour de lui. Même Charlie était arrivé quelques minutes plus tôt, abandonnant ses dragons roumains devant l'urgence de la situation. Seuls Percy et Fred, bien que pour des raisons forts différentes, manquaient à l'appel.

Tous les autres Weasley, ainsi que Sirius qui avait énormément interagi avec Bill ces dernières années, étaient actuellement dans la chambre de Molly et Arthur, où l'ainé des Weasley reposait, et Harry attendait nerveusement des nouvelles dans le salon. Neville se trouvait avec lui, lisant silencieusement un vieux numéro de la gazette du sorcier qui trainait précédemment sur une table, et qu'il avait déjà parcouru au moins une dizaine de fois.

La cheminée s'illumina soudainement, et les deux garçons sortirent instinctivement leur baguette. Mais c'était simplement Luna Lovegood, qui émergea de l'âtre avec son habituel air rêveur sur le visage.

– Bonjour Harry, bonjour Neville, fit-elle doucement.

– Bonjour Luna, répondit Neville. Qu'est-ce qui t'arrive ?

Luna le regarda avec un air étonné.

– Il ne m'arrive rien Neville, fit-elle. Mais les Joncheruines semblaient agités ce matin, et je suis venue prendre des nouvelles. Il s'est passé quelque chose n'est-ce pas ?

Harry renonça à lui faire remarquer que les Joncheruines n'existaient pas, et lui annonça que Bill était actuellement entre la vie et la mort. Luna secoua tristement la tête, faisant voler ses longs cheveux blonds autour d'elle.

– Cela vous dérange si je reste avec vous ? demanda-t-elle finalement. J'ai amené un jeu de Hapo pour faire passer le temps.

– Fais comme chez toi Luna, répondit Neville.

Luna s'installa distraitement dans l'un des fauteuils, et commença à sortir d'étranges cartes colorées de sa robe, alors que Neville et Harry s'enfonçaient de nouveau dans le silence. Harry se rendit compte qu'il était encore plus nerveux qu'auparavant. Luna avait beau être particulièrement bizarre la plupart du temps, elle avait comme un sixième sens pour sentir que quelque chose d'important allait se passer.

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Une demi-heure après avoir de nouveau utilisé la théorie de Morgana le Fay, Hermione était assise sur le sol de son salon, complétement démoralisée, son corps agité de sanglots. Le seigneur des ténèbres n'avait pas fait les choses à moitié en plaçant les protections supplémentaires. Elle n'était même pas capable de ne serait-ce qu'en identifier la majorité !

Elle avait autant de chances de réussir à sortir d'ici que de se transformer soudainement en licorne arc-en-ciel. Désespérée, Hermione regarda autour d'elle dans l'espoir de trouver une solution. Elle ne pouvait pas laisser le seigneur des ténèbres trouver les Horcruxes dans son esprit. Elle ne pouvait pas abandonner ainsi les résistants alors que Nagini et le journal n'étaient pas encore détruits.

Puis une idée jaillit dans son esprit. Une idée incroyablement dangereuse. Une idée qui la glaça, mais dont elle ne pouvait s'empêcher de reconnaitre le mérite. Si elle était en mesure d'exécuter le sortilège correctement, c'était même la solution parfaite. Prudente, elle attira à elle un parchemin et une plume et écrivit quelques phrases sur une feuille de papier, qu'elle posa devant elle.

Puis, malgré son angoisse, elle rapprocha sa main droite de sa tête. Elle avait décidé de traiter ses souvenirs chronologiquement, et elle visualisa avec précision le jour où Harry et Ron avaient ramené la bague des Gaunt à Godric's Hollow.

– Oubliette, chuchota-t-elle doucement.

Elle effaça tous les souvenirs qui lui semblaient importants avec un soin méticuleux. Il y avait des choses qu'elle ne pouvait se permettre d'oublier. Les formules des sortilèges. Comment maitriser la magie sans baguette. L'endroit où se trouvaient Fred, Susan et Padma. La théorie de Morgana le Fay.

Elle s'arrêta soudainement, se demandant ce qu'elle était en train de faire. Son regard tomba immédiatement sur le parchemin déroulé à ses pieds, qu'elle parcourut en vitesse.

Puis Hermione reposa doucement le parchemin, trouvant très étrange de voir son écriture alors qu'elle ne se souvenait pas le moins du monde d'avoir couché ces mots sur le papier. Mais elle s'était laissée des instructions. Une liste de choses dont elle ne devait plus se souvenir, et dont elle n'avait déjà aucune idée de ce à quoi elles correspondaient pour la plupart d'entre elles. Elle fit ce qui était écrit, espérant que l'Hermione d'il y avait quelques minutes dans le passé ne s'était pas trompée.

