Bonjour à tous,

Comme je pars en long weekend demain, je poste ce aujourd'hui le chapitre 29.

Merci beaucoup pour vos reviews sur le dernier chapitre, cela me fait vraiment plaisir de les lire et de savoir que l'histoire vous plait.

J'en profite pour annoncer que même si après cette fanfiction je prendrai surement quelques semaines de pause, j'ai pas mal d'idées pour d'autres histoires (plus ou moins longues), avec des scenarios certes différents, mais toujours du Voldemort / Hermione. Du coup si cela vous intéresse je vous invite à mettre une alerte sur mon profil :)

Bonne lecture,

Perhentian

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Chapitre 29 – Septembre 1999

Hermione ferma les yeux, et Severus Rogue crut qu'elle avait finalement cédé à la fatigue, mais elle se releva en tremblant, refoulant visiblement sa douleur en arrière-plan.

Alors nous devons agir maintenant, fit-elle.

– Vous tenez à peine debout, répliqua Severus Rogue d'un ton sec.

Hermione ne répondit pas tout de suite, trop occupée à tenter de rester sur ses deux jambes malgré la douleur qui parcourait encore tout son corps.

– Vous n'avez pas quelque chose à me donner pour m'aider ? demanda-t-elle tout aussi sèchement.

Severus Rogue sortit avec reluctance une nouvelle fiole de l'une de ses poches et la lui tendit. Hermione la déboucha d'une main tremblante, s'appuyant sur le mur pour ne pas tomber, et en renifla prudemment l'odeur.

– Pimentine ? s'étonna-t-elle.

– Les potions les plus simples sont parfois les plus efficaces.

Sans plus de cérémonie elle avala rapidement le contenu de la fiole. Elle sentit ses oreilles fumer, puis une agréable chaleur se répandit dans son corps et ses pensées se firent plus claires.

– Bien, nous devons donc détruire les Horcruxes qui sont ici. Le journal devrait être moins vindicatif que Nagini, commençons par lui.

– Savez-vous au moins comment rentrer dans cette salle cachée dont vous m'avez parlé ? demanda Rogue avec acidité.

Hermione réfléchit un instant, décidant de ne pas s'attarder sur la mauvaise volonté évidente du directeur de Poudlard.

– Je suppose que oui, fit-elle finalement. Même s'il semblerait que je ne sache plus où se trouve le bureau du seigneur des ténèbres.

Ces manquements de sa mémoire la frustraient énormément maintenant qu'elle était au courant de leur existence. Reléguant ses préoccupations personnelles de côté, elle fit un pas chancelant vers la porte. Avec surprise, elle sentit le bras de Severus Rogue se glisser sous le sien et la soutenir.

– Je vais vous guider sinon nous y serons encore demain matin, fit-il d'un ton irrité.

– Merci, murmura tout de même Hermione.

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– Vous n'avez pas obtenu ce que vous vouliez à Gringotts n'est-ce pas ? fit Ginny.

– Non, confirma Harry avec agacement.

Il n'avait pas parlé à Ginny des Horcruxes, ne voulant pas mettre la jeune femme plus en danger qu'elle ne l'était déjà, mais les membres de l'Ordre du Phénix savaient que Minerva, Remus, Ron et lui cherchaient quelque chose. Et Ginny avait tellement tempêté à sa sortie de Poudlard pour intégrer immédiatement l'Ordre que ses membres avaient fini par céder pour avoir la paix.

– Que cherchez-vous ? demanda Luna d'une voix aérienne.

– De quoi parlez-vous ?

Harry se tourna vers Ron, qui venait tout juste d'apparaitre en bas des escaliers. Il avait l'air à la fois fatigué et déprimé, et Harry eut un pincement au cœur à le voir dans cet état.

– Des prochaines étapes, répondit Ginny avec détermination.

– Des prochaines quoi ? s'exclama Ron. Tu leur en as parlé ?

Il s'était tourné vers Harry avec un regard clairement accusateur.

– Mais non ! se défendit Harry en levant ses mains devant lui.

– Mais Ginny a raison, intervint Neville. Votre escapade à Gringotts n'est surement pas passée inaperçue. N'y a-t-il pas une chance pour qu'il comprenne ce que vous cherchez ?

Harry et Ron échangèrent un regard.

– S'il y avait vraiment quelque chose, et qu'il le déplace… murmura Ron.

– Vu l'heure, c'est surement déjà le cas, fit Harry avec fatalisme.

Si le seigneur des ténèbres se rendait compte qu'ils en avaient après ses Horcruxes, et qu'il protégeait tous ceux qui restaient, c'était fini pour eux…

– Savez-vous où il pourrait le déplacer ? demanda Ginny.

Harry et Ron secouèrent la tête.

– Potentiellement au château de Serpentard, finit par dire Harry.

Ginny, Luna et Neville firent une grimace à ce commentaire. Ils n'avaient aucun moyen de pénétrer dans la demeure du seigneur des ténèbres.

– Mais vous cherchez plusieurs objets non ? fit Neville. Y en-a-t-il d'autres sur lesquels nous pourrions mettre la main ?

– Nous ne savons pas combien il y en a en tout, et nous n'avons pas d'autre piste pour les suivants, répondit sèchement Harry.

Cela sonnait comme une fin de non-recevoir et Harry affronta sans ciller le regard colérique de Ginny.

– Ils pourraient nous aider, intervint cependant Ron. Cela nous ferait du bien d'avoir un avis neuf.

– Je refuse de les mettre en danger, protesta Harry.

– Nous sommes déjà en danger, contra avec force Ginny. Et s'il sait déjà ce que vous cherchez cela ne fait plus de différence que nous soyons au courant aussi !

– Il ne sait peut-être pas, répondit Harry avec humeur.

Ron lui lança un regard exaspéré et Harry soupira. Il n'aimait vraiment pas l'idée de mêler Ginny à tout cela. Mais il savait que lorsque la jeune fille avait une idée en tête, elle n'en démordait pas.

– D'accord, d'accord ! capitula-t-il. Nous cherchons des objets appartenant au seigneur des ténèbres. Nous ne savons pas lesquels. Ni combien il y en a. Ni où ils sont cachés.

Il espérait fortement décourager ses amis par sa présentation pessimiste, qui reflétait pourtant la réalité.

– Quels sont ceux que vous avez déjà trouvés ? demanda cependant Neville.

– Une bague en or jaune sertie d'une pierre noire. Un médaillon ayant appartenu à Salazar Serpentard. Ce que nous cherchions à Gringotts, c'était la coupe de Poufsouffle, expliqua Ron.

– La coupe de Poufsouffle ? s'étonna Ginny. Pourquoi Poufsouffle ?

Harry haussa les épaules. Que savaient-ils des motivations du seigneur des ténèbres après tout ?

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– Et maintenant ? demanda Severus Rogue avec impatience.

Ils se trouvaient devant le tableau gardant le bureau du seigneur des ténèbres, qui évidement n'avait pas réagi à la demande de Severus Rogue de les laisser entrer. Hermione essayait de toute ses forces de se souvenir de comment elle avait bien pu avoir connaissance de la pièce, mais sa propre mémoire n'était plus en capacité de coopérer.

Distraitement, elle fit tourner le bracelet en or blanc autour de son poignet. Etait-elle venue en compagnie du seigneur des ténèbres ? Cela lui paraissait peu probable. Mais si elle y était venue seule, comment avait-elle bien pu tromper la vigilance du tableau ?

– J'ai peut-être une idée, mais il me faudrait votre baguette, fit Hermione.

Elle n'était pas à cent pour cent certaine, mais l'utilisation de la théorie de Morgana le Fay lui paraissait être une bonne piste. Après-tout, pourquoi sinon aurait-elle pris le risque de laisser cette connaissance dans sa mémoire alors que cela aurait rendu le seigneur des ténèbres furieux s'il l'avait trouvée ?

– Hors de question, répondit sèchement Rogue. Expliquez-moi ce qu'il faut faire.

– Vous ne pourrez pas, contra Hermione. Et si vous ne voulez pas me donner votre baguette, trouvez m'en une autre.

– Je sais où sont conservées les baguettes des prisonniers, mais seul le seigneur des ténèbres peut y accéder, indiqua Severus Rogue.

Hermione jura et s'attira un regard réprobateur de Severus Rogue. Qu'elle ignora superbement.

– Très bien, dans ce cas aidez-moi à tracer le penta… fit-elle avant de s'arrêter brusquement.

– Mademoiselle Granger ?