Enfin elle brula le papier, et approcha une nouvelle fois sa main de sa tête. Quelques secondes après, elle ne se souvenait même plus avoir effacé sa mémoire.

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Voldemort posa délicatement la coupe de Poufsouffle à côté de son ancien journal. Il faudrait rapidement qu'il réfléchisse à une meilleure cachette. Il n'aimait guère savoir ses Horcruxes au même endroit, et Nagini aussi résidait au château de Serpentard. Et la pierre philosophale. Et l'amulette de Seth.

Il fit distraitement tourner sa baguette blanche entre ses doigts. La situation actuelle ne lui disait rien qui vaille. Il avait l'étrange pressentiment que l'équilibre précaire qu'il avait construit avait changé sans qu'il ne s'en rende compte. Que rien ne suivait plus le chemin qu'il avait si soigneusement tracé. Qu'il était en train de manquer une pièce cruciale du puzzle. Et ce n'était pas une situation agréable.

Pourtant tout semblait identique. Il avait la pierre philosophale, son journal et la coupe de Poufsouffle sous les yeux. Il pouvait sentir que Nagini dormait près du feu dans ses propres quartiers. Le médaillon de Serpentard était bien à l'abri dans sa cave. Le diadème de Serdaigle était soigneusement caché dans la salle sur demande à Poudlard. Quant à la bague des Gaunt, elle se trouvait toujours dans les ruines de la maison de ses ancêtres.

Sa baguette s'arrêta brusquement de tourner dans sa main. La bague des Gaunt. La bague que son ignoble oncle avait chérie par-dessus tout. La bague des Gaunt qui portait les armoiries des Peverell. Un trait vertical, un rond et un triangle entourant le tout. Le même symbole que celui de Grindelwald. Serait-ce possible que la bague ait toujours contenu la pierre de résurrection sans qu'il ne soit au courant ? Ce serait un comble.

D'un geste sec Voldemort attira à lui l'édition originale des contes de Beedle le Barde qu'il avait récupérée après la mort de Dumbledore. Il fit rapidement défiler les pages avant de s'arrêter au conte des trois frères. Et là, au-dessus du titre, se trouvait effectivement le même symbole.

Renvoyant le livre à sa place, Voldemort s'apprêta à partir avant de s'arrêter brusquement. Le mauvais pressentiment qu'il avait depuis qu'il était revenu au château de Serpentard ne l'avait pas quitté. Jetant un regard au bracelet qui contenait l'amulette de Seth il décida qu'il ne valait mieux pas prendre le risque d'attendre jusqu'à l'équinoxe.

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Hermione sursauta brusquement lorsque Lord Voldemort apparut dans son salon en fin de matinée. Elle le regarda avec appréhension, se demandant ce qu'il pouvait bien lui vouloir. Apres tout ils s'étaient vus récemment. Bien qu'elle ne sache plus quand. Ni pourquoi. Hermione fronça les sourcils, s'étonnant de ce défaut de mémoire. Etait-ce le seigneur des ténèbres qui lui avait fait quelque chose ?

Elle se releva pour s'agenouiller devant lui, mais il ne lui en laissa pas le temps, visiblement pressé pour une raison inconnue qui attisa sa curiosité.

– Viens là, ordonna-t-il sèchement.

Il fit lui-même la majeure partie des pas qui les séparaient, et dès que ce fut fait il attrapa vivement son poignet gauche. Juste après il plaça un bracelet un or blanc autour. À l'instant où celui-ci se referma, une intense lumière illumina la pièce et un vent violent renversa la plupart des meubles, faisant par la même occasion s'envoler les livres et les notes sur lesquels travaillait Hermione. Puis, aussi soudainement que cela avait commencé, tout redevint calme.

– Qu'est-ce que c'est ? demanda Hermione avec une pointe de panique.

Voldemort ne lui répondit pas, et elle essaya frénétiquement d'enlever le bracelet de son poignet.

– Ne te fatigue pas Hermione. Ce bracelet ne s'enlèvera que lorsqu'il aura rempli son office, ou lorsque je serai mort. Ce qui ne risque certainement pas d'arriver.

Il transplana sur ces paroles et Hermione resta seule dans la pièce. Elle regarda avec circonspection le bracelet sur son poignet, le faisant machinalement tourner. Une magie puissante s'en dégageait, et elle avait l'impression de l'avoir déjà vu quelque part, mais elle ne parvint pas à mettre le doigt dessus.