– Je ne me souviens plus des runes qu'il faut dessiner pour le pentacle, répondit-elle avec affolement. Tant pis, donnez-moi votre baguette, ou nous allons perdre trop de temps.

Les deux sorciers s'affrontèrent un instant du regard, avant que Severus Rogue ne cède et ne lui tende sa baguette. Hermione s'en empara avec avidité. Elle hésita un instant à envoyer un Stupefix à Severus Rogue, mais décida finalement de ne pas le faire. Il n'aurait pas été là avec elle s'il n'était pas réellement du côté des résistants.

De quelques gestes, elle exécuta les enchantements de Morgana le Fay. Et en quelques secondes, elle fut en contact avec la magie du château du seigneur des ténèbres. Un sourire s'étala sur son visage. Elle avait eu raison. Elle fit un simple mouvement vers le tableau, et la porte du bureau s'ouvrit devant eux avec déférence.

Severus Rogue lui lança un regard plus qu'étonné, et Hermione eut presque envie de rire en remarquant qu'elle avait réussi à faire perdre son impassibilité légendaire au directeur de Poudlard. Elle se dirigea lentement, quoique sans hésitation, vers le mur qui dissimulait la pièce cachée, et quelques instants après ils étaient dedans.

– Impressionnant, commenta sarcastiquement Severus Rogue devant la pièce vide.

Hermione lui lança un regard noir et se concentra sur les enchantements. Avant de pousser un grognement agacé.

– Il faut des charmes révélateurs. Je suis incapable de me souvenir de leur formule, fit-elle en rendant sa baguette à Severus Rogue.

Celui-ci réfléchit un instant avant d'en lancer plusieurs. La pièce se révéla petit à petit devant eux, et Hermione put confirmer qu'elle ne s'était pas trompée. Outre les étranges sensations de déjà-vu qu'elle éprouvait, elle pouvait sentir au fond de la pièce deux objets qui portaient distinctement la signature magique du seigneur des ténèbres. Un journal et une coupe, posés sur une petite commode.

– Est-ce des Horcruxes ? demanda Hermione.

– C'est bien le journal que j'ai vu dans votre esprit, confirma Rogue. Et si je ne me trompe pas, ce qui se trouve à côté, c'est la coupe de Poufsouffle.

Ils s'approchèrent de l'alcôve qui abritait les deux objets, et Hermione remarqua alors qu'ils n'étaient pas posés de façon centrée. La coupe semblait bizarrement en retrait par rapport au journal.

– La disposition est étrange, murmura-t-elle.

Severus Rogue se pencha pour regarder ce qu'elle désignait.

– Il y a un pentacle dessiné par-dessus le bois, indiqua-t-il. Les objets sont aux sommets.

Hermione se pencha à son tour et remarqua effectivement les lignes presque invisibles.

– Cinq objets, fit-elle. Plus Nagini. Cela fait sept portions d'âmes en considérant celle qui reste dans son corps.

Elle jeta un coup d'œil autour d'elle, à la pièce heptagonale.

– Sept est un chiffre hautement magique, acquiesça Severus Rogue.

– Et cela veut dire qu'il ne nous manque qu'un seul Horcruxe, compléta Hermione avec excitation.

Severus Rogue la regarda avec une pointe de mépris devant son enthousiasme, et lui désigna le journal et la coupe, tout en lui tendant de nouveau sa baguette.

– Récupérez-les, fit-il. Nous devons partir du château de Serpentard avant qu'il ne revienne.

– Je ne peux pas, répondit Hermione, sa bonne humeur immédiatement évaporée. Il y a de solides protections dessus. Il va me falloir beaucoup de temps, et il vaut peut-être mieux aller libérer Fred, Susan et Padma avant.

– Fred, Susan et Padma ? Ils sont vivants ? s'étonna Rogue. Et vous n'auriez pas pu me le dire plus tôt ? Cela fait des semaines que tout le monde les croit morts.

– Je pensais que vous saviez, répondit calmement Hermione. Passons récupérer les baguettes au passage.

Severus Rogue lui jeta un regard noir, mais elle haussa simplement les épaules. Il pouvait lui lancer le regard le plus colérique qu'il voulait, il n'arrivait à la cheville du niveau de terreur que lui inspirait le seigneur des ténèbres.

– Et vous n'auriez pas encore un peu de Pimentine ? Je commence de nouveau à fatiguer.

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Voldemort regarda avec colère le manoir Potter qui se dressait devant lui. Les équipes de Bellatrix l'avaient fouillé au tout début du mois d'août, lui présentant même un inventaire de tout ce qu'ils y avaient trouvé. Et il se souvenait parfaitement de ne pas avoir vu la moindre ligne mentionnant une bague sertie d'une pierre noire. Soit ses mangemorts avaient été suffisamment mauvais pour laisser passer l'objet, soit ils l'avaient dissimulé.

Un tremblement de terre secoua le village de Godric's Hollow devant la fureur que lui inspira cette simple idée. S'ils avaient osé… Voldemort resserra sa prise sur sa baguette et pénétra dans le manoir comme si les protections posées par les mangemorts étaient inexistantes. Le hall d'entrée semblait intact, même s'il était entièrement vide.

Sans bouger, Voldemort scruta magiquement le manoir. Aucune des quelques émanations magiques encore présentes ne portait sa signature. C'était une très mauvaise nouvelle. D'un geste sec, Voldemort échangea la baguette d'if contre la baguette de sureau. Si la bague des Gaunt était effectivement la fameuse pierre de résurrection, elle devrait répondre plus favorablement à la baguette de l'ainé.

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Fred Weasley, Susan Bones et Padma Patil étaient tous les trois assis sur le lit de Fred, parlant doucement entre eux. Cela faisait plus d'un mois qu'ils étaient retenus au château du seigneur des ténèbres. Dans quel but ? Ils n'en avaient aucune idée. Après les quelques affreuses journées où tous les trois avaient révélé absolument tout ce qu'ils savaient, ils avaient été amenés par le seigneur des ténèbres lui-même dans cette petite pièce.

Elle était à peine assez grande pour contenir trois lits, une table et des chaises, mais c'était infiniment mieux qu'un cachot. Depuis, plus personne n'était venu les voir, à l'exception d'un elfe de maison qui leur apportait de quoi ne pas mourir de faim. Une situation qui ne cessait de les intriguer, mais sur laquelle ils n'avaient aucune prise.

N'ayant absolument rien d'autre à faire, ils passaient leur temps à s'apprendre les uns les autres tous les sortilèges qu'ils connaissaient, s'entrainant aux mouvements de baguette même sans en avoir une, espérant que cela puisse leur servir un jour.

Fred était en train d'expliquer avec une certaine passion comment George et lui avaient mis au point les feux d'artifices explosifs qui avaient si souvent servi pour faire diversion lorsque le visage de Susan, qui voyait toute la pièce depuis sa place, se figea en un masque de terreur.

Fred et Padma se retournèrent vivement et comprirent immédiatement la réaction de Susan. À quelques mètres d'eux se tenait Severus Rogue, son visage aussi froid que d'habitude. Ce directeur de Poudlard qu'ils avaient craint pendant des années, et qui n'avait manifesté absolument aucune émotion lorsqu'ils avaient été torturés par Bellatrix Lestrange et Lord Voldemort. Fred se leva immédiatement et se plaça entre le mangemort et les deux jeunes filles.

– Édifiant Fréderic, fit Severus Rogue d'une voix doucereuse. Vous pensez pouvoir protéger ces deux jeunes filles en faisant barrage avec votre corps ?

– Est-ce vraiment le moment ? intervint une voix sèche.

Juste après, Hermione émergea de derrière Severus Rogue, et elle sourit en les voyants. Les visages de Fred, Susan et Padma affichèrent leur surprise, avant que celui de Fred ne se fasse suspicieux.

– Hermione ? demanda-t-il d'un ton incertain.

Elle ne lui répondit pas, fouillant dans l'une des poches de sa robe, avant d'en sortir trois baguettes qu'elle leur tendit.

– Que se passe-t-il Hermione ? demanda Padma tout en saisissant avec joie sa baguette.

– Nous allons vous faire sortir d'ici, répondit succinctement Hermione. Je suis vraiment heureuse de voir que vous allez bien.

Puis elle se tourna vers Severus Rogue.

– Vous pouvez les faire sortir d'ici seul ? demanda-t-elle. Maintenant que j'ai ma baguette il faudrait que je retourne m'occuper… du reste.