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Voldemort transplana directement à Little Hangleton, sur la petite rue surplombant le village. Le manoir maintenant à moitié en ruine des Riddle se détachait nettement sur la colline en face, et il éprouva une certaine satisfaction à se souvenir du meurtre des derniers représentants de cette ignoble famille. Meurtre particulièrement jouissif qui lui avait en plus permis de se débarrasser de son oncle.

Prenant de grandes enjambées, il se dirigea vers la masure des Gaunt, et ne put réprimer son dégout devant l'état déplorable de la maison. Devant ces racines honteuses d'où il était issu. Puis il s'aperçut que les sortilèges de protection qu'il avait placés sur l'endroit n'étaient plus actifs.

La fureur qui monta en lui à cette découverte faillit faire exploser ce qui restait de la maison. Mais il voulait savoir. Il voulait être sûr. Il voulait voir de ses propres yeux ce qui s'était passé. Il pénétra dans le taudis, et il repéra immédiatement le trou dans le plancher moisi, ainsi que la boite en or, vide, qui gisait juste à côté.

Sous l'intensité de sa colère sa magie ravagea tout ce qui se trouvait dans un périmètre de cent cinquante mètres, désintégrant aussi bien la maison que la végétation autour. Qui était venu ici ? Comment avaient-ils pu savoir pour ses Horcruxes ? À moins que ce ne soit à cause des reliques de la mort que la maison des Gaunt avait été fouillée ?

Et surtout, où était maintenant sa bague ?

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Luna était en train de fredonner une mélodie triste lorsque des pas se firent entendre dans l'escalier. Un instant après Ginny en émergea, les yeux rougis, et Luna se leva pour l'étreindre tout naturellement dans ses bras.

– Bonjour Luna, fit Ginny d'une voix légèrement tremblante.

– Comment va Bill ? demanda Harry, se levant lui aussi de son fauteuil.

– Pour le moment il tient, fit Ginny avec tristesse. Mais sans médicomage nous ne sommes pas surs qu'il passe la nuit.

Harry sentit son cœur se serrer et il lui lança un regard désolé, n'osant pas lui aussi l'étreindre de peur que cela soit déplacé.

– Tu veux faire une partie de Hapo avec moi ? proposa Luna. Cela apporte la chance.

Mais Ginny refusa d'un signe de tête, et vint s'assoir à côté d'Harry.

– C'est quoi les prochaines étapes ? lui demanda-t-elle.

– Les prochaines étapes ? répéta Harry d'un ton incertain.

– Les prochaines étapes, confirma Ginny avec fermeté. Si nous n'allons pas de l'avant, ce sera encore pire.

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À peine une demi-heure s'était écoulée lorsque Lord Voldemort réapparut dans le salon d'Hermione. La jeune fille releva la tête en le sentant arriver, et son regard interrogateur se transforma rapidement en peur devant la colère qui se déversait de lui par vagues.

Il fut sur elle en un instant, et, en lui attrapant les cheveux, il lui tira violement la tête vers l'arrière pour rencontrer son regard.

– Legilimens.

Il chercha les Horcruxes dans l'esprit de la sang-de-bourbe avec une férocité qui devait lui faire vivre le martyr.

Rien.

Il chercha la bague des Gaunt. La masure de Little Hangleton. L'anneau en or serti d'une pierre noire.

Rien.

Il chercha les reliques de la mort. Le conte des trois frères. La baguette de sureau, la pierre de résurrection, et la cape d'invisibilité.

Rien à part cet abruti de Potter et sa cape.

Il ressortit brutalement de son esprit et la sang-de-bourbe tituba.

– Endoloris !

Elle tomba sur le sol et se convulsa violement, hurlant à pleins poumons, et se cognant disgracieusement dans tous les meubles. Il compta dans sa tête. Longtemps. Avant de relâcher son sortilège et de s'agenouiller à côté d'elle.

– Dis-moi pourquoi la résistance a tenté de cambrioler Gringotts, ordonna-t-il.

– Gringotts ? demanda-t-elle faiblement.

– La banque des sorciers. Dis. Moi. Pourquoi.

Elle lui lança un regard étrangement vide, avant de parvenir à mettre en ordre ses pensées.

– Je ne sais pas, répondit-elle avec difficulté.

– Endoloris !

De nouveau elle hurla et il augmenta l'intensité de son sortilège. Tout le temps qu'il perdait ici, c'était du temps qu'il ne passait pas à rechercher son Horcruxe.

– Legilimens !

Il parcourut cette fois-ci plus aisément les souvenirs du temps qu'elle avait passé en compagnie de la résistance, son esprit affaibli par la violence de ses Doloris. Et ce fut là qu'il les remarqua. Les blancs. Les bouts de journées qui manquaient. Les conversations qui s'interrompaient brutalement dans ses souvenirs.

Il laissa échapper un hurlement de rage. Elle avait effacé ses souvenirs. Et récemment puisque les blancs se retrouvaient jusque dans ses occupations de la matinée. Elle avait osé lui dissimuler quelque chose.

– Endoloris ! lança-t-il de nouveau.

Qu'est-ce qu'elle avait essayé de cacher ? Elle avait littéralement troué toute sa mémoire depuis le mois d'avril jusqu'à aujourd'hui. Il n'aurait pas dû se contenter de fouiller ses pensées lorsqu'il l'avait récupérée. Il aurait dû la torturer comme les autres. La faire agoniser à ses pieds comme c'était maintenant le cas.

Puis il leva son Doloris, la releva, et plongea encore plus violement dans ses souvenirs, cherchant la faille dans son sortilège. Elle avait forcement loupé les quelques premiers essais, surtout sans baguette, et s'il restait ne serait-ce que des bribes de souvenir dans son esprit il serait capable de remonter la piste. Il la sentit se débattre faiblement contre lui mais il n'y prêta pas attention. Il maltraita sa mémoire jusqu'à finalement percevoir des traces de souvenirs. La bague des Gaunt dans sa main. Un salon. Godric's Hollow.

Au comble de la fureur, il laissa retomber le corps amorphe d'Hermione sur le sol et pointa sa baguette sur elle, prêt à lui lancer un Avada Kadavra pour avoir osé lui cacher des choses. Pour avoir osé effacer sa mémoire. Il allait la tuer, et il allait ensuite foncer à Godric's Hollow.

Son regard tomba sur le bracelet qui brillait à son poignet et il pulvérisa finalement le mobilier pour évacuer sa colère. Il n'avait pas besoin d'une autre catastrophe maintenant. La sang-de-bourbe allait encore lui être très utile. Il fallait même qu'il la fasse surveiller en son absence, au cas où d'autres idées idiotes du même genre lui passent par la tête. Bellatrix était hors de question. Il se méfiait de Tyler actuellement. Lucius s'occupait de sujets d'importance en Europe de l'est. Cela ne lui laissait que Severus.

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Lorsque Severus Rogue sentit sa marque le bruler violement il fit volte-face et regagna le bureau directorial pour sortir de Poudlard, même s'il venait à peine de remettre les pieds au château. L'intensité de la douleur était anormalement élevée, et il se mit à courir dans les escaliers. Chaque seconde perdue était une chance supplémentaire de contrarier le seigneur des ténèbres, et son humeur semblait déjà être atroce.

À peine entré dans son bureau, il se précipita vers la cheminée, prononçant rapidement sa destination, le château de Serpentard. Une fois à destination il se rendit compte que l'inflammation de sa marque lui permettait de transplaner au sein du château, fait suffisamment rare pour qu'il ressente une réelle pointe d'angoisse.

Il transplana sans plus tarder, guidé par la marque des ténèbres. La première chose qu'il constata fut l'humeur effectivement massacrante du seigneur des ténèbres. Bien pire que lorsque Tyler et lui-même lui avaient annoncé le cambriolage de Gringotts un peu plus tôt. Bien pire que lors de l'évasion d'Hermione Granger en mars dernier. Sans perdre un instant de plus, Severus Rogue s'agenouilla.

– Que puis-je faire pour vous maître ? demanda-t-il.

Du coin de l'œil il remarqua alors la forme apathique d'Hermione Granger sur le sol et un frisson de crainte le parcourut, même si son visage resta impassible.

– Je veux que tu surveilles cette petite idiote en mon absence Severus, fit le seigneur des ténèbres. Ne la quitte pas des yeux un seul instant. Je la veux vivante à mon retour. Suis-je clair ?

– Oui maître, acquiesça-t-il.

Le seigneur des ténèbres disparut immédiatement, et, après avoir jeté plusieurs sortilèges de discrétion au cas où, Severus Rogue s'approcha prudemment d'Hermione Granger. Doloris prolongé, pronostiqua-t-il en voyant son corps agité de soubresauts sporadiques. Il s'agenouilla à ses côtés et approcha une fiole de potion de ses lèvres mais elle détourna la tête, ses yeux complètement affolés.