– Quoi ? s'exclama Fred.

Elle sous-entendait vraiment que Severus Rogue, l'un des mangemort du premier cercle du seigneur des ténèbres, allait les aider à s'évader ?

– Oui, répondit Severus Rogue sans lui prêter attention. Et il faut de toute façon que je les prévienne des derniers évènements.

– Comment nous retrouverons nous ? demanda Hermione.

– Laissez-moi vous montrer comment vous rendre au Hameau.

Fred les regarda échanger un long regard, puis Hermione hocha la tête avec satisfaction avant de se détourner.

– Ne vous faites pas prendre, fit Severus Rogue d'un ton qui avait terrifié des générations d'élèves.

Hermione haussa simplement les épaules.

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– Peut-être qu'il voulait rendre hommage aux quatre fondateurs ? proposa Neville.

– Plutôt prouver qu'il était meilleur qu'eux, commenta Ron.

– Dans ses rêves, fit Harry avec acidité.

Mais Ginny regardait Neville comme s'il venait de dire quelque chose de très important.

– Et s'il avait vraiment cherché à rassembler un objet appartenant à chacun des fondateurs ? demanda-t-elle.

– La bague n'appartenait à aucun des fondateurs, répondit Ron.

– Mais c'est un héritage de famille non ? remarqua Neville. Cela ne compte pas vraiment.

– Cela voudrait dire qu'il possède aussi un objet de Gryffondor, et un de Serdaigle, fit Ginny.

– Pour Gryffondor, cela peut être le choixpeau ou l'épée, proposa Harry. Mais les deux sont à Poudlard.

Et pénétrer à Poudlard était presque aussi dangereux que pénétrer au château de Serpentard, surtout sans Severus Rogue.

– Et pour Serdaigle ? demanda Neville.

Il y eut un silence, avant que Luna ne prenne la parole.

– Il y a le diadème perdu de Serdaigle.

Au même instant les alarmes de la maison se déclenchèrent, signalant l'arrivée de quatre personnes non enregistrées dans le jardin. Les cinq jeunes gens se relevèrent en vitesse, et Harry pointa sa baguette vers la fenêtre, son cœur battant à la chamade. Mais la vision qui s'offrit à lui, si elle fit baisser ses inquiétudes, le laissa cependant perplexe.

–Rogue ! fit Neville avec terreur.

– Fred ! s'exclama Ginny au même moment.

– Et Susan ! Et Padma !

Harry se rua à l'extérieur, ses amis sur ses talons. Au niveau de la porte il croisa Molly et Arthur Weasley, ainsi que Sirius, tous trois avec leur baguette en position d'attaque. Ils sortirent tous en même temps dans le petit jardin.

– Servilus éloigne toi immédiatement ! rugit Sirius

– Lâchez-les ! ordonna au même moment Molly Weasley.

– Non tout va b…

Mais un sortilège était déjà sur les lèvres de Sirius et Harry se jeta entre eux, maudissant la situation lui imposant de se retrouver entre Sirius et Rogue.

– Stop ! cria-t-il.

Sa baguette émit un bang sonore et tous les regards se tournèrent vers lui.

– Rogue, que se passe-t-il ? demanda-t-il.

La stupéfaction était lisible sur les visages de toutes les personnes les entourant.

– Il sait, fit simplement Rogue. Il est parti chercher la bague à Godric's Hollow.

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Lord Voldemort sentit sa main trembler de rage. Devant lui se trouvait un coffre éventré, et la bague des Gaunt gisait en plein milieu. Dépossédée de son Horcruxe. Vide de son morceau d'âme. D'un geste de la main il la fit venir à lui. Sur la pièce le symbole des reliques de la mort était parfaitement reconnaissable, mais cela ne fit rien pour apaiser sa colère.

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Hermione enchainait les sortilèges dans la salle cachée de Voldemort, sa propre baguette chantant au creux de sa main. Toute son attention était concentrée sur la fine barrière qui se trouvait devant les deux Horcruxes. Elle était épuisée, et la sueur perlait sur son front sous l'utilisation intensive qu'elle faisait de sa magie. Elle ne devait surtout pas déclencher une quelconque alarme, et pourtant, il fallait qu'elle réussisse à récupérer les Horcruxes. Mais la magie devant elle était bien trop complexe et elle ne parvenait pour le moment à rien.

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Le salon du Hameau était plein à craquer. L'occupaient les Weasley, Sirius, Harry, Neville, Luna, Susan, Padma, mais aussi Minerva, Remus, Kingsley et Tonks qui étaient arrivés après le déclanchement de l'alarme. Et bien sur Severus Rogue. Tout le monde parlait en même temps, perdant du temps en hypothèses et conjectures, sans que rien ne se passe. Alors que la situation n'avait jamais été aussi critique. Et pire, Harry se trouvait juste à côté de Rogue et Sirius qui semblaient de nouveau avoir quinze ans.

– Alors Servilus, tu aimes toujours autant lécher les bottes du seigneur des ténèbres ? fit Sirius.

– Moi qui avais cru Bella lorsqu'elle m'avait appris la bonne nouvelle concernant ta mort, siffla Rogue.

– Silence ! finit par hurler Harry, sa voix magiquement amplifiée.

Une fois de plus tous les regards se tournèrent vers lui.

– Harry, fit Minerva McGonagall d'un ton indigné.

Mais Harry ne pouvait rester sans rien faire alors qu'il sentait qu'il fallait absolument agir maintenant.

– Si Rogue est correct, il ne nous reste qu'un seul objet à trouver. Ginny, Luna, Neville, Ron et moi nous pensons qu'il peut s'agir de l'épée de Gryffondor, ou du choixpeau magique. Nous devons pénétrer à Poudlard.

– Quoi ? fit Tonks.

– Hors de question ! refusa tout net Molly Weasley.

Les voix de tous s'élevèrent de nouveau dans le salon, plus furieuses que précédemment. Harry poussa un soupir, mais ses amis se regroupèrent autour de lui, ainsi que Fred et George.

– Eh Harry ! Fred et moi on devrait pouvoir vous aider à pénétrer dans Poudlard, fit Fred.

– Vraiment ? s'étonna Harry. Je croyais que tous les passages secrets avaient été bouchés ?

– On a peut-être une poudre explosive qui pourrait les dégager, fit George en haussant les épaules.

– Très bien, approuva Ron. Allons-y tous les quatre dans ce cas.

– Hors de question ! fit Ginny. Vous ne me laisserez pas derrière.

– Et moi non plus, compléta Neville. Et si c'est finalement un objet ayant appartenu à Serdaigle, vous aurez aussi besoin de Luna et de Padma.

– Il faudrait que je puisse vous guider Potter, intervint Rogue qui s'était approché. Je ne crois pas qu'aucun de vous ne soit jamais allé dans le bureau du directeur.

Ron se tourna vers lui.

– Non, il faut que vous retourniez auprès d'Hermione. Vous seul êtes en mesure de l'aider, et il ne faut pas qu'elle échoue.

– Je pourrais vous guider, proposa Minerva McGonagall.

Rogue hocha sèchement la tête, et Harry se sentit rassuré de savoir qu'Hermione ne serait bientôt plus seule au château du seigneur des ténèbres.

– Il est hors de question de laisser les enfants aller seuls à Poudlard, intervint Molly.

– Plus nous serons nombreux, moins nous serons discrets, répliqua Harry.

– Mais nous pourrons vous protéger, et organiser des diversions si besoin, proposa Remus de sa voix calme.

Harry n'avait rien à opposer à cela.

– Il faut tout de même que quelqu'un reste ici, fit Arthur. Pour Bill.

– Je peux m'en charger, proposa Susan.

Susan ayant étudié pour devenir médicomage avant la débâcle de début août, tous acquiescèrent sans protester.

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Hermione progressait prudemment dans des couloirs qu'elle n'avait jamais parcourus auparavant. Elle avait la désagréable suspicion qu'elle s'approchait de plus en plus des quartiers personnels de Lord Voldemort, et que c'était dedans que la conduisait l'aura de Nagini.

La coupe et le journal étaient dans l'une de ses poches. Elle avait fini par ruser et utiliser une bête astuce moldue pour les récupérer, passant un simple bâton au travers de la barrière sans ne rien déclencher, et faisant sortir les deux objets avec. C'était tellement primitif comme solution qu'elle en avait rigolé nerveusement lorsque cela avait marché.