– Ne soyez pas stupide mademoiselle Granger, fit-il avec agacement. Buvez-ça et dites-moi ce qui se passe.

Mais Hermione Granger continua à le regarder avec effarement, et elle fit même un effort pour se reculer.

– Je ne vous dirais rien, fit-elle d'une voix cassée.

Ses yeux reflétaient sa défiance et cela perturba plus Severus que ses paroles. Sans attendre il plongea dans son esprit, essayant de comprendre ce qui avait bien pu la rendre aussi méfiante à son encontre. Il mit quelques longues minutes à comprendre, et en ressentit une pointe d'admiration pour la jeune fille. C'était surement la cause de la violence dont le seigneur des ténèbres avait fait preuve à son regard.

– Mademoiselle Granger, avez-vous conscience de vous être vous-même jetée un sortilège d'Oubliette ?

Elle secoua la tête en signe de dénégation, mais il put voir que l'idée lui paraissait plausible.

– Buvez, fit-il en lui tendant de nouveau la fiole. Ou je vous y oblige.

Elle s'exécuta sous son regard perçant. D'ici quelques minutes, la potion devrait apaiser un minimum son système nerveux.

– Parmi les souvenirs que vous avez effacés, indiqua-t-il ensuite. Il y a ma propre appartenance à la résistance mademoiselle Granger.

– Vous mentez, répondit-elle faiblement.

– Je ne mens pas.

Son regard ne se fit pas moins suspicieux.

– Prouvez-le, exigea-t-elle.

– Lorsque vous veniez juste d'arriver dans la résistance, vous avez demandé à Potter de protéger vos parents. C'est moi qui m'en suis chargé, la nuit avant que le seigneur des ténèbres ne détruise leur maison. Et j'ai demandé à Potter de vous dire qu'ils étaient maintenant aux Etats-Unis.

Elle le regarda avec méfiance, avant d'hocher faiblement la tête.

– Savez-vous ce que le seigneur des ténèbres cherchait dans vos souvenirs ?

– C'est assez confus, répondit-elle après un instant de réflexion. Des informations à propos d'Harry. Godric's Hollow. Une bague avec une pierre noire dessus.

– L'Horcruxe ? demanda-t-il.

Mais Hermione le regarda avec incompréhension, qui se transforma visiblement en frustration.

– Je ne connais plus ce mot, fit-elle après un instant de réflexion.

Severus Rogue laissa passer un soupir de soulagement. Elle avait donc aussi effacé cela de sa mémoire. C'était un miracle qu'elle soit encore capable de réfléchir après un sortilège aussi extensif. Mais si le seigneur des ténèbres avait tout de même vu la bague…

Il se concentra sur ses souvenirs, et fit apparaitre une réplique plus ou moins ressemblante de l'objet devant lui.

– Cette bague ? demanda-t-il en la montrant à Hermione.

Elle hocha doucement la tête.

– Il a vu qu'elle était à Godric's Hollow, ajouta-t-elle.

– Alors il va bientôt savoir, murmura Severus Rogue avec fatalisme.

– Savoir quoi ? demanda Hermione Granger avec une pointe d'exaspération.

Elle avait beau ne pas être en état de bouger, son visage reflétait toujours une certaine détermination.

– Ce que vous avez oublié mademoiselle Granger, commença Severus Rogue, c'est que le seigneur des ténèbres a caché son âme dans certains objets, des Horcruxes. Tant qu'ils existent, il ne peut être tué. Potter, Weasley, Minerva, Remus et vous avez détruit le fragment d'âme qui se trouvait dans la bague, ainsi que celui dans le médaillon de Serpentard. Vous m'avez vous-même indiqué qu'il y avait deux autres Horcruxes ici, le serpent du seigneur des ténèbres, Nagini, et un journal dans une pièce cachée à côté du bureau du seigneur des ténèbres. Ils sont à priori toujours intacts.

Hermione Granger resta un instant silencieuse.

–S'il trouve la bague, fit-elle pensivement, il saura immédiatement que la résistance chasse ses Horcruxes n'est-ce pas ? Et il aura tôt fait de les protéger.

– Exactement.

Hermione ferma les yeux, et Severus Rogue crut qu'elle avait finalement cédé à la fatigue, mais elle se releva en tremblant, refoulant visiblement sa douleur en arrière-plan.

– Alors nous devons agir maintenant, fit-elle.

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AN : À la semaine prochaine !