Tournant dans un nouveau couloir, elle accéléra le rythme, sa baguette bien serrée dans sa main. Malgré sa détermination, elle n'était pas cent pour cent certaine de sortir vivante d'un combat contre Nagini. Le serpent l'avait toujours terrifiée.

Elle n'était plus qu'à quelques mètres lorsque tout d'un coup, l'aura de Nagini disparut subitement du château de Serpentard, et Hermione s'arrêta net.

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Harry suivait prudemment Fred et George dans le passage secret de la cabane hurlante. Les jumeaux projetaient devant eux une poudre violette qui faisait disparaitre les rochers qui encombraient le souterrain, et ce malgré les enchantements qu'il y avait dessus.

– Comment avez-vous réussi à mettre cela au point ? demanda Harry avec admiration.

Il savait que Fred et George avaient passés de bien nombreuses heures à tenter de dégager l'un des passages secret de Poudlard lorsqu'ils étaient étudiants, en vain.

– Avec beaucoup de génie, répondit Fred.

– Par hasard donc, intervint Ron, juste derrière eux.

– Exactement ce que George vient de dire, fit George.

Ils continuèrent à avancer jusqu'à parvenir au pied du saule cogneur, et tout le groupe s'arrêta. L'après-midi des dimanches de septembre, le parc du château était généralement rempli d'élèves profitants du soleil avant l'automne.

– Et maintenant ? demanda George.

Harry enfila sa cape d'invisibilité, et regarda au dehors.

– Il y a plusieurs groupes d'élèves pas très loin du saule cogneur.

– Laissez-moi passer.

Minerva McGonagall se faufila à l'avant du tuyau. Elle murmura un sortilège, et plusieurs pierres se changèrent en rats. Puis elle lança les rats au dehors. Des cris se firent rapidement entendre, suivit de bruits de pas précipités.

– Les alentours immédiats sont dégagés, annonça Harry. Professeur McGonagall, quel est le meilleur chemin pour entrer ?

– Il y a un passage secret derrière les serres. Je vais vous y conduire.

– Parfait.

Sa voix n'avait pas tremblé, mais Harry sentit son cœur battre à toute allure. Bientôt, ils seraient dans le château.

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Voldemort se posa doucement sur la pierre humide à l'intérieur de la grotte, Nagini ondulant à ses côtés. Il avait ramené son serpent près de lui après avoir vu l'état de sa bague. Si son journal et sa coupe étaient hors de portée du commun des mortels, son familier pouvait quant à lui se balader dans le château de Serpentard à sa guise, et qui sait si l'un de ses mangemorts de bas rang n'était finalement pas un espion ?

D'un mouvement vif de baguette, il entailla le creux de sa main et l'apposa sur la paroi en pierre noire. L'intérieur de la caverne se dévoila immédiatement devant lui, ses parois magiquement illuminées d'une lumière terne. Une fois de plus il ne ressentit aucune émanation magique semblable à celle qu'aurait dû avoir son Horcruxe.

Sans perdre de temps, il traversa le lac devant lui comme s'il s'agitait d'une surface solide, les inferi s'écartant devant sa présence menaçante. En quelques secondes il fut parvenu au milieu du lac, devant le piédestal rempli de sa propre potion. Il exécuta une série de mouvements complexes de sa baguette, et le bassin se retrouva vide.

Vide de liquide, et visiblement vide d'Horcruxe.

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Ils avançaient doucement dans les couloirs, guidés par McGonagall, montant petit à petit les étages, se rapprochant petit à petit du bureau directorial. Kingsley, Tonks, Remus et Sirius faisaient leur possible pour détecter la présence d'élèves et de professeurs dans les couloirs, mais leur chance finit par s'épuiser.

Au détour d'un couloir, Rabastan Lestrange et Barty Croupton Junior émergèrent soudainement juste derrière les résistants, et ils remarquèrent immédiatement la présence de sorciers sous charmes de désillusionnement.

– Montrez-vous ! exigea Rabastan en pointant sa baguette vers eux.

Immédiatement, une dizaine de sortilèges jaillirent des baguettes des résistants. Barty Croupton fut le plus rapide des deux, ayant le temps de lancer un maléfice avant de s'effondrer sur le sol. Ce fut Ginny qui fut touchée au bras gauche, et elle poussa un cri déchirant. Immédiatement, Molly et Charlie furent sur elle, et tous les deux commencèrent à lancer des sortilèges de guérison.

– Avancez ! fit Charlie. Nous essayons de trouver Pomfresh et nous vous rejoindrons après.

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Hermione parcourait rapidement le chemin qu'elle venait juste de faire en sens inverse. Si elle voulait détruire au moins le journal et la coupe, elle ne connaissait qu'une seule salle dans le château qui puisse contenir un Feudeymon, la salle de duel. Elle n'en était plus qu'à quelques mètres, lorsqu'elle vit arriver un patronus argenté en forme de biche en face d'elle.

– Donnez-moi votre localisation, fit la biche avec la voix de Severus Rogue.

– Devant la salle de duel, répondit-elle.

La biche inclina légèrement la tête et s'élança vers son propriétaire. Hermione parcourut ensuite les derniers pas qui lui restaient, avant de s'engouffrer dans la salle de duel. Elle posa le journal et la coupe de Poufsouffle sur le sol, et regarda un instant les deux objets. Ils pulsaient de magie, et elle savait qu'il lui faudrait mettre toute sa puissance dans son sortilège si elle voulait les détruire. Elle espérait juste avoir encore la force de maitriser ce qu'elle allait déclencher. Distraitement, elle fit tourner son bracelet autour de son poignet pour se concentrer.

– Ignis Daemoniorum ! lança Hermione.

Les flammes s'élancèrent vivement, formant au passage des chimères toutes plus effrayantes les unes que les autres. Une première chimère attaqua le journal, mais ce fut la chimère qui se désintégra lorsque le journal émit une suffocante fumée noire. Hermione augmenta l'intensité de son sortilège, et la température de la salle de duel devint difficilement supportable.

Les flammes entourèrent les deux Horcruxes, et les bruits qui en résultèrent glacèrent le sang d'Hermione. Les objets luttaient. Luttaient contre le feu. Luttaient contre sa magie. Des sifflements qu'elle reconnut comme étant du fourchelangue s'élevèrent, et leur violence faillit lui faire lâcher sa baguette. Elle resserra sa prise et intensifia encore son sortilège. Une langue de feu vint lécher le bas de sa robe, la faisant s'embraser, mais elle n'y prêta pas attention, tous ses sens concentrés sur les Horcruxes.

– Sortez d'ici espèce d'idiote ! retentit la voix de Rogue juste derrière elle.

– Non, pas encore ! souffla-t-elle.

Elle sentit un bouclier de glace se dresser entre elle et le feu, juste à temps pour éviter à ses cheveux de s'enflammer violement. Enfin, la signature du seigneur des ténèbres disparut, et elle laissa Severus Rogue la trainer hors de la pièce.

– Avez-vous réussi ? demanda-t-il.

La porte de la salle de duel était solidement fermée, et ils savaient tous les deux qu'il faudrait plusieurs heures au Feudeymon avant de s'éteindre.

– Le journal et la coupe oui, mais pas Nagini. Elle n'est plus dans le château. Que fait la résistance ?

– Ils sont à Poudlard. Venez avec moi, l'une des cheminées du château est reliée au bureau directorial.

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Voldemort ressortit de la grotte dans un état de rage qu'il n'avait plus connu depuis longtemps. La bague des Gaunt n'était plus un Horcruxe. Le médaillon de Serpentard avait disparu. Et si le journal et la coupe étaient en sécurité dans son château, il fallait encore qu'il vérifie que son diadème était bien à Poudlard.

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Cela faisait à peine quelques secondes que Severus Rogue et Hermione venaient d'émerger dans le bureau directorial, que la porte d'entrée de celui-ci pivota, laissant le passage à plusieurs silhouettes désillusionnées. La plupart terminèrent leurs sortilèges en se retrouvant face à eux, et Hermione leur adressa un sourire fatigué.

– Nous avons failli attendre, fit Severus Rogue avec irritation.

Mais déjà Harry et Ron se jetaient sur Hermione, la serrant dans leurs bras, poussant des cris effarés en voyant sa robe à moitié brulée, et elle se rendit compte que cela faisait longtemps qu'elle ne s'était pas sentie autant en sécurité. Puis elle sentit un lointain changement dans l'atmosphère autour d'elle, et elle se glaça.

– Le seigneur des ténèbres est ici, annonça-t-elle.

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AN : À la semaine prochaine !